Salut !

Bonne année! Je souhaite que vos meilleurs voeux se réalisent en cette année 2010

Avant toute chose, je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont écrit un commentaire. Ainsi que celles qui ont mis Adoption Forcée en alert ou en histoire favorite. Je suis extrêmement touchée… Par contre, pour les commentaires anonymes, il m'est impossible de répondre car, comme vous le savez, ce site ne permet pas les RAR avant ou après le chapitre. Aussi, pour les prochains commentaires, si vous voulez que je vous réponde, laissez une adresse mail…

Je tiens également à m'excuser, je n'ai pas encore pu répondre à tous...

Si vous voulez des news sur cette fic (date de parution, petits spoilers, etc) c'est sur le forum que je co-administre. (cf lien dans mon profil…)

Merci à ma bêta pour le travail particulièrement intense qu'elle a fourni... sans elle, le chapitre ne serait pas ce qu'il est actuellement...

Je vous souhaite une bonne lecture, en espérant que ce chapitre vous plaira également…


Chapitre 1 : Seuil Critique.



Dans l'infirmerie de Poudlard, un jeune homme, couleur neige, aux cheveux noirs indisciplinés, dormait.

Epuisé, avec des cernes qui lui mangeaient la moitié du visage, le pauvre garçon essayait de se remettre des maltraitances subies. En effet, il avait été battu par son oncle jusqu'à ce que ses deux jambes soient cassées en trois endroits différents, que ses humérus soient fêlés ainsi que la plupart de ses côtes, que trois de ses vertèbres soient déplacées, dont une vertèbre cervicale…

De plus, Harry Potter, ennemi juré de Voldemort, avait une minerve rigide autour du cou et un énorme bandage autour de la tête, comme une sorte de turban… Sa tête, et pas seulement sa cicatrice, lui faisait mal régulièrement...

Quand Madame Pomfresh l'avait ausculté pendant qu'il était éveillé, elle lui avait expliqué qu'il avait un traumatisme crânien. Sa tête avait heurté le mur de sa chambre et une énorme bosse était apparue, mais, sous le choc, sa peau s'était fendue et il s'était mis à saigner abondamment.

Il en résultait un hématome cérébral, car son oncle, alors sous les verrous en ce moment même, n'était pas allé de main morte avec lui, d'où le coma profond dans lequel il avait été plongé pendant près de trois jours.

Pompom avait été extrêmement rassurante et compréhensive avec lui. Elle lui avait expliqué, en langage non médical, son état de santé actuel. De toute façon, il ne pouvait comprendre des termes trop compliqués pour le moment. L'os de son crâne avait été fêlé, et c'est la première chose qui avait été soignée. Néanmoins, malgré tous ces soins, l'hématome qui en avait résulté n'avait pas encore été guéri, et du coup, Harry était obligé de rester allongé dans la petite chambre privée de l'infirmerie, beaucoup plus proche des appartements de la guérisseuse. De toute façon, avec ses fractures, il n'aurait pas pu aller bien loin…

Il aurait pu se rétablir plus vite, seulement, avec toutes ses blessures, Harry ne pouvait prendre les potions les plus puissantes sans risquer sa vie à cause des breuvages magiques incompatibles. Aussi, l'hématome avait été stabilisé, et les potions pour ressouder les os avaient fonctionné, mais seulement en partie. Le jeune homme, immobilisé, devait porter des plâtres sur ses jambes et ses bras pendant deux semaines encore si tout allait bien. Et surtout, il ne devait en aucun cas bouger trop fort la tête sinon les maux de crâne deviendraient chroniques.

Mais le pauvre Harry, immobilisé, se sentait comme un oiseau en cage. Pas que ça change d'habitude, il était toujours enfermé dans sa chambre ou son placard pendant les grandes vacances chez son oncle et sa tante. Il ne se rappelait même pas ce qui lui était arrivé. Ce qu'il savait, c'était qu'il s'était réveillé en sursaut en sentant des coups de poing contre son ventre. Et puis, ensuite, la douleur devenait trop importante pour qu'il se rappelle réellement la suite des événements.

Il avait mal. Mais la douleur était mise en sourdine, grâce à la potion antidouleur. Seulement, cette dernière, assez diluée, n'était pas compatible avec la potion de sommeil sans rêves. Aussi, les cauchemars habitaient quasiment toutes ses nuits. Et quand le souvenir de ces vacances catastrophiques ne se rappelait pas à lui, il subissait des visions de Voldemort et de ses plans machiavéliques pour tenter de conquérir le monde.

Etre abusé encore une fois, et là, sans qu'il ne soit responsable de quoi que ce soit, avait été dur à avaler pour Harry. Mais il était tellement habitué aux coups et aux privations qu'il ne s'interrogeait plus. Apparemment, il était mauvais. Tout simplement. Et si on l'avait sauvé, c'était sans doute uniquement pour le punir encore.

Pourtant, Madame Pomfresh l'avait soigné avec attention, et s'occupait de lui sans qu'on ne le lui demande… mais… ça devait sans doute être factice. Logique. Il n'était bon qu'à se faire frapper dessus. Ou hurler dessus, au choix. Rien qu'à voir comment Snape agissait avec lui en cours, c'était une évidence. De plus, ce dernier n'était même pas venu lui rendre visite depuis qu'il avait appris qu'il était obligé de l'adopter…

Ses digressions mentales l'épuisaient plus qu'autre chose, le rendant morose. Il était souvent dans un sommeil léger, essayant vainement de rattraper ses nuits d'éveil dues aux cauchemars récurrents. Là encore, il ne faisait que manger, et fermer les yeux par la suite. Et manger, c'était uniquement quand une personne, ou un elfe l'aidait, puisqu'il ne pouvait pas se servir de ses mains, ce qui l'énervait vu que ça le confortait dans son incapacité à se débrouiller seul. Après tout, s'il avait su se défendre, il n'aurait pas été dans ce lit, contraint à l'immobilisme.

Il devait être quinze heures. Harry somnolait quand le ministre entra dans sa chambre comme dans un moulin. Ce dernier jubilait intérieurement de l'absence de l'infirmière.

« Monsieur Potter, cela fait deux jours que j'ai besoin de vous parler en tête à tête, mais madame Pomfresh faisait à chaque fois barrage, arguant du fait que vous n'êtes pas en état d'avoir de longues conversations. Que diable. J'en profite maintenant que vous êtes un peu seul, afin de vous annoncer quelque chose qui changera définitivement votre vie… »

Mais Harry n'écoutait pas l'homme. La voix forte du ministre avait déclenché une douleur insupportable dans une moitié de sa tête. Une douleur qui donne envie de se taper la tête contre le mur. Une douleur dont la seule envie en la subissant est d'en finir avec la vie. Une migraine…

En plus d'avoir une douleur chronique due à sa cicatrice, il devait supporter depuis quelques jours cette ignoble souffrance qui, à la fin, le laissait plus affaibli qu'autre chose. Il se recroquevilla tant que possible, ses bandages et plâtres gênant ses mouvements, et un sourd gémissement de douleur franchit la barrière formée par ses lèvres.

Cornélius Fudge, lui, regardait ce sale gamin qui lui prenait toute la gloire. Un enfant qu'il avait fait passer pour fou mais qui restait tout de même adulé par pratiquement la moitié de la population sorcière.

«Alors Potter, comment vous sentez-vous aujourd'hui ? »

Harry ne répondit pas. Il aurait bien voulu remettre cette personne agaçante à sa place, mais le moindre effort l'affaiblissait.

« Potter ! Je vous ai posé une question ! Vous êtes à ce point mal éduqué pour ne pas comprendre qu'il faut répondre quand on vous parle ? »

La voix du ministre était plus forte. Harry, lui, avait l'impression que sa tête était comme une caisse de résonance. Il déjà que le bruit de sa propre respiration lui était insupportable lors d'une crise, si en plus l'individu hurlait au lieu de parler comme une personne civilisée, il n'allait pas pouvoir supporter bien longtemps tout ce bruit.

«Potter… Vous refusez de répondre ? De nos jours, les enfants sont de plus en plus dégénérés… A moins que… »

Harry s'interrogea sur la question fondamentale suivante : comment demander à une personne qui hurle dans une infirmerie de se taire et de s'en aller quand parler fait mal ? Surtout quand cette personne, paranoïaque au possible, pensait que vous ne lui répondiez pas parce que vous trempez dans un complot visant à l'éjecter de son siège de ministre…

« …vous voulez prendre ma place hein ? Vous m'insultez en ne répondant pas, vous répandez de fausses rumeurs par le biais du journal d'un illuminé, vous insultez le ministère en vous moquant de Madame Ombrage, vous voulez donc prendre ma place ! Ça ne se passera pas comme ça !! »

Mais à ce moment là, Harry gémit presque inaudiblement de douleur. Malheureusement pour lui, le Ministre n'entendit rien, tant il était plongé dans son monologue. Tout sorcier, entré par hasard dans l'infirmerie aurait pu voir qu'il souffrait, à la grimace explicite qu'il affichait. Fudge, lui, tellement obnubilé par ce qu'il pensait être un coup d'état, ne voyait que l'insulte qui lui était faite. L'ignorance semblait exacerber les traits les plus vils de son caractère. Il ne se gêna pas et insulta copieusement le jeune homme alité.

« Vous n'êtes qu'un petit arrogant qui essaye de se faire remarquer par tous les moyens. J'espère que Snape saura vous dresser à la docilité. Vous n'êtes qu'un petit con qui veut prendre toute la gloire qui m'est due. Je veux que vous vous excusiez de votre effronterie. Vu que vous êtes immobilisé dans ce lit, je ne vous forcerai pas à vous prosterner devant moi, mais vous devriez… »

A ce moment précis, un petit gémissement de pure douleur coupa la parole de Fudge. La douleur était insupportable. Harry espérait tomber le plus vite possible tomber dans l'inconscience. Le jeune homme essaya de parler, mais, le simple fait de bouger sa mâchoire lui causait tant de douleur qu'il préféra se taire. Il espérait que Pompom arriverait vite. Il ne pouvait plus supporter le bruit. Et sa tête était comme serrée dans un étau…

Le ministre, lui, fulminait. Comment ce morveux osait-il lui couper la parole pour quelque chose d'aussi futile qu'un gémissement ? Cet enfant ne l'écoutait pas, ne faisait pas attention à lui et à sa grandeur. Lui, le symbole vivant de la gloire de la communauté sorcière venait de se faire moucher par le survivant. Et cet enfant n'avait même pas dit quelque chose d'intelligible. Non, un simple son, pour montrer à quel point il le méprisait… Alors, Cornélius Fudge s'énerva et fondit sur Harry Potter, ne se souciant pas du tout des avertissements de l'infirmière qui n'était de toute façon pas présente. Il attrapa le survivant par le col de son pyjama et le secoua violemment en lui hurlant dessus.

"Vous êtes un petit crétin stupide, arrogant, imbécile qui ne mérite pas la gloire que la population lui donne !!!! Je devrais vous faire enfermer puisque vous méprisez tant l'autorité !!!!Je comprends mieux pourquoi votre oncle vous a frappé ! Vous ne faites attention qu'à vous ! Vous allez…" )

A ce moment précis, on entendit juste un hurlement de surprise et de peur, ainsi qu'un craquement.

La magie du jeune homme, sentant sa détresse, répondit au ministre. En entendant le vacarme, Madame Pomfresh débarqua juste à temps pour voir le ministre effectuer un vol plané et se coller au mur, puis tomber violemment sur le sol. Harry, lui, était inconscient et les machines magiques qui l'entouraient émettaient un bruit inquiétant.

Les bips des machines se faisaient plus longs : Harry était de nouveau dans le coma.

Harry Potter, grâce au ministre de la magie, se trouvait en ce moment au bord de la mort. Le caillot dans son cerveau s'était détaché et, pour éviter qu'il ne meure, Pompom avait paré au plus pressé.

Le sort de stase, créé par un grand médicomage du 18ème siècle, était assez difficile à réaliser. Heureusement, Madame Pomfresh excellait dans son application. Il permettait à un patient comme Harry de pouvoir rester vivant en attendant la potion qui était en cours de réalisation. On ne pouvait le maintenir au-delà d'un mois, car il entrainait la mort irrémédiable du malade.

En envoyant un patronus, l'infirmière de l'école informa le directeur de l'école qui appela de toute urgence le maitre de potions par voie de cheminette. Par bonheur, le phénix d'Albus avait terminé depuis trois semaines son cycle de combustion, et il était de nouveau opérationnel.

Une missive plus tard, Fumsek disparaissait dans une gerbe de flammes et revenait quelques minutes plus tard dans l'infirmerie, accompagné du médicomage le plus compétent d'Angleterre qui se dépêcha de rendre à tout son équipement médical sa taille normale. Severus, lui, était déjà de retour dans les cachots pour effectuer une potion qui ferait disparaître le fameux caillot de sang, et Albus, lui, faisait les cents pas dans l'infirmerie, loin de la chambre privée où se trouvait actuellement le malade. Il n'y avait pas de temps à perdre, sinon, les chances de survies de l'enfant seraient fortement compromises.

Un simple regard haineux de la part de Dumbledore et de Madame Pomfresh eut raison de Cornelius Fudge qui ne s'attarda pas. Aveuglé par sa rage envers ce gamin, il avait aggravé son état de santé. Et ça, c'était un mauvais point pour sa carrière… Même si le sale morveux était un menteur et un affabulateur, encore plus illuminé que ce Xénophilius Louvegood qui croyait en l'existence des Ronflacks cornus. Il espérait fortement que Snape ne dirait rien qui puisse le compromettre… Mais en même temps, il pouvait se débarrasser de l'homme en noir en cas de problème…


Juste avant de partir de l'école, Fudge fut pris à part par Severus Snape en personne.

« Si jamais il garde des séquelles Monsieur le Ministre, je suis au regret de vous informer que vous serez tenu pour responsable non seulement devant le Magenmagot mais également devant la Population sorcière toute entière… »

Surpris par tant de fougue protectrice, Fudge se demanda s'il avait fait le bon choix.

« Vous aussi, vous défendez cet enfant… Vous êtes aussi sous l'influence néfaste de Dumbledore et vous allez conforter ce sale morveux dans ses divagations… Vous m'aviez montré cette marque maudite, et maintenant, vous voulez…

-Je me permets de vous couper la parole. Le fait que ma marque m'ait brulé à l'époque ne signifie pas que j'y crois réellement. Et, de plus, je ne pense pas qu'être sévère envers cet enfant signifie vous laisser vous en sortir sans aucune inquiétude ! Surtout quand Madame Pomfresh,, infirmière chevronnée, vous a vu basculer loin de Potter et a vu les machines autour de son patient s'affoler… Je serai vous, je craindrais réellement cette femme…

Severus lui fit un sourire cruel. On ne s'attaquait pas à un enfant entre la vie et la mort, surtout pas l'enfant de Lily Evans.

Le maître des potions de Poudlard regarda le gros ministre se dandiner vers la sortie. Fudge se préoccupait plus de son confort personnel que de celui des sorciers… Et son double menton, ainsi que sa robe en soie d'accromantula d'un vert douteux l'attestaient… Le salaire d'un ministre ne lui permettait normalement pas de se payer un tel vêtement.

L'enfant de Lily Evans était malade. Tout ça à cause d'un moldu qui avait décidé de s'en servir comme… comment les moldus appelaient ça déjà ? Oui, un Pinchung Boll… enfin bref, le truc que les stupides sportifs qui aimaient se taper dessus avec des gants rouges utilisaient pour s'entrainer… Peut être que le beau frère de Lily était un de ces idiots…

Severus se posait quelques questions. Est-ce que c'était la première fois que le jeune homme avait été confronté aux coups ? Les souvenirs de Harry, auxquels il avait accès lors de leurs leçons clandestines d'occlumencie, ne semblaient pas réels. En tout cas, il ne voulait pas y croire. L'enfant avait forcément occulté les moments où il faisait toutes les bêtises monstrueuses qui lui valaient d'être corrigé de cette manière…

Mais… en même temps, un souvenir douloureux essayait de se frayer un passage à travers ses souvenirs. Son père le battant à cause de ses pouvoirs magiques qui s'étaient manifestés. Il avait 8 ans. Et il n'avait pas pu s'asseoir de façon confortable pendant trois jours…

Mais, si lui n'avait au départ rien fait pour s'attirer les foudres de son père, Potter était tellement persuadé qu'il était une divinité venue faire grâce de sa présence au monde qu'il méritait forcément ces corrections, même disproportionnées…

Et Albus qui s'amusait à le punir pour une raison obscure en l'obligeant à accepter l'offre du ministre. Bon, d'accord, c'était à cause de lui que Lily était morte. Et il le payait suffisamment en voyant chaque nuit, dans ses rêves, le Seigneur des Ténèbres lui promettre qu'il sauverait la rousse de son cœur pour mieux la tuer quelques temps plus tard. Mais il n'y avait aucune raison de l'obliger à s'occuper du fils de James Potter ! Même s'il s'agissait également du fils de sa douce Lily... Même s'il comprenait le danger de l'autre alternative, à savoir le confier à Lucius, il ne pouvait tout de même pas accepter d'avoir la garde de Harry Potter. Comme si ce dernier ne pouvait pas retourner chez sa tante… fichu ministre aveuglé et manipulé. Le génie de Lucius avait encore frappé…

Il détestait encore plus le ministre, mais aussi la jeune charge qui lui avait été confiée. Mais il ne pouvait pas faire autrement que de le plaindre quand même. Aucune enfant ne méritait qu'on le batte à ce point… En même temps, vu que c'était l'enfant de James Potter, Dursley avait tout de même des circonstances atténuantes : il pensait sans doute que battre l'enfant était réellement une bonne chose pour éloigner l'influence néfaste des gènes Pottériens en lui…

Il secoua la tête, éloignant par la même sa confusion et reprit sa course vers ses cachots. Il fallait sauver l'enfant. Il était le seul à pouvoir vaincre Le Seigneur des Ténèbres. Surtout, il était la seule trace vivante du passage de Lily Evans sur terre.


Severus avait utilisé Fumsek afin de passer la commande des ingrédients les plus onéreux et rares de la potion. Heureusement, la magie du phénix n'agressait pas les plantes demandées, ce qui permettait de s'approvisionner en moins de 20 minutes chez un apothicaire à l'autre bout de la planète.

Du sang de vampire des Amériques pour ronger le caillot de sang et des larmes de phénix, gracieusement données par Fumsek pour contrer l'action corrosive de l'ingrédient précédent, histoire que le survivant ne devienne pas à son tour un buveur de sang de catégorie 3. Des fleurs qui ne poussaient qu'au sommet de l'Himalaya et qui, une fois cueillies, avait une durée de vie limitée selon la qualité de leur conditionnement. Un ongle de dragon broyé en une fine poudre, une pierre de lune givrée, du sang de licorne donné volontairement pour la régénérescence des tissus touchés et abimés, une écaille de cobra royal magique, sans compter nombre d'ingrédients que l'on trouvait dans le laboratoire personnel de Severus Snape et qui étaient trop toxiques et dangereux pour que des élèves de Poudlard puissent l'utiliser.

Pendant trois jours, Severus carbura à la potion énergisante , histoire de ne pas s'endormir et faire exploser son chaudron.

Pendant trois jours, Albus Dumbledore ne sortit de l'infirmerie que pour se changer et manger.

Pendant trois jours, Pompom et le médicomage de Sainte Mangouste ne quittèrent pas le chevet de leur patient.

Pendant trois jours, Fudge, Ministre pour le moins incompétent, se morfondit dans son bureau, refusant les visites, attendant des nouvelles de l'enfant. Si jamais il lui était arrivé quelque chose, sa carrière serait fichue. Même son conseiller, Lucius Malfoy, fut refoulé par la secrétaire. Le ministre le rappellerait ultérieurement.


Poppy Pomfresh était une infirmière très compétente qui avait décidé de travailler à l'école de Poudlard.

Plus jeune, elle s'était mariée et avait eu un enfant. Mais son époux avait disparu de la circulation après avoir vidé leur compte en banque commun, et son fils unique était mort, tué par un virus magique s'attaquant au noyau magique du contaminé. Après des années de dépression et de travail acharné à Sainte Mangouste, elle décida de se spécialiser en pédiatrie. Elle refusait de se marier de nouveau, et elle ne voulait plus jamais enfanter de peur de le perdre ensuite. Après avoir exercé pendant trois ans dans le service hospitalier dédié aux enfants, elle postula à l'école de Poudlard, répondant à l'offre d'emploi parue à la fois dans La Gazette des Sorciers et dans l'Hebdomadaire du Médicomage. Elle s'était alors jetée à corps perdu dans son travail, se satisfaisant des relations entretenues avec ses élèves les plus assidus. Certaines jeunes filles qui venaient lui demander des conseils, certains jeunes hommes qui refusaient de parler à leurs parents de leurs soucis liés à la sexualité entre autres.

Elle s'était un jour attachée à un élève sage et timide, qui avait malheureusement été mordu par un loup garou quand il était tout petit. Remus Lupin était l'adolescent le plus triste qu'elle n'avait jamais rencontré depuis qu'elle exerçait son métier au sein de l'infirmerie de l'école. C'était elle sa confidente, jusqu'à ce qu'il se lie d'amitié avec trois des membres de son dortoir pour former la bande des maraudeurs, experts en blagues et maniganceurs de mauvais coups. Elle l'avait vu reprendre gout à la vie, et ce, malgré les pleines lunes de plus en plus difficiles…

Pompom avait cru qu'elle avait trouvé une sorte de fils en Remus. Mais c'était avant qu'elle ne rencontre le petit Harry Potter.

La première fois, c'était le jour où elle l'avait mit au monde. Il avait hurlé quand l'air était rentré dans ses petits poumons. Il était si mignon avec sa petite bouille et ses cheveux qui partaient dans tous les sens… Quand, après son premier bain, il avait ouvert les yeux, elle était tombée dans deux lac d'émeraudes d'une telle profondeur qu'elle en frissonna. Cet enfant accomplirait de grandes choses, elle le sentait du plus profond de son être. L'anéantissement de Voldemort n'était que la preuve du grand pouvoir de ce petit être.

Et puis, il alla vivre dans sa famille moldue. Et elle fut heureuse de le revoir lors de la rentrée. Elle avait retrouvé son petit. Au fil des ans, elle s'était encore plus attaché à lui, prenant même soin, vu sa propension à se jeter devant le danger, à lui réserver un lit dans son infirmerie. Mais elle n'aurait jamais pensé que son petit était maltraité par les Dursley avant sa seconde année de scolarité. Et quand elle en fit part à Albus, ce dernier lui rétorqua qu'il valait mieux pour Harry Potter qu'il reste dans la famille de son enfance. Le vieux bouc, têtu comme une mule, s'était alors trompé.

Pompom se jura de protéger cet enfant. Quitte à y laisser la vie. Elle ne laisserait plus personne lui faire du mal.

Elle faisait les cent pas dans l'infirmerie, sous le regard inquiet de son collègue médicomage. Elle n'attendait qu'une chose, que cette potion soit enfin prête et qu'elle puisse l'administrer à Harry.

Et, après trois jours, la potion fut prête. Pompom retira le sort de Stase qu'elle avait lancé et le médicomage donna à Harry la potion, petit à petit, faisant couler peu à peu le liquide sur la langue du patient, massant sa gorge pour qu'il l'ingurgite, et ce, jusqu'à ce que le réflexe primaire de déglutition intervienne.

Et l'attente dura. Insoutenable. Et Fudge fut présent, haranguant les médecins afin que l'enfant se réveille plus vite.

Au bout de deux heures, le caillot, pas plus gros que la pointe d'une épingle avait finalement été rongé par le sang de vampire dilué dans la potion ; l'hématome semblait entièrement résorbé également. Severus avait encore accompli un miracle en bouteille, comme disait l'infirmière...

L'état de Harry se stabilisa, et toutes les personnes présentes dans l'infirmerie soupirèrent de soulagement. Mais Fudge, lui, n'en menait pas large. Pompom l'avait menacé de porter plainte contre lui. Elle n'avait pas pu le faire avant, Fudge ayant disparu pendant qu'elle appliquait le sort de stase, sort nécessitant une intense concentration.


Harry, lui, pensait flotter entre deux eaux. Il avait eu mal à la tête, on l'avait secoué comme s'il était un hochet dans la menotte trop enthousiaste d'un bébé, et puis, deux secondes plus tard, il avait sombré dans un sommeil profond. Maintenant, il se sentait bien, un peu trop bien d'ailleurs…

Il n'avait pas eu conscience d'être entre la vie et la mort. Quelques heures plus tard, il plissa des yeux, gêné par la lumière. Et une voix aux accents à la fois anxieux et soulagés chuchotait, lui demandant comment il se sentait, mais aussi et surtout s'il avait encore mal à la tête.

Harry essaya de parler, mais il ne réussit pas. Un énorme tuyau lui obstruait la bouche. Il paniqua, essaya de l'arracher, et commença à s'étouffer, sans succès. Ses bras pesaient tellement lourd, et il était tellement épuisé…

La voix du praticien le rassura rapidement et l'objet de sa panique fut retiré de sa bouche. Harry essaya de parler, mais seul un gargouillis franchit ses lèvres. Sa gorge était en feu. Pompom lui donna tout de suite de l'eau, qu'il but avec reconnaissance… et ressentit une vive douleur à la gorge. L'infirmière avait oublié à quel point cet attirail moldu faisait mal…

Après plusieurs tentatives, toutes soldées par des échecs, il réussit à parler.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

La voix de l'adolescent était rauque, comme s'il avait avalé du verre pilé.

Ce fut Pompom qui prit la relève.

« Tu es à l'infirmerie mon chéri. Tu as reçu ton héritage magique et…

-Et mon oncle m'a frappé, c'est ça hein ? »

Albus, Pompom et le médicomage se regardaient, surpris par tant de résignation. Harry en parlait comme si c'était normal et comme si personne ne pouvait faire quoi que ce soit pour le sortir de cette situation.

« Heureusement, je suis à la maison… »

L'infirmière soupira. Pour qu'un enfant pense qu'une école était sa maison, c'est que sa famille était horrible avec lui. La dernière personne qui avait pensé de la sorte, c'était Severus Snape. Bien entendu, Severus ne l'avait jamais dit. Et il ne le dirait jamais. Mais elle se remémora le soulagement dans les yeux du jeune homme quand ce dernier revenait de vacances… Si elle avait Tobias Snape ou les Dursley devant elle, et qu'Albus n'était pas là, elle finirait à Azkaban, sans doute dans l'ancienne cellule de Bellatrix Lestrange car elle aurait réduit ces individus en charpie…

Parler avait été l'effort de trop. Harry s'était rendormi, épuisé. Il ne se réveilla que quelques heures plus tard, se sentant mieux malgré sa fatigue.

Pompom vérifia sa tension, sa température et lui donna un plateau repas sur lequel se trouvait un bol de soupe.

Après manger, le médicomage l'ausculta et, après avoir remarqué que le caillot s'était entièrement dissous et que l'hématome s'était résorbé, décida de retourner à Sainte Mangouste. « Au moindre souci, Pompom, recontactez-moi. Voici mon adresse de cheminette professionnelle et même personnelle. Monsieur Potter, j'espère que vous irez pour le mieux. Si vous voulez en parler un jour, je serai à votre disposition. Au revoir. »

Harry somnola encore mais les potions antidouleur, bien qu'efficaces, ne lui permettaient pas de se reposer… et il ne pouvait toujours pas prendre de potions de sommeil. Il fallait attendre au moins deux semaines pour l'ingurgiter après une potion pour ronger les caillots de sang.

Le quatrième jour, il se sentait mieux. Les potions pour ressouder ses os avaient agi depuis un bon bout de temps, et il fallait maintenant penser à replacer correctement ses vertèbres, surtout la cervicale.

Ses vertèbres, n'étant pas parfaitement alignées aux autres, pinçaient ses nerfs dès qu'il bougeait, ce qui le faisait crier de douleur. Malheureusement, le nombre de potions qu'il prenait chaque jour était le nombre maximal. On ne pouvait en prendre plus sans risquer une overdose. Et il n'était pas possible non plus d'augmenter les doses des principes actifs de la potion antidouleur pour les mêmes raisons. Aussi, Harry se retrouvait à souffrir en silence, espérant quelques fois que La Mort viendrait le prendre.

Madame Pomfresh ne pouvait pas toucher à sa colonne vertébrale. Elle n'était pas habilitée à ces manipulations. Il fallait donc qu'un collègue voie son patient. Seulement, aller à Sainte Mangouste dans son état actuel de santé n'était pas conseillé. Aussi, un ostéomage venait dans l'après midi pour la première consultation.

Le praticien arriva quelques minutes avant son gouter. Après les présentations d'usage, ainsi que les explications sur la manœuvre médicale qu'il allait effectuer le lendemain, le docteur prit, à l'aide de sa baguette magique, des clichés du torse de son patient. Il les étudia attentivement, demanda à Harry son seuil de tolérance à la douleur, et lui donna rendez-vous le lendemain à la même heure.


Suite au départ de l'ostéomage, un vieil homme, vêtu d'une robe de sorcier bleue où voletaient joyeusement plusieurs vifs d'or, fit son apparition dans la petite chambre privée de l'infirmerie.

« Bonjour Harry » chuchota-t-il. « Comment te sens-tu aujourd'hui ? Je profite de l'absence du professeur Ombrage pour te visiter tranquillement. Pompom m'a dit que tu avais posé des questions sur le pourquoi du comment tu étais parti de chez tes moldus. Alors je me suis dit qu'il fallait que tu aies quelques explications… »

Comme d'habitude, Albus Dumbledore s'amusait à faire dévier la conversation au lieu d'aller droit au but. Inconsciemment, Severus et Harry avaient un point commun : ils détestaient cette manie du vieil homme…

« Il y a 10 jours, j'ai eu la surprise de voir arriver ta chouette. Il semblerait que ce soit ta tante qui me l'a envoyé. Je suis venu dès que j'ai su ce qui t'étais arrivé. Heureusement, car sinon, il aurait été trop tard… »

Harry regarda l'homme, l'interrogeant silencieusement sur les événements qui ont conduit à ce qu'il soit dans cet état physique.

« J'ai cru comprendre que ton oncle a eu la main particulièrement leste suite à un événement indépendant de ta volonté. »

Albus se tut et attendit que le jeune homme ait assimilé ces informations.

« Mais, le questionna Harry après trois longues minutes de silence, que s'est-il passé exactement ? Je ne m'en rappelle pas… je sais juste que ça faisait mal…, murmura le jeune homme.

-J'ai cru comprendre que tu avais acquis une partie de ton héritage magique… Normalement, c'est à 16 ans que ce phénomène survient, mais, toi, tu as beaucoup de pouvoir. Aussi, une partie s'est libérée plus tôt. Je t'ai apporté un petit livre de chevet pour que tu puisses en savoir plus… Je te laisse te reposer maintenant… »

Le vieil homme, après les salutations d'usage, sortit de l'infirmerie, mais n'oublia pas de proposer à son jeune protégé un bonbon au citron. Mais jamais il n'oublierait le regard de Harry Potter. Si seulement il l'avait mieux protégé jamais il n'aurait été dans ce lit, aussi mal en point, et jamais il n'aurait fait l'objet d'une adoption ayant pour but de l'empêcher de transmettre ses connaissances à l'adolescent… Ce ministre était une calamité pour tous.

De son côté, Harry réfléchissait. Il savait que son le traitement que lui avait fait subir son oncle était mal. Mais une petite voix au fond de son cœur lui martelait que c'était une punition méritée. Non seulement à cause de la mort de ses parents, mais également en guise de punition pour celle de Cédric Diggory. Les explications du directeur avaient cependant été sibyllines. Comme d'habitude. La partie sur son héritage magique le laissait perplexe. Pourquoi les choses anormales n'arrivaient qu'à lui ? Il aurait aimé avoir une maison, ses parents, une petite sœur et peut être un chat. Mais non, au contraire, il avait une famille maltraitante et personne qui prendrait le risque de s'inquiéter suffisamment de ce qu'il ressentait. Il était une anomalie du monde magique. Il n'avait jamais le droit de choisir quoi que ce soit dans sa vie… mais bon, il devait remercier Merlin d'être vivant et c'était déjà bien comme ça…


Le reste de la journée se passa assez tranquillement, Pompom lui faisant la conversation lorsqu'il était éveillé. Mais, même s'il appréciait qu'elle s'occupe de lui, il semblait se renfermer dans sa morosité, parlant le moins possible. Le lendemain, les premières analyses de l'infirmière le rassurèrent : ses côtes étaient entièrement guéries, mais elle l'exhortait à la prudence : pas de mouvement brusque.

Juste avant l'heure du petit déjeuner, l'ostéomage arriva avec son assistant. Avec d'infinies précautions, ils déplacèrent l'adolescent sur une table de consultation qu'ils avaient fait apparaître, et ils enlevèrent sa minerve. « Ça risque de vous effrayer Monsieur Potter, mais ne vous inquiétez pas. Je n'ai pas commencé hier, parce que je préférais m'entrainer sur un mannequin d'abord. Tout sera fini avant même d'avoir commencé et vous recommencerez à tourner la tête comme d'habitude… après quelques jours de repos tout de même… Ah, Madame Pomfresh, n'oubliez pas après de lui faire quelques séances de kinésithérapie. Cela ne lui fera que du bien… »

L'assistant lui donna une potion à boire, histoire qu'il soit détendu mais tout de même conscient en cas de douleur inopinée dans la région du cou et du dos. Cette potion permettait également d'éviter les conséquences de faux mouvements, et, par conséquent, d'autres blocages.

L'osthéomage, sous le regard avide de connaissances de son assistant, manipula tout doucement son patient afin que ses muscles se réchauffent et que ses tendons soient détendus. Harry, lui, malgré son appréhension, se sentait mieux déjà. Ça lui faisait tellement de bien…

A un moment, le praticien le manipula d'un coup sec. On entendit un « Crack » retentissant, et les trois vertèbres déplacées de Harry se remirent à leur emplacement initial. Harry n'avait pas eu le temps d'avoir peur...

Il garderait la minerve pendant quelques jours encore, quand il serait assis, vu qu'il ne se lèverait pas avant encore une bonne semaine. Pour plus de confort, on lui octroyait une minerve en mousse. Plus facile à supporter d'une part, et plus facile à enlever d'autre part. Pour la nuit, un simple oreiller ergonomique suffirait.

Ce soir là, Harry, aidé de la potion du matin qui faisait encore effet, s'endormit, et ne se réveilla que le lendemain, assez tardivement.

Il trembla un peu en voyant devant lui le cauchemar de ses années de scolarité : Severus Snape.

« Je vais parler, et vous allez vous taire Potter, et surtout, faire preuve d'une intelligence hors du commun et m'écoutant attentivement sans m'interrompre et en mémorisant tout ce que je vais vous dire… Pas la peine de prendre cet air de strangulot hors de l'eau… Vous allez m'obéir et… »

Fin du chapitre.

Chers lecteurs, j'espère que ce chapitre ne vous a pas trop ennuyé, mais il est nécessaire à l'histoire… fallait bien que Harry guérisse…