Blabla de l'auteur : Salut à tous. Tout d'abord désole de poster avec une semaine de retard mais chris87 a eu un emploi du temps chargé donc… Bref, j'espère que ça vous plaira. Bonne lecture à tous. Merci à amy_chan, Solen et nounah pour leurs reviews. Je vous répondrais par message sur facebook. Je suis pressée ce soir. Mais je vous adore très beaucoup. 3
Disclaimer : Au cas où vous seriez arrêtés par la police, et interrogés sur mon compte, l'univers entier ne m'appartient pas ! Je ne fais que l'emprunter le temps de développer une idée que j'ai eu en lisant un bouquin.
Merci à chris87 pour ses corrections, et à nouna pour son avis et ses commentaires.
PS : Pour ce chapitre, je vous préviens, ça va être difficile à suivre, je viens de le terminer et croyez-moi, c'est short ! Donc, si vous avez des questions, vous n'hésitez pas, j'y répondrais !
Chapitre 08
Lorsque son réveil sonna le lendemain, il l'éteignit. Sa première pensée fut pour elle, et pour l'appel qu'elle n'avait pas passé. Il avait attendu jusqu'à minuit, puis avait éteint son portable. Il le ralluma, puis fila sous la douche, en notant qu'il n'avait loupé aucun appel.
Il se prépara puis descendit prendre son petit-déjeuner. Nina arriva peu après, et il l'embrassa avant de partir pour son lycée, en se demandant pourquoi elle l'avait oublié. Ce constat lui fit mal, et son mauvais pressentiment refit surface. Il se fit même plus présent quand, en arrivant près de son lycée, le jeune homme nota que la circulation était fluide. « Etrange ! Habituellement le cortège Présidentiel passe à cette heure-là, songea-t-il. Elle a peut-être décidé de louper la journée. » Perdu dans ses pensées, il traversa, et entra dans Albert-Einstein. Il rejoignit ses amis et fit un effort de concentration, durant la conversation.
Quand la sonnerie retentit, il se dirigea vers son premier cours priant qu'elle l'appelle. Seulement, elle n'en fit rien. Il garda espoir toute la journée, espérant même juste avoir un message de sa part. Malheureusement, là encore, son téléphone resta muet et le jeune homme commença à perdre patience.
Lorsque son dernier cours se termina, il quitta son lycée, et la rappela. Il tomba directement sur son répondeur et sourit en entendant son annonce.
« - C'est encore moi. En fait, je commence à m'inquiéter. Faut me comprendre, je suis une vraie mère poule quand je m'y mets, et ton silence n'aide en rien à faire fuir les scénarii que je me fais. Tu pourrais me rappeler dès que tu auras ce message ? Bye.
Il raccrocha et prit le chemin de sa maison. Il voulait demander à son père si elle était venue en cours aujourd'hui mais n'en eut pas l'occasion. En effet, quand son père entra, il était dans la cuisine, en train de discuter avec sa mère, de la naissance de Nina. Il voulait se souvenir précisément de la première fois qu'il l'avait tenu contre lui. Seulement, le professeur les interrompit.
« - Dis-moi Shane, tu sais si Mitchie avait quelque chose de prévu ce week-end ?
« - Une réunion à New York avec le Congrès, sur un sujet économique. Elle n'en savait pas plus quand elle m'a appelé vendredi. Pourquoi ?
« - Je ne sais pas. Elle n'est pas venue en cours aujourd'hui et habituellement, elle prévient quand elle doit s'absenter. Mais là rien.
« - Elle est peut-être malade, proposa-t-il sans y croire.
« - Non. Là encore sa mère prévient. Je trouve ça bizarre.
Sur ces mots, il partit prendre une douche alors que son fils regardait dans le vide, soudain très inquiet pour son amie.
« - Ne t'en fais pas Shane ! Mitchie est sûrement occupée à aider quelqu'un et t'appellera dès qu'elle aura une minute.
« - Mouais. Enfin, je ne sais pas, c'est bizarre, mais son voyage je ne le sens pas. J'ai un mauvais pressentiment depuis samedi. Traite-moi de mère poule, si tu veux, mais je te jure, que je le sens mal. Elle devait m'appeler hier, mais l'a pas fait et ça me perturbe.
Elle le regarda, amusée quelques secondes, puis reprit le fil de son histoire. Il l'écouta avec attention puis, après l'avoir remercié, monta dans sa chambre, noter tout ça. Les premières rimes se firent toute seule, puis il sécha. En fait, ce que lui avait dit son père tournait en boucle dans sa tête. « Se pouvait-il qu'il lui soit vraiment arrivée quelque chose, se demanda-t-il. » Afin d'être sûr, il rappela. La boite vocale s'enclencha, une nouvelle fois, et il grimaça.
« - Salut c'est encore Shane. Ecoute papa, enfin ton prof, sourit-il, vient de rentrer, et il m'a dit que tu avais été absente toute la journée, sans motif, donc je commence réellement à m'inquiéter. Donc, si tu pouvais me rappeler, dans la minute, ça serait cool. Bye et bonne soirée !
Il raccrocha et s'appuya sur le dossier de son fauteuil. L'angoisse qui lui soit arrivée quelque chose se faisait de plus en plus grande à mesure que les heures passaient. Lorsqu'il descendit manger, il se posait encore un million de question sur le scénario le plus plausible. Il avait éliminé le kidnapping, elle était trop entourée, ainsi que l'attentat, ça aurait fait les gros titres des journaux. Il supprima également un accident de voiture, sans trop savoir pourquoi, et la traditionnelle agression, pour les mêmes raisons que le kidnapping. Il mangea donc en silence, en réfléchissant à d'autres causes probables. Il se dit que sa grand-mère avait sûrement eu un problème et qu'elle était restée là-bas pour veiller sur elle. Ce qui expliquerait qu'elle ait éteint son portable, si elle était à l'hôpital, et aussi que personne n'ait pensé à prévenir Horizon.
La soirée fut calme pour le jeune homme. Il continua, en bon élève, à écrire la chanson sur sa sœur, seulement, il ne voulait que personne ne l'entende tant qu'elle ne serait pas finie. Il ne jouait donc l'air, que lorsqu'il était seul. Dès qu'il le put, il se coucha, en s'inquiétant d'avantage pour son amie.
Le lendemain, il ouvrit les yeux, juste avant que son réveil ne sonne et partit sous la douche encore anxieux. Il avait rêvé qu'elle s'était faite agressée, et qu'elle était entre la vie et la mort. En y repensant il se mit à fredonner une chanson, en inventant les paroles au fur et à mesure. Etrangement, bien qu'elle soit triste, elle regorgeait d'espoir et il fit un rapide crocher, par sa chambre pour enregistrer rapidement ce qu'il venait d'inventer avec son portable, avant de terminer de se préparer.
S'étant dépêché, il en profita pour noter les paroles de sa nouvelle idée, sans être complètement sûr de ce que ça allait donner. Il nota également la partition, puis après avoir pris la première feuille, il partit en cours rapidement.
Lorsqu'il arriva, seul Jason était là, et ils discutèrent quelques minutes avant qu'il ne lui montre son inspiration du matin. Ils étaient en train de reprendre certaines paroles, quand Nate arriva, la mine grave.
« - Un problème, demanda Jason.
« - Ouais… Vous faisiez quoi ?
Comme ce n'était pas vraiment son genre de changer de sujet, ils froncèrent leurs sourcils. Se reprenant, Jason lui expliqua ce à quoi ils occupaient leur temps et il se joignit à eux, en guettant l'arrivée des filles. Ils essayèrent de la remanier, mais Nate semblait ailleurs, si bien que Shane, proposa de remplacer une phrase par leur besoin de boire du jus d'orange le matin, et il acquiesça.
« - T'écoute rien, ou quoi ? Non réponds pas, on le sait déjà, rit Jason. Tu attends quelqu'un ?
« - A vrai dire ? Oui ! Les filles. Vous comprendrez quand elles vont arriver.
Ils froncèrent les sourcils, et guettèrent aussi leurs arrivées. Shane partit dans ses pensées, en songeant à son amie qui ne donnait plus de nouvelles. « Peut-être finalement qu'elle ne veut plus nous parler, mais ne sait pas encore comment nous le dire, se dit-il. » Cette pensée lui fit mal, et lorsqu'il sentit qu'on l'embrassait il revint à lui.
« - Salut Luce, dit-il. D'jinn n'est pas avec toi ?
« - Elle arrive. Elle est coincée dans les embouteillages, sourit-elle.
Ils durent attendre cinq minutes supplémentaires, avant qu'elle ne les rejoigne. A peine eut-elle salué tout le monde que Jason demanda à Nate de s'expliquer.
« - L'un de vous a regardé les infos hier, demanda-t-il en ancrant son regard dans celui de Shane.
« - Non, répondit le concerné, pas pour ma part. Pourquoi, j'aurais dû ?
Il acquiesça et comme personne, hormis lui, n'appréciait les programmes de CNN, il soupira.
« - Mitchie. On a parlé d'elle hier soir ! Ce matin aussi, vu qu'il n'y a aucun changement.
Il sut qu'il avait toutes leurs attentions, quand il les vit se tendre. Soupirant, il expliqua la situation.
Quatre jours plus tôt…
Mitchie se leva en grimaçant. Elle fila sous la douche, en pensant à son ami qu'elle ne verrait pas avant la semaine prochaine. Sortant de sous le jet, elle enfila son uniforme en grimaçant. « Pourvu qu'il ne me voie jamais là-dedans ! Je ressemble à Hermione dans Harry Potter© en pire, songea-t-elle en se regardant dans la psyché. » En effet, l'uniforme était traditionnel. Un chemisier blanc avec une cravate noire, un pull sans manche, avec un col en V, quand il faisait froid, et la fameuse jupe plissée bleu marine, avec une bande jaune en bas, marquant l'ourlet, comme sur le col du pull. Elle attacha ses cheveux et sursauta quand, en réintégrant sa chambre, elle fit face à Jessie.
« - Navrée mademoiselle. Votre mère m'a chargée de préparer votre sac en vue de notre voyage à New York. Voulez-vous emporter une tenue spécifique ?
« - Prenez de quoi pouvoir faire les magasins. Que mon voyage forcé me serve au moins à quelque chose. Et une robe de soirée. Je vous laisse choisir. Y a un pince-fesses auquel, faut que j'assiste, grimaça-t-elle.
« - Bien mademoiselle. Autre chose ?
« - Non, je vois pas, dit-elle en prenant son sac. Si marquez-moi quelque part que je dois acheter un cadeau à Nina. Quoique vous venez, non ?
« - Exact, sourit-elle en la voyant se battre pour mettre sa veste assortie à sa jupe.
« - Tant mieux. Vous pourrez m'y faire penser ? Non, parce que je crois que cette soirée va me vider le cerveau. Flûte, elle est où cette manche, demanda-t-elle en lâchant son sac.
Celui-ci tomba dans un bruit sourd et elle grimaça. Enfilant le vêtement, elle reprit son sac en bandoulière, et le passa par-dessus sa tête. Remerciant son aide, elle descendit et posa son sac, le temps de manger rapidement. Avec tout ce cirque, elle était en retard. Elle avala rapidement de quoi tenir toute la matinée, vérifia si elle avait assez pour s'acheter une barre protéinées pour tenir, au cas où, et monta avec sa sœur, dans la limousine, en grimaçant.
Arrivée à Horizon, elle descendit, et entra dans le bâtiment. Elle retrouva Sierra à son casier, et tout en déchargeant son sac, elle l'écouta lui raconter sa soirée.
Durant la pause de midi, elle lui raconta qu'elle allait passer son week-end loin de la ville, et son amie soupira.
« - Si je comprends bien, c'est pas ce week-end que je saurais à quoi il ressemble ?
« - Les cheveux noirs, les yeux marrons, toujours à sourire, un peu plus grand que moi, plus musclé aussi. Mais j'y pense, tu peux aller le voir à La Maison Du Rock. Son groupe s'y produit tous les samedis. Les Breath Or Air, dit-elle en souriant. Mais moi, je ne le verrais pas et ça m'énerve. Au pire, je lui proposerais d'aller boire un verre quelque part à mon retour, ajouta-t-elle en souriant.
Elles rirent puis terminèrent leurs repas rapidement. Elles se baladèrent ensuite dans le parc, qui faisait office de cour, en parlant tranquillement. Sierra décida d'aller voir le jeune homme qui semblait avoir envoûté son amie.
La journée passa assez vite et lorsqu'elle rentra chez elle, elle soupira. Elle monta dans sa chambre, pour voir sa valise prête, un slim noir et sa tunique orange sagement posés dessus. Remerciant mentalement Jessie, elle les prit, et fila sous la douche. Une fois débarrassée des odeurs du lycée, elle enfila sa tenue, laissa ses cheveux lâche, et descendit dans l'entrée quand elle s'aperçut que sa valise avait disparue. Elle retrouva sa famille près de l'escalier, en train de l'attendre. Elle mit son ipod en route, et commença à écouter la musique des rebelles, comme le disait sa grand-mère. Ils montèrent à l'arrière de la limousine, et sa sœur lui prit un écouteur. Souriant, elle sortit de sa poche, le second casque avec l'embout double spécial et chacune reprit un écouteur. Durant les quatre heures et deux minutes* de trajet, elles écoutèrent un peu de tout, allant du rock au country en passant par le folk ou encore certaines chansons Canadienne qu'appréciait Cora.
Ils finirent par arriver à l'hôtel, et montèrent dans la suite. La jeune femme s'allongea sur son lit, les mains sur son ventre, et soupira longuement, en songeant qu'elle aimerait être plutôt chez elle. Sa mère entra presque aussitôt et, elle se rassit, machinalement, correctement.
« - Allez-vous préparer les filles ! La soirée est ce soir, puisqu'on sera en réunion toute la journée de demain, grimaça Connie. Enfin la soirée, le dîner disons. Vous m'appelez pour vous coiffer ?
Elles acquiescèrent et lorsque leur mère repartit, elles se regardèrent avant de souffler. Elles qui voulaient une soirée calme, elles étaient déçus. Prenant sa valise, Mitchie l'ouvrit et fouilla pour y trouver la tenue prévue par Jessie. Elle finit par trouver la housse et l'ouvrit avant de soupirer. « Comment je fais pour marcher avec un truc pareil, demanda-t-elle. » Néanmoins, elle la sortit et l'accrocha à la porte de la salle de bain. Elle demanda à sa sœur si elle voulait se changer d'abord, et elle acquiesça. Elle lui laissa la pièce, s'allongea sur son lit, et se mit à penser à sa vie, depuis quelques semaines, alors que sa sœur s'émerveillait sur sa tenue.
Quand elle sortit de la salle d'eau, elle demanda à sa sœur ce qu'elle en pensait. Ouvrant les yeux, Mitchie la regarda. Elle avait une robe rose pâle simple à bretelle, qui lui tombait sous le genou. Un ruban noir tombait sur ses hanches et la jupe était légèrement évasée. Elle rit quand elle vit la cocarde américaine accrochée à sa bretelle gauche.
« - Superbe. J'ignore si maman va laisser ta cocarde mais moi, j'adore.
« - Cool. Je vais me faire coiffer, bonne chance avec ta robe. Elle est superbe mais je ne sais pas si tu pourras la remplir.
Faisant mine d'être vexée, Mitchie entra dans la salle de bain et soupira. Sa sœur n'avait pas tord. Elle était superbe. « Un peu trop couture pour moi, mais bon, on fait avec ce qu'on a, songea-t-elle. » Se déshabillant, elle la prit délicatement, et la décrocha de son cintre. C'était une robe dont le bustier, rose clair, était perlé de blanc, et dont la jupe était largement évasée et tombait sur ses pieds. Celle-ci était d'un rose plus soutenue, sans être fuchsia pour autant. Trois voiles, de plus en plus clairs, recouvraient la base, relevés sur sa cuisse gauche et tenue par une fleur blanche. Soupirant, elle l'enfila et se demanda un instant ce que Shane penserait, s'il la voyait ainsi. « Nul doute qu'il se ficherait de moi, en arguant que je suis ridicule, sourit-elle. » Se regardant dans la glace, elle ajouta :
« - Et il aurait raison !
Cependant, elle se maquilla légèrement, en grimaçant de ce surplus de rose. Elle maudit Jessie de ne pas en avoir pris une bleue et surtout plus simple. Quand elle eut mit ses yeux en valeur, elle sortit de la salle de bain, puis de la chambre. Elle n'arrivait jamais à se coiffer proprement, et laissait sa mère le faire. Elle eut un temps d'arrêt en voyant la robe qu'elle portait. Celle-ci était d'un bleu sombre, et tombait sur ses chevilles. Dos nu, elle s'attachait dans le cou, et les rubans descendaient jusqu'à ses reins. La jupe était plus évasée, sans l'être autant que sa propre robe.
« - Je peux savoir pourquoi toi t'es classe, et moi, je ressemble à un clown avec ce déguisement, dit-elle en se laissant tomber sur le canapé de mauvaise humeur.
« - Parce que je suis la femme du Président et non sa première fille. En plus tu es ravissante ma chérie ! J'imagine que tu l'aurais préférée en bleue mais le rose te va très bien.
Elle la regarda peu convaincue mais se laissa, tout de même coiffer, en pestant contre toutes ces cérémonies officielles. « Je sens que je vais renoncer à la politique, si ça continue, se dit-elle. Je serais chanteuse dans un groupe de rock, comme Shane, non hard rock juste pour embêter mamie ! » A cette idée, elle sourit, alors que sa mère entortillait ses cheveux, la coiffant avec élégance.
Une demi-heure plus tard, ils descendirent dans le hall, puis montèrent dans la limousine, pour aller jusqu'à la salle louée, pour l'évènement. Mitchie profita du voyage pour écouter sa musique, en se promettant d'envoyer un message à Shane dès la fin de la réception. Quand ils arrivèrent, elle fit la grimace en voyant les quelques journalistes qui avaient fait le déplacement. Cependant, elle sourit, feignant d'être ravie de perdre une soirée à parler économie mondiale, et sortit de la voiture avec élégance. Elle dut maintenir sa robe, afin de ne pas marcher dessus, révélant ses escarpins à lanières, aussi rose que le reste de sa tenue. Sa sœur lui tendit sa pochette, et ils entrèrent dans le bâtiment. Elle monta au quinzième étage, et tapa du pied en rythme avec la musique d'ambiance, mais s'arrêta quand son père lui fit les gros yeux. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, elle écarquilla les yeux. La salle était immense et décorée avec goût. De petites tables, étaient dans la salle, ne permettant d'être que huit maximum, et une grande zone était dégagée. La jeune femme supposa que c'était la piste de danse, et nota la présence d'un orchestre. Elle salua les personnes qu'elle commençait à connaître, et entama bientôt une conversation sur la politique de son père, concernant les enfants des pays pauvres.
Trois heures plus tard, alors que le dîner touchait à sa fin, elle s'éclipsa aux toilettes. Elle s'ennuyait au possible, et envoya un rapide message à sa meilleure amie, en lui confiant qu'elle lui ramènerait des photos de sa tenue, puis retourna dans la salle. Seulement, celle-ci était vide et elle fronça les sourcils. Même les musiciens avaient disparus.
« - Ok, je nage en plein cauchemar en fait, tout ça n'est que le fruit de mon imagination, commenta-t-elle d'une voix blanche.
Elle observa d'un peu plus près et nota les serviettes au sol, les chaises pas rangées ainsi que quelques sacs abandonnés sur les tables. Posant sa pochette sur une table, elle réfléchit. « Ils se sont tous enfuis ou quoi, se demanda-t-elle. » Un couple de serveur entra à ce moment-là et elle les apostropha pour savoir ce qu'il s'était passé.
« - Une alerte à la bombe mademoiselle. Suivez-nous, nous descendons également en sécurité, dit l'homme.
Confiante, elle acquiesça et s'engouffra avec eux dans l'ascenseur. Alors qu'ils étaient au dixième étage, elle se demanda si c'était réellement prudent de le prendre alors qu'une bombe pouvait être placée dessous. Leur expliquant, ils appuyèrent pour sortir, se rangeant à son avis. Il était plus prudent de prendre les escaliers. Ils se dirigèrent donc dans la cage d'escaliers, et descendirent rapidement, quand le téléphone de l'employé sonna. Décrochant, il écouta, en demandant à son interlocuteur s'il était sérieux. Il expliqua qu'ils étaient avec la fille aînée du Président, puis finit par acquiescer.
« - On doit ramener cette jeune femme à son hôtel.
Ils allèrent donc dans le parking, réservé aux employés, et s'engouffrèrent dans une voiture noire banale. Mitchie ne reconnut pas la marque mais ne s'inquiéta pas. Elle était incapable en temps normal de faire la différence entre les voitures, pourquoi cela changerait-il alors que sa vie était menacée ? Ils démarrèrent, et elle s'attacha. A un moment, elle fronça les sourcils. Ils roulaient depuis presque une demi-heure à présent, et elle était certaine d'avoir mis moins de temps en venant. Elle voulut appeler ses parents pour les rassurer, mais se traita d'idiote en se souvenant qu'elle avait laissé son sac sur la table, dans la précipitation. Quand ils passèrent devant son hôtel sans s'arrêter, elle se demanda pourquoi ils ne s'arrêtaient pas et les prévint que sa famille l'attendait ici. Aucun des deux ne répondit, et elle observa la voiture. Elle écarquilla les yeux, en notant qu'il n'y avait aucune poignée qui lui permettrait d'ouvrir la porte. Elle finit par leur demander, qui ils étaient et ce qu'ils lui voulaient. Seulement, ces questions-là aussi restèrent sans réponses. Elle finit par tant insister, que l'homme se tourna, puisque sa femme tenait le volant, et l'assomma.
Maintenant…
A la fin de son bref récit, Nate observa son ami. Celui-ci avait les yeux qui menaçaient de sortir de leurs orbites, et il semblait plus blanc. Il ferma son sac et le remit sur son épaule.
« - Qu'est-ce que tu vas faire, s'inquiéta-t-il.
« - Je rentre. Je n'ai pas de devoir aujourd'hui, je préfère suivre les évènements chez moi.
« - Attends Shane, louper tes cours ne l'aidera pas. Je te l'ai dit, ce matin encore, ils ignoraient où les ravisseurs l'avaient emmenée, et même qui ils étaient.
« - Ecoute Nate, t'es gentil mais là tu dis rien ! Je ne vais pas rester une journée en cours à écouter des trucs inutiles, alors que sa vie est peut-être menacée. Quitte à gaspiller une journée de ma vie, je préfère que ce soit sur mon canapé à suivre les évènements, plutôt que dans une salle de classe. De toute façon, avec la bombe que tu viens de m'annoncer, je ne pourrais pas écouter un seul mot de ce qu'ils diront !
Sur ces mots, il quitta l'enceinte de l'établissement sous les regards de ses amis.
« - Y a pas à dire, il est accro à elle.
« - Pourquoi tu dis ça Luce, demanda son copain perdu.
« - Parce que si un jour, j'étais enlevée par des extra-terrestres, j'aimerais bien que toi aussi, tu renonces à t'enfermer dans une salle de classe, pour suivre le déroulement des opérations Jay.
« - T'as raison ma belle. Moi aussi j'aimerais que mon copain agisse ainsi, mais je n'ai pas de bol, je suis tombée sur le plus sérieux. Enfin pas de bol, tout est relatif, quand même, ajouta-t-elle après qu'elle lui eut mi une légère tape à l'arrière de sa tête.
« - Moi j'ai le plus comique, c'est pas mieux. Si ça m'arrivait, il serait fichu de croire que c'est qu'une grosse blague et d'en rire, sourit la jeune femme. Au moins, Mitchie aura de la chance, elle est tombée sur le plus… Passionné ?
« - Passionné et romantique, c'est un mal pour un bien.
Elles voulurent continuer leur conversation, seulement la cloche retentit, et elles se dirigèrent vers la salle de maths en pensant à leur ami, qui allait bientôt arriver chez lui.
Il lui fallut un quart d'heure pour rentrer. Il déposa son sac dans l'entrée, se débarrassa de ses chaussures, et fonça au salon où il alluma CNN. La chaîne parlait d'un autre fait, et il en profita pour aller se chercher de quoi boire.
Cinq minutes plus tard, le journaliste en vint, enfin, à l'histoire qui l'intéressait.
« - Nous sommes toujours sans nouvelle de Mira-Charity, la fille aînée de l'actuel Président des Etats-Unis, Steve Torrès, enlevée vendredi soir, lors d'une soirée officielle. Selon un des membres du Congrès, présent ce soir-là, les kidnappeurs auraient fait croire à une alerte à la bombe, afin d'évacuer le bâtiment. Les hypothèses, quant à la suite des évènements, sont nombreuses, mais la plus probable serait qu'ils aient réussi à la séparer de la foule en lui faisant croire que sa famille était en sécurité plus loin. Il l'aurait emmenée avec eux, profitant que la zone était déserte pour filer.
Riant, amusé par les suppositions, l'homme éteignit le poste.
« - T'as raison mon pote ! On s'est barré par la porte de service, jamais surveillée, dit-il avant de sortir de la pièce, en laissant la jeune femme seule quelques instants.
Mitchie se mordit la joue en songeant qu'elle avait été idiote de les avoir suivies. « Combien de fois, tes parents t'ont dit de ne jamais suivre une personne que tu ne connais pas ? T'es qu'une imbécile voilà tout ! Et maintenant, je ne serais pas contre un quelconque secours. Oh et Shane qui doit m'en vouloir de ne pas avoir téléphoné. Il doit penser que je ne veux pas lui parler ! J'espère qu'il va suivre l'actualité, même si ce n'est pas son fort. Si j'ai bien compris, c'est plus Nate qui est branché CNN. Il lui en parlera certainement, remarque ! J'espère qu'ils ne s'inquièteront pas, en tout cas. Pourquoi ils ne m'ont simplement pas attachée avec une corde comme dans les films ? Peut-être parce que justement, ce n'est que dans les films que les gens sont stupides, se dit-elle. » La porte se rouvrit et la femme entra. Sans un regard pour elle, elle ralluma la télé, en hurlant à son mari de ne pas éteindre, puisqu'elle voulait suivre l'histoire. La tête du journaliste disparu pour laisser place à celle de son père. Celui-ci avait le visage grave, et Mitchie ne put s'empêcher de verser une larme en le voyant ainsi. Il semblait tellement loin du pompier qui venait lui raconter une histoire avant de partir faire ses gardes de nuit. Il demanda aux ravisseurs de faire connaître la raison de ce kidnapping, et leurs demandes, en leur assurant qu'elles seraient étudiées avec le plus grand sérieux. Sa mère apparut ensuite à l'écran, le visage ravagé par le chagrin et le manque de sommeil. Quand elle s'adressa aux journalistes, Mitchie en pleura.
« - Je vous en prie, qui que vous soyez, ne faites pas de mal à ma fille ! Rendez-là nous !
Quand la première dame des Etats-Unis s'éloigna des journalistes, Shane regarda l'écran. Durant les deux minutes où elle avait supplié les ravisseurs de ne faire aucun mal à sa fille, il avait eu mal pour eux. Il n'avait pas d'enfant certes, mais il était certain qu'il aurait agi ainsi, si Nina avait été à la place de Mitchie. « Je serais sûrement pire même, puisque je ferais tout pour la retrouver quitte à entraver l'enquête officiel, se dit-il. » Le présentateur revint à l'écran et expliqua qu'on avait retrouvé, de la jeune femme, simplement son sac avec son téléphone, ainsi que son lecteur de musique, ce qui fit sourire le jeune homme. Ceux-ci venaient d'être rendus à la famille, et il composa, bêtement, le numéro, en s'attendant à tomber sur la messagerie. Aussi fut-il surpris qu'on décroche à la troisième sonnerie.
« - Allo, fit une petite voix en pleure.
« - Cora, demanda-t-il incertain. C'est Shane.
« - Shane ? Désolée, je n'avais pas reconnu ta voix, tu vas bien ?
« - Je viens de voir les infos. Je suis vraiment navré pour ta sœur. Et toi, ça va, tu tiens le coup ?
« - C'est atroce ! On est encore à New York mais papa veut que je retourne à la maison Blanche pour plus de sûreté. Enfin, on rentre tous ce soir ! Elle me manque, pleura-t-elle. Tu sais, elle ne voulait pas y aller. Elle a pas arrêté de dire qu'elle détestait tout son week-end, qu'elle aurait préférée venir vous écouter, et tout ça. Et moi maintenant je me sens toute seule. Si jamais ils lui font du mal…
« - Rassure-toi, ils ne lui feront rien, assura-t-il.
« - Qu'est-ce que t'en sais, tu les connais, lui demanda-t-elle soudain en colère.
« - Non, bien sûr que non, dit-il en tentant de la calmer, mais je préfère me convaincre qu'ils ne lui feront aucun mal et tu devrais faire la même chose. Ce n'est pas bon pour toi de l'imaginer blessée. D'accord ?
Elle acquiesça d'une petite voix, et ils restèrent à parler durant une demi-heure, puis sa mère prit le téléphone en se demandant qui faisait rire sa fille. Il se sentit mal d'un seul coup, lorsqu'il entendit la voix de leur mère.
« - Bonjour madame Torrès, dit-il nerveusement.
« - A qui ai-je l'honneur, demanda-t-elle perdue.
On ne l'avait plus appelée ainsi depuis le début du mandat de son mari, et elle remerciait son interlocuteur de ne pas chercher à faire des ronds de jambes avec elle.
« - Je m'appelle Shane. Shane Gray. J'ai rencontré votre fille à La Maison Du Rock récemment, et nous sommes amis. J'appelais simplement pour lui laisser un message de réconfort.
« - Oh c'est vous le fameux Shane. Ravie de vous rencontrer, si on peut dire, bien que j'aurais préféré que ce soit en d'autres circonstances.
Il ne put qu'acquiescer ce fait et parla quelques instants avec elle, avant de rester muet, quand elle l'invita à venir les voir dès le lendemain. Elle souhaitait le rencontrer réellement, et Cora proposa de venir le chercher à son lycée. Il donna donc l'adresse et lorsque l'appel se termina, resta immobile durant plusieurs secondes.
Il passa le reste de la journée, à jongler entre les chaînes en essayant d'en savoir le plus possible, sans succès puisque les ravisseurs étaient encore muets. Lorsque sa mère et sa sœur rentrèrent, elles furent étonnées de le voir déjà rentrés et surtout devant la télé, puisque qu'il ne l'allumait qu'après ses leçons.
« - T'as déjà finis tes cours, demanda sa mère curieuse.
« - Non, j'ai séché le lycée, répondit-il honnêtement.
Il aurait pu mentir, mais il lui aurait fallut guetter le facteur et intercepter la lettre qu'ils allaient recevoir, or, il n'avait pas envie de se pencher sur ce problème, préférant prier que Mitchie aille mieux.
« - Et je peux savoir pourquoi ?
« - T'énerve pas maman ! Je ne pouvais juste pas me concentrer sur les cours, alors que Mitchie s'est faite kidnapper vendredi par des serveurs qui travaillaient dans la salle où avait lieu la réception qui précédait la réunion du Congrès. Nate m'a dit ça ce matin, et je suis rentré direct. Comme les gens qui l'ont kidnappé ne se manifestent pas, personne ne sait où elle est.
Toute colère envolée, elle s'assit avec lui, ainsi que Nina, et lui demanda s'il ne pouvait pas la localiser avec son portable. Il lui expliqua qu'elle l'avait laissé dans la salle, préférant sauver sa vie, puisqu'ils avaient fait croire qu'il y avait une bombe.
Son père rentra peu après, et voulut leur apprendre le kidnapping, mais renonça en voyant la famille devant CNN. Il demanda donc un résumé de ce qu'il s'était passé, et ce fut sa femme qui lui répondit.
Aucun ne parla pendant plusieurs minutes, puis le jeune homme, se souvenant d'un détail, demanda, sans quitter l'écran des yeux :
« - Dites, comment on s'habille pour aller à la Maison Blanche ? Parce que j'y vais demain. La femme du Président m'a invité à aller les voir, après les cours.
* : Clin d'œil à SubaruShiro ! Selon elle, les deux minutes sont très importantes !
Et voilà pour aujourd'hui, c'est tout ! Bon, je ne sais pas vous, mais moi j'adore sa question à la fin. Il dit ça sur le ton de la conversation, comme si au final ce n'était important. Et au fond, ça ne l'ai pas. Le plus important est de savoir si ça vous a plu ? ) Quelle courbette ! Alala, y a des fois je m'embrasserais devant tant d'intelligence… Je plaisante hein ! Quoique…
Miss Tagada (L)
