Chapitre 12 - J'ai trois yeux, tant mieux, trois oreilles, c'est pareil…
En voyant Hermione partir en pleurs, il sut qu'il venait de répéter la pire erreur de sa vie. Il en avait payé vingt ans les frais. On devait apprendre de nos erreurs, la leçon n'avait-elle pas été assez dure?
Et même s'il avait suivi les mangemorts vingt ans plus tôt, cela n'avait pas empêché la guerre, ni même sauvé Lily. Que Dumbledore aille se faire voir avec sa mission, il avait déjà bien trop donné au vieux barbu sénile!
Il se tourna vers Malefoy, qui affichait un air indéchiffrable.
- Toi et ton groupe secret, vous pouvez tous aller vous noyer dans de la bouse de troll!
Et Severus partit à la poursuite de la douce lionne.
Il la trouva un peu plus loin, sur le point d'entrer dans la salle des préfets.
- Hermione, attends-moi!
- Laisse-moi tranquille Steven, lui cria-t-elle, rouge de rage et les joues barbouillées de larmes.
En voyant les pleurs de sa lionne, il ressentit un énorme nœud dans l'estomac. Comme s'il venait de recevoir un cognard dans le ventre. Faire pleurer les autres, il l'avait souvent fait et cela ne lui causait aucun problème, mais il ne supportait pas de causer des larmes à sa douce Gryffondor. Il voulait à tout prix faire disparaître ces larmes.
- Je m'excuse, je ne voulais pas dire ça.
- Je n'en veux pas de tes excuses!
- Mais à l'infirmerie, tu m'avais dit que c'était facile de s'excuser, que je n'avais qu'à demander ton pardon.
Ses paroles semblèrent ébranler Hermione, qui se rappelait effectivement lui avoir dit cela à l'infirmerie. Il profita qu'elle était déstabilisée pour se rapprocher d'elle.
- Alors pourquoi Steven? Pourquoi m'avoir dit ça? Tu savais que je ne supporte pas ce nom dégradant!
C'était là l'occasion de lui dire la vérité. Mais puisque le courage ne fait pas partie du bagage génétique de tout bon Serpenard, il en profita pour ne lui révéler qu'une partie de la vérité.
Il se rapprocha encore plus d'elle, pris son visage entre ses mains, et embrassa une larme sur le coin de sa joue pour l'assécher.
- Dumbledore croit qu'un nouveau groupe de mangemorts est en train de se créer.
Il embrassa une autre larme sur le bord de sa mâchoire.
- Étant nouvel étudiant ici, Dumbledore m'a demandé de m'infiltrer.
Il embrassa une larme qui s'échappait sous l'œil.
- De gagner la confiance des Serpentards et de démasquer les coupables.
Il embrassa une autre larme qui perlait le long de son nez.
- Coûte que coûte, quitte à causer des dégâts en chemin. Mais c'était trop dur…
Il se rapprocha de la dernière larme sur le visage de la jolie lionne, celle échouée sur la commissure de ses lèvres.
- J'abandonne la mission, dit Severus dans un murmure avant de capturer la dernière larme.
Hermione se tourna légèrement, pour que leurs lèvres fusionnent complètement ensemble. En goûtant ses lèvres, Severus se dit que c'était la meilleure sensation du monde, la plus enivrante. Il comprit maintenant pourquoi des guerres étaient déclenchées pour l'amour des femmes. L'ivresse qu'il ressentait dépassait de loin celle que peut procurer le meilleur whisky pur feu.
Sa douce lionne l'enlaça pour se coller plus contre lui et entrouvrit les lèvres. Severus ne put empêcher un gémissement de pur délice en sentant la langue de la jeune femme caresser la sienne. Après un fragment d'éternité trop court, ils rompirent le baiser, à bout de souffle.
Avec une lueur malicieuse dans les yeux, Hermione lui prit la main, l'entraîna dans la salle des préfets, jusqu'à sa chambre à coucher, dont elle referma la porte et la barra à double sorts.
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Si un fantôme était venu à passer dans la chambre de la préfète en chef et avait assisté à la scène, il aurait pu la qualifier de "mignonne". Il aurait pu voir un jeune "Steven" timide, quelque peu maladroit, peu sûr de ses mouvements. En réalité, il était torturé intérieurement. Tout son corps, toute son âme désirait Hermione. Mais son esprit lui rappelait que c'était mal ce qu'il faisait, qu'il mentait à la lionne, qu'en quelque sorte, il la trahissait.
Hermione interpréta cette timidité comme de la pudeur. Elle débuta donc tout doucement à desserrer et enlever la cravate vert et argent. Elle fit glisser par-dessus la tête du serpentard son cardigan. En commençant à déboutonner la chemise, elle sentit dans la poche la fiole d'élixir. Severus se raidit, ne sachant pas s'il devait lui dire la vérité ou, peut-être pour la seule fois de sa vie, découvrir des plaisirs que pourrait lui procurer sa douce lionne.
Il ne se posa pas la question longtemps, puisque Hermione pris la fiole, la déposa sur sa table de chevet et reprit d'assaut les boutons, tout en lui prodiguant de frissonnants baisers dans le cou.
Sa chemise fut enlevée en même temps que quelques unes de ses inhibitions. Par chance, une des propriétés de l'élixir était de redonner l'aspect de jeunesse à sa peau, masquant du même coup l'affreux tatouage qu'affichait honteusement son avant-bras.
Malgré sa moralité, il la voulait plus que tout. Il commença à son tour à dévêtir la jolie bouclée. Ses mains tremblaient et ses gestes étaient maladroits, un coin de son esprit lui rappelant toujours sa trahison.
Dès que les encombrants vêtements furent tous enlevés, Hermione s'allongea sur le lit et l'invita à la rejoindre. Il prit un instant pour graver cette sublime vision dans sa mémoire. Il faudra vraiment qu'il se procure une pensine par la suite!
Une fois à ses côtés dans le lit, il se gava de chastes baisers dans le cou, dans le creux des bras, n'osant pas franchir la dernière barrière de la plus pure intimité d'Hermione. Celle-ci, bien qu'aimant ces caresses mais en voulant plus, pris l'initiative et se plaça à califourchon sur lui. Dire que Severus trouvait qu'un baiser était enivrant! Le langoureux balancier de sa lionne lui procura un plaisir qu'il n'aurait jamais cru possible. Elle lui prit ses mains, l'enjoignant à la toucher. Il lui caressa le dos, les hanches, le ventre, évitant sa poitrine bien qu'il en avait terriblement envie. Malgré son déchirement intérieur, son plaisir atteint quand même son apogée.
Encore haletante, Hermione lui demanda s'il voulait rester avec elle pour la nuit, ce qu'il s'empressa d'accepter. Elle enfila une nuisette et sorti d'un tiroir un t-shirt blanc qu'elle agrandi d'un sort avant de le lancer à Severus. Le contact du coton n'était pas aussi doux que celui du satin de ses pyjamas, mais il pourrait bien s'en passer pour une nuit. Sa lionne serait bien plus douce!
Hermione vint ensuite se blottir contre lui, enfouissant son nez dans le creux de son cou tout en remontant les couvertures sur eux. Tout en lui caressant le torse, la Gryffondor lui demanda plus de précisions sur la mission qu'il venait d'échouer. Severus se permit de lui en conter quelques bribes, comme ses principaux suspects et tenter de découvrir ce qu'ils tramaient, sans bien sûr lui mentionner sa véritable identité et pourquoi Dumbledore l'avait choisi. La belle lionne, les yeux mis-clos, lui marmonna qu'elle allait l'aider de son côté, lui enjoignant de ne pas abandonner. Après une journée riche en émotions fortes, celle-ci s'endormit rapidement (elle avait quand même, après sept ans d'attente, reçu enfin l'attention de son professeur, laissé tomber son petit ami et vécu le célibat pendant au moins une heure!).
Le picotement dans ses membres rappela à Severus que les effets de l'élixir allaient bientôt prendre fin. Il tourna sa tête vers la table de chevet. Devait-il prendre sa dose? Comment réagirait-elle si elle se réveillait contre son professeur? Sûrement très mal, peut-être même dégoûtée. Ne voulant pas la perdre, il prit donc sa dose, plein de bonnes intentions de lui révéler la vérité le lendemain. Il s'endormit au son relaxant de la respiration de sa belle lionne, nichée au creux de son cou.
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Le lendemain matin, Severus se réveilla en ressentant un immense vide. C'était la première fois qu'il dormait avec quelqu'un à ses côtés et il avait immédiatement aimé le contact physique, la présence rassurante, la chaleur contre lui. C'est donc déçu qu'il découvrit que sa lionne ne partageait plus le lit.
En s'assoyant, il remarqua une note sur la table de chevet.
"Tu semblais si serein en dormant que je n'ai pas osé de réveiller. On se verra en cours tantôt.
Hermione, xxx"
N'ayant pas planifié de découcher, il devait retourner à son dortoir pour se changer et prendre ses manuels scolaires. Il sortit avec appréhension de la chambre d'Hermione, ne sachant comment Drago réagirait en le voyant, mais celui-ci avait déjà quitté la salle commune des préfets en chef.
Malheureusement, ce fut dans la salle commune des Serpentards qu'il croisa Drago, assis à discuter avec plusieurs autres Serpentards. Celui-ci l'apostropha, en mettant le plus de dédain possible dans sa voix.
- Alors le traître, j'espère au moins pour toi que ta vulgaire sang-de-bourbe en valait la peine.
Severus, voyant rouge, s'élança sur Drago et le pris à la gorge.
- Ne redit jamais "sang-de-bourbe" en parlant d'Hermione. Et elle a bien plus de valeur que vous tous ici réunis ensemble. TOUT vaut la peine pour elle!
Il relâcha Malefoy qui s'affala par terre en tentant de reprendre son souffle, aucun des autres Serpentards n'ayant réagi, trop pleutres pour intervenir. Severus en profita pour se rendre à son dortoir.
Devant son lit, Severus se mit à penser. Il venait clairement de se mettre à dos tous les Serpentards. Il n'avait pas le choix de quitter les dortoirs des vert et argent, ce serait bien trop dangereux pour lui. En ouvrant le tiroir de sa table de chevet, il vit qu'il ne lui restait que deux fioles d'élixir, Minerva tardant à lui remettre une nouvelle caisse. Il se changea, mit des vêtements propres et inséra les deux dernières fioles dans sa poche de chemise.
Pendant qu'il s'afférait à tout ranger dans sa malle de voyage, il entendit Crabble et Goyle venir en direction des dortoirs. Severus, paniqué, ne donnait pas cher de sa peau. Probablement que les deux molosses venaient lui donner une leçon pour avoir osé toucher à Malefoy. N'ayant pas sa baguette à portée de main, Severus se cacha derrière les rideaux du lit à baldaquin de Blaise Zabini, se tenant ainsi plus près de la sortie, pour plus facilement s'enfuir.
Les deux costauds passèrent devant Severus, ne remarquant même pas les pieds qui dépassaient de sous les rideaux, mais se dirigèrent plutôt directement à leur lit pour chercher leurs manuels de cours. Severus les trouva particulièrement bêtes, surtout quand ils commencèrent à discuter, sans se rappeler que "Steven" était monté au dortoir avant eux.
- Hé Gregory, t'as-tu compris pourquoi la réunion d'hier a été annulée?
- Supposé que certains invités ont eu un empêchement. Malefoy m'a dit que la réunion aura lieu ce soir à la place, toujours à la cabane hurlante.
- Ah, ok. Est-ce que tu vas apporter des chocogrenouilles à manger?
- Oui, et toi, peux-tu apporter tes dragées surprises que…
Crabble et Goyle repassèrent devant le lit de Blaise, sans s'apercevoir de rien, tout en discutant de confiseries.
Severus soupira de soulagement. Pour une fois, l'inattention de ces deux lourdauds lui convenait, contrairement en classe de potions. En plus, il avait maintenant une nouvelle occasion en or de démasquer les conspirateurs. Il n'avait qu'à les espionner ce soir pour découvrir leurs machiavéliques intentions. S'acquittant ainsi de son fardeau de preuves, il pourrait enfin justement les accuser.
Il attendit que tous les étudiants quittent la salle commune pour se rendre à leurs cours pour enfin sortir du dortoir. Quand le silence se fit enfin, il rétrécit sa malle qu'il rangea dans ses poches et quitta le dortoir, sans un regard en arrière, soulagé d'enfin quitter cet endroit qu'il exécrait.
Au lieu de se rendre lui-même en cours, il se rendit directement à ses appartements privés. Il sortit de ses poches sa malle réduite qu'il ré-agrandi et la plaça devant son lit, mais garda sous son cardigan ses deux dernières fioles d'élixir. Il eut une pensée pour Hermione. Elle devait s'inquiéter de ne pas le voir arriver au cours de Soins aux créatures magiques. Mais il avait bien plus important à faire que d'essayer de ne pas se faire bouffer ses membres! Il devait préparer un plan pour aller espionner à la cabane hurlante.
Il passa finalement sa matinée à se creuser les méninges à trouver une manière de dire la vérité à Hermione plutôt que de peaufiner un plan pour le soir.
Severus n'alla même pas dans la grande salle prendre son repas du midi, ayant l'estomac trop retourné sous l'appréhension. Le cours d'arithmancie devant bientôt commencer, Severus cacha sa baguette dans la manche de son uniforme, ayant à l'esprit qu'il pourrait croiser en chemin des Serpentards qu'il s'était mis à dos le matin même.
En route vers la classe, Severus se tenait aux aguets. Autant pour éviter une possible confrontation que pour apercevoir une jolie tête bouclée. Il n'eut pas le temps de réagir quand il sentit une main agripper son poignet, l'attirer et l'enfermer dans un placard à balais, et se fit attaquer par de douces et chaudes lèvres sur les siennes. Il enlaça sa belle lionne tout en répondant goulûment au baiser.
Quand finalement ils séparèrent leurs lèvres, Severus put remarquer que la Gryffondor semblait excitée et fébrile.
- Tu n'étais pas en cours ce matin. dit-elle plus comme une constatation que comme une question.
- Peut-être que je dormais trop sereinement! répondit Severus, en prenant un air faussement fâché pour la taquiner.
Sans en faire de cas, celle-ci s'élança :
- J'ai d'excellentes nouvelles! Après que tu m'aies parlé de ta mission et que je t'ai dit que je t'aiderais, hé bien, ce matin, dans le cours d'Hagrid,, je me suis placée près de Pansy Parkinson et de Blaise Zabini. La gourde, elle a mal lancé son sort de silence pour avoir une conversation privée avec Blaise. Elle a dit "selencio" au lieu de "silencio". Elle a voulu tester l'efficacité de son sort en me demandant «M'entends-tu la sang-de-bourbe?». Bien sûr, son sort ne fonctionnait pas. Je n'ai pas tiqué au fait qu'elle m'insulte et j'ai fait semblant de ne pas l'avoir entendue. J'ai pu donc entendre toute leur conversation! Ils se réunissent ce soir à la cabane hurlante. Nous pourrons aller les espionner et faire notre compte-rendu à Dumbledore!
Dit finalement Hermione, tout d'une traite, en reprenant à peine son souffle entre deux phrases. Severus tiqua à la dernière phrase, sur le "nous".
- J'irai seul, c'est bien trop dangereux.
- Pas question, je t'accompagne! Je te ferais remarquer que j'ai toujours accompagné Harry dans ses plans foireux, le tirant d'affaires. Et j'ai affronté des bien plus grands dangers! Entres autres, un troll, un dragon, un géant. Qu'est-ce qu'une bande de jeunes comparés à ça!
Et avant que Severus puisse contester à nouveau, elle l'embrassa une fois de plus, marquant son point et mettant un terme à la discussion. Severus sentait, encore une fois, qu'il n'avait pas le contrôle de la situation, qu'on le manipulait. Mais ce coup-ci, il ne s'en plaindrait pas! Qu'elle le manipule à sa guise!
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Cachés dans les arbustes près de la cabane hurlante, Severus se demandait encore une fois comment elle avait fait pour le convaincre de l'accompagner, pourquoi sa volonté flanchait tant sous l'assaut des baisers de sa belle lionne ? Il y a deux mois de cela, il l'aurait trouvée bornée et têtue. Aujourd'hui, il la trouvait déterminée et audacieuse. Et puis, il devait se l'avouer, elle semblait évoluer en territoire connu. Elle avait revêtu des jeans moldus, des espadrilles ainsi qu'un pull en laine. Bien que le tout épousait délicieusement ses formes, ces vêtements la laissaient libre de tout mouvement, contrairement à lui, qui avait gardé son uniforme Serpentard, n'ayant pas osé retourner dans ses appartements privés pour ne pas éveiller de soupçons de la part de la Gryffondor,
- Regarde, j'ai apporté des oreilles à rallonge des jumeaux Weasley. Elles sont très pratiques pour écouter les conversations à distance.
Severus regarda les lobes pendouiller au bout d'une cordelette. Bien qu'il ne pouvait pas nier le génie innovateur des jumeaux, ils auraient au moins pu les rendre un peu plus discrètes. Une oreille qui traîne par terre, ça se remarque!
Tels deux félins, Severus et Hermione se dirigèrent sans bruit vers la cabane. Ils entrapercevaient des ombres derrière une fenêtre crasseuse, mais principalement, entrouverte! La Gryffondor glissa dans l'interstice une des oreilles et ils s'accroupirent, tentant de saisir des bribes de conversation.
«Est-ce que sera encore long, c'est que j'ai faim» «Ils ne devraient pas tarder» «Je suis passé chez Honeydukes avant» «Fais voir! Qu'est-ce que tu as acheté?» «Scrounch, scrounch, scrouch» «Milli n'est pas venue?» «Elle est restés avec son petit ami, mais ils viendront ensemble à la prochaine réunion, il approuve nos convictions et veut nous aider à y arriver »
Les deux espions écoutèrent, éberlués, ce que Pansy Parkinson venait d'affirmer. Severus ne comprenait pas en quoi un né-moldu approuverait et surtout aiderait des mangemorts à soi-disant purifier le monde sorcier de sang impur. Il reporta son attention sur les conversations.
« …v…g…de…d… » «Saviez-vous que j'ai de réels talents en divination? Le professeur Trewlaney me l'a affirmé!» « …s…r…v…s… » «Allez vous goinfrer ailleurs les gars!» (bruits de pas sortant de la pièce) «Hé oui, il paraît que j'ai aussi le troisième œil. Et si j'ouvre mon troisième œil, il me dit qu'une troisième oreille nous épie!»
Hermione et Severus se regardèrent, paniqués. Par Merlin! Ils avaient été repérés! Fichues oreilles. À l'effigie des Weasley qui se démarquent dans une foule par leurs cheveux poil de carotte, il fallait qu'ils fabriquent du matériel d'espionnage voyant comme eux!
Et avant même qu'ils ne puissent réagir, ils se firent frapper par un petrificus totalus venant de la part de Crabble et Goyle qui, pour une fois, avaient bien réussi un sort. Les deux costauds soulevèrent sans peine les deux corps figés et les transportèrent à l'intérieur de la cabane.
Malefoy, Zabini et Parkinson étaient installés dans ce qui semblait être autrefois le salon de la cabane.
- Tiens, tiens! Si ce n'est pas notre traître avec sa sang-de-bourbe. C'est que c'est très vilain d'espionner! lança Malefoy de son air hautain. Crabble, Goyle, installez-les sur ces chaises et assurez-vous de bien les lier.
Impuissants et incapables de produire un mouvement, Hermione et Severus se firent attacher chacun sur des chaises disposées face à face. Ensuite, les deux molosses fouillèrent Hermione. Severus fulminait! Il ne pouvait pas supporter de voir des mains immondes se promener sur sa lionne. Il le leur ferait payer très cher! Après qu'ils aient découvert et confisqué la baguette d'Hermione, ce fut au tour de Severus de se faire fouiller. Crabble découvrit rapidement sa baguette cachée dans sa manche ainsi que ses deux dernières fioles d'élixir. Il remit le tout à Malefoy.
- Je peux savoir maintenant pourquoi vous osez nous espionner? Ah, c'est vrai, vous ne pouvez pas parler. Finite Incantatem. !
- Vous êtes finis! J'en ai la preuve maintenant! Vous irez tous directement à Azkaban pour conspiration! cracha rageusement Severus.
- Quelle preuve? Tu ne sais même pas pourquoi nous nous réunissons, lui répondit calmement Malefoy.
Jouant sa dernière carte, Severus se permit d'utiliser la legilimencie et de pénétrer brutalement dans l'esprit de Malefoy. Il se frappa à un brouillard gris argenté, comme s'il s'était pris dans le regard de Malefoy. Surpris, il se retira pour essayer avec Pansy, qui semblait plus faible de volonté. En entrant dans son esprit, il la vit essayer des robes et tournoyer en se regardant dans le miroir. Plus il tentait de forcer son esprit, plus elle tournoyait vite, donnant le vertige et la nausée à Severus, l'obligeant à sortir de l'esprit de Pansy.
- Comment oses-tu entrer dans la vie privée du monde? Que dirais-tu si je me mêlais de la tienne? Prenons comme exemple, que se passe-t-il si tu ne prends pas tes petites vitamines? demanda Drago, qui semblait plutôt s'amuser par sa position de supériorité, tout en agitant les fioles devant le nez de Severus.
Et sans prévenir, Malefoy lâcha les fioles sur le sol et les écrasa sous son talon, les brisant en minuscules morceaux de vitre brisée, l'élixir s'écoulant entre les planches.
- Allons-nous en, la réunion est terminée.
Tous les Serpentards présents suivirent Malefoy et quittèrent la cabane hurlante, laissant seuls Severus et Hermione, toujours attachés sur leurs chaises.
Severus commença à ressentir les picotements dans ses membres, signal que les effets de l'élixir allaient bientôt prendre fin. Désemparé, il regardait le contenu des fioles imbibé dans le plancher. Il leva son regard vers sa lionne, qui se tortillait sur sa chaise.
- Hermione, je dois t'avouer quelque chose, lui dit-il piteusement.
- Pas tout de suite. Une chance, Goyle ne sait même pas faire des nœuds convenablement… Voilà!
Fière d'elle, Hermione lui montra la corde qui pendait lestement. Elle contourna Severus pour aller le détacher à son tour.
- Je dois vraiment te parler.
- Tantôt. Vite, on peut les rattraper! Il faut récupérer nos baguettes!
Hermione agrippa Severus par la manche pour l'enjoindre à la suivre.
En courant vers le château de Poudlard, le picotement dans ses membres se fit plus intensif. Il n'y arriverait jamais à temps! Et même s'il franchissait la grande porte, il ne lui restait aucune fiole. Il allait reprendre sa forme originelle d'un instant à l'autre.
Hermione courait devant lui quand une douloureuse décharge électrique lui parcouru les jambes, lui enlevant toute force. Il trébucha et tomba face première au sol. La Gryffondor rebroussa chemin pour aller l'aider à se relever. Il sut qu'il avait repris sa véritable apparence quand celle-ci le lâcha et tituba de quelques pas en arrière, la main sur sa bouche grande ouverte, les yeux agrandis par la surprise.
