Blabla de l'auteur : Salut à tous. Désolée de poster avec un jour de retard. J'espère que vous ne m'en voudrez pas ! ^^ J'espère que vous aimerez ce chapitre. Merci à tous pour vos reviews, elles m'ont fait super plaisir. Moi qui avais peur que vous trouviez Shane débile d'avoir oublié de demander son prénom à la fille… Bref, merci à tous et surtout à amy-chan, Princess' Nessouille Voldychou, Tomy-chan22, Solen (Salut miss. Un chef-d'œuvre je ne sais pas mais en tout cas, elle est sympa à lire. Peut-être bien que tu as raison pour le prénom de la jeune fille. Tu verras bien en lisant ^^ Oh mes histoires sont pire que des drogues ? Va falloir que je m'assure que mes lecteurs ne font pas d'overdoses alors ! Je m'en voudrais ! Tiens-moi au courant pour tes rêves sur cette histoire :) . Bisous miss,), chris87, Mama054 (Salut miss. J'espère que cette histoire te plaira autant qu'elle me plait ! Thank you so much for your words. I'm touched. Bisouss) et nouna.

Disclaimer : Au cas où vous seriez arrêtés par la police, et interrogés sur mon compte, l'univers entier ne m'appartient pas ! Je ne fais que l'emprunter le temps de développer une idée que j'ai eu en lisant un bouquin.

Merci à chris87 pour ses corrections, et à nouna pour son avis et ses commentaires.

Chapitre 02

Quand La Maison Du Rock ferma ses portes, les garçons montèrent dans la voiture et Nate les ramena chacun chez eux. Sa guitare sur le dos, Shane leur souhaita bonne nuit, puis entra sans bruit. Lorsqu'il entra dans sa chambre, il trouva sa petite sœur, emmitouflée dans son lit. Il posa sa guitare et enleva sa veste. Il la sortit doucement des couvertures et la ramena dans sa chambre. Il venait de la poser dans son lit, lorsqu'elle lui demanda s'il avait passé une bonne soirée.

« - Parfaite. Tu m'as porté bonheur ma petite fée. Dors maintenant. Je t'aime, ajouta-t-il après avoir embrassé son front.

Et c'était vrai. Il aimait sa petite sœur. C'était, à ses yeux, un vrai cadeau. Ses parents avaient eu beaucoup de mal à l'avoir et lorsqu'elle était née, il en avait pleuré. Seuls ses deux amis étaient au courant de ce détail, mais tout le monde voyait à quel point, il l'adorait. Il quitta doucement sa chambre, après l'avoir observé quelques minutes, puis alla se coucher. La soirée avait été géniale, mais à présent que l'ambiance était retombée, il se sentait épuisé.

Allongé dans son lit, dans le noir, il chercha le sommeil, sans réussir à le trouver. Même là, elle le hantait encore. « Mais pourquoi est-ce que j'ai oublié de lui demander son prénom, se maudit-il. J'ai vraiment été idiot ! » Soupirant, il tourna dans son lit et chercha à percevoir l'appel de Morphée. Il finit par l'entendre quand sonna la cinquième heure du matin.

Quelque chose de chaud était contre lui et il fronça les sourcils. Trop fatigué pour ouvrir les yeux, il tenta de comprendre d'où lui venait cette source de chaleur. Une petite main se posa alors sur sa joue.

« - Tu dors encore grand frère ?

Il soupira, comprenant que Nina était debout. « Bon, elle me laissera pas me rendormir de toute façon, songea-t-il. » Ouvrant difficilement les yeux, il lui demanda quelle heure il était. Elle lui annonça fièrement qu'il était neuf heures et il grogna. « Quatre heures de sommeil, j'hallucine ! C'est inhumain, pensa-t-il de mauvaise humeur. » Il prit néanmoins sur lui et se tourna vers son petit réveil.

« - Bien dormi, petite fée ?

« - Ouais. Mais mes boutons, y me grattent. Maman ne veut pas que j'y touche, mais c'est dur. Ils sont tous en train de me crier, Gratte-moi !

« - Maman a raison ma belle. Si tu y touches, tu vas avoir des marque sur la peau, et ça ne sera pas joli.

« - Mais toi, tu me trouveras toujours belle ?

« - Même avec un troisième bras au milieu du visage, tu seras toujours la plus jolie pour moi, dit-il en l'observant. Mais si tu n'y touches pas, tu seras belle aux yeux de tout le monde.

Elle grommela dans sa barbe et il renonça à savoir ce qu'elle disait. Allongé sur le dos, il posa son bras sur ses yeux, pour tenter de récupérer un peu plus de sommeil. Mais à peine avait-il fermé les yeux, que le visage de la jeune fille de la veille lui revint en mémoire. Plus il y pensait, plus il se traitait d'idiot. Sa mère frappa peu après à la porte et lui demanda de se lever. Il lui assura qu'il était déjà réveillé, puis le téléphone de la maison sonna. Se levant d'un bond, il grogna :

« - C'est un complot ou quoi ?

« - Je ne sais pas, mais faut que tu ailles te laver, parce que tu sens mauvais, se moqua sa sœur.

Il ouvrit les yeux, et la regarda méchamment. Sentant le danger, elle sortit de son lit et se rua dans les escaliers en criant que son frère voulait la manger. Il suivit le même chemin et arriva dans la salle à manger, la tête ailleurs. Il repensait encore à elle. Elle l'avait littéralement envoûté, avec ses yeux rieurs. « Je me demande pourquoi elle s'est enfuie comme ça, songea-t-il. Elle était poursuivie ou quoi ? Je n'ai même pas eu le temps de lui dire au revoir, qu'elle avait disparue ! » Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas sa petite sœur, dire qu'il avait parlé d'une fille, dans son sommeil.

« - Et elle s'appelait comment, interrogea sa mère.

« - Y sait pas ! Comme un idiot, il a oublié de demander. Enfin, c'est ce qu'il dit, expliqua-t-elle sérieuse.

Les adultes rirent et le jeune homme revint à lui. Il interrogea son père mais celui-ci se cacha derrière son exemplaire du Washington post. Il haussa donc les épaules, en songeant que c'était sûrement sans importance et commença son petit-déjeuner. Sa mère s'inquiéta de savoir à quelle heure il était rentré et il soupira. Il lui expliqua qu'il s'était endormi peu après cinq heures, et fusilla sa sœur des yeux, pour l'avoir réveillé. Mais celle-ci loin de paraitre gênée, quitta la table et partit s'asseoir au salon, d'où, peu après, il entendit le générique d'un dessin animé. Quand il eut terminé son journal, son père lui demanda si sa soirée s'était bien passée.

« - Ouais, l'ambiance était géniale. Survoltée serait le mot approprié, je crois. Faudrait que vous veniez, un de ces quatre, c'est vraiment bien !

Il leur fit un résumé presque complet, puisqu'il oublia, consciemment, de leur parler de l'inconnue. A la fin de son récit, ses parents notèrent l'étincelle de ses yeux. Ils étaient sûrs d'un truc, leur fils était fait pour ce genre de vie. Pire, il semblait ne vivre que par la musique.

Quand il eut terminé de manger, il partit se laver, puis s'enferma dans sa chambre, afin de terminer ses devoirs. Être connu, c'était bien, mais malheureusement, il devait encore passer ses SAT. Il n'était pas spécialement pressé, ceci dit ! Devoir passer des jours à réviser, sans toucher à sa guitare, serait une vraie torture pour lui. Même si la logique voudrait qu'il commence à réviser dès maintenant, il ne voyait pas ça comme ça et préférait passer son temps libre à écrire des mélodies, ou des textes.

Durant deux heures, il bûcha sur sa dissertation d'anglais à propos de l'œuvre de Tolkien qu'ils étudiaient en ce moment. Une fois satisfait, il tendit le bras pour prendre sa guitare et faire un peu de musique. Il la posa sur ses genoux et commença à taquiner les cordes, sans chercher à écouter ce qu'il jouait. En fait, il pensait encore à elle. Et il y pensa toute la journée. Durant les repas, il se demandait si elle aimait tel ou tel aliment, ou quand il jouait, il cherchait à savoir si elle serait fan ou non, et même lorsqu'il joua pour le plaisir de sa petite sœur, il s'imagina un instant qu'elle était avec eux.

Quand il se coucha, au soir, il se rendit compte qu'aucune fille ne lui avait fait perdre la tête ainsi. Durant son sommeil, qui ne tarda pas à venir, il revit cette soirée, mais dans son songe, il avait été intelligent, puisqu'il lui avait demandé son prénom. Malheureusement, au moment, où elle répondit, son réveil sonna. Le fusillant du regard, il l'éteignit, et partit se laver, avant de descendre déjeuner. Ses parents dormaient encore et lorsqu'il quitta la maison, il soupira. Comme il aimerait dormir lui aussi. Malheureusement, on n'était qu'au début du mois de mars et il avait encore trois mois de cours, avant d'être libre et de faire autant de grasses matinées qu'il voudrait. Songeant à tous ces soirs, où ils pourraient se produire sur scène, il arriva gaiement au lycée. Il salua ses deux amis, et leur demanda si leur dimanche avait été agréable, avant que les filles ne les rejoignent. Leur faisant la bise, il soupira quand D'jinn, lui demanda s'il avait des nouvelles de sa femme mystère.

« - Y a pas à dire, tu as l'art et la manière de me miner le moral, toi, rit-il. J'ai passé la journée en famille et non à courir la ville, comme tu as du l'imaginer.

« - Tu aurais du ! En tout cas, je me suis renseignée pour toi. Jonathan est un ami de mon père, expliqua-t-elle. Il ne sait pas son nom, naturellement et comme elle ne commande que des jus de tomates, ou du jus de pommes, il n'a jamais eu besoin de lui demander sa carte d'identité. Néanmoins, elle vient tous les samedis, depuis le cinq juillet. Elle arrive toujours vers dix-neuf heures, accompagnée de trois hommes, bien qu'elle ne leur parle jamais. En fait, elle bouquine jusqu'à vingt heures, puis se joint à l'ambiance. Elle repart, vers deux heures du matin, deux heures et demi maximum, termina-t-elle.

« - Tu m'apprends rien ou presque Sherlock. Hormis qu'elle boit aussi du jus de pommes.

Cependant l'idée de savoir qu'elle venait accompagnée d'homme le chagrina. Pourquoi venait-elle avec eux, puisqu'elle ne leur parlait pas ?

« - Si tu lis entre les lignes, docteur Watson, se moqua-t-elle, tu apprendras qu'elle n'a pas de petit copain, ni vraiment d'amis, malgré qu'elle vienne depuis plus longtemps que vous. Qu'elle fait aussi attention à sa santé, et qu'elle a un couvre-feu plus tôt que nous.

« - Et qu'elle semble avoir le rock dans la peau, ajouta Lucy.

Devant l'air étonné des garçons, elle ajouta :

« - Sinon pourquoi viendrait-elle si elle n'a personne à qui parler là-bas, c'est bien pour la musique qu'elle vient ? Et comme l'ambiance est toujours survoltée… Vous faites le lien tout seul, ou je dois poursuivre, dit-elle amusée.

Ils acquiescèrent, en décrétant qu'elle avait sûrement raison. La sonnerie retentit et ils s'éloignèrent chacun pour aller en cours. Il passa ses deux premiers cours, seuls à réfléchir à ce qu'il avait appris. Peut-être connaissait-elle quelqu'un mais elle avait peur d'aller le ou la voir ? Il grimaça à cette idée, et le prof le rappela à l'ordre au même moment. Soupirant, il se concentra sur le cours, durant une bonne demi-heure, avant de décrocher, une nouvelle fois !

Durant la pause, il scruta toutes les personnes qui passaient près de lui, cherchant à savoir si elle faisait partit de son lycée. Seulement, il fit chou blanc. Loin de désespérer, il réitéra l'expérience durant le déjeuner. Une nouvelle fois, aucune des filles qu'il croisa n'eut son visage, ni son rire. Lorsqu'il rentra chez lui, il fit ses devoirs, la tête encore ailleurs. Nina vint le déranger, à plusieurs reprises, tant elle s'ennuyait et il la divertit, ou l'écoutait lui raconter sa journée, qu'elle avait passé avec leur mère à faire des cookies, ou encore ce qu'il s'était passé dans ses dessins animés.

Quand elle sortit de sa chambre vers dix-huit heures, il écarquilla les yeux, en s'apercevant qu'il n'avait rien retenu de ce qu'elle lui avait dit. Le résumé le plus cohérent qu'il pouvait faire était que des cookies masqués avaient fait irruptions chez eux, kidnappant des microbes. « Ce qui ne veut rien dire, pensa-t-il. Mais alors rien du tout ! » Soupirant, il se remit à ses devoirs et les termina juste à temps pour mettre la table. « A samedi prochain. Je te verrais sur scène. Et toi, tu sauras que je suis là. » « Y a pas à dire, je le saurais, songea-t-il. Je vais même te chercher. Il faut que je sache ton nom. Ton prénom, n'importe quoi. Je dois découvrir qui tu es. Où tu vis. Avec qui. Il faut que je le sache. » Il soupira et termina sa corvée avant de poser ses deux mains sur le dossier d'une chaise. « C'est dingue ! Elle m'a envoûté, ce n'est pas possible autrement. Je pense qu'à elle, comme si c'était la seule personne sur terre. Pourquoi ? Bon d'accord, elle a des yeux noisettes super expressifs et rieurs et une voix très très agréable à écouter, mais quand même. Elle ne devrait pas me hanter comme ça. Si ? Je n'en sais rien. C'est peut-être parce que j'ignore son nom, que je ne pense qu'à elle. C'est bien connu. Le mystère est attrayant et quand il a son un visage, il devient encore plus irrésistible ! » Il sursauta quand le plat fut posé sur la table et observa sa famille. Tout le monde le regardait.

« - Euh oui, c'est pour quoi ?

« - Tu veux une invitation, demanda sa sœur.

« - Tu veux que je te mette la tête entre les deux oreilles, toi, la menaça-t-il.

Pour toute réponse, elle lui tira la langue, et il s'assit en secouant la tête blasé, bien que secrètement amusé de l'attitude de sa sœur. Durant le repas, il parla peu, les yeux dans le vague et réfléchit à son attitude. Aimerait-elle sa sœur ? Ses parents ? Sa famille l'aimerait, il en était sûr. Il fronça les sourcils, se demandant pourquoi il se posait de pareilles questions. Perdu dans ses pensées, il ne nota pas les regards qu'échangeaient ses parents.

« - Ton fils devient un homme, dirait-on, dit sa mère.

« - En effet. Il semblerait qu'il connaisse son premier coup de cœur. Je me demande à quoi elle ressemble, ajouta-t-il curieux.

« - Shane, cria sa sœur.

« - T'es obligée de hurler ? Je ne suis pas dans ma chambre mais face à toi, petit monstre.

« - Ouais, mais tu semblais être perdu dans votre station spatiale.

A ces mots, il rougit, et repensa, presque aussitôt, à la jeune femme, la première qui avait compris la métaphore.

« - Il est reparti, soupira la jeune malade avant de lui lancer un petit pois.

Il le reçut en plein visage et revint à lui, pour la voir lui sourire innocemment.

« - Qu'est-ce que tu veux ?

« - Savoir à quoi elle ressemble.

« - Qui, demanda-t-il perdu.

« - La fille à qui tu penses tout le temps et dont tu ne connais pas le nom. Mais tu sais que tu aimes ses yeux, et qu'elle aime ce que vous faites… Me regarde pas comme ça, tu jacasses quand tu dors. Alors elle est jolie ?

« - Terrain miné, répondit-il ne voulant pas décrire la jeune femme à ses parents. De toute façon, je ne pense à pas elle, mais à une chanson qui me trotte dans la tête.

« - Et qui parle de quoi ? D'une jolie jeune fille dont tu ignores le prénom ?

« - Non, d'une petite fée qui va se faire avaler par un troll si elle continue à me chercher, répondit-il amusé.

Elle prit peur et lui promit de ne plus l'embêter, s'il rattachait son troll domestique. Cette image fit rire tout le monde et quand il se coucha, un peu plus tard, il fut satisfait de sa soirée. Grâce à sa sœur, il n'avait pas trop pensé à Elle. Il décida qu'il l'appellerait ainsi jusqu'à samedi, jour où il comptait avoir son prénom.

Les jours suivants passèrent approximativement de la manière. Dès le lendemain, il avait demandé à ses deux amis, qu'ils ne mentionnent pas sa rencontre avec Elle, devant ses parents, afin d'éviter certaines questions de sa sœur. De son côté, D'jinn était retournée à La Maison Du Rock, pour chercher d'autres informations, mais le gérant ne savait même pas de qui elle lui parlait. A bout d'idée elle avait demandé au vigile et n'apprit pas grand-chose de plus. Les trois hommes avec qui elle venait, la vouvoyait et lui disait « mademoiselle » à toutes les sauces. Chaque samedi soir, elle les priait de la laisser seule et de profiter de la soirée. D'jinn en avait donc conclue qu'elle avait des parents riches qui lui avaient payé des gardes du corps pour s'assurer qu'elle ne se ferait pas enlever. Ce qui expliquait pourquoi elle ne se liait avec personne.

Elle avait répété chacune de ces informations à son ami et était plutôt ravie de voir son regard s'allumer dès qu'ils parlaient de l'inconnue. Il semblait vraiment accro à elle et la jeune femme pria pour que l'inconnue ne soit pas juste une allumeuse ou quelque chose de similaire. Elle connaissait Shane depuis quelques années maintenant et ne l'avait jamais vu avec une fille. Sauf une fois, mais ça n'avait pas durée, celle-ci étant trop collante. Aussi Quand elle lui avait donc demandé de choisir entre elle et sa guitare, il avait pris la musique, en arguant qu'au moins, elle l'inspirait elle. S'en était suivie une scène que tout le collège avait pu suivre. A la fin, Mindy était en pleurs et Shane s'était promis de ne plus jamais sortir avec une fille de son lycée.

Pour sa part, le jeune homme passa, ce qu'il lui restait de temps libre, après ses devoirs et s'occuper de son petit trésor, à écrire une chanson pour la jeune femme. Seulement, il n'arrivait à rien. Il trouvait sa première version niaise à souhait, la seconde trop expéditive, quant à la troisième, elle était si romantique qu'elle en aurait fait pleurer de rire Juliette. Autant dire qu'il avait beaucoup de mal à transcrire sur papier ce qu'il ressentait. Froissant sa nouvelle feuille, il soupira.

« - Mais qu'est-ce que je ressens exactement ? Ok, j'adore ses yeux, ils sont super expressifs et sa voix est simplement belle, mais… Je ne sais pas. Elle me hante, aucun doute là-dessus et je suis certain qu'elle est différente. Quelque chose dans sa façon d'agir, le prouve. Sauf que je ne peux pas écrire ça ! C'est limite à vomir.

Il souffla d'agacement et reprit une nouvelle feuille. Habituellement, il préférait taper ses compositions directement sur son ordinateur portable, mais pour une fois, pour elle, il voulut faire comme avant l'invention de l'informatique. Quand les ordinateurs étaient réservés à une élite de scientifiques et qu'il fallait le SAT plus dix pour l'allumer. Soupirant, il décida de parler d'abord de ses yeux. « Ils sont noisettes, expressifs, brillants quand elle se met à donner son avis, mais aussi doux et compréhensifs ! Elle semble ouverte aux idées nouvelles et elle est indépendante ! Sinon comment expliquer qu'elle vienne seule dans un bar, tous les samedis ? Et son rire… Envoûtant, comme sa voix. Sa manière de parler, d'exposer ses idées, sans chercher à vous convaincre, pour autant, c'est simplement agréable. Mais pourquoi, je n'ai pas pensé à lui demander son prénom ! » Enervé contre lui-même, comme à chaque fois qu'il se souvenait de cet oubli, il se frappa le front et s'appuya contre son dossier, le nez face au plafond.

« - Un problème mon chéri, demanda sa mère en passant la tête par la porte.

« - Non, tout va… Si, soupira-t-il. C'est cette fille !

« - Quelle fille ?

« - Celle avec qui j'ai passé la majeure partie de ma soirée samedi, avoua-t-il.

« - Elle s'appelle comment, l'interrogea-t-elle intriguée.

« - Ah ça… C'est une bien bonne question, dit-il sarcastique. Figure-toi que ton idiot de fils n'a pas trouvé le temps, en trois heures de conversation, de lui poser la question.

Sur ces mots, il se frappa le front, et elle sourit.

« - Voyons Shane, tu n'es pas idiot, pour autant. D'accord, tu as oublié ce point, mais tu sais d'autres choses sur elle, non ? Des choses qu'on apprend, en général, après avoir passé plus de trois heures avec la personne en question.

« - Pas vraiment. D'elle je ne sais rien. Si elle a les cheveux plus foncés que les tiens, quand ils sont naturels, sourit-il. Les siens sont raides, elle est un peu plus petite que moi. Elle doit faire, approximativement, la taille de Nate, elle a des yeux noisette qui parlent pour elle, une maturité dans sa voix et dans ses gestes, qui me font penser qu'elle est plus âgée. Elle adore ce qu'on fait avec les mecs, ainsi que d'autres groupes du samedi que j'aime aussi… En gros, je ne sais rien d'elle. Si, elle adore le jus de tomate. Excellente information, tu ne trouves pas ?

« - Arrête le sarcasme Shane, ça ne te va pas. Pour quelqu'un qui ne sait rien, je trouve que tu en sais beaucoup.

« - Tu parles, D'jinn m'en a appris plus en dix minutes que moi en une soirée. Elle sort toujours avec trois hommes, qui la vouvoient et lui donne du « mademoiselle » à toutes les sauces, pour reprendre les mots de D'jinn ! On suppose que c'est une riche héritière, qui a des gardes du corps. Elle adore le jus de tomate et vient à La Maison Du Rock depuis juillet. Elle ne parle à personne, ne se mêle pas à la foule et si je ne l'avais pas bousculée samedi, je ne l'aurais peut-être même jamais vu. Elle arrive à entrer avant l'ouverture, ce qui nous laisse penser qu'elle est héritière de quelque chose.

Sur ces mots, il regarda sa feuille, toujours vierge et soupira. Il avait beau essayer d'écrire quelque chose, c'était toujours nul à ses yeux. Et comme il souhaitait lui chanter la chanson, un jour, il voulait que le texte soit parfait. Se penchant, il jeta quelques phrases sur papier, qu'il raya presque aussitôt.

« - J'y arrive pas, soupira-t-il.

« - A quoi ?

« - A composer quelque chose pour elle. Non, mais écoute ça, tu vas rire, dit-il déçu. Tu te fonds dans la foule, qu'on t'oublie de la terre ! Le nez dans ton verre, … Superbe, non ? Y a pas à dire, c'est du talent à ce niveau. Ça m'énerve, ajouta-t-il en jetant son crayon sur son bureau.

« - Ne sois pas trop dur avec toi-même mon chéri ! Composer pour celle qu'on aime n'est jamais simple. Tu ne l'a connais pas assez, pour le moment.

Sur ces mots, elle posa le linge qu'elle était venue déposer et repartie. Resté seul, il fixa la porte et revint sur son bureau. En chemin, ses yeux croisèrent les boules de papiers et il souffla. « Vivement samedi que je la revois. »


Et voilà, un autre de fini. J'espère que ça vous plait toujours ? Pour ma part, j'adore le début de sa chanson mdr.

Miss Tagada (L)