Bonjour, désolée de mon retard, circonstances inéluctables.
Je vous poste enfin la version définitive que ma merveilleuse bêta a corrigée malgré ses nombreux examens. Mais ne vous inquiétez pas, le chapitre suivant est presque terminé...
Bref, je vous laisse et je me mets à la rédaction détaillée du troisième chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre dédicacé à Choupi, qui nous a fait un merveilleux travail de design sur le forum en l'habillant aux couleurs de la Saint Valentin.
Chapitre 2 Rapprochement forcé
Albus Dumbledore réfléchissait, faisant les cent pas dans son bureau.
Ce n'était pas possible qu'un homme puisse frapper un enfant aussi adorable que Harry avec une telle intensité et une telle envie de le détruire seulement parce qu'il s'agissait d'un sorcier. Il y avait forcément plus que cela !
Il décida d'aller interroger le prévenu lui-même le lendemain, malgré les injonctions formelles de Fudge selon lesquelles il n'avait aucun droit de s'approcher de près ou de loin de Harry ou de sa famille moldue. Il ne l'affichait pas, mais cette mesure l'agaçait particulièrement. Il avait l'impression que l'homme en vert manigançait quelque chose de dangereux. Quelque chose qui le discréditerait définitivement afin de prendre le contrôle total de la communauté sorcière. Mais il n'avait jamais pu lire les pensées du Ministre. Ce dernier était un bon occlumens.
Au besoin, il utiliserait la légilimencie sur Vernon pour avoir toutes ces informations… il avait commis suffisamment d'erreurs avec Harry Potter. Il était temps que tout soit comme ça aurait dû l'être. Après tout, Sirius était le tuteur légitime de Harry, même si, pour le moment, il ne pouvait pas le revendiquer officiellement.
Le directeur de Poudlard espérait réellement que Severus et Harry finiraient par s'entendre et s'apprécier mutuellement. Après tout, Severus était certes un homme hanté par son passé puisqu'il avait vécu assez d'horreurs dans son enfance. Mais cette particularité faisait de lui la personne la mieux placée pour comprendre ce que ressentait l'adolescent. Pourvu qu'il ne prenne par en compte la parenté de cet enfant, sinon ce serait pire qu'avant…
Harry et Severus avaient tous deux un passé commun. Et s'ils parvenaient à former une famille, chacun pourrait penser les blessures de l'autre, tout irait pour le mieux. Certes, son instinct de personne âgée était en alerte, mais il avait tellement envie d'y croire. Après tout, Harry avait tous les avantages de son côté : il était un jeune homme poli et respectueux, et surtout, il était le fils de Lily Evans Potter. Rien au monde ne pouvait lui enlever cette filiation. Il savait que Harry serait en sécurité avec Severus et il espérait que ce dernier saurait saisir la chance d'élever le fils de sa meilleure amie et amour d'enfance.
Il soupira et se remit à marcher. Il était perdu sans ses pensées, s'en voulant de n'avoir pas pensé plus tôt à faire adopter Harry par un sorcier membre de l'Ordre du Phénix, mais il ne pouvait plus rien. De toute façon, il était maintenant pieds et poings liés, puisqu'il ne faisait plus partie du Magenmagot. Encore une manœuvre de Fudge pour l'isoler le plus possible.
Voir son petit protégé dans cet état, d'autant plus à cause d'un homme dépourvu de pouvoirs magiques écœurait Albus plus qu'il ne voulait l'admettre. L'enfant le plus poli, le plus désintéressé, le plus agréable et simple à vivre qu'il connaissait avait été battu parce que son pouvoir magique se développait et il n'arrivait pas à canaliser ses mauvais pressentiments… Quelque chose allait arriver, mais il ne savait pas quoi, ce qui l'agaçait particulièrement en ce moment. Et Merlin seul savait à quel point il n'avait pas du tout besoin de ça en ce moment.
Entre Voldemort qui cachait son retour, le ministère qui était sur son dos et celui de Harry, cette chose rose hideuse qui s'amusait à faire passer décret sur décret dans son école, il ne savait plus où donner de la tête pour assurer le bien-être de ses élèves. Maintenant, un ministre qui décide, comme par hasard, d'octroyer la garde de Harry à Severus ou Lucius… Comme s'il ne voyait pas clair dans le rôle joué par Voldemort dans cette prise de décision… Le mage noir contrôlait toute la politique du ministre. Et son but était la mort de son pire ennemi, l'enfant qui l'avait réduit presque à néant 14 ans plus tôt, Harry Potter. Il devait s'assurer que l'adolescent irait bien. Et ce, le plus vite possible. Aussi, il convoqua Severus dans son bureau. Et ce dernier arriva assez rapidement.
Le vieux directeur regarda son employé, celui qu'il estimait quasiment comme un fils. Silencieusement, il invita l'homme en noir à s'asseoir. Et essaya de rassembler ses esprits pendant quelques secondes.
Bien entendu, Severus, en bon Serpentard toujours irrité par la bienveillance de son patron à son égard, évitait de se retrouver en tête à tête avec Albus. Car oui, ce dernier, bien que semblant inoffensif, avait le plus grand pouvoir de persuasion utilisé par un humain. S'il s'appliquait réellement, il pourrait convaincre Bellatrix Lestrange de faire du bénévolat dans un orphelinat moldu.
La voix irritée du maître de potions s'éleva dans le bureau directorial.
« Quelle est la raison de cette convocation, Albus ? »
Apparemment, Severus n'avait guère envie de s'entretenir avec lui aujourd'hui…
« Voyons Severus, vous êtes encore irrité parce que je vous ai demandé de prendre ce que Monsieur le Ministre vous offrait ? »
Severus eut une réaction totalement en adéquation avec son rang de professeur adulte, froid et calme : il grogna.
Et Albus émit un petit rire discret. Il ne manquait plus qu'il ne braque définitivement son ancien élève…
« Voyons, Severus… Comme si vous n'étiez pas content de prendre soin de l'enfant de Lily. Vous l'avez toujours protégé, quoi de mieux pour vous d'être responsable de ses faits et gestes ! Il vous sera plus facile ainsi d'assurer sa sécurité… »
Severus lui jeta un regard noir.
« Dites-moi, Albus, quel avantage pourrais-je récolter de cette situation, alors que je vais avoir la garde de la diabolique progéniture de ce maudit James Potter ? Même si l'on m'offrait toutes les richesses de toutes les familles de sang pur, ce ne serait toujours pas assez en compensation ! »
Le vieux grigou le regarda avec ses yeux qui pétillaient encore plus que les feux d'artifice de la Saint Patrick en Irlande. Que Merlin l'aide… Il sentait venir des ennuis gros comme des dragons. Dès qu'Albus avait cette lueur particulière dans les yeux, il savait qu'il n'aurait pas le choix.
« L'avantage, mon cher Severus, c'est que vous aurez la garde du fils unique de Lily. Et il me semble que ça vaut tous les Gallions du monde… »
Severus soupira imperceptiblement. Il avait perdu. Le vieux bouc avait gagné encore une fois. De toute façon, s'il essayait de protester encore, son patron lui demanderait de se remémorer sa promesse « J'ai pris le mauvais chemin, mais j'aimerais vous aider à le vaincre. Je promets de faire tout mon possible pour cette mission… » A l'époque, il était jeune, naïf et plein d'espoir. Plus maintenant… Mais une parole donnée ne pouvait être reprise.
« Vous avez promis, à l'infirmerie, que vous n'interférerez pas dans son éducation. Je vous demande de respecter votre parole. »
Et Severus sortit du bureau directorial. Albus se tourna vers son Phénix, et échangea avec ce dernier un regard contrarié. Ce serait plus difficile que prévu, mais Severus ne ferait jamais de mal à l'enfant de Lily Evans Potter, il en était fermement persuadé.
* * *
« Je vais parler, et vous allez vous taire Potter, et surtout, faire preuve d'une intelligence hors du commun et m'écoutant attentivement sans m'interrompre et en mémorisant tout ce que je vais vous dire… Pas la peine de prendre cet air de strangulot hors de l'eau… Vous allez m'obéir et… »
Harry regarda le professeur devant lui, qui portait sur lui un regard des plus dégoutés. Le Maître de Potions semblait réellement répugné à l'idée de discuter avec lui. Son ton était sec, cassant et surtout, légèrement méprisant.
En entendant cette voix sèche et menaçante, Harry se mit à trembler fortement, réaction totalement prévisible après ce qui lui était arrivé.
S'il n'en faisait plus grand cas dans le monde moldu, habitué à servir de bête de somme et de souffre douleur à sa famille maternelle, personne ne l'avait physiquement menacé dans le monde sorcier, exception faite de Voldemort. Mais en même temps, Tom ne voulait pas le frapper ; aux dernières nouvelles, il voulait juste le tuer et annihiler définitivement la menace qu'il représentait.
Le petit brun aux yeux verts se recroquevilla, autant qu'il put le faire dans son lit, cherchant à disparaître sous les couvertures, se disant qu'ainsi, l'homme menaçant devant lui ne le frapperait pas. Mais il était si difficile de se protéger d'un ancien mangemort qui vous haïssait de tout son être…
Le professeur eut la surprise de voir la peur se peindre dans le regard de l'adolescent. Cela lui remémora des souvenirs pénibles. Mais il ne voulait pas montrer au gamin qu'il le comprenait, aussi, il décida de faire ce qu'il faisait le mieux : provoquer le ressentiment de son interlocuteur en l'agressant verbalement.
« Monsieur Potter, arrêtez d'essayer vainement de m'échapper, vous n'irez pas loin dans cet état. Je n'ai aucun intérêt à passer ma colère sur votre ridicule petite personne, bien que ce ne soit pas l'envie qui me manque. Je suis ici pour discuter des règles en usage dans ma maison»
Harry n'en fut pas soulagé pour autant. Cet homme le haïssait de tout son être, et il n'avait aucune idée du pourquoi. Il soupira imperceptiblement, soulagé. 'On dirait que la correction ne sera pas pour aujourd'hui…' pensa-t-il. Au moins, il avait gagné un peu de répit…
« Bien, les règles sont très simples à retenir, normalement, un cornichon avec un seul neurone tel que vous devrait les avoir mémorisés pendant qu'on les lui énonce. Premièrement, interdiction formelle de sortir dans mon autorisation. Deuxièmement, interdiction de fouiller dans mes affaires. Troisièmement, vous habiterez chez moi, endroit que vous n'avez pas à considérer comme étant votre maison. Je ne fais que rendre service à la communauté sorcière, puisque apparemment, personne ne veut vous accueillir chez lui. Après tout, qui voudrait d'un menteur patenté ? »
Le brun aux yeux verts le regarda, soufflé par la cruauté de ses dires. L'homme semblait le haïr encore plus qu'avant.
Intérieurement, Severus souriait. Voir la réaction de Potter junior était un véritable cadeau. Il bâillonna la petite voix qui lui demandait de ne pas abuser de la situation et attendit que son interlocuteur réagisse enfin.
- Vous n'étiez pas obligé d'accepter la proposition du ministre…
- Ah vraiment ? Vous croyez ça, Potter ?
- Si vous y avez été contraint, cela explique tout. Vous me haïssez depuis que vous m'avez vu, je suis sûr que vous êtes ravi d'avoir la possibilité de faire de ma vie un véritable enfer…
Severus, furieux, ne se gêna pas et fit valoir son avis à l'adolescent immobilisé. Sa voix fut basse et il employa un ton très incisif, mais ne se rendit pas compte qu'il haussait la voix au fur et à mesure, allant jusqu'à hurler à la fin de sa phrase.
« Vous êtes un être abject, Potter. Je vous accueille dans mon foyer, je vous donne une nouvelle famille, et vous avez le culot de m'insulter ?! »
Malgré sa peur, Harry sentit son instinct de Gryffondor casse cou reprendre le dessus. Il avait pour principal défaut la caractéristique de ne pas réfléchir avant d'agir, étant soumis à ses émotions. Aussi, il coupa la parole à son professeur :
« Je n'ai pas une grande expérience en la matière, mais votre notion de l'accueil et de la famille est bien trop particulière pour moi… Et puis, je ne vois pas pourquoi j'aurai besoin d'une famille, j'en ai déjà une…
-Une famille ? Ces misérables qui vous ont frappé de la sorte ?
-Je parlais de la famille Weasley. »
Difficile de répondre à cette provocation éhontée qui l'avait littéralement soufflé. Molly Weasley accueillerait un mangemort si elle pouvait lui donner une nouvelle famille. Cette femme représentait la mère idéale pour tout sorcier. Elle et sa famille étaient pauvres, mais ils s'en sortaient tout de même avec une grande dose d'amour et de vêtements de seconde main.
Le chef de la maison Serpentard regarda son actuel élève et futur « fils » avec un dégout non dissimulé. Il aurait préféré adopter Longdubat plutôt que Potter. Voire même, être le tuteur de cette insupportable Miss je sais tout qui ne pouvait jamais s'arrêter d'étaler ses connaissances même si on lui demandait de se taire… Il refusait réellement de voir le gamin tel qu'il était, gisant sur son lit, piteusement recouvert de plâtres et de bandages divers. Cette situation lui remémorait trop son passé, et il n'acceptait pas le fait que Potter fils affiche aussi ostensiblement les conséquences de sa désobéissance envers sa famille, sans pour autant en éprouver la moindre gêne. Il refusa d'écouter à nouveau la voix de la raison qui lui disait que l'adolescent n'avait pas eu le choix et qu'il était dans un état critique quand on l'avait emmené à l'infirmerie. Et, bien évidement, lorsque sa conscience lui dit que Harry n'avait certainement pas mérité d'être battu de la sorte, il la musela.
La vie à deux n'aurait rien de simple. Le poids de cette décision pesait déjà lourdement sur ses frêles épaules. Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête d'accepter cet ordre muet de Dumbledore ?
Bon, il n'en avait que pour deux ans de calvaire, c'était déjà ça de gagné… Mais deux ans en enfer, c'était cher payé pour sa rédemption…
Merlin et Morgane avaient décidé de faire de sa vie un carnaval de malheurs et ce, depuis son enfance.
* * *
Harry essaya de se calmer. L'homme l'avait réellement irrité, et il ressentait actuellement un début de migraine qui se profilait. Malgré l'assurance qu'il ne lui ferait rien, le jeune homme avait les mains moites, des sueurs froides et des palpitations. Il avait besoin de se reposer, et s'il était préoccupé par son devenir, il sentait que ses nuits seraient encore plus courtes et agitées.
Il décida de parcourir le livre que lui avait laissé Dumbledore concernant les héritages magiques.
L'héritage magique basique :
Tout jeune sorcier ne bénéficie que d'une partie de sa magie durant son enfance et son adolescence. Grâce à la Génétimagie, science récente étudiant les gènes responsables de l'expression de la magie, nous avons pu constater qu'elle est obligatoirement bloquée à la naissance. Seule une petite partie circule dans le corps de l'enfant. Et cette partie non scellée grandit également avec lui, ce qui explique les accidents magiques, ces manifestations de magie juvéniles que nous avons tous pu constater.
Si les premiers scellés s'en vont sans qu'on ne s'en aperçoive vers les 11 ans de l'enfant, le dernier sceau, lui, ne cède que lors de la majorité de l'adolescent.
Ce processus ne se fait pas sans douleur. Le sujet acquiert en effet le tiers de son pouvoir magique au même moment. Ce processus se manifeste par une fièvre plus ou moins prononcée, des tremblements, des évanouissements et des vertiges. Et, en général, le jeune sorcier ressent l'appel de sa magie. A l'heure exacte de sa naissance, sa magie va se manifester par une aura colorée, et il lévitera pendant une durée variable, entre 24 et 55 heures.
Il est recommandé au jeune sorcier à peine majeur de rester alité pendant au moins trois jours après l'acquisition de la totalité de sa magie,le temps que son corps s'habitue à ces nouveaux paramètres. Quelques cas exceptionnels ont toutefois été recensés…
Harry ne put lire plus longtemps. Madame Pomfresh venait d'entrer dans la chambre : c'était l'heure des soins et du déjeuner.
* * *
Severus fulminait dans ses appartements. La seconde chambre de son logement de fonction, réservée à la base à son filleul, allait être la nouvelle demeure du survivant. Ce qui le gênait n'était pas tant le fait que son filleul n'ait plus de chambre, mais juste de faire face à la déception de ce dernier. Non, il n'était pas un « parrain gâteau » mais il aimait beaucoup la compagnie de Draco qui était très intelligent pour son âge. En fait, le simple fait d'aménager la chambre pour accueillir sa nouvelle charge le mettait hors de lui. Il ne voulait pas que celui-ci se croie en royaume conquis. Et il espérait réellement que son filleul comprenne qu'il ne privilégiait pas le petit prétentieux qu'il avait été contraint d'adopter. Non seulement il usurpait la gloire d'une autre personne, mais en plus, non content d'être déjà le centre des ragots du monde sorcier, il s'appropriait la place de Draco. Hors de question qu'il utilise les meubles luxueux estampillés du blason des Malfoy !
Tous les meubles furent réduits et placés dans une boite à chaussure. Draco allait devoir les récupérer et son parrain espérait réellement que le jeune blond ne lui en voudrait pas. Cette idée venant de Lucius en personne, il savait que ce dernier ne s'offusquerait pas, voulant depuis deux ans que Draco renonce à son refuge aménagé rien que pour lui dans ses appartements et soit plus indépendant.
Severus retira par la suite le sort d'agrandissement de la chambre, et cette dernière retrouva ses dimensions originelles : 2,20 m de hauteur, et 9 m² de surface. Il estimait que c'était trop pour un morveux aussi désagréable. Il prit divers objets qu'il n'utilisait plus et les métamorphosa en meubles : un lit d'une place, un bureau, une chaise, des étagères pour les livres du sale gosse, bien qu'il doutait que le Gryffondor sache lire et une armoire minimaliste. Après tout, Potter aimait tellement se faire remarquer qu'il mettait des vêtements trop larges pour lui et de très mauvaise qualité surtout, histoire de faire pitié aux autres. Ses maigres possessions ne devaient pas nécessiter trop de place. Sans doute qu'avec tout l'argent de son héritage, il estimait n'avoir pas de quoi se vêtir correctement. La mode moldue était tellement compliquée qu'il se dit qu'il s'agissait en fait d'un style particulier. Il y avait bien un acteur moldu qui jouait dans des films muets avec un chapeau melon, un pantalon quatre fois trop grand pour lui et des chaussures immenses…
L'ameublement était simple et minimaliste. Il y rajouta tout de même une table de chevet. Le gamin serait capable de crier au scandale s'il n'en avait pas et pourrait le lui reprocher si ses lunettes se cassaient. Et puis, il lui fallait bien un autel afin d'afficher des photos de son arrogante personne.
Inutile de dire que Severus avait une opinion bien arrêtée sur l'égo surdimensionné de sa future charge. Oui, il voyait bien Harry uniquement comme un poids et pas en tant qu'enfant à guider sur le chemin de la vie. Il était persuadé que le jeune homme aimait tout faire pour l'énerver et lui rendre la vie encore plus difficile. Là-haut, Potter sénior devait bien s'amuser, se disant qu'il le persécuterait jusqu'à ce qu'il meure.
Quelque part, il était bien content que le ministère ne déclare pas le retour du Seigneur des Ténèbres. Sinon, la société sorcière l'implorerait de la protéger. Etaient-ils donc tous si incapables de se défendre par eux-mêmes qu'ils comptaient sur un morveux à peine pubère adorant l'image de l'enfant en lui demandant de les protéger ? Le monde sorcier tombait bien bas s'il fallait réellement compter sur une raclure telle qu'un Potter comme héros.
* * *
Poppy Pomfresh regarda son patient dormir, les deux jambes plâtrées surélevées. Ils pourraient dès le lendemain commencer le traitement pour ressouder les os.
Tout de même, pour avoir battu un enfant comme ça, cet homme méritait d'être condamné au baiser du détraqueur. Harry était passé tout près de la mort.
La loi sorcière n'interdisait pas les châtiments corporels sur les enfants, quelle qu'en soit leur nature. Elle sévissait seulement en cas de tentative de meurtre avérée ou en cas d'utilisation d'impardonnables. Mais la dernière condition était valable pour toute la population. Depuis la fin de la première guerre contre Voldemort, Millicent Bagnold, la ministre qui précédait l'incapable actuel avait fait voter une motion élevant l'endoloris, l'avada kedavra et l'imperium au rang de sorts impardonnables. (1) Même si la personne avait lancé l'imperium pour sauver la vie de quelqu'un par exemple, en l'empêchant de sauter d'une falaise, alors elle était condamnée au baiser du détraqueur.
Pompom regrettait réellement que les bonnes mesures n'aient pas été prises et que la société soit autant gangrénée par une telle cupidité et une telle incompétence, parfaitement illustrée par l'actuel représentant de la société sorcière, le caramel mou et flasque qui servait de ministre.
Si jamais elle était, par le plus pur des hasards, en présence de Dursley, elle le hacherait menu avant de le donner à manger à l'acromantula qui servait d'amie à Hagrid. Après tout, le sort de découpe n'était pas un impardonnable lui…
Mais franchement, quelle idée de ne pas faire de lois protégeant les enfants sorciers ? Ces derniers, représentant le devenir de la société, étaient ceux à protéger et à former à tout prix. Elle n'avait pas eu de chance et son enfant était mort. Et ceux qui avaient des enfants les maltraitaient sans pour autant risquer quoi que ce soit.
Ils étaient beaux les sorciers de sang pur qui critiquaient les moldus de façon éhontée, alors que ces derniers avaient tout un système de lois et tout un dispositif visant à la protection de l'enfance.
Et pourtant, personne n'avait dénoncé les Dursley avant aujourd'hui. Et elle voulait savoir pourquoi.
Maintenant, elle espérait fortement que Severus saurait se reconnaître en ce garçon déjà bien éprouvé par la vie, qu'il accepterait de lui rendre cette confiance qu'il avait perdue.
Elle décida d'aller voir son patron. Albus aurait peut-être une idée de la raison pour laquelle les moldus n'avaient rien vu.
* * *
Harry regarda, incrédule, les pages de son livre sans les lire. Il était exaspéré par la nouvelle. Il réalisait qu'il était encore différent. Par Merlin ! Pourquoi lui ? Il ne voulait qu'être normal ! Avoir ses deux parents, une petite sœur, un chien, un chat ainsi que Rémus et Sirius autour de lui ! Pourquoi, par l'Enfer, était-il si anormal ?
Il soupira et relut le passage qui l'avant tant choqué. Selon le livre, la dernière personne recensée comme ayant eu un héritage magique anormal, c'était lui, Harry Potter, et c'était le jour de la mort de ses parents.
D'après ce qu'il comprit, sa magie s'était entièrement libérée pour le protéger, mais qu'elle s'était de nouveau bloquée, comme si elle avait eu conscience qu'elle causerait la mort de son porteur si elle était restée en activité.
Dans le pire des cas, la magie intervenait avant le 16ème anniversaire de son porteur, avant de se libérer par petits coups. Ayant beaucoup de pouvoirs magiques, et s'en étant beaucoup servi, son corps avait décidé de l'aider un peu, en avançant cet héritage. En clair, il aurait un sceau qui se libèrerait avant son anniversaire, puis un autre le jour de son anniversaire. Et ce serait la même chose pour ses 17 ans.
Pourquoi ne pouvait-il pas simplement être un moldu ? Il n'aurait sans doute pas eu autant de problèmes !
* * *
Pétunia Evans Dursley regrettait que son mari soit en prison. Mais ce dernier avait franchi la ligne encore une fois. Certes, elle n'aimait pas Harry, et elle détestait ses pouvoirs magiques, mais, quand on regardait bien, il était le fils unique de sa sœur malheureusement décédée, et elle ne voulait pas qu'il meure. Enfin, elle ne voulait pas qu'il meure alors qu'il était à la charge de la petite famille. Et puis, que diraient les voisins ?
Une enquête avait été ouverte. Et les services sociaux étaient venus l'interroger. Elle avait nié avoir participé aux maltraitances, mais son fils avait gâché tous ses efforts. Il avait avoué qu'elle cautionnait tout ce que son mari avait fait subir à l'enfant, allant même jusqu'à suggérer des punitions diverses et variées pour l'orphelin. Bon, d'accord, ils avaient longuement interrogé son fils. Et ce dernier avait laissé échapper des informations compromettantes. Aussi, il avait été obligé de dire la vérité. Mais elle lui en voulait quand même.
Le voisinage avait dit qu'il était souvent puni car il faisait partie d'une bande qui s'attaquait aux enfants et l'agent de police, qui avait demandé des précisions aux voisins, avait compris que les habitants du 4, privet drive, étaient des manipulateurs. Heureusement, le service dans lequel il travaillait concernait les enfants sorciers et l'agent en question avait un frère qui travaillait au ministère de la magie. En effet, le premier ministre du monde moldu et le ministre sorcier avaient mis en place un dispositif assez ingénieux dans les années 50. Leur service spécial n'agissait que lorsque les affaires concernaient, de près ou de loin, un enfant sorcier. Il fallait trouver des explications simples et logiques pour que les moldus ne se doutent de rien, afin de protéger les sorciers et éviter une nouvelle chasse aux sorcières aussi sanglante que les précédentes.
Autant dire que la dernière famille du survivant n'avait plus aucune chance, mais elle ne le savait pas encore.
Pétunia regardait avec rage la maudite policière devant elle, qui lui redemandait des précisions. Non, la rage n'était pas destinée à la policière, mais à son mari qui s'était lâchement condamné lui-même à la mort. Elle ne serait pas inquiétée, quoi qu'il advienne, même si elle devenait parjure devant Dieu lors de son procès. Aussi, son cerveau fertile mit en place un plan afin de se débarrasser de la menace avant que celle-ci ne se précise.
« Vous êtes sure que mon mari est en prison ? »
La voix de Pétunia était tremblante, marquant son effroi manifeste. Elle s'assit sur le canapé, comme soulagée par affirmation de la policière qui l'interrogeait. Et elle décida de se confier.
« Mon mari me frappait avant l'arrivée de Harry dans notre famille. »
Devant le regard choqué de la jeune brune en face d'elle, elle continua, affectée par ce qu'elle allait raconter, mais montrant extérieurement un soulagement ostentatoire.
« Vernon en a beaucoup voulu à mon père. Il voulait épouser ma jeune sœur, Lily. Mais Lily, était une fille spéciale, qui était déjà engagée avec un autre homme, et mon père refusait ses fiançailles tant que les miennes n'avaient pas été prononcées. Malgré sa colère, Vernon accepta de se lier à moi. Lily était dans un internat toute l'année scolaire, et moi, j'étais dans le collège du quartier, n'ayant pas les mêmes capacités que ma sœur. Et puis, la date de mon mariage est arrivée, et ma sœur était là avec son fiancé. Et celui qui allait être mon mari a décidé de se donner en spectacle le jour de notre mariage. Après la cérémonie, il m'a frappée, mais il s'est excusé, disant qu'il s'agissait du stress… »
La policière la regarda, compatissante. Pétunia jubilait intérieurement. Elle était si crédule…
« Harry était le fils de celle qui avait volé le cœur de mon mari. Quand il a commencé à s'en prendre à lui, il m'a laissée tranquille. Forcément, je n'ai rien dit, il avait même réussi à me casser un bras… »
Une heure et demie après, l'entretien cessa enfin. Pétunia pensa qu'elle était tirée d'affaire. Dudley, lui, regarda sa mère, dégoûté. Oui, il avait tout entendu. Et non, jamais son précieux papa n'aurait fait ça à sa maman. Mais sa maman avait toujours veillé sur lui, alors, avant de dénoncer le mensonge éhonté de sa mère, il décida d'exiger des explications.
* * *
Severus regardait la chose couchée dans le lit de l'infirmerie. Cette pâle imitation d'enfant à la tête mal coiffée était une maladie, conséquence du virus James Potter.
Oui, Potter fils n'était pas responsable de la bêtise de son père, mais alors, pourquoi en singeait-il l'attitude alors qu'il ne l'avait jamais connu ?
Harry Potter et ses deux âmes damnées s'en prenaient systématiquement à son filleul, marchant dans Poudlard comme s'ils étaient chez eux, tellement hypocrites qu'ils arrivaient à soudoyer tous les professeurs de l'école, à deux exceptions près : Ombrage et lui-même. En même temps, Ombrage personnifiait la main-basse de Fudge sur l'école de sorciers et Albus était pratiquement sur la sellette. Il allait devoir faire un effort et dresser ce pitoyable semblant d'être humain afin qu'il ne soit pas une honte pour son nom.
Severus s'agaça rapidement. Le veracrasse était plongé dans un livre. Mais depuis quand cet olibrius savait-il lire ? Il toussota afin de faire remarquer sa présence, mais Harry ne fit pas attention à lui.
Le professeur de potions comprit alors pourquoi Fudge avait cédé à la colère. Mais, comme la dragonne gardienne de l'infirmerie n'était pas loin, il n'agressa pas physiquement sa future damnation personnelle. Merlin lui en voulait réellement. Mais qu'avait-il fait dans une vie antérieure pour mériter tant de malheurs ?
« Potter ! »
Harry sursauta et laissa tomber son livre qu'il ne pouvait lire qu'avec une seule main. Ce dernier termina sa course par terre et le bruit lui rappela le jour où son oncle lui avait donné des coups avec le gros livre de cuisine de sa tante. Il sursauta et tenta de se recroqueviller pour au moins sauver sa tête de la fureur de Severus…
« Le faites-vous exprès, Potter ? Je vous ai dit que je ne vous battrai pas. Chercheriez-vous à m'insulter en le prétendant, ou bien à me pousser à passer à l'acte, afin que vous puissiez vous morfondre sur votre sort ? »
Harry lui jeta un regard surpris. Mais la voix de son professeur, aussi méprisante que celle de son oncle, lui faisait réellement peur. Il savait que l'adulte ne l'aimait pas. Mais il n'aurait jamais pensé qu'il le haïrait à ce point. Il sentait dans sa voix, dans sa posture, dans son regard, le dégout manifeste qu'il éprouvait envers lui. Mais personne ne lui disait pourquoi. Peut-être que, bébé, il lui avait craché de la bouillie en plein sur sa robe ? Madame Pomfresh lui avait expliqué, lors de l'année précédente, que sa naissance avait eu lieu au sein même de l'école.
Harry de détendit de façon imperceptible.
« Vu que je suis obligé de vous expliquer ce qu'il va se passer, je vous prierai de ne pas m'interrompre, sans quoi malade ou pas, vous serez puni. Vous serez bientôt mon fils aux yeux de la loi, cracha-t-il, visiblement écœuré. J'ose espérer que vous vous montrerez digne de cet honneur qui va vous être accordé et que vous saurez exprimer votre contentement en rapportant des résultats scolaires satisfaisants. De toute façon, je saurai tous vos résultats, n'en doutez pas un seul instant. Je n'accepterai pas de note inférieure à Effort Exceptionnel dans toutes les matières. Et pour mes cours, j'exige que vous n'aillez que des Optimal. Il est hors de question que vous me déshonoriez ! Pour ce qui est de votre comportement en dehors des cours, j'attends un comportement exemplaire. Aucune bagarre, aucune provocation envers les élèves des autres maisons. Et je vous interdis formellement de vous promener après le couvre feu. De toute façon, vu que vous êtes interdit de Quidditch, je ne pense pas que j'ai besoin de vous dire que vous n'avez pas à pratiquer en dehors de vos entrainements. Vous passerez votre temps libre à travailler vos cours, afin d'avoir la meilleur moyenne possible. J'ai bien conscience que vous ne pourrez pas égaler ou dépasser Monsieur Malfoy et votre amie Miss-je-sais-tout vu que je ne doute pas un instant du manque de performance de votre cerveau… »
L'adulte s'arrêta brusquement puis, d'un ton brusque, il lui dit :
« Des questions ? »
Harry Mais qu'avait-il fait pour que le professeur le haïsse autant ?
-Je ne provoque personne, professeur. Je ne cherche pas les ennuis, ce sont eux qui me trouvent. Concernant les notes, je ferai mon possible. Mais n'espérez pas qu'Ombrage m'accorde une seule bonne note, elle me hait parce que j'ai révélé que Voldemort est de retour…
-Ne prononcez pas son nom, hurla le père enragé. En effet, il était malvenu de prononcer le nom du Lord à côté de ceux qui portaient la marque. Même si Severus était un espion, il ressentait à chaque fois un pic de douleur à son bras quand une personne disait ce nom.
- La peur d'un nom ne fait que renforcer la peur de la chose elle-même. Concernant mon temps libre, je suppose que je serai le moins possible chez vous. Donc, vous ne serez pas tout le temps là pour voir ce que je ferai… »
Severus eut le sourire le plus sadique qu'Harry n'ait jamais vu.
« Concernant cela… Lorsque vous serez rétabli, vous changerez de maison. Un Snape n'élèvera jamais un Gryffondor, c'est contre nature. »
Harry était choqué à l'heure actuelle. Changement de maison ? Brusquement, la colère envahit l'adolescent. Non, il n'avait plus peur, et de toute façon, avec Madame Pomfresh dans son bureau à côté et le professeur Dumbledore, il était certain que Snape ne le frapperait pas.
« Mais… VOUS ÊTES MALADE ? Jamais je ne changerai de maison pour aller dans celle de Voldemort ! Moi à Serpentard ? Vous voulez que Malfoy et ses sbires me tuent ou quoi ? Vous désirez tant que ça ma mort ? Vous n'aviez qu'à refuser ma garde espèce de profiteur! Et puis, à titre d'information, je me suis élevé tout seul et il est hors de question que cela change ! Vous n'avez aucun droit sur moi, quoiqu'en dise le Ministre. Et si vous voulez que je fasse de votre vie un enfer, allez-y, changez-moi de maison… Comme si c'était faisable !!! »
Severus arborait un rictus haineux. Heureusement que Pomfresh n'entendait rien, sinon, elle serait déjà intervenue.
« J'ose espérer, pour votre bien, que c'est la dernière fois que vous me parlez ainsi et que vous me menacez. J'attends avec impatience la fin de la semaine prochaine pour que vous puissiez mesurer les conséquences de vos insultes sur ma personne. Selon le ministre, je serai votre père, ce qui signifie que, excepté le droit de mort, j'aurai tout droit sur vous. A moins que vous n'aimiez réellement vous faire punir toute la journée, je vous conseille vivement de ne plus jamais m'insulter ni hurler lorsque vous vous adresserez à moi. Me suis-je bien fait comprendre ? »
La voix du sorcier était coupante, basse et reflétait réellement sa colère. Il fallait qu'il se calme, sinon, il risquait de frapper l'enfant devant lui. Or, sa mission était de protéger le fils de Lily, et si l'infirmière témoignait en sa défaveur, Potter se retrouverait en moins de deux entre les mains du Seigneur des Ténèbres, et plus rien ne pourrait empêcher sa prise de pouvoir.
Il jeta un regard peu amène à l'adolescent.
« Je vous conseille vivement de réfléchir à votre position actuelle et à ne surtout pas faire de vagues. Maintenant, prenez cette fichue potion et reposez-vous. Vous avez besoin de récupérer vos forces. Une fois que vous serez rétabli, vous serez attendu tous les soirs après les cours pendant une semaine pour récurer les chaudrons de vos camarades. Bonne fin de journée. »
Et Severus s'en alla dans un tourbillon de cape, sans attendre aucune réponse. Comme mener à bien la mission que lui avait confiée Albus s'il avait envie de tordre le cou de ce sale gamin insolent dès qu'il le voyait ?
Et dire qu'il devait en plus informer Le lord de sa trahison… Les doloris ne lui faisaient absolument pas envie, loin de là. La mort non plus d'ailleurs. Quelle était donc la décision à prendre ? Trahir définitivement le Lord ? Il n'avait en effet pas le choix. Et la missive qu'il venait de recevoir dans son bureau l'inquiétait fortement…
* * *
Pétunia regarda, satisfaite, les policiers s'éloigner de chez elle. Il ne lui restait qu'à convaincre son fils du bien fondé de ses actions. Hors de question que Vernon les entraîne dans sa déchéance. Après tout, elle l'avait bien averti qu'il ne fallait pas dépasser certaines limites, mais l'avait-il écouté ?
Seulement, elle n'avait pas vu les petits micros dissimulés dans toute la maisonnée, ni le scarabée qui se cachait entre ses rideaux.
* * *
Harry était encore sous le choc. Il avait besoin de réconfort, car il pressentait que la vie avec Snape n'allait pas être de tout repos aussi, il décida d'envoyer une lettre à ses amis et demanda donc à l'infirmière où se trouvaient ses affaires.
A l'aide de sa baguette, Harry ouvrit sa malle et prit ses deux artefacts les plus précieux, ainsi que de quoi écrire. Il s'était un peu épuisé, mais il valait mieux que personne ne sache ce qu'il envoyait à ses amis, sinon, Snape allait encore lui tomber dessus. Avec l'aide de l'infirmière, il avait réussi à faire venir sa chouette dans l'infirmerie. Bon, d'accord, ce n'était pas normal qu'un oiseau soit dans un lieu de soins pour humains, mais ce n'est pas comme si Harry pouvait sortir et aller jusqu'à la volière…
Bientôt, un paquet s'envola hors de l'école par une des fenêtres de l'infirmerie, porté par Edwige et une autre chouette de l'école. Il espérait qu'Hermione les recevrait le plus rapidement possible. Il avait demandé à sa chouette de rester avec sa meilleure amie.
Il n'allait pas pouvoir supporter bien longtemps son futur tuteur. Il craignait de devenir aussi mauvais que Voldemort et de le tuer sans sommation.
Il fallait qu'il trouve la force. Une petite prière vint à son esprit.
« Papa, Maman, aidez-moi à ne tuer personne. Aidez-moi à le supporter, je vous en supplie… »
Mais seulement, les morts dorment, et ils ne se réveilleront plus jamais…
* * *
Deux jours avant la rentrée des classes, la tension entre le futur père et le futur fils était à son comble. Leur relation n'avait pas avancé d'un iota. Au contraire, le fossé qui les séparait s'était encore creusé. Harry savait que ça n'allait pas marcher, et il se demanda s'il n'était pas préférable qu'il soit livré à Lucius Malfoy plutôt qu'être sous le joug de Snape. Il avait beau penser à cette situation sous tous les angles, il savait que Snape serait infect avec lui. Et leur dernière conversation lui donna raison.
« Demain, le Ministre vient procéder à l'adoption définitive. Un Langue de Plomb et un auror l'accompagneront. Ce soir, vous déménagez dans votre nouvelle chambre dans mes appartements. »
Et, sans tenir compte de l'avis de l'adolescent, il fit léviter la malle de l'adolescent jusqu'à ses appartements, situés au fin fond des cachots.
Il revint le soir avec une sorte de chaise moldue pourvue de roues et installa l'enfant, le menant délicatement dans ses appartements, vers la chambre petite et peu accueillante.
Cette nuit la, Harry ne put fermer les yeux. Cette nuit la, Severus pensa à Lily Evans, se demandant s'il saurait prendre son de son fils et le protéger. Cette nuit la, Albus finalisa son plan afin de pénétrer dans les geôles du Ministère. Cette nuit la, Pompom s'endormit enfin d'un sommeil réparateur. Ces deux semaines d'inquiétude à propos de son patient l'avaient éreintée. Cette nuit la, Sir Nicholas et le Baron Sanglant discutèrent sans s'agresser, ce qui était fort rare, à propos de la nouvelle pour le moins surprenante. Le fils de James Potter serait adopté par le pire ennemi de son père…
1 : complètement inventé par moi, mais en même temps, Lucius Malfoy s'en est tiré en disant qu'il avait été contraint par l'Imperium à servir Voldemort. Aussi, je me suis dit que Voldemort étant vu comme l'un des mages noirs les plus sanguinaires de l'histoire sorcière, alors il fallait prendre des mesures essentielles… Mais j'avoue que les sorciers s'y sont réellement mal pris… aussi, ce n'est qu'en fin 1981, dans mon histoire, que les impardonnables le sont devenus réellement.
