Chapitre 2 : Directives

Une jeune femme arpentait avec zèle les couloirs des quartiers de sa division, cherchant désespérément la source de son anxiété. Mais nulle trace de celle-ci, et aucun indice pouvant indiquer où elle se trouvait. La shinigami sentit son irritation croître, réchauffant ses membres et son esprit avec une ardeur peu fréquente. Et pourtant, elle devrait être habituée vu le nombre de fois où cela lui arrivait. Décidant que s'énerver n'était pas la solution, et que cela ne l'avancerait à rien, elle s'immobilisa. Si elle continuait ses innombrables va-et-vient, elle allait avoir le tournis. D'un geste instinctif et usuel, elle effleura son chignon afin de s'assurer qu'il tenait bon malgré sa course effrénée. Ses cheveux sombres étaient toujours tirés ainsi. Elle détestait les avoir dans son champ de vision, et c'était pire lorsqu'ils venaient titiller son nez, ses yeux ou même sa bouche. C'était horriblement déconcentrant. Seule sa mèche rebelle était tolérée. Sa sérénité retrouvée, elle réajusta ses lunettes et…

« Ah, Nanao-chan te voilà ! »

La concernée laissa échapper un cri de frayeur, complètement prise au dépourvu par son capitaine, une fois de plus. Instinctivement elle jeta un regard alentour à la recherche d'un objet pour le frapper.

« Allons allons, doucement voyons. » Déclara l'homme, comme s'il devinait ses intentions.

Ce dernier posa une main sur son épaule, dans le but de l'apaiser. Une fois qu'elle parvint à retrouver une respiration régulière, Nanao rougit, embarrassée par sa réaction incontrôlée, mais aussi par le large sourire qu'affichait son supérieur. Supérieur qu'elle avait vainement cherché. Elle le soupçonna même un instant de s'être intentionnellement caché seulement pour pouvoir la surprendre de cette façon. Elle l'imaginait très bien attendre précisément qu'elle retrouve son calme, dans un recoin, invisible par elle ne savait quel tour dont il avait le secret. Mais alors qu'elle se perdait dans ses scénarios tous plus recherchés les uns que les autres, son capitaine la rappela subtilement à l'ordre.

« Ah désolée Nanao-chan, je ne voulais pas te faire peur. »

« … »

Et voilà qu'il recommençait à l'appeler de la sorte. Diantre qu'il la mettait mal à l'aise ainsi, sans oublier son stupide sourire et sa stupide voix si charmeurs ! Elle le détestait pour cela parfois. Cependant la professionnelle qu'elle était reprit immédiatement le dessus. Après tout, si elle avait été choisie pour assumer les fonctions de lieutenant de la 8ème division, c'était pour son sérieux remarquable. Et avec un capitaine pareil, il en fallait. Sans compter sur une bonne dose de patience. Enfin, il ne fallait pas dramatiser non plus, elle se sentait parfaitement épanouie dans sa situation actuelle, et elle ne voyait aucune raison d'échanger sa position.

« Capitaine, je vous cherchais justement. Vous êtes attendu pour une réunion d'urgence dans les quartiers de la 1ère division. C'est au sujet de l'évasion. »

Et il était en retard d'ailleurs.

« Et bien ne perdons pas plus de temps alors. »

Sans se départir de son sourire aimable, il ouvrit la voie d'un geste galant, incitant son lieutenant à poursuivre leur chemin. Néanmoins son air bienveillant s'effaça aussitôt qu'ils se mirent en route. Cette histoire allait encore faire des éclats au sein de la Soul Society, du moins si ce n'était pas déjà le cas. Kyōraku revêtit un air pensif. Cet évènement était des plus troublants, et pour de multiples raisons. Il cessa toute interrogation futile. Normalement cette réunion allait apporter des réponses.

Laissant sa seconde à l'entrée, l'homme au kimono rose ouvrit les portes de la salle de réunion, où se trouvaient déjà les autres capitaines. Son regard croisa celui de son ami, dont l'air légèrement crispé le renseigna sur l'humeur du grand chef. Ce dernier le toisa dès son arrivée, lui reprochant silencieusement son retard. En effet, il était énervé. Kyōraku baissa la tête en signe d'excuse, non sans esquisser un sourire amusé. Ah ce vieux Yama-jii, il fallait toujours qu'il s'emporte pour peu de choses. Mais l'heure n'était pas à la plaisanterie et le capitaine malicieux se plaça aux côtés de ses compagnons, plus attentif qu'aucun autre.

« Bien. Maintenant que tout le monde est ici, capitaine Soifon… »

« Oui ! » Répondit l'interpellée en faisant un pas hors du rang et en s'agenouillant.

« Faites nous un rapport de la situation. »

Un léger « Tchh. » retentit, soufflé par le capitaine de la 11ème division, déjà agacé par cette réunion idiote. Quelqu'un s'était enfui, cela faisait deux ou trois fois qu'on lui rabâchait officiellement cette information, et il en avait marre de ses formules protocolaires où il fallait toujours radoter la même chose. S'il fallait rénover le côté vieillo du Gotei 13, il fallait commencer par là. Qu'on en vienne directement à la résolution du problème : rattraper l'idiot qui avait cru une seconde pouvoir leur échapper. Bon, pour l'instant, si c'était réellement un idiot, il devait nager dans son rêve, mais une fois que lui, Zaraki Kenpachi, lui aurait mis la main dessus, il allait brusquement s'écraser contre la réalité. Le capitaine espérait qu'il allait au moins riposter, faire preuve d'acharnement, de détermination, d'une féroce volonté à défendre sa pseudo-liberté, pour son plus grand plaisir évidemment.

Ne tenant pas compte de cette infime interruption, la commandante des services secrets s'exécuta :

« Avant-hier, dans la nuit, un prisonnier s'est évadé du Nid de Vers grâce à une aide extérieure. Son identité est désormais confirmée, il s'agit de Serah Farron. »

La tension qui s'ensuivit fut nettement palpable. Le capitaine-commandant la laissa s'installer, s'assurant ainsi que tous réalisaient correctement la situation. Un papier représentant la jeune fille circulait parmi eux.

« Connaissons-nous l'identité de la personne l'ayant aidé ? » Interrogea le capitaine de la 4ème division d'une voix toujours aussi calme et pleine de douceur.

« Non. Les caméras de la prison n'ont rien donné de concret, l'individu était dissimulé sous un large manteau à capuche. Et qui plus est entouré d'une forme de reiatsu sombre empêchant une quelconque identification. » Répondit Soifon, dissimulant une pointe de rancœur.

De nombreux murmures s'échangèrent sous l'œil vigilant du capitaine-commandant. Les soupçons quant à l'identité du mystérieux sauveur allaient croissant, un nom se reflétait sur les bouches des plus anciens, sans oser être prononcé. La tension n'ayant pas disparu, le ton monta rapidement.

« Le Nid de Vers n'était-il pas sous votre responsabilité, capitaine Soifon ? » avança sournoisement Mayuri Kurotsuchi, dirigeant du département de recherches.

« Qu'est-ce que vous insinuez ? » Répliqua sèchement cette dernière, la mâchoire crispée.

« Que votre incompétence nous apporte un nouveau problème… »

Soifon laissa filer un grognement entre ses dents. Si elle pouvait tout simplement piquer cette

face de clown pour lui faire ravaler son sourire insupportable… Mais alors qu'elle allait répondre à son attaque, une voix étonnamment sourde et profonde l'en empêcha :

« Une fille en cavale, je ne vois pas où est le problème. »

C'était le plus jeune capitaine. A cet instant la petite brune, si elle n'était pas aussi irritée par la situation, aurait ressenti un élan de sympathie pour le garçon qui prenait en quelque sorte sa défense, même s'il se contentait sûrement d'exposer son avis.

« Je suis d'accord avec le gamin. Qu'est-ce qu'on attend pour aller la chercher et la ramener ? » Ajouta le colosse de la 11ème division, s'attirant un regard glacial de la part du gamin en question.

Alors que le scientifique renchérissait par une nouvelle critique sur la capacité de réflexion du grand shinigami, un claquement sonore mit fin à leur différend. Le capitaine de la 1ère division réclamait le calme, mais ne prit toujours pas la parole, attendant de ses disciples qu'ils démêlent le fil de l'histoire par eux-mêmes.

« Sait-on au moins où ils sont allés ? » Questionna Jūshirō Ukitake, jugeant l'information primordiale.

« Oui. Un Senkaimon vers la ville de Karakura a été emprunté peu de temps après. » Répondit l'espionne en chef, satisfaite d'avoir au moins quelques réponses à apporter.

« D'autres informations à nous communiquer ? » Tonna la voix rauque de Komamura.

« Les études faites sur le reiatsu laissé par les blessures des cadavres révèlent des points communs à celui d'un shinigami et celui d'un hollow. Nous ne pouvons pas en dire plus pour l'instant. Les détails et les avancées vous seront apportés directement à vos bureaux. » Articula d'une manière désordonnée le capitaine de la 12ème division.

« Ce serait donc un Vizard ? » Conclut Hitsugaya, rassemblant la surprise générale dans sa propre voix.

« Probablement. » Présuma le scientifique d'un ton mystérieux.

« Bon qu'est-ce qu'on attend alors ? » Répéta l'impatient capitaine, qui réprimait une forte envie de sortir de la salle pour se mettre en chasse.

« Puisqu'il s'agit de la ville de Karakura, ne peut-on pas s'appuyer sur l'aide de Kurosaki Ichigo ? » Interrogea à nouveau Ukitake.

« Non. Le shinigami remplaçant a déjà été suffisamment impliqué dans nos affaires, et nous lui devons pour cela bien assez. Il est inutile de nous endetter davantage. Et vous êtes tous là pour prouver que nous avons la situation en main. » Intervint directement le capitaine-commandant.

Tous acquiescèrent gravement, leur fierté piquée à la mémoire des récents évènements.

« Quels sont les ordres ? » Demanda le seul noble présent, pour toute conclusion.

« Capitaine Kurotsuchi, continuez les recherches. Capitaines Hitsugaya, Kuchiki et Kenpachi, retrouver et ramener la fille. »

Le cœur de Soifon rata un battement. Elle n'était pas convoquée à poursuivre la fuyarde. Cela eut l'effet d'une douche glacée. Ce n'était pas possible. C'était sa fuyarde, c'était à elle de la ramener et de corriger son erreur. Comment pouvait-on l'en empêcher ? D'ordinaire, elle n'aurait jamais contesté un ordre direct, mais là, elle en faisait une affaire personnelle. Pourtant, lorsqu'elle se redressa, elle croisa le regard impérial de son supérieur. Ce dernier la fixa intensément, signe qu'il ne tolèrerait aucune contestation. La bouche de Soifon se cloua définitivement alors que son estomac se tordait douloureusement sous cette silencieuse réprimande.

« Une dernière chose. Soyez sur vos gardes, nous ne connaissons pas la puissance de l'ennemi. »

Sur ce il lança un regard appuyé à chacun d'entre eux avant de les autoriser à se retirer. Ukitake lança un regard lourd de sous-entendu à son ami d'enfance. Une fois les portes de la salle closes, Zaraki marmonna :

« Être sur nos gardes pour une gamine ? Qu'est-ce qu'il nous fait chier avec ses conseils et ses réunions inutiles. »

Et il regagna ses quartiers, ignorant le plus jeune capitaine qui l'interpellait. Ce dernier pesta, passablement énervé par le comportement de son camarade. Il ne pouvait pas compter sur l'imprévisible géant, certainement pas au niveau d'une stratégie ou de directives à adopter, et encore moins au niveau d'un combat. Le vieux avait dit d'être prudent, il n'avait pas tort, l'ennemi avait une carte en main, celle de l'inconnu. L'esprit vif du garçon soupçonnait là une autre raison, mais puisque son supérieur ne l'avait pas mentionné, il devrait s'en contenter. Dans l'espoir d'établir un minimum de priorités et d'organisation, il se dirigea vers son second coéquipier, avant que celui-ci ne lui fausse également compagnie.

« Ohé Kuchiki. Tu penses qu'on devrait amener nos seconds avec nous ? »

« Fais comme tu le souhaites. »

Une réponse ferme et neutre qui ne l'aida pas vraiment, comme il s'y attendait. Mais puisque le noble retournait également vers ses quartiers, Tōshirō décida d'en faire de même. Vu le niveau de coopération de ses deux partenaires, ça n'était pas gagné…

-X-

Chaque capitaine retourna au sein de sa division dans le but de briefer leurs seconds et autres membres, mais chacun à sa manière. Il en était, comme les capitaines de la 11ème et 12ème division, qui ne s'attardaient guère sur ce genre de "détails". Mais le troisième siège Ikkaku Madarame était habitué depuis bien longtemps aux méthodes de son capitaine. Il savait parfaitement que s'il ne voulait pas manquer une occasion de se dégourdir les jambes et de ne pas rouiller son sabre, il devait coller son supérieur dès lors qu'il revenait d'une réunion.

« Capitaine ! » S'exclama celui-ci dans l'espoir d'attirer son attention et d'obtenir une réponse.

En vain, Kenpachi l'ignora totalement. En réalité il ne l'entendit même pas, son esprit était focalisé sur une seule chose : demander à son lieutenant si elle était partante pour une promenade de santé. Il se fichait de savoir que son troisième siège tuerait pour qu'il lui fasse une telle proposition. Il appela alors la fillette, qui au bout de plusieurs minutes surgit dans son dos, et se percha sur son épaule en gloussant.

« Qu'est-ce qu'il y a Ken-chan ? »

« Hé Capitaine ! »

« Je vais dans le monde des humains trouver le fugitif. Tu veux venir ? »

La petite acquiesça, ravie de pouvoir partir en vadrouille avec son ami. Le capitaine s'élança, sans avoir remarqué l'homme qui le suivait désespérément et qui s'empressa d'utiliser lui aussi le Shunpo pour le rattraper.

« Capitaine attendez ! » Hurla Ikkaku, parvenu à la hauteur de sa cible.

« Ah Madarame t'es là ? Qu'est-ce tu veux ? » Demanda le géant sans arrêter sa course.

« Je vous accompagne. »

« Tch. Comme ça te chante, mais me gêne pas. »

Le shinigami afficha un large sourire, qui s'éteint bien vite en pensant au savon qu'allait lui passer son ami Yumichika pour ne pas l'avoir prévenu. Il fit demi-tour et se précipita vers les quartiers de sa division. Sachant pertinemment que son capitaine n'allait pas l'attendre, chaque seconde était précieuse. Il trouva rapidement le quatrième siège et l'interpella brusquement :

« Bouge-toi va y avoir de l'action ! »

L'homme eut à peine le temps de se détourner du miroir qu'il tenait que son partenaire était déjà reparti. Il soupira, grommela une contestation mais s'élança à sa suite. Il n'allait pas manquer un combat tout de même.

-X-

Une fois l'énoncé du capitaine Kuchiki achevé, le lieutenant Abarai vint lui demander la permission de l'accompagner. Pour toute réponse il obtint un hochement de tête, qu'il prit au sens positif. Renji était réellement intrigué par cette histoire. De toute façon, tout ce qui touchait au monde des humains valait son intérêt et son inquiétude désormais. Et puis, il pourrait peut-être obtenir l'aide d'Ichigo et vérifier dans un même temps comment il allait. Il suivit donc son supérieur jusqu'au Senkaimon, et attendit l'arrivée des autres, qui ne tardèrent point. Lorsqu'une tête blanche apparut, Renji s'apprêta à saluer la tignasse rousse qui l'accompagnait ordinairement, mais elle ne vint pas. Surpris, il se dirigea vers le capitaine solitaire.

« Capitaine Hitsugaya, Rangiku-san n'est pas avec vous ? »

En s'approchant, le shinigami s'aperçut qu'il bouillonnait intérieurement, et gardait les yeux fermés et les bras croisés pour contenir son extrême agacement.

« Non. »

Le souffle glacial qui s'échappa de ses dents serrées paralysa Renji sur place, qui regretta aussitôt d'avoir posé la question. Il y avait forcément eu un différend entre les deux…

« Matsumoto ! Ohé, Matsumoto ! Mais où est-elle bon sang ?»

Le petit capitaine avait déjà fouillé presque la totalité de ses quartiers sans l'apercevoir. Il se dirigea alors vers son bureau, songeant qu'elle lui avait peut-être laissé une note justifiant son absence. Or quand il ouvrit brusquement la porte, le spectacle qui s'offrit à lui le fit tout bonnement fulminer et la salle entière se refroidit sous son exaspération. La jeune femme, installée très confortablement dans son fauteuil fut surprise par cette entrée imprévue. Elle sursauta et laissa échapper le pot de vernis qu'elle tenait et dont elle était en train de se servir pour enduire ses ongles d'un brillant reflet pourpre. Le pot vint lamentablement s'écraser sur le plancher, se brisant et répandant son contenu avec une lenteur théâtrale pendant laquelle un parfait silence s'empara des lieux. Elle eut pour seul réflexe de regarder son capitaine rougir de colère en souriant timidement, l'air franchement désolé.

« MATSUMOTO ! »

Avant de craquer et de se jeter sur son lieutenant pour l'étrangler, il claqua la porte et se dirigea vers le Senkaimon pour ne pas perdre de temps. Quant à la shinigami, elle se leva pour le retenir mais s'abstint devant la violence avec laquelle la porte se referma. Elle contempla son chef d'œuvre en se passant une main dans les cheveux. Comment diable allait-elle faire partir une tâche de vernis ? C'était une question de vie ou de mort. Une brillante idée lui vint alors, peut-être pouvait-elle rendre visite à la petite rouquine du monde des humains afin d'obtenir la réponse ? Ravie d'avoir trouvé une possible solution, elle s'élança à la suite du petit dragon, avec un dernier coup d'œil pour l'infusion qu'elle avait préparé en l'attendant, songeant qu'encore une fois il n'allait même pas pouvoir apprécier tous les efforts qu'elle faisait pour lui.

Ainsi arriva-t-elle auprès de ses compagnons, quelques secondes après son supérieur. Renji la regarda, un air surpris, allant du capitaine à la femme plantureuse. Elle lui fit alors un immense sourire coupable auquel il répondit par une expression dépitée. Pourquoi y'avait-il autant de monde ? Et qu'est-ce qu'ils faisaient devant la porte d'accès au monde des humains ? Craignant de passer pour une idiote, elle se tut et évita soigneusement de s'approcher trop près de son chef, de peur de se transformer instantanément en bloc de glace. Après tout, s'ils allaient à Karakura, elle aurait sûrement le temps d'effectuer son petit détour, et de nettoyer cette vilaine tâche avant que son capitaine puisse la bouder plus longtemps. Elle détestait quand il faisait ça. Elle n'était pas vraiment fautive en plus, du moins pas complètement. Elle remarqua alors qu'elle était la source d'attentions. Le regard neutre mais transperçant du capitaine de la 6ème division lui causa un effroyable frisson qui remonta le long de son échine, transmettant immédiatement l'ordre de se faire toute petite durant cette excursion. Elle déglutit et se tourna vers ses deux amis combattants, cherchant un peu de soutien. Ikkaku l'observait avec un sourire malin tandis que Yumichika semblait plus compatissant. Cela lui apporta un peu de chaleur. Mais incompréhensiblement, le silence parut s'éterniser.

« On y va ? » Lança-t-elle d'une voix enjouée, dans l'espoir d'en finir au plus vite avec cette désagréable sensation oppressante.

Une autre personne apparut brusquement. Petite et menue, une jeune fille aux cheveux courts et noirs, légèrement essoufflée, s'approcha du groupe.

« Qu'est-ce tu fous là ? T'es pas invitée. » Interrogea Kenpachi, dont l'impatience était à son comble avec tous ces frêles shinigami qui le retardaient.

Rukia frémit devant l'air dangereusement agacé du guerrier, mais elle ne se démonta pas pour autant.

« Ma connaissance du monde humain est, en toute modestie, plus élaborée que la vôtre. Pour y avoir passé un certain temps, je peux affirmer que je connais bien la ville de Karakura. Je peux vous être utile s'il faut quadriller la zone et procéder à des recherches. »

Puis elle se tourna discrètement vers son frère, cherchant son approbation. Au bout de quelques secondes, celui-ci déclara, sans cesser de la regarder :

« Elle a raison. Elle nous évitera de perdre du temps. »

« C'est ça. » Répliqua le colosse qui n'avait pas écouté un traître mot barbant de son argument. « Que la chasse commence. » Ajouta-t-il avec un sourire carnassier.