Blabla de l'auteur : Salut à tous. Désolée désolée du retard mais pour une fois ce n'est que d'une journée. J'espère que ce chapitre vous plaira. Surtout qu'on a des nouvelles de Mitchie. Elle est pas belle la vie ? ^^ Enfin bref, je me tais et je vous laisse lire. Merci cependant à MissLizzie (Salut miss. Oui, il paraît que je suis sadique mais que veux-tu, j'adore couper au mauvais moment. ^^ J'espère que ça te plaira. Bisous miss), amy_chan, MiniMagiCcOlOurS, Bina 1996 et Solen (Salut miss. Ah ah tu voulais me tuer ? Rien que ça ? lool Attends l'épilogue sinon tu sauras jamais la fin lol Ouais la question de Shane a plu à tout le monde étrangement. Et à moi aussi ! Je t'avoue mes parents m'auraient tué si j'avais séché mais bon, ça va Shane est quand même responsable donc bon, j'imagine qu'ils ont confiance en lui. Et puis il a dit la vérité donc, ça joue en sa faveur. Enfin je crois lool Qui part avec des inconnus alors qu'elle est la fille du Président ? Bah… Elle. Mdrr Ouais c'est du tout moi, j'adore la faire souffrir. ^^ Ouais l'idée était intéressante surtout qu'avec une alerte à la bombe, tu ne regardes pas vraiment qui va où, tu sauves d'abord ta peau… Enfin je crois. Même si perso, j'aurais demandé où étaient mes enfants moi mais bon. ^^ Bisous miss) pour leur reviews. Je vous adore !
Disclaimer : Au cas où vous seriez arrêtés par la police, et interrogés sur mon compte, l'univers entier ne m'appartient pas ! Je ne fais que l'emprunter le temps de développer une idée que j'ai eu en lisant un bouquin.
Merci à chris87 pour ses corrections, et à nouna pour son avis et ses commentaires.
PS : Pour ce chapitre, je vous préviens, ça va être difficile à suivre, je viens de le terminer et croyez-moi, c'est short ! Donc, si vous avez des questions, vous n'hésitez pas, j'y répondrais !
Chapitre 09
Il eut beaucoup de mal à sortir de son lit, ce matin-là, mais fit un effort. Il avait suivi les infos jusqu'à minuit, et s'était couché, quand sa mère lui avait rappelé qu'il avait rendez-vous à la Maison Blanche le lendemain. Il sortit de son lit, en songeant à ce point, et ne put s'empêcher de s'inquiéter, en vue de cette rencontre. Mitchie et Cora semblaient l'apprécier, mais leurs parents ne l'apprécieraient peut-être pas.
Il partit sous la douche, en méditant sur ce point, puis s'habilla. Il avait longuement hésité entre une tenue normale, et quelque chose de plus recherché. Seulement, il s'était souvenu qu'il avait cours avant, et opta donc pour un pull bleu, de saison, sur un slim noir. Il descendit à la cuisine et se restaura, avant de partir au lycée.
Lorsqu'il arriva, il alla à l'accueil pour signaler qu'il était de retour. Lorsque la secrétaire, lui demanda la raison de son absence, il répondit honnêtement qu'il avait simplement séché les cours, pour suivre l'histoire du kidnapping de la fille du Président. Elle lui demanda où ça en été puisqu'elle n'avait pas pu suivre, et lorsqu'il sortit du bureau, dix minutes plus tard, elle avait noté sur son billet qu'il avait été malade. Etonné, il fixa le papier, puis le rangea dans sa poche en rejoignant ses amis. Il les salua et ils lui donnèrent les cours qu'il avait manqué. Ils lui relatèrent également les divers évènements de la journée avant de lui demander ce qu'il s'était passé. S'asseyant, il leur raconta tout ce qu'il savait, et termina par sa petite surprise.
« - Et après les cours, ils viennent me chercher, je suis invité à la Maison Blanche.
Comme il avait baissé d'un ton, lorsque D'jinn parla, il sursauta légèrement.
« - Quoi, s'exclama-t-elle. Ma parole, j'aurais dû venir avec toi, ça aurait été plus sympa qu'ici. J'hallucine, la Maison Blanche. Carrément ! T'en as d'autres des infos du genre ? Genre, je ne sais pas, la demander en mariage par exemple ?
Il la fixa sérieusement et resta muet, durant quelques secondes. Elle ouvrit alors grand les yeux.
« - Non, tu déconnes ? Mais vous vous connaissez à peine. Vous n'êtes même pas ensemble ! Attend, tu as acheté la bague et tout déjà ? Alors que tu ignores si elle préfère se marier en blanc ou en rose ?
« - Quand tu auras fini de te monter tout un film, tu me laisseras parler, et je t'expliquerais que je te mène en bateau ! On n'est pas ensemble, et je ne vais pas la demander en mariage. Déjà que si on était ensemble, y aurait un risque qu'elle dise non, alors là je te raconte même pas, soupira-t-il.
Ils sourirent, sauf la jeune femme qui le regarda, blasée.
« - T'as déjà noté les regards qu'elle te lance ? En plus, t'es le seul à qui elle a donné son numéro, elle ne vient nous parler que si tu es là. Moi je dis, elle t'a dans la peau !
Il ne dit rien, et se contenta juste de secouer la tête, maintenant habitué à ce qu'elle racontait. Un côté de lui, l'espérait quand même, l'autre plus rationnel se disait qu'il n'était qu'un ami pour elle, rien de plus. La sonnerie retentit et il entra en cours, débattant en lui-même, pour savoir s'il avait une chance de lui plaire.
Il passa toute la matinée, à réfléchir à ce point, en se demandant également s'il y avait du changement. Il ne vit même pas midi arriver. Il s'installa avec ses amis, et pendant que les filles révisaient leur espagnol, ils se concentrèrent sur la chanson qu'il avait écrite la veille. Elle lui était complètement sortie de la tête, aussi si replongea-t-il de bonne grâce, en zappant le reste du monde.
Ils continuèrent à la retravailler jusqu'à ce qu'ils soient l'heure d'aller en cours, et lors de la seconde heure, qu'ils avaient en commun.
A la fin de la journée, ils finirent par s'appuyer contre le mur qui délimitait leur lycée, en attendant leurs copines, et Shane ressortit sa copie, pleine de ratures. Il la posa sur un classeur, appuyé sur sa cuisse, et nota les diverses idées qu'ils avaient eu. Lorsqu'elles arrivèrent, elles levèrent les yeux au ciel. Ils étaient à fond dans leur musique et semblaient être en désaccord avec une phrase. Au moment où elles allaient leur demander ce qui les dérangeait, une voix retentit.
« - Shane ?
« - Hey petit elfe, dit-il en sortant de leur bulle.
Les deux garçons prirent leurs copines dans leurs bras, alors qu'il rangeait la feuille.
« - Tu vas mieux, s'enquit-il.
« - Ouais quasiment. On t'attend, tu viens ? Au fait, j'adore mon surnom.
« - Tant mieux, c'est le but.
« - C'est vous qui faites de la musique, demanda-t-elle en observant les autres.
Refermant son sac, il fit les présentations, avant qu'ils ne s'éloignent. Nate n'ajouta qu'un « On en reparle demain » avant de partir, avec les trois autres. Restés seul, il la suivi, tout en l'écoutant parler. A un moment, alors qu'ils approchaient de la voiture, elle lui demanda ce qu'ils écrivaient.
« - Une nouvelle chanson. On a eu l'idée hier, mais… On a été interrompu par les évènements, donc on a repris aujourd'hui, éluda-t-il.
Elle ouvrit la porte et il la laissa s'installer avant de monter à sa suite. Fort heureusement, il n'y avait qu'une jeune femme avec eux, qui se présenta comme secrétaire de Collen-Raven. Elle grimaça et il fit semblant d'être étonné. Elle jeta un regard mauvais à la jeune femme, et lui avoua que c'était son prénom complet mais qu'elle le détestait.
Durant le trajet, ils parlèrent surtout de musique. La jeune fille racontait la passion qu'avait sa sœur pour cet art, le rock en particulier, et durant une seconde, il eut l'impression qu'elle la voyait déjà morte seulement, alors qu'ils sortaient de la voiture, elle lui dit qu'elle était pressée qu'elle revienne pour jouer à nouveau de la guitare. Il tiqua à cette information. Elle ne lui avait pas dit qu'elle jouait alors qu'ils parlaient souvent musique. Peut-être venait-elle juste de commencer, et n'osait pas encore l'avouer aux autres. Il décida donc de garder cette information secrète, et ils pénétrèrent dans la bâtisse. Il ne put s'empêcher de regarder un peu partout. Ils passèrent devant un couloir où il y avait un tableau de chaque Président, et il grimaça, en songeant qu'ils ne devaient pas pouvoir toucher à la décoration, chez eux. « La galère, à mon avis ! Je demanderais à Mitchie, quand elle reviendra » pensa-t-il. »
« - Ouais, je te l'accorde, c'est moche, pour le moment, mais c'est le coin touristique. J'avais juste envie de te faire passer par là.
Il sourit, en la remerciant pour la visite, et ils arrivèrent dans un salon beaucoup moins informel. Il sourit devant les portraits de familles, et s'attarda sur une photo de Mitchie. Elle était en uniforme scolaire, et tenait dans ses bras, une jeune femme. Toutes deux souriaient, visiblement plus que ravies, et il ne put s'empêcher de sourire. Sur une autre photo, placée sur la cheminée, elle posait visiblement, puisqu'elle avait un petit sourire ravissant, selon lui, et semblait se tenir droite, ses cheveux tombant doucement de chaque côté de son visage. Il caressa le cadre du bout des doigts, et lui demanda où elle était.
« - C'est la question que je lui pose chaque jour.
Se tournant, il commença à s'excuser mais elle l'interrompit.
« - Rassurez-vous, personne ne vous en voudra. C'est donc vous Shane ?
« - Oui madame…
Il s'interrompit ne sachant pas comment il fallait appeler la première dame.
« - Ravie de vous rencontrer. Appelez-moi Connie, ça suffira, dit-elle en comprenant son problème. Voulez-vous vous asseoir ? J'étais pressée de vous rencontrer, Mira-Charity parle beaucoup de vous.
« - Qui ? Oh oui, votre fille. Désolé, c'est que je la connais plus en tant que Mitchie, j'oublie parfois son vrai prénom.
« - Aucun problème. Pour ma part, j'ai tendance à oublier qu'elle préfère ce surnom. Alors comme ça vous êtes musicien ?
« - Disons que je sais jouer de la guitare et du piano, de là à dire que je suis musicien, je ne sais pas, sourit-il.
« - Et vous chantez également, toujours selon ma fille. D'ailleurs, plutôt bien, à l'entendre. Elle souhaite que je vienne vous écouter, un samedi.
« - Tu vois je te l'avais dit qu'elle parle beaucoup de toi. Ah non, je l'avais dit à ta petite sœur, se reprit Cora.
Il acquiesça en souriant, et ils parlèrent durant plusieurs minutes, avant que le Président les rejoigne. Il se présenta en tant que père de famille simplement, et Shane lui avoua l'avoir admiré lors des évènements de Little Creek. L'ancien pompier le remercia, et ils discutèrent avec lui, pour chercher à mieux le connaître. Seulement, ils furent dérangés par un appel téléphonique. Il s'excusa, et partit répondre. Il se figea alors d'un coup et demanda à lui parler, histoire d'être sûr qu'elle allait bien. Il appuya sur l'ampli, et ils purent tous suivre l'appel. Cora se réfugia, machinalement, dans les bras de Shane, alors que sa mère rejoignait son père.
« - Je regrette monsieur le Président, vous n'êtes pas en mesure de négocier.
« - Je ne cherche pas à négocier, je veux juste l'entendre, dit-il.
Il y eut un silence, puis Shane cessa de respirer, lorsqu'il entendit :
« - Papa ? C'est Mitchie, rassure-toi, je vais bien. Vous me manquez, mais je vais bien.
Le jeune homme se sentit de trop d'un coup. S'il n'avait pas eu Cora dans ses bras, en train de pleurer de savoir sa sœur vivante, il serait sans doute parti. A la place, il lui caressa les cheveux, pour la rassurer, alors que l'appel se poursuivait. Il ne l'entendit pas, naturellement, mais sut qu'il y aurait un résumé à la télé, prochainement. Peu après, ils revinrent s'asseoir, et la plus jeune se calma progressivement. Quand elle arrêta de pleurer, il embrassa sa tempe et lui assura qu'elle serait bientôt de retour. Il en était certain. Elle acquiesça faiblement. Il n'eut pas conscience des regards qu'échangeaient les deux parents, trop concentré à sécher ses larmes. Il n'avait jamais aimé voir une fille pleurer, sauf devant un film, et Cora lui rappelait sa sœur, qui avait approximativement le même âge. Il agit donc avec elle, comme si c'était Nina. Quand elle fut de nouveau, maîtresse d'elle, elle s'éloigna, en se rasseyant sur son fauteuil, et la conversation reprit.
Ils parlèrent surtout de Mitchie, en faisant des hypothèses sur les violences éventuelles qu'elle avait pu subir, mais le jeune homme resta muet. Pour lui, c'était inconcevable, qu'ils aient pu lui faire du mal. Perdu, il leur demanda ce qu'ils voulaient et il soupira.
« - Leur fils a… Commis plusieurs délits graves, et a été condamné à la peine capitale récemment. Quand ils ont appris qu'on venait à New York, ils n'ont pas trop réfléchi, et ont agit au hasard. Il faut juste que je le gracie et Mitchie reviendra entière.
A ces mots, le jeune homme déglutit en comprenant parfaitement qu'elle serait blessée, voir plus s'il n'obéissait pas.
« - Sauf que je ne peux pas, dit-il d'une voix dure en se levant. Sinon nous serons confrontés au même problème, à chaque peine capitale. J'ai jusqu'à la fin du mois pour donner ma réponse, afin de faire croire que j'ai étudié le dossier.
« - Steve, il s'agit de notre fille quand même !
« - Je sais, s'énerva-t-il en frappant le dossier du fauteuil. C'est justement à elles deux que je pense. Si je gracie cet homme, le prochain à être condamné fera kidnapper l'une ou l'autre, et on recommencera. Angoisse, attente, et enfin l'appel salvateur, qui nous annoncera que si on veut revoir notre enfant vivant, il faut qu'on s'exécute. Je ne peux pas accorder cette grâce ! De toute façon, je ne le veux pas. Cet homme doit être puni pour ce qu'il a fait. Seulement, je ne peux pas agir, tant que personne ne sait où ils se trouvent.
« - Mais si vous avez le nom de leur fils, vous pourriez retrouvés leurs noms à eux, et ainsi retrouver leur traces, non, demanda le jeune homme perdu.
Les deux le regardèrent dubitatifs, durant quelques secondes, puis le visage de Connie s'éclaira. Sans réfléchir, elle le prit dans ses bras.
« - Vous êtes notre porte-bonheur Shane ! Il a raison Steve. Communique cet appel au FBI, ils feront les recherches, ça devrait aller vite, à présent. Quant à vous jeune homme, je vous invite à dîner dès qu'elle sera rentrée. Vous nous portez chance et vous êtes très intelligent.
« - Dites ça à mes parents, ils m'autoriseraient peut-être à quitter le lycée, pour me lancer vraiment dans la musique, sourit-il.
Ils rirent tous de bon cœur, puis tandis que le Président partit appeler, sûrement le FBI, Connie lui assura qu'elle le leur dirait quand il aurait obtenu son diplôme et il accepta. Seulement, parce qu'elle était maman et qu'elle devait savoir ce qui était le mieux pour les enfants, argua-t-il. Il resta encore une heure puis, se leva pour prendre congé. Elle voulut l'inviter à dîner mais il grimaça.
« - Vous savez, ça aurait été avec plaisir, mais j'ai encore des devoirs pour demain, et je doute que mes profs soient cléments, si je leur dit que j'ai préféré allé voir les parents d'une amie. J'ai déjà eu beaucoup de chance d'avoir séché hier. Je préfère ne pas trop tirer sur la corde.
Elle hocha la tête, et il la salua. Dans un élan d'affection soudain, elle le prit dans ses bras, en lui assurant qu'elle viendrait l'écouter un jour, puis le relâcha. Il la remercia, et lorsque le Président revint, il le salua également. Cora, quant à elle, le prit dans ses bras et le remercia d'avoir été là. Il lui assura qu'il avait été ravi d'être ici, auprès d'elle, puis lui demanda si elle savait quelle ligne de bus, passait dans le coin. Elle sourit puis demanda à Jessie de venir ainsi, elles le raccompagneraient chez lui, en limousine. Il la remercia, et une fois à bord, elle lui retourna la politesse, en lui assurant que depuis samedi, c'était la première fois qu'elle voyait sa mère sourire.
« - Ravi d'avoir contribué à cet évènement.
« - Quand je vais le dire à Mitchie, elle va être toute rouge, de savoir que tu l'as entendue parler et tout.
Il sourit et lui promit de l'appeler rapidement, pour avoir de ses nouvelles, et en échange, elle lui promit de venir avec sa mère, à La Maison Du Rock pour voir s'il savait si bien jouer. Lorsqu'ils arrivèrent devant chez lui, il l'embrassa, et remercia la jeune femme avant de descendre. Il remonta l'allée, alors que le véhicule quittait sa rue, et entra chez lui, en pensant à son amie. Elle allait bien, et c'était tout ce qui lui importait pour le moment. Seulement il soupira lorsqu'il nota la montagne de devoir qu'il avait à faire. Il s'installa face à son bureau, et commença par le plus urgent, remettant au lendemain ce qu'il avait à faire pour les autres jours. Katleen finit par l'appeler mais il lui dit qu'il n'avait pas faim, alors que son estomac scandait le contraire. Intriguée, elle monta et lui demanda pourquoi il ne venait pas.
« - Pour rien. Pas fait mes devoirs avec tout ce qui s'est passé. Sans compter que malgré ce qu'à marqué la secrétaire, j'ai ceux d'hier à reprendre, alors bon je ne suis pas encore couché, donc le repas, j'y pense même pas.
Elle n'ajouta rien, et redescendit malgré sa curiosité. Elle se promit de questionner son fils sur sa visite à la Maison Blanche. Elle lui mit cependant son assiette sur un plateau et la lui monta, en arguant qu'il ne pourrait pas travailler le ventre vide. Il la remercia d'un sourire, et lui promit de ne pas récidiver. Il reprit ses leçons, tout en mangeant d'une main.
Lorsqu'il arriva en cours le lendemain, son état de fatigue était plus que voyant, mais il souriait. Sentant le scoop, les deux filles lui demandèrent ce qu'il avait. Il resta muet, et s'assit sur le muret qu'ils prenaient toujours, en attendant les deux retardataires. Il promit aux filles de tout raconter, dès qu'ils seraient tous là. Nate arriva peu après, et Lucy pesta contre mon copain, qui eut la bonne idée d'arriver cinq minutes après le début des cours. Il attendit donc patiemment la pause, écoutant son professeur parler du scandale de Watergate, puis de théories mathématiques qui le dépassaient.
Quand, enfin, l'heure de math céda le pas à la pause d'un quart d'heure, il rejoignit ses amis, et leur annonça qu'il avait entendu leur amie la veille. De joie, ils hurlèrent et s'attirèrent les regards de plusieurs élèves, mais ils ne s'en aperçurent pas. D'jinn lui frappa l'épaule, pour avoir gardé cette nouvelle pour lui, et Jason reçut un coup de sa copine, pour être arrivé en retard. Quand Nate se moqua d'eux, Shane lui mit un coup, plus pour rigoler qu'autre chose, puis leur raconta le moment qu'il avait passé à la Maison Blanche. Il ne s'y était pas sentit à sa place, sans leur amie, mais globalement, il avait apprécié être là quand elle avait pu leur assurer qu'elle allait bien.
De son côté, Mitchie se sentait mal. Ils la laissaient seule la plupart du temps, mais elle avait beau hurler à l'aide, personne ne venait. Elle avait fini par en conclure qu'elle était dans un coin loin du monde, et cette pensée l'attristait. Si son père refusait de gracier le fils de ses ravisseurs, elle ne reverrait jamais plus la lumière du jour. « Ni Shane, soupira-t-elle. Je t'en prie papa, gracie-le, je veux le revoir. Juste une fois ! Lui dire ce que je ressens, s'il te plait. Accorde-moi ce moment. » Triste et légèrement faible, puisqu'elle ne mangeait pas, elle ferma les yeux, assise sur sa chaise. Elle commençait à en avoir assez de sa robe de soirée, qu'elle détestait. Elle soupira et s'imagina à La Maison Du Rock, face à la scène, le regardant et l'écoutant chanter. Elle sourit en s'imaginant qu'il ressentait quelque chose pour elle, et qu'il lui chanterait, un jour, une chanson, qui lui dirait ce qu'il ressent. Il clamerait son amour pour elle, et peut-être, le rejoindrait-elle sur scène. Dans son songe, c'est ce qu'elle fit, en transformant son solo en un duo, tout aussi beau. La porte claqua et elle sursauta, en ouvrant les yeux.
« - Un problème, demanda-t-elle.
« - Votre père n'a toujours pas gracié mon fils ! Qu'est-ce qu'il attend ? Qu'on lui envoie un de tes doigts, comme dans les mauvais films ?
« - Je ne pense pas ! Vous savez, il faut que ça paraisse normal qu'il accorde sa grâce. Il ne peut pas dire du jour au lendemain, qu'il l'accepte. Il faut qu'il étude le dossier, entre guillemet.
« - Mais qu'est-ce que t'en sait, petit mijaurée !
« - Je ne suis pas prétentieuse, se défendit-elle, et je le sais, parce que j'avais l'intention de me lancer dans le politique, avant cette soirée.
« - Pourquoi, s'amusa-t-elle, tu ne veux pas que des affreux comme moi kidnappe tes enfants ?
« - Non, c'est juste que je sais la galère que c'est que d'être l'enfant du Président. Toujours un tas de soirée idiote, à parader comme un paon, pendant des pince-fesses interminables. Devoir sans arrêt paraître parfaite. Ne pas pouvoir sortir sans une armada de garde du corps. C'est très dur à assumer, quand on en est encore à se demander si on est normale.
« - Pauvre petite ! Ose te plaindre, tu peux faire changer le monde, si tu le voulais. Tu n'as qu'un mot à dire et la presse accourt. De quoi te plains-tu ?
« - Ben du reste ! De tout ce qui est officiel. Mais vous ne pouvez pas comprendre. Pour ça il faudrait que vous ayez mon âge. Vous savez, celui où on se pose un tas de questions idiotes qui nous pourrissent la vie. Du genre « Est-ce que je lui plais, ou est-ce qu'il préfère les filles aux formes plus dessinées ? » « C'est quelle couleur qui est tendance en ce moment ? » Ce genre de question.
Elle s'affala sur sa chaise, devenue inconfortable, et ferma les yeux, les mains toujours attachées dans le dos. Elle revint dans son rêve, et décida qu'après la chanson, qui naturellement clôturerait le show pour la soirée, elle l'embrasserait, sous les applaudissements nourris du public.
Le reste de la journée passa, semblable aux autres. Ils la nourrirent rapidement au soir, puis l'allongèrent sur son lit de fortune, ses mains dans le dos. Elle commençait d'ailleurs à avoir mal aux épaules d'être toujours ainsi mais ne se plaignait pas. Elle aurait pu être battue, et pour le moment, hormis le coup qu'elle avait eu, pour ne pas voir où ils la conduisaient, elle n'avait rien subit. « Si ce n'est que j'ai sûrement du tomber sur mon poignet qui est vraiment douloureux, à présent. Depuis quand suis-je ici ? Cinq ? Six jours peut-être ? J'ai perdue le fil. Et cette robe atroce… Quand je pense que Cora la trouvait belle. Elle est atroce. Je veux rentrer à la maison. Papa accorde-lui cette fichue grâce que je sois libre. Je veux revoir Shane. L'entendre rire, le voir me sourire. J'en ai marre de ces murs glauques dont la peinture s'écaille. Tu ne veux peut-être plus me voir papa, mais je t'assure que tu me manques. Je donnerais cher pour vous revoir tous. J'espère que Shane ne m'en veut pas. Il doit être au courant, à présent. Je me demande comment il a réagi ? A-t-il accusé la nouvelle d'un haussement d'épaule, ou a-t-il pesté contre ces New-yorkais ? Peut-être que je lui manque ? Moi, il me manque, c'est atroce ! Et pourtant, il est toujours avec moi, quand je me remémore la chanson qu'il m'a écrite. Tu cherches à te noyer ! Mais un verre d'eau, c'est trop peu ! Regarde le monde évoluer, Ce qu'on pourrait vivre tous les deux ! C'est tellement beau. Je t'en prie, ne m'en veux pas, de ne pas avoir appelé. C'était indépendant de ma volonté. » Elle s'endormit et rêva du jeune homme qui occupait ses pensées, la majeure partie du temps.
Lorsqu'elle ouvrit, les yeux, ils étaient absents. Elle essaya de se lever, et sourit lorsqu'elle nota qu'ils avaient oublié de l'attacher au lit. Elle marcha doucement jusqu'à la fenêtre, et soupira. L'endroit semblait désert. « On se croirait au Sahara, le sable et la chaleur en moins, pensa-t-elle en observant le désert qu'elle avait devant elle. Je me demande où nous sommes. Nevada ? Utah peut-être ? Arizona ? Ailleurs ? On est peut-être même au Canada. Allez savoir, ils m'ont assommé. Bandes de lâches ! » S'ennuyant devant le paysage, elle revint sur son lit. Par acquis de conscience, elle tenta d'ouvrir la porte mais, naturellement, celle-ci était close. Elle ne chercha même pas à s'énerver dessus. Elle n'en avait simplement pas la force. Elle se rassit sur le lit, et attendit, en sage prisonnière qu'elle était, qu'ils viennent vérifier si elle était toujours vivante.
La première semaine s'écoula sans que Shane n'ait de nouvelles informations. Connie, ne voulant pas qu'il utilise tout son forfait, avait pris le numéro de téléphone de chez ses parents, et lui transmettait des nouvelles dès qu'elle en avait. Les recherches pour retrouver les ravisseurs n'avançaient guère. Ils avaient fouillé chez les parents du condamné, mais ceux-ci étaient clean. Le père allait travailler chaque jour, s'absentant régulièrement pour rénover un immeuble au Canada, et quelques fois, la femme partait avec lui. Ils n'avaient d'ailleurs même pas compris pourquoi le FBI étaient venus chez eux, puisque leur fils était dans le couloir de la mort. Cora commençait à déprimer et Shane proposa à la mère de famille de l'amener rendre visite à Nina qui appréciait la jeune fille et qui se sentait concernée par le drame qu'ils vivaient.
Elles passèrent donc l'après-midi à la maison, et il resta avec les deux petites, alors que les mères faisaient connaissance. A un moment, Nina lui demanda de jouer un morceau, et il prit sa guitare. Il leur chanta la chanson qu'il avait écrite pour Mitchie. A la fin, sa petite sœur pleura, regrettant qu'elle ne soit pas avec eux, à cet instant, puisqu'elle adorait la musique.
« - Je suis sûre qu'elle l'aurait aimé celle-là.
« - Mais elle l'adore. Elle l'a entendue et dès le premier soir a accroché. En même temps, vaut mieux hein, c'est elle qui me l'a inspirée, ajouta-t-il sur le ton de la confidence.
Elle sourit à travers ses larmes et il la consola. Nina bouda, pour la forme, en arguant que si ça continuait, elle n'aurait bientôt plus de frère.
Une demi-heure plus tard, ils descendirent pour qu'elles puissent goûter, et il parla un peu avec les deux adultes, quand Connie le félicita arguant qu'elle aimait beaucoup la chanson qu'il avait jouée.
« - Décidément, c'est de famille, s'amusa-t-il. Vos filles aussi l'adorent.
« - C'est la chanson dont Mitchie nous parlait beaucoup, tu sais celle qu'il a écrite pour elle.
« - Fais gaffe, si tu continues à tout répéter, il va finir par te demander si t'as pas l'impression de parler trop, la prévint Nina, ou te menacer de te mettre la tête dans la cuvette des toilettes.
« - Comme toi, l'autre fois quand t'as dit devant ma sœur, qu'il parlait excessivement d'elle ?
« - Ouais, voilà comme ce jour-là ! Comme si je ne savais pas garder ses secrets ! Oui, bon, je ne sais effectivement pas, dit-elle après qu'il l'eut regardé avec insistance. Mais ce n'est pas de ma faute si ma bouche va plus vite que mon cerveau ? Si ?
Le soir même, lorsqu'elles furent parties, il alla, sans grand enthousiasme, à La Maison Du Rock. Ils y jouèrent leur répertoire habituel, et plusieurs des personnes qui aimaient leur style, notèrent qu'ils manquaient de punch et de joie. Ils rejoignirent ensuite leurs amis, mais sans Mitchie, qui pouvait débarquer à n'importe quel moment, le jeune homme s'ennuya bien vite, et il quitta la boite quatre heures plus tôt. Nate voulut le raccompagner, mais il préféra rentrer à pied, sa guitare sur le dos. Il habitait à une demi-heure de marche et connaissait le coin par cœur. Il profita donc du silence pour penser à son amie. Déjà huit jours qu'elle était retenue contre son grès, par ces gens, qui ne voulaient que remettre un dangereux criminel en liberté. A cette idée, il s'énerva. Il avait fait des recherches sur l'homme en question et avait appris qu'il avait violé, et tué quinze femmes, avant d'être arrêté. « Et ses parents veulent le remettre en liberté ? Ils sont frappés ! A leur place, je me cacherais, submergé par la honte d'avoir eu un fils pareil, pensa-t-il amer. T'es où ma bonne étoile ? Où t'ont-ils emmenée ? Pas trop loin, j'espère. Je sais que t'es en vie, je le sens. Ne perd pas espoir, tes parents font ce qu'ils peuvent pour te ramener chez toi, et tu manques à tout le monde. Moi le premier ! »
La semaine suivante ne fut guère mieux. Les nouvelles n'étaient pas bonnes et les spécialistes de la santé commençaient à s'inquiéter des mauvais traitements éventuels. En entendant ça, Shane jeta un coussin sur le poste qui vacilla, avant de se stabiliser sur son pied. Il tempêta contre ce journaliste qui imaginait presque le pire, et fini par éteindre le poste, avant de le rallumer pour changer de chaîne. Il appela la Maison Blanche, maintenant habitué à composer le numéro, et parla une demi-heure avec Connie avant de demander des nouvelles de Cora. La jeune fille commençait à désespérer, et il lui parla un peu, lui promettant qu'elle reverrait bientôt sa sœur en vie, et qu'elle lui casserait les oreilles en écoutant sa musique trop fort le samedi, comme avant. Elle lui demanda s'il en était vraiment absolument certain et il le lui assura. Il en était intimement convaincu. Lorsqu'il reparla à Connie, celle-ci le réprimanda de sa promesse, et il soupira :
« - Je sais que c'était stupide, mais elle a l'âge de Nina et je ne supporte pas qu'une fille pleure. Je sais que si c'était Nina qui était enlevée, j'aimerais que quelqu'un me promette qu'elle va revenir. De toute façon, je ferais tout ce que je peux pour la retrouver quitte à gêner la police. Mais on ne m'enlève pas ma petite fée, comme ça ! Et gare à celui qui essayerait !
Elle rit, assurant que l'amour qu'il avait pour sa sœur était mignon, et il sourit, arguant que Mitchie le lui disait également souvent. Il y eut un petit silence gênant, puis il l'entendit renifler discrètement.
« - Vous savez Connie, vous avez le droit de pleurer. Je ne le dirais pas, je vous le promets. Et puis comme je ne peux pas vous voir, ça m'ennuiera moins, sourit-il.
Elle le remercia et tenta de refouler ses larmes. Afin de l'aider à pleurer, puisqu'elle semblait en avoir besoin, il lui parla de sa fille, et finalement, elle raccrocha. Il l'imagina très bien, pleurer, seule dans son salon, et lorsque sa mère rentra, il lui emprunta sa voiture.
« - Je serais revenu avant la nuit, en logique, je t'appelle, dit-il en montant dans le véhicule.
Il prit le même chemin qu'il avait pris une fois et se gara près de la porte de service. Jessie, qui sortait à ce moment-là le reconnut et lui demanda ce qu'il voulait. Il lui expliqua rapidement et elle le fit entrer, en arguant qu'elle allait occuper Cora en attendant. Il alla au salon, et se figea, en notant qu'il n'avait pas tord. Elle était assise sur le canapé, et pleurait dans ses mains, en tenant contre elle, le foulard qu'il lui avait rendu peu avant. Il s'approcha sans bruit, et s'assit face à elle, avant de l'appeler doucement. Levant le nez, elle le regarda interdite.
« - Je pouvais pas vous laisser pleurer dans votre coin, vu que j'ai tout fait pour faire sortir vos larmes. Vous sembliez en avoir besoin, s'excusa-t-il.
Elle ne dit rien mais, comme une enfant, se réfugia dans ses bras, se libérant de tout son chagrin. Il ne dit rien, et attendit simplement qu'elle se calme pour la rassurer. Au fond de lui, il était persuadé qu'elle allait très bien.
Le Président arriva peu après et trouva la scène étrange et touchante. Il ne fit aucun reproche au jeune homme, et lui assura que son soutien faisait beaucoup de bien à sa famille. Gêné, il lui répondit qu'il ne faisait pourtant pas grand-chose, mais Steve Torrès lui assura qu'ils en étaient tous touchés, et ajouta que Mitchie savait réellement bien choisir ses amis. Il ne répondit rien à cette phrase, ne sachant pas vraiment ce qu'il pouvait rajouter.
Et voilà. Oui bon je sais que Connie pleurant dans les bras de Shane c'est étrange, mais je trouvais ça trop mignon, pour ne pas le mettre. J'espère que ça vous a quand même un peu plu ? Et je vous dis à la semaine prochaine.
Miss Tagada (L)
