A la base prévupour être un OS de Noël sans suite, mon esprit n'a pas pu s'empêcher de s'inventer la suite après un commentaire de Maze (ma Bêta lectrice sur « L'effet papillon » et la trilogie « Les marques du passé »).

Une blague devenue idée et challenge, que demander de mieux ?

Pour l'heure,

jevous laisse donc sur ce OS devenu prologue d'histoire,

bonnesfêtes de fin d'années à toutes et tous.

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Une vie pour une vie

Hermione Granger, cerveau du trio d'or et grande héroïne de guerre, regardait dehors par la fenêtre. Les flocons tombaient en nombre en ce 24 décembre 1998, rendant le terrain autour du Terrier entièrement blanc. Pendant que Harry et la quasi-totalité des enfants Weasley s'affrontaient dans le froid dans un match de Quidditch digne de professionnels, la jeune femme, elle, restait à l'écart. Elle n'avait jamais particulièrement aimé le sport, qu'il fût moldu ou magique, mais le vol sur balai était probablement pour elle le pire de tous. Bien sûr, elle aurait pu aller dehors pour les regarder, cela aurait d'ailleurs particulièrement fait plaisir à Ron, mais elle n'avait pas très envie de lutter dans la neige contre le vent glacial et encore moins de les entendre s'amuser tous ensemble.

La famille de son petit ami s'en était bien sortie durant la guerre, et mis à part quelque cicatrices sur certaines des têtes rousses, aucune mort n'avait été à déplorer, ils avaient donc de quoi être heureux. Hermione aussi l'était dans un sens, mais sa joie face à la victoire de la lumière était légèrement plus fade que celle de son entourage… car ce dernier n'était pas complet pour elle. Ce constat la blessait d'autant plus que le lendemain ce serait Noël et qu'elle n'aurait, une fois de plus, pas ses parents à ses côtés. Non pas qu'ils étaient morts, mais ils avaient disparu de sa vie et elle en était la cause.

Pour les protéger des dangers de la guerre, la courageuse lionne avait décidé d'effacer purement et simplement son existence de l'esprit des Granger, avant de leur lancer un autre sortilège pour les convaincre de partir loin… si loin qu'elle ne savait dès lors pas où ils étaient et ce malgré ses recherches depuis la fin de la guerre.

Bien qu'elle ne regrettait pas une seule seconde son choix, elle devait aujourd'hui en subir les conséquences pour un temps encore indéfini. Son acte n'étant pas légal, elle ne pouvait pas compter sur le Ministère pour l'aider dans ses investigations et devait donc se contenter de tout gérer elle-même. Ronald lui avait bien proposé de l'aider, ainsi que Harry et Ginny, mais cela n'avait pu être le cas que pendant un temps.

Depuis septembre, ils avaient en effet tous repris leurs études, chacun à leur façon : Hermione était retournée à Poudlard pour une septième année, la jeune femme ayant insisté pour valider ses ASPIC en les passant tandis que Harry et Ron avaient accepté l'offre du Ministère de valider ces derniers sans examens, ce qui leur avait permis d'entrer directement en formation d'Auror. Les cours étant ce qu'ils étaient, l'enquête stagnait forcément même si de son côté, la lionne avait continué de passer en revue les diverses possibilités de lieux d'habitation pour ses parents.

Souriant légèrement en voyant Harry attraper le Vif d'Or pour la seconde fois déjà, elle se détourna de la fenêtre avant qu'ils ne lancent une troisième partie. Elle s'installa dans son lit et fit venir à elle son Atlas qu'elle ouvrit à la page sur l'Australie. D'après elle, il ne pouvait y avoir que trois pays où ses parents pouvaient se trouver : la France – sa mère ayant toujours aimé ce pays -, le Canada – son père étant en amour devant leurs avancées médicales - et l'Australie. Pour l'heure, la jeune femme observait la carte de ce dernier, les deux dentistes s'étant toujours accordés pour dire que la terre des kangourous serait parfaite pour y partir à l'aventure lorsqu'ils le pourraient. Peut-être avaient-ils décidé de se lancer dans cette épopée, maintenant qu'ils n'avaient plus d'attache les en empêchant ?

- Sydney… c'est une grande ville, peut-être qu'ils y sont allés ? réfléchit Hermione à haute voix tout en apposant le bout de sa baguette dessus pour marquer la ville en surbrillance. Ou alors Cambera ? Quoi que non, ils n'aiment pas les capitales, ils ont toujours détesté Londres ! Ou peut-être Darwin, Maman en parlait parfois…

Faisant cela sur diverses villes du pays, la lionne soupira. C'était toujours mieux que rien, mais mis bout à bout, cela faisait encore tellement d'endroits à vérifier, sans compter les villes qu'elle avait déjà annotées au Canada et en France. Elle allait avoir besoin d'internet pour rechercher les cabinets dentaires de tous ces lieux. Cela ne serait pas évident, surtout en étant au Terrier, maison sorcière typique d'un village tout aussi magique. Peut-être que Ronald accepterait de l'accompagner dans la ville moldue la plus proche pour aller à un cyber café avant le jour de l'An ?

Ce furent des bruits de pas dans le couloir qui la firent relever enfin la tête de son gros ouvrage. Elle grimaça de douleur, sa nuque ayant été bien trop mise à l'épreuve pendant sa demi-heure de recherche. Ginny entra dans la chambre, trempée mais souriante :

- Tu as bien fait de rester au chaud ! dit la rousse en s'approchant de son armoire pour y prendre des vêtements secs. Il fait un froid polaire dehors !

- Une douche chaude s'impose j'imagine, répondit Hermione avec amusement.

- Oh que oui, et je me dépêche avant que l'un de mes frères ne me pique la place. Et ferme donc ce livre Hermy, M'man est en train de faire à manger pour le déjeuner, on ne va pas tarder à passer à table.

La seule fille Weasley partit rapidement jusqu'à la salle de bain, non sans s'arrêter d'abord vers son amie pour la prendre rapidement dans ses bras. Hermione frissonna sous ce câlin glacé, mais elle dut avouer que cela lui fit du bien.

Fermant l'Atlas sur son lit, la lionne se leva pour descendre dans le salon et profiter un peu de la présence de tout le monde. Ginny avait gagné la course de vitesse et la lionne retrouva devant la cheminée Harry, Ron, les jumeaux, Bill et Charlie qui tentaient de se réchauffer. Il ne manquait à l'appel que Percy qui travaillait encore. Fleur, la femme de Bill, apportait déjà un chocolat chaud à son mari.

- Tu en as de la chance ! fit remarquer Fred à ce dernier.

- Et toi Ron, tu ne réclames pas de chocolat à 'Mione ? plaisanta Georges.

- Si j'ai envie d'une boisson chaude, je peux la faire moi-même, répondit l'intéressé en souriant à sa dulcinée qui approchait.

- Prenez donc exemple sur votre petit frère, s'amusa Hermione en regardant les jumeaux. Je plains sincèrement Angélina et Alicia.

- Cela explique cependant pourquoi elles ne seront pas là ce soir, ricana Fleur.

Tout le monde rit, même les jumeaux qui se savaient vaincus face aux deux femmes. La française était aux petits soins pour son mari, mais si une chose était bien claire, c'était que Bill ne la forçait jamais à rien. Hermione les trouvait vraiment trop mignons tous les deux et au fond, elle espérait un jour être aussi heureuse qu'eux avec Ronald…

Elle s'approcha d'ailleurs de ce dernier qui la prit dans ses bras.

- Oups, j'avais oublié que j'étais encore trempé, désolé 'mione !

- Ce n'est rien ! répondit-elle en souriant tandis qu'elle sortait sa baguette, séchant son petit ami et elle-même avec un sort informulé.

- C'est encore mieux qu'un chocolat, dit alors le rouquin en déposant un baiser sur le front de sa compagne.

Hermione rougit. Elle était toujours assez mal à l'aise de montrer des gestes d'attentions de la sorte, devant des gens qui plus était, et Ron le savait d'où le fait qu'il se contentait de la prendre dans ses bras et de quelques bisous sur le front. C'était gentil de sa part et bien suffisant pour elle.

Le déjeuner se déroula encore et toujours dans la bonne humeur et le bruit. Bien qu'épuisant, il aurait pu être agréable pour la jeune femme si cette dernière ne passait pas son temps à repenser à ses parents… Ils auraient sûrement aimé cette ambiance de fête eux aussi. Elle eut à peine le temps de se rassurer elle-même en se disant que, si tout allait bien, ils seraient avec eux l'année prochaine qu'un détail fit sortir Hermione de sa pseudo torpeur :

- … invité Rogue ? s'était exclamé Ron. Tu es sérieuse M'man ?

- Oui, je suis sérieuse Ronald, confirma Molly. Nous avons invité plusieurs membres de l'Ordre, et aux dernières nouvelles il en fait toujours partie !

- Le professeur Rogue est sorti de l'hôpital ? s'étonna Hermione.

- Depuis quelques mois déjà, expliqua la mère de famille en souriant. Et c'est grâce à toi qu'il pourra fêter Noël cette année encore.

- Je… je ne savais pas qu'il était déjà… bafouilla la lionne qui rougissait.

Lors de la bataille finale, Severus Rogue s'était fait gravement attaquer par le serpent de compagnie de Voldemort. Ce dernier avait tenté de tuer son 'bras droit' supposé en espérant ainsi obtenir le pouvoir absolu de la baguette de sureau qu'il avait dérobée à Dumbledore en la prenant dans la tombe même de ce dernier. Cela n'avait pas fonctionné. Déjà parce que Rogue n'avait jamais été le maître de cet artefact légendaire, mais aussi car, de toute façon, il n'avait pas perdu la vie à ce moment-là : un double échec en somme pour celui qui avait perdu la guerre face à une école.

Le trio avait assisté à la scène et après qu'Harry eut récolté les souvenirs du sombre sorcier mourant, Hermione avait tenté le tout pour le tout. Ses deux amis l'avaient prise pour une folle car Rogue était encore à ce moment-là considéré comme un Mangemort notoire, mais vu ce qu'il avait dit à Harry avant de sombrer, elle n'avait pu faire autrement.

Car un doute l'avait envahie, le même que durant toute sa scolarité, quand bien même le survivant et le rouquin n'avaient eu de cesse d'essayer de la faire changer d'avis : et si Rogue était bel et bien du côté de la lumière ? Elle avait toujours eu confiance en lui, même dans les moments où il s'était montré - plus d'une fois d'ailleurs - terrible voire… odieux ? Oui, c'était probablement le mot qui lui correspondait le plus.

Néanmoins, mue par cette idée qu'il méritait de vivre, elle avait tout fait pour le stabiliser, et elle avait bien fait car il s'était avéré qu'elle avait eu raison depuis toujours. Il fallait avouer qu'elle avait quasiment jubilé et qu'elle aurait aimé le hurler à la figure de ses deux acolytes : « je vous l'avais bien dit, j'avais raison et Dumbledore aussi ! ». Elle s'était pourtant contentée de garder le silence et de laisser Harry demander aux guérisseurs de Mangouste de le soigner au même titre que les autres combattants de la lumière.

- Il a intérêt de te remercier, maugréa Ron en regardant sa petite-amie. Il ne t'a même pas envoyé une lettre pour le faire.

- Il était hospitalisé en même temps, le défendit-elle.

- Il est sorti de l'hôpital, il aurait donc pu trouver le temps, fit remarquer Ginny.

- Il n'est clairement pas du genre à le faire, ajouta Harry. Mais bon, peut-être qu'il le fera de vive voix.

- Et même s'il ne le fait pas, ce n'est pas grave, dit Hermione en haussant les épaules. Je n'ai pas fait ça pour avoir de remerciements, je l'ai fait car j'étais persuadée qu'il le méritait. J'aurais fait pareil si ça avait été McGonagall, Hagrid ou même Drago ! Et puis, je ne suis pas certaine qu'il soit au courant que j'ai contribué à sa survie. Et oui, j'ai bien dit « contribué », car ce sont les guérisseurs qui l'ont sauvé, moi je n'ai fait que le strict minimum pour que son état lui permette d'attendre une hospitalisation.

- C'est déjà beaucoup… et ce que tu dis est tout en ton honneur Hermione, intervint Arthur en souriant, admiratif.

- Quoi qu'il en soit, nous aurons à table deux invités de plus ce soir !

Devant cette affirmation de la part de Molly, les regards se tournèrent vers elle. Même son mari la regarda avec un air surpris :

- Deux ? Qui d'autre attendons-nous ? demanda-t-il à sa femme.

- Severus va venir accompagné, répondit-elle en souriant.

La conversation continua mais Hermione n'écoutait plus vraiment. Elle n'avait clairement pas envie d'entendre les blagues douteuses des fils Weasley concernant la fameuse personne qui accompagnerait Rogue… Ils étaient tous si gentils en temps normal, mais quand il s'agissait de leur ancien professeur de potions et de défense contre les forces du mal, ils changeaient du tout au tout. Le pauvre ne méritait pas un tel acharnement à ses yeux, il était un véritable héros, au même titre qu'eux, si ce n'était plus ! Combien de choses avait-il sacrifiées pour la victoire de la lumière ? Pour se rattraper et faire en sorte de se repentir de ses erreurs, il avait très certainement sacrifié sa vie entière, à bien y réfléchir. Il avait bien le droit d'être heureux maintenant non ? Même s'il aurait, en effet, pu la remercier…

Non, là n'était pas la question, se reprit Hermione. Mais pourquoi savoir qu'il était sorti de Mangouste sans qu'elle ne le sache l'agaçait ? Peut-être était-ce de l'ego mal placé.

L'après-midi, Hermione resta avec Ron qui avait décidé de passer un peu de temps avec elle. Il lui proposa quelques parties d'échecs, jeu dans lequel il excellait et dans lequel il avait autant de chances de gagner qu'elle. Après cela, il lui proposa une balade, la neige ayant cessé de tomber et le vent s'étant calmé.

Puis, quand la fin d'après-midi arriva, il la laissa avec Ginny pour qu'elles se préparent à la soirée du Réveillon de Noël. La rousse aida alors la jeune femme à se maquiller et à se coiffer puis Hermione se regarda dans le miroir. Elle se reconnaissait à peine dans le reflet. La robe qu'elle avait choisie lui allait parfaitement, elle s'en étonna une fois de plus, comme lors de l'essayage en boutique mais cette fois, avec du maquillage et des cheveux presque disciplinés, elle ne put que sourire :

- Ron va retomber amoureux de toi directement ! dit Ginny en souriant.

- Je suis peut-être sur le point de m'aimer moi-même, plaisanta la lionne en continuant de s'observer.

- Il serait temps que tu le fasses, tu es vraiment trop belle Hermy. Ah non, retire-moi tout de suite cette expression de ton visage, on ne va pas avoir encore cette discussion sur ton physique, sinon je vais être obligée de te lancer un sortilège de bouche cousue !

Se contentant de rire, Hermione ne répondit rien. Il était vrai qu'elles avaient souvent eu cette conversation, et elles n'avaient jamais réussi à se mettre d'accord… sauf peut-être, éventuellement, à ce moment-là. Oui, la lionne se sentait plutôt séduisante et prête à l'assumer et à se montrer femme, au moins jusqu'au lendemain.

Les premiers invités arrivèrent aux alentours des 19h, commençant par Shacklebolt, le Ministre lui-même, accompagné par sa femme. S'ensuivirent rapidement Andromeda et son petit-fils, Teddy, le fils des regrettés Remus et Tonks. Puis, ce fut au tour de McGonagall qui arriva avec Hagrid et Mrs Pomfresh qui avaient tous laissé Poudlard pour cette soirée de fête, l'école ne comptant cette fois aucun élève en son sein pour les vacances de fin d'année.

- Je pense que la fin de la guerre a rappelé aux gens l'importance d'être soudés, expliqua Minerva. Tous les élèves sont rentrés chez eux ou chez des proches pour rester en famille ou entre amis.

- Même les élèves qui ont perdu leurs familles ne sont pas seuls, ajouta Hagrid qui semblait sur le point de pleurer. Ils ont tous trouvé un endroit où passer les vacances.

- Peut-être allons-nous enfin avoir le droit à un monde de paix où tout le monde aura une place, dit Molly en souriant.

Tous étaient d'accord avec elle et l'espéraient avec force. Plus personne ne voulait entendre parler de guerre et encore moins de discrimination ou de personne seule… pourtant, même en étant entourée, Hermione ne put s'empêcher de ressentir un pincement au cœur. Elle était honteuse de se sentir si mal alors qu'elle avait la chance d'être si bien entourée et accompagnée en cette période de Réveillon et même toute l'année. Ron s'en rendit visiblement compte car il lui prit la main et, tout en restant silencieux, se contenta de lui lancer un regard encourageant et plein de tendresse. Il était si gentil et attentionné qu'à ce moment-là, elle se sentit presque encore plus triste de ne pas réussir à s'en contenter.

Percy et Pénélope arrivèrent enfin, et il ne manqua alors plus que deux invités. Les trois membres du personnel de Poudlard furent étonnés d'apprendre que Severus devait se joindre à eux et Hermione constata avec un léger agacement que tout le monde semblait au courant qu'il était déjà sorti de l'hôpital, sauf elle ! Mais, se passant de commentaire, elle écouta vaguement les spéculations concernant la personne que l'ancien espion allait ramener avec lui :

- Je crois savoir qu'il s'est rapproché d'une des guérisseuses qui travaillait dans le service où il était hospitalisé, c'est peut-être elle ? proposa Pomfresh.

- Vraiment ? s'étonna Arthur. Je ne l'imagine pas du tout être agréable avec une personne qui l'oblige à se soigner.

- Je ne l'imagine pas être agréable tout court, plaisanta Fred.

- Ni se rapprocher de quelqu'un, ajouta George.

- Sauf discrètement, pour faire peur et retirer des points à des élèves, renchérirent-ils tous deux d'une même voix.

- Eh ça va les blagues de ce genre, intervint Ron sous le regard étonné d'Hermione et de ses frères. Vous faites toujours les mêmes les gars. C'est un type qui a joué les chauve-souris toute sa carrière mais au fond ça doit être un mec bien, sinon il n'aurait pas intégré l'Ordre.

La lionne ne put retenir un sourire fier en entendant son petit ami montrer un peu de compassion et de réflexion concernant l'ancienne terreur des cachots. Molly félicita son fils cadet et Minerva reprit comme si de rien n'était, mais avec un regard fier en direction de son ancien élève :

- Il me semble qu'il était proche de la fille de son ancienne maîtresse de potions, peut-être qu'il a fini par se déclarer à elle.

- Oh, c'est vrai, j'ai déjà entendu parler d'elle plusieurs fois ! s'exclama Pomfresh. Une espagnole il me semble ?

- Oui c'est ça, confirma la directrice de Poudlard. Albus en parlait parfois avec Severus.

Il était assez surprenant d'imaginer son ancien professeur avoir un semblant de vie sociale pour Hermione. Mais il était vrai qu'il n'avait pas passé sa vie entière dans les murs de Poudlard, il était normal qu'il ait des connaissances, même venant d'autres pays. Elle-même connaissait bien un bulgare après tout.

Soudain, des coups furent portés à la porte d'entrée, interrompant ses pensées, et les têtes rousses se battirent presque pour savoir qui allait ouvrir.

Molly soupira, interdit à ses enfants de lui faire honte et décida d'aller elle-même ouvrir. Tout le monde observa la porte avec curiosité alors que la mère de famille la tirait enfin.

Les regards interloqués se multiplièrent alors face aux deux individus devant la porte, mais ce fut Hermione qui réagit la première en poussant un cri entre l'étonnement, la frayeur et la joie.

- Mon dieu, Hermione… ma chérie ! pleura de joie Mrs Granger tandis que son mari la serrait contre lui pour qu'elle ne tombe pas dans les pommes.

Alors qu'elle allait se précipiter vers ses parents, Hermione se fit intercepter par Ron. Elle le regarda, circonspecte, porter sa main à sa baguette sans la sortir. Harry avait fait la même chose…

- Prouvez-nous qui vous êtes ! réclama Ron sans lâcher sa petite amie.

- Pardon ? demanda Molly en regardant son fils et son gendre.

- Comment peuvent-ils être ici alors qu'Hermione leur a modifié la mémoire ? expliqua alors Harry, suspicieux.

Puis la lionne comprit… ils avaient peur que cela soit un piège, là où elle, la fille la plus 'sur ses gardes' au monde habituellement, allait se jeter dans les bras de potentiels inconnus. Elle aurait pu se souvenir de l'épisode avec l'Éclair de Feu si elle n'était pas aussi obnubilée par l'attente de l'explication des Granger restés dehors. Son potentiel père la regarda et tendit une enveloppe dans sa direction :

- Un homme est venu nous voir dans notre cabinet à Sydney… Alors que nous allions le prendre en charge, il a sorti sa baguette ! Nous n'avons rien compris sur le coup… pourquoi sortait-il de sa poche un morceau de bois ? Puis nous avons cru mourir de peur quand des étincelles ont jailli de sa baguette…

- Mais au lieu de ça, poursuivit sa femme, nos souvenirs sont revenus ! J'ai cru que ma tête allait exploser… mais… mon dieu Hermione, comment avons-nous pu t'oublier !

Entre-temps Harry avait récupéré l'enveloppe qu'il remit à Hermione tout en demandant :

- Mais qui était-ce ?

- Le professeur Rogue… répondit Hermione sous le choc après avoir ouvert la missive.

- Quoi ?

Sans plus réfléchir, elle sauta sur ses parents pour les prendre dans ses bras. Elle n'avait plus aucun doute, et les Granger furent enfin réunis.

Ils pleurèrent tous les trois un moment jusqu'à ce qu'Hermione vit une ombre noire au loin, vers la forêt qui entourait le Terrier. Il était venu lui ramener sa famille, mais elle sut qu'elle n'aurait pas l'occasion de lui demander comment il avait fait.

Elle se contenta de sourire et de lui faire un signe de tête avant qu'il ne disparaisse simplement. Elle avait ses parents, ils étaient là et se souvenaient d'elle, c'était le plus beau cadeau de Noël qu'elle pouvait espérer recevoir et elle l'avait eu de la part de la personne la plus improbable de toutes. Elle eut alors l'impression désagréable qu'elle ne le reverrait jamais, lui, l'ancien espion à qui elle devait tant… à moins que…

« Vous m'avez sauvé la vie, je vous rends la vôtre ».

Une simple phrase, sur une feuille de parchemin tout aussi simpliste, qu'elle serra dans sa main de toutes ses forces. Oui, ils étaient quittes… mais elle le reverrait ! Elle ne savait pas quand, ni comment, mais elle savait qu'elle le retrouverait un jour. Et, ce jour-là, elle pourrait le remercier de vive voix, lui, le sombre sorcier qui avait illuminé son Réveillon en lui offrant les morceaux manquants de sa vie.

OoOoOoOoOoOoOoO

Merci pour votre lecture.

Je vous souhaite maintenant à tous de bonnes fêtes de fin d'année malgré le contexte actuel qui perdure.

Prenez soin de vous et de vos proches.

Note :

L'histoire est en cours d'écriture et a déjà (très) bien avancée.

La correction débute, la publication régulière commencera le plus vite possible bien sûr.

Petite question néanmoins :

Préférez-vous une publication au compte-goutte, à chaque chapitre corrigé ou bien une publication très régulière et rapide une fois tous les chapitres déjà corrigés ?

À très bientôt.