Caroline se réveilla doucement, les événements de la nuit précédentes lui revenant à l'esprit. Elle se souvint que Damon l'avait mise au lit et lui avait apporté du sang, et le reste était trouble jusqu'à ce que Klaus arrive.

Elle tourna la tête et vit que Damon dormait profondément à son côté, son bras reposant sur sa taille. Elle vérifia son cou et constata que la blessure était partie. Elle se sentait faible mais bien mieux qu'il y a quelques heures.

Elle se leva en prenant garde de ne pas réveiller Damon et se rendit dans le salon. Klaus était sur le divan, un bras couvrant ses yeux et l'autre pendant sur le côté. Elle se rendit ensuite dans la chambre de Stefan et le vit affalé sur le lit, ronflant légèrement.

La nuit avait du être drôlement agitée.

Son t-shirt était moite de sueur, et elle grimaça à l'odeur. D'abord, une bonne douche.

Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, vêtue d'un pyjama propre, elle trouva Stefan dans la cuisine. Dès qu'elle apparut il se précipita vers elle et l'écrasa dans ses bras.

"Tu vas bien?" demanda-t-il.

Elle rit. "Je vais bien."

"Qu'est-ce que tu fiches debout?" demanda Damon apparaissant sur le pas de la porte, l'air sévère.

Stefan la relâcha et elle lança un regard penaud à Damon. "J'avais soif, et puis je me suis rendue compte que je sentais très mauvais, alors j'ai pris une douche."

Il s'avança vers elle, repoussant ses cheveux et inspectant son épaule. Ses doigts effleurèrent son cou, et il sourit, le soulagement évident dans ses yeux fatigués. Ses épaules se relâchèrent soudainement après une longue période de tension.

"Tu nous as fichu la trouille," lui dit-il d'un ton faussement accusateur.

"Oui, on a pas dormi à cause de toi," Stefan ajouta.

Elle rit. "Aaww, je vous aime aussi les garçons. Merci de vous être occupé de moi," dit-elle avant d'être engloutie entre deux paires de bras musclés.

"Mmm, le sandwich Salvatore, mon préféré."

Elle se sentit tellement aimée et protégée à cet instant qu'elle eut envie de pleurer, mais elle était tellement contente d'être en vie qu'elle refoula ses larmes.

Les garçons la relâchèrent.

"Je veux que tu retournes au lit," dit Damon plus sérieusement. "Je vais t'apporter un peu de sang."

"Ok, mais seulement si tu viens avec moi. On a clairement tous besoin de se reposer."

Klaus, qui avait été réveillé par leur conversation, les rejoint dans la cuisine, passant une main dans ses courtes boucles blondes.

"Je suis contente de voir que tu es saine et sauve, Caroline," dit-il et elle fut surprise par la timidité teintant sa voix.

"C'est toi que je dois remercier," répondit-elle en souriant doucement.

Il sourit tristement. "Je suis obligée de te contredire. Sans moi tu ne te serais pas retrouvée dans cette situation."

Elle vint vers lui, posant sa main sur son bras. "Mais tu n'avais pas demandé à ce loup-garou de m'attaquer, n'est-ce-pas ? C'est juste un mauvais concours de circonstances."

Klaus cligna des yeux, sentant l'émotion l'envahir. "Peut-être, mais..."

"Pas de mais," l'interrompit-elle gentiment. "Tu m'as sauvée, et c'est tout ce qui compte."

Incrédule, Klaus regarda en direction de Stefan et Damon qui haussèrent les épaules.

"Si c'est la décision de Blondie, c'est ok pour moi," dit Damon.

"Pareil," dit Stefan.

Klaus n'arrivait pas à y croire. Ils avaient la parfaite opportunité de se débarrasser de lui, et ils lui pardonnaient en dépit de la nuit horrible qu'il leur avait involontairement fait vivre.

Il se tourna vers Caroline, prenant sa main. Je suis sans voix devant ta générosité et ta gentillesse, ma chère. Je ne l'oublierai jamais."

Elle l'embrassa et il se raidit légèrement, manifestement peu habitué à ce genre de démonstration d'affection. Ne voulant pas l'embarrasser, elle le relâcha immédiatement.

"Je suis sûre qu'Elijah et toi êtes impatient de poursuivre votre voyage. Je suis désolée qu'il ait été interrompu si brutalement.

"Aucune importance, te sauver était notre priorité. Je sais qu'Elijah est de mon avis."

Elle l'embrassa sur la joue et il partit quelques instants après. Elle contempla la porte d'entrée un instant après son départ. "Vraiment, le pauvre gars a vécu pendant 1000 ans sans jamais recevoir un geste d'affection décent. Pas étonnant qu'il se soit mis à assassiner les gens."

"Et tu vas recevoir une fessée décente si tu ne retourne pas au lit immédiatement."

"C'est une promesse?" demanda-t-elle à Damon avec un sourire aguicheur.

"Par pitié, pas de fessée quand je dors dans la chambre à côté," Stefan protesta.

Damon alla préparer une tasse de sang et Stefan embrassa Caroline avant de retourner dans sa chambre en fermant la porte.

Elle rejoignit Damon dans la cuisine et se glissa dans ses bras.

"Vous êtes une petite fille désobéissante, miss Forbes," lui sourit-il. En dépit de sa bonne humeur, son visage était encore un peu trop pâle au goût de Damon, et il savait d'expérience qu'il lui faudrait quelques jours pour récupérer. Il frissonna à l'idée d'avoir failli la perdre et elle le regarda, surprise.

"Ça va?"

Il hocha la tête, posant un baiser sur sa bouche.

"La nuit dernière a été la pire de ma vie. Le pire cauchemar que j'ai jamais vécu," confessa-t-il, les yeux encore hantés par les événements de la veille.

"Tu pensais que Klaus ne viendrait pas?"

"Non, j'en étais sûr. Mais je pensais qu'il n'arriverait pas à temps, surtout qu'il nous avait fallu un temps fou pour le joindre."

Elle caressa son dos dans un geste apaisant et il se relaxa légèrement.

"Alors cela ne te dérange pas que je lui ai pardonné?" demanda-t-elle.

"Je fais confiance à ton jugement, mon amour," répondit-il simplement et elle se demanda comment c'était possible mais elle l'aima encore plus après cela. Il pardonnait à Klaus par amour pour elle.

Elle reposa sa tête contre son épaule, sentant la fatigue l'envahir. Le micro-onde sonna et Damon prit la tasse.

"Retournons au lit," dit-il et elle ne se le fit pas dire deux fois.


Plus tard ce soir-là Stefan préparait le dîner pendant que Damon changeait les draps. Caroline s'assit près de Stefan, n'ayant pas le droit de lever le petit doigt.

"Qu'est-ce que tu nous prépares?" demanda-t-elle.

"Des spaghettis avec ma sauce tomate spéciale," dit Stefan, coupant quelques oignons et olives et les mettant dans la poêle. Cela sentait vraiment bon.

"J'avais oublié que tu es un excellent cuisiner," dit-elle, et il sourit.

"Je n'ai pas vraiment eu l'occasion de pratiquer ces derniers temps."

"Tu l'as maintenant. Hé, tu pourrais suivre des cours de cuisine et devenir chef."

Il rit. "Je n'y avais jamais pensé, mais c'est une bonne idée en fait. J'adore cuisiner, je trouve cela relaxant. Et Dieu sait que j'en ai bien besoin après la pire nuit de ma vie," lui dit-il avec un regard entendu.

"Tu sais, Damon m'a dit la même chose, mais vous avez tous les deux vécu pendant plus d'un siècle, vous avez du en avoir d'assez pénibles."

"Tu veux dire par exemple lorsque mon père nous a tiré dessus et nous a laissé pour morts?"

"Entre autre."

Il fit mine d'y réfléchir. "Non. La nuit dernière était pire."

Il sourit mais elle pouvait voir un résidu de l'angoisse vécue la nuit dernière. Elle se leva et vint l'embrasser. Il l'embrassa sur la joue avant de la relâcher.

"Tu te rends compte qu'il ne vas plus te quitter du regard maintenant, n'est-ce-pas?" lui demanda-t-il en faisant un signe de la tête vers la chambre.

"Peut-être pendant un petit moment parce qu'il a vraiment paniqué, mais ca lui passera."

"Aucun risque," cria Damon depuis la chambre et Stefan et Caroline se mirent à rire.

"Au bout d'un moment il en aura marre de passer son temps à me regarder," dit-elle avec confiance.

Damon sortit de la chambre et les rejoignit dans la cuisine. "Je ne serai jamais fatigué de te regarder," dit-il en la prenant dans ses bras.

Stefan versa les pâtes dans l'eau bouillante.

"Wow, c'était à la fois romantique et glauque."

Damon haussa les épaules. "Elle a juste entendu la partie romantique, c'est pas vrai, babe?"

Caroline rit. "Euh, non, j'ai entendu la partie glauque aussi, mais ce n'est pas grave," répondit-elle, en l'embrassant tendrement.

Stefan prit un air dégoûté avant de déclarer que le dîner était prêt.


Lorsque Stefan retourna à l'hôtel, Caroline entreprit de convaincre Damon de retourner au lit...mais pas pour dormir. Il était un peu réticent au début, arguant qu'elle devait se reposer, mais elle savait se montrer persuasive et il n'avait jamais su lui dire non de toute façon.

Ils firent l'amour de façon très intense et tendre à la fois avant de reposer, éreintés et enlacés sur le lit.

"Il n'y a pas de meilleur médicament," dit Caroline dans un souffle.

Damon rit et se tourna vers elle, posant une main sur son estomac.

"Tu te souviens quand nous avons parlé de bébé il y a quelques semaines?"

Elle acquiesça et il poursuivit," Je veux avoir cela avec toi. Pas maintenant, peut-être dans quelques années, mais je veux une famille et je la veux avec toi."

Ses yeux s'humidifièrent et elle sourit. "Oh, Damon, c'est tout ce dont je rêve. Mais es-tu sûr que ce n'est pas une réaction due au fait que j'ai failli mourir?"

Il secoua la tête. "Je te promets que non. Mais j'y ai pensé depuis qu'on en a parlé. Disons que la nuit dernière m'a simplement conforté dans mon idée."

Elle passa les bras autour de son cou et l'embrassa, laissant l'émotion du moment glisser avant de retrouver sa voix.

"Alors adoption, mère porteuse ou on en pique un bébé à l'hôpital?" demanda-t-elle d'une voix taquine.

Il rit. "On verra. Mais l'hôpital ce n'est sans doute pas une bonne idée."

Il la pressa contre lui, à nouveau envahi par la peur de l'avoir presque perdue. Ils avaient plaisanté sur le fait qu'il allait passer son temps à la surveiller, mais la vérité c'était qu'il avait vraiment besoin de la sentir avec lui à chaque instant. Il savait qu'il devrait se maitriser s'il ne voulait pas devenir un petit ami collant.

"Je t'aime," murmura-t-il en déposant un baiser sur la partie sensible en dessous de son oreille. Elle frissonna et lui sourit, ses yeux brillants dans le noir.

"Moi aussi. Pour toujours."