Blabla de l'auteur : Salut à tous. Désolée de ne poster que maintenant. J'avais la flemme. Je répondrais à toutes vos reviews dans la semaine. Soit en repostant ce chapitre, soit par mail (ou facebook pour ceux que j'ai.) Bonne lecture à tous et merci pour vos reviews.

Disclaimer : Au cas où vous seriez arrêtés par la police, et interrogés sur mon compte, l'univers entier ne m'appartient pas ! Je ne fais que l'emprunter le temps de développer une idée que j'ai eu en lisant un bouquin.

Merci à chris87 pour ses corrections, et à nouna pour son avis et ses commentaires.

PS : A partir de ce chapitre, je vais osciller entre leur deux vies différentes, donc ça risque de compliquer la compréhension sauf si je suis douée (ce dont je doute).

Chapitre 06

Ils restèrent tous ensemble, à discuter comme s'ils se connaissaient depuis longtemps, puis jeune femme dut les quitter vers trois heures du matin. Pour la première fois, depuis qu'elle leurs parlait, elle les salua tous en prenant le temps de leur dire au revoir. Shane la raccompagna sur le parking, suivit par ses gardes.

« - Tu crois que je peux te retenir deux minutes, demanda-t-il.

« - Mademoiselle, nous y allons, les interrompit un homme en noir.

« - Oui, oui deux minutes. J'ai quelque chose de personnel à dire à mon ami. Je vous rejoins.

Elle lui sourit et l'homme s'éloigna, sans les perdre de vue. « Ce n'est pas gagné, songea le jeune homme en le voyant les surveiller. Je me demande sur qui ses yeux sont braqués. »

« - Voilà, c'est bon, tu dois avoir l'équivalent de deux minutes, voir un peu moins, rit-elle doucement.

« - Oh. Je n'en ai pas pour autant de temps en fait. C'est juste que, tu m'as dit tout à l'heure que ta garde personnelle faisait fuir les moins avertis et donc je voulais te proposer de m'appeler, si jamais tu as envie qu'on se voit ou autre. Qu'en dis-tu ?

« - Bah ça aurait été cool, mais je n'ai pas ton numéro, et même si je t'appelais de vive voix, je ne crois pas que tu pourrais m'entendre, à moins que tu habites à proximité de chez moi ?

« - A l'opposé, admit-il.

« - Je vais de ce pas acheter un mégaphone alors.

Ils rirent de l'idée puis échangèrent leurs numéros. Le garde revint la prévenir qu'elle allait être en retard. Elle soupira, et s'apprêta à partir quand Shane la prit de cours.

« - Pas grave, vous direz qu'il y a eut des bouchons, se moqua-t-il. A samedi alors, demanda-t-il à son amie.

« - On va faire ça. Et puis papa ne dira rien si j'arrive dix minutes en retard. Je le mérite de toute façon. A samedi. Si j'ai le temps je t'appellerais dans la semaine, d'accord ?

« - Ok mais après quinze heures sinon mes profs vont pas accepter, même si l'appel vient de la fille de notre Président. Je serais collé, quand même.

Elle acquiesça en souriant, lui fit la bise et rejoignit sa voiture « avant que ses gardes ne fassent une syncope » ajouta-t-elle à voix basse. Il la regarda partir puis retourna à l'intérieur, sans savoir qu'elle le suivait des yeux, à l'abri derrière la vitre teintée. Quand il disparu à l'intérieur du bâtiment, elle se réinstalla confortablement, et sourit en regardant son numéro. Durant la soirée, alors qu'il était sur scène, elle l'avait pris en photo, sans qu'il le sache.

« - Tout va bien mademoiselle, demanda la jeune femme qui était avec elle dans la voiture.

« - Oui Jessie, tout va parfaitement bien. Papa a appelé ?

« - Deux fois. Il espère que vous serez de retour à trois heures du matin, vous souhaite une bonne soirée et vous prévient que demain, votre grand-mère viendra vous réveiller.

A cette nouvelle, la jeune femme grimaça. Elle appréciait son aïeul, seulement celle-ci avait tendance à critiquer la musique qu'elle écoutait, ou qu'elle jouait. A ses yeux, le rock était une musique de rebelles, et d'anarchistes et ce n'était pas convenable que la première fille des Etats-Unis apprécie.

« - Vous me ferez penser à cacher ma guitare en rentrant, demanda-t-elle à son aide.

Depuis que son père avait gagné la dernière élection, la jeune femme était à son service en l'aidant du mieux possible à gérer sa nouvelle vie. Jessie acquiesça, puis l'observa. Elle avait un air rêveur, et semblait heureuse. « Comme chaque samedi depuis trois semaines, songea-t-elle. Je me demande si ce jeune homme y est pour quelque chose. »

De son côté, Mitchie, repensa à sa soirée. Lorsqu'elle était arrivée, ils venaient d'entrer sur scène et elle n'avait pas osée aller voir les deux filles, de peur que celle-ci ne lui parlent que parce que Shane était là. Elle s'était donc mise dans un coin, près du bar, en se promettant d'aller le voir dès qu'il irait chercher quelque chose à boire. Seulement, alors qu'ils terminaient leur concert, un de ses gardes l'avait informé que son père cherchait à la joindre. Ils en avaient donc parlé durant plusieurs minutes, et lorsqu'elle s'était retournée vers la salle, il avait quitté la scène. Elle avait rapidement localisé, le deux autres membres du groupe, mais lui était ailleurs. Nate s'était dirigé vers le bar, et elle l'avait suivi, machinalement, des yeux, avant de le voir enfin. Elle avait sourit et, après avoir demandé à ses gardes de lâcher du leste pour la soirée, les avait rejoint, après un soupir. Mais quand elle avait vu leur gêne, elle avait compris qu'ils savaient qui elle était, et avait bêtement pensé qu'ils ne voudraient plus lui parler, effrayés par ses armoires à glace, mais non. Il lui avait demandé des explications, qu'il n'avait même pas répétées aux autres, et tout le monde l'avait accueilli à bras ouvert. La soirée avait été parfaite, et pour la première fois depuis un an, elle était ravie d'être qui, elle était.

La voiture entra par la porte de service, et elle revint sur terre. Son père n'allait pas être ravi qu'elle rentre vingt minutes après l'heure prévue, mais elle avait eu besoin de cette soirée. Sa semaine avait été épuisante, et il lui avait fallut tout le courage du monde, pour quitter ses draps au matin. Elle entra dans la demeure, et ses gardes partirent à leur poste habituel. L'avantage de vivre à la Maison Blanche était qu'une fois à l'intérieur, elle redevenait presque une fille normale. Elle passa la porte du bureau de son père. Il était à sa table de travail et relisait sûrement un rapport sur la situation de Little Creek.

« - Je suis rentrée, murmura-t-elle.

« - Je vois ça, sourit-il. Tu t'es amusée ?

« - C'était génial, tu veux dire ! Tu sais le garçon dont je t'ai parlé samedi ? Il était encore là, bon il m'a vu sur CNN, mais il ne m'en veut pas de lui avoir menti par omission. En plus, il a même écrit une chanson sur moi. Pas sur la fille du Président, mais sur moi. C'est trop mignon et en plus, elle est superbe. J'adore.

Il observa sa fille quelques instants. Elle semblait rayonner de bonheur et il sourit.

« - Alors tant mieux. Du moment que tu ne tombes pas amoureuse de ce musicien, ça me convient, dit-il sérieux.

« - Pourquoi pas ? C'est respectable comme métier, et puis j'adore la musique, tu le sais.

« - Oui, mais si tu tombes amoureuse, il va aussi succomber à ton charme et tu vas nous quitter beaucoup trop vite. Donc, si tu tombes amoureuse, je t'envoie dans un pensionnat au Canada, sourit-il.

Elle le regarda une seconde interdite, puis sourit. C'était son père tout craché. Bien sûr, si elle sortait avec, à condition qu'elle lui plaise naturellement, sa grand-mère risquerait de mal voir cette histoire, mais elle s'en moquait. Elle discuta encore quelques minutes avec son père, puis celui-ci, remarquant son état de fatigue, l'envoya au lit. Ne se faisant pas prier, elle gagna sa chambre, qu'elle trouvait immense. Se changeant rapidement, elle remarqua l'absence de sa guitare et remercia sa secrétaire.


De son côté, Steve Torrès, fit appeler la jeune femme. Lorsqu'elle entra, elle ferma la porte. Il l'invita à s'asseoir. Elle lui fit un résumé de la soirée de sa protégée, en ajoutant que le jeune homme semblait être quelqu'un de correct. Rassuré, il se leva, et ils quittèrent le bureau ovale.


Shane rejoignit ses amis avec un petit sourire heureux, ce qui ne manqua pas d'attiser la curiosité de D'jinn. Seulement elle eut beau le questionner, il garda les lèvres closes, avant de lui demander finalement, si leur nouvelle chanson lui plaisait. Son avis, ainsi que celui de Lucy, furent enthousiastes, toutes deux décrétant qu'elle valait largement, celle que leurs copains avaient écrits pour elle. Il les remercia mais rougit, lorsque qu'elle ajouta :

« - Non, mais belle déclaration d'amour. Si elle lit entre les lignes, elle va vite comprendre qu'elle t'obsède. N'est-ce pas mon chéri ?

« - Si tu pouvais juste éviter de me prendre à témoin, dans ce genre de cas, sourit Nate. Je suis neutre.

Ils rirent, et durant l'heure qui resta, discutèrent entre eux, en applaudissant les derniers groupes, puis chacun retourna chez soi. Cependant, Nate vit bien que son ami avait la tête ailleurs depuis qu'il était revenu, mais se garda bien de le lui en parler. Il le déposa chez lui, et lui donna rendez-vous lundi en cours. Il ne sortait jamais le dimanche. Sa mère les voyant peu, elle les obligeait, sa sœur et lui, à passer cette journée avec eux. C'était surtout pour ça qu'il rentrait tard le samedi soir. Nate adorait sa famille, mais avait parfois l'impression de ne pas vivre dans le même monde qu'eux.

Shane passa la porte en silence. Toutes les lumières étant éteintes, il se coucha sans détour. Par acquis de conscience, il vérifia, une nouvelle fois, qu'elle lui avait bien donné son numéro. Il avait beaucoup de mal à y croire. Il s'endormit rapidement, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Finalement, la vie d'ado c'était plutôt agréable quand tout allait bien.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, en sursautant, et maudit sa sœur. Celle-ci venait de mettre sa musique à un volume sonore impressionnant, et bien qu'il aime ce que faisait Janet Jackson, au réveil, il préférait le calme d'un compositeur viennois. Il resta dans son lit, quelques instants, puis finit par en sortir. Il descendit, en se promettant de réveiller sa petite sœur ainsi, dans les prochains jours, et salua ses parents.

Il passa sa journée à paresser, tantôt terminant ses devoirs, tantôt préférant la compagnie de sa guitare. Si bien que lorsqu'il se coucha, il ne ressentit aucune fatigue, et resta dans son lit, ses pensées dirigées vers son amie. Il se demanda comment elle avait passé sa journée, et si elle avait pensé à lui. Il sourit, songeant qu'elle avait eu sûrement plus important à faire.

Il finit par s'endormir peu après minuit, mais se leva, sans difficulté. Se préparant rapidement, il partit en avance pour le lycée. L'air était encore piquant mais ça ne lui posait pas réellement de problème. Le cortège Présidentiel passa dans la rue et la circulation fut immobilisée. Il sourit en songeant qu'il était ravi de venir à pied. Slalomant entre les voitures, il rejoignit Albert-Einstein, et se posa dans un coin. A l'écart de la foule, il laissa ses pensées vagabonder, jusqu'à ce qu'une voix le rappelle à lui.

« - Alors, on pense à sa jolie brune ?

« - Salut à toi aussi D'jinn ? Comment tu vas ? Moi tranquille, j'ai flemmardé tout mon dimanche, et le tien était sympa, dit-il en souriant.

« - Blablabla ! Mais oui, ça va.

Ils discutèrent tous les deux et le jeune homme sourit. Il considérait la jeune femme comme sa petite sœur, depuis qu'elle sortait avec Nate. Son ami aurait pu être jaloux, mais il connaissait Shane, et savait qu'il était incapable de le trahir. De plus la jeune femme était trop bohème pour lui, comme il s'amusait à le dire. Les autres arrivèrent au compte goutte, et la journée commença.


Pendant ce temps, Mitchie arriva à Horizon. Elle avait passé son dimanche, à réviser, et à rattraper son retard. Ses deux gardes la suivirent, cinq pas derrière elle, et elle salua les personnes qu'elle croisa. Elle ne connaissait réellement personne, hormis sa meilleure amie. Seulement celle-ci l'avait prévenue de son absence, aussi elle s'attendait à passer la journée dans son coin. La première session de débat commença et elle prit place. Le thème d'aujourd'hui était les évènements de Little Creek, ce qui avaient été faits, et ce qui auraient du être faits. Naturellement, ils ne purent s'empêcher de parler de leur camarade, de son courage face aux évènements, et souriant, elle argua qu'elle n'avait rien fait de plus que ce que n'importe qui aurait fait à sa place. Lorsque la première session se termina, elle patienta quelques instants, puis s'approcha de son professeur.

« - Monsieur Gray ? Excusez-moi de vous déranger, mais vous savez à quelle heure le lycée de votre fils autorise les pauses ?

« - Aux mêmes heures qu'Horizon miss Torrès. Je peux vous en demander la raison ?

« - Je suis obligée de répondre, demanda-t-elle en souriant.

Il sourit et lui indiqua qu'elle pouvait partir, ce qu'elle fit, après l'avoir remercié. Quand elle fut dehors, elle lui envoya un message en lui demandant si sa journée se passait bien. Elle n'eut sa réponse que durant le repas et sourit. « Nickel, les profs nous barbent avec leurs théories mathématique ) ! Et toi, tout roule ? Shane. » Soupirant, elle décida d'attendre la fin de ses cours à lui, pour répondre, ne sachant pas si elle devait lui dire à quel point elle avait l'impression de perdre son temps ou lui mentir, en lui assurant qu'elle s'amusait. Durant les cours de l'après-midi, elle n'écouta rien, préférant méditer sur son prochain sms. Aussi quand sonna trois heures, elle prit son portable et tapa. « Ennui mortel. Le patient est sur le point de lâcher. Je préférerais être chez moi à écouter de la musique. Sauf que ma grand-mère est là et qu'à ses yeux, le rock c'est la musique du diable ! Du coup, on a le droit à Elvis Presley. Non mais ça fait pas sérieux tout ça. Rire »


Durant les deux jours qui suivirent, il reçut quelques messages de sa part, lui parlant de sa vie, se moquant parfois des tiques de son père, ou de l'habitude qu'il avait de lui répondre alors qu'elle mangeait. Leur amitié se renforçait un peu plus à chaque message, et il rit de bon cœur lorsqu'elle lui annonça que sa grand-mère venait de la menacer de l'envoyer dans un couvent Suisse, alors qu'elle venait de lui dire qu'un garçon avait écrit une chanson très rock sur elle. Il devait avouer que la mère du Président était un sacré personnage.

Lorsqu'il quitta le lycée, le mercredi, il souffla de soulagement. « La moitié de la semaine est passée. Plus que deux jours, et on remonte sur scène, se dit-il. » Il grimaça en songeant à la dissertation qu'il avait à faire sur l'œuvre de Tolkien, et se demanda, un instant, si les profs ignoraient que leurs élèves avaient une vie après le lycée. Il rentra et jeta son sac au sol, pensant être seul. Seulement sa mère sortit de la cuisine au même moment, habillée d'un tailleur chic, et il grimaça, en comprenant ce que ça signifiait.

« - Tu arrives bien mon grand. Mon patron vient de me prévenir, j'ai un déjeuner à quatorze heures, comme si on mangeait encore à cette heure, commenta-t-elle, avec des conseillers. Ça t'ennuie de veiller sur ta sœur ?

« - Non. Je devais aller à la bibliothèque faire des recherches, mais j'irais samedi, dit-il en haussant les épaules.

En fait, ce changement lui convenait parfaitement. La journée promettait d'être agréable. Il préférait surveiller sa sœur, en grattant sa guitare, plutôt que de s'enfermer dans une bibliothèque pour rechercher des infos sur Tolkien. Sa mère partit, les laissant seuls, et il la trouva penchée au dessus de son cahier, un bout de sa langue sortant de sa bouche. Elle avait l'air le plus sérieux du monde sur son visage, et terminait d'écrire. Il attendit quelques instants, et elle finit par lever le nez de son cahier.

« - Tu savais que les tables de multiplication, c'est nul ? J'en ai ma claque de les écrire ! En plus, ça ne sert à rien, je ne les retiens pas.

Il sourit, et lui donna une méthode plus simple pour les retenir. Grâce à celle-ci, il avait appris les siennes en un temps record. Elle nota la technique et termina sa punition, alors qu'il commençait, ses devoirs.

Durant une heure, il n'y eut aucun bruit, hormis celui du stylo grattant le papier, quand soudain, son portable, posé sur la table, vibra, les faisant sursauter.

« - T'abuse Shane, j'ai un trait sur mon cahier, maintenant, soupira sa sœur.

« - J'y peux rien, si on pense à moi, dit-il en riant.

« - Je paris que c'est une pub.

Ils firent le pari et il ouvrit son message. Il lui assura qu'elle avait perdu, avant de répondre à son amie qu'il venait d'être promut baby-sitter. Peu après, le téléphone vibra de nouveau, alors que Nina fermait son cahier, fière d'avoir terminé sa punition. Lisant son mot, il sourit.

« - Petite fée, ça te dit d'aller faire un tour ?

« - Je veux bien. Ça me changera de ma table de neuf. C'est la seule que je cafouille encore.

Il répondit au message, tout en fermant ses cahiers. Il monta rapidement, se brosser les dents, et se recoiffer, puis rejoignit sa sœur. Elle était dans l'entrée dos à la porte, les yeux fermés, sourcils froncées en train de réciter sa table sans succès. Il rit quand elle se trompa, et qu'elle grimaça.

Il laissa un mot, prévenant où ils étaient, avant de partir au point de rendez-vous. Il haussa un sourcil en voyant le café en question. Il s'attendait à un bâtiment relativement neuf, alors que celui-ci semblait avoir connu des jours meilleurs. Néanmoins, la devanture était propre et semblait avoir été refaite récemment. Il passa la porte et chercha son amie des yeux. Souriant, il repéra d'abord les hommes chargés de sa protection, puis elle lui fit signe, du bout de la salle. Ils s'approchèrent donc et prirent place face à elle.

« - Salut, moi c'est Nina, se présenta sa sœur, tu dois être Mitchie non ?

« - Gagnée, sourit celle-ci. Ravie de te rencontrer. Cora arrive, elle est partie se laver les mains, ajouta-t-elle. Vous avez pu trouver facilement ?

« - Un jeu d'enfant, reprit la jeune fille ne laissant pas son frère parler.

S'appuyant contre son dossier, il croisa les bras et attendit patiemment. Elle finit par s'en apercevoir, et lui demanda ce qu'il avait.

« - Sept fois huit ?

« - Quarante-huit, dit-elle incertaine.

Ils rirent tous les deux, et elle se renfrogna, en comprenant qu'elle s'était trompée. Le temps qu'elle récite sa table, il dit :

« - Alors, tu vas bien ?

« - Super. J'échappe à mamie, donc parfait, enfin presque, dit-elle en désignant ses gardes. Et toi ?

« - Tu es mon excuse pour ne pas filer à la biblio faire une recherche sur Tolkien et son œuvre. Donc c'est également parfait.

« - Cinquante-six, s'exclama Nina alors qu'une jeune fille aux cheveux noirs s'installait avec eux.

« - Gagné, soupira son frère.

« - Je vous présente Cora, ma sœur. Vous devez avoir approximativement le même âge.

Les deux se regardèrent étonnées et se turent. Inconscient de leur silence, les plus adultes, reprirent leur conversation. Un homme entre deux âges vint les voir, et leur demanda ce qu'ils prendraient.

« - Tu veux quelque chose Nina ?

« - Un jus d'orange, s'il vous plait.

« - Alors deux jus de pommes, et deux jus d'orange, commanda Mitchie.

Il partit, et elle regarda son ami.

« - Je paye le premier verre, ça marche ?

« - Si tu veux, je paierais le prochain. Tu crois qu'ils font les jus de tomates, ici, se moqua-t-il.

« - Non, tu penses, sinon c'est ce que j'aurais commandé. Par contre, ils font des milk-shakes… Ahlala ils sont trop bons, dit-elle.

« - Je pourrais en avoir un s'il te plait mon frère adoré que je préfère parmi tous les autres ?

« - T'as pas le choix, je te signale que je suis le seul, soupira-t-il. Mais ok. Dès que tu peux réciter ta table de neuf sans te tromper et sans hésitation, je t'en paye un.

Elle grimaça, puis décida de s'y mettre sérieusement. Cora l'aida, laissant les plus grands entre eux.

« - Au fait, tu dois en avoir marre qu'on t'en parle, mais je t'admire, dit-il alors que le serveur posait les verres près d'eux. Merci.

« - Pourquoi donc ?

« - Attends, t'as passé l'après-midi et au moins une partie de la nuit à aider là-bas, te rendant utile pendant l'incendie de Little Creek. Je me sentais bien misérable à côté, à réviser un contrôle de math idiot.

« - Tu parles, j'ai pas fait grand-chose, dit-elle en haussant les épaules. J'ai juste allégé le travail des autres. Ils avaient plus urgent que de s'occuper des brûlures légères, ou d'éloigner les enfants.

« - Quand même ! A voir à l'écran, c'était impressionnant. Mes parents m'ont obligé à me coucher à minuit, mais le lendemain quand j'ai allumé la télé, t'étais toujours debout. Quel courage ! D'ailleurs, D'jin t'admire également, à ta place elle a dit qu'elle n'aurait pas tenue.

« - Et tu veux que je te dise ? Je me suis sentie fatiguée qu'au moment où l'incendie a été maîtrisé complètement. Une femme de la Croix Rouge m'a proposé de m'asseoir quelques minutes pour boire… Et j'ai été incapable de me relever. Mais paradoxalement, quand je les ai vu tous revenir, en souriant, signe que le cauchemar était fini, je me suis sentie tellement vivante, c'était incroyable. Ce que j'ai fait, paraît grand à tes yeux, mais c'est ridicule, insignifiant même, contrairement à tous ces hommes qui ont combattu vaillamment le feu pendant quatre jours. C'est eux qu'il faut admirer ! Moi non, je n'ai pas fait grand-chose. Comme je le dis souvent, surtout ces derniers temps, ce que j'ai fait, n'importe qui l'aurait fait. Mais aller au contact du danger, se frotter à la mort pour sauver une population, ça c'est grand. Je ne sais pas comment dire… Quand j'ai vu mon père lâcher son côté, homme public, et enfiler l'uniforme de pompier, enfin je l'ai pas vu, il était sous la tente, hein, mais quand il est ressorti… Je nous ai revus, quatre ans auparavant, quand il partait travailler. Ce sont les pompiers, les vrais héros. A côté, Superman peut aller se rhabiller, rit-elle.

Durant tout son monologue, le jeune homme ne l'avait pas quitté des yeux. Il dut avouer, qu'ainsi, quand elle parlait de son père, elle semblait tellement fière, qu'elle en devenait encore plus belle. Se reprenant, il observa leurs deux sœurs travailler, tout en apprenant à se connaître, et dit :

« - Tu ne te rends pas compte parce que c'est de toi dont on parle, sourit-il en replongeant dans son regard. Tu sais, quand Nate m'a demandé de mettre CNN, je me suis demandé pourquoi, et puis bon, quand je t'ai vu, j'ai compris le pourquoi je ne devais surtout pas éteindre. Je suis resté l'après-midi au début, pour te voir, et en croire mes yeux, et puis après… Je ne sais pas. Cet après-midi là, j'ai pris une grande leçon d'humanité. J'étais là, sur mon canapé à maudire mon prof de math, alors que des gens de mon âge, même plus jeunes comme toi, abandonnaient leurs études une semaine pour aller aider, en se moquant de leur image. J'ai vu ton père te faire une grimace avant de partir, j'ai vu ton sourire inquiet alors que tu éloignais les enfants des flammes. Allez voir chaque personne pour leur demander s'ils voulaient quelque chose… C'était beau ! Et pas seulement parce que tu es mignonne, ajouta-t-il. Regarde ta sœur, elle n'a que douze ans, mais elle était là-bas non ?

« - Non. Elle est restée à la maison. Elle était malade, en fait.

« - Imagine si elle avait été là-bas. Si elle avait fait la moitié de ce que tu as fait. Même juste occuper les plus jeunes, et je ne sais pas, apporter de l'eau aux pompiers qui revenaient, qu'aurais-tu ressentie ? Tu n'aurais pas été fière de la voir, aider les gens, sans s'inquiéter de savoir si elle avait de la poussière noire sur le visage ?

« - Si, admit-elle. Mais elle n'a que douze ans, et pour son âge…

« - Non, la coupa-t-il en souriant.

« - C'est bon Shane, je la connais.

Inconsciente de les avoir dérangés, Nina entreprit de réciter sa table dans un sens, puis dans l'autre. Ils s'y mirent à deux lui demandant chaque chiffre dans le désordre, puis il admit qu'elle avait bien travaillé, qu'elle aurait donc droit à son milk-shake. Elle lui fit un grand sourire, puis observant la salle, reprit :

« - Tu m'avances une partie de flipper, s'il te plait ? Je te rembourse à la maison.

« - J'ai une meilleure idée, ma petite fée. Je t'offre la partie si tu es capable d'arriver à, disons, dix mille ?

Elle le regarda, un quart de seconde, en cherchant le piège puis acquiesça. Cora lui proposa de faire un duel à celle qui irait le plus haut, et elles s'éloignèrent. Il l'a suivi des yeux, et ne revint à la conversation qu'une fois qu'elle fut devant le jeu.

« - J'ai faux ou tu allais dire que pour son âge, soit douze ans, ça aurait été admirable, demanda-t-il avant de reprendre quand elle acquiesça en souriant. Un vieil adage dit que la sagesse n'attend pas le nombre des années. Pour le courage et le don de soi, c'est pareil, Mira-Charity, insista-t-il sur son prénom. Même à son âge, elle aurait été capable de tenir la nuit, comme toi. Mais ce qui rend ce que tu as fait d'admirable, ce n'est pas tant ce que tu as accompli, mais ta manière de le faire. Tu aurais pu rester avec ta sœur, ou ta grand-mère, mais tu as préféré tout lâcher, et aider des gens qui en avaient besoin, sans oser le dire. Et le tout, en souriant, sans montrer un seul signe de fatigue. Si tu avais vu nos têtes le lendemain, à D'jinn et moi, tu aurais ris, on tenait à peine debout… Pourquoi tu souris comme ça depuis tout à l'heure ? J'ai dit quelque chose de drôle ?

« - Non, du tout. C'est juste ta façon de regarder ta sœur. Je trouve ça beau ! On sent que tu l'aimes. C'est ton petit trésor. Je peux même dire, sans me tromper, que tu seras toujours là pour l'aider et que le premier qui lui fera du mal t'aura sur le dos… C'est le rêve de toute fille, d'avoir un grand frère pour les protéger, et pour les aimer. Quand je te vois la couver des yeux, et vérifier qu'elle arrive en un morceau au flipper, qui est à un mètre de nous à peine, je trouve ça mignon. Adorable même.

Durant quelques secondes, il observa sa petite fée, sans rien dire. C'était indéniable, il l'aimait.

« - T'as pas tord ! J'en suis fou. Tu sais maman… Quand elle m'a eu, les médecins lui ont dit que ça serait dangereux qu'elle ait un autre enfant. Pendant cinq ans, ils ont essayés, je pense, tout en me cajolant et gâtant au possible. Ils reportaient leur trop plein d'amour sur moi, et quand maman a, finalement, réussie à retomber enceinte, ça n'a pas été tout rose. Pendant sa grossesse, elle était super faible, toujours malade. Plus d'une fois je l'ai entendue se plaindre à ses amies, quand elle pensait que je n'étais pas là. Elle ne regrettait pas sa grossesse, simplement les symptômes qui allaient avec. Ma mère s'amuse souvent à dire, maintenant en tout cas, que si elle était morte sur la table d'accouchement, elle n'aurait pas été plus heureuse, parce que mourir en donnant la vie, pour elle, il n'y a rien de plus beau. En plus, Nina est arrivée deux mois en avance, et pas par voie naturelle. Maman a eut des contractions dans les reins, même si j'ignore ce que c'est, quoique à voir ton visage, c'est douloureux.

« - Pire même. C'est les pires, qu'on puisse avoir, mais vas-y continue.

« - Ouais. Bref, elle est restée comme ça, à souffrir pendant deux jours, si bien qu'ils ont finit par faire une écho, je pense, histoire d'être sûr que ce n'était pas juste une fausse alerte, tu vois. Ils se sont aperçus qu'elle n'était pas placée normalement, ce qui expliquait qu'elle ne sortait pas. Ce n'était pas par le siège qu'elle se présentait mais par le bras. Résultat, ils lui ont fait subir une césarienne avant de mettre Nina en couveuse. Pendant deux jours, on n'a pas pu la voir, et puis un jour, alors qu'on venait lui rendre visite, j'ai vu ma petite sœur. Elle ressemblait à tous les bébés, mais je l'ai trouvé tellement mignonne, que j'en ai pleuré ! Pendant deux mois, elle a été super fragile, à tel point que je n'osais pas la prendre dans mes bras du haut de mes sept ans, et pourtant, j'étais toujours près d'elle. Et puis un matin, maman était au téléphone, papa travaillait, et ma petite fée s'est mise à pleurer. J'ai regardé maman, pour avoir son aval et elle a acquiescé. Du coup, j'ai pris mon courage d'une main, et toute la douceur possible de l'autre, et je l'ai sorti de son petit lit. Je l'ai tenu comme maman le faisait. Elle a ouvert ses petits yeux, et… Et je suis tombé amoureux, dit-il en haussant les épaules.

Elle le regarda avec un petit sourire. Elle en était sûre à présent, le jour où il aurait une copine, elle aurait intérêt à bien s'entendre avec Nina sinon il la quitterait, elle en même était certaine. Au début, elle s'était dit que c'était juste un grand frère protecteur, mais en l'écoutant raconter cette histoire, elle avait complètement changé d'avis.

« - Tu aimes ta famille. Ce n'est pas une question, dit-elle précipitamment quand elle le vit acquiescer, c'est une constatation. Peu de garçons, de notre âge de surcroît, ose avouer, sans aucune honte, avoir pleuré en voyant leur petite sœur. Mais toi non. C'est… Admirable, termina-t-elle en souriant. Non sérieusement, je trouve ça beau. Comme tu parles d'elle. Je crois que tu décrocherais le prix Nobel de la paix que tu ne serais pas aussi fier que la première fois que tu l'as tenu dans tes bras, je me trompe ?

« - Non, en effet. Tu m'as percé à jour. Je l'aime, c'est ma sœur.

« - Pourquoi tu n'as jamais fait de chanson sur elle ? Je veux dire, tu es doué, c'est manifeste. La chanson que tu as écrite sur moi, est simplement belle, et tu ne m'aimes pas autant que tu peux aimer ta sœur. Je crois d'ailleurs que tu n'aimeras jamais personne comme tu aimes Nina, donc pourquoi ne pas écrire ton amour pour elle ? Une sorte de balade douce et calme qui fera pleurer toutes les filles ? Avec un thème pareil, tu vas pouvoir attirer toutes les filles que tu voudras.

« - Il a pas besoin de ça ! Mon frère, il est beau, il est intelligent, et en plus, il est génial. Et puis, c'est mon frère, il est forcément parfait. Je te dois deux dollars, je n'ai pas fait dix mille, ajouta-t-elle en s'asseyant.

« - Normal t'es une fille, la taquina-t-il.

Ecarquillant les yeux, Mitchie fit :

« - Alors là… Moi je paris qu'elle te bat à plate couture !

« - Tu paris quoi, demanda-t-il amusé.

« - La chanson dont je te parlais justement. Si Nina gagne, tu l'as fait. Si elle perd… Tu lui offres un milk-shake de consolation, en plus de celui promis. Alors, tu tentes ?

« - J'ai mieux. Tu joues aussi, et si je gagne, je paye les milk-shakes, mais si je perds…

« - Si tu perds ? On te fait des bisous de consolations, te plains pas, argua Nina. Allez on y va.

Ils rirent mais se levèrent. Alors que Mitchie passait près de lui, il posa sa main sur sa taille pour la retenir, et chuchota à son oreille :

« - Si je fais plus que toi, tu réponds à trois questions, de mon choix, sans que tu puisses te dérober. Tu marches ? Et fais gaffe, j'ai des questions très pertinentes, et qui pourraient sembler indiscrètes.

« - Mais si je te bats, c'est moi qui pose les questions.

Il eut un petit sourire, et ils rejoignirent les deux autres. Par galanterie, il proposa aux filles de commencer, et Cora proposa la plus jeune. Insérant l'argent, elle commença sa partie et Mitchie reconnut, à l'oreille de son ami, qu'il avait une sœur plutôt douée. Il hocha la tête, impressionné par sa maîtrise. Malheureusement, au bout de quelques minutes, elle perdit avec un score à six chiffres. Cora décida de tenter sa chance, malheureusement, elle ne fit guère mieux, mais perdit avec le sourire.

« - Mitchie, à toi, dit-il en désignant la machine.

« - Les filles d'abord ? Très bien garçon. Range ton ego et laisse faire le maître, dit-elle avec assurance. Bon maintenant j'ai pu qu'à assurer.

Se concentrant, elle joua la première balle et observa plus comment, elle rebondissait qu'autre chose, et utilisa les deux dernières pour faire grimper son score. Celui-ci dépassa celui de Nina de peu.

« - Ah bravo Mitchie. Et maintenant laisse faire le maître. Parce que mon frère, c'est le meilleur… En tout.

Sachant que c'était loin d'être la vérité, il prit la machine et commença. Durant plus de cinq minutes, il joua sans problème, puis, après un coup d'œil à la machine, perdit sa balle.

« - Tiens ma petite fée, je te laisse les deux autres. Et quand tu auras finis, tu iras passer ta commande au serveur. Moi j'ai un interrogatoire à mener.

Sur ces mots, il retourna à la table, suivit de près par son amie, qui accepta, en bonne perdante, de répondre franchement à ses trois questions. La première la fit rire, puisqu'il demanda simplement pour cet endroit en particulier.

« - Il est rétro, d'une part, pas vraiment branché, d'autre part. Et si on devait me chercher, personne ne penserait à regarder ici. Pas que je fuguerais loin de là, mais bon. Et puis, j'aime bien le style un peu vieillot. Tu sais, quand j'entre ici, j'ai l'impression que le temps va arrêter sa course ici. La preuve, ils n'ont même pas CNN, j'ai demandé en entrant tout à l'heure..! Je suis donc incognito.

« - Je comprends mieux ton choix à présent. Mais si un jour, tu disparais, fais-moi penser à venir te chercher ici.

« - Si je venais à réussir à fuguer de chez moi, je t'envoie un message pour te dire de me rejoindre.

Il la regarda un instant sans rien dire, puis secoua la tête comme pour chasser une idée qui lui était venue, mais qui semblait mauvaise et plongea son regard dans celui de son amie.

La jeune femme se sentit mal tout à coup, se demandant quelle serait sa prochaine question. Il prit un air sérieux, et elle garda son sourire, priant pour qu'il ne lui demande pas quelque chose de trop personnel.


Et voilà. Et bé, une journée sur ce chapitre, j'hallucine ! Mais il est un tit peu long, quand même s'il est chargé de dialogue. J'espère qu'il vous a plu ?

Miss Tagada (L)