Rating : PG-13 pour ce chapitre, NC-17 pour la fic.

Disclaimer : Masami Kurumada, Toei Animation.

Remarque : Suite directe du chapitre précédent, ça peut être utile de le relire si le souvenir en est un peu loin (ça m'apprendra à être plus rapide !)

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Chapitre 8 : Les Restes du Jour (1)

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Ce devait bien être le 385ème plan que Saga des Gémeaux mettait sur pied pour parvenir jusqu'à ceux, particulièrement propres et saints, de Shaka de la Vierge.

Il avait compté, cette fois-ci, sur le fumet délicieux qui s'exhalait de la maison du Taureau… Shaka prenait des cours de cuisine ? Cela tombait bien, il avait un petit creux !

« Bonsoir Shaka, tu es… si élégant avec ce tablier blanc à volants sur ta robe bleue. Hum et c'est amusant, mais tu me fais penser à quelqu'un comme ça, mais je n'arrive pas à me souvenir qui. »

Saga se concentra et chercha dans sa mémoire. Mais quand il réalisa que c'était Alice aux pays des merveilles, il préféra garder ça pour lui.

« Saga, tu tombes bien », dit Aldébaran. « Nous avions besoin d'un goûteur pour notre bourguignon. »

« Je serais ravi de tester votre cuisine », répondit le Grec.

« Va t'installer dans le salon », déclara Shaka avec noblesse. « Nous vérifions la cuisson des carottes. »

Saga partit s'installer sur la méridienne en osier, appréciant du regard l'élégante symétrie avec laquelle l'Indien dressait le couvert. Et tandis qu'il patientait, son regard tomba sur une lettre ouverte qui traînait sur un coin de la table basse – les mots qui accrochèrent son regard lui indiquèrent que c'était une lettre d'amour qu'on avait envoyée à Aldébaran. Ne pouvant alors contenir sa curiosité (ou plutôt ne pouvant contenir la curiosité de sa face sombre), il la saisit et commença à lire.

« Hé bien Aldébaran, je ne savais pas que tu avais une petite amie ! »

« De quoi parles-tu ? », demanda le Taureau en cessant de remuer le bourguignon.

« Aldébaran », lut Saga à voix haute, « si tu savais à quel point tu me manques. Vois-tu c'est difficile de tromper la vigilance de mon imbécile de frère pour sortir la nuit. Il se prend pour mon père, ou je ne sais quoi d'autre du même type. En plus il ne sait pas cuisiner, les autres l'ont toujours fait pour lui. Mais ne parlons plus de lui. J'aimerais être avec toi dans ton temple, et que tu visites le mien, comme tu sais si bien le faire. J'ai envie de sentir sous ma main tes muscles puissants, et puis surtout que tu me mettes ton gros gourdin là où je pense. »

Saga ouvrit des yeux gros comme des assiettes. Shaka haussa un sourcil. Aldébaran, pressentant l'ouragan de l'ire fraternelle, se cacha derrière le plan de travail.

« Pourquoi un gros gourdin ? », demanda Shaka, intrigué.

« Non mais t'as pas honte espèce de pervers ! », hurla Saga.

« C'était juste une question », répondit Shaka.

« Je parle à Aldébaran ! Coucher avec Shun non mais t'as quoi dans la cervelle ! »

Aldébaran sortit de derrière le bar.

« Mais je ne couche pas avec Shun ! »

« C'est étrange cette histoire de gourdin », poursuivit Shaka, « on dirait le supplice du pal. Pourtant il s'agit plutôt d'une torture, que j'inflige d'ailleurs parmi d'autres tourments infernaux à ceux que j'envoie dans les Six Mondes. Cela dit, il est vrai que j'éprouve une certaine satisfaction à l'infliger, mais la réciproque ne doit pas être vraie. »

« Menteur », répondit Saga. « Cette lettre le prouve ! »

Aldébaran devint rouge de colère.

« Jamais je ne sortirais avec Shun ! Et Shaka, y'a pas qu'en cuisine que t'es ignorant ! Et ton sadisme, ça cache quelque chose ! »

« Tu crois ? »

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« Tu te moques de moi », reprit Ikki en désignant ses cheveux décolorés, « mais toi aussi tu es drôlement pomponnée. »

« C'est Aphrodite qui a insisté pour que je me mette en jupe », répondit Shaina.

« Encore lui… Ceci dit… »

Le Japonais posa un regard mi-clos un rien graveleux sur les jambes nues de la femme-chevalier.

« Ça te va mieux que le pantalon, c'est certain. »

« Il y en a qui me trouvent très bien en pantalon », répliqua-t-elle sèchement.

« Qui ça ? »

« Ça ne te regarde pas. »

Les minutes s'écoulèrent, meublées par la musique traditionnelle grecque qui tournait en boucle.

« Hum, Ikki, tu n'as pas l'air très heureux d'être ici. »

« C'est pourtant le cas. »

Les sourcils récemment épilés d'Ikki s'étaient plissés au-dessus de ses yeux fermés, ce qui n'avait plus vraiment l'effet recherché ; l'air sépulcral, il entreprit de vider le bol de noix.

« Je suis en manque de femmes », expliqua-t-il.

« Pourquoi me dis-tu ça ? », s'enquit froidement la femme-chevalier.

« Tu es célibataire, non ? »

Shaina hésita avant de répondre.

« Oui. »

« Aphrodite n'a peut-être pas eu une mauvaise idée, après tout... » Le visage plein d'ombre, Ikki posa sa main gauche sur l'épaule de l'Italienne. « Toi et moi, nous pourrions… Nous réchauffer mutuellement dans ma caravane, si tu vois ce que je veux dire. »

Les ongles de Shaina, d'un clic, s'allongèrent sous le bar.

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Aiolia était rentré de l'auberge sans se douter que la traversée de la première maison allait se trouver plus risquée que prévue : le chevalier du bélier l'attendait sur le parvis, l'or étincelant sur ses cornes.

"Salut Mû, ça va ?"

Un regard noir sous une arcade sourcilière imberbe mais froncée lui fit comprendre que non, ça n'allait pas du tout.

"T'as pas l'air dans ton assiette..."

"Aiolia, tu te fiches de moi ?"

Un premier direct aboutit dans la joue droite du Lion.

"Ouais vas-y Maître !", appréciaient Kiki et Coco, assis sur une colonne décapitée.

"Bon Dieu mais qu'est-ce qui t'prends ?", hurla Aiolia.

"Alors comme ça tu avais un rendez-vous avec Shaina ? Je n'aime pas les lâches qui essayent de voler la femme des autres. Et tu ne sais pas à qui tu as affaire."

"Quoi ? Mais pas du tout ! Et pourquoi voler ? Depuis quand tu sors avec elle ?"

"Je ne te parle pas de moi !", répondit Mû, et la terreur se lisait dans ses yeux.

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"Un appel pour vous M. Milo. De la France."

Le chevalier avait quitté sa maison pour monter jusqu'au palais du pope. Il prit le combiné que lui tendait le domestique.

"Allo ?

"Milo ? C'est Stéphane."

Le Scorpion eut un sourire torve. Il murmura :" Stéphane ? Alors, comment ça se passe, Chez Tonton ?"

On entendait les bruits de verres, de voix, de percolateur et de voitures propres à tout bistrot parisien.

"Ce n'est pas drôle, ici c'est l'horreur."

Camus s'était caché dans le coin sombre près du combiné, revêtu du noble costume sartrien du Garçon de café.

"Attends, c'est toi qui as tenu à venir faire tes études en France, Marie Curie", répondit sombrement Milo.

"Pss, avec le loyer à payer c'est un miracle si j'arrive à avoir mon deug !"

Une troisième voix se fit alors entendre.

"Hé l'Stéphanou, j'te paye pas sept francs de l'heure pour qu'tu téléphones à ta manman ! Alors tu vas courir à la table 27 et plus vite que ça !"

La communication fut coupée. Qu'allait-il advenir de Stéphane Camus dans son exil parisien ? Milo décidait de lui envoyer un mandat quand deux silhouettes familières traversèrent la grande salle papale. L'une était haute et majestueuse, avec ses cheveux verts sauvages et ce qu'on pourrait qualifier d'arrogance virile ; l'autre était plus petite et trapue, mais non moins musclée et dans ses yeux se lisait une sagesse paisible.

"Bonjour", fit Milo à Shion et Dokho.

"Bonjour. Nous allons jouer aux échecs tous les deux", répondit Shion. "ça t'intéresse ?"

"Oh c'est gentil, mais j'ai des choses à faire tout de suite."

Avec tout le respect que le Scorpion avait pour eux, il ne se sentait pas seul au point d'entrer dans leur club Carte Vermeil. A croire que les deux Ancêtres passaient leur temps à boire du thé autour d'un jeu de go.

"Tant pis. Alors à demain, peut-être !"

Les deux camarades s'éloignèrent.

"Alors mon vieil ami", demanda Dokho, "la cohabitation chez Mû se passe bien ?"

"Disons que Kiki est parfois pénible, quant à Mû..."

"ça ne le dérange pas que tu t'envoies en l'air avec Shaina tous les soirs ?", demanda Dokho plus directement.

"On ne fait pas tant de bruit que ça."

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à suivre

(1) Et leur Saga de l'été !

Oui je sais c'est de pire en pire.