Elijah se tenait assis en face d'eux, toujours aussi élégant dans son costume à peine fripé malgré avoir passé les derniers mois dans un cercueil. Il semblait aussi impassible face à la quantité d'information et d'excuses que son frère venait de lui balancer.

"Vous allez bien?" demanda Caroline, un peu troublée par son silence.

Le regard inquisiteur d'Elijah quitta Klaus pour se poser sur Caroline. "Je vais très bien, Miss Forbes, merci de vous en inquiéter."

Damon se pencha vers Stefan. "Pourquoi est-ce qu'ils parlent toujours comme s'ils sortaient d'un bouquin de Jane Austen?"

"Comment le sais-tu? Tu n'as jamais lu Jane Austen," Stefan répondit du même ton feutré, même si tout le monde pouvait parfaitement les entendre.

"Orgueil et Préjugés est un de mes livre favori," Elijah commenta.

"Vraiment? Moi aussi!" Caroline s'exclama. "Et le plus amusant c'est que l'une de mes meilleure amie s'appelle Bennett. Mais vous le savez déjà, en fait."

"Effectivement, mais cela reste quand même amusant," Elijah répondit poliment.

Klaus s'agita sur son siège, impatient. "Allons, mon frère, tu n'as donc rien d'autre à dire?"

Elijah leva un sourcil. "Cela va de soi. Mais j'attends que nous soyons seuls."

"Oui, et bien c'est ce que notre ami Klaus ici essayait justement d'éviter," précisa Damon.

Elijah sourit. "Vraiment Niklaus, de quoi as-tu peur? Je ne peux te faire aucun mal de toute façon."

"Tu pourrais t'en aller," dit Klaus calmement, et Elijah réagit enfin. Caroline, qui l'observait , aperçut brièvement un éclair de vulnérabilité dans son regard. Elle se leva et posa la main sur l'épaule de Klaus.

"On va y aller. Tout va bien se passer. Il voulait vraiment vous ramener avec lui," dit-elle à Elijah avant d'embrasser Klaus sur la joue et d'entraîner les deux Salvatores à sa suite.

"Mais je voulais assister à la bagarre," Damon protesta une fois qu'ils furent dehors.

Caroline leva les yeux au ciel. "Il n'y aura pas de bagarre espèce d'idiot. Ils sont frères depuis plus de mille ans. Ils s'aiment, ils arrangeront les choses. Ils sont comme vous, dans 800 ans. »

Stefan et Damon se regardèrent.

"Je ne crois pas que je te pardonnerai si tu commences à me trimballer partout dans un cercueil," Stefan dit à son frère.

"Pas même s'il est recouvert de soie noire?" Damon rigola.

"C'est plus ton truc, moi je préfère le coton."

"Bon Dieu, vous êtes trop bêtes," dit Caroline mais elle ne put s'empêcher de sourire. "Rentrons à la maison."

Elle s'arrêta après quelques mètres. "A propos de maison, Stefan, que vas-tu faire?"

Il haussa les épaules. « Je n'ai pas encore eu vraiment le temps d'y penser. Je reste à l'hôtel pour l'instant et je vais chercher un endroit."

"Tu peux rester avec nous. C'est ton appart aussi," offrit Damon et Stefan sourit.

"Merci, mais vous avez besoin d'intimité. Je trouverai quelque chose, je ne m'en fais pas pour cela."

"On t'aidera," Caroline proposa.

"Mais pas ce soir," Damon intervint en l'attrapant dans ses bras. "Parce que j'ai déjà prévu quelque chose."

Elle sourit. "Quoi?"

"C'est une surprise," lui dit-il en lui donnant un baiser passionné.

"Ugh, je crois que je vais dormir ailleurs ce soir," marmonna Stefan.


Ils allèrent manger un bout ensemble puis Stefan retourna à l'hôtel et Caroline et Damon poursuivirent leur chemin. Peu après ils s'arrêtèrent en face de l'Empire State Building.

"Tu te souviens de la dernière fois où nous étions ici?" lui demanda-t-il.

"Oui, on s'est disputés. Pas vraiment mon meilleur souvenir," se souvint-elle.

"Alors si on remontait et qu'on effaçait ces mauvais souvenirs?"

Elle sourit, incertaine quant à la signification de ses paroles. "Mais il est tard, et c'est probablement fermé."

Il sourit. "Rien n'est jamais fermé pour nous vampires," murmura-t-il contre ses cheveux.

Il lui prit la main et ouvrit la porte, hypnotisant facilement le gardien pour qu'il les laisse monter Une fois en haut, Caroline admira la vue et apprécia la tranquillité de l'endroit.

"C'est mon préféré," dit-elle à Damon en pointant du doigt le Chrysler building. Il vint se placer derrière elle, passant les bras autour de sa taille et appuyant son menton sur son épaule.

"Merci de m'avoir ramené mon frère," dit-il en pressant un baiser sur sa temps.

"Je n'ai rien fait d'extraordinaire. Disons que j'ai attrapé Klaus au bon moment. Et j'ai pu le faire car tu m'as fait confiance," ajouta-t-elle avec un doux sourire. "Et puis c'est toi qui y est allé cash en demandant qu'il libère Stefan."

"Parce que tu l'as adoucit suffisamment pour m'en laisser l'opportunité."

Elle haussa les épaules. "Si tu veux."

Il se mit à rire. "Qu'importe que je te dise à quel point tu es géniale, tu ne me croira jamais complètement, n'est-ce-pas?"

Elle lui lança un sourire espiègle. "Peut-être dans une centaine d'année, si tu me le dis encore d'ici là."

Il leva un sourcil. "Est-ce que je n'ai pas mentionné que c'était pour toujours? Je ne cesserai jamais de te dire à quel point tu es belle et merveilleuse, et combien je t'aime," lui dit-il avec ferveur, la pressant contre lui. Elle tourna la tête et leur lèvres se rencontrèrent dans un baiser tendre.

"On devrait voyager lorsqu'on aura fini les cours," dit-il.

"J'adorerais cela ! D'abord en Europe?"

"On ira où tu voudras," sourit-il de son enthousiasme.

"Tu es si bon avec moi," soupira-t-elle en posant ses mains sur les siennes.

"Tu le mérites, Care. Tu mérites le monde, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te le donner.

Elle se tourna et glissa ses bras autour de son cou. "Je n'ai pas besoin du monde, Damon. J'ai juste besoin de toi. Je t'aime tellement."

Il l'embrassa langoureusement et elle frissonna.

Hors d'haleine, elle le regarda avec un sourire taquin. "Tu crois qu'ils ont des cameras de surveillance ici?"

Il sourit. "J'en suis sûr. Mais on a un lit confortable qui nous attend à la maison."

Elle se mit à rire. " Un lit ! On croirait entendre un vieux couple arthritique."

"Pour ce que je vais te faire, il faut être confortable," murmura-t-il avec une lueur malicieuse dans le regard.

Il lui donna un autre baiser, histoire de la mettre en condition, et lorsqu'il la relâcha ses jambes la tenaient à peine.


Lorsque Stefan rentra dans la suite qu'il partageait avec Klaus il trouva Elijah dans le salon, immobile devant la fenêtre.

"Bonsoir."

Elijah se tourna. "Stefan. Je pensais que vous resteriez avec votre frère et Caroline."

Le jeune vampire sourit. "Ils sont ensemble depuis à peine deux semaines, ils ont besoin d'intimité."

Elijah approuva. "Ah, je vois. Un nouvel amour. Je comprends."

"Comment cela s'est-il passé avec Klaus?" demanda Stefan, curieux.

"Si je ne savais pas que c'était impossible je pourrais penser que vous lui avez fait subir un lavage de cerveau," Elijah répondit calmement.

Stefan sourit. "Si cela peut vous consoler, nous étions aussi surpris que vous lorsqu'il a accepté de me laisser partir. Mais les dernières semaines ont été décisives quant à son changement d'attitude."

"D'après ce que j'ai compris, la charmante miss Forbes n'est pas étrangère à cet état de fait."

"Il semble qu'elle soit parvenue à le toucher. Mais son intérêt était sincère. Il y avait une volonté de m'aider, mais elle a vraiment commence à l'apprécier."

Elijah aquiesca pensivement. "C'est assez perturbant de le voir ainsi. Je ne l'avais plus vu dans cet état d'esprit depuis très longtemps…depuis que nous étions humains, en fait. Je n'aurais jamais imagine qu'il puisse être à nouveau ainsi."

Stefan leva un sourcil. "Et c'est une bonne ou une mauvaise chose?"

Elijah sourit de façon cryptique. "Je n'ai pas encore eu le temps de décider. Je suppose qu'à long terme c'est une bonne chose."

Stefan savait qu'Elijah n'était pas du genre belliqueux, ce qui fut confirmé par ses paroles suivantes.

"Je ne souhaite pas recommencer une guerre futile avec votre famille ou vos amis. Ce que j'ai fait à l'époque était pour aider Klaus et le sacrifice. Je n'ai rien contre vous personnellement. En dépit de ce qu'il est et de ce qu'il a fait, Klaus est mon frère. Si vous êtes capable de lui donner une seconde chance, il n'y a pas de raison que je ne puisse pas faire de même. Je sais que vous appréciez autant que moi l'importance des liens familiaux."

"Certainement," répondit Stefan en repensant à sa relation souvent houleuse avec Damon. "Avez-vous décidé de ce que vous allez faire?"

Elijah s'éloigna de la fenêtre et se rapprocha de Stefan, plaçant ses mains dans ses poches.

"Un petit voyage est prévu, d'après ce que j'ai compris. Afin de pouvoir discuter. Je suis sûr que Klaus vous en parlera."

Stefan hocha la tête. "Ok, dans ce cas je suppose que je vous verrai demain. Bonne nuit."

"Bonne nuit, Stefan."

Stefan se rendit dans sa chambre et entreprit de se déshabiller, absorbé par ses pensées. Si Klaus voulait ramener sa famille, y avait-il une chance que Rebekah soit la suivante?


Le réveil retentit et Caroline grogna, pressant le bouton et se retourna, cherchant la chaleur de Damon. Il était encore à moitié endormi mais son bras se glissa automatiquement autour d'elle.

C'était leur premier jour après les vacances.

"Trop tôt," murmura-t-elle, frottant son nez contre son cou.

Les yeux fermés, il sourit. « Tu n'est pas obligée d'aller à l'école. Tu pourrais devenir une styliste célèbre rien qu'en hypnotisant les gens."

"Peut-être, mais en quoi cela serait-il amusant?"

Il ouvrit un oeil et regarda le réveil. "C'est toujours plus amusant que de se lever à 6.45 tous les matins."

Il embrassa son front et caressa son dos en attendant que le réveil sonne à nouveau. Caroline se leva pour aller prendre une douche pendant que Damon préparait le petit déjeuner.

Elle le rejoignit, vêtue de son peignoir de bain, et ils mangèrent tranquillement en écoutant distraitement les nouvelles à la télé.

Caroline se leva pour déposer sa tasse dans l'évier, et il l'attrapa, la coinçant contre le comptoir de la cuisine. Il prit ses lèvres dans un baiser, pas vraiment,t passionné mais plutôt tendre et intime. Elle comprit très vite que c'était tout ce qu'il voulait, et il passèrent les 15 minutes suivantes à s'embrasser dans la cuisine.

Elle n'aurait jamais deviné que Damon serait un petit ami aussi adorable et aimant.

Sa bouche quitta la sienne et se balada dans son cou, la faisant frissonner. Il savait exactement où étaient ses points sensibles.

"Tu vas briser le coeur de tout un tas de fille aujourd'hui," soupira-t-elle avec un sourire malicieux.

"Et tu vas en adorer chaque minute," répliqua-t-il avec un sourire entendu.

Elle haussa les épaules. "Je veux juste être sûre qu'elle ne se fasse pas d'illusion. Je ne partage pas ce qui est à moi," dit-elle avec un regard séducteur.

Damon grogna et l'embrassa à nouveau, de façon plus intense. Il ouvrit son peignoir, ses mains glissant sur son corps, trouvant ce qu'elles cherchaient. Ses doigts accomplirent leur magie et un petit cri d'extase retentit bientôt dans la cuisine.

"Excellent façon de commencer la journée," dit-elle, les joues roses et les yeux brillants.

Il posa sa main sur la joue et la regarda très sérieusement. "Tu es incroyablement belle," et le coeur de Caroline se gonfla en lisant l'amour et la dévotion dans son regard.

"Je t'aime. Pour toujours."

"Pour toujours," répéta-t-il.


Klaus et Elijah se rendirent à l'appartement le soir suivant pour diner et discuter de leur voyage imminent. Ils avaient décidé de se rendre en Angleterre, passer un peu de temps à Londres et puis à la campagne où ils avaient apparemment de bons souvenirs.

Caroline ne put s'empêcher de se demander si ces bons souvenirs impliquaient quelques massacres sanglants, puis décida qu'elle ne voulait pas savoir. S'ils acceptaient Klaus, c'était avec son passé et toutes ses actions, quelles qu'elles soient. Essayez de le changer serait idiot et inutile. La façon dont il avait évolué dernièrement était déjà un miracle en soi.

Klaus proposa à Stefan de rester dans leur suite d'hôtel pendant son absence. Il savait que Stefan finirait par déménager, et intérieurement il était content que Stefan ne se soit pas enfui dès qu'il en avait eu l'opportunité.

Ils passèrent une excellent soirée, construisant lentement une sorte d'amitié un peu spéciale, même si aucun d'entre eux ne le qualifierait ainsi pour le moment. Mais l'animosité et la méfiance avaient fait place aux rires et discussions amicales.


Le weekend suivant, Caroline, Stefan et Damon sortirent danser. Damon resta au bar avec Bryan qui les avait rejoint, pendant que Caroline tira Stefan sur la piste.

"Ugh, Care, tu sais que danser c'est pas mon truc," se plaint-il.

"C'est totalement faux. J'ai vu ce dont tu étais capable lors des soirées à l'école. Et puis il faut que tu te montre, histoire d'attirer l'attention d'une jolie fille. Tu as besoin de t'envoyer en l'air," dit-elle crûment.

"Ce que j'ai besoin c'est de ne plus entendre lorsque toi tu t'envoies en l'air," murmura-t-il et elle eut un large sourire.

"J'ai entendu. C'est dommage. Damon et moi avons discuté, et on a pensé acheter une grande maison pour que tu puisses venir vivre avec nous. »

"Ce serait génial," dit-il, visiblement emballé par l'idée. "Du moment que ma chambre est à l'autre bout de la maison," ajouta-t-il en riant.

Elle rit et ils continuèrent de danser, Stefan faisant des mouvements stupides pour l'amuser. Il s'arrêta soudainement et regarda par dessus son épaule en fronçant les sourcils.

"Quoi?" demanda-t-elle en tourna la tête.

"Je ne suis pas sûr...il y avait un gars qui nous regardait et il m'a semblé familier...J'ai du me tromper," dit-il avec un sourire et repris sa danse avec Caroline.

"Il était sans doute impressionné par ta performance à la Travolta," blagua-t-elle.

Un peu plus tard Caroline décida de rentrer, mais Damon voulait rester un peu plus longtemps et Stefan proposa de la raccompagner et de passer la nuit à l'appartement.

Caroline prit le bras de Stefan et ils quittèrent le club, à pied car l'appartement était situé non loin.

"Tu ne te souviens pas de moi, n'est-ce pas?"

Un jeune homme apparu devant eux comme surgi de nulle part. Caroline sursauta et son coeur s'accéléra lorsqu'elle vit la rage et le désespoir inscrit sur son visage. Il s'était adressé à Stefan, et elle comprit qu'il s'agissait de l'homme qu'il avait vu dans le club.

"Ton visage est familier, mais..."commença Stefan, et l'homme l'interrompit brutalement.

"Et pourquoi tu t'en souviendrais? Nous ne sommes sûrement pas la seule meute que ton copain et toi avez massacré!"

Choquée, Caroline comprit qu'il devait s'agir d'un loup-garou et des expériences que Klaus avait pratiqué sur eux.

Stefan poussa Caroline derrière lui, levant la main. "Ecoute, je suis désolé. Ce n'était pas mon combat, mais j'ai été forcé de participer. Je sais que cela n'atténue en rien ta peine et ta douleur, mais je suis désolé, vraiment."

L'homme hocha la tête, semblant se calmer. "C'était ma soeur et ma petite copine. Mortes toutes les deux. J'ai eu de la chance de pouvoir m'échapper. Tu sais à quel point ca fait mal?"

"Je peux imaginer," dit Stefan en se tournant vers Caroline, tentant de lui faire comprendre qu'elle devait retourner dans le club. Malheureusement elle ne comprit pas.

"Ouais, ben imaginer ce n'est pas suffisant," l'homme répondit, et avant qu'aucun d'eux ne puisse réagir il saisit Caroline et enfouit sa tête dans son cou. Elle le repoussa avec un cri, et Stefan l'attrapa, le frappant au visage. L'homme trébucha mais ne tomba pas et s'enfuit immédiatement.

Stefan se tourna vers Caroline. "Tu vas bien?" demanda-t-il frénétiquement, inspectant son cou et son épaule où son vêtement était déchiré.

"Je crois, oui. C'est arrivé si vite. Je n'ai pas vraiment...oh mon Dieu."

"Quoi?"

Elle retira sa main de sous sa veste. Elle était couverte de sang.

Stefan devint blanc comme un linge.

"Je crois...Je crois qu'il m'a mordue."