AVERTISSEMENT : Cette fiction traitera de maltraitances sur enfant. Aussi, le Rating passe de T à M.

Pour ne pas heurter votre sensibilité, vous serez avertis au début du chapitre en question, mais également en début et fin du passage afin que vous puissiez reprendre la lecture. Ceux qui n'auront pas lu ces passages pourront me le dire également, ce n'est pas grave…

D'autres passages feront état de Voldemort et ses Mangemorts en plein « travail »… je pense vous en faire part de la même façon…

Il s'agit d'une fanfiction qui met en exergue de façon assez prononcée les défauts des personnages... Ici, Severus sera vu dans ses appartements, donc, dans la vie privée. Personne ne garde son masque 24 heures sur 24 dans sa propre maison... La preuve, dans le canon, Snape en avait marre que Queudever soit chez lui...

aussi, une fanfiction étant un univers alternatif par définition, je pense devoir exploiter mes personnages de façon assez logique vu mon scénario encore inconnu des lecteurs et approuvé par ma bêta.


Chapitre 4 : Education Snapienne 1


Le rituel d'adoption magique avait eu lieu la veille de la rentrée. Le Survivant avait dormi vingt-quatre heures d'affilées. Pomfresh l'avait ausculté et avait diagnostiqué que le jeune homme était épuisé. Et l'adoption avait également chamboulé sa magie…

Albus, lui, passait son temps à tourner en rond dans son bureau. Il n'avait pas le droit de se trouver près de Harry. Non seulement parce qu'il le mettait en danger, mais également parce qu'il était surveillé. Harry était le sujet d'une prophétie qui l'opposait à Voldemort, le mage noir qui avait tué ses parents. Et étant donné que le ministère, pour des raisons plus qu'obscures, refusait d'admettre le retour de « Vous-Savez-Qui », ce qu'il clamait haut et fort, sa seule présence dans la vie de l'adolescent donnerait les prétextes nécessaires au ministère pour l'évincer.

Mais lesdits problèmes avaient rattrapé Harry d'une façon tout à fait inattendue. Encore un piège de Voldemort… Heureusement, son espion avait la garde de l'élu…

Il put repenser au problème Vernon Dusley. Quelque chose clochait, et il le découvrirait…

* * *

Le hall était plein de mangemorts qui patientaient, attendant que les deux « chefs de mission » aient terminé. La porte d'entrée du manoir était hermétiquement close, et les barrières anti-transplannage étaient activées à pleine puissance.

Le maître des lieux était à l'origine de la majorité des barrières de la demeure de son ancêtre. Ces sorts l'informaient en temps et en heure de ce qui se passait dans ce manoir : il savait par exemple exactement qui se trouvait dans les lieux et surtout à quel endroit se trouvait chaque personne dans un rayon de deux mètres.

Lord Voldemort, aussi appelé « le Seigneur des Ténèbres » ou encore « Vous-Savez-Qui », avait investi le manoir de son père, un moldu. Personne excepté Queudever ne connaissait l'ascendance de son géniteur. Et il avait veillé à ce que l'information ne filtre pas. Non, la larve n'était pas morte. Elle était simplement tenue au « secret professionnel ». Et si cette raclure qui lui servait de souffre-douleur s'avisait de le divulguer, le bras en argent qu'il lui avait généreusement offert l'étranglerait sans qu'il ne puisse rien y faire.

Le salon dans lequel il recevait en général ses mangemorts était sombre et oppressant. De temps en temps, des hurlements de douleur ou de terreur perçaient les murs, rajoutant au malaise des humains qui étaient de passage.

Lord Voldemort était un être très grand et extrêmement maigre. On ne pouvait plus le considérer comme un être humain à part entière, puisqu'il avait quelques écailles de serpent sur le visage, sans compter un appendice nasal manquant ou alors des cheveux et des lèvres inexistants. Ses yeux, rougeâtres, avaient un iris comme celui des chats… ou plutôt, dans son cas, des serpents. Son apparence effrayait non seulement les victimes moldues ou sorcières qui avaient le malheur de croiser son regard, mais également ses propres disciples exception faite des plus fanatiques telle Bellatrix Lestrange, sa Mangemorte la plus fidèle.

Avant, dans une autre vie, cet homme avait été l'un des plus séduisants de sa génération. A cette époque, sa beauté lui avait permis de se trouver de nombreux disciples afin de poursuivre à sa manière l'œuvre de Gellert Grindelwald et de Salazar Serpentard, ses modèles.

Le premier était une sorte de mentor qu'il admirait à l'époque mais avec lequel il n'avait jamais travaillé. Le second était son ancêtre. Il comptait respecter leurs préceptes, n'ayant vécu que des horreurs avec les moldus.

Son plan était simple à la base : prendre le contrôle politique et économique de la communauté sorcière anglaise afin de garantir la pureté du sang des sorciers. Il savait que la consanguinité augmentait les risques de perte de pouvoir chez les sorciers, mais il était préférable de se marier avec un cracmol issu d'une famille de sang pur que d'épouser un sang-de-bourbe, si puissant soit-il.

Il avait tant souffert de la mort de sa mère, de l'abandon de son père, des maltraitances subies à l'orphelinat ainsi que du mépris de ses camarades de classe à Poudlard qu'il avait décidé de ne plus jamais être vulnérable.

En quatrième année, il connaissait tous les sorts dits blancs du programme des ASPICs. Il s'était bien entendu tourné vers la seule magie qu'il ne connaissait pas encore.

Ce fut par pur hasard qu'il découvrit la Chambre des Secrets. Il s'était à l'époque juste rendu aux toilettes du second étage, motivé par une envie pressante. Ce n'est que lorsqu'il y entra qu'il se rendit compte qu'il s'agissait du repaire des filles voulant s'isoler pour pleurer un bon coup. Il n'en ressortit qu'après le départ de l'une de ces dindes éplorées en question, sifflant d'indignation en fourchelang devant les lavabos à propos de ces volailles pathétiques qui ne savaient pas prendre leurs vies en main… Quelle ne fut pas sa surprise de voir les lavabos de déplacer et laisser apparaître un trou noir ! Puisque ce passage s'était manifesté au son de la langue des serpents, il sauta sans perdre de temps et se retrouva ensuite devant grande porte qu'il ouvrit aussi grâce au fourchelang… Il se retrouva devant une salle connue pour n'être qu'une légende et découvrit qu'il y avait un monstre rampant dormant sous l'école. Une fois qu'il eut apprivoisé le Basilic de compagnie de son ancêtre, il décida d'explorer plus en détails les quartiers secrets du grand Salazar Serpentard.

« La Statue lui ressemble énormément… » siffla le reptile géant. Son Maître lui manquait. Et cette partie du château se situant sans doute sous le lac, Voldemort, encore connu à l'époque sous le nom de Tom Jedusor, comprit que l'animal avait passé la plupart du temps à hiberner.

900 ans qu'il était coincé dans cette salle… Se nourrissant de souris, il ne pouvait pas rester éveillé bien longtemps… Aussi, il dormait le plus possible. Non seulement pour digérer, mais également pour attendre qu'un héritier digne de ce nom puisse converser avec lui. De temps en temps, il passait par un trou créé juste pour lui et arrivait juste au dessus du lac, par les falaises creusées. Et c'est ainsi qu'au fil des saisons, il alternait entre aller chasser et hiberner.

L'animal qui tuait d'un seul regard, aimait cet humain qui lui permettait de poursuivre la noble mission que lui avait confiée son créateur : purifier l'école de cette maudite engeance que sont les sang-de-bourbe.

Mais un jour, Tom avait été obligé de mettre un terme aux sorties du serpent géant : une Serdaigle insignifiante, de sang inférieur, avait décidé de se réfugier dans les toilettes au moment où il faisait sortir le reptile. Bien entendu, sa curiosité la tua. A cette époque, il était préfet de la maison Serpentard. Il savait que si une seule personne était pétrifiée encore, l'école serait fermée, et il aurait été obligé de retourner dans cet orphelinat de malheur plus tôt que prévu sans pouvoir terminer sa formation.

La suite avait été simple et rapide. Il fit accuser ce dégoûtant demi-géant qui devait être en seconde ou troisième année et ce dernier ne pût garder sa baguette.

Il savait que Dumbledore n'avait aucune preuve contre lui, mais comme le disaient les enquêteurs, tant qu'il n'y a pas de preuve, personne ne peut être coupable. Et Hagrid adorait les animaux dangereux. Il avait déjà introduit une petite Acromantula dans l'enceinte du château… Il était le coupable idéal. Et comme le veritaserum était inefficace sur les demi-géants comme sur tous les hybrides, exception faite des lycans, Hagrid ne pouvait pas être innocenté. C'est avec un sourire cruel qu'il regarda celui qu'il ne considérait que comme une erreur de la nature partir, enchainé et encadré par des Aurors vers Azkaban.

Par la suite, sa victime apprit le métier de garde chasse auprès du vieil Ogg, son prédécesseur. Tom jubila. Cet inférieur était obligé de côtoyer tous ses anciens camarades de classe ainsi que les nouveaux élèves qui eux, n'avaient pas leur avenir brisé…

Les hybrides ne méritaient pas d'avoir des pouvoirs magiques. Aucun d'entre eux.

Pendant la période qui suivit, Tom travailla plus durement que d'habitude pour engranger un maximum de connaissances. Il n'y avait que deux choses qui lui faisaient peur. La première était la perspective d'une confrontation avec un Dumbledore qui connaissait enfin ses plus noirs secrets. Le sorcier n'était pas le vainqueur de Grindelwald pour rien. La seconde était la Mort elle-même. Personne ne savait où passait l'âme après la mort… Même pas les fantômes qui, par définition, n'étaient ni totalement morts ni totalement vivants.

En faisant des recherches sur son ascendance réelle, il comprit que sa génitrice lui avait donné la vie à l'orphelinat au détriment de la sienne un 31 décembre. Sa mère avait lutté pour qu'il vive, elle avait sacrifié sa santé pour lui. Elle faisait honte à son ascendance… Quel descendant de Serpentard digne de ce nom osait offrir sa vie pour sauver celle d' un enfant qui ignorerait tout de ses nobles origines ? Quelle sorcière agirait par amour envers un enfant qui lui avait pris toute son énergie vitale ? Cette femme était réellement pathétique… Quelle faiblesse !

Il ne restait qu'une seule chose à savoir : qui était son géniteur ?

Entre temps, il continuait ses recherches sur la quête de l'immortalité sans se douter qu'on ne transgressait jamais les lois de la nature.

Au bout de longs mois, et après avoir enfin eu les informations nécessaires, Tom Riddle comprit comment réaliser son premier Horcruxe. C'est avec un sourire malsain qu'il en profita pour joindre l'utile à l'agréable.

Une fois qu'il eut appris qu'il avait de la famille encore vivante, il décida d'aller leur rendre visite dans leur minable petite cabane sur les hauteurs de Little Hangleton. Il sourit en voyant le serpent cloué sur la porte d'entrée et grimaça quand il se rendit compte de la misère dans laquelle vivait la famille de sa mère.

L'homme qui lui ouvrit la porte lui donna un sentiment d'horreur. Ses petits yeux sombres qui regardaient dans des directions opposées, son visage plus proche du singe que de l'homme, les haillons qui lui servaient de vêtements, ses cheveux si crasseux qu'on n'en voyait pas la couleur, et surtout ses dents en moins. Géniale la description !(vive EHP…, lol, merci)Morfin Gaunt, tel était son nom, était persuadé être le dernier descendant de Salazar Serpentard. Intérieurement, Tom se demanda si cette apparence était due à un mauvais sort, mais il estima que ceci ne le concernait pas.

« Vous êtes mon oncle », avait commencé Tom. L'homme avait essayé de lancer un sort en fourchelang, mais le jeune sorcier, puissant et plus rapide, l'avait désarmé et immobilisé.

Durant la conversation qui suivit sur ses origines, il apprit que son père n'était qu'un vulgaire moldu. L'homme devant lui ricanait, le traitant d'anormal. Aussi, après un doloris, pour le faire payer ses moqueries envers lui, et un stupefix pour qu'il ne s'échappe pas, Tom se rendit dans la grande demeure des riches Riddle et rencontra pour la première fois l'homme à qui il devait ce physique si attirant.

La haine qu'il vouait au moldu se libéra quand il vit enfin l'homme à qui il devait tous ses malheurs. S'il n'avait pas abandonné Mérope, il n'aurait jamais subi l'orphelinat. L'homme lui demanda s'il était aussi anormal que « La Gaunt » et Tom lui fit un sourire sadique.

Ce jour là, il lança son premier impardonnable.

Ce jour là, il tortura son père ainsi que ses grands parents.

Ce jour là, il commit ses premiers meurtres, par pure vengeance pour la mort de la seule personne qui l'avait jamais aimé, pour sa vie de misère et pour tout ce qu'il avait pu subir à l'orphelinat, tant avec les autres enfants qu'avec le personnel.

Ce jour là, Tom Riddle parcourut la première partie du chemin vers l'immortalité. Il déchira une partie de son âme et la confia à son premier cadeau : son journal d'étudiant. Ironiquement, c'était celui qu'il considérait comme son pire ennemi, Albus Dumbledore, qui le lui avait offert lorsqu'il était venu le chercher à l'orphelinat pour acheter avec lui son matériel de classe. Cet achat avait sans doute eu le but de lui montrer que des gens lui voulaient du bien… Foutaises !

Ce jour là, dans le plus grand secret, face à trois cadavres, Tom Riddle renonça à son nom moldu et devint Lord Voldemort.

Il libéra Morfin du stupéfixet ce dernier fut persuadé d'avoir tué les Riddle. Morfin Gaut fut le dernier descendant de Salazar Serpentard de sang pur connu et il mourut quelques années plus tard d'une pneumonie à Azkaban.

Entretemps, Tom, installé tranquillement dans sa chambre à l'orphelinat, fabriquait son premier Horcruxe.

A la fin de l'année suivante, il passait ses ASPICs et dès qu'il reçut les résultats, il se dépêcha de partir de l'orphelinat où il avait été forcé de résider jusqu'à ce que le hibou annonciateur de sa délivrance n'arrive, cette fameuse missive qui lui apprit qu'il avait réussi toutes ses épreuves haut la main.

Il mit un sort de localisation sur chaque « camarade » de la maison de son enfance ainsi que sur le personnel et se dépêcha de prendre la poudre d'escampette. Oh, il ne désirait pas avoir de leurs nouvelles, mais juste savoir où ils étaient afin de leur faire payer leurs années de brimades par la suite. Spécialement Dorothy… surtout elle qui lui volait sa nourriture et le faisait accuser de toutes ses bêtises. Mais il lui fallait d'abord travailler avant de partir en voyage.

Dédaignant une carrière administrative au Ministère, trop contraignante et trop peu valorisante et excitante, il décida de devenir l'employé de messieurs Barjow et Beurk dont le magasin, situé au 13B de l'Allée des Embrumes, était la couverture parfaite pour mener ses propres enquêtes. En effet, ces messieurs l'avaient engagé car son charme et sa puissance magique pouvaient « persuader » les gens de vendre leurs objets magiques de valeur, mais au prix le plus bas possible.

C'est ainsi que commença son obsession pour les objets des fondateurs. Hepzibah Smith était l'heureuse propriétaire de la Coupe d'Helga Poufsouffle ainsi que du Médaillon de Salazar Serpentard, ce fameux médaillon que portait sa génitrice pendant son adolescence, comme il l'avait discerné dans les pensées de Morfin... Il décida de la tuer et de voler les deux artéfacts.

Il quitta brusquement son travail et disparut de la circulation…

Personne ne savait ce qu'il était devenu. Personne n'aurait jamais pensé qu'il serait allé retrouver le Diadème de Rowena Serdaigle dans une forêt d'Albanie et d'en profiter afin de terminer sa formation en magie noire.

Il revint dix ans après avoir quitté l'école, afin de réclamer le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Il n'avait pas pu prévoir que Dippet, assez âgé à l'époque, soit décédé et que Dumbledore, cet amoureux des moldus et des sucreries devienne le directeur de l'établissement. Il savait qu'il n'aurait pas le poste à la minute où il vit l'homme dans le bureau circulaire.

Après l'entretien, prétextant la nostalgie, il fit un tour de l'école et il y cacha, dans une salle secrète qui lui avait un jour révélé le Basilic, le diadème dont la pierre précieuse centrale passait de la couleur saphir au grenat sombre.

Tom Jedusor devint alors Lord Voldemort publiquement, recrutant des sang-pur en leur promettant monts et merveilles. Jamais personne n'avait eu autant de charisme avant lui. Jamais personne n'avait été aussi puissant que lui. Jamais personne ne se dresserait contre lui pour le menacer car personne ne pouvait le vaincre. Et jamais aucun de ses disciples ne se rendit compte qu'il œuvrait inconsciemment à la perte de la communauté sorcière d'Angleterre.

Il n'avait pas prévu que deux sorciers se marieraient et feraient un petit garçon si puissant. Il n'avait pas prévu que cet enfant soit le fils d'une sang de bourbe et d'un sang pur.

Il n'avait pas prévu que cette femme se sacrifierait pour sauver un enfant au lieu de sauver sa propre vie. Non, il n'avait rien prévu de tout ça, et surtout pas d'errer pendant treize longues années, passant de corps d'animaux à des corps d'humains afin de se nourrir et d'essayer de survivre, loin de tout, en Albanie ou dans la Forêt interdite, à boire le sang des licornes pour tenter de survivre, au détriment de sa santé mentale qui s'effilochait jour après jour.

Maintenant qu'il avait hérité d'un corps magique, fonctionnel et presque parfait, il ne put s'empêcher de sourire cruellement. Il était immortel. Et Harry Potter, cet enfant malfaisant, allait mourir dans d'atroces souffrances après avoir perdu tout ce qui comptait pour lui : sa famille, ses amis, sa crédibilité… Tout ! Et s'il refusait de mourir, comme lors de ce fameux Halloween, il allait en faire un soldat loyal… de gré ou de force.

Mais pour le moment, il devait punir ces Mangemorts incompétents. Surtout Bellatrix et Lucius qui ne cessaient de se disputer et de faire échouer leurs missions à force de mésentente.

Hors de sa salle de réception, si l'on pouvait la nommer ainsi, douze mangemorts du plus bas grade attendaient leur tour, stressant et paniquant derrière leurs masques…

-Lucius, tâche de ne pas t'évanouir, j'ai deux missions pour toi ensuite… Endolorisssss…

Il ne punissait pas Malfoy uniquement pour le plaisir de le voir se tortiller par terre, essayant vainement de rester digne et de ne pas hurler. Non, il avait des cachots remplis de moldus pour ça, ou de sorciers qui refusaient de se soumettre. Simplement, Lucius l'avait fortement déçu, encore une fois. D'abord, il l'avait renié en disant qu'il avait été soumis à l'Imperium. Ensuite, il n'avait jamais œuvré à sauver ses camarades qui, eux, avaient été en prison pour ne pas désavouer leur Maître. Enfin, après des années d'incompétence notoire, alors que le blond avait le ministre qui lui mangeait dans la main, il n'était pas capable de lui ramener ce cracmol qu'il convoitait, un jeune homme héritier d'un artéfact puissant qui lui permettrait de prendre plus rapidement le contrôle du Ministère et de Poudlard. Personne ne savait où était cachée cette source de pouvoir ni à quoi elle ressemblait. Tout ce qu'il savait, c'est qu'elle corrompait les cœurs purs. Le sien ne l'était plus depuis bien longtemps.

Il avait soumis moins longtemps Bellatrix au même sort, puisque cette dernière sortait juste de prison, et avait par conséquent des circonstances atténuantes pour ne pas avoir réussi à mener à bien cette mission… Mais personne ne le saurait jamais, pas même sa plus fidèle compagne, Nagini, celle qui partageait quelque chose de précieux avec lui…

Le mangemort aux longs cheveux blonds essayait désespérément de réprimer la douleur… Sans succès.

Lors Voldemort était le plus puissant et le plus craint de tous les mages noirs depuis au moins trois siècles, et quand il avait une personne dans sa ligne de mire, il était rare que sa victime s'en tire sans égratignure.

Et ces deux mangemorts, les plus prometteurs de leur génération, étaient pire que des enfants moldus qui se battaient pour un jouet.

* * *

Le gamin allait bien. Il était dans son lit, sous ses couvertures, et un elfe le veillerait toute la nuit. Un autre prendrait le relais au petit matin.

La chambre du professeur Snape était composée de deux pièces : une chambre à coucher et un bureau privé. C'était là qu'il entreposait ses grimoires les plus rares et les plus précieux, son courrier et un coffret contenant la plupart de ses souvenirs heureux avec Elle… Les avoir en tête lui provoquait des douleurs intolérables au niveau de la poitrine.

Il se dirigea vers la console qui se situait juste à côté de la porte et s'empara d'une bouteille de Whisky pur feu et un verre puis retourna s'asseoir à son bureau, contemplant l'enveloppe noire qui était encore posée dessus. Il la relirait ou pas ?

Severus,

Maintenant que tu as la garde de ce satané morveux qui refuse de mourir, tu es devenu l'ennemi n°1 à abattre. Croyais-tu que je ne saurais pas que tu t'étais spontanément proposé de lui servir de tuteur ? Pensais-tu réellement que je n'aurai pas compris que tu le faisais en mémoire de cette sang de bourbe que tu voulais comme animal de compagnie ?"

A la lecture de ces quelques mots, le lecteur avait soupiré : il s'y attendait. Il s'était fortement énervé aussi. Il avait été obligé de choisir ces termes pour que le seigneur des ténèbres lui promette d'épargner Lily. En vain. Et ce salopard utilisait ces termes, lui rappelant à quel point sa vie était pathétique et vide de sens depuis sa cinquième année. Ce fut la suite qui l'avait déstabilisé.

Officiellement.

Cette lettre est charmée pour que toi seul la lise. Ta première mission : isoler Potter de ses deux âmes damnées…

Personne excepté Lucius ne connaît ton ordre de mission. Afin que cela paraisse moins suspect, mon bras droit te servira d'intermédiaire pour entrer en contact avec moi. Il prendra ta place d'espion dans ce fichu ordre de pacotille.

Assure-toi simplement de mener à bien ta mission.

Ton Seigneur et Maître,

Lord Voldemort

Cette lettre, la première fois qu'il l'avait lue, l'avait plongé dans le désarroi… Et puis, il s'était dit que ce serait un moindre mal que ce gamin soit séparé de ses amis. Vu toutes leurs « aventures » depuis leur première année, il avait trouvé miraculeux qu'aucun ne soit mort ou handicapé.

Severus se servit un autre verre.

Il devait réfléchir. Le gamin ne devait pas se douter qu'il le protégerait en l'isolant ni qu'il continuerait son travail d'espion. Après tout, il tenait à la vie, et le lien qu'avait Potter avec le Lord Noir le desservirait plus qu'autre chose.

Cette situation l'arrangeait bien. Il n'en parlerait à personne, pas même à Dumbledore. Pour le bien de la communauté sorcière, il continuerait son travail d'espion. Pour le plus grand bien…

Oui, il avait adopté certains points de la philosophie de Grindelwald, mais en même temps, cet homme, bien qu'extrémiste, avait raison sur plusieurs points. Si on n'éduquait pas les moldus pour qu'ils comprennent que les sorciers n'étaient pas les envoyés de Belzébuth sur terre, ces derniers finiraient pas causer, indirectement, la fin du monde sorcier.

Il ne prônait certes pas la suprématie des sang-purs sur les autres sorciers, mais le monde moldu avait failli causer sa perte. En effet, n'étant pas scolarisé dans une école dite normale, il n'avait pu bénéficier de l'aide des services sociaux. Son moldu de père, alcoolique, le maltraitait et sa mère, qui était pourtant une sorcière talentueuse, le laissait faire. Eileen Prince avait décidé de ne pas retourner dans le monde sorcier, car elle avait été reniée pour avoir déshonoré sa famille en se mariant avec un vulgaire moldu qui avait à peine de quoi la faire subsister.

Le manque de lois concernant les maltraitances était la preuve que le monde sorcier était archaïque, contrairement au monde moldu où les lois étaient légion.

De part le manque d'intérêt flagrant du directeur, qui connaissait sa vraie vie en dehors de l'école, Severus avait trouvé refuge ailleurs. A cette époque, Lord Voldemort n'était pas réellement fou à lier. Certes, il tuait des gens, mais c'étaient des opposants qui tenaient à rester dans l'ombre. Pourquoi ne pas vouloir prendre les pouvoirs moldus d'assaut et réellement mettre en place une protection efficace pour les sorciers originaires de leur monde ? Pourquoi les dirigeants sorciers tenaient-ils tant à ce que la communauté reste secrète ? Pourquoi personne ne disait ou ne faisait rien lorsque des petits sorciers étaient battus sévèrement par leurs parents ou leurs tuteurs légaux ?

Plus il repensait à sa jeunesse, plus la rage faisait sa place dans son cœur.

Il remplit encore son verre et ouvrit le dernier tiroir de son bureau. Il en retira une enveloppe qu'il ouvrit. Les photos tombèrent en tas sur la table de travail, sortant de la pochette brune en kraft.

Des photos couleur, des photos en noir et blanc, des photos moldues, des photos sorcières…

Il regarda la jeune femme qui lui faisait un signe de la main, l'air espiègle. Elle avait alors 12 ans à cette époque… Et déjà une beauté hors du commun…

Maintenant, elle était décédée depuis longtemps, et il essayait encore désespérément de racheter ses erreurs… Celles qui avaient précipité la perte de l'élue de son cœur.

* * *

Harry se réveilla, tout endolori. L'adoption magique l'avait épuisé, sans compter la quasi nuit blanche d'avant et ses os cassés qui lui faisaient mal. Il vit un elfe endormi au pied de son lit, comme s'il l'avait veillé toute la nuit, ce qui était sans doute le cas. Il ne désirait pas le réveiller, mais il avait absolument besoin d'aller aux toilettes. Avec son bras dans le plâtre, il ne pouvait même pas se transférer dans son fauteuil roulant, ni le faire rouler jusqu'aux toilettes…

Finalement, après s'être retenu pendant une heure et demie, il se décida malheureusement à réveiller l'elfe afin de se soulager enfin.

Après une séance humiliante où la magie de la créature magique serviable avait agi, le faisant léviter sur la cuvette et le déshabillant d'un sort, le jeune sorcier était de retour dans son lit.

Il ne savait pas que ses camarades de classe revenaient ce jour, puisqu'il avait encore été inconscient, mais il pensait que la rentrée était proche. Comment allait-elle se dérouler pour lui avec ses membres emplâtrés ?

Comme d'habitude, personne ne lui avait rien dit. Personne ne le laissait jamais rien choisir de sa vie. Pas comme s'il avait le droit de protester non plus…

Il se sentait tellement fatigué de sa vie qu'il n'avait plus du tout envie de sourire en ce moment. Il en avait ras-le-bol. Personne n'avait jamais remarqué à quel point les Dursley avaient été mauvais avec lui, le molestant, le méprisant, l'insultant, laissant leur fils se servir de lui comme d'un sac de frappe, ou le frappant aussi…Il avait pensé que tous les enfants recueillis par un membre de leur famille étaient traités comme lui, jusqu'à ce qu'il rencontre les Weasley et que ces derniers lui offrent, sans même le connaître réellement des cadeaux pour noel et son anniversaire. De plus, Molly agissait comme une mère pour lui, le prenant dans ses bras au même titre que ses enfants, Arthur, lui, s'intéressait à ses loisirs, ses projets d'avenir…

On l'appréciait dans sa famille pour lui, non pas pour ses aptitudes magiques mais pour ce qu'il était au plus profond de lui : un enfant perdu dans un monde hostile. Seulement, personne excepté Rémus et Sirius ne connaissait le caractère particulièrement revêche de Pétunia Dursley. Et il n'avait pas osé se confier à propos de ce qu'il vivait dans le monde moldu, car que diraient les sorciers s'ils savaient que celui qui avait survécu au sortilège de la mort se laissait frapper par des moldus ?

Oh, il savait qu'il pouvait compter sur ses deux meilleurs amis, mais ces derniers ne pouvaient pas mesurer l'impact de son mal-être. Seul un enfant victime de maltraitances peut en comprendre un autre.

Il avait aussi compris qu'il ne fallait pas se fier aux dires des adultes, surtout ceux responsables de sa sécurité. Il se rappelait avec précision ce jour où ils étaient partis en classe verte. Il avait à l'époque 9 ans. Et son cousin et ses copains qui le brutalisaient avaient décidé de faire de son séjour un enfer. Il avait été étonné de pouvoir y aller, mais ceci s'expliquait simplement par l'absence du couple Dursley de la région pendant trois jours et l'hospitalisation de Mrs Figg. L'institutrice qui avait la charge de veiller sur eux pendant les 5 jours du séjour avait simplement oublié de vérifier que tout le monde était bien sorti du bus. Oh, oui, il en était sorti, mais son cousin l'avait fait enfermer dans la soute par sa bande de brutes sans cervelles. Et il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, frigorifié, apeuré, affamé. Lorsqu'on l'avait retrouvé le lendemain matin, il avait été sermonné et puni.

Il y avait beaucoup d'autres exemples qui prouvaient l'incapacité des adultes à tenir leurs promesses formulées ou non. Snape n'allait pas diverger, et il le savait. Cet homme ne semblait constant que dans la façon de l'humilier… La preuve, c'était cette façon de vouloir tout lui dicter pendant qu'il était à l'infirmerie et ce besoin maladif de se montrer supérieur en toutes circonstances. De toute façon, le ministère avait décidé et il ne pouvait contester ce choix. Il était sous l'autorité de Snape jusqu'à sa majorité au moins, et il allait devoir apprendre à faire avec parce que cet homme, en plus d'avoir le regard cruel de Vernon Dursley, était magiquement puissant…

Harry savait qu'il déprimait, et il avait conscience que ce serait infernal pour lui s'il ne s'en sortait pas. Mais pour le moment, il n'avait pas envie de lutter. De toute façon, il était toujours seul à essayer de résister à son mal-être, ce dont personne ne s'était jamais rendu compte.

Il se questionnait aussi sur les motivations de Dumbledore. Pourquoi l'avoir au départ mis chez les Dursley alors qu'il savait pertinemment que sa tante haïssait tout ce qui avait un rapport même éloigné avec la magie ? Pourquoi le directeur avait encore trouvé le moyen de le confier à une personne qui le déteste sans qu'il n'en connaisse la raison ? Oh, il aurait bien demandé à son désormais tuteur, mais il n'avait surtout pas envie d'une diatribe sur à quel point il était minable comme personne.

Une petite part de son esprit lui disait de se venger de ceux qui lui faisaient du mal, Snape le premier, et une autre, plus importante, lui demandait de regarder sa chance : il était en vie, il mangeait à sa faim et pour une fois, on le soignait sans vouloir une contrepartie en échange... Il avait tout de même conscience qu'il fallait qu'il fasse attention. Personne ou presque ne s'était jamais occupé de lui par pure bonté d'âme.

Il fallait qu'il se ressaisisse… Mais il n'y arrivait pas. Trop de questions tournaient dans sa tête, et pour une fois, il avait envie de se laisser aller et de ne plus lutter pour garder la tête hors de l'eau…

Mais bien entendu, cela ne lui était pas permis : Voldemort étant de retour, on ne lui avait jamais demandé s'il voulait continuer la lutte contre le serpent. On lui avait simplement imposé ce rôle d'Elu.

Pour une fois, il voulait juste être un adolescent normal et pouvoir se lamenter sur son sort…

L'elfe de maison le sortit de ses pensées en lui donnant un plateau rempli de victuailles. Après son petit déjeuner, Harry vit débarquer dans sa chambre un Severus Snape au regard ombrageux.

« Potter, j'ose espérer que vous avez enfin fini de dormir… »

Le professeur n'avait pas une très bonne mine. Sa peau était encore plus blafarde que jamais, ses yeux injectés de sang et ses cheveux avaient l'air encore plus graisseux que les autres jours. Harry, ne voulant pas créer de vague dès le premier jour de l'adoption hocha la tête de haut en bas en guise de réponse.

« Vous ne savez plus répondre par des phrases intelligibles ? »

Harry baissa la tête, pris en faute par son tuteur légal.

« J'ai fini de dormir Monsieur, avait-il murmuré.

-Bien, je dois vous parler de quelque chose des règles que vous allez suivre pour votre propre survie alors ouvrez grand vos oreilles que je n'ai pas à répéter.

-Oui Monsieur, répondit une voix pas très heureuse.

-Premièrement, selon le rituel ancien, vous devenez mon fils par la magie. Aussi, vous ne pouvez pas me jeter de sort sans que je ne vous l'autorise avant comme dans le cadre d'un entrainement par exemple.

-Mais je ne vous attaquerai pas Monsieur…

-SILENCE ! Vous attendrez que je vous donne l'autorisation de parler pour le faire, c'est bien compris ? »

Harry hocha la tête, trop fatigué pour protester. L'homme lui semblait réellement contradictoire. Mais s'il parlait, il savait qu'il allait être insulté encore, alors il resta silencieux.

-Vous ne retournerez pas dans votre salle commune. Vous êtes ma charge dorénavant et vous allez dormir dans cette chambre jusqu'à la fin de votre septième année. Vous ne pouvez pas avoir de visiteurs dans cet appartement. Et vous n'avez pas besoin d'aller à la bibliothèque pour faire vos devoirs, tous les livres nécessaires sont dans la bibliothèque au salon. Vos résultats sont trop médiocres pour être qualifiés comme tels. Vous n'avez pas intérêt à ce que vos notes soient en dessous d'Effort Exceptionnel et ce, quelque soit la matière.

Harry releva vivement la tête, les yeux écarquillés par la surprise. L'homme le privait non seulement de sa maison, mais aussi du travail de groupe qu'ils faisaient depuis le début de l'année avec ses camarades de classe.

Sans perdre de temps, Snape continua, crachant les mots suivants :

-Vous ne pouvez pas rester à Gryffondor. Dès que vous serez capable de vous déplacer seul, vous repasserez à la répartition, et vous prendrez également tous vos repas ici.

Harry essaya de protester, mais l'autre était déjà parti. Il se sentait tellement lourd, tellement fatigué qu'il s'endormit sans s'en rendre compte, appuyé contre le dossier de son lit.

Snape, rouvrit la porte, voulant lui donner le contrat d'adoption à lire et à signer, mais il vit le garçon endormi. Il soupira imperceptiblement et décida de continuer ses expériences. Pomfresh avait eu une bonne idée : mettre la potion de sommeil dans le jus de citrouille de l'adolescent s'était révélé être la seule chose à faire. Les membres du jeune homme étaient encore trop endoloris pour qu'il reste éveillé toute la journée.

Les autres cornichons reviendraient plus tard, jusque là, il n'aurait pas réellement à s'inquiéter pour Potter.

D'ailleurs, pourquoi se mettait-il en colère de la sorte dès que le jeune homme était évoqué ou dès qu'il le voyait ?

* * *

Draco Malfoy fulminait.

Il avait perdu son havre de paix. Son père venait de lui annoncer que son parrain avait adopté ce balafré qui tenait plus de l'épouvantail que de l'humain.

Non, il n'aimait pas du tout ça. Non pas qu'il avait sérieusement quelque chose à dire sur la vie de Severus, mais quand même ! Etait-il nécessaire de donner sa chambre à un tel rebut de la société au lieu de l'enfermer simplement dans un placard ou dans un lieu similaire ?

Il souffla, clairement indigné, et décida de demander à son père quelques explications. Ce dernier finit par l'informer de la situation réelle de Harry Potter et Draco jubila. Son pire ennemi était un enfant battu… Il pourrait le lui resservir à toutes les sauces…

* * *

Harry se réveilla en sursaut. Il était seul dans l'appartement. Un elfe le veillait encore et le prévint que Maître Snape avait été obligé de se rendre au banquet de l'école. En cette soirée, les élèves revenaient de vacances et la journée suivante serait consacrée aux cours.

Il en profita pour se plonger dans ses pensées. Après tout, son avenir ne s'annonçait pas si glorieux sous le toit de l'ennemi de son père.

Pourquoi Snape le haïssait-il autant ? L'avait-il insulté par la pensée lors de son premier cours de potions ? Il était clair qu'il n'irait pas le demander au Maître de Potions. Il était hors de question que ce dernier en profite pour l'insulter encore plus.

* * *

Il les contemplait depuis la table des professeurs. Pourquoi ses élèves étaient-ils si bruyants à peine rentrés de vacances ? Il se rappelait malgré son grand âge que ses vacances scolaires le laissaient épuisé… De nos jours, les enfants ne savaient plus réellement s'amuser, se disait-il.

Il se leva afin de faire le discours de bienvenue comme la tradition l'exigeait à chaque retour de vacances.

-Comme vous l'aurez remarqué, le jeune Harry Potter n'est pas parmi nous ce soir.

Les adolescents murmuraient activement, se gaussant de Harry ou s'inquiétant pour lui, au choix. Hermione, elle, attendait juste la fin du repas pour demander à Madame Pomfresh l'autorisation de voir son meilleur ami cinq minutes avant de rentrer dans la salle commune des lions.

Ron, lui, avait été informé plus tôt par sa meilleure amie et se tenait droit comme la justice, ne quittant pratiquement pas du regard un Snape qui le dévisageait également.

Dumbledore fit jaillir de sa baguette des étincelles rouges afin de ramener le silence et reprit la parole.

-Comme l'a si bien affirmé la Gazette du sorcier, Harry a été adopté pendant ces vacances. Il sera de retour dans quelques jours environ.

Une main se leva, appartenant à Colin Crivey, afin de demander plus de renseignements. Ce fut Draco Malfoy, dont la table se trouvait juste derrière celle des rouge et or qui prit la parole sans prendre en compte l'ordre que son parrain lui avait donné plus tôt par missive :

-Oh… ses moldus l'ont battu à mort, dit-il comme s'il parlait de la météo du lendemain. Quelque part, pour des moldus, ils sont intelligents… c'est la seule chose de bien qu'ils ont faite… Je devrais demander à Père de leur verser de l'argent en guise de récompense…

Les yeux de Severus se firent encore plus durs qu'ils ne l'étaient en fixant le dernier garçon Weasley. Au moment où il allait demander au jeune blond de passer dans son bureau après le repas, sans doute pour une remontrance assez sévère, le directeur de l'école prit la parole, ses yeux ne pétillant plus du tout, la mine sombre et colérique :

-Monsieur Malfoy. Vos propos sont indignes de tout sorcier qui se respecte. Vous êtes privé de sortie à Pré-au-lard pour le reste de l'année, et cette punition s'accompagne de deux semaines complètes de retenues avec le professeur Hagrid dans la forêt et ce, dès ce soir. Maintenant, bon appétit.

-Voyons Professeur Dumbledore, je ne pense pas que cette sanction soit totalement justifiée…

-Il vient d'humilier un élève qui n'était pas là pour se défendre Dolorès.

Et il reprit plus bas : « Pensez tout de même à votre propre scolarité où vous étiez vous-même harcelée par vos camarades de classe… »

Severus, lui, ne protesta pas. Il allait remonter les bretelles de son filleul dans les règles de l'art. Il venait de lui demander de ne pas divulguer cette information, et ce petit freluquet se pressait de faire le contraire…

* * *

Le lendemain matin, ce fut un Draco fourbu qui sortit de son dortoir pour se rendre dans la grande salle. Cet espèce d'hybride aussi délicat qu'un dragon souffrant de conjonctivite l'avait emmené dans la forêt pour y déposer une espèce d'animal trop laid pour être simplement regardé.

Ce sale Potter allait lui payer cette punition, foi de Malfoy. Il ne laisserait pas cet affront impuni. De plus, il était convoqué ce soir dans le bureau de son parrain pour cet événement…

Severus ne comprenait-il pas que la mine inquiète de Crivey l'avait agacé ?

* * *

Ce matin-là, Severus se réveilla aux aurores. Il avait enfin terminé la potion tue-loup pour le lycan, et il avait bien avancé sur sa potion expérimentale. Il se dirigea vers la chambre de Potter afin de lui donner de quoi faire travailler ses méninges pour la journée. Il ouvrit la porte, mais au moment de secouer le gamin pour le réveiller, les alarmes magiques s'enclenchèrent, résonnant violemment dans sa tête. Un intrus quémandait l'autorisation d'utiliser sa cheminée. Le linteau de l'âtre avait quatre briques de couleur différentes et l'une d'entre elles s'illuminait selon la personne qui le contactait. Là, il s'agissait de la brique verte.

Il se dépêcha de verrouiller totalement la chambre du Gryffondor endormi, et il y appliqua plusieurs sorts à la limite de la magie noire pour empêcher quiconque d'entrer ou de sortir. L'elfe serait obligé de reste là avec l'ado…

Il ne connaissait encore rien des intentions de son visiteur.

Il donna le mot de passe et son collègue arriva rapidement, sortant avec une classe aristocratique de la cheminée, sans aucune tâche de suie.

« Severus, je suis venu m'entretenir avec toi de quelque chose d'important », informa-t-il son hôte après les salutations d'usage.


Fin du chapitre.