Yatta! J'ai enfin pu récupérer mon rythme de parution normal! Enfin, presque! Je suis cette fois-ci en avance...
AF a dépassé la barre des 100 commentaires. Aussi, je tiens à dédier ce chapitre à tous ceux qui ont laissé une review...
Avant de vous laisser lire, j'ai deux petits trucs à dire:
1) Lucius Malfoy a un an de moins que dans le Canon. Je ne m'en suis rendue compte qu'au moment où une amie très chère me l'a dit... J'ai décidé de laisser cette "faute"...
2) Très cher/chère Adénoide. je tiens à te remercier pour tes commentaires réguliers. Pourrais-tu me donner le titre de la fanfiction que tu évoques dans ton commentaire précédent? J'aimerais beaucoup la lire en fait... D'avance, merci!
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture en espérant que ce chapitre vous plaira également.
Chapitre 5 : Oubli
Il était enfermé, n'ayant pas vu la lumière du jour depuis au moins une bonne semaine. Il n'avait pourtant rien fait de mal ! Au moins, pour le moment, on ne le torturait pas. Mais pourquoi au juste le mettre dans une cellule si ce n'est pour le torturer ? Il savait qu'il n'avait rien à se reprocher ! Effectivement, il ne ressentait aucune douleur physique, ni rien d'autre. Aussi, il se dit qu'il était victime d'une erreur.
Trois fois par jour, on lui apportait un repas. Et il n'était ni torturé, ni insulté. Une seule question lui importait pour le moment : comment était-il arrivé dans cette cellule ? La dernière chose dont il se souvenait était un petit garçon qui lui tendait les bras, réclamant un câlin…
Plus il essayait de comprendre, moins il arrivait à se souvenir. Il savait qu'il avait vieilli, et forci aussi, lui qui était si sportif dans sa jeunesse… Etait-il dans un asile ?
Non, définitivement non, les psychiatres viendraient le voir au moins une fois par jour, non ? Et ce lieu n'avait aucune ressemblance avec une chambre d'hôpital.
De plus, il ne pouvait pas justifier son trou de mémoire par une gueule de bois. En effet, il ne buvait jamais d'alcool, excepté une flute de champagne de temps en temps. Et puis, généralement, la personne saoule ne se remémorait pas ce qu'elle avait fait la veille… Cette amnésie momentanée ne couvrait pas plusieurs années…
Oui, il en était à présent certain. Plusieurs années s'étaient écoulées depuis l'apparition de cet enfant. Pour pouvoir s'en assurer, il demanda à l'homme bizarre qui se promenait en robe s'il pouvait lui fournir un miroir.
Quand cette personne fit apparaître du bout d'un morceau de bois une glace, il sursauta et étouffa un cri d'horreur. L'homme venait de faire de la magie devant lui… Décidément, il devait réellement être dérangé s'il croyait à ces sornettes ! La magie n'existait pas, n'est-ce pas ?
Le visage qui se reflétait face à lui ne pouvait pas être le sien ! Ni ce corps grand, massif et sans cou ! Et depuis quand portait-il la moustache ? Seigneur, il avait réellement besoin de faire un régime ! D'ailleurs, il s'y mettrait juste après s'être remis un temps soit peu de ses émotions.
L'homme qui lui faisait lui était étranger. Lui qui était si sportif, il était devenu plus que bedonnant. Cela ne pouvait pas être lui !
Il portait une alliance. Mais ce n'était pas celle qu'il avait mis au début de son mariage, non, pas du tout !
« Excusez-moi Monsieur… »
L'homme à la robe noire revint vers lui.
« Vous avez fini avec le miroir ?
-Oui, mais je voudrais vous poser une question s'il vous plait. En quelle année sommes-nous ?
-En quelle année pensez-vous que nous sommes, lui répondit l'homme bizarre d'un ton… amusé ?
-Je me rappelle du mois de novembre 1981, mais après, plus rien.
-Nous sommes le Lundi 25 avril 1995, Monsieur… »
Le sorcier n'eut pas le temps d'en dire plus. Le prisonnier s'évanouit. Il n'eut que le temps de lancer un sortilège d'amortissement sur le sol, pour éviter plus de dommages au cerveau déjà dérangé de l'homme, couché dans une position atypique. Il le fit léviter sur sa couchette et fit disparaître la glace. Sur le champ, il envoya quérir un médicomage. Le moldu n'avait pas l'air bien.
Il devait maintenant se débrouiller pour rentrer chez lui et passer un appel par cheminette…Cela devenait plus qu'urgent.
La jeune fille rousse n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Harry Potter était entre les mains de ce satané graisseux des cachots, cette mauvaise engeance, ce mage noir qui avait trompé tout le monde y compris Dumbledore, qui était censé être le plus grand sorcier de tout le Royaume-Uni…
Ginny n'avait pas été autorisée à accompagner Hermione et Ron à l'infirmerie et elle voulait réellement avoir des nouvelles du Survivant. Les deux autres membres du trio le plus connu de l'école étaient accompagnés de leur professeur de métamorphose pour le retour, et ils avaient discuté un moment avec elle dans leur maison, sous une bulle de silence, puis, elle les avait envoyés se coucher sans sommation.
Actuellement, il n'était pas encore six heures du matin et elle tenait à savoir. Elle se leva et se prépara le plus rapidement possible, se souciant peu de réveiller ses camarades de classe qui ne valaient pas la peine qu'on s'inquiète pour elles.
Non, Ginny ne s'inquiétait que de son avenir. Il ne faisait aucun doute qu'elle finirait par épouser Harry, même si, en attendant qu'il remarque sa beauté, elle se jetait dans les bras de crétins comme Dean ou même Ernie. Son petit ami le plus récent était Seamus, et elle le trouvait assez insipide. De plus, il n'avait pas le prestige de Harry…
Harry était son chevalier sans peur et sans reproche qui lui avait déjà prouvé son amour en risquant sa vie pour la secourir dans la Chambre des Secrets. Oh, elle était certaine qu'il l'aimait. Mais Harry était tellement timide qu'il refusait de laisser parler son cœur. Il n'en avait pas besoin, elle voyait l'amour dans les yeux de son Sauveur et elle savait qu'il fallait qu'elle fasse d'elle-même le premier pas, puisque son grand frère empêcherait son amoureux de se déclarer…
Elle se maquilla délicatement, comme d'habitude, et elle fit irruption dans la chambre des cinquième année. Hermione Granger dormait du sommeil du juste et n'avait pas jugé de bon de venir l'informer de la santé actuelle de Harry.
« Hermione ! Réveille toi ! »
Définitivement, le sonorus était le sort le plus utile qu'on lui ait donné à apprendre. La jeune préfète se réveilla en sursaut et Ginny récolta des propos assez insultants de la part de Parvati et Lavande.
Hermione fut trainée dans la salle commune sans avoir eu même le temps de se laver le visage et de se brosser les dents. Heureusement, elle avait sa baguette magique à la main. Quatre ans de scolarité avec Harry Potter et Ronald Weasley lui avaient permis d'acquérir quelques automatismes.
La sorcière la plus intelligente de l'école regarda la petite sœur de son meilleur ami avec l'envie de la tuer. Comment osait-elle la réveiller à même pas six heures du matin ?
Elle souffla d'indignation et se pinça l'arrête du nez, signe d'énervement chez la brune.
« Ginny, tu vas m'expliquer immédiatement pourquoi tu as réveillé tout le dortoir avec un sonorus.
-Vous avez été hier voir Harry et vous ne m'avez pas donné de ses nouvelles.
-Harry va aussi bien qu'on puisse le souhaiter. Madame Pomfresh n'a pas pu nous laisser le voir. Tu aurais pu attendre une heure décente pour me demander de ses nouvelles…
-Comment-tu peux savoir s'il va bien puisque tu ne l'as pas vu, hurla Ginny, clairement agacée par tant de nonchalance de la part de Hermione.
-Pourquoi tu veux avoir de ses nouvelles ? Depuis le début de l'année, tu lui adresses à peine la parole ! Pourquoi je serais venue te réveiller dans ton dortoir à minuit, alors que tu ne donnes même pas l'impression de t'intéresser à lui ? »
Jamais Hermione n'aurait pu croire que la voix de Ginevra Weasley puisse atteindre un jour de si hauts octaves. Elle aurait presque pu avoir une voix mélodieuse si elle n'était pas aussi énervée et aussi proche de la vulgarité.
« De quel droit tu ose juger mes actes envers Harry ? Je te signale que je m'intéresse à lui et à sa santé ! Il fait presque partie de la famille ! Si Ron et toi n'étiez pas collés à lui en permanence, j'aurai pu lui parler plus souvent ! Mais non ! Vous êtes fourrés ensemble sans que j'ai le droit de participer à vos conversations ! Tu n'as aucun droit de décider ce qui me concerne ou pas ! Harry me concerne aussi ! Plus que tu ne le pense ! »
Hermione lui coupa la parole d'un silencio habilement lancé.
« Tu devrais dire ça à ton actuel petit ami qui te regarde depuis l'escalier des garçons… »
Ginny se retourna au ralenti et n'osa pas lever les yeux vers Seamus Finnigan. D'une voix assez froide, ce dernier lui indiqua qu'ils devaient parler et remonta les escaliers, Dean sur les talons.
Ron, lui, dormait encore du sommeil du juste.
« Si maintenant tu es calmée pour arrêter de hurler comme une harpie, je te retire ce sort. »
Comme elle l'avait annoncé, Hermione défit le silencio et baissa sa baguette. Elle ne s'était pas attendue à recevoir un chauve-furie de la part de la rouquine et elle dût batailler avec environ 5 chauves-souris qui en voulaient à l'intégrité de son visage.
Une voix colérique et indignée stoppa Ginny qui s'apprêtait à lancer encore un sortilège à la préfète : « Mademoiselle Weasley. Je vous conseille de rappeler immédiatement vos chauves-souris et de ranger votre baguette. »
Ginny s'exécuta de mauvaise grâce, se tournant vers le Professeur McGonagall qui venait d'entrer dans la salle commune.
« Qu'est ce qui s'est passé dans votre tête pour oser réveiller TOUTE la tour de Gryffondor à cinq heures et demie ce matin ? Comment OSEZ-VOUS attaquer votre camarade ? En trente-neuf ans de carrière, je n'ai jamais vu une jeune fille de MA maison s'en prendre à une camarade de dortoir avec autant d'agressivité ! Donnez-moi une SEULE bonne raison de ne pas vous expulser sur le champ pendant une bonne semaine au moins ! »
Rageuse, Ginny darda un regard noir sur une Hermione au visage un peu ensanglanté, suite aux griffures des chauves-souris et elle regarda durement sa directrice de maison.
« Elle refusait de me donner des nouvelles de Harry. »
Outrée, Hermione répliqua immédiatement.
« Je t'ai dit exactement ce que Madame Pomfresh m'a dit : qu'il allait pour le mieux compte tenu de la situation et que nous ne pouvions pas le voir pour le moment. Et toi, tu m'as agressé parce selon toi, je ne me suis pas assurée que c'était vrai… »
Minerva McGonagall fit un geste apaisant envers sa meilleure élève et foudroya la jeune Weasley du regard.
« Vous viendrez dans mon bureau avant le début des cours. Vous avez réellement besoin d'apprendre à vous calmer Miss Weasley. 50 Points en moins pour Gryffondor pour nuisances nocturnes… Miss Granger, allez faire soigner ces égratignures par Madame Pomfresh.»
Et le professeur de métamorphose sortit dignement du dortoir des lions, retournant dans ses appartements privés, sa robe de chambre vert forêt volant derrière elle.
« Qui aurait cru que les cheveux de McGonagall soient si longs et soyeux» chuchota Lavande à Parvati.
Hermione fit un passage éclair à la salle de bain, sauta dans son uniforme, prit son sac de cours et passa par l'infirmerie.
Ginny, furieuse, sortit de la salle commune en rouspétant intérieurement contre sa « stupide directrice de maison qui ne comprenait pas le danger dans lequel allait plonger son fiancé ». Bien entendu, le fiancé en question ne savait même pas qu'il s'était engagé à une union avec qui que ce soit, mais, évidemment, cela n'avait aucune importance pour Ginny. Elle était tellement persuadée d'aimer Harry qu'elle avait déjà organisé dans les moindres détails leur mariage, allant jusqu'à préparer une liste d'invités.
Un jeune homme ressemblant fortement à un cousin éloigné d'Arthur Weasley était étendu dans un lit, les membres et le torse entouré de bandages. Il avait été touché plusieurs jours plus tôt par un Sectumsempra et le fait qu'il soit Cracmol empêchait le contre sort de fonctionner parfaitement. Molly était passée dans sa chambre pour voir comment il se portait. Les constantes magiques du jeune homme étaient stables mais il ne s'était toujours pas réveillé… Poppy Pomfresh avait assuré qu'il s'en sortirait.
Mais pour le moment, Molly était quelque peu frustrée. Elle avait hâte qu'il se réveille afin qu'elle puisse le gaver de soupe pour qu'il puisse reprendre des forces plus vite.
Au moment où elle sortait afin de vaquer à ses occupations, le jeune homme bougea faiblement la main.
Les jumeaux Weasley étaient affligés par le comportement de leur jeune sœur envers Hermione Granger. Ils avaient bien compris qu'elle était sous le charme de Harry mais ils n'avaient pas saisi l'importance de cette obsession.
Après le petit-déjeuner, ils avaient coincé la jeune fille dans un coin du hall et l'avaient interrogée. Elle avait refusé de leur répondre, arguant du fait qu'elle ne leur demandait jamais de justifier leurs actes.
Fred et Georges étaient frustrés de ne pas savoir. Et quand Gred et Forges étaient frustrés, toute la population sorcière savait qu'il fallait s'attendre à quelque chose de particulier de leur part.
Le cours de Potions était un excellent moyen de relâcher la pression pour les deux septième année. D'abord, c'était la matière qu'ils préféraient, ensuite, ils pouvaient enfin expérimenter de nouveaux mélanges sans se faire crier dessus et enfin, ils avaient la possibilité d'enquiquiner leur professeur le plus détesté.
En effet, en septième année, le cours de potions était assez particulier. Chaque élève qui souhait continuer dans ce domaine en particulier devait développer sa propre potion ou améliorer une potion, ce qui servait de projet aux ASPICs. Les autres, ceux qui avaient pour projet professionnel de devenir auror ou médicomage devaient apprendre à faire toutes les potions du programme à la perfection et ce, même si dans leurs métiers, ils bénéficiaient des services de la Guilde des Maîtres de Potion.
Il était neuf heures du matin, et leur professeur n'avait toujours pas ouvert la salle de classe.
Deux minutes plus tard, le sorcier à la cape tourbillonnante arriva à une allure rapide et ouvrit sans un mot la porte, les autorisant à entrer. Toujours sans un mot, il fit apparaître les consignes du jour sur le grand tableau noir qui se trouvait derrière son bureau.
« Vous travaillerez seuls et en silence. Le premier qui dit un mot sans avoir demandé l'autorisation avant aura une semaine de retenues avec Rusard. Maintenant, mettez-vous au travail ! »
Lee Jordan regarda sceptiquement Fred et Georges. Les jumeaux étaient littéralement incapables de travailler seuls sans veiller à ce que l'autre faisait entretemps, intervenant dans la potion de leur alter égo, protégeant mutuellement leurs arrières…
Le jeune homme noir à dreadlocks secoua la tête d'un air désenchanté. Vu l'état dans lequel se trouvaient ses deux meilleurs amis, il devait d'ores et déjà s'attendre à beaucoup de points en moins. Là, c'était certain, Hermione Granger, préfète des Gryffondor, allait hurler.
Il alla chercher ses ingrédients et sa potion qui était figée sous un sort de conservation et décida de se mettre le plus loin possible de ses camarades, à côté de la porte.
Les frères Weasley, comme d'habitude, étaient au premier rang, sur des paillasses mitoyennes, en train de hacher leurs ingrédients et de les incorporer à la potion de l'autre tout en murmurant des commentaires sur leurs potions.
« Quel mot n'avez-vous pas compris dans : ''Vous travaillerez seuls et en silence'', Messieurs Weasley ? »
Le professeur Snape avait rugi, faisant sursauter tous les élèves. Visiblement, il ne s'était pas du tout attendu à la scène qui suivit :
« Le mot ''seul'', professeur… »
Severus serra les poings de rage et souffla un bon coup, espérant par ce rituel retrouver son calme avant d'étriper les deux énergumènes les plus doués auxquels il avait enseigné de toute sa vie même s'il ne le reconnaîtrait jamais ouvertement. Pour le moment, il n'avait pas la tête à sévir, il devait réfléchir… Il alla face à Fred et sa voix sèche retentit dans la salle :
« Vous ! Au fond de la salle, à la place de Miss Septentrius. Elle prendra la votre. Exécution ! »
Fred regarda George, lui faisant un regard de chien battu, se sentant abandonné,comme orphelin, comme si leur lien allait se casser s'ils ne restaient pas physiquement proches l'un de l'autre.
Avec des larmes de crocodile, dissertant à voix basse sur les vicissitudes de la vie qui l'ont forcé à vivre trois heures de cours loin de l'étreinte fraternelle, Gred se rendit à sa nouvelle place, située à l'autre bout de la salle tout au fond, pendant que Forges chantonnait la Marche Funèbre, essuyant des larmes imaginaires.
« C'est pas bientôt fini oui ! », gronda Snape, « vingt points en moins pour Gryffondor ! Maintenant, restez silencieux. »
Les jumeaux laissèrent une heure passer, une heure de grande tranquillité où chaque élève de la classe put avancer sur son projet aux ASPICs.
Profitant du silence ambiant, Severus se plongea dans ses réflexions, essayant de comprendre ce qui s'était passé ce matin là, avant les cours.
C'est seulement en levant la tête qu'il aperçu le manège des Suppôts-de-Satan-Weasley.
Ces messieurs continuaient leur combine, sauf que là, ils traversaient toute la salle de classe pour pouvoir mettre les ingrédients dans le chaudron de l'autre…
Seule son occlumencie l'empêcha de devenir rouge de rage, mais toute sa colère se vit dans son regard, ce qui fit déglutir Lee.
Les deux frères, très concentrés, étaient penchés de façon identique sur le chaudron de Fred, en train de regarder les interactions des divers ingrédients et les notaient sur un parchemin, commençant un discours des plus décousu. Georges mettait des gouttes de sang de salamandre dans le chaudron pendant que son jumeau faisait le décompte.
« MESSIEURS WEASLEY ! », hurla leur professeur.
Les garçons sursautèrent et malheureusement, la fiole de sang de salamandre tomba dans la concoction. Les jumeaux eurent juste le temps de se baisser sous une table, puisque leur potion sifflait de façon virulente, avant que le chaudron n'explose et n'asperge les murs de la salle de potions, les repeignant en vert-mordoré.
Ils baissèrent la tête et tremblèrent devant la voix courroucée de leur professeur de potions qui leur octroya un mois de retenues avec Argus Rusard à cause de leur désobéissance. En effet, ils connaissaient la limite de leur professeur le plus injuste : quand la petite veine sur sa tempe gauche était apparente, il valait mieux se taire et accepter toute forme de punition.
Lorsque les trois heures de potions furent écoulées, ils partirent tous, les jumeaux se faisant réprimander par Jordan, et Severus entendit seulement une partie de leur conversation « s'il n'avait pas crié comme un malade pour nous faire peur aussi… »
Harry se réveilla, groggy. Il ne devait pas être loin de quinze heures. Il ne se sentait pas très bien et il avait trop dormi. Seulement, il ne pouvait toujours pas se lever, ses membres encore emplâtrés.
En essayant de bouger légèrement, il sentit comme une masse assez molle à ses pieds. S'asseyant avec de grandes difficultés, il regarda au pied de son lit.
Un elfe de maison, celui qui était chargé de le veiller, était endormi, la tête posée sur le pied du lit, et ne se réveillait pas. Harry observa bien et vit qu'il était plus pâle que d'habitude. De sa main valide, claqua des doigts tout en appelant Dobby. Mais ce dernier ne venait pas…
Depuis le cours du matin où Severus avait eu envie de frapper les jumeaux Weasley, il n'avait pas décroché un mot. Non, il n'était pas furieux. Cette fois-ci, il bouillait littéralement de rage. Déjà que ce matin, son visiteur impromptu l'avait empêché de prendre un petit déjeuner décent... Ensuite, ces deux rouquins identiques l'avaient pratiquement rendu fou de rage. Pour continuer dans l'énumération des malheurs de la journée, Dumbledore l'avait épinglé au moment où il allait se mettre à table, voulant discuter de son visiteur. Enfin, pour accentuer cette journée tout à fait joyeuse, il devait animer le cours de cinquième année Serpentard/Gryffondor, celui où l'antagonisme entre les deux maisons était le plus fort dans toute l'école…
Il n'avait eu envie que d'une seule chose en voyant ces élèves entrer dans sa salle de classe : les enfermer pendant qu'une potion de Longdubat sautait du chaudron, histoire de tous gravement les blesser…
Malheureusement pour lui, ce n'était pas possible. D'abord parce que Albus ne le permettrait jamais, ensuite, il serait conduit illico presto à Azkaban où les Détraqueurs se battraient pour l'embrasser, enfin parce qu'il avait une mission à accomplir…
Le teint encore plus jaunâtre qu'à l'accoutumée, il inscrivit les consignes du jour d'un geste de la main. Cette fois-ci, il n'y avait pas de génie des potions dans son cours. Juste des mioches qui soit rataient toutes leurs concoctions, soit étaient simplement scrupuleux et scolaires comme Miss Granger.
Son filleul, qui était naturellement doué, peinait aujourd'hui à faire sa potion. Un manque d'énergie ? Non.
Sondant brièvement son esprit, il comprit que le blondinet lui en voulait. Il soupira mentalement, se préparant à la conversation houleuse qui suivrait ce cours, le dernier de la journée.
Le cours se passait normalement et surtout, en silence. Enfin presque. Pansy Parkinson et Millicent Bulstrode étaient en pleine session de commérages, la voix de la première, tellement crissante, le faisant grincer des dents.
Il s'approcha rapidement des deux jeunes femmes. « Mesdemoiselles, veuillez faire votre potion en silence. »
Si Millicent obéit simplement, Pansy, elle, ne supportait pas qu'on lui fasse la morale. Même un satané professeur vindicatif et anciennement haut placé chez les Mangemorts. Elle était destinée à devenir une personne crainte et adulée, par Morgane ! Seulement, la décence l'empêchait de s'en prendre à son directeur de maison, et ce, même s'il avait trahi le Maître selon son père.
Elle fit tomber un ingrédient, le rendant inutilisable et alla en prendre un autre dans la réserve, dérobant en même temps un morceau de foie d'acromantula séché.
Retournant dans la salle de classe, elle passa près du chaudron de Seamus Finnigan et y jeta le fruit de son larcin, profitant de son inattention momentanée.
Au moment où la jeune femme se reconcentra sur sa concoction, la potion du jeune homme siffla dangereusement, faisant toute la classe sursauter. Une fumée violacée épaisse, nauséabonde et surtout toxique avait commencé à envahir la grande salle de classe, faisant suffoquer Finnigan et l'étourdissant peu à peu.
Une fois qu'il eut pris conscience de ce qu'avait fait Parkinson, Snape lança un evanesco sur le contenu du chaudron et il commença une incantation pour bannir la dangereuse fumée.
Le professeur hurla intérieurement contre la stupidité manifeste de Miss Parkinson.
Soixante points furent retirés aux Gryffondor et le Professeur, pour éviter encore une autre catastrophe, leur intima l'ordre de rester à leur place et de s'occuper de leur chaudron.
En passant dans les rangs, Snape intima à Pansy l'ordre de rester à la fin du cours, afin qu'elle puisse comprendre qu'on ne glissait pas n'importe quel ingrédient dans les potions des incompétents lions.
A la fin du cours, après un chaudron fondu par la concoction de Neville qui écopa d'une retenue, il mit tous ses élèves à la porte, n'oubliant pas de préciser qu'il voulait voir Miss Parkinson et Monsieur Malfoy avant qu'ils n'aillent en étude.
-Attendez dehors Monsieur Malfoy. J'en ai pour un instant avec votre camarade.
Indigné qu'on le mette au même rang qu'un Gryffondor, Draco claqua la porte en sortant, faisant sursauter Pansy qui commençait à se demander ce que voulait réellement son directeur de maison.
-Miss Parkinson, commença-t-il d'une voix dangereusement basse, je conçois que vous continuiez votre stupide guerre avec vos petits camarades de Gryffondor dans ma salle de classe. Néanmoins, c'est la dernière fois que vous essayez de tous nous tuer avec vos farces dangereusement stupides. La prochaine fois, je ne vous donnerai pas une simple retenue. Je m'assurerai personnellement que vous soyez expulsée de cette école…
Les yeux de la jeune fille lançaient des éclairs.
Cette fois-ci, elle ne voulait pas simplement ramener ce vulgaire traitre à la respecter, non. Elle allait le faire ployer devant elle, afin de venger l'honneur de son maître… Mais pour le moment, elle n'était pas assez forte pour l'attaquer sans rien risquer.
-Je ne pensais pas que vous seriez tombé si bas, me punir pour avoir simplement voulu rappeler ces vulgaires sous-sorciers de Gryffondor leur véritable place. A moins que… vous ne soyez devenu le laquais du vieux-fou…
Le professeur lui lança le regard le plus noir qu'il avait en réserve. Il sentait ses barrières occlumentiques faiblir sous la rage qui l'animait en cet instant. Il n'avait qu'une seule envie : hurler toute sa rage à la figure de la jeune fille. Cette gamine était encore plus imbue de sa personne que le Lord lui-même… Sa voix se fit basse et dangereusement froide.
-Miss Parkinson. Au lieu d'évoquer des faits qui dépassent votre compréhension, essayez de faire une potion correcte. Vous remercierez votre insolence de vous avoir accordé encore deux semaines de retenue, ce qui nous fait un total de trois semaines de réjouissances avec le professeur Hagrid et Monsieur Rusard… J'ose espérer que cela vous fera réfléchir avant d'agir de façon aussi imbécile que totalement inutile. Vous auriez pu tuer tout le monde dans cette salle. Ayez l'intelligence de choisir des ingrédients qui ne sont pas dangereux pour piéger les potions de vos camarades la prochaine fois. Maintenant, hors de ma vue, et demandez à monsieur Malfoy d'entrer.
Soufflant comme un bœuf sous la colère qui menaçait de la submerger, l'adolescente à visage carlin sortit de la salle de classe et indiqua à son amour de toujours qu'il était temps pour lui de rentrer voir l'imbécile graisseux qui leur servait de directeur de maison.
Voldemort fulminait. La relique n'était toujours pas en sa possession, et il n'avait aucun moyen de pression pour l'obtenir. Ni l'auror, ni son frère n'étaient à sa portée.
Désirant évacuer un peu la rage qui menaçait de le submerger, il convoqua Queudver.
Quand ce dernier entra dans la salle du trône et vit le regard flamboyant de haine de son Maître, il se demanda pour quelle raison Merlin avait refusé d'exaucer ses vœux de la nouvelle année… (1)
Soupirant inaudiblement, il arriva près de son maître en tremblant déjà de tous ses membres. Ce fut un doloris qui le cueillit pour le punir de l'attente. Pas plus de trois minutes étaient passées entre l'appel et l'arrivée du jeune homme, qui était à l'autre bout du manoir, exécutant la tâche ingrate de donner de la nourriture à ces pourritures de prisonniers. Mais, Le Seigneur des Ténèbres n'était pas connu pour sa clémence ou pour son sens de la justice…
Il ne cessait jamais de regretter d'avoir trahi ses amis depuis le retour du Maître. Oh, il aurait voulu redevenir le rat du petit Weasley ! Excepté ces vieilles femelles rattes qui le draguaient de temps en temps, il avait été choyé par ces enfants, aimé et surtout protégé…
Draco entra dans la salle de classe, l'air blasé. Il savait que son parrain lui en voulait, mais il ne pouvait pas résister à l'idée de démolir la réputation du balafré. Autant lui demander de ne pas respirer !
Avec la grâce aristocratique qui le caractérisait, le jeune homme s'assit au premier rang, juste devant le bureau de Severus.
-Draco, je suis déçu de ton attitude.
Le blondinet souffla de façon dédaigneuse. Lui, il n'était pas déçu de sa propre attitude, mais de celle de son parrain. Vengeance puérile, certes, mais l'homme ne méritait pas mieux pour l'avoir privé de son havre de paix. Il serait dorénavant obligé de subir les assauts de Pansy jusque dans son dortoir…
-Quel que soit le lien que nous avons, je ne tolèrerai pas une attitude aussi insolente de ta part… Tu es prié de ne pas te prendre pour Potter et donc de ne pas sortir de bruitage aussi grossier à mon attention.
Draco crut exploser suite à cette phrase assassine. Oser le comparer lui à l'être le plus pitoyable en ce bas monde ! Ce balafré qui tirait sa notoriété d'une cicatrice qui le défigurait ! Cette maudite engeance qui n'avait pas eu la dignité de s'effacer devant le Lord ! Cette chose qui avait surtout dédaigné son amitié à une sorte de relation en dents de scie avec le traitre à son sang et la sang-de-bourbe !
Il ne s'était même pas rendu compte qu'il rougissait de rage, laissait apparaître sur son visage la colère qui le consumait en une expression faciale des plus horribles.
Severus se demanda brièvement où était passé le petit garçon attachant aux cheveux blonds un peu trop longs qui se jetait souvent dans ses bras à la recherche d'un câlin. Et puis, brusquement, il comprit. Son filleul était jaloux !
Draco Malfoy pensait que Potter prendrait sa place !
Maudit Dumbledore qui l'avait obligé à prendre la garde de ce satané gamin qui chamboulait toute sa vie !
-Draco, adopter ce sale gamin était une obligation. Cela ne veut pas dire que je me suis attaché à lui, ou qu'il est plus important que toi pour moi. Tu es mon filleul, et tu passeras toujours en premier pour moi. Je veux que ce soit bien clair dans ta tête. Maintenant que tu sais que tu ne perds pas ta place, nous allons discuter de ta punition, car oui, tu seras puni.
-Encore, lui lança un Draco outré. Ça ne te suffit pas la punition du vieux glucosé ? Il faut que tu trouve le moyen de me torturer encore ?
-Tu as trahi ma confiance Draco ! Tu as mis en danger mon poste ! Heureusement que Dumbledore a mis ça sur le compte de ton père ! Je t'ai demandé de ne pas faire de vague avec cette information ! Tu n'avais aucun droit de te réjouir de cette situation. Donc…
-Attends, je ne comprends pas pourquoi tu protège Potter là !
Parce qu'il est le fils de Lily, voulut répondre Severus. A la place, il se contenta d'hausser un sourcil d'un air à la fois dubitatif, incertain et railleur. Son filleul pouvait réellement prendre son temps à recouper des informations !
Soudain, Draco mit la tête entre ses deux mains, s'appuyant sur la table.
-Je n'y ai pas pensé Parrain… Effectivement…
-Je ne te demande pas de ne pas te moquer de lui, je te demande juste d'attendre mon accord avant de le railler… Maintenant, ta punition consistera en une retenue de deux heures, le temps de refaire cette potion.
-Maintenant ?
-C'est à se demander si les blagues sur les blonds ne sont pas véridiques… Quand tu auras fini tes retenues… Maintenant, file !
Draco se leva et parcourut environ la moitié du chemin vers la porte avant de stopper et de se retourner.
-J'oubliais Severus. Je ne t'ai toujours pas pardonné d'avoir donné ma chambre à Potter. Et puis, il y a Miss-je-sais-tout qui attend pour te parler…
Snape fronça les sourcils. Que lui voulait cette petite enquiquineuse ? Des précisions sur le cours ? Elle n'attendait jamais normalement. Il intima à Draco l'ordre de faire patienter le rat de bibliothèque.
Il fut surpris de la patience de Granger. Mais il avait besoin de se calmer. Draco avait éveillé en lui un sentiment qu'il ne reconnaissait pas. Pour la première fois de sa vie, il avait eu envie de donner une fessée à son filleul.
Dix minutes après la sortie du fils Malfoy, on frappa trois coups timides sur la porte. Apparemment, Granger n'était pas si patiente qu'il ne pensait au départ. Il ouvrit la porte d'un geste de sa baguette magique et lui dit sèchement d'entrer.
-Rebonjour professeur. Je m'excuse de vous importuner mais Madame Pomfresh m'a renvoyé vers vous.
-Alors attendez ici.
Soupirant imperceptiblement, il se leva et fonça dans sa réserve. Il revint avec une potion rouge-sang dans une fiole transparente. Pomfresh ne savait-elle pas comment doser cette potion ? Pourquoi fallait-il que ce soit lui qui doive en expliquer la posologie à ces jeunes filles insipides qui se plaignaient de simples crampes ? (2) Le jour où elles gouteront à un doloris amoureusement lancé par un mangemort, elles ne geindraient plus pour une petite douleur aussi triviale.
-Vous en diluerez trois gouttes dans un grand verre d'eau, pendant toute la durée de ce qui vous dérange.
Hermione eut un air dubitatif qui le fit s'interroger. Elle était assez avancée dans sa puberté pour en souffrir normalement…
-Vous n'êtes pas venue pour une potion contre les douleurs menstruelles ?
Le rougissement qui fit son apparition sur le visage de la jeune fille le surprit.
-Professeur, couina Hermione d'une voix faible, j'étais venue vous demander des nouvelles de Harry.
-POTTER !
Hermione vit avec stupéfaction son professeur se ruer sur la porte et essaya de le poursuivre dans le dédale de couloirs des cachots. Mais sa rapidité la surprit et bientôt, elle le perdit de vue. Afin de ne pas se perdre, elle retourna dans la salle de classe, s'interrogeant sur l'attitude de son professeur… Ce dernier avait paru ailleurs lors du cours…
Elle se résigna à bien fermer la porte de plusieurs sorts et se rendit à son cours de runes en espérant que son professeur ne la réprimanderait pas pour son retard.
Snape ouvrit la porte de la chambre, après avoir retiré les treize sorts qui barraient la porte et protégeaient sa charge de toute attaque pendant son absence et il découvrit un jeune homme essayant vainement de réveiller l'elfe de maison qui était sensé le garder cette nuit.
Retirant le sort qui empêchait la magie dans cette chambre, il se précipita vers la petite créature aux oreilles tombantes et essaya de la réanimer.
Comment-avait-il pu oublier le jeune homme ?
Flash Back
Ce matin-là, Severus se réveilla aux aurores. Il avait enfin terminé la potion tue-loup pour le lycan, et il avait bien avancé sur sa potion expérimentale. Il se dirigea vers la chambre de Potter afin de lui donner de quoi faire travailler ses méninges pour la journée. Il ouvrit la porte, mais au moment de secouer le gamin pour le réveiller, les alarmes magiques s'enclenchèrent, résonnant violemment dans sa tête. Un intrus quémandait l'autorisation d'utiliser sa cheminée. Le linteau de l'âtre avait quatre briques de couleur différentes et l'une d'entre elles s'illuminait selon la personne qui le contactait. Là, il s'agissait de la brique verte.
Il se dépêcha de verrouiller totalement la chambre du Gryffondor endormi, et il y appliqua plusieurs sorts à la limite de la magie noire pour empêcher quiconque d'entrer ou de sortir. L'elfe serait obligé de reste là avec l'ado…
Il ne connaissait encore rien des intentions de son visiteur.
Il donna le mot de passe et son collègue arriva rapidement, sortant avec une classe aristocratique de la cheminée, sans aucune tâche de suie.
« Severus, je suis venu m'entretenir avec toi de quelque chose d'important », informa-t-il son hôte après les salutations d'usage.
La dernière chose qu'avait voulue le père du survivant en ce funeste matin était de subir Lucius Malfoy. Ne lui laissait-on jamais de répit ?
Il fit de son mieux pour ne pas montrer sa mauvaise humeur et claqua des doigts.
Un elfe de maison apparut et revint en quelques secondes avec un service à café.
-Tu pardonneras ma négligence Lucius. Néanmoins, je ne peux me passer de mon café du matin. Tu es venu pour jouer le rôle du père inquiet pour son fils, celui du gouverneur de l'école ou encore celui de l'envoyé du Maître ?
Un sourire en coin fit son apparition sur le visage du blond.
-Je n'ai pas la possibilité de simplement venir rendre visite à un ami ?
-Non, jamais sans prévenir, monsieur qui s'attache aux valeurs désuètes de l'étiquète sorcière.
Lord Malfoy laissa entendre un petit ricanement discret. Cette petite pique évoquait une conversation qu'ils avaient tenue tous les deux pendant leur jeunesse et où Lucius torturait Severus avec des cours de bienséance pour sang-pur.
Oh, Lucius savait que son ami était de sang-mêlé, mais il s'agissait tout de même du dernier descendant des Prince, une famille si talentueuse en matière de magie et de potions qu'une alliance entre les deux ne pouvait être que bénéfique. Excepté le Maitre et lui, personne dans leur confrérie ne savait que Severus n'était pas aussi pur qu'il le prétendait.
-Comment se passe ta vie de père ?
-Ce gamin est une plaie. Je bénis Pomfresh d'avoir prescrit des potions contre la douleur qui le font dormir plus de vingt heures par jours.
-En même temps, Fudge m'a dit qu'il l'avait secoué… et que tu ne l'avais pas laissé faire…
-Tu es le premier lieutenant du Maître, Lucius, tu connais forcément ma mission… Je suis obligé de la mener à bien… Imagine tout ce pouvoir brut au service du Lord. Sa suprématie sur le monde sorcier… et surtout le nouveau monde créé par lui, où une place dorée nous attend…
Lucius eut un éclat dangereux dans les yeux.
-Je n'aurai jamais pensé que tu ferais de Potter une poupée de pouvoirs pour le mettre entre les mains du maître…
-Contrairement à toi, Lucius, je ne suis pas obnubilé par le bien-être de ce sale mioche comme tu peux l'être de ton héritier même si tu te plais à faire croire le contraire…
-Pourtant, c'est le fils de celle que tu as aimée.
Cette dernière phrase avait été jetée sur un ton dédaigneux. Lily Evans avait été la plus grande faiblesse de Severus. Et ce, jusqu'à présent.
-Non, l'enfant de Lily n'aurait jamais été aussi impossible à vivre…
Si un sorcier les observait, cette conversation lui aurait semblé particulièrement bizarre. Ce que personne ne savait, c'est que Severus avait réussi, par son attitude asociale, à briser les défenses de Lucius pendant qu'ils étaient encore scolarisés. A cette époque, le jeune aristocrate était obnubilé par l'apparence. Pour lui, le monde ne se divisait qu'en quatre catégories : sa famille qu'il fallait toujours préserver coûte que coûte, les sorciers de sang pur qu'il qu'il classait comme étant des relations à garder, les traitres à leur sang qu'il fallait convertir et les nuisibles (sang-mêlés, sang-de-bourbe, cracmols et moldus) qu'il fallait éradiquer de la surface de la terre.
Il était alors en sixième année quand Severus était arrivé dans la célèbre école de sorcellerie. Au départ, il comptait le martyriser comme tous les autres première année. Néanmoins, il fut surpris de voir le désintérêt du jeune brun à la peau d'albâtre pour tous les autres humains qui l'entouraient. Le jeune Severus ne semblait aimer qu'une seule chose : engranger des connaissances. Furieux qu'un gamin ose l'ignorer, il avait commencé par lui mener la vie dure, lui interdisant de s'asseoir sur les fauteuils de la salle commune par exemple. Ce fut le talent magique de sa victime qui le fit changer d'avis. Certes, le jeune Snape n'était pas excellent en métamorphose par exemple. Mais en défense contre les forces du mal et en sortilèges, il était le meilleur élève de première année de Serpentard. Et son génie pour les potions lui fit comprendre que ce garçon pourrait lui être utile plus tard.
Aussi, ses deux dernières années, il observa le jeune homme, lui parlant de temps à autres, le protégeant sans se faire remarquer. Puis, au moment de partir définitivement de l'école, il convoqua les élèves de sixième, cinquième, quatrième et troisième année, leur ordonnant de protéger le jeune Snape le plus possible, sans que le jeune homme ne s'en doute.
Et il rencontra le garçon lors des sorties au village voisin, tissant peu à peu, sans même s'en rendre compte, une amitié solide. Il fut le premier à se rendre compte que son ami était amoureux de sa jeune voisine, et, malgré la peine qu'il ressentit pour lui, il profita par la suite de son cœur brisé pour l'introduire auprès du maître. Severus était, à la sortie de Poudlard, devenu le maître de potions du Seigneur des Ténèbres. Le Lord lui ayant promis de lui obtenir ce qu'il voudrait tant qu'il ne désirait pas prendre sa place.
Lucius savait que la loyauté de Severus avait quasi dépéri lors de la mort de Lily Evans, et il le comprenait. Même si la jeune femme n'était qu'une vulgaire sang de bourbe, c'était la sorcière la plus douée de leur génération, elle surpassait même les maraudeurs et Severus. S'il ne s'agissait pas de la réputation de sa famille, il aurait bien voulu d'elle… S'il n'y avait sa Narcissa, qui, même si elle ne le savait pas, était la seule femme digne d'être son épouse.
Pour l'instant, il se demandait ce qu'il y avait de plus sécuritaire pour sa famille : trahir réellement le Lord ou juste faire semblant ?
Il regarda son « ami » qui tempêtait contre Potter fils tout en réalisant la prouesse de garder son visage impassible. Des années de pratique de l'occlumentie avaient rendu Severus aussi expressif que du marbre poli.
Seuls ses yeux laissaient passer quelques fois de rares et fugaces émotions. Il savait par exemple qu'il ne fallait pas du tout asticoter le brun le 31 octobre, afin d'éviter de malencontreuses combinaisons de sortilèges plus douloureux les uns les autres. Ou encore qu'il fallait éviter de prononcer tout mot se rapportant au terme « maraudeur » afin d'éviter de subir un Snape de mauvaise humeur.
Severus avait visiblement terminé sa diatribe enflammée sur l'intelligence plus que limité de celui qui était à sa charge.
-Severus, bien que je conçoive que ce sale gosse soit aussi peu civilisé que tu le dis, j'aurais pensé que tu aurais compris qu'aucun enfant ne peut l'être quand il a été mal éduqué par les moldus… Ce qui explique pourquoi il passe son temps à répliquer lorsqu'on lui reproche quelque chose. Maintenant que j'ai éclairé ta lanterne, venons-en au sujet de ma visite. Pas que je sois pressé d'en parler, mais il est déjà huit heures et demie, et je refuse d'écourter cet entretien et de retourner au Manoir Malfoy sans avoir eu toutes les réponses qui me sont nécessaires.
Snape ne savait pas s'il devait être indigné ou amusé. Lucius, comme tout Malfoy qui se respecte, venait de lui signifier que rien n'était plus important que lui et ses soucis.
-En fait, je devrais me faire payer pour les informations que tu cherches à avoir…
-Tu sais bien que j'en ai plus que les moyens… Maintenant, comme tu le sais, le Maître m'a demandé de proposer mes services au vieux fou. Seulement, bien que je sache à quel point cet hurluberlu citronné est naïf quand cela concerne l'espèce humaine, tu devras me dire ce que je ne sais pas à propos de lui afin de bien appréhender la suite des événements pour le Maître.
-Bien que tu sois un occlumens potable, il saura si tu lui mens…
-Snape, viens-en au fait.
Severus Snape lança à son vis-à-vis un regard noir. L'asticoter de bon matin n'était pas le meilleur moyen de lui soutirer des informations.
-Faut-il que je montre au vieux fou ces fameuses photos que tu caches pour que tu me donnes ces informations ?
Le sourire sadique du blond donnait à Snape l'envie de lui refaire le portrait.
-Qu'est ce qui t'es le plus cher, Lucius ?
-L'abus des bonbons aux citrons du vieux fou t'a laminé le cerveau… Tu commences à t'exprimer exactement comme lui…
-Maintenant que tu as ta réponse, la cheminée est par là, dit-il en lui désignant de la main l'âtre. Je ne te raccompagne pas. Et tu es prié de ne plus me menacer, sans quoi, je pense que certaines photos en ma possession pourraient pousser Narcissa à réviser son opinion sur toi.
-Comme si tu les avais encore…
Et Lucius Malfoy repartit par où il était arrivé pendant que le professeur de potions essayait de repenser calmement à cette conversation.
Ce fut son horloge qui, sonnant neuf heures, le sortit de ses pensées, et Severus Snape dû courir pour se rendre en cours, ralentissant considérablement son pas en arrivant dans le couloir où se situait sa salle de classe. Pour la première fois de sa vie, il était en retard à son travail.
Fin flash back
Severus arriva rapidement devant ses appartements, défit les nombreuses protections qui entouraient la porte d'entrée en donna le mot de passe afin que le portrait le laisse passer.
Il se rua dans la chambre de l'adolescent et le découvrit en train de se tordre tant que faire se peut sur son lit, avec ses trois membres emplâtrés, tout en étant assis. Le jeune homme arborait également une grimace des plus explicites pour tout le monde excepté pour son « sauveur ».
Harry s'était réveillé en sursaut, une envie pressante le pressant de sortir du lit. L'elfe de maison était évanouit au pied de son lit, et il ne pouvait rien faire pour lui. Il avait essayé d'appeler un autre elfe. Mais aucune créature n'était venue. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était, n'ayant ni réveil, ni horloge dans sa chambre, et sa baguette magique était trop loin du lit pour qui puisse la prendre. Ce n'était pas la peine qu'il crie. Sa chambre, aux trois quarts enterrés dans le sol, avait une fenêtre assez grande pour laisser passer l'air et la clarté du jour. Aussi, il avait compris qu'il était seul dans l'appartement et il n'avait pas essayé de crier, puisque personne ne l'aurait entendu.
Au fur et à mesure des heures qui passaient, ce besoin se faisait de plus en plus ressentir. Régulièrement, il se tapait la tête contre le montant de son lit, afin de se focaliser sur autre chose que cette envie qui le taraudait depuis qu'il était réveillé. Il grognait, invectivant intérieurement la pauvre créature inerte, toutefois inquiet parce qu'il ne savait pas ce qui lui était arrivé. Il essayait même de se remémorer ce qu'il avait appris en mathématiques à l'école primaire, tout ça pour essayer d'oublier cette douleur qui commençait à se faire sentir dans sa vessie.
A un moment, il avait eu envie de se trainer par terre pour arriver à la porte, le lit était trop haut pour qu'il se le permette. Avec trois plâtres, impossible de se mouvoir correctement de toute manière.
Quand il vit son professeur dans l'embrasure de la porte, il se sentit presque soulagé. Mais l'homme n'avait eu aucun regard pour lui. Il ne s'était intéressé qu'à la pauvre petite créature serviable inconsciente. Aussi, une peur insidieuse l'envahit. L'homme allait l'enfermer de nouveau dans cette chambre, sans le laisser se soulager. Angoissé, il n'arrivait pas à dire un seul mot, se concentrant pour ne pas se lâcher sur son lit.
Severus avait oublié l'enfant. Jetant un coup d'œil dans la pièce, il vit l'elfe inconscient, affalé au pied du lit du garçon.
Haussant un sourcil devant la scène pour le moins ridicule d'un survivant monté sur ressorts, il défit la dernière protection qu'il avait mise dans la pièce et fit léviter l'elfe de maison dans un fauteuil qu'il avait métamorphosé, le recouvrant par la même occasion d'un plaid afin qu'il ait moins froid, puisque dans son état, le sort de réchauffement n'aurait rien fait pour lui.
Le tuteur avait mis en place les protections magiques les plus puissantes qu'il connaissait. Etant le responsable de la maison Serpentard, Poudlard lui octroyait le droit de protéger les cachots de la manière dont il l'entendait, et cela, même en utilisant de la magie noire.
Il avait donc créé une sorte de barrière qui empêchait toute manifestation magique afin de protéger son pupille. La seule personne qui aurait pu défaire le sort était le directeur de l'école. Ce sort avait néanmoins quelques défauts. En effet, non seulement il laissait la personne protégée sans défense magique, mais en plus, il causait l'évanouissement des créatures magique qui ne pouvaient pas vivre sans magie. C'était le cas des elfes de maison, qui, de part le lien qu'ils tissaient, étaient connectées aux personnes qu'ils servaient. Ne pas ressentir le lien était une punition particulièrement horrible pour un elfe de maison, les conséquences allant d'un simple évanouissement au coma, voire à la mort de la petite créature.
Il jeta un coup d'œil à Potter, lui demandant silencieusement pourquoi il continuait à se tordre dans le lit. Mais l'adolescent ne le regardait pas, transpirant à grosses gouttes.
-POTTER !
Harry sursauta, surpris que l'homme s'adresse à lui. Et ce qui devait arriver arriva : Harry, s'étant retenu depuis qu'il s'était réveillé vers midi, avait fini par se soulager dans son lit, mouillant non seulement ses draps mais également son matelas et deux de ses plâtres.
Espérant éviter une punition exemplaire comme c'était la coutume chez les Dursley, il se répandit en excuses de façon assez précipitée et inaudible.
Snape fronça le nez. Le gamin n'avait pas osé faire ça ! Tout mais pas ça !
Il se pinça l'arrête du nez pour tenter de refouler la colère qui menaçait de le submerger, ce qui s'avérait périlleux dès que cela concernait le jeune Potter, et il décida de sortir de la chambre, sans égards pour son pupille qui avait fondu en sanglots, consumé par la honte et la peur.
Il essayait de réfléchir à un moyen d'éviter les coups sur son dos et sa tête, les deux zones les plus fragiles de son corps.
Il avait trois ans à l'époque. Et depuis qu'il savait marcher correctement, son oncle l'avait obligé à apprendre à devenir propre et ne plus se soulager dans son lit. On ne donnait pas de couches aux monstres de trois ans. A cette époque, il dormait déjà dans le placard sous l'escalier, dans le noir le plus complet, avec ces araignées qui grimpaient le long du mur, qui s'accrochaient à ses affaires, qui le chatouillaient dans son sommeil… Malencontreusement, il s'était oublié et avait fait sur sa couchette.
Il avait eu sa première fessée ce matin-la par sa tante, qui avait utilisé une cuiller en bois sur la quasi-totalité de son dos et de ses jambes. Elle l'avait forcé à dormir toute la semaine dans ce lit qui sentait plus que mauvais. Ce fut seulement lorsque la tante Marge vint leur rendre visite à la fin de la semaine qui suivit qu'elle se sentit obligée de lui donner un autre matelas et des draps propres.
Tous les jours depuis cet événement, sa tante lui rappelait qu'il sentait aussi mauvais qu'un sans-abri, et que les petits monstres ne devaient pas faire leurs besoins là où ils dormaient, parce que même un animal ne faisait pas ce genre de choses.
Quelques jours plus tard, lorsque son cousin fit la même chose, il fut chouchouté par son père et sa mère qui lui disaient que ce n'était pas grave, qu'il n'était qu'un petit garçon et que cela arrivait à tous les petits garçons normaux. Dudley finit par dormir avec des couches jusqu'à l'âge de 6 ans environ.
Harry savait qu'on allait le frapper. Ce n'était pas non plus de sa faute ! L'elfe ne se réveillait pas, et il ne comprenait pas pourquoi. Il lui était impossible de se lever de son lit et il avait dû se retenir pendant pas moins de 6 heures. Et lorsque son tuteur était enfin arrivé, il avait eu plus d'égards pour l'elfe de maison que pour lui, l'effrayant en lui hurlant dessus. Il avait honnêtement cru que Snape le pensait coupable de l'état de la petite créature inconsciente. Comme s'il pouvait être aussi cruel !
Résigné, il attendit que l'adulte vienne le punir. Il savait qu'il dormirait dans ce lit qui dégageait maintenant des relents âcres.
S'il avait retenu quelque chose de sa vie avec les Dursley, c'est que tout était de sa faute. Il n'était qu'un monstre qui gâchait la vie et le bonheur de tous ceux qui l'entouraient.
Il se sentait même désolé pour son professeur de devoir subir sa présence indésirable. De toute façon, à part résister à un Avada Kedavra, il ne savait rien faire de bon. Sauf peut-être le ménage et la cuisine, lorsque sa tante daignait lui apprendre quelques trucs… Mais en même temps, les monstres ne devaient pas se nourrir avec de bons aliments non plus…
Deux heures plus tard, un elfe de maison arriva dans la chambre du malade afin de changer tant le matelas que les draps. Sa toilette avait été effectuée rapidement et Harry fut surpris de voir Madame Pomfresh dans sa chambre.
Après un examen poussé, trois plâtres retirés et deux potions ingurgitées, le jeune homme s'endormit, émotionnellement épuisé… Il aurait assez de temps pour s'inquiéter le lendemain.
Pendant tout ce temps, il s'était attendu à ce que Snape arrive dans sa chambre et le punisse corporellement. Le regard méprisant qu'il lui avait lancé en sortant, cette façon de l'ignorer…
Et rien. Sans doute viendrait-il le frapper pendant la nuit, ou le lendemain matin au réveil. Il savait qu'il devrait le laisser faire sans protester. Mais sa raison protestait. Il s'était juré qu'il ne se laisserait plus jamais maltraiter par un adulte. Seulement, Snape avait légalement sa garde… Et il s'était bien empressé de lui rappeler qu'il avait tout droit sur sa personne…
Pétunia Dursley était une femme très prudente et méfiante, voire paranoïaque. Elle portait un médaillon assez gros qui renfermait un portrait de Vernon, Dudley et elle. Enfin, pour toute personne qui regarderait ce bijou de plus près. Mais derrière cette photo, elle dissimulait une petite clef qui ouvrait un coffre sombre, coffret qui rengorgeait d'informations sur les trente dernières années de sa vie. Des papiers que personne ne devait trouver…
Pour le moment, elle avait beau chercher partout, elle ne le trouvait pas.
Un sentiment de panique grandissant l'envahissait.
Le coffret noir qui gardait ses trois plus grands secrets avait disparu.
Est-ce que ce satané gamin l'avait emporté avec lui ? Ou alors ces policiers qui étaient venus l'interroger ?
Elle eut envie de hurler…
Fin du chapitre
1: cf partie délirium du forum sur les résolutions des personnages…
2: Que toutes les filles qui souffrent de ces douleurs intolérables se rassurent. Je suis loin de les fustiger vu que je suis également concernée…
Je souhaite remercier Charis, mon admirable bêta qui fait un travail formidable! Sa fanfiction "Pour que tu vive encore" est un régal...
Bon, après ce petit moment publicitaire, je souhaiterais remercier Dobbymcl, Stormtrooper2 et Madame Casse-pieds pour leurs suggestions plus que pertinentes...
A bientôt pour un nouveau chapitre!
