Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Bêta-lectrice : dobbymcl
Rating : T (pour le moment…)
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes : J'en suis déjà au chapitre 6… Je suis content de mon avancée. Bon, choses sérieuses oblige, la fin du chapitre révèle un événement qui va faire un peu bousculer tout ce petit monde. Jusqu'à présent je voulais poser les personnages (ce qui est fait), établir une certaine attirance entre nos deux amis… Maintenant, on va essayer d'avancer. Une très bonne lecture à vous ! (Vous verrez que tous les personnages, aussi secondaires soient-ils, sont tous issus de l'univers d'Harry Potter.). Une fois encore, n'hésitez pas les commentaires ! ça touche toujours autant ^^
Chapitre 6 – « J'ai envie de toi »
Au volant de sa voiture, Bill Weasley était en train de parcourir les rues de Londres. Nous étions mercredi soir et la circulation était beaucoup moins affluente que lors des week-ends. Le grand rouquin roulait depuis déjà près de vingt minutes lorsqu'une voix féminine – assise sur le côté passager – lui indiqua :
- A l'allure où tu roules, nous n'arriverons jamais à temps.
C'était Fleur Delacour qui lui fit ce reproche. Elle s'était occupée des réservations la veille. Pour faire honneur à son pays, elle avait choisi un restaurant typiquement français, pouvant ainsi faire découvrir sa culture à ses amis.
Car même si Fleur était sa petite-amie depuis quelques jours, ce n'était pas du tout un rendez-vous romantique. Elle avait emmené avec eux son colocataire – Cédric, une couverture de magazine ambulante, avec ses cheveux blonds en pagailles, ses yeux noisettes et son allure BCBG – ainsi qu'un ami qu'elle s'était fait récemment – Viktor, un grand brun baraqué, très connu pour ses prodiges dans son équipe de foot en Bulgarie.
- Regarde, tu viens de manquer une place juste là !
Fleur se plaignait à nouveau de Bill. Sur le siège arrière, Cédric et Viktor pensèrent au même instant qu'il faudrait beaucoup de courage à Bill s'il souhaitait continuer cette relation avec la jeune femme.
- Le restaurant est encore à cinq minutes de là. Avec tes chaussures, tu n'aurais pas tenu.
Comme à son habitude, Fleur aimait être jolie. Aussi, ses hauts talons rouges qui se mariaient très bien avec sa robe bordeaux, étaient plus esthétiques que pratiques.
Fleur n'ajouta rien, sachant pertinemment que le banquier à ses côtés avait raison. Au bout de quelques minutes, Bill trouva enfin une place pour se garer, tout en désignant le restaurant choisit par Fleur de l'autre côté de la rue.
Ils se trouvaient dans une rue commerçante plutôt active qui comprenait majoritairement des restaurants, des bars et quelques magasins fermés vu l'heure tardive.
Les quatre jeunes gens se dirigèrent vers Le Gavroche et Fleur s'annonça à l'accueil comme étant une réservation pour quatre personnes.
Durant le trajet, Cédric et Viktor étaient restés plutôt silencieux. Déjà parce que Fleur occupait une grande part de la conversation, mais aussi qu'ils étaient encore en train de penser l'un et l'autre à ce court moment dans la chambre de l'étudiant : le massage. Lorsqu'il apercevait le regard de Fleur de temps à autre, Cédric aurait parié qu'elle savait tout. Ce qui était bête car, à moins de pouvoir lire dans ses pensées, elle ne pouvait rien savoir.
Viktor lui avait adopté son attitude d'à l'ordinaire : renfermé, peu bavard et sans sourire. S'il se sentait parfaitement à l'aise en compagnie de Cédric, et il devait se l'avouer en présence de Fleur, celle de Bill qu'il ne connaissait pas le gêna.
Alors qu'ils se trouvaient à table à regarder les menus, le rouquin expliqua aux deux garçons qu'il était donc banquier et leur parla de différentes affaires qui l'occupaient en ce moment. Il raconta également qu'il était l'aîné d'une très grande fratrie – sept enfants – que son père travaillait au Ministère et que sa mère était femme au foyer.
Fleur plaisanta également sur le fait que dans sa famille, ils étaient tous roux, sans exception. Une jeune femme noire, très jolie portant un tablier arriva à leur table pour prendre leurs commandes, notamment pour l'apéritif. Fleur regarda le prénom sur le badge : Angélina.
- Pour moi ce sera un cocktail sans alcool.
Angélina nota la commande de la jeune femme avant d'indiquer celle des garçons, chacun désirant prendre une bière.
- Tiens, c'est plutôt rare de te voir prendre un verre d'alcool, fit remarquer Fleur à son colocataire.
Cédric lança un regard noir à son amie. C'est vrai qu'il buvait très rarement, ça lui était peut être déjà arrivé deux ou trois fois lors de soirées au lycée, mais en présence de Bill et Viktor, il ne voulait absolument pas passer pour un gamin – même s'il n'avait que dix sept ans.
Assis sur la table ronde, dans un coin reculé de la salle, la discussion reprenait sur le travail de Bill avant de revenir inévitablement sur la pièce de théâtre dans laquelle lui et Fleur jouaient prochainement. Si le banquier avait un petit rôle, ce n'était pas le cas de Fleur qui jouait l'héroïne, c'est à dire Dorothy. La représentation avait lieu le dernier samedi du mois d'août, soit une semaine après le match que disputerait l'équipe du bulgare face à l'Angleterre.
Bill, curieux de connaître les coulisses de ce sport, posa quelques questions au sportif alors qu'Angelina revenait pour servir les apéritifs. Viktor répondit poliment et expliqua qu'il reprenait l'entraînement la semaine suivante.
- Quel film tu as choisit pour ce soir ? demanda Cédric qui voulait que les questions sur la carrière du sportif cessent.
Krum lui jeta un coup d'œil, avec un léger sourire, afin de le remercier. Cédric répondit par un léger sourire alors que Fleur enchaînait :
- Knight & Day, un film avec Tom Cruise et Cameron Diaz. Des filles du groupe l'ont vu il y a quelques jours et nous en ont fait de très bons échos.
La conversation reprit alors sur les différents films qu'ils avaient tous appréciés cette année. Une fois encore, Viktor resta en retrait de la discussion tandis que Cédric y entrait pleinement. C'était un grand amateur de cinéma et un très bon critique comme pouvait le constater le Bulgare en l'écoutant donner son avis.
Puis la serveuse revint prendre leurs commandes et le tout enchaîna. L'entrée, puis le plat, le tout typiquement français. Fleur conseillait à chaque fois aux trois garçons ce qu'elle préférait.
Viktor et Bill prirent du vin en mangeant, tandis que Fleur ne buvait que de l'eau, afin de garder la ligne. Cédric se laissa tenter par le vin que lui proposait Bill, toujours dans l'optique d'être le plus adulte possible face à ses amis.
Mais rapidement, l'alcool commençait à lui monter à la tête. Il buvait très rarement, contrairement à tous ses camarades de classe. Olivier Dubois, l'un de ses amis au lycée, lui disait souvent qu'il était beaucoup trop sage et trop lisse. Bien qu'il resta maître de lui même, il semblait plus enjoué, ce qui fit rire Fleur.
L'alcool montrait alors un nouvel aspect de la personnalité du beau blond, un grand comique qui fit rire toute la table – Viktor compris.
Alors qu'il écoutait Fleur se plaindre de l'été pourri qu'ils devaient tous subir, Cédric sentit quelque chose lui frôler la jambe. C'était Viktor. Le grand brun avait tendu ses jambes afin d'être plus à son aise, et l'une d'elle frôla la jambe droite de Cédric qui se trouvait à sa droite.
Tandis qu'il faisait mine d'écouter sa colocataire, Cédric regarda du coin de l'œil le sportif, afin de voir si ce n'était qu'un accident, ou si c'était fait exprès. Aidé par l'alcool consommé, Cédric prolongea le frottement des deux jambes en insistant avec la sienne. Cette fois-ci, c'est Viktor qui regarda d'un air décontenancé le blond. Il répondait clairement à « l'accident » qu'il avait provoqué. Les deux jambes restèrent ainsi en contact l'une contre l'autre, tandis que les deux garçons écoutaient toujours la jeune femme, en se jetant de temps à autres des regards.
Soudain, Fleur se leva ce qui fit sursauter Viktor et Cédric au même instant. Les deux jeunes hommes s'étaient à nouveau dressés sur leurs chaises, les jambes de nouveau éloignées.
- Je vais juste aux petits coins, ne vous affolez pas.
Fleur ne semblait pas avoir réalisé ce qui était en train de se produire sous la table, fort heureusement pour les deux garçons.
Lorsque la française revint, tous prirent commande de leurs desserts. La plus étonnante des commandes revenait à Fleur, qui même si elle ne voulait pas prendre un seul kilo, avait quasiment prit tout ce qui était à base de chocolat sur la carte.
Le dessert englouti, Fleur regarda sa montre. 21h30. Ils avaient encore une demi-heure pour rejoindre le cinéma à deux pâtés de maisons du restaurant et acheter leurs billets.
Ils quittèrent tous la table pour se rendre à l'accueil et régler l'addition. Bill invita tout naturellement Fleur, chose qu'elle espérait qu'il fasse.
- Nous allons chercher la voiture et nous vous prenons à l'entrée.
Bill trouvait cela plus simple, ce qui leur ferait gagner du temps étant donné que les deux autres devaient encore régler leurs notes. Fleur suivit le rouquin et Viktor se présenta à la serveuse :
- Je voudrrrais rrrégler le rrreste.
Cédric prit le bras de Viktor pour qu'il puisse lui faire face :
- Ca me gêne beaucoup, murmura t-il pour que seul le sportif l'entende.
- J'insiste. Pourrr te rrremerrrcier.
Mais Cédric ne céderait pas cette fois-ci. Certes, il pouvait comprendre que Viktor avait l'argent un peu plus facile que lui grâce à son métier. Mais depuis qu'ils se connaissaient, il ne cessait de régler les choses pour lui. Durant un bref instant, Cédric eut même l'impression d'être entretenu.
- On ne va pas passer notre vie à se remercier ?
Puis pour conclure ce débat qu'il voulait gagner, Cédric tourna ses yeux vers la serveuse en sortant sa carte bancaire. Il indiqua à la jeune femme ce qu'il avait consommé et paya sa part, suivit de Viktor.
Les deux jeunes hommes remercièrent la serveuse et sortirent du restaurant. L'air était plus frais qu'à leur arrivée. Les deux garçons n'avaient pas pris de manteaux, ce qu'ils commencèrent à regretter alors qu'ils attendaient la voiture.
- Tu n'es pas énerrrvé ?
Viktor s'était appuyé contre un mur en mettant ses mains dans les poches.
- Non. Mais j'aime m'assumer seul. Je ne vois pas pourquoi tu te sens toujours obligé de me faire plaisir en payant pour moi.
Cédric ne semblait pas énervé mais sa phrase laissait sous entendre qu'il attendait des explications de la part du bulgare. Celui-ci regarda l'anglais. Son visage était comme à son habitude – dénué d'expression. Il ne savait pas quoi lui répondre. Certes, il désirait faire plaisir à Cédric. C'est toujours ce qu'il souhaitait faire quand il appréciait quelqu'un et en général, personne ne refusait cela. Il commençait à comprendre pourquoi Cédric lui plaisait. Il n'était pas comme les autres. Voyant que Viktor ne répondait pas, Cédric reprit, d'une voix plus douce :
- Tu sais, si je t'ai proposé de nous rendre visite quand tu serais sur Londres, ce n'est pas parce que tu es un joueur célèbre et riche. D'une part, c'était pour te remercier de ton aide car sans toi, on était un peu dans la merde…
Viktor regardait Cédric dans les yeux. L'anglais s'était arrêté.
- Et d'autrrre parrrt ?
Mais Cédric ne voulait pas lui répondre que l'autre raison était due à un rêve très gênant et une attirance qu'il avait de plus en plus de mal à ne pas accepter. Fort heureusement, la voiture de Bill arriva à leur niveau et Fleur leur fit signe de monter.
Cédric fut le premier à monter, suivit de près par Viktor.
Les quatre jeunes gens arrivèrent au cinéma, prirent leurs billets et entrèrent dans la salle. Il n'y avait pas grand monde, sans doute à cause de l'heure tardive en semaine. Le film se termina peu avant 0h00 et lorsqu'ils sortirent tous du cinéma, il faisait encore plus frais que tout à l'heure.
Tous s'empressèrent de regagner la voiture et Bill les déposa jusqu'au devant de leur immeuble.
- Montez, je vous rejoins.
Fleur voulait rester quelques minutes, seule avec Bill. Elle expliquerait plus tard à Cédric qu'elle n'avait pas osée l'embrasser devant lui et Viktor. Cédric comprendrait alors que si elle avait mis plus d'une demi-heure à remonter, c'était qu'il embrassait très bien.
Une fois à l'appartement, les deux jeunes hommes allèrent dans la cuisine. Cédric ouvrit le frigo :
- Un dernier verre ?
Viktor refusa poliment, ce qui soulagea Cédric. Ce dernier était beaucoup plus frais qu'au restaurant et ne se voyait pas boire à nouveau sous peine de finir dans les toilettes. Il se servit un verre d'eau puis proposa au grand brun de regagner la chambre.
La porte fermée, Cédric alluma la lumière et commença à enlever son sous-pull, puis ses chaussures.
- Le film était un peu tiré par les cheveux mais c'était une bonne soirée, confia Cédric alors qu'il était en train d'enlever son t-shirt.
Viktor s'était assis sur la chaise de bureau et le regardait. Il aurait vraiment beaucoup de mal à résister s'il devait dormir plusieurs nuits en compagnie du beau blond. C'était la première fois qu'il se sentait attiré d'une telle façon envers quelqu'un. Puis sans savoir pourquoi il avait choisit ce moment, il lui demanda :
- Quel était l'autrrre parrrt ?
Cédric se figea un court instant avant d'enlever son pantalon et de se retrouver en boxer. Il attendit d'être assis sur son lit pour lui répondre.
- Ce n'est pas très important.
- Ca l'est peut-êtrrre pourrr moi.
Viktor était toujours assis sur la chaise de bureau, les yeux fixés sur l'étudiant. Mais ce dernier resta muet dans un étrange silence et il s'allongea sur le lit, la tête tournée dans l'autre sens, regardant la fenêtre.
- Tu pourrais fermer le rideau avant de te coucher s'il te plaît ?
Viktor comprit qu'il ne lui répondrait pas. Il se déshabilla à son tour. Cédric ne pouvait pas le voir, lui tournant le dos, mais il imaginait parfaitement le jeune homme déboutonner sa chemise, l'enlever, la déposer sur la chaise, puis ouvrir la boucle de sa ceinture, laisser son pantalon tomber au sol, s'en extirper. Il l'entendit s'approcher et le vit alors se diriger vers la fenêtre. Il tira sur le rideau pour le fermer et Cédric le voyait maintenant de dos. C'était la première fois qu'il regarda aussi attentivement les fesses musclés du sportif, moulées dans son boxer noir. Il le vit ensuite retourner près de la porte et éteindre la lumière.
Le bulgare parvint à se diriger jusqu'au lit en utilisant la lumière de son téléphone portable. Puis peu à peu, les yeux des deux jeunes hommes s'habituèrent à l'obscurité.
Viktor se posa dans le lit, entra sous les draps à son tour et posa son téléphone au sol, à côté du lit. Il chercha sa position et se mit de côté, ses yeux observant la nuque de son ami. Aucun des deux ne parlait, mais aucun n'arrivait à dormir.
Viktor fit alors quelque chose qu'il espérait ne pas avoir à regretter et qui ne mettrait pas en colère l'anglais : il posa sa main sur l'épaule de Cédric, puis la fit descendre le long de son bras avant de remonter à nouveau. Il continua ainsi plusieurs minutes, sans que Cédric ne dise quoi que ce soit.
Au contraire, ce dernier, bien trop troublé par ce qui était en train de se produire, ne voulait pas l'arrêter. Il trouvait la caresse de la main ferme mais douce du sportif assez excitante. La chaleur de sa main, la façon dont il s'y prenait, lui procurait un certain plaisir auquel il n'avait jamais était habitué. Sauf lors des massages de la fin d'après midi.
Aucun des deux ne prononça le moindre mot, de peur de gâcher ce moment d'intense sensualité. Il flottait dans l'atmosphère une drôle d'ambiance. Mais les deux jeunes hommes savaient que pour rien au monde, ils n'auraient voulu être ailleurs.
Soudain, Viktor sentit Cédric bouger. Il eut tout de suite peur de le voir s'énerver ou se reculer, mais il fit tout autre chose. Il rapprocha son dos du torse du bulgare, avant d'attraper la main droite du sportif de sa main gauche, et de la poser sur son ventre.
C'est ainsi que l'anglais s'endormit, protégé, au chaud, dans les bras du bulgare. Quelques minutes plus tard, Viktor rejoignit l'autre jeune homme dans son sommeil.
Cette nuit-là, Cédric rêva à nouveau de ce qui l'avait perturbé durant plusieurs jours. Ce fameux rêve érotique dans lequel il était dans les bras de Viktor Krum. Des bras puissants lui procurant un plaisir si intense qu'il aurait pu en hurler de plaisir. Des caresses douces mais enivrantes. Des baisers passionnés aussi fougueux que leur jeunesse leur permettait.
Mais lorsqu'il ouvrit ses yeux, il se rendit compte que rien de tout cela n'était réel. Contrairement à la fois précédente, il aurait bien voulu plonger à nouveau dans cet autre monde, refermer les yeux et se trouver à nouveau dans les bras de Viktor.
Cédric fit volte face dans son lit et vit que son ami ne se trouvait plus à ses côtés dans le lit, il était seul. Durant un court instant, l'étudiant se demanda s'il n'avait pas rêvé de tout cela, si le grand brun n'était pas un pur produit de son imagination. Mais le bruit qu'il entendit venant de la cuisine lui fit comprendre que tout était réel.
Cédric s'étira et enfila rapidement le même pantalon que la veille ainsi qu'un t-shirt qui se trouvait dans son armoire – sans se rendre compte que c'était un t-shirt rose qui résultait d'une mauvaise manipulation avec la machine à laver.
Une fois dans la cuisine, il vit Viktor penché au dessus de la gazinière. Le grand brun portait un short et un débardeur blanc, qui moulait à la perfection le trait de ses muscles et de ses abdos. Le jeune blond eu l'envie de se mordre la lèvre, mais sortit de sa stupéfaction en signalant sa présence.
- Bonjour.
Viktor se tourna vers lui, tenant la poêle d'une main, affichant un grand sourire sur son visage.
- Bonjourrr Cédrrrric.
Ca recommençait. Le ventre du jeune anglais était en train de le torturer à nouveau lorsqu'il aperçu le sourire sur les lèvres du sportif. Il quitta son regard du sourire de Viktor et vit que le jeune homme était en train de faire des crêpes. Il y avait du chocolat, de la confiture et du sucre en poudre sur la table.
- Je viens juste de terrrminer. Tu as envie de quelque chose ?
- Oui. J'ai envie de toi, voulut répondre Cédric mais il s'abstint. Ce n'était pas approprié.
Il préféra lui demander :
- Tu ne m'avais pas dit que tu étais doué en cuisine.
- Tu ne me l'avais pas demandé, fit remarquer le bulgare qui déposait la dernière crêpe sur l'assiette qui en comportait déjà une vingtaine.
Viktor posa la poêle dans l'évier et s'installa sur la chaise face à celle de Cédric.
- Tu as d'autres talents cachés ?
Cédric se rendit compte, une fois sa phrase prononcée, qu'elle pouvait disposer d'un autre sens. Mais Viktor ne le releva pas, ou fit semblant de ne pas le relever.
- Je sais voler surrrr un balai, répondit-il en plaisantant.
Cédric était surpris de le voir sortir une plaisanterie, ça ne semblait tellement pas entrer dans le personnage.
Les deux jeunes hommes prirent leur petit déjeuner, avalant crêpe sur crêpe. Ils continuèrent à discuter de tout et de rien, Viktor demandant s'il était possible qu'ils continuent de regarder la série d'hier. Cédric accepta avec grand plaisir.
Alors qu'ils en étaient chacun à leur troisième crêpe, Fleur émergea de sa chambre, un pyjama en soie sur le dos et les cheveux en pagaille. Elle lança un bref :
- Lut' !
Avant de réaliser le festin qui l'attendait. Lorsque Cédric lui indiqua que Viktor s'était levé tôt pour leur préparer des crêpes, elle ne put s'empêcher de lui demander :
- Tu ne veux pas rester vivre ici ?
Ni elle, ni Cédric, n'étaient de fins cordons bleus. Bien sûr, ils savaient faire à manger, comme tout le monde, mais ça n'était pas spécialement un véritable plaisir pour eux, alors qu'il apparaissait clairement que Viktor adorait ça.
Alors qu'ils étaient tous les trois en train de débattre du programme de la journée, le portable de Cédric se mit à sonner. Il le sortit de sa poche et vit que le nom affiché sur son cadran était ce lui de Cho. Il jeta un bref coup d'œil à Fleur avant de répondre tout en s'éloignant.
- Allo ?
- Cédric ? C'est Cho. Je ne te dérange pas ?
- Non, répondit-il plus par politesse. Tu vas bien ?
- Très bien, répondit la voix enjouée de la jeune fille à l'autre bout du téléphone. Je ne vais pas rester longtemps, je t'appelais juste pour te prévenir que je serais à Londres ce week-end.
Cédric semblait surpris qu'elle l'appelle pour lui indiquer cela. Certes, ils étaient restés en contact depuis leur rupture, s'étant promis d'être amis. Il se souvint alors soudainement qu'il n'avait pas lu le mail qu'elle lui avait envoyé.
- Je ne sais pas si tu as lu mon e-mail ?
- Non, répondit-il désolé, j'étais pas mal occupé.
- Je comprends, rassura la japonaise. Il se trouve qu'avec Marietta nous avons décidé de visiter la capitale. Mais comme tout notre budget passe déjà dans les activités que vous avons prévu, je me demandais s'il te serait possible de nous héberger durant la nuit de samedi à dimanche ?
Cédric n'en revenait pas, la jeune fille était culottée de lui demander une telle chose. Surtout qu'il n'avait jamais apprécié Marietta – ce qui était réciproque – vu qu'il la considérait comme une petite sotte manipulatrice et dévergondée.
- Je voudrais bien, reprit-il en essayant d'être le plus convainquant possible, mais Fleur et moi hébergeons déjà un ami.
- Fleur ?
Il se rendit compte qu'il ne lui avait jamais précisé qu'il partageait son appartement avec comme colocataire, une fille et non un garçon.
- Ma colocataire, précisa Cédric, qui s'imaginait déjà Cho se faire tout un tas de films. Ecoute, le mieux c'est que j'en parle avec Fleur et je te tiens au courant dans la journée ?
- Entendu, répondit la voix de Cho avec l'entrain du début. J'attends ton appel.
Les deux jeunes gens se saluèrent et raccrochèrent. A peine s'était-il à nouveau assis à table qu'il entendit la française toute curieuse :
- Que dois-tu me demander ?
Elle avalait un bout de sa crêpe, les yeux remplis de curiosité.
- Cho veut que je l'héberge avec sa meilleure amie samedi soir.
- La fameuse Cho Chang sera à Londres ? s'étonna Fleur qui semblait tout connaître de la vie privée de Cédric.
- Je l'appellerais tout à l'heure pour lui dire que tu refuses.
Fleur semblait scandalisée, depuis le temps qu'elle voulait rencontrer la fameuse Cho qui fut la petite amie durant près d'un an de son colocataire, elle n'allait pas se refuser ce plaisir.
- Je ne vais certainement pas laisser ces deux jeunes filles dormir dehors, se révolta la française.
Cédric qui avait peur de la voir réagir d'une pareille façon, prépara son argument :
- Et ou comptes tu les faire dormir ? Dans ta chambre ?
- Mademoiselle Tonks, celle qui habite au numéro deux tu sais qui change toujours de couleur de cheveux ? J'ai discuté une fois avec elle, il se trouve qu'elle s'était proposée si nous en avions le besoin, de nous prêter un matelas. Et il reste le canapé pour la meilleure amie de Cho.
Cédric détestait Fleur. Elle souriait, ravit d'avoir trouvé une solution à cet épineux problème dont il n'avait pas besoin.
- J'irais voir Mlle Tonks demain.
- Tu as pensé à Viktor ? demanda soudainement Cédric qui cherchait à tout prix une raison pour qu'elle refuse.
Viktor n'avait pas dit un seul mot. Il ne comprenait pas réellement qui allait dormir là du samedi soir, mais ne voulait pas que sa présence soit un problème.
- Tu peux accueillirrr tes amies, ça ne me dérrrange pas.
Cédric maudissait la générosité de Viktor. Sachant qu'il était vaincu d'avance, il se résigna en débarrassant la table. Viktor le regarda, sans vraiment comprendre, puis demanda à Fleur tout bas :
- Il ne semble pas content d'aider son amie ?
- C'est parce qu'elle est plus que ça, c'est son ex petite copine, lui confia Fleur semblable à une commère révélant un grand scoop.
Viktor n'en demanda pas plus. Il se maudissait lui aussi d'être trop généreux et de ne pas avoir refusé la présence de cette fille qu'il détestait déjà sans la connaître.
