Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Rating : T (pour le moment…)
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes : Le quatrième chapitre – avec un titre un tout petit peu révélateur. Mais seulement, l'un des deux personnages ira t-il jusqu'à tenter ce qu'ils ont tout deux envie ? Merci à celles et ceux qui suivent cette histoire… Les choses avancent… Progressivement… Les commentaires sont toujours les bienvenus, positifs ou négatifs. Je suis content de voir que cette histoire est en train de plaire à de plus en plus de personnes (filles et garçons...).
Chapitre 4 – Tu préfères le canapé ou bien ma chambre ?
Quelques jours après son week-end en Irlande en compagnie de Fleur, Cédric avait repris des activités normales pour tout étudiant en vacances : ne rien faire. Fleur s'était inscrite dans une troupe de théâtre estivale afin de rencontrer de nouvelles rencontres. N'étant sur Londres que depuis peu, elle n'avait pas tellement d'amis. Il y avait Cédric bien sûr, mais elle avait aussi besoin de passer du temps avec d'autres filles. Après une après midi shopping ou de répétitions, elle rentrait fatiguée, des tas d'histoires à raconter avant de se brancher sur son ordinateur pour converser au minimum une heure avec sa petite sœur, Gabrielle.
Par moment, Cédric l'enviait. Elle avait la chance d'avoir une petite sœur, lui aussi aurait aimé avoir un frère par exemple, dont il aurait pu s'occuper ou avec qui il aurait pu passer du temps.
Pendant que Fleur sortait, Cédric restait toute la journée à l'appartement à lire ou à regarder des séries qu'il venait de télécharger. Lui non plus ne connaissait pas grand monde à Londres, et contrairement à Fleur, il appréhendait les nouvelles rencontres. Par moment, lorsqu'il tombait sur une publicité annonçant un match de foot ou sur un magazine qui parlait de ce sport, Cédric repensait à Viktor et à cette courte rencontre
Même s'il se forçait à y penser le moins possible, il lui arrivait de se demander s'il était retourné en Bulgarie et ce qu'il avait fait par la suite. Il se demandait aussi pourquoi il ne l'avait pas rejoint après la conférence de presse.
Lorsque son téléphone vibrait lui annonçant un nouveau message, il se précipitait dessus pensant recevoir des nouvelles du sportif. Mais ce n'était souvent que ses parents ou des amis d'enfance.
Un soir, alors qu'il était en train de regarder la dernière saison de la série Lost, Cédric sentit vibrer son portable dans sa poche arrière de son jean. Il mit en pause le lecteur de vidéo, déplaça son ordinateur portable sur son lit et sortit son téléphone. Il s'agissait d'un numéro qu'il ne connaissait pas.
« Bonjour Cédric. Je serais de passage à Londres demain. Je resterais quelques jours. Viktor. »
Il était tout aussi bref par message que face à face. Quoi qu'il en soit, Cédric était ravit d'enfin recevoir des nouvelles du grand brun. Il s'empressa de lui répondre en lui indiquant son adresse dans le message et en précisant.
« Ne réserve pas d'hôtel, tu dormiras chez nous. Je dois encore te remercier. »
Cédric faisait notamment référence au déjeuner, l'hébergement et surtout, le contact que lui avait permis Viktor avec Amanda Lovegood, du Chicaneur, un grand magazine anglais. D'ailleurs, il réalisa qu'il n'avait toujours pas contacté cette femme pour prendre rendez vous. Il se promit de le faire du lendemain. Quelques minutes plus tard, Cédric reçut un nouveau message.
« Merci à toi. Salue Fleur pour moi. »
Le jeune anglais eut beaucoup de mal à se concentrer à nouveau sur l'épisode qu'il était en train de regarder. Si bien qu'il ne comprenait pas pourquoi le personnage de Sun, la coréenne, avait perdu l'usage de parler anglais. Il décida d'arrêter son visionnage et de reprendre plus tard..
Il sortit de son lit et se dirigea dans la salle de bain afin de prendre une douche. Fleur n'était pas encore rentrée de son rendez-vous. Elle avait sympathisé avec un garçon visiblement. Cédric ne l'avait toujours pas vu, mais elle l'avait décrit comme un grand roux à long cheveux, avec une boucle d'oreille et habillé d'une façon rebelle. Il se doutait qu'elle finirait bien par l'amener jusqu'à l'appartement tôt ou tard si cela devenait sérieux.
Dans la salle de bain, Cédric referma la porte et mit le verrou de sécurité. Si Fleur rentrait, elle aurait bien l'idée de passer par la salle de bain, et il ne souhaitait absolument pas que la jeune française le découvre dans son plus simple appareil.
Après s'être déshabillé, il enclencha la douche et attendit que l'eau devienne tiède avant d'y entrer. Heureusement pour eux, la douche était grande (il s'agissait en réalité d'une baignoire). Il tira sur le rideau de douche et laissa l'eau couler. Il se plaça en dessous du jet et commença à se laisser mouiller tout en se frottant le visage et les cheveux.
Il repensa bêtement au rêve qu'il avait fait la nuit ou il avait dormi dans la chambre de Viktor. Il n'avait plus fait un tel rêve depuis cette nuit là. Et rien que d'y penser, il se mit soudainement à avoir plus chaud qu'il ne l'aurait dû sous la douche.
Son sexe commençait à se soulever, et bientôt, il était en pleine érection. Il réalisa que c'était de penser à ce rêve érotique – dans lequel il était nu en compagnie de Viktor – qui l'avait mis dans de pareils états.
Il posa sa main sur son engin, afin de le frotter et se décida alors à se satisfaire de lui même, tout en continuant à penser à son rêve. Il n'y avait rien d'anormal là dedans, ce n'était pas bizarre songea t-il. Ce n'est pas comme s'il allait réellement passer à l'action avec Viktor ou faire quelque chose de moralement dégoûtant. Il se masturbait, simplement, et c'était normal de penser à… Viktor. Alors qu'il approchait la jouissance, il réalisa que jamais il n'avait était aussi secoué de spasmes qu'à cet instant. Pas même lorsqu'il eut sa première relation avec Cho. Certes, c'était un désastre et il n'avait ressentit aucun plaisir.
L'anglais tenta de reprendre son souffle alors qu'il passait sa main et son sexe sous l'eau afin de se nettoyer… Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Qu'est-ce que ça allait être quand la version réelle de Viktor Krum serait dans l'appartement ? Il avait peut-être eu tord de lui proposer de venir loger chez lui le temps de son séjour.
Des bruits dans le hall de l'appartement lui firent comprendre que Fleur était de retour. Il termina de prendre sa douche, s'habilla et sortit de la salle de bain. La jeune française avait du passer une très bonne soirée.
Elle fit la bise à son colocataire avant d'enlever sa veste et de tomber dans le canapé, laissant son sac à main sur la table basse.
- Bill est incroyable ! Il m'a emmené voir un concert – un étrange groupe de musique je dois dire – mais qu'est-ce qu'il est drôle. Surtout quand on sait qu'il travaille dans une banque, c'est amusant pas vrai ?
Cédric avait prit place sur le rebord du canapé. Fleur posa sa tête sur le bras du jeune homme et lui demanda :
- Et toi ? Les survivants de Lost ont quitté leur île ?
- Pas encore. J'ai encore une dizaine d'épisodes à voir avant la fin de la saison.
Cédric s'arrêta tandis que Fleur s'emparait de la télécommande pour allumer la télévision. L'anglais lui annonça :
- Viktor arrive demain. Ca ne t'embête pas s'il dort ici ?
Fleur semblait ravit d'apprendre cette bonne nouvelle et s'exclama :
- C'est formidable ! Bill ne me croyait pas quand je lui ai raconté notre week-end avec Viktor.
- Je ne suis pas sûr que Viktor apprécie que tu dévoiles tous les détails à toute la population de Londres.
Fleur le regarda vexée :
- Ne dis pas de bêtises. Bill n'ira pas le crier sur tous les toits enfin. On devrait peut-être penser à débarrasser un peu. Qu'est-ce que nous allons lui faire à manger ?
- Doucement. Ce n'est pas la Reine d'Angleterre qui débarque.
- Tu as raison, dit-elle en se levant pour se calmer. Cette journée était épuisante. Tu penses qu'il sera encore là pour voir notre pièce à la fin du mois ?
- Je doute qu'il reste aussi longtemps, ajouta Cédric en éteignant la télévision que Fleur avait allumé pour rien.
La jeune fille se dirigea vers le frigo, sortit une briquette de jus d'orange et se remplit un verre avant de ranger la briquette.
- A toi de lui donner une bonne raison de rester…
Là encore, il aurait parié qu'elle émettait plus d'un sous-entendu dans sa phrase. Il la regarda boire son verre de jus d'orange et se mit à rire :
- Si tu me disais clairement à quoi tu penses ?
Elle rangea son verre vide dans le lave vaisselle et se dirigea vers la porte de sa chambre.
- Tu as fait de nouveaux rêves depuis samedi dernier ?
Là, Cédric savait très bien qu'elle faisait allusion à son tout premier rêve érotique, dont il avait fait la bêtise de lui en parler. Cédric détestait mentir. Aussi, il ne voulait pas lui dire non. Mais en même temps, s'il lui parlait de ce second rêve, qui sait ce que Fleur aurait été capable de dire ou de faire en présence de Viktor.
- Bonne nuit Fleur, lui dit-il en se dirigeant vers sa chambre.
Alors qu'il rentrait dans sa chambre et qu'il refermait la porte, il entendit Fleur rire en criant une chose du genre « Je m'en doutais ».
L'anglais ne voulait pas y prêter attention. Il préféra se coucher et s'endormir le plus rapidement possible. Mais à l'idée de voir Viktor le lendemain, il ne fit que s'agiter toute la nuit. Il s'endormit trois heures plus tard, fatigué.
Cédric avait oublié de fermer ses volets la veille au soir. Si bien que le lendemain matin, les premiers rayons du soleil passèrent par sa fenêtre et le réveillèrent. Il émergea difficilement de son lit, ne se sentant pas reposé du tout, et passa par la case toilettes et salle de bain.
Fleur devait encore dormir. Il s'empressa de déjeuner – des œufs, du bacon et du jus d'orange – avant de se souvenir de sa promesse. Il devait impérativement contacter Amanda Lovegood. Il retourna dans sa chambre, récupéra la carte de la journaliste qu'il avait déposé sur son bureau avec celle de Viktor, et prit son téléphone.
Il était plus de 8h00 et espérait ne pas la déranger de si bonne heure. A l'autre bout du fil, quelqu'un décrocha presque aussitôt :
- Amanda Lovegood, j'écoute.
- Bonjour, commença timidement l'anglais, ici Cédric Diggory. Je vous ai rencontré dimanche dernier à la conférence de presse…
- L'étudiant en journalisme ? s'exclama ravit son interlocutrice. Je me souviens très bien. Vous êtes matinal !
Cédric ne sut quoi répondre, ne sachant pas si c'était une critique ou non.
- Je plaisante, c'est une qualité d'être du matin. J'imagine que mon offre vous intéresse ?
L'étudiant lui indiqua qu'en effet, il était plus qu'intéressé, et commença à se vendre le mieux possible. La journaliste semblait apprécier le jeune homme et convint d'un rendez-vous le lundi suivant à son bureau. Après l'avoir remerciée plus que nécessaire, Cédric raccrocha, satisfait de lui même.
La journée commençait plutôt bien. Cédric en aurait presque oublié l'arrivée prochaine de Viktor.
Le reste de la matinée, Cédric décida de faire quelques courses. Non pas que le frigo soit vide, mais Cédric était prévoyant et aimait pouvoir faire face à toutes sortes de situations. A son retour, Fleur était en train de préparer le déjeuner. Alors qu'ils étaient en train de remplir le lave vaisselle, la jeune femme lui demanda :
- Tu penses que je pourrais inviter Bill un soir de la semaine ? Je suis sur qu'il aimerait rencontrer Viktor.
- Tu ne vas pas faire défiler tous les gens que tu connais chaque soir pas vrai ?
- Juste Bill, supplia presque Fleur de son beau regard bleu.
Elle savait vraiment y faire avec lui. Malheureusement, Cédric restait un homme faible et ne savait pas résister bien longtemps devant Fleur.
Lorsque celle-ci avait proposé sa candidature pour la colocation, personne n'avait trouvée l'idée excellente. Ni les Diggory, ni les Delacour, ni Cédric. La raison pour laquelle il cherchait à avoir un colocataire masculin était toute simple : si c'était une fille, il y avait des risques qu'ils entament une histoire et que ça finisse mal. Surtout que chacun des Diggory était d'accord pour affirmer que Fleur était très belle. Le jeune étudiant lui même le reconnaissait.
Mais Fleur parvint rapidement à se faire accepter. Elle même trouvait que Cédric était plutôt séduisant, mais l'appartement était tellement beau et si bien situé qu'elle fit tout pour être acceptée comme colocataire.
Rapidement, les deux jeunes gens constatèrent qu'au delà du physique, leurs deux caractères ne pouvaient pas s'accorder dans une relation amoureuse. D'emblée, ils avaient pris la décision de se considérer plus comme des frères et sœurs, pour éviter toute ambiguïté.
Viktor Krum était impatient de se retrouver chez Cédric et Fleur. Il se sentait un peu honteux de ne pas leur avoir dit au revoir, quelques jours auparavant en Irlande. De plus, il pensait qu'une petite coupure loin du sport lui ferait le plus grand bien. Karkaroff n'était pas d'accord, rien d'étonnant là dedans. Le dimanche de la conférence de presse, Karkaroff l'avait amené à l'écart des joueurs et de la foule dans une pièce individuelle pour qu'il puisse se faire prendre en photo par les journalistes du Chicaneur. Karkaroff faisait tout pour que la vedette de son équipe soit le plus possible – et à son avantage – dans les magazines.
Alors que Viktor avait consenti a poser pour une série de photos, il avait indiqué à Amanda Lovegood – une des rares journalistes qu'il appréciait – qu'un de ses amis voulant étudier le journalisme se trouvait dans la salle.
Aussitôt, Amanda proposa de le rencontrer, étant toujours à la recherche de nouveaux stagiaires. Viktor avait espéré qu'une fois les photos terminées, il pourrait retrouver Cédric – et Fleur – avant qu'ils ne repartent, mais la séance s'éternisa Viktor était prêt à parier que Karkaroff n'était pas indifférent à tout ça.
Il réussit cependant à s'éclipser deux minutes pour faire venir une voiture jusqu'à l'hôtel afin de les déposer jusqu'à la gare.
En fin d'après-midi, Karkaroff fit prendre l'avion à ses protégés pour retourner en Bulgarie se reposer quelques jours. Leur prochain match aurait lieu en Angleterre deux semaines plus tard.
Le coach sportif souhaitait que l'équipe s'entraîne directement sur place et avait prévu de les faire repartir jusqu'en Angleterre le week-end qui suivrait. Mais s'ennuyant fermement, seul dans son appartement, Viktor décida de lui même de partir avec un peu d'avance.
Aussi, il envoya un message par texto à Cédric pour être sûr que cela ne leur poserait aucun problème – ni à lui, ni à Fleur – de l'héberger quelques jours. Sachant que Karkaroff désapprouverait cette idée, il ne lui laissa un message seulement lorsqu'il arriva à l'aéroport. Il appréciait beaucoup le coach et ses conseils, mais par moment, il avait l'impression qu'il le couvait un peu trop. Viktor restait un être humain avant tout, pas une machine comme semblait le supposer tout son entourage.
Le mercredi, il arriva à l'aéroport à midi. Il appela un taxi à qu'il donna l'adresse de l'appartement de ses amis – au centre de Londres. C'est ainsi qu'il arriva – avec beaucoup de mal à cause de la circulation – jusqu'au pied de l'immeuble.
Il prit sa valise dans le coffre du taxi, régla la course avant de se diriger vers le hall de l'immeuble. Il y avait quatre noms inscrit sur les différentes sonnettes. L'appartement numéro 4 correspondait à Diggory – Delacour.
Cédric et Fleur étaient devant la télévision lorsque l'interphone retentit. Fleur s'empressa de se lever – sachant très bien qu'il s'agissait de Viktor – pour lui ouvrir en lui indiquant que c'était l'appartement du dernier étage.
Elle ouvrit la porte d'entrée et attendit sur le porche l'arrivée de Viktor.
Ce dernier ne passait pas inaperçu. A chaque pas dans l'escalier, on l'entendait, tout comme son énorme valise. Fort heureusement, c'était l'après-midi et aucun voisin n'irait se plaindre du bruit.
Après être passé devant le premier étage ou se situait trois des appartements, il arriva au dernier étage ou Fleur et Cédric vivaient seuls.
Les deux colocataires possédait un appartement de plus de 80 m², chose qu'ils pouvaient se permettre grâce à la générosité de leurs parents. Il était sans conteste le plus grand de l'immeuble.
- Viktor !
Lorsqu'il arriva face à elle, Fleur se jeta presque au cou du sportif, en lui faisant la bise, une sur chaque joue. Elle était semble t-il plus que ravie de le voir.
- Découvre toi un peu, il y a du soleil à Londres tu sais ?
Comme à son habitude, Viktor était bien couvert. Un manteau et un chapeau. Cédric songea qu'il était charmant dans cette tenue, avant de reprendre ses esprits et de se diriger à son tour vers la porte.
Alors qu'il était resté égal à lui même face à Fleur, il adressa un léger sourire envers le jeune britannique. Toujours ce sourire que Cédric ne s'expliquait pas et qui le faisait également sourire.
Viktor fit une chose qui étonna Cédric. Il lui fit la bise également. Le blond y répondit bien volontiers – feignant de ne pas être surpris. Le jeune anglais n'était pas très tactile et démontrait très rarement des signes d'affection – au contraire de Fleur. Cédric aurait pensé que Viktor était comme lui, mais visiblement non.
Fleur qui refermait la porte s'empressa de prendre le manteau et le bonnet de son ami en lui indiquant de s'installer.
Alors que Viktor prenait place dans un petit fauteuil, Cédric resta debout à côté du canapé. Les deux garçons se regardèrent – sans rien dire – tandis que Fleur était en cuisine à préparer sur un grand plateau du thé glacé.
Cédric finit par regarder ses pieds, n'arrivant plus à tenir face au regard perçant du bulgare. Ce dernier ne souriait pas mais… Ses yeux, on aurait dit que ses yeux souriaient.
Le silence fut interrompu par le retour de Fleur qui posa le plateau sur la table basse et se mit à servir trois grands verres de thé glacé.
- J'espère que tu n'as rien contre le thé ? Avant de finir ici, je n'en buvais pas, mais maintenant, j'en raffole !
- C'est parfait.
La situation était assez comique. Qui aurait pensé que Viktor Krum, sportif célèbre, puisse se nouer d'amitiés avec de jeunes gens rencontrés par hasard dans la rue.
- Cédric ne t'a pas encore dit la bonne nouvelle ? Il a décroché un entretien grâce à toi avec l'épouse du rédacteur en chef du Chicaneur.
Fleur était très fière de ses réussites, mais d'avantage de celles de ses amis. Cela se sentait dans sa voix. Son côté arrogant en ressortait d'avantage.
- Merci à toi, bafouilla t-il à l'attention de Viktor avant de boire une grande gorgée de son verre.
- Je n'ai pas fait grrrand chose.
Son accent. Il n'avait pas changé songea Cédric.
- Je me suis toujourrrs trrrrès bien entendu avec les Lovegood. Ils ne s'intérrrressent qu'à mes exploits sporrrrtifs, pas à ma vie prrrivée.
Viktor expliqua alors qu'il connaissait le couple depuis près d'un an. Xenophilius, le rédacteur en chef, avait perdu sa première épouse cinq ans plus tôt. Leur fille de 14 ans – âgée à l'époque de 9 ans – avait assisté à son assassinat dans un métro londonien. Il s'était remarié avec Amanda trois ans auparavant. Elle semblait, d'après ce que Viktor en disait, s'occuper à merveille de la jeune Luna Lovegood.
Et comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des années, les trois amis enchaînèrent les discussions sur à peu près tout et rien. Viktor présenta ses excuses pour ne pas leur avoir dit au revoir, en expliquant la séance photos. Il leur parla brièvement de son prochain match, dans dix jours.
- Tu nous laisseras y assister ? demanda Fleur, toujours souriante.
- Je crrroyais que tu n'aimais pas le foot, fit remarquer Viktor.
- Moi je n'aime pas, mais je fréquente un garçon qui adore ça. Je crois que je tiens suffisamment à lui pour l'accompagner.
- Je pensais que tu viendrais plutôt pour me voir jouer moi, répondit Viktor en riant.
Il était très rare de l'entendre rire, et le son que sa voix rauque émettait en riant rendit Cédric dans un drôle d'état. Il essaya de le dissimuler en se mettant aux rires des deux autres.
- Cédric te servira de supporter fidèle. Je suis sûr qu'il ira même jusqu'à porter une pancarte ou une banderole.
- Hors de question.
L'anglais ne souhaitait pas se ridiculiser dans des tribunes devant des centaines de personnes.
- Si vous tenez vrrrraiment à venirrrr, je peux vous obtenirrrr trrrrois places dans le carrrré V.I.P.
Fleur fut enchantée de la proposition, contrairement à Cédric :
- Tu ne nous dois rien, précisa t-il, bien au contraire.
- Pour vous rrrremerrrcier de l'héberrrrgement.
Cédric savait qu'il ne pouvait pas refuser, Fleur était déjà toute excitée à l'idée d'en parler à Bill. Aussitôt, elle expliqua à Viktor que Bill était son banquier et qu'il participait également à une troupe de théâtre qui montait une pièce de théâtre. Elle raconta dans les moindres détails l'histoire de cette pièce – Le Magicien d'Oz.
Aucun des trois ne se rendit compte à quel point l'après midi venait de défiler.
- Je dois retrouver Bill à la répétition, annonça Fleur un peu avant 17h00, on passe vous chercher en voiture vers 19h30 ?
- Peut-être que Viktor souhaite ne pas bouger ce soir.
Fleur se retourna vers lui pour lui faire part du programme qu'elle avait prévu :
- Bill a réservé dans un petit restaurant français, à 20h00. Ensuite nous pourrions aller à la séance du cinéma à 22h00. C'est un film fantastique.
- Trrrès bonne idée Fleurrr.
Enchantée que cela lui plaise, Fleur se précipita de prendre ses affaires et de filer en toute hâte de l'appartement, laissant Cédric et Viktor seul à seul.
- Tu préfères dormir sur le canapé ou bien dans ma chambre ? demanda Cédric qui était en train de ramener la valise du bulgare dans sa chambre.
Intérieurement, Cédric espérait que Viktor choisirait sa chambre, mais il savait qu'il valait peut-être mieux qu'il prenne le canapé.
- Si tu n'as pas peurrr que je t'écrrrase en dorrrrmant, je peux dorrrmir dans ta chambrrre.
La remarque fit rire Cédric. C'est vrai que Viktor – étant fort et musclé – aurait pu l'écraser s'il en était venu à se retourner contre lui. Mais Cédric s'amusa à imaginer comment il réagirait si Viktor se retrouvait au dessus de lui, en train de dormir.
- Suis-moi, que je te montre notre chambre.
Viktor souriait. Encore. Cédric s'empêcha de songer au rêve qui le perturbait depuis quelques jours.
Le sportif pénétra dans la chambre de son ami et regarda autour de lui. Le grand lit de deux places était disposé au fond de la pièce, avec des couvertures bleu. Il y avait un ordinateur portable sur un bureau, une pile de dvd et de livres sur différentes étagères, une garde robe, quelques cadres comportant des photos. Le tout, impeccablement rangé.
- Ma chambrrrre n'est pas aussi bien rrrrangée que la tienne.
Cédric posa la valise de Viktor à côté de la garde robe, mais la valise tomba. Le bulgare s'approcha de lui, pour l'aider. Les deux garçons se retrouvaient maintenant proche l'un de l'autre. Ils étaient tous les deux accroupis, tenant la valise d'un côté. Seul, quelques centimètres séparaient leurs deux visages lorsqu'ils se regardèrent.
- Désolé, murmura Cédric qui s'excusait d'avoir laissé tomber la valise.
- C'est moi. J'aurrrais du t'aider.
Ils restèrent là plusieurs secondes, à se regarder les yeux dans les yeux. Chacun pensant à la même chose, sans oser l'exprimer ou faire quoi que ce soit.
Cédric pensait à son rêve, à l'envie qu'il avait de franchir cette barrière, les centimètres qui séparaient sa bouche de la sienne. Il avait plongé son regard dans ses yeux foncés et profond qui exprimaient quelque chose qu'il n'avait jamais vu dans les yeux d'une autre personne.
Viktor avait les poils qui se dressaient, ressentant une certaine gêne – une certaine chaleur – se demandant s'il devait oser faire l'impensable. Mais Cédric lui en voudrait certainement s'il se permettait d'aller aussi loin, de l'embrasser. Afin de rompre ce moment – intense – mais dangereux, Viktor se releva :
- Je devrais prendre une douche avant de partir.
Cédric acquiesça en se relevant. Il se sentait bête. Il n'avait pas su saisir l'occasion qui s'était présentée à lui. S'il avait osé franchir le pas, il se serait rendu compte qu'en réalité, il n'en avait pas envie. Tout ça était dû à un rêve que n'importe qui aurait pu faire.
L'anglais décida de montrer la salle de bain au bulgare.
