Chapitre 4 : L'entrainement
Eunomia nous réveille à 9 heures pour qu'on se prépare pour l'entrainement qui a lieu au gymnase situé dans le sous-sol de l'édifice où nous nous trouvons. Ma gorge me brûle encore du citron d'hier si bien que j'ai du mal à avaler quoi que ce soit pour le déjeuner. Ensuite, j'enfile l'habit d'entrainement de tribut, qui est le même pour tout le monde à l'exception du numéro de district qui y est inscrit. C'est un chandail à manches courtes noir avec des lignes grises et rouges qui a un pantalon assorti. J'ai à peine le temps de noué mes cheveux en une queue de cheval que Eunomia nous presse pour être sûr que nous ne serons pas en retard à l'entrainement. Avec le peu d'aide que je peux avoir de la part de mon équipe, il est évident que je ne veux pas, et ne peux pas, manquer cette séance d'entrainement. Ce sera en même temps le temps de rencontrer les autres tributs et de juger leurs forces et faiblesses.
Arrivés au gymnase, Leobwin et moi partons chacun dans notre direction, ce qui n'est pas le cas des autres tributs qui restent groupés par districts. Une jeune femme noire du nom d'Atala prend place au centre du gymnase, sur une plateforme d'entrainement surélevée, et nous explique le fonctionnement de l'entrainement. Le matin va être consacré à des épreuves dont tous les tributs doivent participer. Ensuite, il y aura une pause du midi dans une cafétéria située juste à côté du gymnase. L'après-midi sera consacré à divers ateliers où nous pourrons allez à notre guise.
La première épreuve consiste à une course d'obstacles comportant des haies à passer au-dessus, des échelles à monter et descendre et des cônes à éviter. On voit tout de suite qui sont les tributs de carrières. À cause de ma grandeur, j'ai de la misère à passer les haies, si bien que je les fais presque toutes tomber. J'ai habituellement plus de facilité à grimper dans les échelles sauf que les haies ont endolories mes jambes ce qui me ralentit. J'ai peu de misère à contourner les cônes sauf que mon temps total de trajet est plus bas que la moyenne. Le fait de n'avoir presque rien avalé ce matin fait en sorte qu'après cette course, j'ai presque plus d'énergie. La deuxième épreuve constitue à sauter sur des plateformes de plus en plus hautes et éloignées les unes que les autres pour se rendre à des barreaux où il faut s'agripper avec nos mains pour les traversés. Mon manque d'énergie commence à se faire grandement sentir à mesures que les plateformes sont hautes et loin. Je manque les deux dernières plateformes en tombant entre les deux et en me retenant avec mes bras pour remonter et finir le trajet. Arrivée aux barreaux, je commence le trajet puis mes bras commence à se fatiguer et ne voulant pas tomber encore et faire rire de moi par le gars du district deux qui, je crois, se nomme Gunther, je passe les jambes entre les barreaux et les accroches, comme si je tentais de me mettre la tête à l'envers, pour faufiler mon corps en entier entre les barreaux. Je termine mon trajet à quatre pattes sur le dessus des barreaux ce qui me vaut un regard méfiant des filles des districts deux, Hedy, et trois, Maiara. Je perçois même un brin de jalousie dans le regard de Leobwin qui est tombé pas très gracieusement pour s'étendre de tous son long sur le sol. Je viens peut-être de ruiner le travail de ma styliste pour me sauver avec ce simple geste irréfléchi. Heureusement que c'est la pause du diner, ils oublieront peut-être. Ou au contraire, ils se passeront le mot que je suis plus capable que ce que je parais. Je devrais songer à me trouver des alliés, des bons, avant que la meute de carrière ne m'abatte.
Pour diner, on a droit à des pâtes dans une sauce rouge remplie de légumes, une pomme, un jus et une compote comme dessert. Maintenant, le plus dure est de se trouver une place. Les carrières, soit les tributs du un, deux et le garçon du quatre, sont ensemble à une table et parlent fort de leurs exploits qu'ils ont réussis dans leurs districts. La fille du quatre est plus timide et s'est prise une table à part. Les autres sont dispersés par districts à l'exception de ceux du sept et du dix dont les deux garçons semblent bien s'entendre. Je m'assoie donc à la même table que la fille du quatre mais un peu plus loin. Nous mangeons toutes les deux en silence jusqu'à ce que les tributs du trois se joignent à notre table et tentent de faire la conversation avec la fille du quatre, que j'apprends qu'elle se nomme Mina et qu'elle a 15 ans, mais elle n'est pas très bavarde et c'est tout ce que je peux apprendre d'elle. En revanche, Maiara, la fille du trois, se vante des inventions technologiques qu'elle crée et qu'elle croit qu'avec son cerveau elle va être capable de gagner les jeux. Le garçon du trois, Zeki, a le même âge que moi et semble un allié potentiel. Il sait créer quelques trucs technologiques mais il a une attitude contraire à Maiara. Atala nous appelle juste à temps pour me sauver d'une conversation avec Maiara.
Les divers ateliers sont répartis à travers le gymnase et varient du camouflage au tir à l'arc en passant par les plantes comestibles. Je mets toutes les chances de mon côté alors je me rends à l'atelier de nœuds. Mina est à cet atelier alors je vais pouvoir en profiter pour tenter de m'allier. J'apprends les nœuds de base ainsi que quelques-uns plus compliqués qui pourraient servir pour un collet pour attraper un petit gibier dans une forêt. Mina fait des nœuds très compliqués et en fait une sorte de filet qui pourrait attraper un plus gros gibier. Voyant mon air admiratif devant son filet, elle me dit qu'elle a appris à faire des filets depuis l'âge de 5 ans dans son district qui est celui de la pêche. Nous parlons une quinzaine de minutes de nœuds et de filet tout en essayant de faire des collets puis nous changeons d'ateliers pour partir chacune dans notre direction. Je passe à l'atelier de démarrage de feu ou je suis en compagnie de la fille du huit qui ne doit pas avoir plus de 14 ans. Son district est celui des tissus alors elle n'a pas de misère à déduire quel morceau de divers uniformes est le mieux pour partir un feu. En revanche, elle n'y comprend rien en traitements en cas de brulures, ce qui est plus dans mes connaissances vu que dans mon district nous avons régulièrement des blessés due à des feux qui se déclarent lors de problèmes techniques dans les usines à électricité. J'apprends beaucoup sur les tissus inflammables en sa compagnie alors que lorsque l'animateur de l'atelier nous demande de créer, à partir des produits qui sont sur la table, un onguent anti-brulures c'est elle, Amalia, qui apprend de moi en suivant ce que je fais et en me posant des questions sur ce que j'ai fait pour que l'onguent soit blanc et non vert, comme le sien. Après ça, je passe au tir à l'arc pour voir mes compétences. Je suis accompagnée du gars du sept qui après deux flèches dans le plafond lance son arc et s'en va en hurlant. Je réussis à décocher ma première flèche qui touche la cible lorsque Zeki, le gars du trois, vient me rejoindre. Il est très aimable mais il n'est aucunement doué pour tous ce qui est physique. Pour éviter de dévoiler trop mes compétences scientifiques en conversant avec lui, je passe, après une courte discussion, au lancer des couteaux. Je suis plutôt dangereuse et pas seulement pour les autres. Mes couteaux ne passent même pas proche de la cible alors lorsque je réussis à l'atteindre, je me mets à sauter de joie. La fille du un me voit et je vois dans son regard qu'elle me croit une proie facile. Je fais quelques autres ateliers sans rencontrer d'autres alliés potentiels sauf peut-être la fille du douze mais je voie clairement dans son comportement qu'elle ne fait confiance à personne.
De retour dans la suite du district cinq, je vais dans ma chambre me coucher car je suis épuisée et le sommeil sera probablement chose rare dans l'arène, alors aussi bien en faire le plein tout de suite, mais je me fais intercepter par Nikiffor qui me donne un citron juste avant que je rentre dans ma chambre. Je prends une douche puis, je me couche tout en tenant mon citron et en réfléchissant. Peut-être que Nikiffor n'est pas complètement fou et que le fait de me voir croquer dans un citron était une façon de me faire penser à me méfier plus des choses qui ont l'air innocentes. Que ce soit ce qu'il a volontairement, ou non, voulu m'apprendre, je l'ai appris. Il n'est peut-être pas complètement inutile finalement.
Le lendemain, c'est la deuxième, et dernière, journée d'entrainement. Je me dirige donc vers les ateliers que je n'ai pas faits, soit ceux de faire des abris, créer des catapultes, reconnaitre les plantes comestibles, pêcher et créer des hamacs. Je croise Zeki à l'atelier des abris et nous conversons sur le meilleur moyen de faire tenir un abri. Mina fait l'atelier de pêche et celui des hamacs en même temps que moi sauf que je reste plus longtemps aux hamacs dans le but de maitriser complètement les nœuds qui en font partie. Ce que j'apprends sur les autres tributs cette journée-là m'aide à faire le point sur les points fort et faibles des autres. La fille du un, Almas, n'est pas très rusé et opte pour les solutions de lançage d'objets. Le gars du un, Eder, a une force brute considérable mais a plus de misère à utiliser une arme telle qu'une lance. La fille du deux, Hedy, semble douée dans tout sauf dans les choses comestibles. Le gars du deux, Gunther, ne sais pas pêcher ni faire de nœuds mais sait manier une épée. La fille du trois, Maiara, sait la base de survie et un peu se servir de couteaux mais est prévisible. Le gars du trois, Zeki, sait partir un feu et faire un campement mais est incapable de se battre en corps-à-corps ou utiliser une épée. La fille du quatre, Mina, sait manier des cordes pour en faire des merveilles mais ne sait pas visé lorsqu'elle lance. Le gars du quatre est redoutable avec un trident mais incapable avec quoi que ce soit d'autre. Le gars de mon district, Leobwin, se montre plus habile que je l'imaginais et semble se forger une amitié avec les carrières. Le gars du sept n'a aucune patience. La fille du huit, Amalia, est douée pour les flèches et les catapultes mais ne sait pas guérir des blessures. Le gars du dix n'a peur de rien et est redoutable au corps-à-corps. La fille du douze sait ce qui est comestible et ne se laissera pas mourir de faim.
Eunomia est venue me réveillée vers 7 heures pour que je parle avec mon mentor de ma stratégie pour la séance d'entrainement privée avec les juges. Dison que notre discussion a plutôt été faite chacun dans nos têtes, assis un en face de l'autre. J'ai pris du temps à me décider mais lorsqu'Eunomia vient me chercher pour la séance, je suis prête.
Lorsque j'arrive dans le gymnase, je me dirige vers l'atelier de camouflage. Je commence par dessiner sur ma main la texture des feuilles et le long de mon bras celle d'un tronc d'arbre. Sur mon pied celle de la roche et sur l'autre pied celle de la terre. Je place ensuite mon bras sur l'arbre qui est dans le gymnase et qui sert de modèle à l'atelier, la main vers les feuilles puis, je pose mes pieds un sur un carré de terre et l'autre sur une roche. Je regarde en direction des juges qui semblent fascinés par la disparition de mon bras et mes pieds.
Les résultats de nos séances privées vont être diffusés partout à travers Panem et nous allons savoir nos résultats qu'en même temps que tout le monde. Je repense à ma séance privée d'hier et je devrais avoir un score pas trop pire. Alors que je pense à ça, la diffusion commence et les présentateurs commencent par le district un. Les tributs de carrières ont tous entre 8 et 10, Ceux du trois des 6 et Leobwin obtient un 7. Mon score affiche et j'obtiens un score de 5, ce qui n'est pas si mal et qui est juste dans la moyenne des districts qui me suivent. Je passe donc inaperçue pour les sponsors mais aussi aux yeux des tributs de carrières.
