Je suis en retard... mes plus plates excuses...
Pour commencer, je tiens à remercier ma bêta qui est débordée en ce moment pour sa correction très complète à mon sens, Madame Casse-Pieds et Dobbymcl pour leur travail sur l'article de journal.
Je dédicace ce chapitre à Lunécume qui m'a proposé l'incantation en latin ainsi que sa traduction. Sans cette partie, je pense que le chapitre n'aurait pas été le même…
Petite note à l'attention des lecteurs. Quand je suis en retard sur ma publication, je laisse sur le forum quelques petits spoilers sur le chapitre en cours d'écriture... vous n'avez pas besoin d'être membres pour les voir... Lien du forum dans mon profil...
Chapitre 3 : Adoption Forcée.
La famille Weasley se sentait coupable de n'avoir pu convaincre Harry de venir avec eux en vacances. Certes, ils étaient allés en vacances chez l'ancien camarade de classe de leur père en Inde, et ils avaient essayé de convaincre le sauveur de venir avec eux. Seulement, le jeune homme était réellement borné et avait refusé, leur disant qu'il s'agissait d'un moment en famille. Molly et les autres n'avaient pas pu le convaincre qu'il faisait partie de la famille.
Maintenant, elle se sentait affreusement coupable car l'édition spéciale de la Gazette des Sorciers en Inde relatait l'arrestation de Vernon Dursley pour maltraitances sur la personne de Harry Potter…
Albus Dumbledore : défenseur du monde magique ou monstre sans cœur ?
C'est hier soir que les nouvelles nous sont parvenues : Albus Dumbledore, directeur de Poudlard de son état, et que l'âge avancé et le début de sénilité ont conduit à une destitution de sa présidence au Magenmagot (voir notre article du 17 juillet dernier), aurait délibérément placé Harry Potter, un garçon maintenant perturbé et victime de violentes crises de folie, chez la sœur de sa mère Lily Potter à la mort de celle-ci. Jusqu'ici, rien de choquant me direz-vous.
Mais lorsque l'on apprend que Pétunia Dursley, de son nom d'épouse, est une moldue connue pour sa haine de la magie, et dont celui qui fut un temps considéré comme le plus grand sorcier de tous les temps, savait que le mari avait des penchants pour la violence, on ne peut que s'empêcher de se demander ce qui lui est passé par la tête.
En effet, Mr Dumbledore aurait sciemment laissé son étudiant dans un endroit où il savait pouvoir le briser, pour avoir la possibilité de le manipuler impunément ensuite. C'est ici que nous nous posons la question : Albus Dumbledore, l'homme qui a vaincu Grindelwald et a été vaincu par son ambition au point d'en être rendu à diffamer notre cher ministre Cornelius Fudge, et tenté de répandre la terreur dans le monde sorcier est-il toujours apte à diriger une école de sorcellerie ? Serait-il prudent de laisser nos enfants sous l'autorité de l'homme qui a failli tuer Harry Potter ? Car oui, mesdames et messieurs, l'infamie n'a été découverte que lorsque le jeune gagnant du Tournoi des Trois Sorciers, suite à un règlement de comptes avec son oncle, a dû être transféré d'urgence dans l'unité de soins de Poudlard, en danger de mort avec des lésions irréversibles.
L'irréparable n'a été évité que de peu : sans l'intervention d'urgence de notre ministre, un enfant aurait trouvé la mort par la faute de ce monstre d'insensibilité et d'hypocrisie qu'est Dumbledore. Mr Fudge a insisté pour que l'enfant soit soumis a des examens plus approfondis, et c'est sans surprise qu'il a été découvert que les propos incohérents sur le retour d'un hypothétique mage noir n'étaient que le fruit de lésions cérébrales et du lavage de cerveau, que celui que le monde sorcier a longtemps considéré à tort comme un homme juste, a fait subir à Harry en profitant de son état de faiblesse. Les crises de folie auxquelles le jeune homme a également eu affaire l'année dernière semblent aussi être dues à ce traitement horrible, inhumain et tout simplement inacceptable.
Suite à tout ceci, Cornelius Fudge a évidemment décidé de reprendre les choses en main. Il nous a confié que, 14 ans auparavant, lors de la chute de Celui-Qui-Plongea-Le-Monde-Magique-Dans-L'horreur-Et-La-Terreur, que le ministère avait émis des réserves quant à la remise du jeune sauveur du monde sorcier à cette famille si controversée. Mais devant l'insistance d'Albus Dumbledore et l'assurance de celui-ci qu'il n'arriverait rien au jeune orphelin, il s'est finalement incliné, bien qu'il éprouvât un certain malaise face à cette décision.
Aujourd'hui, notre Ministre a déclaré ne plus refaire l'erreur d'accorder sa confiance à cet être inhumain et cruel et a donc choisi de confier la garde de ce pauvre jeune homme blessé par la vie et abusé de toutes les manières possibles à quelqu'un ayant les compétencesnécessaires pour s'occuper de lui. Et ce choix s'est arrêté sur Severus Snape, professeur de potions dans l'établissement contrôlé jusqu'alors exclusivement par Dumbledore. Mr Snape fut un temps inquiété par les accusations d'appartenance à un groupe d'extrémistes se donnant le nom de «Mangemorts» mais ces plaintes furent retirées lorsque l'on apprit que l'homme avait été enrôlé de force de dans cet ordre et avait fait tout son possible pour s'en sortir par la suite. Ce professeur est reconnu dans son établissement comme un homme ayant le sens des responsabilités et étant à même de s'occuper d'adolescents dérangés.
Mais à la veille de l'adoption de Harry Potter par Mr Snape, un petit détail a attiré l'attention de Rita Skeeter, notre journaliste préférée : Severus Snape était également connu au temps où il était étudiant à Poudlard pour la haine qui l'opposait à James Potter, le père du Survivant. Une haine ayant pour racine Lily Evans, postérieurement Potter, dont les deux hommes se battaient pour gagner le cœur. L'amitié qui avait lié les jeunes Mr Snape et Evans semblait avoir été rompue quand la demoiselle a décidé de poursuivre sa vie avec James Potter, pour le meilleur et surtout le pire. C'est ici que peuvent se soulever les questions : en effet, quelles raisons pourraient pousser un homme si intègre et talentueux à accepter de bouleverser son existence en adoptant le fils de son ennemi juré ? La complicité entre Mr Snape et Mrs Potter aurait-elle survécu à ce mariage, allant jusqu'à se transformer en amour ? Serait-il possible que Harry Potter soit en fait le fils biologique de Severus Snape ? L'adoption du plus jeune par celui-ci demain servirait-elle à quelque chose ? Harry Potter ne s'appellerait-il pas en fait Harry Snape ? Ceci serait-il la raison pour laquelle le choix de notre très cher et dévoué Ministre s'est immédiatement porté sur le Maître des Potions ?
Les énigmes se bousculent, espérons juste que les abominables agissements de Dumbledore ne cachent pas de plus cruelles réponses…
Votre reporter dévouée,
Rita Skeeter
Son huitième enfant souffrait. Elle se devait d'être à ses côtés.
-Arthur. Il est arrivé quelque chose de grave. On rentre à Poudlard.
* * *
Albus Dumbledore n'avait pas réussi à dormir de la nuit. Il passait à côté de quelque chose, mais il ne savait pas quoi… Oh, il trouverait. Il espérait certainement trouver ce qui le dérangeait avant l'adoption définitive.
Quand il avait interrogé le Ministre à propos du procès de Fudge, ce dernier lui avait répondu que vu qu'il était suspendu de ses fonctions d'enchanteur en chef au sein du Magenmagot, il n'avait pas à le savoir.
Le monde de la magie était réellement trop obtus, et le ministère, sans compter la justice et tout le reste, était dirigé finalement par le Ministre de la magie qui était le supérieur hiérarchique de tous les bureaucrates et de tous les petits employés du ministère. Autant dire que tout était sous le contrôle d'un incompétent notoire lui-même conseillé par le plus fidèle partisan du mage noir le plus sanguinaire depuis deux siècles.
Voldemort dirigeait le Ministère d'une main de maître et ce, au nez et à la barbe de tout le monde.
Mais qu'est ce qui se tramait réellement concernant Harry et les Dursley ?
* * *
Harry essayait vainement de dormir. La potion pour ressouder les os était réellement différente du poussos. Elle prenait plus de temps qu'une simple nuit et faisait un mal de chien. Et elle interférait dangereusement avec la potion anti-douleur qu'il prenait depuis le début de son « hospitalisation » il y a une semaine et demie.
Contrairement à ce que tout le monde pensait, la magie n'était pas surpuissante. Il fallait du temps pour guérir les blessures, surtout quand elles touchaient plusieurs zones du corps.
Il avait demandé à avoir une potion de sommeil, histoire de ne pas souffrir trop pendant la nuit et essayer de récupérer, mais Snape lui avait craché au visage qu'il refusait d'héberger un junkie chez lui.
La potion de sommeil sans rêve, apprise en septième année, était l'une des plus dangereuses, tant de part sa conception que de part sa posologie. Actuellement, Harry en prenait une toutes les trois nuits. Sinon, s'il en prenait davantage il en deviendrait dépendant et risquait non seulement une overdose, mais également des pertes de mémoire et autres symptômes indésirables.
Harry essayait désespérément de s'occuper ou de s'endormir, mais ressentir des douleurs dues à ses os cassés, sans compter son angoisse concernant l'adoption l'avait mis sur les nerfs. Il était par conséquent incapable de s'endormir.
* * *
Severus Snape, Maître es Potions, directeur de la maison Serpentard, membre actif de l'Ordre du Phénix et espion, fulminait dans son salon, faisant les cent pas.
Il savait qu'il se comportait comme un centenaire acariâtre, mais, pour le moment, c'était le cadet de ses soucis. Il avait horreur que des gens viennent chez lui. Une seule personne trouvait grâce à ses yeux : son filleul Draco Malfoy. Ce gamin en manque d'amour paternel avait su se frayer un chemin, certes étroit et difficile, vers son cœur. Draco était l'enfant qu'il n'aurait jamais, son héritier. Bien entendu, comparé au patrimoine de la famille Malfoy, il n'avait pas grand-chose, mais ses possessions étaient tout de même très précieuses. Et il allait de soi que seule une personne précieuse à ses yeux pouvait en hériter.
Que les gens ne se trompent pas. Il débordait certes d'affection pour son filleul, mais il ne le montrait jamais. Sauf quand le satané blondinet était malade puisque son propre père refusait de le réconforter, arguant du fait qu'un Malfoy ne geint pas.
Severus avait été obligé d'adopter le fils de sa meilleure amie, son seul amour, Lily Evans. Cet enfant synthétisait les gènes de la belle rousse aux yeux verts et ceux de James Potter, son pire ennemi après le Seigneur des Ténèbres.
Et à cause de cet enfant, toute sa vie changerait à partir de demain matin, heure de l'adoption définitive de Harry James Potter.
Comment vivre avec un enfant qu'il exécrait ? Oui, à l'idée d'une simple conversation avec l'adolescent, il avait la sensation d'être souillé.
Ce que Severus Snape détestait par-dessus tout, c'était la mauvaise éducation d'un enfant et son insolence. Et Harry Potter, qui souffrait de ces tares, allait envahir son espace vital, son sanctuaire. Oh, mais il l'a déjà envahi, lui soufflait sa petite voix intérieure…
Il savait que cela allait être long et difficile, et il désespérait déjà. Que Merlin lui donne la force de ne pas empoisonner ou maltraiter le fils de Lily.
Le potionniste décida d'aller se coucher, espérant grappiller quelques heures de sommeil, malgré le stress qui l'envahissait lentement mais sûrement pour le lendemain. Demain, il deviendrait le père d'un Potter. Ô joie.
Il jeta un sort d'alarme sur la porte de son futur cauchemar personnel et se coucha dans son lit. Si Potter était mourrant, le sort le préviendrait.
Après avoir passé la majeure partie de sa nuit à se tourner et se retourner dans son lit, Severus décida de se lever. Il était aux alentours de trois heures du matin et il savait qu'il ne dormirait plus. Il décida donc de continuer quelques expériences dans son laboratoire personnel.
Par acquis de conscience, il entrouvrit la porte de la chambre de Potter et constata brièvement son sommeil agité. Le gamin n'était pas à l'article de la mort, alors il pouvait vaquer à ses occupations.
Heureusement, la préparation des ingrédients requerrait une telle attention qu'il mit de côté toutes ses appréhensions et tous les problèmes qui venaient de lui tomber dessus.
* * *
Hermione Granger se tournait et se retournait dans son lit, le rendant aussi dévasté que lors de sa dernière pyjama party avec ses amies moldues. Une chouette Harfang était perchée au sommet de son armoire rustique, tout à fait sage et discrète. Hedwige était le parfait familier pour Harry, calme, discrète, et attentive. Elle était réellement la chouette la plus intelligente qu'elle n'avait jamais rencontrée. Pourtant, des chouettes, il y en avait plein dans la volière de l'école. Elle les utilisait régulièrement afin de communiquer avec ses parents. Maintenant, ce serait la chouette blanche de son meilleur ami qui lui servirait de passerelle entre ses parents et elle pendant son année scolaire.
Elle relut le parchemin de son meilleur ami et se sentit affreusement coupable de ne pas avoir tout tenté pour convaincre leur ami de passer les vacances avec eux. A cause de leur égoisme, le jeune homme se retrouvait coincé dans une infirmerie et, comble du comble, le ministre avait encore trouvé le moyen de lui gâcher la vie. Après Ombrage et ses cruelles retenues, l'interdiction de pratiquer le Quidditch, la médiocrité de cours de DCFM et ses mots cruels sous prétexte de Voldemort n'était pas de retour, il y avait l'adoption de Harry par Severus Snape.
Elle craignait réellement le pire cette fois-ci. Fudge était capable d'utiliser le sort le plus ignoble qu'il pourrait trouver afin de lier Harry à Snape.
Hermione,
J'espère que tes vacances se sont bien passées. Moi, ce n'était pas trop ça. En même temps, personne ne voudrait passer ses vacances chez les Dursley.
Je t'envoie cette lettre afin de te donner de mes nouvelles vu que ce sera sans doute bientôt dans les journaux : Fudge, dans sa grande gentillesse a décidé que les Dursley ne seront plus mes tuteurs légaux. Depuis que j'ai eu une partie de mon héritage magique, j'ai appris que je serai adopté par Snape.
Connaissant son affection particulière envers moi, je te confie mes plus précieuses possessions. Je sais qu'ils seront en sécurité avec toi.
Informe Ron de ma part, je ne peux envoyer qu'une seule lettre puisque Pomfresh veut que je dorme.
Harry
Un héritage magique ne s'acquérait certes pas sans douleur, mais aucune personne n'avait mentionné des effets secondaires qui duraient aussi longtemps. Que s'était-il passé pour que Harry soit à l'infirmerie ?
Ce fut la Gazette du lendemain qui lui donna la réponse. Si elle avait les Dursley devant elle, elle les frapperait jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de forces. Non, elle n'était pas violente habituellement, mais Harry était son meilleur ami et elle le considérait comme son frère.
Jamais elle ne se serait doutée que ces moldus aient été aussi abjects…
* * *
Les appartements de Severus Snape, enterrés aux deux tiers en sous sol, devaient être chauffés toute l'année. Des petites fenêtres, situées au haut des murs de toutes les salles des cachots laissaient passer à la fois la lumière et l'air pur. Le lac, situé à proximité du château, aidait à conserver ce froid nécessaire à la conservation de la plupart des ingrédients ainsi que certaines potions. De ce fait, la température glaciale régnait en maître pendant toute l'année, même au plus fort de l'été.
Poudlard était un château que l'on pouvait considérer comme étant vivant. La Magie, pratiquée régulièrement depuis plusieurs siècles, avait renforcé les défenses de l'école. Défenses formées par la Magie des Fondateurs. Il s'agissait de sorts anti-transplannage ou encore de protection pour éviter au lac de saper les fondations de l'immense bâtiment. Tous les dix ans, ces sorts étaient renforcés par la force conjointe des professeurs de l'école et des langue-de-plomb du ministère.
De temps en temps, si on se concentrait bien, des gloussements se faisaient entendre. Pourdlard aimait observer les humains et les animaux qui peuplaient ses murs. Mais personne ne savait beaucoup de choses à son sujet excepté les fantômes, les portraits et les directeurs qui se sont succédé depuis sa création.
Harry était actuellement en train de lire l'Histoire de Pourdlard. Il fallait bien qu'il s'occupe pour oublier la douleur à défaut d'autre chose. Il avait mal à la tête, mal dans tout le corps, et personne n'avait jugé bon de lui donner une potion de sommeil. Il avait vainement essayé de se retourner pour dormir, mais ses deux jambes étaient suspendues afin d'éviter qu'il se fasse encore plus mal. Il était donc immobilisé, le corps engourdis, ressentant des fourmillements désagréables dans tout le corps. Et il ne pouvait rien faire à part lire, son livre en équilibre sur ses cuisses relevées.
* * *
Dans son laboratoire, Severus enchaînait les mauvaises manipulations. Il était environ 4 heures du matin. Après une énième potion gâchée, le professeur décida de retourner au lit. Il se réveilla une demi-heure plus tard, angoissé par la journée. Il reprit son masque habituel d'indifférence et alla se préparer pour la journée. Une bonne douche fraîche voire froide, et c'est dans son habituelle robe noire qu'il rejoignit la cuisine. Jamais il ne commençait la journée sans son café.
* * *
Il courrait dans les bois, essayant vainement d'échapper à ses assaillants. Des jets de couleur fusaient autour de lui, comme des feux d'artifices rouges, verts, bleus et gris. Autant de sorts de découpe, des sorts de douleur ou de mort qui le frôlaient presque…
« Ne le laissez pas s'échapper !!! » hurla une voix féminine mais empreinte d'une folie pour le moins fanatique. Bellatrix Lestrange, selon les informations données par son frère.
Il accéléra la cadence, zigzagant entre les arbres, se rapprochant le plus possible du Portoloin de sécurité.
La forêt était recouverte d'un dôme qui empêchait le transplannage et l'utilisation des portoloins. Du coup, les mangemorts avaient traversé toute la forêt pour le trouver et l'utiliser pour s'accaparer l'héritage magique de sa famille.
Le jeune homme, très athlétique, sauta par-dessus un centaure immobilisé comme s'il enjambait des haies, s'excusant à voix haute de le laisser ainsi, et arriva à la lisière de la forêt. Il évita de justesse un sort jeté par le mangemort qui était resté faire le guet, et attrapa la barre de fer posée sur les ruines d'un mur de pierres et murmura un mot. Soudain, tout tourbillonna autour de lui. Il avait réussi à s'échapper…
Enfin presque. Une intense douleur le prit dans tout le corps. Il baissa les yeux et vit de longues estafilades lui parcourir le corps. Son sang commençait à s'écouler de façon assez rapide. Il atterrit de façon brutale sur le porche invisible du 12 square Grimmaurd et s'évanouit. Juste avant, il sentit qu'on le transportait à l'intérieur d'une maison.
Il serait soigné… enfin, il espérait l'être…
Harry se réveilla brusquement. Cette personne ressemblait à un sorcier qu'il connaissait.
Alors qu'il s'interrogeait sur l'identité du personnage principal de sa vision, une douleur incommensurable le prit à la tête, le faisant voir trente-six chandelles. Voldemort était enragé. Oui, enragé.
Harry hurla à s'en déchirer les cordes vocales, mais personne ne vint voir ce qui lui arrivait. Il mit sa main valide sur son front, et il fut étonné d'y trouver un liquide chaud et poisseux. L'odeur métallique lui indiqua qu'il s'agissait de son sang. Et il eut la fugace vision d'un mangemort tué par l'Avada Kedavra, de la main même du leader des ténèbres.
Le mal de tête violent se résorba, mais une douleur sourde et un peu discrète resta, comme après chaque vision.
Une seule question lui venait en tête : pourquoi avait-il la scène d'un point de vue externe et pas de celui de Voldemort, exception faite du sort mortel qu'il avait jeté ?
Il décida d'arrêter d'y penser lorsqu'il comprit que la migraine risquait de refaire son apparition. Il fit mentalement alors la liste des questions à poser à Dumbledore concernant son héritage. Par exemple, pourquoi il avait survécu au sort mortel de Voldemort puisque des sorciers ayant reçu tout leur héritage magique périssaient de la main du mage noir. Pourquoi était-il toujours si anormal ?
* * *
Dolores Ombrage, sautait sur son lit, plus qu'heureuse. Bon, d'accord, elle avait le même comportement qu'une jeune fille de 15 ans à qui on apprendrait que les Bizzar Sisters viendraient chanter à son anniversaire. Mais tout de même, une nouvelle comme ça se fêtait !
Dans quelques heures à peine, elle verrait de ses propres yeux l'aboutissement de l'un de Ses plans… Oui ! Le suivant serait la destruction mentale de celui-qui-a-survécu pour mieux agacer tout le monde. Prétendre que Vous-savez-qui est de retour… Tout ça pour se faire remarquer…
Elle secoua la tête, agacée par le comportement puéril de son élève… Tout ce qu'elle retenait, c'est qu'Il serait content, et qu'Il la récompenserait enfin de toutes ses années de labeur acharné.
Qui avait dit qu'être une bureaucrate ne permettait pas de se réaliser à travers son métier ?
Elle sauta sur le sol, effrayant ses trois chats qui se réfugièrent sous son lit, et entreprit de rechercher ses vêtements du lendemain.
Robe sorcière rose pale ou fushia ? Bandeau ou serre-tête ? Cape en adéquation avec sa robe ou d'une couleur plus soutenue ?
Elle avait trop de vêtements roses. Ou du moins, pas assez de nuances de rose dans sa garde-robe… Une séance de shopping s'imposait.
Elle sélectionna pourtant sa robe préférée, d'un rose bonbon, et lui jeta un charme de défroissage. Elle rajouta sa cape de la même couleur, sans compter les chaussures et tous les autres accessoires. Puis elle se prépara pour la nuit ; et c'est entourée de trois chats qu'elle s'endormit, lovée sous ses couvertures roses.
* * *
Pétunia, elle, dormait du sommeil du juste. Elle avait fait ce qu'il fallait et allait continuer le lendemain. Elle devait encore vendre l'entreprise de Vernon et retirer tout son argent de ses comptes secrets pour les transférer dans un compte ouvert à un autre nom. Mais pour ça, elle devrait changer d'identité… Et aussi se faire un lifting pour se rajeunir un peu. Il fallait encore demander à transférer le dossier scolaire de Dudley dans une école des Etats-Unis ou d'Australie et disparaître de son pays natal.
Le plus dur avait été de convaincre son fils. Elle avait réussi au-delà de ses espérances. Pétunia avait accusé son mari, le père de son fils unique d'être un pervers qui s'amusait à regarder son fils dormir le soir tout en se caressant et en se vengeant sur son neveu en le frappant le plus possible, ne pouvant rien faire d'autre vu qu'ils étaient surveillés par des sorciers.
Oui, elle crachait son venin sur son mari, mais en même temps, c'était compréhensible. Cet abruti avait fait capoter toute Son organisation. Alors oui, elle avait menti comme un arracheur de dents, mais il lui fallait assurer l'avenir de son fils, la prunelle de ses yeux. Et vu que ce dernier ne faisait rien de bon à l'école, alors elle avait dû improviser… puis planifier. Il y avait une seule chose sur laquelle elle n'avait pas menti : Lily Evans avait gagné, par sa seule image, le cœur de Vernon. Et ce, sans même qu'elle lui adresse la parole. Elle avait jeté un sourire à leurs parents, et Vernon Dursley, son propre mari, avait succombé au charme naturel de sa sœur. Déjà qu'elle était allée dans une école de sorciers sans elle, maintenant, elle lui volait son mari…
Elle s'était réjouie de la mort de sa sœur, et avait été ravie de passer ses nerfs sur son neveu. Il fallait juste persuader Vernon qu'il s'agissait de la seule chose à faire. Et elle avait reçu de l'aide pour ça…
Dudley, par bonheur, ne lui pas posé de questions. Le pauvre petit chou n'avait pas été très habitué à réfléchir… il était plutôt bâti pour frapper d'abord… ce qui l'avait grandement arrangée.
Si sa famille était si surveillée que ça, ils auraient rappliqué à la minute même où Harry avait reçu ses premiers coups de ceinture.
Elle n'aimait certes pas l'idée de déménager, mais si elle le faisait, c'était pour sauver son fils et elle-même des répercussions qui suivraient inévitablement. Il avait fait une grossière erreur. Hors de question qu'elle paie.
Elle aussi avait été négligeante. Et elle ne s'en rendait compte que maintenant. Elle aurait pu emmener son fils en voyage et laisser Vernon s'occuper tout seul du morveux. S'il avait été tué par tous les coups qu'il avait reçus, elle, et son fils, auraient été plus que riches à l'heure actuelle, étant donné sa filiation avec Lily Potter…
Seulement, elle ne savait pas que seuls les sorciers héritaient des biens d'autres sorciers, et elle l'apprendrait de façon assez brutale…
*
Pendant que sa mère dormait, Dudley, lui, faisait fonctionner ses méninges. Pourquoi est-ce que sa famille s'était autant acharnée sur son cousin ? Et pourquoi les gens de son école n'avaient rien fait à part leur donner quelques petits avertissements en rentrant de son école de fous ? Est-ce qu'il avait bien fait de frapper Harry quand il était plus jeune ? Est-ce qu'il était complice de son père ?
S'il y avait une chose dont il était certain, c'est qu'il ne voulait pas finir à Saint-Brutus, ce pensionnat pour les délinquants. Et en ne dénonçant pas son père, il faisait partie de cette catégorie de jeunes qui s'amusaient à aller contre les lois…
* * *
Aux premières lueurs du jour, la veille de la rentrée des petites vacances, Fudge, accompagné d'un Langue de Plomb et d'un auror qui travaillait à sa protection, arriva dans Poudlard, marchant tel Guillaume le Conquérant dans son territoire nouvellement acquis. Oui, la présence de Dolorès Ombrage au sein même du royaume de Dumbledore, au poste le plus important, était réellement bénéfique à sa carrière.
Après avoir demandé où se trouvait le jeune Monsieur Potter, il fut escorté dans les cachots par son bras droit.
Le rituel durerait une heure, et ils s'assureraient qu'il soit correctement effectué.
* * *
Albus, lui, en profitait pour s'éloigner de l'école, n'ayant aucunement à justifier son absence. Grâce aux aurors membres de l'Ordre, il n'avait que des partisans ce matin au département de la justice magique. Aussi, il put s'entretenir seul à seul avec un Vernon Dursley pour le moins désorienté. Et ce qu'il en ressortit de son interrogatoire ne lui plut pas du tout.
Pour en être certain, il avait légilimensé l'homme qui ne comprenait pas pourquoi il était enfermé. Il n'y avait qu'une seule solution possible, et ses preuves n'étaient pas légales pour faire condamner le coupable.
* * *
Severus, réveillé aux aurores, était en train de boire son café quand l'on frappa sauvagement à sa porte. Oui, il avait une porte et pas un tableau ? Ces derniers parlaient tellement que cela lui était impossible à supporter. Bien entendu, la personne non civilisée n'attendit pas que la porte lui soit ouverte, et lança un alohomora sur la poignée. Inutile de dire que l'envahisseur allait avoir une mauvaise surprise. Il entendit un « Paf » contre le mur d'en face, et se mit à ricaner. Soit Ombrage, soit Fudge s'était pris le sort de catapultage en plein nez. Il attendit de terminer son café avant d'aller ouvrir la porte.
« Qu'aviez-vous à faire de plus important que de venir m'ouvrir, Snape ? »
Ah, Fudge avait l'air irrité. Mais quelle idée aussi de s'inviter chez les gens à 5 heures du matin quand on est attendu à 9 heures ?
Severus se renfrogna et le regarda dans les yeux.
« La bienséance exige que l'on n'essaye pas de forcer la porte des gens à 5 heures du matin. Il y a ici des gens qui travaillent le jour et qui, à 5 heures du matin, dorment encore. Arrêtez de vous faire passer pour plus important que vous ne l'êtes réellement ! »
Dolorès Ombrage, qui le poursuivait de façon éhontée, rougit à l'idée d'un Severus Snape en robe de chambre et caleçon…
« Monsieur Potter a passé une nuit particulièrement agitée. Je n'ai pas encore bu mon second café de la matinée, aussi, je vous demanderai de vous asseoir en silence afin de m'éviter la migraine, et… Madame Ombrage, la broche de ma mère n'est pas vulgaire bibelot. Veuillez vous en éloigner le plus possible. »
Dolorès tiqua. Mais un regard de Cornélius la calma immédiatement, et elle s'assit sur son fauteuil sans bouger, pendant que Severus savourait le plaisir d'un bon café noir et amer en silence. Après une troisième tasse, il prit enfin la parole.
« Vous êtes sans doute venu pour parler de l'adoption. Ah, désolé, je ne vous ai pas proposé de café. Il n'en reste plus. »
Fudge, traité comme un moins que rien, songea à se rebiffer mais se tût immédiatement. Un Snape qui lui donnait le pouvoir de museler le survivant au sein même de l'école était un Snape précieux. Un atout à garder dans sa manche le plus longtemps possible. Aussi, il fit un effort douloureux et resta silencieux. Ce fut le Langue de Plomb, vêtu d'une robe de sorcier grise, et d'un masque de la même couleur qui prit la parole.
« Nous souhaiterions réveiller le jeune Harry Potter afin de pratiquer le sort d'adoption magique. J'ai beaucoup de travail, aussi, j'espère que… »
Severus avait voulu retarder l'échéance. Il aurait dû leur refermer la porte au nez et se rendormir dans son lit… enfin, s'il y arrivait. Mais la procrastination ne payait jamais. Aussi, il alla réveiller le jeune homme.
Harry, l'esprit vaseux, se trouva lévité par son futur père en direction du salon. Il se figea quand il vit Fudge et Ombrage devant lui.
Et il sa raideur se fit plus prononcée quand il vit la personne inconnue qui le regardait droit dans les yeux.
Augustus Rockwood. C'est ce qui était écrit sur son badge.
Harry ne le connaissait pas, mais il n'avait pas du tout confiance en lui. Et pourtant, cette personne se tenait devant lui, le toisant de façon cruelle et irrespectueuse, essayant de lire ses pensées. Harry baissa la tête, brisant la connexion. C'est par le regard que les legilimens entrent dans la tête, se répéta-t-il. Jusqu'à ce qu'il arrive à maintenir son bouclier occlumentique, il ne regarderait personne dans les yeux, quitte à avoir l'air sournois et ainsi, manquer de respect aux autres personnes…
Son regard balaya la pièce. Ils étaient là, afin de donner à son cauchemar un caractère plus réel…
Il avait trois plâtres et ne pouvait pas s'échapper.
L'auror Dawlish, le Langue de Plomb et la chauve souris des cachots semblaient tous les trois détenir une assez grande puissance magique. Et tous les trois avaient assez d'expérience pour le réduire au silence et à l'immobilité les plus totales…
Ombrage, qui n'avait de « professeur » que le nom, était assise dans un fauteuil, telle une reine, le regardant avec un plaisir non dissimulé. Plaisir qui s'apparentait pour lui à du sadisme mêlé de perversité…
Il sentit une faible et fugace douleur à sa cicatrice et, par mesure de prévention, il posa dessus sa main valide. Il ne manquait plus qu'elle ne saigne et que le ministère l'accuse de manipulation. Il vit le Langue de Plomb sortir sa baguette et entrevit, un bout de tache noire sur son avant bras gauche.
Il regarda Snape, et ce dernier lui ordonna silencieusement de ne pas en parler. Il l'avait vu également.
Même s'il détestait son professeur de tout son être, il savait que ce dernier ne le laisserait jamais à la merci d'un mangemort.
Maintenant, il en était certain, l'étrange Langue de Plomb qui était resté debout était un mangemort. Et, d'après la réaction de Snape, il n'en était pas l'un des moindres. Il palpa sa poche et y sentit sa baguette. Il saurait s'en servir le cas échéant, même ne serait-ce que pour lancer un protego…
Fudge souriait. Et un Fudge souriant signifiait en général un enfer pour les autres. C'est ce que Severus se dit en regardant l'homme vêtu de vert en face de lui. Avec Ombrage, ils formaient bien la paire.
Il avait lu dans les pensées de la femme, et cette dernière vouait un culte passionnel à son supérieur, Monsieur le Ministre de la Magie. Il soupira imperceptiblement, se disant que cette dévotion et ce fanatisme mènerait la communauté magique à sa perte, et il se mit sur ses gardes. Heureusement, sa baguette était dans sa main, mais, malheureusement, elle l'aidait à porter le fils de Potter à travers ses appartements de fonction.
Il fit de la place à Harry sur le canapé et le déposa le plus confortablement possible. Il lui fallait faire tout de même attention à ne pas être trop brusque devant les sorciers présents… Fudge, cela ne le dérangerait pas, au contraire, mais le reste, il ne savait pas.
Rockwood, bien que son « collègue » il y a dix ans n'avait jamais été cruel avec un enfant ou un adolescent. Même s'il détestait Potter, lui ne lui ferait pas de mal et se contenterait de le livrer au Seigneur des Ténèbres.
Une bonne minute passa alors que les deux résidents du petit appartement des cachots s'installaient silencieusement.
« Monsieur Potter », retentit la voix de Dolorès Ombrage, « vous devez dire bonjour quand vous rentrez dans une salle et ce, avant de vous asseoir… »
Seul un ronflement lui répondit, et elle afficha un air féroce. Severus se retrancha derrière un visage impassible. S'il était seul, il aurait ricané.
La dame en rose hurla qu'il s'agissait d'un scandale et que c'était honteux que de jeunes sorciers ne connaissent pas la politesse…
« Voyons Madame », lui dit Dawlish, l'auror garde du corps de Fudge, « je suppose que Monsieur Potter doit prendre plusieurs potions différentes, il est un peu normal qu'il soit épuisé, surtout qu'il est 5 heures et quart et que le soleil n'est pas encore levé… »
Est-ce que Dawlish prenait la défense de Potter junior ? Severus en doutait, et comme Dawlish était un assez bon occlumens, il n'osa pas chercher l'information à la source.
Ombrage, elle, se leva et commença à secouer Potter afin qu'il se réveille.
« Madame Ombrage… » La voix doucereuse du professeur Snape, pourtant basse, retentit dans la pièce. « Je vous déconseille de secouer le morveux. Vous risquez de nous l'abîmer, à l'instar de votre supérieur hiérarchique, et il est hors de question que je repasse trois jours à brasser une potion pour un enfant ingrat tel que lui. »
Il s'approcha de la femme et libéra le seul bras valide du malade de la poigne de la banshee, comme il se plaisait à la qualifier dans son fort intérieur.
Il se rendit compte par la suite que le jeune homme était réveillé et complètement terrorisé. Même s'il ne l'avouerait jamais, s'il avait vu cette face de crapaud au réveil, il aurait également eu peur.
Maintenant, l'adolescent s'était recroquevillé le plus possible et tremblait, les yeux dans le vague…
Snape soupira audiblement, verbalisant son agacement croissant.
« Potter !!! Vous cherchez vraiment les ennuis… Arrêtez immédiatement de vous balancer comme un autiste et comportez-vous comme une personne de votre âge. Pour avoir encore une fois cru qu'on vous maltraiterait physiquement, vous aurez une semaine de retenue avec Rusard à votre rétablissement… »
Rockwood fut surpris par la diatribe de son camarade d'armes. Il n'aurait jamais pensé que Severus, maltraité pendant toute sa jeunesse, puisse ainsi heurter brutalement la sensibilité d'un enfant ayant vécu les mêmes tourments que lui. Il se donna une claque mentale. Potter était l'ennemi du Maître. Il devait revenir certes en un seul morceau, mais son patron n'avait rien dit à propos de son moral… aussi, il n'intervint pas, même en voyant la docilité de Harry. Après tout, personne n'avait à intervenir dans l'éducation qu'un père donnait à ses enfants. Telle était la loi sorcière…
Snape n'était sans doute pas un traître et il en parlerait au Lord plus tard…
* * *
Dudley se réveilla aux aurores en ce vendredi matin. Il avait véritablement mal dormi et avait fouiné dans le grenier de la maison pendant la nuit. Il était alors tombé sur un carton rempli de photos jaunies par le temps. Il l'avait descendu dans sa chambre et avait entrepris d'en inspecter tout le contenu. Une fillette retenait son attention. Les cheveux assombris par le cliché en noir et blanc, à côté d'une fille plus grande et maigre comme pas possible. La première devait être sa tante Lily, qu'il n'avait jamais connue, la mère de son cousin. La seconde était sa propre mère. Et plus il regardait les photos, plus il se posait des questions à propos de sa mère. Pourquoi son regard se faisait-il si dur au fil des ans ?
Au fond du carton, un carnet retint son attention.
Journal de Pétunia Evans.
Seigneur, le journal de sa propre mère. Journal de son adolescence.
Au bout d'un long moment, il prit la carte qu'un des policiers lui avait remit et il sortit de la maison. A deux pâtés de maison, il y avait une cabine téléphonique rouge. Il composa le numéro de téléphone.
« Allo ? »
Dudley prit son souffle et débita à toute vitesse : « Je voudrais parler à l'agent Newton, s'il vous plait…
-L'agent Newton arrivera dans deux heures environ. Est-ce une urgence ?
-Oui… Cela concerne Harry Potter.
-Ok, dites-nous où vous vous trouvez, nous venons immédiatement… »
Après avoir raccroché, il sortit de la cabine téléphonique, projetant de s'asseoir sur le muret en attendant. Un « pop » le surprit, et il vit deux personnes, vêtues de l'uniforme policier, qui avaient chacun une baguette magique à la main…
« Nous allons t'emmener avec nous au poste pour entendre ta déposition… »
* * *
Harry Potter était maintenant éveillé et conscient de ce qui allait se passer.
Déjà, on l'avait fait s'asseoir sur un tabouret en bois. Ensuite, on lui avait retiré son haut.
Le regard de l'auror et du langue de plomb se fit à la fois inquisiteur et incrédule. Mais il ne remarqua jamais le second sentiment qui animait les deux hommes. Ni le sourire d'Ombrage et de Fudge.
Rockwood se disait que son maître avait bien raison de vouloir se débarrasser des moldus. Personne ne devait traiter un sorcier de la sorte, même s'il s'agissait de l'insupportable Harry Potter…
Le jeune homme avait des cicatrices plus ou moins anciennes sur le dos, et un bandage autour du torse… sans compter les multiples bleus qui maculaient sa peau quasi translucide.
D'accord, il était un mangemort. Mais pour une fois dans sa vie, il éprouva de la compassion envers un ennemi. Harry Potter n'était pas l'enfant choyé que l'on croyait. Loin de là… Un adolescent en pleine croissance dépassait le mètre quarante, surtout à 15 ans révolus, et il n'avait pas le corps d'un enfant de 12 ans… ni cette maigreur caractéristique des enfants maltraités et affamés. Il se sentait désolé pour le brun qui lui faisait actuellement face, mais il ne le laissa pas paraître.
Se coupant de tout ce qu'il ressentait à ce moment précis, il se concentra et demanda à son chef et à la Grande Inquisitrice de venir à ses côtés. L'auror Dawlish devait rester derrière eux, afin que sa magie n'interfère pas dans le processus d'adoption.
« Professeur Rogue, je ne sais pas si vous êtes familier avec les cérémonies d'adoption. Aussi, je vais vous indiquer quoi faire. Levez-vous et placez-vous derrière Monsieur Potter. Levez votre baguette. Harry Potter, remettez votre baguette magique à votre futur père. Dans cette cérémonie, vous devez juste rester immobile et c'est votre futur père qui va s'occuper de donner votre approbation.»
Pour la première fois de sa vie, Harry se sentit vraiment vulnérable.
Les carottes étaient cuites. Il n'avait pas son mot à dire… et il lui semblait qu'il ne l'aurait plus jamais. Il n'avait jamais eu son mot à dire sur sa vie, et si ça continuait ainsi, il ne l'aurait jamais… Il regarda attentivement autour de lui. Ombrage et Fudge, ainsi que le Langue de Plomb étaient devant lui, au centre du salon ou presque. Dawlish se situait derrière eux, tout près de la porte d'entrée. Snape était derrière lui. Et il avait trois plâtres donc, il ne pouvait esquiver les sorts que ces cinq adultes lui lanceraient s'il essayait de se lever…
Le temps de la rébellion avait cessé pour le moment.
C'est avec résignation qu'il sortit sa précieuse baguette magique de sa poche. Il la confia un peu gauchement à son professeur avec beaucoup de réticence.
« Severus Snape, prenez prenez une baguette magique dans chaque main , reculez de trois pas et pointez-les sur lui. Et répétez après moi. »
.
Communio magica
Pro communione sanguinis :
Un sort sortit de la baguette magique de Severus et frappa le dos du jeune homme.
Ce dernier sentit sa magie se mouvoir en lui, comme si elle n'acceptait pas cette intrusion forcée.
Pater in filium dominetur
De la baguette de Harry, un sort de couleur violette fit son apparition et alla rejoindre le sort vert de Severus.
Filius patri subjaceat
Pater vitam filii defendit
Filius non patrem pulsat
Rockwood leva sa baguette magique et invita Fudge et Ombrage à faire de même. Le sort de l'officiant était jaune et ceux des deux témoins étaient rouges, l'un plus sombre que l'autre.
Testes, date salutem eis,
Illa adoptio summa lex.
Et les sorts, qui frappèrent le torse du gosse scellèrent l'incantation.
Harry Potter était désormais le fils de Severus Snape.
La magie du jeune homme les opressait. Dolores Ombrage constata que les lumières des bougies vacillaient, que les murs tremblaient, et que certains objets étaient déjà tombés sur le sol. Et puis, subitement, tout s'arrêta, et le corps de Harry Potter s'affaissa, retenu in extremis par Severus Snape, qui ne voulait décidément pas subir le courroux d'une Poppy Pomfresh déchaînée…
La magie du garçon avait enfin fini de lutter contre le lien magique qu'ils venaient de tisser.
Snape était assuré, de part ce lien magique, de la soumission de Potter à son autorité. L'éducation du morveux allait enfin pouvoir réellement commencer.
* * *
Accablé, Albus Dumbledore passa par le bureau d'Amélia Bones, sa remplaçante au poste de Chef du Magenmagot, afin de lui demander d'interroger de façon précise le prisonnier de la cellule 552, l'oncle du sauveur, en lui donnant du veritaserum.
Mais il était 6 heures et demie du matin. Elle n'était pas encore à son poste. Il décida de lui envoyer un parchemin afin de lui demander un entretien non officiel au plus vite. Il fallait comprendre ce qu'il s'était passé pour que Vernon Dursley s'attaque avec autant de haine à Harry Potter. Ce mystère était encore trop obscur…
Il rentra dans l'école, allant directement voir l'infirmière pour lui faire part des funestes nouvelles. Quelque chose ne tournait définitivement pas rond au royaume de Merlin…
* * *
Harry fut lévité et déposé sur son lit par son père. On lui redonna une potion anti-douleur, on s'assura qu'il allait bien, et, alors qu'il essayait de savoir qui était en train de prendre soin de lui, il sombra dans une inconscience bienvenue.
FIN DU CHAPITRE
Notes de fin de chapitre :
1) Traduction de l'incantation en latin
Liens magiques
En guise de liens du sang :
Que le père règne sur le fils,
Que le fils se soumette au père.
Le père défend la vie du fils,
Le fils ne frappe pas le père.
Témoins, saluez-les,
Cette adoption est loi souveraine.
2) Symbolisme des couleurs des sorts pendant la cérémonie d'adoption :
Jaune : couleur de la Création… Ici, Rockwood est le créateur du lien.
Rouge : couleur de l'Harmonie… Fudge et Ombrage, en tant que témoin, sont quelque part garants de l'harmonie au sein de cette nouvelle famille…
Vert : couleur de la Vie… Severus doit protéger la vie de Harry, jusqu'à ce qu'il soit apte à le faire seul, ce qui sonnera le glas de cette adoption.
Violet : couleur de la Soumission… Pas besoin d'en dire plus, il sort de la baguette de Harry.
Titre du chapitre prochain: Education Snapienne 1.
