Bonsoir à tous et à toutes!
(Oui, je maintiens le "tous", même si je doute qu'il y ait beaucoup de garçons par ici.^^)
Comme d'habitude, je voudrais remercier Nanola pour le travail vraiment super qu'elle fait sur cette fic pour la rendre lisible et publiable. N'hésitez pas à aller faire un tour sur sa propre fic "Quelque chose de pourri au royaume de Merlin"!
Je voudrais aussi remercier Lilili, qui m'a laissé une review. Ca fait plaisir de voir que Lucius plait!
Et aussi un petit mot pour the big cat. Bonsoir! C'est vrai, Sirius a un peu de mal à accepter ses sentiments, et ceux de Lucius. Mais tout doucement, il s'améliore...
Bon!
Et donc, me voici de retour avec un nouveau chapitre, et une nouvelle idée de Lucius! Une idée qu'on lui a soufflé... malheureusement, il n'aurait pas du écouter! Mais je vous laisse découvrir tout ça. On se retrouve en bas (si vous arrivez jusque là.^^)
Bonne lecture!
Jeudi
12 Square Grimmaurd, 7h30
Sirius s'agita un peu dans son sommeil, et grogna, car le courant d'air frais qui chatouillait ses pieds était particulièrement déplaisant. Il se recroquevilla au fond de son lit pour qu'ils ne dépassent plus de la couverture, et se blottit contre quelque chose de doux et chaud, qui lui caressait les cheveux.
Une alarme se déclencha dans le cerveau embrumé de Sirius. Il avait développé une étonnante capacité à réagir, entre les blagues de James à Pourlard et les Détraqueurs à Azkaban. E donc, depuis quand y avait-il dans son lit quelque chose qui lui caressait les cheveux ? Sirius ouvrit grand les yeux et se tourna vers la masse qui occupait la moitié de son lit.
- Aaahh ! hurla-t-il en se reculant précipitamment, au point de tomber.
Dans la chambre voisine, Harry se réveilla en sursaut et par réflexe, chercha à tâtons sa baguette pour aller porter secours à son parrain. Mais Draco, qui finalement avait passé la nuit là et était allongé à ses côtés, le retint par la manche.
- T'inquiète pas, Harry, tout va bien... Il peut se débrouiller tout seul.
Comme pour confirmer ses propos, la voix de Sirius se fit de nouveau entendre.
- Malfoy ! Sors de mon lit !
« Finalement, Draco n'a pas tort », se dit Harry, et il se recoucha en enfonçant sa tête sous l'oreiller.
Dans la chambre de Sirius, Lucius regardait son amour avec tendresse.
- Bonjour à toi aussi Sirius. Déjà de mauvaise humeur ?
Sirius se frotta les yeux, avec le vague espoir qu'il cauchemardait, et que non, Lucius Malfoy n'était pas dans son lit en train de lui pourrir sa journée dès le réveil. Mais après avoir bien frotté, il dut se rendre à l'évidence : Lucius était toujours là et le regardait avec un sourire narquois.
- Qui t'as laissé entrer ? grommela Sirius.
- L'elfe de maison.
- 'videmment, marmonna Sirius entre ses dents.
Se rendant compte que Lucius le détaillait avec un peu trop de plaisir, il enfila sa robe de chambre.
- Bon, et tu voulais quelque chose Malfoy ? ajouta-t-il, énervé.
- Oui. Toi.
Le silence régna dans la pièce, tandis que leurs regards s'affrontaient. Sirius céda le premier, pas encore assez réveillé pour gagner ce défi.
- Désolé Malfoy, j'ai autre chose à faire que de satisfaire tes caprices, soupira-t-il.
Lucius haussa un sourcil hautain. Caprices ? Sirius osait taxer son amour de caprice ? Et puis quoi encore ?
- Et donc, si tu voulais bien sortir, histoire que je puisse continuer ma nuit... continua Sirius.
Lucius se leva de mauvaise grâce, mais au lieu de se diriger vers la porte que lui indiquait Sirius, il croisa les bras sur sa poitrine.
- Tu as accepté mon elfe de maison en cadeau, fit-il à Sirius sur un ton accusateur.
- Et alors ? répondit l'homme aux cheveux noirs, dérouté par le changement de sujet.
- Alors, dans le manuel de l'amour courtois, il est bien indiqué que si tu acceptes mes cadeaux, c'est que tu es prêt à aller plus loin.
Sirius leva les yeux au ciel. Qu'est ce qu'il ne fallait pas entendre comme idioties dès le matin ! Le manuel, qui détaillait la conduite à suivre dans les relations amoureuses à destination des jeunes générations de la noblesse sorcière, n'était à son avis qu'un vieux bouquin écrit par de vieux barbons frustrés, bon à être mis à la poubelle. D'ailleurs, il avait brûlé son exemplaire.
- Je connais le manuel, merci bien, et il n'est écrit nul part que l'on peut passer directement de la phase « cadeaux » à la phase « ensemble dans le même lit ».
- Et bien, répondit Lucius en haussant les épaules, vu que nous nous sommes déjà retrouvés dans le même lit, je me disais qu'on pourrait très bien manquer de nouveau aux règles.
Sirius se pinça l'arête du nez entre deux doigts et tenta de négocier en douceur la reddition de Lucius..
- Ça remonte à des années, Lucius, tu ne crois pas qu'il serait temps de passer à autre chose ?
- Je suis tout à fait d'accord, ça fait vraiment trop longtemps, dit le blond avec une lueur lubrique.
Finalement, Sirius allait peut être passer directement à des méthodes plus expéditives.
- Malfoy, sors de cette chambre, sors de cette maison, et accessoirement, sors de ma vie.
- Non.
-... S'il te plaît ? tenta Sirius.
- Il ne me plaît pas, désolé. fit Lucius avec un petit sourire moqueur.
Bien, Sirius allait donc passer aux grands moyens. Surtout s'il retrouvait sa baguette, qu'il était pourtant certain d'avoir posé sur sa table de chevet la veille. Où diable était-elle passée ? Un petit rire amusé lui fit lever la tête, et Sirius aperçut sa baguette entre les longs doigts fins de Lucius.
- Je n'allais pas te laisser la moindre chance de me mettre à la porte, sourit celui-ci.
Sirius pesta contre ce blond un peu trop prévoyant. Puis un sourire narquois naquit sur son visage.
- Lindy ! appela-t-il sans même hausser la voix.
L'elfe de maison apparut au milieu de la pièce dans un craquement sonore.
- Oui Maître Sirius ?
- Raccompagne Lord Malfoy dehors. Et reprends lui ma baguette magique au passage.
- Hé ! s'exclama Lucius. Tu ne peux pas l'utiliser comme ça !
Sirius leva un sourcil hautain, et répondit sur un ton mêlant le dédain et le narquois.
- Ma maison, mon elfe de maison, mes ordres.
- Maître Lucius, fit le petit être à la peau grise qui se tordait les mains en s'approchant du blond aristocrate. Si vous voulez bien me suivre...
Lucius plissa les lèvres dans une moue pincée, et ses yeux se firent de glace. Dans un mouvement rageur, il lança la baguette de Sirius sur le lit et quitta la chambre à grands pas, avant que Lindy n'ait besoin d'intervenir. L'elfe le suivit, et Sirius entendit la porte d'entrée claquer violemment. Mais pas les hurlements de sa mère, que Lindy avait muselé la veille avec un sort de silence.
Secouant la tête, Sirius effaça de son visage le sourire satisfait qui était apparu lorsque Malfoy avait quitté sa chambre, et prit une expression beaucoup plus déterminée. Il fallait faire quelque chose. Il fallait se débarrasser de Lucius une bonne fois pour toute, ou la volonté de Sirius finirait par flancher. Il finirait par s'abandonner au blond, et il savait que c'était une mauvaise idée. Il voulait garder sa liberté. Il ne voulait pas être un papillon de plus sur le tableau de chasse de Lucius Malfoy. Sur ces bonnes résolutions, il récupéra sa baguette magique et se dirigea vers la salle de bains. Il avait à faire.
Poudlard, Cachots du Maître des potions, 8h30
Assis à son bureau, le front posée contre le bois sombre de la table, Severus déprimait. Tous les jours, depuis le début de la semaine et de ses vacances bien méritées, Lucius Malfoy débarquait chez lui aux petites heures du matin pour pleurer sur sa non relation avec Sirius Black.
Aujourd'hui, Severus s'était réveillé à cinq heures et demie. Cinq heures et demie, bon sang ! Parce qu'il n'arrivait plus à dormir, persuadé que Lucius allait encore venir. Après avoir tourné pendant une bonne demi-heure dans son lit, il s'était résigné à se lever. Depuis, il avait tourné en rond dans ses appartements, cherchant quelque chose à faire pour s'occuper.
Finalement, on avait frappé, et franchement, si Severus avait su ce qui allait lui tomber dessus, il n'aurait pas ouvert la porte. Il serait retourné se coucher. Mais voila, Severus avait de vagues notions de politesse et d'amitié et il avait ouvert la porte pour accueillir Lucius et l'écouter déblatérer sans fin sur sa misérable existence.
Sauf que ce n'était pas un blond insupportablement arrogant qui se tenait sur la pas de sa porte, mais un sac à puces miteux. Lui aussi insupportablement arrogant d'ailleurs, et qui se permit de rentrer dans les appartements du maître des potions avant que celui-ci ne puisse lui fermer la porte au nez . Severus avait alors décidé que plus jamais il n'ouvrirait la porte. A qui que ce soit. Jamais, jamais, jamais. Même si Voldemort revenait une nouvelle fois d'entre les morts.
Donc, présentement, Severus était assis à son bureau, et déprimait joyeusement en écoutant Sirius Black lui expliquer qu'il devait absolument intervenir pour le débarrasser de Lucius Malfoy.
Las, il releva la tête.
- Je ne vois pas en quoi je suis concerné, déclara-t-il, avec une parfaite mauvaise foi.
Le ton était froid. Polaire même. Severus n'avait jamais pu supporter Sirius Black. Et même pour faire plaisir à Lucius, il était hors de question d'essayer.
- Tu ne vois pas ? ronchonna Sirius un brin fatigué. Comment peut-on être aussi stupide ?
- Ferme la, chien galeux.
Severus s'était redressé, furieux. De quel droit Black débarquait-il chez lui et se permettait de l'insulter ?
Ils se défièrent du regard, prunelles grises contre orbes noires. Finalement Sirius rompit le contact et s'assit sur une chaise, de l'autre côté du bureau de Severus. Il soupira.
-Ecoute Servil... Rogue. se rattrapa le dernier des Black.
L'enseignant fit une grimace de dégoût en entendant le surnom tant honni. Mais il ne dit rien, parce que Sirius avait l'air un peu ennuyé. Et que ça intriguait prodigieusement Severus de voir un tel air sur le visage de Black lorsqu'il lui parla.
- Nous ne sommes pas amis, et c'est tant mieux comme ça, continuait l'homme aux longs cheveux noirs. Mais Lucius est ton ami.
Severus haussa un sourcil dubitatif. Ami avec Lucius ? Mouais. Sauf quand il devait écouter ses délires à propos de Sirius Black ou supporter ledit Sirius Black.
- Disons, fit Sirius en retenant un soupir devant l'expression de Severus, que tu es ce qui se rapproche le plus d'un ami pour Malfoy, vu qu'il n'a pas besoin de te payer pour que tu le supportes.
- Viens en au fait Black, le coupa froidement Severus.
- Tu dois arrêter ce dingue. Il faut qu'il cesse de me courir après.
Devant le manque d'intérêt évident de son interlocuteur, Sirius lança sa dernière carte.
- Es-tu bien conscient que si Lucius et moi nous nous mettons... ensemble... toi et moi nous devrons nous supporter beaucoup plus souvent pour lui faire plaisir ? Peut-être même que tu serais notre témoin au mariage, qui sait ?
L'idée d'un mariage entre Lucius et Sirius fit frissonner le professeur de potions. Brrr. Hors de question qu'il soit témoin d'une horreur pareille. Hors de question de fréquenter Black plus que nécessaire. Il allait peut-être considérer les options du cabot avant de dire non définitivement.
- Et donc, qu'est ce que tu veux que je fasse exactement ? demanda-t-il. J'ai déjà dit à Lucius tout le mal que je pensais de cette histoire, et ça ne semble pas l'avoir affecté plus que mesure.
- Tu as bien une potion, un philtre, une fiole de n'importe quoi à la couleur douteuse qui pourrait faire l'affaire non ? Faire disparaître son désir, ou le dégoûter, je ne sais pas moi !
Severus plissa les yeux, agacé.
- Je ne suis pas votre apothicaire, ni à Lucius, ni à toi, mettez-vous bien ça dans le crâne ! Quand à la potion que tu demandes, elle existe, mais je n'en n'ai pas en stock. Et il faudrait au moins une semaine pour la faire.
- Tiens donc, railla Sirius. Tu n'as pas de potion pour inhiber le désir, mais tu gardes de l'amortentia dans ta réserve ? Ça en dit long sur tes habitudes.
Sirius se mordit la langue dès qu'il eut fini de parler. Il n'avait pas vraiment voulu dire ça. Pas agresser Severus de cette façon, alors qu'il avait besoin des talents en potions de l'homme. Seulement, l'idée de devoir résister encore une semaine à Lucius l'angoissait. Mais c'était trop tard, Severus s'était levé, le visage fermé, les yeux lançant des éclairs.
- Mes habitudes ne te regardent en rien Black ! Maintenant, fiche le camp de chez moi.
- Ecoute, fit l'animagus en se levant et en tendant les mains devant lui dans un geste apaisant, je ne voulais pas...
- Je me fiche de ce que tu voulais ou pas, Black, répondit Severus en pointant sa baguette sur l'homme. Sors de chez moi. Tout de suite.
Comprenant que la conversation était close par sa faute, Sirius abandonna et sortit. Il entendit la porte se fermer derrière lui très lentement. Comme si Severus voulait s'assurer qu'il ne reviendrait pas. Errant dans les couloirs de Poudlard, Sirius se demanda quoi faire maintenant. Mais il était à court d'idées, et les souvenirs de Lucius contre lui dans le lit perturbaient sa réflexion.
12 Square Grimmaurd, 13h30
Sirius était dans le salon, avachi au travers de son fauteuil préféré. Il s'ennuyait. Draco et Harry étaient partis chez le blondinet pour faire une partie de quidditch avec des anciens camarades de Poudlard. Sirius avait été invité à se joindre à eux, mais il avait décliné l'offre en apprenant que la partie se jouerait au Manoir Malfoy. L'animagus n'était pas assez fou pour mettre les pieds volontairement au Manoir, sauf cas d'extrême urgence. Comme quand Harry ingérait à son insu des philtres d'amour et voulait épouser Lucius par exemple.
L'évocation du blond aristocrate fit se renfrogner Sirius, qui croisa les bras sur sa poitrine. Voila qu'il pensait de nouveau à cet imbécile ! Une question le taraudait d'ailleurs à ce sujet : pourquoi Sirius ne pouvait-il pas aller au Manoir Malfoy par cheminette ? Quand il avait posé la question à Draco, celui-ci s'était contenté de ricaner en disant qu'il fallait voir ça avec son père.
Un bruit provenant de la cheminée fit se redresser Sirius. Les flammes passèrent au vert, et un instant, Sirius espéra qu'Harry s'était de nouveau disputé avec Draco et revenait lui tenir compagnie. C'était bien Harry dans la cheminée, mais seulement la tête, l'air rayonnant. Aussitôt, Sirius se fustigea mentalement d'avoir souhaité que son filleul se dispute juste pour que l'animagus cesse de s'ennuyer. C'était honteux de sa part.
- Ah, Parrain, tu es là, ça tombe bien ! fit la tête d'Harry.
Sirius se leva du fauteuil et se mit à genoux devant la cheminée afin de faciliter la discussion.
- Il y a un problème ? demanda-t-il.
- Non non,
Harry secoua la tête de droite à gauche et devant sa moue hésitante, Sirius fronça les sourcils.
- Qu'est ce qu'il se passe ? Tu as besoin de quelque chose ?
- Heu... En fait.. Est-ce que tu pourrais aller au Chemin de Traverse pour moi s'il te plaît ?
Harry s'était mis à chuchoter, et Sirius dut se pencher et tendre l'oreille pour l'entendre clairement.
- Pourquoi ? chuchota-t-il à son tour, adaptant par réflexe son ton de voix à celui de son interlocuteur.
- Et bien... ça va être bientôt l'anniversaire de Draco et... Il est toujours avec moi... Du coup... pour aller chercher son cadeau...
- Je vois, sourit Sirius. Tu voudrais que j'aille le chercher pour toi, pour qu'il ne se doute de rien c'est ça ? Pas de problèmes. Dis moi quoi et où, et j'y vais sur le champ !
Chemin de Traverse, 14h30
Sirius se tenait à l'entrée de l'Allée des Embrumes et contemplait la ruelle sordide. Il n'avait pas la moindre envie de se risquer là dedans, mais il avait promis à Harry d'aller chercher le cadeau de Draco.
« Tu t'es bien fait avoir mon gars » se dit Sirius en avançant d'un pas méfiant.
Il n'avait pas peur de se promener dans l'Allée des Embrumes, il avait sa baguette, et il savait se défendre. Mais depuis sa sortie d'Azkaban, et même après que son innocence ait été prouvée, il se sentait toujours un peu mal à l'aise en présence des gens, de la foule. Beaucoup de ceux qui le reconnaissait ne pouvait s'empêcher de faire un écart pour l'éviter, avec au choix des expressions de peur, de dégoût, ou de dédain sur le visage. Il était indésirable, et certains étaient bien capables de le lui prouver de façon plus... radicale. Il en avait déjà fait les frais une fois d'ailleurs. Heureusement, ils n'étaient que deux, et il avait pu les assommer assez facilement.
Mais là, il se sentait vraiment oppressé. Son mal-être augmenta tandis qu'il s'enfonçait dans l'Allée des Embrumes, et avec, la sensation extrêmement dérangeante d'être suivi. Sirius sortit sa baguette, et affermit sa prise dessus, avant de se retourner d'un bond pour regarder derrière lui, et surprendre ses suiveurs.
Mais il n'y avait personne, comme il pouvait le voir grâce aux quelques rayons de soleil qui arrivaient à percer jusque là. La ruelle dans laquelle il était engagée était étroite, mais vide.
Plus ou moins rassuré, Sirius repartit. Pour se trouver nez à nez avec deux colosses. Enfin, nez à torse plutôt. L'animagus fit un pas en arrière, et son instinct l'avertit aussitôt que sa retraite était coupée. Il jeta un œil par dessus son épaule. Un troisième homme, plus petit que les deux premiers mais l'air tout aussi aimable, le fixait des yeux.
Il serra plus fermement sa baguette dans sa main, conscient qu'il était dans une position quelque peu défavorable. Pourquoi avait-il accepté de venir se jeter dans ce trou à rats déjà ? Ah oui... Harry.
Sirius n'avait pas eu le temps de lancer le moindre sort que l'un des colosses qui lui obstruaient le passage lui avait arraché la baguette des mains. Apparemment, ça allait se régler avec les poings.
- J'aurais dû accepter d'aller aux cours de boxe d'Harry, soupira Sirius avant que le premier coup de poing ne le cueille comme une fleur au menton et le fasse tomber en arrière.
Allée des embrumes, 14h45
Dos au mur, Sirius se frotta le menton en regardant ses agresseurs prendre la fuite. Il n'était pas trop sur de ce qu'il s'était passé ces dix dernières minutes. Il avait été frappé au menton, était tombé, avait évité un coup de pied... après, la suite devenait confuse. Il avait fini par remettre la main sur sa baguette, mais un pied lui avait bloqué le poignet avant qu'il ne puisse l'attraper. (aïe)
Ensuite... Ensuite il avait été soulevé de terre, et alors qu'il pensait sa dernière heure arrivée, il avait entendu un hurlement et l'homme qui s'apprêtait à le frapper avait été projeté en arrière d'un sort puissant. Sirius en avait profité pour se dégager, et sans prendre le temps de regarder qui était son sauveur, il s'était jeté sur sa baguette et avait commencé à lancer des sorts un peu au hasard.
Jusqu'à ce qu'il reconnaisse son sauveur. Lucius. Estomaqué par cette apparition, il avait laissé l'aristocrate blond administrer une bonne correction à ses agresseurs, qui n'avaient pas tardé à prendre la poudre d'escampette. Lucius était imbattable pour lancer des maléfices, et les hommes l'avaient vite compris.
Un peu sonné, Sirius se laissa glisser le long du mur, et se retrouva assis par terre. Quelques secondes plus tard, Lucius le rejoignit et s'accroupit à sa hauteur.
- Sirius ? Tout va bien ? s'enquit le blond d'une voix douce.
- Qu'est ce que tu fous là, Lucius ? répondit assez peu aimablement l'animagus.
Le blond soupira. Il n'y a même pas dix secondes, son amour avait l'air totalement déconnecté de la réalité, et là, il se faisait enguirlander alors qu'il l'avait aidé. Il n'y avait pas à dire, Sirius récupérait vite.
- Mais de rien, c'était un plaisir que de t'aider, lança Lucius sur un ton sarcastique.
Sirius plongea son regard dans celui de Lucius. Il était méfiant. Le blond l'avait-il suivi ? Ça n'empêchait pas qu'il l'avait aidé, alors...
- Merci, souffla Sirius.
Lucius sourit et se redressa, tendant la main à Sirius pour l'aider à se relever. Celui-ci l'accepta, touché du geste.
Une fois remis debout et épousseté, Sirius ne put s'empêcher d'exprimer ses doutes.
- Lucius ? Est ce que tu me suivais ?
- Absolument pas ! se braqua Lucius en prenant un air outragé. J'étais venu chercher un cadeau pour Draco, c'est bientôt son anniversaire.
- Un cadeau ? Sirius dévisagea le blond d'un air ahuri. Pour un anniversaire ?
- Oui, pour l'anniversaire de Draco.
- Pourquoi je ne peux pas utiliser ta cheminée pour venir chez toi ?
Lucius cilla, déstabilisé par le changement de sujet.
- Pardon ?
- Ta cheminée. Je ne peux pas l'emprunter pour venir au Manoir. Quand je suis venu chercher Harry l'autre jour, j'ai dû transplaner à l'extérieur de la propriété puis finir la route à pied. Pourquoi tu ne m'autorise pas l'accès à la cheminée ?
- Pourquoi tu veux venir plus souvent au Manoir ? interrogea Lucius aguicheur
- Ne recommence pas avec ça d'accord ? insista Sirius. Je veux juste savoir pourquoi je ne peux pas utiliser ta cheminée.
Il croisa les bras sur sa poitrine, bien décidé à avoir le fin mot de l'histoire. Lucius soupira, tenta une nouvelle fois de faire diversion, et finit par marmonner la réponse qu'attendait l'animagus.
- Pour que tu ne puisses pas me surprendre quand je ne suis pas à mon avantage... Je veux toujours paraître sous mon meilleur jour pour toi...
Sirius contempla l'aristocrate blond avec effarement. S'il n'avait pas su que c'était biologiquement impossible chez les Mafoy, l'animagus aurait juré que les pommettes du blond avaient délicatement rosies. Il étouffa une vague de tendresse qui lui donnait envie de prendre Lucius dans ses bras et se détourna. Il avait un cadeau à aller chercher.
Allée des Embrumes, 15h30
Sirius sortit de la boutique, fier du devoir accompli, le paquet pour Draco sous le bras. Il se dirigea d'un pas rapide vers le Chaudron Baveur car il avait accepté de prendre un verre avec Lucius. Mais comme il passait près d'un recoin sombre, une scène l'interpella. L'animagus se plaqua contre le mur et tendit l'oreille. Au fur et à mesure de la discussion, le dernier des Black passa d'une expression franchement incrédule à une grimace de rage pure. Sortant de sa cachette, sa baguette pointée droit sur Lucius, il hurla.
-Un coup monté ? ! Un putain de coup monté Lucius ? Je me suis fait casser la gueule parce que tu voulais me faire croire que tu pouvais me sauver ?
Devant la colère de Sirius, les trois hommes que Lucius avait embauché pour le tabasser et qui étaient en train de réclamer leur paiement, reculèrent prudemment et disparurent dans l'ombre. Lucius se sentit soudain très seul.
Manoir Malfoy, Grand Salon, 16h
Quand Harry et Draco virent revenir le père de Draco avec un magnifique œil au beurre noir, ils en conclurent que non, l'opération « Sauvons le petit Sirius en détresse » n'avait pas fonctionné comme ils l'espéraient. Pour une fois que Lucius acceptait de les écouter...
Voila!
Alors? Qu'est ce que vous en avez pensé?
N'hésitez pas à me le dire surtout, et à laisser des critiques si vous n'avez pas aimé, ça me permettra de m'améliorer.
A bientôt pour la suite,
Shaa!
