Bonjour!

Me voici de retour avec le dernier chapitre de cette histoire.

J'en profite donc pour remercier toutes les personnes qui m'ont mis en favori ou alerte ou qui m'ont laissé des reviews.

De nouveau un grand merci à Nanola, qui a comme toujours fait du bon boulot pour que cette histoire soit lisible et compréhensible. D'ailleurs, pour les réclamations, adressez vous à elle.^^

Bonne lecture!


Dimanche

Manoir Malfoy, Appartements de Lucius Malfoy, 00h00

Lucius se laissa tomber dans son fauteuil, un verre d'alcool à la main.

Boire n'était peut être pas la solution à ses problèmes, mais c'était une bonne façon de les oublier temporairement, se dit-il en avalant une nouvelle gorgée. Et d'oublier Sirius aussi. Des larmes lui montèrent aux yeux et il préféra penser qu'elles étaient provoquées par sa boisson plutôt que par le souvenir de sa dispute avec Sirius.

Cet imbécile, borné, irritant et sexy de Sirius Black l'avait encore jeté. La vie était vraiment trop injuste, pensa Lucius en buvant de nouveau. Les mots de Sirius étaient encore frais dans son esprit, tout comme ses reproches, ses gestes énervés et son regard noir de colère.

Pourtant, Lucius avait pensé bien faire en donnant cette interview. Comme Sirius n'avait pas eu air de croire qu'il s'intéressait vraiment à lui, l'aristocrate s'était dit que faire une annonce officielle convaincrait enfin l'animagus. Apparemment, il s'était lourdement trompé. Sirius l'avait qualifié de pervers manipulateur, entre autres gentillesses.

Dépassé par cette attaque et cette situation qu'il ne maitrisait pas, Lucius avait pris la fuite sans répondre. Puis il s'était réfugié chez lui, dans ses appartements d'où il n'était plus sorti de la journée.

De toute façon, quelque chose lui disait qu'il n'y avait plus rien qu'il puisse faire pour faire changer Sirius d'avis. L'animagus déciderait ou non de lui donner une chance quand il se serait calmé, et en attendant Lucius ne pouvait rien faire d'autre que de patienter. Le blond soupira avec lassitude, termina son verre et décida d'aller dormir.

12 Square Grimmaurd, 3h du matin

Le coude sur l'accoudoir de son fauteuil et le menton appuyé au creux de sa main, Sirius contemplait le vase emplis de fleurs, l'esprit confus.

«Pile, tu vas le voir et face, tu ne le revois plus jamais. Rien de plus simple. »

C'est ce que lui avait dis Harry avant d'aller se coucher, mais franchement, Sirius ne trouvait pas que ce choix soit si simple. L'animagus s'agita un peu sur son fauteuil et grimaça en dépliant son bras engourdi. Merlin soit maudit, il avait l'impression d'avoir de nouveau quinze ans et de devoir choisir une cavalière pour le bal de Noël !

Avec un grognement d'exaspération, il se leva et farfouilla dans le tiroir de sa commode à la recherche d'une mornille qu'il se souvenait d'avoir rangée là. Rien de plus simple avait dit Harry et il était temps de le vérifier. Après plusieurs minutes de recherches, ses doigts se refermèrent sur la pièce et il la sortit avec un sourire de triomphe.

Son butin dans la main, il alla se rasseoir dans son fauteuil, hésitant. Était-ce une bonne idée de confier une telle décision à ce petit bout de métal ? Se décidant soudain, il lança la pièce, la rattrapa, et la retourna sur le dos de sa main. Puis, lentement, il retira son autre main pour découvrir le résultat. Il contempla la pièce quelques instants avant de prendre une brusque inspiration.

- Bon, marmonna-t-il, comme ça, c'est décidé.

Avec un petit sourire satisfait, il se leva, déposa la mornille sur sa table de chevet et alla se coucher. Il ne lui fallut que quelques minutes pour s'endormir profondément.

Manoir Malfoy, Appartements de Lucius Malfoy, 06h30

Severus sortit de la cheminée et s'épousseta rapidement. Il indiqua à l'elfe de maison qui s'était précipité à sa rencontre que ce n'était pas la peine de prévenir Lucius de son arrivée. Après tout, le blond savait qu'il arrivait. Une demi heure plus tôt, Severus avait en effet reçu un hibou, porteur d'une missive lapidaire de son ami qui exigeait une potion de sommeil. Silencieusement, il parcourut le dédale de salles et de couloirs qui menaient à l'aile réservée à son ami. Une fois arrivé, il ouvrit la porte et entra, sans même avoir pris la peine de frapper.

- Bonjour Severus, fit Lucius depuis un des fauteuils faisant face à la porte.

Le professeur de potions traversa la pièce à grands pas et tendit une fiole au blond, avant de se poser dans le fauteuil qui lui faisait face.

- Tiens. Potion de sommeil sans rêves.

L'aristocrate posa la fiole sur l'accoudoir.

- Merci.

- Tu ne veux toujours pas me dire ce qui s'est passé hier ? s'enquit Severus, soucieux.

La veille, rentré chez lui après le départ de ses deux encombrants invités, il avait soupiré de soulagement en retrouvant ses appartements intacts. Il avait passé le reste de la journée à lire tranquillement, et le soir venu, mû par la curiosité, il était allé au Manoir Malfoy. Il avait envie de savoir comment s'était passée la discussion entre les deux hommes. Mais à son grand agacement, Lucius, retranché dans ses appartements, avait refusé de le recevoir.

- Rien d'intéressant, soupira Lucius, qui n'avait pas la moindre envie d'en parler.

Il semblait encore plus pâle que d'ordinaire et avait les traits marqués par la fatigue.

- Tellement peu intéressant que ça t'a empêché de dormir cette nuit et que j'ai dû te ramener une potion... ironisa son ami.

Lucius haussa les épaules.

- Sirius m'a opposé une fin de non-recevoir. C'est tout ce qu'il y a à savoir.

Severus observa son ami en silence puis secoua la tête.

- Soit, fit-il, conciliant. Si tu ne veux pas en parler, libre à toi.

Il se leva, et fit un signe du menton vers la potion qu'il avait donné à Lucius.

- Je te conseille de ne pas la prendre maintenant, sinon, tu vas dormir jusque seize heures et tu ne sauras plus dormir cette nuit. En plus, cela risque de dérégler...

- Oui maman, je sais, le coupa Lucius avec un sourire amusé qui n'atteignit pas ses yeux.

Severus leva les yeux au ciel mais préféra ne pas s'énerver. Lucius ne semblait pas en état de se chamailler ou d'encaisser une remarque cynique.

- D'accord, soupira le Maître des potions. Je te laisse te débrouiller, mais si tu as besoin d'aide, n'hésite pas.

Le blond acquiesça d'un hochement de tête et se replongea dans ses pensées. Severus lui lança un dernier regard inquiet puis repartit comme il était venu, sans un bruit.

12 Square Grimmaurd, 7h

Sirius ouvrit les yeux au milieu d'un rêve fort agréable et bailla. Quelque chose l'avait tiré du sommeil mais quoi ?

BAM, BAM, BAM !

- Immonde bâtard ! Fils indigne qui ose souiller ma demeure par sa présence !

L'animagus grimaça en avisant l'heure. Finalement, Azkaban, ce n'était pas si mal, quand on considérait qu'il pouvait faire la grasse matinée sans être dérangé.

- Lindy ! cria-t-il en sortant du lit.

L'elfe de maison se matérialisa presque aussitôt dans la pièce, une casserole pleine de savon à la main.

- Bonjour Maître Sirius, salua la petite créature. Que puis-je faire pour vous ?

- Je croyais que tu avais fais taire ma mère une bonne fois pour toutes, grogna Sirius en enfilant sa robe de chambre. Et puis, tu n'es pas censée ouvrir la porte aux visiteurs, au lieu de les laisser faire ce raffut de tous les diables ?

- Je suis désolée Maître Sirius, s'excusa l'elfe. Mais le Maître a dit hier de ne laisser entrer personne, à cause des journalistes, et le sort de silence a dû se rompre. Lindy va se punir.

Joignant le geste à la parole, l'elfe prit la casserole à demain et se cogna la tête dessus, renversant au passage une grande partie de l'eau savonneuse par terre. Sirius jura et attrapa la casserole, tandis que les coups à la porte et les hurlement de sa mère se faisaient plus insistants.

- Suffit ! s'exclama-t-il. Ce n'est pas la peine de faire ça. Par contre, tu vas aller relancer un silencio sur cet affreux portrait pendant que je vais voir qui est l'imbécile qui provoque tout ce tapage. Exécution !

Précédé par l'elfe à qui il avait rendu la casserole, Sirius descendit l'escalier et se dirigea vers la porte d'entrée. Le silence revint dans le couloir quelques secondes plus tard, au moment où il ouvrait la porte en se reculant. Bien lui en prit, le poing fermé de Rogue s'arrêta à quelques centimètres de son visage. Sirius secoua la tête avec fatalisme.

- Vous n'êtes pas amis pour rien, marmonna-t-il. Je suppose que tu veux entrer ?

Il s'écarta de la porte et Severus haussa un sourcil surpris.

- Tu... m'invites... de ton plein gré ? hésita l'enseignant.

S'il y avait bien une chose à laquelle Black ne l'avait pas habitué, c'était à son hospitalité. Quand il s'était décidé à venir chez son ennemi, il ne pensait pas être amené à entrer dans cette vieille demeure moisie. Il s'était plutôt préparé à se faire claquer la porte au nez, ou éventuellement à discuter sur le perron.

- Oui. D'ailleurs, si tu pouvais te dépêcher, parce que je suis en robe de chambre et qu'il fait froid, ça m'arrangerait.

Devant le manque de réaction de Severus, Sirius finit par hausser les épaules et s'éloigna en le laissant là.

- Pense à fermer la porte après être entré. Ou après être parti, comme tu préfères.

Severus resta figé quelques instants, indécis quant à la marche à suivre. Le comportement de Sirius lui semblait étrange, et il ne put s'empêcher de se demander s'il n'y avait pas un piège. Un sort de magie noire qui se déclencherait sur son passage ?

-Alors tu te décides ? cria Sirius du fond de la demeure.

Severus fit claquer sa langue, agacé. Allons ! Il n'y avait probablement aucun piège, le cabot n'était pas assez intelligent pour en faire un. Sur cette bonne pensée, il se décida à entrer.

Il retrouva Sirius dans la cuisine, en train de se servir un café bien noir. Une deuxième tasse était déjà remplie et Severus s'installa devant. Soudainement, il ne savait plus trop comment aborder le sujet qui l'avait amené là. Dans ce cas là, la meilleur défense était encore l'attaque, aussi ce fut sur un ton franchement accusateur qu'il prit la parole.

- Qu'est ce que tu fiches ici ?

Sirius posa lentement la cafetière sur la table et s'assit à son tour.

- J'habite ici tu sais, répondit-il calmement.

- Tu as parfaitement compris ce que je voulais dire. Tu devrais être au Manoir Malfoy, en train de... roucouler d'une façon parfaitement écœurante dans les bras de Lucius !

Sirius leva les yeux au ciel et avala une gorgée brûlante qui le fit grimacer, lui épargnant l'obligation de répondre. Mais Severus n'avait pas l'intention de le laisser se défiler.

- Il a passé la semaine à te courir après, il m'a pourri toutes mes vacances et t'es même pas foutu de lui tomber dans les bras, alors que je suis sûr qu'en fait, tu en rêves !

L'animagus reposa sa tasse et profita du fait que Severus soit obligé de reprendre son souffle pour prendre la parole à sa place.

- Depuis quand tu te sens concerné par cette histoire ? railla-t-il. Tu étais le premier à dire que tu ne voulais pas t'en mêler.

Severus referma la bouche, ennuyé, et réfléchit. Pourquoi était-il venu parler de ça à Black ?

- J'ai vu Lucius ce matin, confia-t-il. Il n'était pas en grande forme.

Sirius termina son café et attrapa un gâteau dans un plat posé plus loin. Son visage ne laissa rien filtrer des pensées qui l'assaillaient à ce moment. Est-ce que Severus était venu parce que Lucius allait mal ? Est-ce que c'était à cause de lui, Sirius, que Lucius n'était pas en forme ? Dans ce cas, pouvait-il encore réparer les choses ou pas du tout ?

- Toi, par contre, tu sembles avoir bien dormi !

Le ton de Severus était redevenu accusateur et Sirius soupira.

- Et bien non, je n'ai pas suffisamment dormi et j'ai eu de plus un réveil brutal, persifla l'animagus en retour.

L'atmosphère se chargea d'électricité tandis que les deux hommes se défiaient du regard.

- Alors, grogna Sirius, désormais de mauvaise humeur, qu'est ce que le gêneur que tu es avais de si urgent à me dire ?

- Ne prends pas ce ton là avec moi, Black ! menaça son interlocuteur. Lucius est mon ami et je ne te laisserais pas lui faire du mal juste parce que tu as envie de t'amuser !

- Lucius est assez grand pour se défendre tout seul et il n'a certainement pas besoin de ton aide ! Non mais vraiment pour qui tu te... !

- SILENCIO ! s'écria une troisième voix.

Le sortilège frappa les deux hommes de plein fouet, coupant Sirius dans sa diatribe.

- Heu, Harry... tu es sûr que c'était une bonne idée de faire ça ? demanda Draco.

- Ils n'ont qu'à pas hurler comme ça dès le petit matin, répondit sèchement Harry en ignorant royalement les regards meurtriers que lui lançaient les deux adultes. Je commence à en avoir marre de tout ce cirque. Une semaine que ça dure ! Je voudrais pouvoir faire la grasse matinée sans être dérangé à des heures impossibles !

Nothing Hill, Appartement de Ron et Hermione Weasley, 07h40

Avec inquiétude, Harry attendit la réaction de Ron. Mal réveillé, celui-ci était encore en train d'assimiler ce que son ami venait de lui annoncer.

Quand le brun avait réalisé qu'il venait de faire taire Rogue, il avait compris que celui-ci allait l'écorcher vif dès qu'il pourrait prononcer une formule. Du coup, il avait entraîné Draco chez Ron et Hermione, seul endroit où Harry se sentait suffisamment en sécurité. Parce que non, comme il l'expliqua à Draco un peu plus tard, le Manoir Malfoy n'était pas, en tout cas pour le moment, une option viable.

Sauf que Ron, réveillé par le bruit, était venu voir avec Hermione ce qui se passait et avait découvert son meilleur ami écroulé de rire dans les bras de son pire ennemi.

Harry avait alors décidé de lui révéler la véritable nature de sa relation avec Draco.

- Donc, résuma Ron en se frottant les yeux pour tenter d'éclaircir ses idées, si je comprends bien, tu viens me réveiller un dimanche matin, à sept heures et demie, pour m'annoncer que tu sors avec Draco Malfoy.

- Heu... oui, acquiesça Harry mal à l'aise.

- Et tout ça parce que Lucius Malfoy a déclaré dans le journal qu'il était fou amoureux de Sirius, sauf que Sirius n'a pas l'air d'être du même avis bien que tu aies tenté de les mettre ensemble ?

- Voila, fit Harry.

Ron se tourna, l'air soudain furieux, en direction d'Hermione assise près de lui sur le canapé.

- Traîtresse ! l'accusa-t-il avec un froncement de sourcil. A cause de tes cachotteries, je n'ai pas pu lire la page des sports !

- C'était un accident ! se défendit Hermione. Je n'ai pas fait exprès de brûler la rubrique sports ! Je voulais juste me débarrasser du reste !

- Oui mais quand même ! Le sport, c'est la seule rubrique intéressante de ce fichu journal auquel tu nous as abonné !

- Eh bien tu pourrais... !

- SILENCIO !

Nothing Hill, Appartement de Ron et Hermione Weasley, 07h45

- Non Harry, je suis désolé, mais tu ne peux pas continuer à mettre tous les gens qui t'énervent sous sort de silence. Ça ne se fait pas !

Harry jeta un regard agacé à Draco qui l'avait rejoint dans le salon. Hermione et Ron, muets, les dévisagèrent d'un air furieux.

Plus le brun écoutait le discours moralisateur de Draco, plus il avait un Silencio qui le démangeait.

- Ne me regarde pas comme ça Potter, ajouta Draco en plissant les yeux avec méfiance. Je te préviens : si tu me lances un sort de silence, tu le regretteras tout le reste de ta courte vie. Maintenant, libère les.

Le brun grimaça, puis, avec un soupir parfaitement audible, lança le contre sort avant de ranger sa baguette dans sa poche.

- Harry tu... ! s'écria Ron, en colère.

- Tu ne m'as pas dit ce que tu pensais de ma relation avec Draco, le coupa sèchement Harry.

Le roux referma la bouche, réfléchit un instant puis haussa les épaules et sourit.

- Tu fais bien ce que tu veux Harry. Sait-on jamais, tu arriveras peut être même à le rendre fréquentable !

Draco grimaça.

- Je suis certainement plus fréquentable que toi Weasley !

12 Square Grimmaurd, 8h30

Severus était fou de rage. Cela faisait plus d'une heure qu'il était coincé à Square Grimmaurd, sous sort de silence, et tous ses efforts pour se libérer n'avaient servi à rien. En plus, Black trouvait ça drôle ! Après avoir observé ses premières tentatives, l'animagus était parti chercher du papier et avait écrit « Il est fort mon filleul hein ? » dessus, avant de le montrer à Severus avec un sourire goguenard. Severus, lui, n'avait pas trouvé ça amusant du tout. Comme aucun des deux ne pouvait parler, ils ne pouvaient pas lancer le contre sort, même avec leur baguette.

Et depuis, à chaque nouvelle tentative ratée, le dernier des Black éclatait d'un rire silencieux en regardant Severus devenir rouge sous l'effort de concentration.

« S'il continue comme ça, il ne sera plus le dernier ! pesta Severus pour lui même. Dès que j'ai récupéré ma voix, je les étripe, lui et son imbécile de filleul ! »

Las, il posa son front sur ses poings serrés. Incapable de se libérer, il ne pouvait pas rentrer chez lui, et les quelques sorts informulés qu'il savait lancer ne lui étaient dans le cas présent pas d'une grande utilité.

Ohé ? Il y a quelqu'un ? Sirius ? C'est Remus !, fit entendre une voix douce en provenance du couloir.

Dans un même mouvement, Sirius et Severus se levèrent et se précipitèrent vers le salon. Quelqu'un allait enfin pouvoir les libérer !

Manoir Malfoy, Jardin d'été, 14h30

Lucius avait été prévenu par un elfe de maison que Severus était revenu et demandait à le voir. Bien que la petite créature ait transmis au professeur le refus de son maître de recevoir qui que ce soit, l'enseignant avait insisté. Le blond fronça les sourcils, agacé. Il n'aimait pas que l'on s'impose chez lui, même si l'importun était l'un de ses plus proches amis, ou en l'occurrence, le seul. Et que lui-même agisse de cette façon chez les autres n'avait rien à voir, il était un Malfoy, lui. Il ne dérangeait jamais.

Décidé à envoyer Severus paître, Lucius se dirigea à grands pas vers le jardin d'été. Quelle idée aussi que de vouloir qu'il le rejoigne là bas ! Ne pouvait-il pas se déplacer jusqu'à ses appartements ? Que croyait Severus ? Que Lucius n'avait que ça à faire de traverser tout le manoir pour se rendre au jardin d'été ?

Arrivé à ce point de ses pensées, l'aristocrate dut reconnaître qu'en fait, il n'avait effectivement rien d'autre à faire. Mais par principe, il se plaindrait tout de même auprès de Severus du dérangement que celui-ci occasionnait.

Enfin, il arriva au kiosque.

- C'est pas trop tôt, grogna le maître des potions en se levant du banc où il était installé. Amusez-vous bien et oubliez mon existence, ça me fera des vacances.

- Mais que... ? commença Lucius, perplexe.

Severus se contenta d'agiter la main sans répondre avant de s'éloigner.

- Bonjour Lucius, déclara alors Sirius, qui se tenait jusque là caché derrière un massif juste à côté.

Le blond se raidit et se retourna lentement, se maudissant. Comment avait-il pu ne pas voir Sirius avant ? Et comment celui-ci avait-il pu rentrer sans que les elfes ne préviennent de...

Oh. Oui, évidemment.

- J'espère que tu n'as pas laissé des poils partout sur mes tapis précieux, persifla le blond en croisant les bras.

- Pas du tout, je suis bien élevé. Par contre, j'ai profité de tes rosiers pour marquer mon territoire.

Une expression de dégoût se peignit sur le visage de Lucius, vite maîtrisée. Sirius s'avança et s'installa sur le banc libéré par Severus.

- Je suis venu m'excuser pour hier, annonça-t-il. Je n'aurais pas dû m'énerver de cette façon, ni t'insulter. En fait, je crois...

Il parlait vite, sans regarder Lucius, et donnait l'impression d'être en train de réciter un discours soigneusement préparé.

- Que tu as voulu aller un peu trop vite et..., continuait-il lorsque Lucius l'interrompit.

- Sirius, fit le blond, mais Sirius ne sembla pas l'entendre.

- ... Comme tu n'écoutes jamais ce que l'on essaye de te dire, tu...

- Sirius !

L'animagus interrompit son monologue et se décida enfin à regarder son interlocuteur.

- Pourquoi es-tu venu exactement ?

Sirius repoussa ses cheveux en arrière et se frotta la nuque.

- Harry a dit que je devais prendre une décision à propos de toi et moi. Que c'était aussi simple que de tirer à pile ou face. Alors, j'ai pris une décision, et je suis venu t'en faire part.

Lucius sentit ses jambes se dérober sous lui et s'assit sur le banc face à Sirius. Une part de lui se disait que si Sirius avait prit la peine de s'excuser pour la veille et de se déplacer jusque chez lui pour lui parler, ce n'était pas pour le rejeter une nouvelle fois. Mais une voix beaucoup plus convaincante lui criait que Sirius n'avait jamais rien compris aux notions de tact et de diplomatie et qu'il était parfaitement capable de venir lui dire en face de ne plus jamais l'approcher.

- Comme pile... commença Lucius.

Il sentit sa voix trembler et s'interrompit. Sa voix tremblait ? Sa voix ne tremblait jamais. Il était un Malfoy nom d'un serpent ! Il ferma les yeux un court instant et respira profondément.

- Jouer ça à pile ou face est vraiment une idée stupide, digne de Potter, lança-t-il une fois la maîtrise de sa voix retrouvée.

- En fait, c'est ce que j'ai fait, répondit Sirius.

- Pardon ?

Lucius crut qu'il allait s'étouffer. Il avait toujours sur que les Gryffondor avaient des idées débiles, mais là, ça dépassait vraiment l'entendement !

- J'ai joué à pile ou face. Pile, je te laissais une chance. Face, je t'envoyais paître définitivement.

Le blond ouvrit la bouche dans l'optique d'enguirlander sérieusement le Gryffondor mais se ravisa, l'espoir faisant battre son cœur à une vitesse folle. Après tout, Sirius était là, non ? Donc, ça voudrait dire que...

- Et ? demanda-t-il.

- C'est tombé sur face.

Poudlard, Appartement du Maitre des potions, 14h45

Avec un soupir de soulagement, Severus se déchaussa et se laissa tomber dans son fauteuil, ruminant des plans de vengeance à l'encontre de Black, Potter, et tout les gêneurs auxquels il pouvait avoir à faire.

Il espérait juste que c'était bientôt terminé, qu'il pourrait enfin profiter de ses vacances sans être réveillé à des heures indues.

Ses pensées volèrent vers son ami Lucius. Normalement, celui-ci devait être en pleine discussion avec Sirius. Severus espérait juste que l'abruti qu'était Sirius Black ne dirait pas trop de bêtises et ne ferait pas trop de mal à Lucius. Et dire que c'était lui qui l'avait emmené au Manoir Malfoy ! Mais il n'avait pas eu le choix de toute façon. Enfin si. Mais Remus Lupin pouvait être diablement convaincant quand il le voulait !

Ruminant toutes ces pensées, Severus finit par sombrer dans un sommeil bien mérité.

Manoir Malfoy, Jardin d'été, 14h45

Lucius avait senti son sang se figer dans ses veines à l'annonce de Sirius. Et puis, avant d'avoir eu le temps de se rendre compte de ce qu'il faisait, il s'était jeté sur l'animagus pour le frapper. Il n'eut même pas le plaisir de le cogner une seule fois. Sentant le coup venir, Sirius l'avait immobilisé en le serrant dans ses bras avant qu'il ait pu faire quoi que ce soit.

- Comment oses-tu ? hurla Lucius en se débattant. Tu n'es qu'un sale... un sale... !

Les mots lui manquèrent et il cessa soudain de se démener. Il était las de tout ça. Fatigué de courir après le même homme depuis plus de quinze ans. Fatigué de se voir rejeter, encore et encore, sans savoir quoi faire pour changer les choses.

Il baissa la tête sur ses poignets enserrés par les mains de Sirius. Le contraste était saisissant entre sa peau pâle et celle, plus mate, de Sirius, contre le torse duquel son dos était plaqué.

- Lâche moi, exigea-t-il.

- Non.

Lucius tenta de se dégager une nouvelle fois, mais Sirius le tenait trop bien.

- Lâche moi immédiatement !

Son ton était plus polaire que la banquise et il se félicita intérieurement qu'il ne trahisse rien de son désespoir intérieur.

- Non, marmonna Sirius à son oreille. Pas avant que tu ne m'aies écouté jusqu'au bout.

Le souffle doux de l'animagus près de son oreille fit frissonner Lucius, qui se résolut à prendre son mal en patience. De toute façon, il ne pouvait présentement pas faire grand chose d'autre. Mais à la minute où Sirius le lâcherait, le blond lui lancerait un maléfice cuisant pour se venger. Ou un chauve-furie. Ou une malédiction pour qu'il perde tous ses cheveux tiens. Ou tiens, mieux encore, un maléfice pour le rendre impuissant !

- C'est marrant, je suis quasiment sûr que tu cherches quel sort tu vas bien pouvoir me balancer entre les deux yeux, sourit Sirius.

- Dépêches toi de dire que ce tu as à dire Black, et tire-toi, siffla Lucius, furieux.

- D'accord. Donc, avant que tu ne m'agresses, j'étais en train de te dire que sur les conseils d'Harry, j'avais tiré à pile ou face pour savoir ce que je devais faire à ton sujet. Et cette stupide Mornille est tombée sur face.

- Abrège, grogna l'aristocrate qui en avait assez.

Il voulait que Sirius le lâche, pour pouvoir rentrer chez lui noyer son désespoir dans l'alcool.

- Ça va, ça va, ne sois pas aussi rabat-joie, soupira Sirius. Donc, elle est tombée sur face, et c'est à cet instant que j'ai compris que ce jeu était débile et que l'argent ne faisait pas le bonheur.

- Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! s'énerva Lucius.

- Je t'aime !

Le silence tomba en même temps que la déclaration de Sirius. Il s'étira en longueur, prit ses aises et se sentait prêt à s'installer indéfiniment quand Lucius reprit la parole, toujours serré contre Sirius.

- Tu m'aimes ?

-Oui, acquiesça Sirius.

Lucius se retourna pour faire face à Sirius, ne se rendant même pas compte que celui-ci l'avait lâché. Il fronça les sourcils, un peu perdu.

- Mais... tu as dis... et ton histoire de pièce alors ?

- Eh bien, quand j'ai vu le résultat, je me suis senti désespéré à l'idée de ne plus te voir et j'ai compris que j'aurais préféré que ça tombe sur pile. Du coup, je me suis dis que ça tombe sur pile, c'est que je devais ressentir quelque chose pour toi. Alors, j'ai réfléchi, et je me suis rendu compte qu'en fait, j'étais amoureux de toi. Restait à savoir depuis combien de temps. En y repensant bien, si je n'avais pas eu quelque sentiment pour toi, je t'aurais viré avec un maléfice cuisant il y a des mois de ça, quand tu es revenu me voir la première fois. Et donc...

- Tais-toi et embrasse moi, fit Lucius d'un ton autoritaire, et Sirius obtempéra de bonne grâce et avec beaucoup de plaisir.

L'animagus entoura le blond de ses bras, l'attirant à lui, et l'embrassa longuement, redécouvrant des sensations dont il n'avait plus qu'un souvenir lointain et alcoolisé. Lorsqu'ils se séparèrent, Lucius se demanda s'il était en train de rêver. Il se serait bien pincé le bras pour vérifier, mais les Malfoy ne se pinçaient pas le bras alors...

- Aïe ! sursauta Sirius qui frotta son bras avec une grimace.

- Bien fait, commenta Lucius qui sentit un sourire naître sur ses lèvres.

Finalement, il ne rêvait pas. Levant une main, il la posa sur la nuque de Sirius pour l'attirer de nouveau à lui et l'embrasser. Aujourd'hui était décidément un beau jour...


Et voila...

Cette histoire est finie, et ça fait toujours un peu bizarre de se dire que ça y est, c'est terminé.

J'espère que vous aurez eu autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à l'écrire, et que la fin aura été à la hauteur de vos espérances.

En tout cas, merci d'avoir lu et de m'avoir encouragée!

Si vous voulez laisser une review finale, je répondrai alors n'hésitez pas!

A bientôt peut-être pour une nouvelle histoire!

Shaa

PS: Pour ceux qui m'ont questionné à propos de la suite de "La chasse est ouverte", un chapitre est en préparation, ne perdez pas espoir. (C'est juste que j'ai un peu du mal.)