Disclaimer : Les personnages de Fullmetal Alchemist ne m'appartiennent pas, pas plus que l'histoire que je me contente de traduire.

La fiction originale est terminée et comporte dix-neuf chapitres. Pour ceux qui n'auraient pas appris l'allemand (vous voyez que ça sert !), Gegen Gott signifie Contre Dieu. Je vous laisse deviner pourquoi l'auteur a choisi ce titre. Petit indice : on parle yaoi là ! (^.-)

Voici donc le second chapitre qui m'a causé quelques problèmes car il contient de nombreuses expressions… J'espère tout de même que mon retard ne vous causera pas -trop- de problèmes !

Sur ce, enjoy !


((POV Envy))

Je me demande si l'enfer est comme…

Des pulsions me martelaient les veines, la respiration se rapprochant presque de l'hyperventilation. Je n'étais pas sujet à l'anxiété mais aujourd'hui, immobile face à l'entrée de la salle de classe, j'étais prêt à prendre mes jambes à mon cou. L'odeur de l'endroit me gênait avec ce couloir trop propre et trop entretenu, et l'austérité qui y régnait était à glacer le sang. Les néons du couloir projetaient une lumière discordante dans ma direction et tandis que les ombres se cherchaient vainement un abri, le manque de clarté me donnait le vertige. J'avais un léger problème avec la lumière : cela me brûlait les yeux et faisait ressurgir certaines choses que j'essayais désespérément d'enfouir. Je poussai un long soupir, faisant de mon mieux pour calmer mon esprit et mon cœur. Fais une bonne impression Envy. Calme, confiant et drogué aux médicaments ; mais de cette dernière caractéristique, ils n'avaient nullement besoin d'en connaître la raison. Je tenais un classeur dans ma main, seule chose que je transporterai durant mes journées de cours.

Non…l'enfer serait beaucoup plus agréable.

Holy Cross Academy. Quelle blague. Juste un autre endroit pour vous enfoncer leur religion au fond de la gorge et vous bourrer le crâne avec jusqu'à ce que vous y croyiez. L'endroit entier me rendait malade, et pas seulement à cause de la lumière. Par contre, quelque chose avait piqué ma curiosité -et cela n'avait d'ailleurs pas amélioré mon impression par rapport à l'école : j'avais rencontré un des étudiants. Enfin, rencontré serait un mot un peu trop fort pour cela. Tourné autour et lui faire peur serait plus approprié. Il ressemblait à l'un de ces enfants qui prenaient la religion au sérieux, la chemise impeccable dans le pantalon, un corps fin. Je l'aurais pris pour un collégien s'il ne portait pas le même uniforme que le mien ; c'est-à-dire celui du lycée. Ses cheveux étaient blonds, solidement tressés derrière lui, et un air félin émanait de ses yeux dorés. Pour faire simple, ce garçon avait quelque chose de fascinant. Je chassai ces pensées de ma tête, pris une autre inspiration pour me calmer, et frappai à la porte, en prenant soin de rester posté à cet endroit afin de capter l'attention du professeur. Peu content d'être dérangé, il se tourna d'un air agacé à peine contenu et sourit légèrement lorsqu'il me vit. Cependant, son visage se défit aussitôt.

« Oh, bonjour ! Vous devez être le nouvel é…lève ? »

Pendant une fraction de seconde, les yeux usés par le temps de l'homme s'élargirent derrière ses grandes lunettes lorsqu'il prit conscience de mon apparence et j'eus de la peine à m'empêcher de sourire. Je n'avais jamais aimé les règles de la société et d'après le visage du professeur, je pus constater que le début promettait d'être difficile. Il s'éclaircit la gorge, reprit son calme, et se redressa avant de me reconsidérer rapidement ; il fit la moue alors que je me tenais là, mes yeux pétillants d'amusement. Je jetai un rapide coup d'œil sur la salle de classe et notai avec un plaisir extrême que la plupart des étudiants me regardaient bouche bée ; parmi eux, le garçon aux cheveux dorés que j'avais espionné un peu plus tôt. Mais ce n'était pas face à mon accoutrement qu'il restait pétrifié ; au lieu de cela, il rencontra mes yeux avec une expression de crainte pure, la bouche légèrement entre-ouverte. Si nous avions été dans mon ancienne école, j'aurai eu le culot de lui faire de l'œil, mais aujourd'hui était un nouveau jour et j'étais déjà sur le grill.

« Oui, bon… vu qu'il s'agit de votre premier jour, vous recevrez un simple avertissement. Mais à l'avenir, assurez-vous que votre uniforme soit aux normes de l'académie s'il vous plait. Alors euh… auriez-vous l'amabilité de vous présenter à la classe… ? »

J'y consentis d'un signe de la tête et entrai, me plaçant près du tableau. Debout devant les autres, je notai qu'il restait une seule chaise de libre au fond, opposée à celle du blond. La lumière est tout aussi pénible ici, pensai-je, mal à l'aise, déplaçant mon poids d'un pied sur l'autre - une habitude que j'avais prise lorsque j'étais nerveux. Je passai ma main libre dans mes cheveux, poussant les longues mèches vertes hors de mon visage, et esquissai un sourire avant de parler.

« Salut tout le monde. Je suis Envy Jones, mais appelez-moi juste Envy s'il vous plait. »

Il y eut une sorte de changement dans la foule lorsqu'ils entendirent mon nom, se rappelant sans doute qu'il s'agissait de l'un des sept pêchés capitaux. Enfin diable, que pouvais-je dire ? Mes parents avaient eu le sens de l'humour en plus d'un certain pressentiment lorsqu'ils m'avaient appelé ainsi, ce que je n'avais pas contesté : j'aimais mon nom. Je restai posté un moment ou deux, embarrassé, jusqu'à ce que le professeur me fasse signe d'aller m'asseoir. Avec soulagement, j'obéis, parcourant l'allée à grandes enjambées, mes hanches se balançant légèrement d'une façon honteusement naturelle. Je m'assis enfin, une jambe de l'autre côté de la chaise, appuyant l'un de mes coudes au dos du siège, avant de laisser mon regard glisser jusqu'au blond pour le trouver une fois de plus en train de fixer le mien. Quand je le surpris à m'observer, une légère rougeur apparut sur ses joues, ses yeux se tournèrent sèchement vers l'avant et il devint soudainement très intéressé par ce que radotait le professeur. Je gloussai, me retournai pour voir s'il y avait quelque chose que j'avais déjà appris… Bien ! cela signifiait que je pouvais laisser mon esprit vagabonder durant les prochaines…quarante-cinq minutes.

Des ombres glissaient et tournoyaient devant mes yeux, exécutant une sorte de danse sombre dans une pièce vivement éclairée. Je réprimai un frisson, gardant mes yeux fermement clos, la tête baissée, le stylo se mouvant, écrivant n'importe quoi pour tromper le professeur et lui faire croire que je lui prêtais une quelconque attention. Un juron fouetta mon esprit, blâmant le stress et l'horreur de ce nouvel endroit ainsi que ce qu'il s'y passait. Et que se passait-il ? Et bien…


J'étais sans cesse l'objet des critiques des badauds, toujours fixé de la même façon -tant par les élèves que par les professeurs - lorsque je marchais dans les couloirs. C'était l'enfer dans ma tête, ma barrière protectrice s'effritant, et je me sentais devenir paranoïaque. Je gardai le menton levé, les mains serrées pour éviter de montrer mes tremblements. Oh ! comme je détestais cet endroit…

T'as vu le nouveau gamin ?

Reste calme, Envy…

Entends son nom : Envy.

Je ne vois pas en quoi ça te regarde.

C'est une blague ?

C'est toi la blague ?

C'est quoi son problème ?

Laissez-moi seul.

Qu'est-ce que c'est que ces vêtements ?

J'ai dit : laissez-moi seul.

Il est abruti ?

Toi, oui.

C'est quoi son histoire ?

Ce ne sont pas tes affaires.

Je n'entendis pas la fin des questions qui m'encerclaient comme un mur, chacune demandant une réponse que je n'avais pas envie de donner. Mais je m'étais attendu à cela et j'élevai un bouclier entre eux et moi, psalmodiant continuellement dans mon esprit qu'ils ne pouvaient ni me toucher, ni me blesser.

Cela n'aida pas plus lorsque je fus balayé par la foule qui se précipitait à la cantine, la pression des corps devenant un véritable problème. J'étais écrasé, bousculé et poussé contre ma volonté, sans un semblant d'excuse. Cela fit empirer mes tremblements, jetant un coup d'œil sur les alentours toutes les deux ou trois secondes afin de trouver une sortie.

J'avais remarqué le garçon blond avant qu'il ne s'échappe avec habilité et facilité, disparaissant presque au moment même où je l'avais aperçu. Je ne pouvais m'en empêcher mais je trouvais cela ironique d'apprécier déjà le mode de vie de mon homonyme, l'enviant d'être apparemment capable d'éviter le contact avec chacun, se déplaçant comme un fantôme à travers la foule. Cela m'amena à me demander s'il faisait ceci exprès, cherchant la fuite. Personne d'autre ne semblait l'avoir remarqué et je me demandai si les autres savaient qu'il était élève ici.

J'étais en retard lorsque j'arrivai à la cafétéria et la plupart des tables étaient déjà remplies. A l'exception d'une où était assis…le blond.


((POV Edward))

Oh mon… Les têtes des élèves de la classe pivotèrent à l'unisson pour voir qui avait eu le culot d'interrompre le professeur au milieu de sa lecture et nous fûmes tous ébahis. A l'embrasure se tenait celui qui ne pouvait être que le nouvel élève car jamais personne d'autre n'aurait eu le toupet de s'habiller ainsi à l'Académie. Les trois premiers boutons de sa chemise étaient déboutonnés, exhibant la pâleur de sa poitrine, sa cravate accrochée trop bas et nullement serrée en haut comme cela devait l'être, les manches remontées sur ses coudes. Ses cheveux noirs étaient longs, descendant jusqu'au milieu de son dos en encerclant son visage. Ses yeux, violets, étaient teintés d'un étrange éclat, comme l'autre fois. Je rencontrai son regard, stupéfié par son audace et son attitude détachée, lorsqu'il se redressa et s'adressa à la classe.

Envy ? A quoi pensaient ses parents lorsqu'ils avaient décidé d'envoyer un garçon nommé Envy ici ? Mais surtout, pourquoi appeler quelqu'un ainsi ? La curiosité me piqua quand je le vis se rendre à son bureau, me demandant quelle était son histoire. Je me sentit ensuite embarrassé quand il se tourna et me fixa, me prenant au dépourvu avec son étrange regard violet. Je détournai les yeux aussi rapidement que je pus, sentant la chaleur monter à mon visage. Tandis qu'il semblait être à l'aise, son regard laissait transparaître une grande réserve sur le monde qui l'entourait, à la fois circonspect et suspicieux. C'étaient ces yeux qui m'avaient suivis durant la matinée entière, et ce jusqu'à ce que la sonnerie nous annonce l'heure de cantine.

A ce moment, il était donc l'heure de manger, mon estomac grondant méchamment et exigeant que sa faim soit rassasiée. Je parcourus le chemin jusqu'à la cantine aussi rapidement que je pus à travers la foule des autres étudiants, me recroquevillant sur moi-même pour me glisser dans les espaces laissés par les autres. Même après tout ce temps passé ici, je n'avais encore aucun ami, mais je prenais sur moi car je ne voulais plus avoir d'ennuis, et j'avais donc une table entière pour moi seul. Cependant, si je n'étais pas arrivé si tôt, cette table aurait été prise et j'aurais alors dû bavarder avec les occupants et demander si je pouvais me joindre à eux. Non vraiment, merci mais je préférais suivre mon propre chemin, quitte à avoir l'air d'un taré auprès des autres. Je franchis la porte de la cantine, achetai de quoi manger et rejoignis d'un pas rapide le petit endroit dans l'angle du fond.

Je ne prêtais pas vraiment attention aux alentours, alors je ne me sentis pas responsable du couinement peu masculin que je laissai échapper quand une voix me sortit brusquement de mon petit monde. Je levai les yeux pour voir Envy ici, un sourire serein sur son visage, son regard toujours circonspect. J'avalai rapidement ma nourriture et me raclai la gorge avant de parler ; j'avais l'impression qu'il venait de me demander l'autorisation de s'asseoir à mes côtés.

« Désolé, je n'ai pas entendu. Quoi ? »

« J'ai dit : est-ce que je peux m'asseoir avec toi ? Toutes les autres places ont l'air prises, alors bon… »

Il détourna son regard de moi, laissant sa phrase en suspend. Oh là ! moi qui espérais rester loin des autres… mon espoir s'était évanoui… Je ne pouvais pas vraiment avoir d'impression sur le nouveau garçon. Je hochai la tête et lui désignai le siège en face du mien. Il le prit, posa son déjeuner sur la table, et s'assit comme il l'avait fait en classe. Nous restâmes ainsi pendant un moment, chacun sondant l'autre avec un intérêt mesuré, sans prononcer un mot. Je remarquai que sa peau était plus pâle que la mienne, et plus lisse aussi. Le noir de ses cheveux qu'il m'avait semblé voir avant virait plutôt au vert. Ce fut quelques minutes après que je réalisai qu'il attendait que je prenne la parole, ne connaissant toujours pas mon nom. Je rougis, balbutiant rapidement une présentation.

« O…Oh ! je m'appelle Edward. Edward Elric. »

Il sourit et me présenta sa main. Je la pris, hésitant, sentant la douceur de la peau de sa paume sur la mienne. Je ne pus pas m'en empêcher mais je lui rendis son sourire quand il empoigna ma main.

« Ravi de te rencontrer Edward. »

L'ombre dans ses yeux sembla disparaître pendant un moment, montrant une chaleur sincère quand il prononça la phrase. Mais ensuite, celle-ci disparut puis il lâcha ma main, une sorte de crainte défilant dans ses yeux, et il détourna le regard. Je me sentis étrangement attiré par lui, soudain pris d'un besoin de comprendre ce qu'il se passait dans son esprit. Nous ne parlâmes pas durant le reste du déjeuner et nos chemins se séparèrent ensuite pour ne plus voir l'autre qu'une ou deux fois durant le reste de la journée ; il était dans une classe différente de la mienne l'après-midi, pour le cours de mathématiques.

Enfin, je pris le bus, rentrant à la maison pour le weekend, mes pensées centrées sur Envy. L'angoisse s'emparait peu à peu de moi et je me mordis la lèvre inférieure. Je n'avais jamais aimé les weekends car non seulement j'avais beaucoup trop de temps libre mais en plus, cela signifiait que mon père était à la maison. J'adorais mon père mais parfois…


Voilà ! Fin du chapitre ! Non, non, non, vous ne connaîtrez pas le secret d'Envy maintenant ! x)

N'hésitez pas à critiquer ! (^.-)

Et je reprends une phrase de PockymonX3 : Please review and I will give you lots of loves ! XD