Chapitre 2.
Intéressantes Nouvelles.
Le jour J.
Le manoir était à peu près présentable, mais propre. À 12h55, les domestiques et Tanaka se rendirent à la porte principale du manoir pour y recevoir leurs employeurs, vêtus de leurs plus beaux atours.
À 13h pile, une calèche tirée par quatre chevaux s'arrêta devant les domestiques. Le cocher descendit de son siège et vint ouvrir la porte. Ce fut d'abord un homme de grande taille aux cheveux noirs et aux yeux carmins qui en sortit, suivit d'une jeune femme aux longs cheveux châtains foncés noués en deux nattes et aux yeux verts, dont un caché par un bandeau puis finalement une fillette de trois ans dotée d'une toison semblable à celle de la jeune femme et aux yeux aussi rouges que ceux de l'homme.
Sébastian, Angelika et Raven étaient de retour chez eux.
- Bienvenue chez vous maîtres, dit le vieux Tanaka en s'inclinant aussi bas que le permettaient ces rhumatismes.
- Merci M. Tanaka, le remercia Sébastian. Heureux de vous revoir.
- Bonjour, ça fait plaisirs de revenir, ajouta Angelika en levant les yeux…Raven, tu n'as pas salué les autres, gronda-t-elle à la fillette.
- Pardon mère…bonjour tout le monde. Je suis heureuse de vous revoir, dit Raven.
Ce fut la première fois que Bard, May Linn, Finny et Tanaka entendirent la voix de leur très jeune maîtresse. En la regardant plus attentivement, Tanaka trouva que la petite Raven était le quasi exact portrait de sa mère au même âge, sauf pour les yeux. Ces cheveux brillaient aux minces rayons de soleil qui réussissaient à sortir, ces yeux ressemblaient à deux petits rubis et sa peau était aussi pâle que celles de ces parents. Elle était affublée d'un joli petit ensemble rouge-bourgogne et blanc à traîne et ces bottes à talons plats, ces gants et son large nœud étaient blancs. Elle serrait dans ces bras une peluche de Peter Rabbit et affichait un sourire tout mignon d'enfant innocent.
Bref, elle était tout à fait adorable.
Sébastian et Angelika paraissaient tout à fait normaux pour eux…enfin…presque. Finnian remarqua que Angelika se tenait le ventre qui si elle avait la nausée. Bien qui celui-ci semblait normal. Il dit.
- Mademoiselle Angelika, vous vous sentez bien? Vous avez mal à l'estomac?
- Quoi…oh non, ça va Finny. Ne t'inquiète pas. Tout va bien.
- Bien.
Ils n'en parlèrent plus et les arrivants allèrent ranger leurs affaires. Mais comme Raven n'était qu'un bébé la dernière fois qu'elle avait dormit à la maison, il fallait refaire sa chambre et changer le berceau pour un lit. Heureusement que ces parents avaient réfléchies à l'éventualité et avaient pensé à lui trouver des vêtements et des objets plus adaptés à son âge. Il ne restait plus qu'à mettre la déco. Mais ils feront ça plus tard. Pour l'instant, ils avaient une malle pleine de cadeaux pour les serviteurs.
Quand Sébastian et Angelika appelèrent les domestiques, ils accourèrent avec enthousiasme. Impatients de savoir quels souvenirs leurs maîtres leurs avaient rapportés de leurs vacances.
- Bien, M. Tanaka, dit Sébastian en ouvrant une petite valise. Voilà pour vous, un tout nouveau service à thé japonais en jade et des plantes médicinales pour soulager vous maux de dos.
- Merci beaucoup, répondit Tanaka. C'est très gentil. Et il s'empressa de ce faire un thé.
- Pour May Linn, continua Angelika. Une Tour Eiffel miniature tout droit venue de Paris et une paire de lunettes aux montures d'argent. Avec celle-là, tu es sûre de ne plus bêcher nulle part.
- Merci, dit May Linn en changeant de lunettes et miracle…elle voyait parfaitement bien.
- Pour Bard, poursuivit Sébastian, un joli petit bijou de bazooka en acier blindé à projectiles à têtes chercheuses. Le dernier model sorti aux États-Unis.
- Ooohhh trop génial!, s'exclama le cuisinier. Alors là, il est trop canon!...
- Tututu, l'interrompit Angelika. Tu ne pourras t'en servir que quand le manoir sera en danger. Comprit! On était déjà assez réticents à l'acheter.
Bard perdit son sourire d'enfant et baissa la tête d'un air démoralisé. Il leva le pouce pour montrer que le message était passé.
- Et pour finir, Finny, conclut Sébastian. Un foulard fait main et deux parures en saphir provenant directement d'Inde.
- Je vous remercie M. Sébastian, dit Finnian. J'en prendrai grand soin! Et il enleva ses vieilles barrettes pour les remplacer par les nouvelles en saphir. Puis attacha le joli foulard richement décoré de superbes motifs colorés à son cou.
- Bon, dit Angelika. C'est bien beau, mais nous on a nos valises à aller défaire. May Linn, le linge qu'on te donnera, tu le laveras, comprit.
- Oui mademoiselle.
- Bien.
Puis le monde partit chacun de leurs côté. Suivons Angelika et sa fille Raven. Elles allèrent dans la chambre de la plus jeune et entreprirent de tout ranger à sa place. La chambre de Raven était de style victorien de couleur vert pin et bleu marin. Les meubles étaient en bois de chêne noir, les rideaux, le set de draps et le tapis en laine, bleu. La seule chose que l'on pouvait deviner la pièce comme une chambre d'enfant était la peluche de Peter Rabbit installée sur le lit et les quelques jeux de sociétés ranger dans un coffre. Sinon les murs étaient parsemés de tableaux et de livres. Car en effet, les parents de Raven lui avaient appris non seulement à parler et à marcher pendant le voyage, mais aussi à lire, à écrire, à calculer, etc…Ce qui fessait que Raven était plus brillante que la moyenne des enfants de son âge.
- Raven, appela sa mère.
- Oui mère.
- Maintenant que ta chambre est prête, sois gentille d'aller suivre ton cours de géographie avec Tanaka et ton père.
- Oui mère.
Elle fit un câlin à Angelika et partit en direction de la bibliothèque. Angelika profita de cette occasion pour aller défaire son propre bagage. Une fois que cela fut fait, elle prit son linge sale et le donna à May Linn.
- Dis May Linn, y-a-t'il du courrier pour moi?
- Euh…oui, j'ai tout déposé sur votre bureau.
- Merci, si quelqu'un me cherche, je serai à mon bureau.
- Entendu mademoiselle.
La bonne partit pour la laverie et Angelika pour le dit bureau où elle trouva une petite pile d'enveloppes. Tant mieux si elle était petite, contrairement aux monts Everest qu'elle avait droit d'habitude.
Il y avait quatorze lettres et le journal du jour. Les quatre premières n'étaient que des factures, les sept suivantes étaient des invitations à des bals et des soirées mondaines dont la jeune démone avait toujours horreur, dont une du fatigant Vicomte de Druitt. Bizarrement, bien qu'il travaillait à présent à l'hôpital de Londres, il trouvait encore le temps d'organiser ses réceptions. Piquée par la curiosité, la jeune comtesse ouvrit la missive du Vicomte pour y dénicher l'invitation plus un p-s sur un autre bout de papier. Ça disait.
P-S: Si vous êtes encline à vous joindre à moi pour une fête encore plus excitante, je vous attendrai dans le noir avec une bonne bouteille de champagne que vous m'enlaciez de votre lumière et…
Bon ça va faire le niaisage! Angelika ne prit pas la peine de continuer à lire la suite qu'elle déchira le p-s et l'invitation en douze. Franchement, ça venait et paraissait gros comme une montagne son invitation! Le pervers. Apparemment, il n'était toujours pas au courant que Angelika était mariée et mère de famille depuis presque trois ans. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'aujourd'hui était son vingt-troisième anniversaire. Elle comprenait à présent pourquoi les servants avaient astiqué le manoir du grenier au sous-sol. Elle se promit de les remerciez plus tard. Elle regarda maintenant les deux dernières lettres qui étaient toutes deux différentes. Mais avant de les lire, elle jeta un coup d'œil au journal. Apparemment, Londres n'était pas tranquille. La manchette en caractère gras n'avait rien de très réjouissant. On pouvait y lire.
TROISIÈME ATTAQUES DE GOULES À LONDRES.
Et en plus petit caractère était écrit.
La quasi-totalité des membres du personnel du British Museum transformé en goules.
S'en suivie de l'article qui intrigua fortement Angelika.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre, les agents de sécurité de nuit du British Museum furent attaqués par des créatures étranges et sauvages. D'après les quelques survivants, ses créatures avaient la peau grisâtres, des dents pourries, des mains putréfiées et couvertes de croûtes aux longs ongles jaunâtres, leurs orbites semblaient dépourvues de yeux et quand elles ouvraient la bouches une sorte de râle inspiré mêlé à un grognement en sortait. Le plus bizarres était qu'elles étaient affublées des uniformes du musée.
Quand les forces de Scotland Yard eurent tué les quelques créatures restantes, le musée fut inspecté, un seul cadavre et quelques survivants furent retrouvés. Les ambulanciers eurent vite fait de les transportés à l'hôpital. Les victimes se comptent au nombre de vingt-six et les vivants quatre. Parmi ceux-ci nous avons: Julius Ford, Laurence Jackson, Norman Gordon et Ivan Phillips. Les quatre furent récupérés vivants, mais en grave état.
Pour l'instant, Scotland Yard n'arrive toujours pas trouvez le reste de ses créatures, mais nous pouvons vous assurer que la police anglaise fait tout ce qui est en son pouvoir pour traquer les coupables. Lord Arthur Randall, actuel chef de Scotland Yard a tenu à faire le message qui suit.
«Jamais Scotland Yard ne permettra que les jardins de la Reine soient souillés de sang. Je le jure sur mon honneur que j'attraperai moi-même le coupable et le ferrai mettre derrière les barreaux»…
Angelika ne prit pas la peine de finir l'article qu'elle replia le journal et le jeta sur un coin du bureau.
- Pff, bien sûr Randall que tu veux attraper le coupable!, murmura la jeune démone pour elle-même. T'en as sûrement marre de te faire devancer par le Chat de la Reine. Marre de te faire battre par une femme d'au moins trente ans ta cadette. Oh la, la, quelle humiliation!...Quel imbécile!
Angelika finit de se moquer du vieil homme et regarda les dernières missives. La première était frappée du sceau royal. Une lettre de la Reine. La comtesse ne perdit pas de temps et l'ouvrit tout de suite.
Ma petite chérie, (Mais y'en a marre de se faire appeler comme ça)
J'espère que tu es heureuse et que ton mari va bien. Tu as sûrement entendue parler des attaques de goules qui se sont déroulée à Londres. Je ne pense pas que Scotland Yard pourra résoudre cette affaire. C'est pourquoi je réquisitionne ton aide dans cette enquête. Sauf que je ne pense pas non plus que tu pourras la régler seule. Ce sera sûrement la plus dangereuse enquête que je te confirai. C'est pourquoi je t'envoie l'aide de la Chien de la Reine. Ce problème relate du surnaturel et ma Chien en est une pro. Son aide te sera précieuse.
Je te souhaite bonne chance.
Victoria, Reine d'Angleterre.
Angelika resta perplexe face à cette lettre. Ça avait d'être du sérieux. Mais qui pouvait bien être la Chien de la Reine. Elle n'avait laissé aucun nom. Bin oui, travaillé avec quelqu'un dont on ignore le nom! Vraiment brillant! Enfin bon, plutôt s'occuper de cette dernière lettre. Elle était frappée d'un sceau qu'elle n'avait jamais vu avant. Mais sur l'enveloppe était écrit dans une écriture raffinée.
À Lady Angelika Solenn Phantomhive
De
Sir Integra Fairbrook Wingates Hellsing.
Qui c'est ça? Angelika ne connaissait personne portant un tel nom. Mais si ça se trouve, cette Integra était peut-être la fameuse Chien que la Reine lui avait parlée. Le sceau était assez sophistiqué pour que cette personne soit de la noblesse. Mais étrange d'être une femme et de se faire appeler Sir. Angelika elle, était peut-être garçon manqué, mais elle se fessait tout de même appeler Lady. Cédant à son intrigue, Angelika ouvrit l'enveloppe, prit la lettre et la lut.
Chère Angelika,
Cela fait si longtemps que je n'ai pas eu de tes nouvelles. Je pensais que tu avais disparue. Tu ne peux pas savoir à quel point j'en suis soulagée. Enfin, trêve de sentiments. Tu as sûrement entendue parler des attaques de goules qui ont eus lieu en ville. La Reine m'a beaucoup parlée des remarquables services que tu avais accomplis pour elle. C'est pourquoi je serais ravie d'obtenir ton aide dans cette sale affaire. Car comme tu peux t'en douter, je suis également au service de la famille Royale en tant que Chien de la Reine. (Et la lumière fut)
Je viendrai te voir au manoir le 15 décembre pour que nous puissions parler plus sérieusement de cette enquête et nettoyer les jardins de la Reine.
J'espère que tu te portes bien. J'ai hâte de te revoir après toutes ses années.
Cordialement
Integra Hellsing.
Angelika était assez pantoise face à ce qu'elle venait de lire. Pourquoi cette femme la tutoyait-elle? Et d'ailleurs, qu'est-ce que cette Integra voulait dire par te revoir? C'étaient-elles déjà rencontrées dans le passé? Angelika n'en avait aucuns souvenirs.
Et surtout, elle avait dit qu'elle serait là le 15 décembre. Ce qui voulait dire…demain. Ne perdant pas une seconde, la jeune démone couru jusqu'à la bibliothèque prévenir son diable de mari.
En arrivant, Sébastian, Raven et Tanaka étaient plongés dans une leçon de géographie. Il y avait des livres, des papiers, des cartes et un globe terrestre éparpillés partout sur la table. Raven leva son nez taché d'encre de sa feuille de notes et dit.
- Un problème mère? Tu sembles soucieuse.
- Non, rien de grave chaton. Mais je dois parler avec ton père.
- Mais mère…ma leçon?
- Ne t'en fait pas chaton, tu la termineras une autre fois, intervint Sébastian. Ta mère à l'air d'avoir quelque chose d'important à me dire pour interrompre ton cours.
- Bon…d'accord.
- Merci chaton. Sois gentille et range tes affaires. Mais prends juste la peine de marquer où tu es rendue dans ton livre.
- Oui père.
Et la petite Raven plaça un signet dans son atlas, mit ses feuilles de notes dans une chemise, remit son livre sur l'étagère et rangea son stylo dans le petit bureau. Quand elle eut finit, elle embrassa ces parents et partit avec Tanaka.
- Ah j'oubliais, dit Sébastian avec un sourire. Pense à te laver le nez. Tu as plein d'encre dessus chaton.
Raven croisa les yeux et entrevit une tache noirâtre sur le bout de son nez. Toute gênée, elle mit sa main derrière sa tête, poussa un petit rire et s'en fut. Tanaka sortit à sa suite en refermant la porte.
- Alors, de quoi voulais-tu me parler?, demanda Sébastian à sa femme.
- De ça, répondit-elle en lui tendant la lettre d'Integra Hellsing.
Sébastian prit le papier et le lut en vitesse. Quand il releva les yeux, sa femme était accotée à la table, les bras croisés et un regard interrogateur.
- Alors...connais-tu cette Integra Hellsing?
- Très franchement, non.
- Mmmh, cela ne nous aide pas beaucoup à savoir qui elle est. Tous ce qu'on sait, c'est qu'elle se fait appeler la Chien de la Reine et qu'elle doit m'aider à résoudre l'enquête.
- Eh bien…nous verrons bien qui elle est vraiment demain.
- Oui tu as raison. De toute façon, avec toi et moi pour protéger le domaine Phantomhive, rien ne peux venir à bout de nous. Nous ne formons pas le plus puissant couple de démons pour rien.
- Entièrement d'accord. Quoique je suis quand même curieux de découvrir qui est cette Hellsing.
Les deux démons continuèrent à parler sans savoir qu'un vieil homme du nom de Tanaka écoutait toute leur conversation derrière la porte.
- En effet jeune maîtresse, pensa-t-il, le domaine ne risque absolument rien avec vous et Sébastian. Mais vous serai agréablement surprise quand vous découvrirai qui est Integra Hellsing.
