Oui, je sais.
Ça fait deux ans, bla bla bla, octo a dû abandonner sa fic, bla bla bla elle est vraiment mauvaise, bla bla bla...
Eh ben non ! Me revoilà ! J'avais juste quelques tuiles (tout un toit) qui m'étaient tombées sur la tête, mais je suis de retour, pour vous jouer des mauvais tours…
Je vous conseille de relire les chapitres précédents mais je vais quand même essayer de faire un résumé concis et précis.
Disclaimer: je n'ai toujours pas acheté tous les droits de Harry Potter.
Remerciements à Mirabelle31 qui a réussi par on ne sait quel miracle à me faire terminer ce chapitre et à mon adorable bêta, Charis, sans laquelle ce chapitre ne serait qu'un ramassis de conneries.
Et remerciements au forum Harry Potter: Write or Dream (lien dans mon profil) sans lequel je n'aurai JAMAIS repris l'écriture. Venez nous rendre visite, nous nous amusons assez souvent comme des petits fous...
Résumé :
Après avoir été violemment maltraité par Vernon parce qu'il a reçu une partie de son héritage magique, Harry se retrouve à l'infirmerie de Poudlard, dans un état grave. Le Ministre Fudge aggrave celui-ci, jusqu'à presque le tuer. Heureusement, des potions et un traitement appropriés le sauvent.
Le ministre décide de donner la garde de Harry soit à Severus, soit à Lucius Malfoy. C'est Severus qui obtient la garde du jeune homme. Leur vie de père et fils commence sous les pires auspices. Entre Fudge et Ombrage qui les obligent à pratiquer une forme rarissime d'adoption (ce qui oblige Harry à ne pas se défendre si Severus le frappe ou lui lance des sorts de magie) et un Harry qui est de moins en moins normal, Severus ne sait pas comment réagir.
Voldemort indique à Severus qu'officiellement, il devient un traître à la cause. Officieusement, il doit affaiblir mentalement le Survivant…
Entre-temps, les Mangemorts sont à la poursuite d'un artéfact magique très ancien qui peut donner plus de pouvoirs encore à leur maître.
De leur côté, les amis de Harry font tout pour le voir, sans grand succès, Severus ayant interdit leur influence néfaste sur son pupille.
Chapitre 6 : Education Snapienne 2 Partie 1
« Ce gosse aurait dû mourir plutôt que de survivre comme le parasite qu'il est ! » éructait Voldemort, Seigneur des Ténèbres, dans le manoir ayant appartenu à son géniteur. Il y avait tout de même quelque chose de bon chez cette ignoble moldu qui avait eu le malheur de participer à sa conception. Le sol en marbre, les enluminures dorées, la qualité des meubles en bois massif rendaient cette maison digne d'un sorcier de sang pur. Ce qu'il était assurément, n'en déplaise ses origines souillées.
Il se rappelait avec précision son corps d'avant l'incident. Il avait à cette époque un nez magnifique, légèrement retroussé, un corps parfait, assez musclé et surtout, les femmes tombaient en pâmoison devant lui… Et les hommes étaient intimidés par sa puissance magique. Et puis Severus, son fidèle mangemort, lui avait rapporté la prophétie qui avait fait basculer sa vie dans la tourmente. Un morveux braillard aurait le pouvoir de l'anéantir…
Pour la première fois depuis bien longtemps, Tom Riddle junior avait été effrayé. Non ! Il ne voulait pas mourir ! Il ne pouvait pas mourir ! Aussi, il avait cherché un moyen de tuer cet enfant et pour ce faire avait recruté un espion parmi les amis proches de Potter et Longdubat. Et il avait réussi. Il allait commencer par assassiner cet abominable petit demi-sang dont les parents le narguaient en permanence, les Potter refusant de rentrer dans ses rangs le paieraient de leur vie. Ensuite, il s'occuperait du petit Londubat qui avait l'outrecuidance de posséder un pouvoir qui pouvait le vaincre… Mais avant qu'il ne puisse comprendre quoi que ce soit, ce petit monstre lui renvoyait son Avada Kedavra, le réduisant pratiquement à néant…
Oh, quand il aurait cette horreur de sang-impur devant lui, il lui ferait vivre un enfer. Mais pour le moment, il lui fallait un peu baisser la pression, histoire que sa rage ne le submerge pas encore une fois…
-Rabastan. Prends quelques novices avec toi. Allez capturer quelques moldus… et ramenez-les ici en bon état.
L'éclat dangereux qu'il y avait dans son regard fit déguerpir le jeune Lestrange aussi rapidement qu'un animal effrayé.
HP-HP-HP
Il ne le supportait pas, mais alors pas du tout. En ce cas, pourquoi se sentait-il obligé de l'avoir dans son champ de vision ? Ah oui… pour le protéger de lui-même, comme il se l'était promis. Pourtant, il y avait un peu moins de trois semaines, il avait failli tuer le gosse. Un Avada pouvait partir si vite… Heureusement qu'il en avait perdu l'habitude…
Flash Back
L'air perdu, Harry Potter marcha difficilement dans le salon, ses traits empreints d'une honte indicible. Uriner dans son lit à presque seize ans, même par peur, n'était pas un évènement très glorieux et ce, même après avoir été obligé de se retenir pendant cinq heures. Ce n'était en effet qu'après l'incident que Poppy Pomfresh lui avait retiré ses plâtres.
Snape le regarda furieusement et il aurait voulu que la terre l'engloutisse afin de ne pas supporter cet homme qui était actuellement son tuteur légal.
Pourquoi n'était-il pas simplement un sorcier comme les autres ? Pourquoi est-ce que ce satané Voldemort n'était-il pas définitivement mort lors de leur première confrontation ? Et surtout, comme le disait si intelligemment Ron, pourquoi Fudge, qui était plus idiot qu'un Scroutt à Pétards, était-il Ministre de la Magie ?
Il était encore debout devant Snape, essayant de deviner comment faire en sorte qu'il ne lui en veuille pas trop d'avoir gâché la literie. Mais, s'excuser auprès de cet homme était tellement dur pour lui, qu'il préférait subir mille et une souffrances plutôt que de s'abaisser à une telle ignominie. Non, il n'exagérait nullement. Tout simplement, un homme qui le haïssait pour sa ressemblance avec son père n'était normalement pas une personne avec qui on devait cohabiter. Il se sentait encore étourdi. Qu'est-ce que Madame Pomfresh lui donnait exactement comme potions pour qu'il se sente si léthargique alors même qu'il ne prenait rien ?
De son côté, Severus n'en menait pas large. Il avait vécu à peu de choses près les mêmes sévices que l'adolescent. Normalement, il savait comment appréhender les évènements et surtout, comment habituer Harry Potter à ce qu'il prenne les décisions pour lui. Mais il ne savait pas pourquoi, à chaque fois qu'il voyait cet enfant, même en sachant qu'il était le fils de Lily, une bouffée de rage l'envahissait. Pour ne pas céder à la tentation de le frapper jusqu'à ce qu'il s'évanouisse, il se remémorait l'un des rares souvenirs heureux de sa jeunesse. Ce rituel l'obligeait à se concentrer sur autre chose que ce sentiment qui l'envahissait malgré ses talents en occlumentie.
La veille, quand il avait souillé ses draps, Severus s'était senti comme poussé par une force obscure envers le gamin. Il avait eu envie de le frapper. C'est la raison pour laquelle il était sorti sans un mot. Potter avait eu peur de lui. Ce furent les tremblements de peur de l'enfant qui le ramenèrent à lui, l'obligeant à ne pas céder à cette haine qui le rongeait comme de l'acide sulfurique.
Lily ne serait pas fière de lui si elle savait la pulsion qui l'habitait actuellement. Le gamin était debout devant lui, mains croisées dans le dos, tête baissée, attendant docilement il ne savait quoi. Et la seule chose qu'il avait envie de faire, c'était de fuir cette scène perturbante. Cette manie de trembler face à lui le mettait en rage.
Sans le savoir, le morveux le mettait face à son pire cauchemar : être comme Tobias Snape, cet homme qui l'avait maltraité durant toute son enfance, qui avait tellement frappé sa mère que cette dernière avait fini par mettre fin à ses jours, le laissant seul avec son bourreau alors qu'il n'avait même pas encore atteint ses 16 ans. Il revoyait dans l'attitude de Harry Potter sa propre manie de tout faire pour se faire oublier…Et il savait que jamais cela n'avait marché. Certes, l'attitude du jeune homme était un réflexe purement instinctif, mais il n'arrivait pas à trouver la bonne méthode pour que son pupille comprenne qu'il n'allait pas lever la main ou quoi que ce soit sur lui. Et de par son attitude, cet adolescent devenait tellement transparent qu'il en devenait désespérant. Le but de l'éducation était de permettre à un enfant de s'affirmer en tant que personne, tout en respectant les lois, et, en ce moment, Potter semblait encore moins affirmé qu'un elfe de maison.
-Potter, asseyez-vous sur ce canapé, nous allons devoir discuter de certaines choses.
Le morveux s'assit sans pour autant lever les yeux vers lui. Etait-il si affreux pour que ce gamin évite de le regarder ?
-Nous devons aborder les conditions concernant la suite de vos études.
Il se raidit et pria pour que ce que l'homme ne mette pas ses menaces de le transférer dans une autre maison à exécution.
-Je vous prierai de me regarder quand je vous parle ! Si je souhaitais parler à un mur, je ne vous aurais pas appelé !
Severus ne se sentait pas vraiment bien même si rien ne transparaissait dans son attitude. Est-ce qu'il ressemblait tant que ça à Tobias Snape ? Ce n'était pas normalement dans ses intentions. Mais la frayeur se lisait dans le regard de Potter. Il semblait hanté par son passé. Trop de traumatismes, trop de carences affectives, trop peu de nourriture et trop d'épreuves qui n'étaient a priori pas de son âge... Il souhaitait réellement que l'adolescent aille mieux, et en même temps, il ne ressentait que répulsion envers lui, sans réellement en comprendre la cause.
Où était passé l'adolescent digne qui lui répondait avec un aplomb peu égalé dans son cours ? Où était passé le jeune homme qui avait fait face au Lord malgré sa peur l'année d'avant ?
Potter n'était actuellement que l'ombre de lui-même, et ce n'était pas acceptable. Sans compter que certains élèves de seconde année le dépassaient même du point de vue de la taille.
Ces moldus défaillants n'avaient pas osé affamer leur neveu ? Il lui fallait une réponse immédiatement, mais il n'osait l'interroger sur ce qui le turlupinait à présent.
-Que mangiez-vous quand vous étiez petit Potter ?
Il n'avait pas pu s'empêcher de lui poser la question. Il n'avait jamais souffert de la faim, enfin, pas réellement. Son père le frappait simplement parce qu'il se trouvait sur son passage, mais il lui répétait tout le temps que s'il était un vrai homme, il devait manger beaucoup. Sans doute des vestiges de sa propre enfance non polluée par l'alcool.
Mais il se souvenait de son professeur de défense contre les forces du mal qui lui avait demandé pourquoi il avait un bleu sur la mâchoire. Il avait répondu qu'il allait bien et qu'il s'était battu avec son cousin. Déjà, il n'avait pas de cousin, et ensuite, il avait tellement peur à cette époque pour sa mère qu'il n'avait osé ni se révolter, ni dénoncer son indigne géniteur… Il avait eu honte de son attitude, et il s'en était voulu lors de la mort de sa mère. Il se sentait tellement coupable… S'il avait osé au moins parler, sa mère ne se serait sans doute pas ôté la vie et ne l'aurait pas abandonné à la merci de son bourreau. Et cet enfant devant lui était comme l'incarnation de tous ses péchés. S'il avait été moins insultant avec Lily, jamais elle ne serait devenue la cible du Lord, et sans doute serait-elle en vie aujourd'hui… Il avait perdu les deux femmes de sa vie, et Potter était le seul vestige de son amour perdu. Alors pourquoi n'arrivait-il pas à mettre de côté son héritage Pottérien si dérangeant ?
Ses pensées dérivèrent sur un moyen de remplumer le jeune homme devant lui. Mais quand il regardait le garçon maigre devant lui, voire rachitique, si petit, on comprenait réellement qu'il avait été fortement négligé, et une fois de plus, il eut une forte envie de cacher le fils de son seul amour, de ne pas le laisser sortir afin qu'il soit protégé et reste en vie le plus longtemps possible…
Et il détestait quand ses émotions menaçaient de le submerger, surtout lorsqu'il s'agissait du fils de Potter… Il était si contradictoire ! Une partie de lui, la plus sombre et la plus sournoise, le sommait de rendre la vie de ce jeune homme impossible. Les vestiges de sa bienveillance envers Lily Evans le suppliaient de donner à Potter au moins un aperçu de la vie qu'il aurait dû avoir. Et au milieu de tout ça, son instinct de survie le poussait à s'enfuir loin du gamin, à démissionner de ses postes de professeur de Potion et d'espion et à le laisser se débrouiller tout seul. Mais, à chaque fois, son serment envers Albus l'obligeait à faire taire son cerveau primaire et à prendre sur lui. Il n'avait qu'à l'endurer, tout simplement, ce qui le mettait en rage.
Mais l'adolescent, ignorant les émotions qui submergeaient son tuteur, était resté silencieux.
-Quand je vous pose une question, j'exige une réponse !
Severus n'aimait pas quand on l'ignorait. Pour lui, une personne qui refusait de répondre à une question posée, même parce qu'il avait été traumatisé, était une personne insolente et mal éduquée. Il préférait les personnes disciplinées, claires, concises et précises. Il obligerait son pupille à se confier. Après tout, Albus lui avait un jour dit : « ce n'est qu'en parlant de ce qui vous est arrivé que vous le surmonterez… Vous aurez beau vous cacher derrière votre mur d'indifférence, l'enfant effrayé en vous sera toujours là, et vous craquerez forcément ! » Et il avait craqué un jour. Il n'avait pas assuré son cours le lendemain matin. Son employeur l'avait retrouvé dans ses appartements, proche du coma éthylique… Et il avait été obligé de parler. Severus ne s'était pas douté qu'en se confiant à une personne, il se sentirait réellement soulagé… S'il l'avait su plus tôt, il aurait tout dit à son professeur, et sa mère n'aurait pas commis ce geste irrémédiable. Il s'était juré que jamais plus il ne laisserait les choses aller aussi loin.
Mais le gamin refusait d'ouvrir la bouche.
-Ecoutez-moi bien Potter. Je n'ai pas toute la journée. Mais si vous ne voulez pas vous retrouver à nettoyer ma salle de classesans baguette et avec une brosse à dents, vous feriez mieux de répondre immédiatement.
Il ne voulait pas punir Potter junior et il n'allait pas le faire, mais il fallait que le jeune homme se confie, ce qui le ferait avancer par la suite, afin de se reconstruire mentalement. Il savait que les relations entre l'adolescent et lui n'étaient pas au beau fixe, mais il comprenait parfaitement ses états d'âme, puisqu'il avait vécu la même chose dans son enfance. Au moins, les parents de Potter l'aimaient au point de se sacrifier pour lui, ce que jamais le couple Snape n'aurait fait pour leur fils unique…
-De la soupe de tomates en boite et du pain sec, lui répondit l'adolescent d'une voix mal assurée.
-Et quoi d'autre ?
-Que ça, murmura-t-il.
Pétunia ne lui avait donné que de la soupe de tomate froide et du pain sec ? Severus était outré. Il savait que la blonde détestait ce qui avait trait à la magie depuis que Lily avait reçu sa lettre d'admission à Poudlard, mais il n'aurait jamais imaginé que la femme soit à ce point ignoble. Si Lily avait eu la garde de son mouflet, jamais elle ne l'aurait mal nourri.
Pour la première fois depuis longtemps, un sentiment qu'il n'avait jamais expérimenté réellement fit son apparition dans son cœur. Oui, dans son cœur… cœur qui se remplissait de pitié et de compassion envers Harry Potter. Il le croyait. Jamais un enfant n'aurait menti sur cela en ayant une telle expression corporelle. Le jeune homme en face de lui semblait hanté par son passé, n'arrivant pas à s'en défaire et à avancer. Et comme lui à une époque, il pensait que les adultes étaient les pires ennemis qu'il pourrait avoir. Potter ne se confiait pas facilement, voire même pas du tout. De plus, connaissant Pétunia, il savait que cette femme était capable du pire. Elle voulait se venger de Lily, sa propre sœur, et jamais elle n'aurait eu meilleure occasion que de laisser son époux traumatiser le jeune Harry le plus possible…
Severus se disait que lui au moins, dans son enfance, n'avait pas eu de tante ou d'oncle qui aurait pu prendre soin de lui, vu qu'il se réfugiait souvent chez Lily pour éviter Tobias. Et puis, ses grands-parents étaient déjà morts à ses trois ans. Il essaya de se reprendre et demanda au jeune homme de le regarder, ce que fit Harry après une longue hésitation. Il disait la vérité. Ses yeux ne pouvaient mentir. Potter était trop honnête pour ça…
Une rapide incursion dans les pensées du jeune homme lui confirma son honnêteté. Il revoyait le jeune homme se faire punir pour avoir mangé un yaourt déjà périmé. Pétunia Evans Dursley méritait de se faire torturer sans répit par les Détraqueurs.
-Retenez une chose : vous mangerez à votre faim ici. N'ayez pas peur de vous resservir. Et vous mangerez de tout.
La famille du gamin était horrible ! De la soupe de tomates ? Cette mixture écœurante ressemblait à du sang… Même lui, il n'avait jamais mangé cette chose répugnante quand il était enfant. Mais quelque part, le fait que le gamin soit passé par de telles épreuves était quelque chose de constructif. Harry Potter avait une chance de ne pas devenir aussi arrogant que l'avait été feu James Potter. Et il méritait donc vraiment son titre de « Survivant ». Mais, en même temps, la maltraitance était sans doute due au karma de son père. Dans le monde moldu, on disait souvent que les enfants subissaient les conséquences des fautes des parents. Aussi, Potter fils expiait pour les fautes innombrables de son géniteur. Et même s'il aurait aimé pourrir la vie et la mort de James Potter, cette situation lui laissait une satisfaction perverse. Il s'en voulait quand même un peu de ressentir cela, mais il n'arrivait pas à raisonner la part la plus noire de sa personnalité.
Il ne comprenait pas cette dualité qui le hantait sans cesse, l'obligeant à se tourner et se retourner dans son lit. D'un côté, il voulait protéger cet enfant. Après tout, il n'avait connu que la haine du côté de ses tuteurs. Il voulait réellement lui donner une autre image des adultes, surtout que c'était le fils de sa Lily… Vraiment ?
Mais Potter le voyait comme un nouveau bourreau. Et cela le mettait en rage. Jamais il ne ferait à un enfant ce que Tobias lui avait fait, et ce, même s'il s'agissait de l'adolescent le plus stupide ou le plus cruel au monde… Il y avait d'autres moyens de punir un enfant. Lui donner des coups, ce n'était pas quelque chose d'acceptable, mais une taloche derrière la tête de temps en temps, le priver de ses jeux, de ses amis pendant un temps donné, c'était ce qu'il y avait de mieux pour qu'il comprenne. Les coups ne servaient à rien. Même s'ils faisaient mal, voire très mal, on s'y habituait malheureusement. Lui-même avait pris l'habitude de prendre des coups de la part de Tobias, et il n'en était pas mort. Il avait même réussi à le rendre presque fou, ce qui avait nécessité une hospitalisation… Une semaine entière de paix pour lui et sa mère. Malheureusement, quand il avait réussi à la convaincre de s'en aller, son géniteur était sorti d'hôpital et, après un passage obligé dans son bar, il avait passé sa rage sur sa famille…
Il était évident pour Severus que son protégé subissait l'influence néfaste de Miss Granger, de Ronald Weasley, ainsi que de toute la tribu Weasley, qui défiaient sans cesse le règlement intérieur. Aussi, pour son propre bien, Potter ne devait plus se trouver en présence de ces gens-là. Il grandirait dans un environnement plus sain, et se ferait par conséquent des armes pour affronter le monde réel à la sortie de Poudlard. Il devait donc surveiller les fréquentations de l'adolescent.
Que Harry le compare inconsciemment à un parent maltraitant et donc, par extension à Tobias Snape, ne le laissait pas de marbre. Au contraire, il en éprouvait une peine suspecte car il aurait voulu que l'unique enfant de Lily Evans ne soit pas effrayé par lui. Il avait souhaité lui dire qu'il avait été le meilleur ami de sa mère, son confident, et qu'il avait toujours été là pour elle, mais il ne le pouvait pas, car il lui faudrait admettre ses propres manquements, et Severus était bien trop lâche pour ça, plus qu'il n'aurait pu l'admettre. Il ne souhaitait certes pas obéir aux ordres du Lord selon lesquels il fallait fragiliser le mental de Potter, mais il ne souhaitait pas non plus avoir plus de liens avec le jeune homme. Après tout, ce dernier devait apprendre à surmonter l'adversité, et Severus se devait de lui montrer un exemple fort.
Foutue mission. Il en était également soulagé parce que, instinctivement, Potter savait à qui faire confiance. Il n'entrait visiblement pas dans la catégorie des personnes de confiance. Premièrement, à cause de son attitude avec lui depuis qu'il l'avait vu, d'autre part parce qu'il était un adulte et troisièmement parce que tout dans son comportement encourageait la fuite. Exception faite de Draco Malfoy, son filleul, aucun élève ne restait en sa présence plus que nécessaire. Cela expliquait pourquoi, en quatorze ans de métier, il n'avait toujours pas trouvé l'élève assez courageux pour devenir son apprenti en potions…
Harry Potter ne s'était jamais approché à moins de deux mètres d'un adulte, ne voulant surtout pas leur laisser l'occasion de le faire souffrir. Il avait été comme ça aussi. Il le comprenait réellement, revivant ce qu'il avait lui-même vécu pendant son enfance et son adolescence…
Le jeune homme face à lui avait vraiment envie de lui dire quelque chose. Severus n'était pas une personne qui aimait parler, au contraire, mais là, il aurait tout donné pour que l'enfant de Lily daigne ouvrir son insolente bouche. Potter avait fortement protesté lorsqu'il lui avait énuméré les quelques règles à respecter, mais là, il semblait amorphe, perdu, et craintif. Depuis quand le grand Harry Potter, Survivant et sauveur de la veuve et l'orphelin était-il si apathique ? Depuis quand se recroquevillait-il ainsi, comme pour se protéger ?
Il se souvenait de ses propres réactions alors qu'il était un enfant battu. Il avait été insolent, agressif, méfiant avec les gens qui voulaient se mêler de sa vie, ces professeurs qui, croyant bien faire, ne comprenaient pas qu'il avait besoin de temps pour se confier. Il ne comprenait pas que Potter soit aussi calme, voire presque effacé, comme un enfant qu'on aurait formaté afin qu'il serve de serviteur toute sa vie… Cette attitude le perturbait. Il savait qu'elle était anormale mais il ne comprenait pas pourquoi… Jusqu'à ce qu'il voie le jeune homme face à lui faire passer son poids d'une jambe à l'autre et se frotter le bras en dissimulant une grimace de douleur.
Cela lui remit les idées en place immédiatement. Potter était encore sous traitement la veille. Il n'avait plus ses plâtres que depuis vingt-quatre heures. Les potions antidouleurs et de sommeil sans rêve avaient plusieurs effets secondaires dont certains plus rares que les autres. L'apathie et la dépression faisaient partie de ces effets peu communs. Mais quand ces potions étaient couplées depuis plus d'une semaine dans un traitement, le patient pouvait en effet développer ces pathologies associées.
Le dragon de l'infirmerie lui avait dit quelque chose à propos de ces potions, mais il n'arrivait pas à s'en rappeler. Cela lui reviendrait à un moment donné.
Après un long moment de silence inconfortable où il prit pleinement conscience du fait qu'il y avait un gros problème, il prit la parole, faisant sursauter son vis-à-vis, qui se recroquevilla instinctivement avant de reprendre une attitude « normale ».
-Un problème Monsieur Potter ?
Le regard que lui lança son tuteur le fit trembler de peur. Il se remémora une scène particulière de son enfance…
Harry se revoyait, petit, en train d'écouter les remontrances de son oncle.
-Potter ! Tu n'es qu'un monstre incompétent ! Tes parents ont tellement eu honte de toi qu'ils ont préféré mourir sans toi !
L'oncle Vernon le regardait d'une façon cruelle et sadique à la fois, ce regard qui lui faisait dire qu'il allait passer un sale quart d'heure.
Et il se recroquevilla, attendant les coups, essayant de se protéger le plus possible de ses petits bras. Mais son dos et ses jambes étaient encore à découvert…
Une grosse main agrippa le col de son t-shirt trois fois trop large et le souleva violemment du sol.
-Je vais t'apprendre moi à essayer d'échapper à ta punition !
Il ne savait plus de quoi on l'avait accusé, mais il se revoyait là, obligé de rester immobile alors que le manche de l'énorme cuiller en bois s'abaissait régulièrement sur son dos, ses fesses et ses cuisses. A chaque fois qu'il essayait de se dérober, trois coups se rajoutaient…
Il n'était pas allé à l'école pendant une semaine après ça…
Harry s'était rappelé. Il n'avait pas le droit de se dérober. Après tout, cet adulte avait sa garde. Il s'obligea donc à se rasseoir correctement, priant une quelconque divinité en laquelle il ne croyait pas que Snape n'ait rien vu. Severus, lui, pensait que le jeune homme semblait bannir toute émotion, le regard lointain, comme pour se protéger, même s'il restait sur ses gardes, l'habitude sans doute…
-Je peux savoir ce qu'il vous prend encore de vous recroqueviller comme si j'allais vous frapper ?
Severus ne s'était même pas rendu compte que son attitude était hostile envers Harry. Il s'était rapproché de lui et, actuellement, avait penché sa longue et maigre carcasse vers le jeune garçon complètement recroquevillé qui, lui, anticipait déjà les coups qu'il allait recevoir, selon lui.
Le tremblement de l'adolescent prit le professeur au dépourvu. Et puis, Severus eut un flash-back de quelques centièmes de secondes, revoyant son géniteur se pencher au-dessus de lui, sa main crochue venant vers lui afin de l'attraper pour lui administrer une raclée plus que violente…
Severus était en colère contre lui-même. Il n'avait eu que l'exemple de Tobias Snape, aussi, inconsciemment, il suivait son exemple et adoptait les mêmes gestes que lui. Il haïssait Potter de faire remonter en lui tous ces souvenirs dont il voulait se débarrasser. Il n'avait jamais essayé de frapper le gamin, bien que ce n'était pas l'envie qui lui manquait depuis plusieurs jours. Severus ferma les yeux, essayant de se calmer en visionnant un souvenir agréable. Lily en train de lire une bande dessinée avec lui dans le parc de Poudlard, riant tous deux, profitant de l'insouciance de leur première année en internat, loin des soucis de l'Impasse du Tisseur sembla être quelque chose d'assez relaxant, et sa colère reflua lentement.
Il fallait réellement qu'il détende l'atmosphère. Il pouvait pratiquement entendre les dents du gamin s'entrechoquer tant il tremblait. La phrase suivante lui sembla maladroite, mais trop tard, elle était déjà sortie.
-Madame Pomfresh vous a-t-elle parlé de votre traitement médicamenteux ?
Il avait voulu lui demander ce qu'il voulait lui dire, mais aujourd'hui, sa bouche semblait aller plus vite que son cerveau.
Harry secoua la tête pour dire non, les yeux toujours baissés sur le sol. Son tuteur commençait sérieusement à avoir marre de cette attitude servile. Il fallait réellement que ça s'arrange, sinon, on allait finir par l'accuser d'avoir utilisé des potions afin de modifier la personnalité de son pupille.
- Regardez-moi.
Bon, sa voix restait froide, voire même glaciale, mais elle n'était pas aussi agressive qu'avant.
-Potter, je ne vais ni vous battre, ni vous tuer.
Harry releva la tête, tremblant de tous ses membres. Ses dents claquaient tellement qu'il n'arrivait pas à parler. Il ne savait pas pourquoi, mais il ressentait une telle angoisse. Qu'est ce qui clochait encore chez lui ? Pourquoi avait-il autant envie de pleurer et de se cacher dans un trou de souris ? Il y a deux semaines, il était normal. Enfin, aussi normal que puisse l'être Harry Potter avec trois membres dans le plâtre… Au fond de lui, il y avait comme une lueur d'espoir. Snape, en dépit de toute attitude glaciale, allait-il réellement le traiter correctement ? Comme un adulte devrait traiter l'enfant dont il a la charge ?
En regardant ces yeux apeurés, ce petit corps tremblant, cet air totalement perdu et résigné, malheureux, Severus se souvint que les deux potions entrainaient une accoutumance quand elles étaient prises pendant plus de trois jours. Et le morveux avait ce traitement depuis deux semaines.
Aussi, il se résolut à prendre la parole de nouveau, d'une voix ferme mais un tantinet moins glaciale qu'avant.
-J'ai remarqué des éléments inquiétants au sujet de votre santé, ce qui me pousse à prendre des décisions radicales.
Le regard inquiet, interrogateur et perdu du jeune homme le poussa à s'expliquer de façon plus claire.
-Vous avez développé une accoutumance aux potions prescrites pour votre traitement, ce qui change votre comportement. Pour votre bien, j'ai décidé de supprimer totalement vos potions antidouleur et de sommeil sans rêves.
Severus, était tellement obnubilé par cette notion d'accoutumance aux potions, ce qui était fort dangereux chez les jeunes sorciers, qu'il en avait oublié l'essentiel : la notion de sevrage.
En entendant le mot « accoutumance », Harry avait sursauté. Selon les époux Dursley, ce mot était associé aux drogués, aux personnes méprisables qui étaient un poids pour la société et mettaient la plupart du temps les autres en danger. Il ne voulait pas devenir un drogué ! Déjà que la Gazette du Sorcier le faisait passer pour un fou, si en plus, il était catalogué comme étant un drogué, autant le faire enfermer à Sainte-Mangouste tout de suite !
Même s'il détestait profondément son tuteur, il approuvait sa décision. Mais il se garderait bien de le-lui dire. Après tout, ce dernier semblait le haïr sans qu'il n'en sache la raison, et ce, depuis son premier jour à Poudlard.
De son côté, Severus vit la panique s'inscrire sur les traits du jeune homme. C'était la première fois qu'il le voyait dans cet état. Il était satisfait de voir que le gamin approuvait sa décision, même sans le lui dire clairement. Potter n'était pas garçon aussi stupide qu'il n'y paraissait. Il avait compris que c'était pour son bien. Bon, il savait aussi qu'il y avait d'autres manières d'annoncer une telle nouvelle, mais ce n'est pas comme si Severus avait du tact.
-Maintenant, allez dans votre chambre et prenez votre livre de potions. Vous allez travailler ici pendant que j'irai donner mes cours. Si vous avez soif ou faim, demandez à l'elfe Tibby de vous donner quelque chose… Et ne vous dépensez pas trop, vous commencez vos retenues ce soir. Ce midi, vous mangerez dans le salon. Je passeraisprendre de vos nouvelles entre deux cours.
Severus avait pensé à annuler les retenues, mais plus vite Potter apprendrait à discipliner sa bouche insolente, mieux cela vaudrait pour tout le monde.
Le professeur Snape le laissa là, avec un parchemin rempli de questions concernant les potions de cette année, et il fila donner ses cours.
HP-HP-HP
La journée s'était bien passée. Le gamin, malgré son apathie, faisait de son mieux pour trouver les réponses aux questions posées sur le parchemin. Si bien qu'à la fin des cours de la matinée, les trois quarts du parchemin avaient été traités, et Harry planchait désespérément sur des questions plus difficiles. Oh, il y avait bien une bibliothèque remplie de livres devant lui, mais Snape ne l'avait jamais autorisé à s'en servir. Et il n'oserait jamais le lui demander de crainte qu'il ne le punisse encore.
A dix-huit heures, le professeur de potions corrigeait son parchemin alors qu'il lavait les chaudrons de ses camarades de classe. Un bon Tergeo aurait suffi, mais Snape voulait qu'il le fasse à la sueur de son front. Après tout, pensait Harry, Vernon Dursley devait avoir raison si même Snape lui faisait nettoyer les chaudrons : il ne devait être bon qu'à faire le ménage… En même temps, il avait bien cherché cette punition. Mais l'annonce de Snape lui expliquant qu'il allait devoir changer de maison avait été si choquante qu'il n'avait pas pu se retenir et qu'il lui avait hurlé dessus. (1)
Il avait pris le diner seul avec Snape. Un repas lourd, pesant, silencieux. Harry n'avait pas envie de lui parler. Il savait que l'homme aurait été parfaitement odieux avec lui et il n'avait pas envie d'essuyer une vague de reproches plus virulente qu'à l'accoutumée. Il savait bien qu'il ne faisait aucun effort pour tenter de bien se faire voir, mais il avait tellement essayé par le passé pendant les cours de potion, sans aucun résultat, qu'il se disait que c'était peine perdue. Vers vingt heures, et dès qu'il y avait été autorisé, il s'était enfermé dans sa chambre, après sa douche. Il se sentait fatigué.
Malgré toute la conversation, et toutes les paroles de Snape lui expliquant qu'il n'allait pas lui faire de mal, qu'il le laisserait manger à sa faim et qu'il serait en sécurité, Harry avait peur. Peur de faire confiance. Peur d'espérer une amélioration de son quotidien. Il ne pensait pas qu'il serait utilisé comme un esclave. Après tout, Snape semblait utiliser souvent les services des elfes de maison et se servait réellement des corvées de nettoyage de chaudrons comme d'une punition scolaire… même s'il en écopait aussi d'un point de vue personnel…
Allait-il vivre de façon correcte dans l'avenir ? Il voulait réellement y croire, mais n'y arrivait pas, sans doute par peur d'être déçu encore une fois, d'être blessé et de souffrir… Il savait de toute façon que Snape le détestait à cause de son ascendance, alors, ce n'était pas parce qu'il était sous sa garde que l'adulte reviendrait forcément à de meilleurs sentiments… Mais s'il obéissait (dans la mesure du possible bien entendu) peut être qu'il se montrerait plus conciliant à son égard et moins vindicatif peut être… C'était sans doute pour ça, qu'inconsciemment, il essayait d'être le plus obéissant possible, jugulant son instinct Gryffondorien qui le poussait à réagir avant de réfléchir.
Vingt-trois heures. Il se roulait dans son lit, n'arrivant pas à dormir. Il était trop agité. Il essaya de s'occuper en lisant un livre quelconque, même de potions, mais il n'arrivait pas à se concentrer…
Le lendemain matin, il avait une mine à faire peur. Ses yeux, injectés de sang, avaient l'air plus globuleux que d'habitude, malgré les lunettes qu'il portait habituellement. Il avait des cernes épais, d'un violet maladif, qui étaient malheureusement mis en évidence par son teint trop pâle.
Snape, qui devait parler avec Albus d'un de ses élèves, l'avait laissé seul avec les mêmes instructions. Potter avait réellement besoin de travailler sur les potions, histoire de remonter son niveau proche de celui d'un né-moldu de première année qui n'avait jamais entendu parler de de cet art délicat. De part la magie, il était devenu un descendant légitime des Prince, nom de jeune fille de sa mère, et il était hors de question que son « fils » soit aussi pitoyable qu'auparavant en potions. Il en allait de sa réputation !
Au cours de la journée, Severus fut débordé non seulement par des accidents de potions causés par des élèves plus incompétents que Neville Londubat, ce qu'il pensait autrefois impossible, mais aussi et surtout par ses élèves de septième année qui s'inquiétaient à propos des ASPICs et qui venaient le noyer de questions plus stupides les unes les autres. Même ces foutus jumeaux Weasley qui n'en avaient à la base rien à faire de l'école…
Quand il rentra dans ses appartements vers dix-sept heures, il trouva Potter, tremblant de froid dans son salon surchauffé, transpirant comme un bœuf et surtout, qui avait l'air d'avoir vu un inferi. Mais que se passait-il avec ce gamin encore ? Ayant trop peu de compétences en matière de médicomagie, il demanda à Madame Pomfresh de se déplacer. Potter avait l'air souffrant, et sa température était très élevée. Cependant, elle était débordée puisqu'en cours de soins aux créatures magiques, des scroutts à pétards avaient mordu ou brulé plusieurs élèves. Hagrid était réellement un danger pour les étudiants… Il avait été obligé de mener l'adolescent qui ne savait pas rester en bonne santé à l'infirmerie. Heureusement qu'il avait pu passer par la cheminée. Il aurait eu l'air de quoi en faisant léviter un gamin qu'il ne supportait vraiment pas dans toute l'école jusque dans l'antre de Pomfresh ?
Cette dernière ne savait pas ce qu'il avait. Et sa température augmentait encore. Tentant le tout pour le tout, elle le mit dans un bain glacé. Il ne fallait surtout pas que le cerveau du patient subisse des dommages irréparables suite à sa fièvre qui ne cessait d'augmenter.
Et le bain d'eau glacée avait fonctionné. Potter avait retrouvé une température acceptable et n'était plus en danger. Le reste ne dépendant pas de lui, il retourna dans ses cachots. Il allait pouvoir dormir toute une nuit sans se faire déranger par personne, sans s'inquiéter qu'on ne fouille dans ses affaires, sans que la présence indésirable d'un gamin tout aussi indésirable ne lui pourrisse la vie « jusque » dans ses appartements.
Pendant la nuit, une Pomfresh alarmée l'avait réveillé en sursaut.
Potter s'était réveillé et était sorti de son apathie. Mais il n'était pas dans son état normal.
Snape arriva bien vite dans l'infirmerie, enveloppé dans sa cape noire.
Tout allait parfaitement bien selon lui. Il n'entendait aucun bruit. Et puis soudain, il entendit l'armoire à potions de Poppy Pomfresh vibrer de façon violente en intense. Ledit meuble étant derrière lui, il se retourna et l'observa trembler violemment, comme appelé vers la petite chambre privée.
-J'ai été obligée de l'insonoriser. Il avait commencé à hurler. Je ne sais pas ce qu'il a.
Madame Pomfresh, qui avait passé pratiquement toutes ses vacances de printemps à soigner Harry, ne s'était toujours pas correctement remise, et l'incident du cours de Hagrid avait fini par l'épuiser.
Des brulures, des morsures, des écorchures, des chevilles foulées… enfin bref, être le seul personnel soignant dans une école de magie n'était vraiment pas de tout repos. Et Harry Potter qui avait un comportement si dangereux, cela ne l'aidait pas à se calmer pour réfléchir posément… Après tout, il était près de trois heures du matin.
-Pouvez-vous faire en sorte que l'armoire reste stable ? Je vais juste chercher son dossier, je reviens.
Elle parcourut le dossier en long, en large et de travers… pour la troisième fois de la soirée, mais elle ne voyait toujours pas ce qui clochait. Elle avait essayé de lui parler, de le raisonner, mais non seulement il ne lui avait pas répondu de façon cohérente, mais, en plus, il l'avait traitée de tous les noms. Elle n'aurait jamais imaginé que ce jeune homme puisse avoir un tel comportement. Il était respectueux même avec ses pires ennemis ! Et soudain, l'armoire céda aux assauts répétés de la magie erratique de Harry Potter, et sa porte se décrocha, s'envolant de manière violente dans l'infirmerie pour s'écraser sur une fenêtre, et elle eut un déclic.
-Severus. Quand Harry a-t-il prit pour la dernière fois une potion de sommeil ?
-Il y a deux jours, quand vous lui avez retiré ses plâtres…
-Par le saint caleçon de Merlin Severus ! Vous n'avez pas osé !
-Il avait un comportement anormal ! A chaque fois que je lui parlais, j'avais l'impression que je parlais à mon elfe de maison ! Aussi, j'ai arrêté tous les traitements.
-Severus ! C'est pourtant vous qui faites les potions ! Vous auriez dû prendre en compte ce fait ! Nous ne pouvons plus rien faire par Merlin ! Aidez-moi à renforcer les barrières magiques autour de la chambre. Il est hors de question qu'il sorte ! Il est trop dangereux pour le moment !
-Ça ne me dit toujours pas ce qu'il a, vieille folle,marmonnait Severus dans sa barbe en aidant Poppy Pomfresh.
Harry Potter était en sevrage forcé. Trop de potion de sommeil sans rêves et de potion antidouleur sur deux semaines et un arrêt brutal du traitement, cela avait forcé son corps à réagir, d'abord par une insomnie, ensuite par de la fièvre et enfin par un comportement violent. Et maintenant, sa magie avait décidé de se manifester aussi. Et elle était passée à côté de ça !
Malheureusement pour elle, la crise était trop avancée pour qu'elle puisse lui redonner une seule potion. Le métabolisme du jeune homme s'était déjà légèrement modifié, luttant contre les effets néfastes des breuvages, et la moindre absorption pouvait causer actuellement un empoisonnement ou même la mort de Harry Potter. Dans sa hâte de bien faire, Severus Snape avait agi comme un débutant.
La porte de la chambre fut arrachée de ses gonds et Harry se précipita vers l'armoire à Potions de l'infirmerie. Sur le chemin, il bouscula Poppy Pomfresh, sorcière d'un âge assez avancé, et se rua vers le Saint Graal, la potion de sommeil sans rêves. Son instinct lui susurrait que c'était la solution à ses problèmes. Il se sentit soudain léviter par une magie extérieure à la sienne avant d'avoir pu toucher la fiole, et plaqué contre le mur de la chambre où il avait été enfermé.
Harry resta deux jours dans cette pièce, oscillant entre une fièvre de cheval et des moments de colère monstrueuse où il avait tour à tour cajolé, menacé, supplié et insulté Snape et Pomfresh, afin qu'on lui donne ce que son corps réclamait depuis plusieurs jours : son traitement médicamenteux.
Et ce fut pendant cet épisode pour le moins effrayant que Severus manqua de lui lancer un Avada Kedavra, le petit morveux ayant insulté sa défunte mère en des termes si grossiers qu'ils choqueraient même des ivrognes ayant un langage des plus châtiés avec leurs compagnons de beuverie. La rage de Potter, qui se retrouvait enfermé dans une petite chambre, comme un lion en cage, avait atteint des sommets. Dans la chambre, il avait tout détruit autour de lui. Et si Pomfresh n'avait pas mis un sort de transparence au mur mitoyen entre la chambre privée et son bureau, Potter se serait tailladé les veines avec les bris du miroir, afin de ne plus ressentir la douleur. Aussi, elle avait fini par l'attacher à son lit. Elle l'aurait fait plus tôt si elle s'était rappelée qu'il s'agissait de la procédure standard, mais elle n'avait jamais eu à faire à ce cas avant ce jour…
Averti de la gravité de la situation, le directeur de l'école prit le temps de faire quelques recherches afin d'essayer de voir quelle serait la meilleure solution pour éviter de blesser encore plus Harry. Lorsqu'il comprit que seul un médaillon répresseur de magie pourrait venir en aide à l'infirmière, il se résolut à essayer de convaincre Severus du bien fondé de sa décision. Pendant sa marche, il essaya de réfléchir aux arguments qui pourraient convaincre et Pompom, et Severus. Ce ne serait pas simple de leur faire comprendre que c'était la seule solution jusqu'à ce que Harry soit désintoxiqué.
Après quelques minutes d'un débat houleux où furent exposés, dans le désordre, les points de vue de l'infirmière et du maître de potions ("Il n'est pas nécessaire de le priver de sa magie, cette suppression lui causera des douleurs, sa santé est encore fragile, il faut l'avis d'un expert…") Albus obtint gain de cause. Le médaillon ne priverait pas entièrement le jeune homme de sa magie, il ne faisait que la brider pour qu'il ne fasse rien qu'il ne regretterait par la suite. De plus, c'était la seule solution pour qu'il puisse être soigné.
Si au premier jour de sa crise il était arrivé à mettre à mal les sorts de protection de Pompom et de Severus, ce serait sans doute pire par la suite, tant la colère et la douleur se feraient grandes chez le jeune homme. Le sauveur, connu pour avoir une grande puissance magique, pouvait tout dévaster afin d'avoir cette potion… et il en mourrait. Le médaillon serait donc charmé pour contenir la magie qui s'échappait actuellement d'Harry.
Le directeur de Poudlard essaya de raisonner Harry, mais peine perdue. Le jeune homme était obnubilé par les potions et ne voulait rien d'autre, allant jusqu'à supplier à genoux Albus, ne comprenant pas ce qu'on lui disait. N'obtenant pas ce qu'il voulait, il sauta sur le vieil homme afin de l'agresser physiquement, mais ce fut un sort qui le cueillit, l'assommant pour quelques heures. Albus lui mit le médaillon au cou. Il s'agissait d'une simple néphrite verte, un minéral utilisé généralement en Chine pour l'ornement des pièces religieuses et pouvait se gorger de magie sans se fissurer. taillée en une sorte de prisme qui logeait actuellement autour de son cou, retenu par une cordelette noire incassable. C'était de toute façon la seule solution pour qu'il se calme enfin, et ce, malgré la répulsion des trois adultes.
Assis dans un coin de la petite chambre toute blanche, il tremblait de tous ses membres. Cela faisait des jours qu'on l'avait enfermé là-dedans sans aucune explication. Bon, c'est vrai, une voix douce lui parlait des fois, lui expliquant certaines choses qu'il ne comprenait pas. Il savait qu'il avait besoin de quelque chose mais il ne pouvait dire ce que c'était. Et puis il avait mal au ventre et il sentait que son cœur n'était pas dans son état normal… Pourquoi cette femme à la voix si douce et si maternelle le faisait autant souffrir ? Était-ce, comme l'avait dit l'oncle Vernon il y a bien longtemps, la mort qui venait le tourmenter avant de l'envoyer en enfer ? Et puis cet homme-là, qui lui essayait de le faire parler… Mais il ne se souvenait de pratiquement rien, ce qui lui déclenchait des douleurs épouvantables à la tête.
Il avait un vague souvenir d'avoir bousculé une dame en robe bleu ciel mais après, c'était le trou noir. Il savait seulement que plusieurs jours étaient passés… Il y avait de vagues moments où Voldemort l'avait attaqué, ou ses mangemorts, mais… ils n'avaient rien pu lui faire. Et pourtant, il était à leur merci, n'ayant pas sa baguette magique et ne sachant pas comment faire de la magie sans baguette non plus. Il aurait aimé qu'Hermione lui explique ce qui lui arrivait, après tout, des fois, elle se tenait debout à côté du lit sur lequel il était cloué… Mais elle se moquait de lui en lui disant qu'il n'était qu'un incapable… Mais, ses contours semblaient comme floutés, comme s'il s'agissait d'un souvenir… Mais quand est-ce que Hermione aurait pu se moquer de lui surtout qu'elle n'agissait jamais comme cela d'habitude ?
Il savait qu'il avait ressenti un immense froid à certains moments, doublé d'une fatigue sans précédent, mais il ne se rappelait plus de rien entre les accès de fièvre… Cela faisait plusieurs heures qu'il était conscient. Assis dans un coin de la chambre, essayant de compter les carreaux du sol pour faire passer le temps, et puis, la porte s'était ouverte…
-Harry, tiens, ton déjeuner.
L'odeur du poulet et des pommes de terre au four fit gronder son estomac vide et c'est avec de la gêne qu'il prit le plateau des mains de l'infirmière. Il n'aimait pas que l'on remarque qu'il avait faim, sans doute parce qu'il n'avait jamais bien mangé réellement depuis aussi longtemps qu'il s'en souvienne, excepté lors des repas à Poudlard, les Dursley lui ayant dit pendant toute son enfance qu'un monstre ne méritait pas de manger plus que quelques bouchées par jour.…
-Madame Pomfresh… Vous allez bien ?
C'était tout lui ça, s'occuper du bien être des autres avant le sien… L'infirmière avait un bleu à la pommette. Une ecchymose d'un bleu tirant sur le jaune montrait clairement qu'on l'avait frappée ou qu'elle s'était cognée.
Poppy Pomfresh n'avait pas eu le temps de se soigner avec un baume, et elle n'y avait même pas pensé, préoccupée par son patient qui semblait attirer les ennuis comme le miel les abeilles. Harry, en la percutant pendant la première nuit de sa crise de manque, l'avait projetée contre un mur, et ses réflexes, émoussés par deux semaines de stress intense, ne lui avaient pas évité une collision douloureuse. Bien entendu, elle ne le lui dirait pas. Inutile de l'affoler plus que nécessaire…
-Oh, je suis rentrée dans le cadre de la porte Harry. Ne t'inquiète pas, je n'ai presque plus mal…
-Vous êtes sûre ? Puis, il marqua un temps d'hésitation. Euh… Mais qu'est-ce que je fais ici Madame Pomfresh ?
-En fait, il y a eu des complications. Nous avons arrêté trop vite ton traitement anti douleurs et tu as eu une crise… Là, lorsque tu auras fini de manger, je te ferai un petit examen pour être sûre que tu vas mieux…
-Merci… mais ça fait combien de temps que je suis ici ?
-Presque cinq jours mon petit…Tu m'inquiétais, je suis bien contente que tu sois revenu à toi…
-Euh…
-Mange ! Tu as besoin de reprendre des forces !
Voyant qu'il essayait tout de même de continuer son interrogatoire, posant des questions auxquelles elle ne savait pas quoi répondre pour le moment, elle lui avait donné l'ordre de se nourrir… Harry obéit aveuglément, parce que peut-être que s'il obéissait, on finirait par le considérer comme un être humain, et qu'il ne serait plus traité comme un monstre ou un phénomène de foire comme durant la majeure partie de sa vie.
Note de l'auteur :
(1) CF chapitre 2 de la fanfiction où quand Snape lui indique qu'il devra changer de maison, Harry s'insurge en lui hurlant dessus « Mais… VOUS ÊTES MALADE ? Jamais je ne changerai de maison pour aller dans celle de Voldemort ! Moi à Serpentard ? Vous voulez que Malfoy et ses sbires me tuent ou quoi ? Vous désirez tant que ça ma mort ? Vous n'aviez qu'à refuser ma garde espèce de profiteur! Et puis, à titre d'information, je me suis élevé tout seul et il est hors de question que cela change ! Vous n'avez aucun droit sur moi, quoiqu'en dise le Ministre. Et si vous voulez que je fasse de votre vie un enfer, allez-y, changez-moi de maison… Comme si c'était faisable ! »
Merci beaucoup à ceux qui prendront le temps de lire le chapitre, et surtout de le commenter et de le recommander... Venez faire un tour sur le forum, je suis certaine que vous aimerez.
Je ne sais pas encore quand arrivera la partie 2, mais elle est en cours de rédaction.
