Chapitre 2 : L'équipe

Eunomia nous guide jusqu'au train qui nous conduira au Capitole et nous fait prendre place dans une sorte de petit salon. Leobwin et moi nous assoyons à côté tandis qu'Eunomia prend place en face de nous. Bien qu'il soit de côté à moi, je peux quand même voir le regard meurtrier qu'il jette à notre hôtesse.

-«Votre mentor devrait se joindre à nous dans peu de temps», nous dit joyeusement Eunomia, sans prendre compte du regard de Leobwin.

Comme elle dit cela, un homme d'une cinquantaine d'année, les cheveux blanchissants et qui disparaissent de plus en plus du dessus de son crâne, s'avance vers le divan. Le mentor est habituellement le dernier gagnant que le district a eu mais, pour une raison qui m'échappe, l'homme que j'ai devant moi, nommé Nikiffor, est le deuxième avant dernier gagnant que l'on a eu. On dit qu'il est devenu fou après ses jeux et lorsqu'on le questionne sur le meilleur moyen de survivre dans l'arène, il nous répond avec un sourire et le regard perdu : «On meurt tous un jour mes chers jeunes gens».

Bon, d'accord, il est bizarre mais il est peut-être pas complètement fou. Il y a encore un espoir d'avoir des réponses de sa part vu qu'il sait au moins de quel sujet on parle. Par contre, après sa réponse sur la survie, il ne participe plus du tout à la conversation et malgré les essais de Eunomia, personne ne parle plus. J'en profite pour examiner le collier que mon père m'a donné avant que je parte. C'est une grande chaîne qui laisse les pendentifs descendre jusqu'au centre de mon buste. Le premier pendentif est argent et porte l'inscription «Croire». Mon père disait qu'il faut croire en soi-même. Alors que la seule personne qui est en mesure de m'aider semble folle et que je suis sur le point de mourir dans une arène pour le plaisir du Capitole, c'est un peu dur à faire. Le deuxième pendentif, qui est de couleur bronze, est «Toujours». Il disait qu'il faut toujours suivre ses rêves. Dans le monde dans lequel on vit, la seule façon de suivre ses rêves est de ne pas avoir trop d'ambition et, surtout, de ne pas être pigé pour les Hunger Games. Le troisième pendentif est aussi argent et est moulé le mot «Rêver». Il disait que si tu peux le rêver, tu peux le créer. Avec le temps qu'il me reste avant les jeux, le stress que ceux-ci m'apporte et le manque de sommeil, je ne crois pas que je vais être en mesure de rêver à quoi que ce soit et encore moins de le créer. À une autre journée, j'aurais été ravie d'avoir ce collier mais le fait d'être tribut enlève tout le sens des inscriptions alors je range le collier à l'intérieur de ma robe avant de me mettre à pleurer sur mon sort.

Le Capitole approche à toute vitesse mais tout ce que je peux apercevoir est une abondance de couleurs avant que le train entre dans le terminus situé dans le bâtiment comportant le centre d'entraînement au sous-sol et les suites des tributs jusqu'aux jeux. Bien entendu, le bâtiment fait 12 étages de haut et Leobwin et moi sommes envoyés au centre de préparation. Je rencontre mon équipe de préparation qui est constituée de trois femmes : Léonide, qui a la peau foncé et porte ses cheveux frisés, qui sont d'un orange vif, en une espèce de grosse boule, Vega, qui a des cheveux long, avec des mèches bleu, d'un seul côté de sa tête, et Ethelinda, qui a les cheveux vert tressés sur le dessus de sa tête et qui me rappel un serpent. Après ma séance de polissage de peau et tout le tralala du Capitole, je monte jusqu'au cinquième étage, l'étage de mon district, pour souper en compagnie de Eunomia, Nikiffor, Leobwin et nos stylistes à moi et Leobwin que nous rencontrons pour la première fois. Ma styliste a la peau et les cheveux dorés et se prénomme Orabela. Malgré son allure du Capitole, elle est plutôt jolie, contrairement à la styliste de Leobwin qui a un teint bleu comme si elle étouffait et des yeux de poissons. La quantité de nourriture est largement plus grande que tout ce que je n'ai jamais vu rassemblé en même temps sur une table. J'ai la confirmation que mon mentor est fou lors du souper alors qu'il ne fait que manger des citrons et vanter leur bon goût. Pour briser le silence qui s'est abattu sur la table après le dernier commentaire sur les citrons, Orabela commence à nous parler de la parade que nous aurons le lendemain. Notre district étant celui de l'énergie, nous aurons droit à des costumes qui y seront associés mais chacun dans un style qui nous définira plus en tant qu'individu et non en tant que duo. Comme Leobwin prend mal le fait d'être tribut, il fait des crises de rage, ce qui le rend menaçant. Sa styliste va continuer dans cette ligne de dur à cuire. Pour moi, étant donné ma petite taille, ma minceur et mon calme, Orabela a opté pour un style plus innocent qui va permettre aux autres tributs de me sous-estimer et ainsi me donner une chance dans l'arène. Je n'ai peut-être pas d'aide de la part de mon mentor mais au moins ma styliste peut m'aider à avoir une chance de gagner.