Chapitre 13 – Confessions sur l'oreiller
Hermione et Severus se dévisagèrent quelques instants. Ce fut Hermione qui rompit le lourd silence.
- Pourquoi ne m'avez-vous rien dit Monsieur?
Ce vouvoiement, ce "monsieur" impersonnel blessèrent bien plus Severus qu'un puissant doloris.
- Hermione, je t'en supplie, je voulais te le dire, mais j'avais trop peur de ta réaction.
- Comment pensez-vous que je réagisse maintenant! Et pourquoi aviez-vous peur de ma réaction? rugit la lionne.
Severus ne s'était jamais vraiment ouvert à quiconque et au grand jamais avait-il déjà dévoilé ses sentiments. Mais il sentait que s'il n'ouvrait son cœur, il perdrait à jamais sa lionne. Pour la première fois de sa vie, et au plus profond de sa vulnérabilité, il prit le risque d'exposer son cœur. Il avait bien trop à perdre s'il ne le faisait pas.
- Si j'avais si peur de te le dire, c'est que je craignais de te perdre, car je …. je. …..
Hermione s'approcha doucement de lui. Il devait lui dire. Il devait s'ouvrir.
- Je suis tombé amoureux de toi, lui dit-il dans un murmure.
Il fixait ses pieds, n'osant regarder la réaction de la lionne. Celle-ci ne se fit pas attendre et s'élança dans les bras de Severus. Il la serra contre lui, le cœur battant la chamade, trop heureux qu'enfin une fois dans sa vie, il ait pu faire le bon choix, dire les bons mots, les plus importants.
Après un certain temps, Hermione se décolla de Severus et remarqua sa tenue vestimentaire.
- Tu sembles un peu à l'étroit dans tes vêtements, Severus, dit-elle en rougissant, un peu gênée de tutoyer et d'appeler son professeur par son prénom.
Severus réalisa qu'il portait encore l'uniforme Serpentard. Puisqu'il avait repris sa musculature, la chemise le serrait à la poitrine et aux bras.
- Je devrais peut-être aller me changer…
- Je t'accompagne!
o-o-o-o-o-o-o
Hermione s'était assurée de ne croiser aucun étudiant jusqu'aux cachots. Bien qu'elle le trouvait mignon dans son uniforme étroit, Severus aurait perdu toute crédibilité et autorité accoutré ainsi. Par chance, le couvre-feu était passé et ils évitèrent Rusard de justesse.
Severus invita Hermione dans ses appartements privés. Elle se dirigea immédiatement vers sa bibliothèque, telle une enfant le matin de Noël qui s'émerveille devant le sapin. Qu'est-ce qu'il pouvait la trouver belle. Elle caressait amoureusement les reliures en cuir. Severus était fier de sa collection, mais encore plus heureux de voir que quelqu'un d'autre portait autant d'attention à ces livres.
Mais la Gryffondor délaissa rapidement les bouquins pour le rejoindre.
- Tu ne devais pas te changer? lui demanda-t-elle tout en desserrant le nœud de cravate de l'uniforme vert et argent.
Severus pu reconnaître la même lueur malicieuse que la veille dans le regard de sa belle lionne. Mais ce coup-ci, elle savait qui il était réellement! Plus de mensonges. Elle le voulait, lui, Severus Rogue. Son regard d'ébène se fit brûlant de passion après qu'Hermione lui ait enlevé son cardigan. Son étroite chemise fut bientôt déboutonnée. Hermione, fascinée, lui caressait le torse, couvrant ses cicatrices de baisers. Il se permit de la dévêtir à son tour, ses gestes étant maintenant précis, sûr de lui, confiant.
Il glissa ses mains sous le pull de laine de la lionne, laissant ses mains remonter sur le satin de sa peau, la caressant au passage et la délestant ainsi de l'encombrant vêtement. Il la sentait frémir sous ses doigts. Un magnifique soutien gorge de dentelle verte liseré d'un ruban argenté englobait la poitrine de la jeune femme. Severus haussa un sourcil dubitatif.
- Disons que dernièrement, le vert est devenu une de mes couleurs préférées.
Et, provocatrice, elle se dressa sur la pointe des pieds pour aller lui chuchoter dans l'oreille s'il aimerait découvrir si elle portait la petite culotte assortie.
L'invitation ne pouvait être plus claire! Il la prit dans ses bras musclés pour aller dans sa chambre à coucher et l'allonger sur son lit. C'étaient des baisers enflammés qu'il partageait avec sa lionne. Et c'est sans scrupule qu'il se permit d'enlever la paire de jeans pour découvrir la petite culotte verte et argentée. Il n'y avait plus rien qui retenait Severus d'exprimer sa passion, plus aucune barrière ni moralité. Ses mains agiles caressaient chaque parcelle de peau de la lionne. Ses lèvres parcouraient les zones les plus sensibles. Une fois délestés de tous leurs encombrants vêtements, se fut Severus qui, ce coup-ci prit l'initiative et entama le divin et langoureux balancier. Hermione s'accrochait à ses épaules et se tordait de volupté tout en susurrant son prénom. Son prénom à lui qu'elle haletait! Pas une fois la veille avait-elle prononcé le nom de Steven. Fou d'amour et de passion, il augmenta la cadence. La gryffondor lui en demandant toujours plus, il se permit de donner de puissants coups de rein, sa lionne lui lacérant le dos. Probablement qu'il récolterait de nouvelles cicatrices, mais dont il en garderait un bien meilleur souvenir!
Ils atteignirent l'apogée de leur plaisir presque en même temps. En sueur, Severus roula sur le côté et sa jolie lionne vint se blottir contre lui. Elle semblait un peu mal à l'aise.
- Qu'y a-t-il Hermione? la questionna le Serpentard, soudain inquiet. Est-ce que tu préférais quand j'avais l'apparence de "Steven"?
- Non! Bien au contraire. Ce que nous venons de partager était tellement mieux qu'hier. Et puis, ta voix est plus grave et veloutée, ton corps est plus musclé et puis tes gestes… m'ont fait si vibrer! Et puis, je peux maintenant l'avouer, j'ai toujours eu un énorme faible pour mon professeur de potions. Je voulais toujours faire de meilleures dissertations pour toi, les meilleures potions, pour un jour enfin attirer ton attention. Maintenant que je l'ai, alors non, ça ne me dérange pas du tout de ne plus revoir "Steven".
- Pourquoi sembles-tu mal à l'aise alors?
- Est-ce que je peux rester avec toi pour cette nuit? demanda-t-elle, toute timide.
- Pour cette nuit et pour le prochain siècle aussi, répondit-il, soulagé et voulant tester le sérieux des intentions d'Hermione.
- Seulement un siècle! Pourquoi pas plus? dit-elle malicieusement.
- Hé bien, c'est tout nouveau notre relation. Allons-y d'abord en douceur. On essaiera juste pour un siècle, et on avisera dans cent ans, lui répondit-il, espiègle et moqueur.
Satisfaite et comblée, elle nicha son nez dans le cou de Severus pour lui donner de doux baisers. Severus la sentit frissonner dans ses bras.
- Est-ce que tu as froid?
- C'est plutôt frisquet dans les cachots. De plus, je dors toujours avec un pyjama ou une nuisette. N'aurais-tu pas quelque chose à me prêter pour cette nuit?
Severus n'avait que ses immondes t-shirts pour dormir habituellement dans ses appartements. Pour rien au monde il ne voulait voir Hermione dedans. Il se leva, confus, quand il vit sa malle d'étudiant qu'il avait laissé au pied de son lit le matin même. Il put y récupérer un de ses fameux pyjamas de satin, son préféré, le vert forêt. Il remit la chemise à Hermione et lui-même enfila le pantalon. Puisque Malefoy possédait toujours leurs baguettes, il ne put ajuster le pantalon. Bien qu'étant un peu étroit, il serait quand même assez à l'aise pour dormir avec. De plus, il ne put rétrécir la chemise à la taille de sa belle lionne. Mais même si elle flottait à l'intérieur, elle n'en représentait pas moins une vision divine pour Severus. Les cheveux bruns bouclées cascadant sur ses épaules ainsi que la lueur des bougies miroitant sur le vert du satin, Hermione ressemblait à une déesse de la forêt.
Il revint se blottir contre elle. Puisqu'il était toujours torse nu, il pouvait sentir contre sa peau la douceur du satin combinée à la chaleur d'Hermione. Ce sera dorénavant et définitivement ainsi qu'il portera (ou plutôt partagera) ses pyjamas.
Curieux, Severus questionna sa belle sorcière tout en lui caressant le dos.
- Est-ce que tu savais ou te doutais que j'étais "Steven"?
- Je t'avoue qu'au début, je n'avais fait aucun rapprochement. Qui irait croire que du jour au lendemain, son professeur de potions se mettrait à déambuler dans les classes sous la forme d'un étudiant. À force de te parler quand tu venais faire tes devoirs le soir, je te trouvais de plus en plus de ressemblances. Mais encore là, pas assez pour éveiller des soupçons. C'est quelques temps après le défi du professeur Slughorn que j'ai commencé à avoir des doutes.
- J'avoue que c'était très mesquin de ma part de profiter de la situation.
- En plus que j'ai perdu une soirée à assister aux cours de rattrapage de Slughorn!
- Désolé, répondit piteusement Severus, se doutant combien devait être pénible de passer une soirée en compagnie d'Horace le bavard.
- Mais c'est grâce à cette soirée de rattrapage que j'ai réussi à découvrir qui tu étais. Durant toute la soirée, il n'arrêtait pas de louer les mérites de "Steven" et que dans sa carrière, il n'avait eu qu'un seul autre étudiant qui était aussi doué. Et il s'est mis à se vanter que c'était lui qui avait tout appris au maître des potions Severus Rogue.
- Pffff. Pas du tout. Il était bien trop occupé à récolter les ragots. Sans le vouloir, je crois bien qu'il a plutôt influencé le choix de carrière de Rita Skeeter!
Hermione pouffa à cette remarque. C'était bien la première fois qu'elle voyait Severus Rogue faire de l'humour!
- Quoi qu'il en soit, il a rajouté que "Steven" avait une certaine ressemblance avec le jeune Rogue et se demandait s'ils n'étaient pas reliés. C'est là que ça a vraiment piqué ma curiosité. Je suis donc allée dans une section de la bibliothèque que je n'avais jamais visitée, celle des livres des finissants. En trouvant ta photo d'étudiant, je suis restée estomaquée devant l'image. Identique en tous points à Steven. J'aurais tant voulu que tu me le confies, mais je ne savais pas comment aborder le sujet. Quand tu as repris ton rôle de professeur, je voulais te laisser l'opportunité de me le dire.
- Avoir su…
- Puisque tu ne m'avais rien dit, je doutais toujours que ce soit vraiment toi car je n'arrivais pas à comprendre pourquoi tu ferais une telle chose, prendre la forme d'un étudiant.
- La mission de Dumbledore.
- C'est quand tu me l'as dit qu'enfin tous les morceaux du puzzle se sont mis en place. Et quand tu m'as embrassée, c'était mon rêve le plus cher qui se réalisait. Avoir enfin à moi celui que je désirais le plus. J'en ai donc profité immédiatement pour t'attirer dans ma chambre, pour être certaine de t'avoir complètement!
- J'aime bien ce petit côté Serpentard chez toi.
- Mais j'aurais tellement voulu que tu te confies à moi, et non te voir reprendre ton apparence sous mes yeux à cause de Malefoy.
Severus serra un peu plus contre lui la lionne, dans une vague tentative de se faire pardonner, ce qui eu l'air de fonctionner.
- Mais Severus, qu'est-ce que Dumbledore va dire en apprenant pour nous deux? Risque-t-il d'interdire notre relation?
- J'avoue que l'avis du vieux barbu sénile m'importe peu. Et s'il le faut, je donnerais ma démission.
- Non, ne fais pas ça! Ne laisse pas tomber ta carrière pour moi!
- Sérieusement, entre passer les prochaines années à enseigner à des jeunes morveux, à frôler la crise d'hystérie à essayer de les protéger contre leur explosion de chaudron, à entendre les vieux professeurs conter encore et encore les mêmes vieilles histoires, comme de vieux gramophones qui sautent. Ou bien passer les prochaines années auprès de la sorcière la plus brillante, avoir des conversations enrichissantes et une intimité des plus passionnées. Hummm?
Hermione enlaça et se blottit encore plus près de Severus en lui murmurant un "je t'aime" au creux de l'oreille.
Severus se raidit sur le coup. C'était la première fois que quelqu'un lui disait qu'il l'aimait, lui, l'affreux bâtard des cachots. Sa lionne lui caressa le torse, au niveau du cœur, en le regardant tendrement.
- Tu sais, tu peux l'ouvrir, juste à moi. Je te promets de le chérir et que plus jamais il ne soit blessé.
Severus prit une grande inspiration avant de dire à son tour les simples, mais puissants trois petits mots : Je t'aime.
Son cœur se sentait déjà plus léger. Sa belle sorcière allait chercher le meilleur en lui, la partie qu'il avait jadis enfouie, cachée au plus profond de lui.
Il réalisa aussi que l'amour qu'il avait éprouvé pour Lily n'était pas véritable. En réalité, c'était l'idéal de l'amour qu'il s'était imaginé avec elle dont il était amoureux. Aimer, et surtout, être aimé en retour, c'était ça le véritable amour, c'est ce qu'il partageait avec Hermione, son âme sœur, la véritable amour de sa vie.
C'est en se sentant épanoui, avec au creux de ses bras sa belle lionne qui respirait paisiblement, que Severus s'endormit.
o-o-o-o-o-o-o-o-o
BANG! BANG! BANG!
Severus et Hermione se réveillèrent en sursaut en entendant les coups violents sur la porte de l'entrée des appartements du maître des potions. Par réflexe, Severus chercha sa baguette sous son oreiller, jusqu'à ce que son cerveau encore embrumé par le sommeil réalise qu'elle était toujours entre les mains de Malefoy.
En regardant son cadran, Severus vit qu'il était déjà sept heures du matin. Mais qui pouvait bien venir le déranger si tôt? Quand les coups à la porte redoublèrent d'intensité, il réalisa que ce n'était pas une simple visite de courtoisie qu'il recevait.
Il prit un candélabre en fer forgé sur sa table de chevet. À défaut de pouvoir utiliser sa baguette, il pourrait au moins tenter d'assommer l'assaillant qui se trouvait de l'autre bord de sa porte d'entrée. Il demanda à Hermione de rester cachée dans la chambre.
C'est donc avec seulement son pantalon de pyjama, candélabre à la main, qu'il traversa son salon sur la pointe des pieds. Tant qu'à ne pas avoir sa baguette, il aurait au moins l'avantage d'un effet de surprise. Il ouvrit donc sa porte à la volée pour se retrouver nez à nez avec Malefoy qui le menaçait … avec SA propre baguette!
