Titre : D'un rêve ou d'un sourire

Auteur : Alounet

Bêta lectrice : dobbymcl

Rating : T (pour le moment…)

Catégorie : UA / Romance - Yaoi

Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory

Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.

Notes : Le calme avant la tempête ! Vous le savez, Cho va débarquer sous peu dans l'histoire… Donc en attendant, Cédric s'aperçoit que Fleur n'est pas qu'une blonde, une soirée sympa se programme et… Surprise à la fin du chapitre, je pense que vous allez aimer ! Comme d'habitude, les commentaires me font toujours plaisir. Je sais que beaucoup ne pensent pas à en laisser, mais même si c'est négatif, c'est important pour moi ! De savoir ce que les gens en pensent... Alors n'hésitez pas avec le bouton review :)


Chapitre 7 – « On devrait dormir »

Depuis qu'il savait que Cho arriverait deux jours plus tard à Londres – et qu'elle dormirait chez lui – Cédric était particulièrement de mauvais humeur. Fleur regrettait presque d'avoir accepté la proposition de la japonaise pour enfin pouvoir la rencontrer. Elle n'aimait pas que d'autres qu'elle puissent bouder et envoyer de mauvaises ondes. Jusqu'à présent, Cédric n'avait jamais montré cet aspect de sa personnalité. Là encore, ce qu l'exaspérait c'est qu'il puisse oser faire sa tête de boudin alors qu'ils avaient Viktor en leur compagnie.

En début d'après midi, tandis que le sportif était dans la chambre qu'il partageait avec Cédric pour ranger quelques affaires dans sa valise, Fleur prit à part Cédric dans sa chambre à elle.

L'espace personnel de la française était à son image. Élégant. Les murs étaient d'un rose très clair, tout comme ses draps. On pouvait avoir l'impression d'être dans une chambre de princesse, mais pas de petite fille. La décoration était faite avec beaucoup de goûts et le plus incroyable était sans doute son énorme penderie qui regorgeait de tenues toutes aussi différentes les unes des autres.

Cédric souffla lorsque son amie referma la porte de sa chambre.

- Tu m'expliques à quoi tu joues ?

- Quoi ? rétorqua le jeune homme sur un ton de défi.

- Comment le mec le plus loyal que je connaisse en vient à faire la tête à l'idée d'aider l'une de ses amies ?

Cédric était agacé. Pour lui, elle ne pouvait pas comprendre la position dans laquelle il était. Il ne ressentait plus rien pour Cho, n'aimait pas l'amie de la jeune fille et aurait voulu passer du temps avec Viktor, sans que des parasites viennent interrompre tout ça.

Fleur donna un coup dans l'épaule du jeune homme pour le faire réagir.

- Ca ne te ressemble pas ! Elle ne restera qu'une nuit, c'est pas la mer à boire ? Pour l'instant, tout ce que tu réussis c'est à plomber l'ambiance et à mettre mal à l'aise Viktor.

- Il n'est pas mal à l'aise, tenta de se rassurer l'anglais.

- Je te signale qu'il est partit ranger ses affaires dans sa valise ! Y'a pas plus évident comme signe qu'il était gêné…

L'étudiant devait reconnaître que la jeune femme avait raison. Il était tellement préoccupé à penser que Cho pourrait gâcher le séjour de Viktor que c'était lui qui était en train de le foutre en l'air.

- Je dois aider Madame Maxime avec les déguisements pour la pièce, reprit la française. Je peux te laisser t'occuper de Viktor tout seul ?

Cédric se mit à sourire bêtement. La jeune blonde semblait rassurée. Avant de sortir, la jeune femme indiqua :

- Ton attitude montre clairement que tu n'en as pas totalement fini avec Cho. Ce serait peut-être l'occasion de clarifier la situation.

Puis tandis qu'elle ouvrait la porte, elle ajouta :

- A moins que tu ne l'ai déjà remplacée et que tu ai peur qu'elle ne s'en rende compte ?

Fleur n'attendit pas la réponse de son colocataire et sortit de sa chambre. Le beau blond resta quelques instants stupéfaits par les paroles de son amie. Qu'insinuait-elle par là ? Avait-elle remarqué quelque chose chez lui qui pourrait lui laisser penser que… Non, c'était impossible. Mais Fleur était intelligente, il le savait.

Il entendit son amie prendre son sac à main et souhaiter une bonne après-midi à Viktor. Bien décidé à changer d'attitude et à faire plaisir à son invité, Cédric sortit de la chambre de la jeune femme et proposa au bulgare lorsqu'il fut face à lui :

- Lost ?

Viktor sourit – ce qui fit naître en Cédric ce même sentiment étrange – et les deux garçons se dirigèrent vers la chambre. Comme la veille, ils s'installèrent dans le lit, affalé contre les coussins, tandis que l'anglais était en train de mettre en route le troisième épisode de la série.

Ils enchaînèrent ainsi quatre épisodes durant l'après midi. Viktor posait de temps à autres des questions auxquelles le blond répondait s'il jugeait que ça ne lui révèlerait pas trop de choses d'un coup. C'est ainsi qu'après avoir visionné l'épisode centré sur le personnage de Sun, l'étudiant proposa une pose goûter.

Viktor accepta. Le bulgare avait indiqué qu'il devait manger énormément de protéines, pour garder la forme physique qu'il avait, Cédric lui prépara donc des œufs tandis qu'il se servait du pain d'épice pour lui même.

Le goûter engloutit, ils reprirent leur marathon Lost et s'enfermèrent à nouveau dans la chambre. Ils avaient vu déjà deux épisodes de plus lorsque Fleur entra dans l'appartement. Elle passa sa tête dans l'encadrement de la porte de la chambre pour signifier sa présence.

Cédric mit en pause l'épisode numéro 9.

- Me dites pas que vous êtes restés allongés toute la journée à regarder cette série ?

- Tu veux quelque chose ? demanda Cédric qui n'appréciait pas qu'elle les dérange pour se plaindre.

- Non. On se fait livrer des pizzas ce soir ?

- Si tu veux.

- On pourrait jouer à un jeu de société aussi ? Histoire de vous donner bonne conscience ?

- J'imagine que tu ne vois pas Bill ce soir.

Si Fleur proposait un jeu de société, c'était qu'elle n'avait pas envie de se retrouver à passer la soirée toute seule. Elle n'avait ni répétitions, ni rendez-vous galant.

- Allez un Time's Up ?

Cédric accepta mais il voulait terminer l'épisode qu'ils avaient commencé. Fleur les laissa tranquille et retourna dans sa chambre pour se plonger sur son ordinateur. Elle allait appeler sa petite sœur maintenant pour être tranquille le reste de la soirée.

Les deux jeunes hommes terminèrent l'épisode – centré sur le personnage de Sayid – et Cédric éteignit la télévision.

Durant toute la journée, aucun des deux n'avait fait allusion à ce qui s'était passé la veille au soir. Pas grand chose, certes, mais il y avait tout de même eu un geste d'affection de Viktor pour Cédric, et ce dernier s'était carrément collé dans les bras du sportif. Ce dernier souhaitait en parler, contrairement à l'autre qui faisait tout pour éviter le sujet.

- Tu n'as pas mal au dos ?

Le joueur de foot espérait pouvoir proposer un massage à Cédric. Il aurait pu ainsi toucher à nouveau la peau douce du jeune étudiant et créer un nouveau contact physique.

- Non. Fleur va nous attendre.

Cédric avait répondit froidement – plus qu'il ne l'aurait voulu. Viktor n'insista pas et se leva à son tour pour rejoindre son ami qui sortait de la chambre.

- Et en plus vous avez passé la journée en pyjama, leur fit remarquer Fleur qui elle, portait une robe orange.

Cédric redevint aussi chaleureux qu'à l'ordinaire avec Viktor et les trois amis évoquèrent Bill. Fleur voulait absolument savoir ce qu'ils en avaient tous deux pensé.

- Ca m'a l'air d'être un chic type. Sérieux. Posé. En fait, qu'est-ce qu'il te trouve ?

Cédric s'était mis à rire tandis que Fleur lui jetait une serviette au visage.

- Il doit certainement voir mes innombrables qualités, lui !

- Je te taquine, continua Cédric qui passa sa main dans les cheveux de la jeune femme.

Elle détestait ça, qu'on la décoiffe, elle se mit alors à courir après Cédric, son essuie-main de vaisselle à la main qu'elle avait roulé pour le frapper.

Viktor se joignit aux rires des deux autres devant ce petit spectacle et Fleur se vengea en jetant un verre d'eau au visage de son colocataire.

Après les rires, tous reprirent leur sérieux tandis que Fleur passait la commande pour les pizzas.

Une demi-heure plus tard, un serveur monta jusqu'à leur étage pour lui apporter la commande. Fleur régla le jeune garçon qui ne devait pas avoir plus de seize ans et tous les trois commencèrent à manger.

- Au fait Viktor, tu as une petite copine ?

Le sujet semblait venir de nul part. Les deux autres la regardèrent un peu étonnés puis elle continua :

- Je vous ai présenté Bill, ton ex petite copine débarque ce week-end, je trouve tout à fait normal de m'intéresser à la vie privée de notre ami.

Elle avait regardé Cédric en disant cela. Sauf que l'anglais avait bien remarqué qu'elle engageait délibérément la conversation sur la vie privée de Viktor. Cette fois il en était sûr, elle avait remarqué quelque chose.

- Non, répondit très sincèrement le bulgare Le coach Karrrrkarrrof n'aime pas trrrop cette idée là. Il pense que ça nous déconcentrrre.

- Pourtant j'ai rencontré la petite copine de l'un des joueurs de ton équipe. Irina je crois ? J'ai fait du shopping avec elle !

- Mais il n'apprrrrouve pas. Et nous n'avons pas beaucoup de temps librrre.

- Tu veux dire, reprit d'un ton plus malicieux la jeune femme, que tu n'as jamais eu de petite copine ?

- Non.

C'était vrai. Il n'avait eu des relations qu'avec des hommes, jamais avec une femme. Mais il ne semblait pas disposé à aborder ce sujet plus longtemps :

- Comment on joue à votrrre jeu ?

Cédric qui comprit ce que Viktor désirait expliqua les règles du Time's Up. Il fallait faire deviner le nom d'une personnalité fictive ou réelle que l'on trouvait sur une carte dans un premier temps en le décrivant, puis durant la seconde moche à l'aide d'un seul mot et enfin, en imitant la personnalité pour la troisième manche.

- Je ne suis pas doué en mime.

- C'est ça qui est drôle ! ajouta Fleur en débarrassant les cartons des pizzas.

Elle prit le jeu dans sa chambre et les trois amis commencèrent à jouer. Durant plus d'une heure ils enchaînaient les personnalités, les crises de fous rires et les incompréhensions. Cédric avait tenté d'imiter La Belle et la Bête en dansant de droite à gauche, puis en montrant les dents tout en sortant les griffes. Ce qui n'était rien à côté de Fleur, décidée d'imiter une voiture à chaque mime. Ainsi, elle fit signe qu'elle conduisait et qu'elle se prenait un poteau en pleine tête afin de faire découvrir Lady Diana. Mima a nouveau la voiture, et le mime d'un revolver pour imiter James Bond. Et enfin, le mime de la voiture jumelée avec un battement d'ailes pour imiter Batman.

- Je n'y peux rien si chacune de ses personnes a une voiture d'une importance capitale dans son histoire !

Le plus drôle revenait à Viktor. Il n'avait pas menti. Il n'était pas très doué en mime mais y mettait vraiment tout son cœur. Le top étant sans doute à l'imitation du mixeur ou du monstre de Tchernobyl.

Le jeune homme n'étant pas un grand expert de la littérature, il confondit « Zola » avec un panda de dessin-animé, ce qui créa l'hilarité chez les deux autres.

D'un avis collectif, tous s'amusaient comme des petits fous ce qui ne leur était pas arrivé depuis bien longtemps. Ils décidèrent alors de jouer au Jungle Speed, le fameux jeu ou il fallait attraper un totem.

Là aussi, au bout d'une heure, il y eut beaucoup de dégâts. Fleur manqua de crever l'œil de Cédric en attrapant le totem, Viktor tomba de sa chaise et la pauvre française n'eut plus beaucoup d'ongles en bon état à la fin de la partie.

Fleur servit une nouvelle tournée de jus de fruits alors qu'ils avaient cessé de jouer depuis vingt minutes :

- Tu sais, tu es très différent de ce que j'avais imaginé, avoua Fleur à Viktor.

Le bulgare avait presque rougi et attendit que la française développe ce qu'elle voulait dire.

- En France, nous avons une image des Bulgares – sans doute identique à celle que l'on a des anglais –je vous imaginais très froid, pas très drôles…

Puis en attrapant une main de chacun de ses amis elle continua :

- Et vous êtes une preuve bien vivante que j'avais tord

Elle regarda le plafond en lâchant les mains :

- Et ça me tue de dire une telle chose ! Je n'ai jamais tord !

Elle se leva et posa son verre dans le lave vaisselle avant de revenir vers les deux garçons pour les embrasser tour à tour sur la joue :

- Je dois réviser mon texte. Ne vous couchez pas trop tard tous les deux.

- Bonne nuit.

Les deux jeunes hommes lui souhaitèrent en même temps et la virent disparaître derrière sa porte de chambre.

- D'habitude, je ne sympathise jamais avec des filles, avoua Viktor, la pluparrrt sont toujourrrs hystérrriques ou ne s'intérrressent à moi que pourrr ma popularrrité.

Cédric comprenait. Il avait plus ou moins connu ça au lycée. Toutes les filles ne s'intéressaient à lui que parce qu'il était populaire et qu'il serait préférable d'être élu reine de beauté avec un mec comme lui pour cavalier.

- Fleur peut-être hystérique parfois. Mais elle est entière, elle ne joue pas un personnage et je pense qu'elle t'apprécie pour qui tu es, pas pour la notoriété.

- Toi aussi.

Cédric acquiesça d'un signe de tête.

- On continue sur Lost avant de dormir ?

Viktor accepta. Les deux jeunes hommes allèrent dans la chambre. Contrairement aux nuits précédentes, il faisait plutôt chaud cette nuit là. L'été commençait à revenir – il était temps en plein mois d'août – ce qui fit que les deux garçons se dévêtirent avant de se jeter sous les draps.

Ils n'étaient plus gênés de devoir se retrouver en boxer l'un envers l'autre, au contraire. Ils ne se l'avoueraient pas, mais les deux attendaient ça. Cependant, Cédric commençait à regretter d'avoir été froid avec le sportif tout à l'heure. Ce qui était en train de lui arriver était tellement bizarre, qu'il ne savait pas quelle attitude adopter. Il avait peur que Fleur s'en rende réellement compte, que tout le monde découvre les idées qu'il avait en tête en pensant à Viktor. Il voulait être normal et – égoïstement – continuer à être apprécié. Depuis qu'il était petit, il avait tellement l'habitude que les gens l'aiment bien qu'il avait peur que cela change. Et s'il avouait publiquement ses pensées les plus intimes, il savait que ça changerait.

Alors qu'ils regardaient le dixième épisode de la série, Cédric osa un rapprochement un peu plus direct avec Viktor. Il posa sa tête contre son épaule, comme pour s'en servir d'oreiller. Viktor passa sa main par dessus le jeune homme et la posa contre l'autre bras de Cédric.

Aucun des deux ne bougea durant le dixième épisode, ni durant le onzième. Mais la fatigue se faisant sentir. Cédric éteignit la télévision à l'aide de sa télécommande et s'éloigna du bulgare.

- On devrait dormir.

- La prrrroposition pourrrr le massage tiens toujours.

Cédric ne répondit pas tout de suite. Il se retourna dans le lit afin de se mettre sur le ventre, la tête posée sur les oreillers regardant vers la fenêtre. Viktor comprit par là qu'il était d'accord. Le fait que Cédric ne lui réponde pas de vive voix mais le démontre était encore plus troublant. Le sentiment étrange qui se dégageait dans la pièce était électrique. L'atmosphère devenait de plus en plus chaude et surtout très sensuelle.

Contrairement à la veille, Viktor adopta une autre position. Il s'assit directement sur les fesses de Cédric, en bas du dos, sans y mettre tout son poids. Il savait que sa musculature imposante le rendait très lourd et pour rien au monde il aurait voulu écraser le beau blond qui était plus mince que lui.

Cédric ne dit rien et le laissa faire. Viktor commença son massage, en commençant en haut des épaules, puis en descendant tout doucement, faisant des allers retours. Le blond ressentit les frissons que pouvaient procurer de telles caresses et ferma les yeux, se laissant aller doucement à ce que le sportif était en train de lui faire. Durant plusieurs minutes, on entendait que le souffle rauque de Viktor qui allait et venait avec ses mains sur la peau douce du jeune Diggory. Les quelques murmures indiquant que l'étudiant aimait ça restaient inaudibles. Mais son corps le trahissait. Une fois encore le bulgare ne pouvait pas voir ce qui se cachait en dessous, au bas ventre de son ami Mais ce dernier pouvait sentir la généreuse satisfaction de son camarade. Il la sentait grandir contre son corps, mais là encore, il était tellement dans un état de bien-être qu'il ne réagit pas.

Viktor qui ne semblait pas fatigué s'arrêta cependant lorsqu'il entendit le doux souffle de l'autre jeune homme qui indiquait qu'il avait plongé dans le sommeil. Le sportif se posa alors de l'autre côté du lit et s'allongea tout en contemplant le beau jeune homme qui dormait à ses côtés, toujours sur le ventre.

Pensant qu'il n'y verrait aucun inconvénient, Viktor se colla contre son corps et, allongé de profil, il tenait dans ses mains l'une des mains de Cédric qu'il garda contre lui avant de s'endormir à son tour.

Le lendemain matin, Cédric se leva le premier. Sa main était toujours tenue par Viktor qui dormait toujours profondément. Il avait la bouche légèrement ouverte et paraissait paisible. De la main qui lui était encore libre, il caressa la joue de Viktor qu'il trouvait particulièrement beau. Mais réalisant ce qu'il était en train de faire, l'étudiant interrompit son geste tout comme l'autre qui était encore prisonnière des mains puissantes du sportif.

Cédric resta cependant dans son lit à contempler le corps endormit de son ami. Certes, il ne voulait pas s'avouer ses pensées intimes, mais deux soirs d'affilés, il avait laissé le joueur le caresser – non le masser – et dormir dans ses bras. Qu'est-ce que tout cela pouvait signifier ? Qu'il était en manque d'affection sans doute.

Mais ses pensées s'interrompirent lorsque Viktor ouvrit les yeux à son tour.

- Bonjourrr Cédrrric.

Sa voix, son accent, sa façon de rouler les R, le sourire qu'il avait en se réveillant et en le regardant. Tout ça était trop. Son ventre allait exploser. Son cœur battait à cent à l'heure. Ne pouvant rester plus longtemps dans la même pièce que le grand brun sans faire quelque chose qu'il regretterait, il se leva précipitamment et se mit à courir en direction de la salle de bain.

Dans le lit, Viktor était surpris du comportement du jeune homme. Il perdit aussitôt son sourire alors qu'il se relevait et qu'il regarda machinalement son téléphone portable qu'il avait laissé au sol. Trois appels en absence. C'était son coach – c'était toujours lui. Le sportif reposa son téléphone, ne voulant se préoccuper de cela pour le moment.

Il se leva, sans prendre la peine de s'habiller et sortit de la chambre. Il toqua tout doucement à la porte de la salle de bain qui était entre ouverte et entra en refermant derrière lui.

Cédric se tenait face au miroir du lavabo. Il venait de se passer de l'eau sur le visage et regardait son reflet sans bouger.

- Tu vas bien ? s'inquiéta le bulgare.

- Non, répondit honnêtement Cédric.

Viktor hésita un court instant puis se décida à s'approcher de lui. Il était derrière et voyait son reflet également dans le miroir. Il posa doucement sa main droite sur l'épaule de Cédric. Ce dernier se tendit avant de laisser faire l'autre jeune homme.

- C'est à cause de moi ?

- Oui, répondit l'étudiant en regardant Viktor au travers du miroir.

- Tu veux que je parrrte ?

- Non.

Leurs regards ne se fixaient qu'au travers du miroir.

- Tu veux qu'on en parrrle ?

- Je sais pas.

Viktor descendit sa main et cette dernière passa devant le corps de Cédric. De son autre main, il commença à enlacer le jeune homme et à se rapprocher de lui. Son torse était contre le dos de Cédric. Ce dernier ressentait contre lui les poils de son ami qui le chatouillait. Mais il aimait ça. Viktor posa sa tête contre l'épaule du jeune homme. Comme il le dépassait de plus d'une dizaine de centimètres, il se pencha légèrement :

- Cédrrric…

Ce dernier leva rapidement la main pour mettre son doigt sur la bouche de Viktor. Il ne voulait pas qu'il parle ou qu'il lui dise quoi que ce soit. Il voulait juste profiter de cet instant ou il était bien dans ses bras. L'étudiant le fixait toujours en regardant le miroir, puis il décida de le regarder de face.

Délicatement, il s'extirpa des bras puissants du joueur de foot et lui fit face. Les bras de Viktor maintenaient maintenant le bas du dos de Cédric, Celui-ci leva les yeux pour regarder le visage du bulgare. Il ne s'était toujours pas rasé – ce qui lui donnait un charme fou – et ses yeux respiraient le bonheur. Son sourire… Il s'attarda dessus. Sur ses lèvres qui lui faisaient envie.

Doucement – comme s'il imaginait qu'un moindre mouvement brusque le ferait exploser – Cédric se mit sur la pointe des pieds pour approcher son visage de celui de son ami.

Viktor qui comprenait, baissa la tête. Les deux jeunes hommes avaient les yeux fermés au moment ou les deux bouches entrèrent en contact. Humidifiés par les lèvres de l'autres, une pulsion électrique parcouraient leurs corps à tous les deux. Cédric posa ses mains sur les épaules de Viktor pour trouver une certaine stabilité et prolonger ce baiser.

Même s'il était très chaste, le baiser s'intensifia et Viktor tenta de passer le barrage des lèvres de l'anglais en poussant l'entrée avec sa langue. Cette dernière entra alors en contact avec la langue du beau blond et elles se mélangèrent dans une danse effrénée.

C'était différent d'avec Cho ou d'avec n'importe qu'elle fille. C'était plus… bestial, même si le mot ne convenait pas vraiment. Mais Cédric aimait ça.

Cependant, le bruit provenant du salon – et indiquant la présence de Fleur dans les parages – décolla presque instantanément les lèvres des deux garçons. Le blond regarda presque surpris – comme s'il le voyait pour la première fois – son ami et restait stupéfait de l'audace qu'il avait eu en échangeant un baiser – qu'il désirait depuis quelques jours – avec un autre homme.

Cédric balbutia quelque chose qui ressemblait à des excuses et il sortit presque en trombe de la salle de bain, laissant un Viktor désarçonné. Celui-ci se mordait les lèvres, tout en essayant de se rappeler le goût qu'avait son ami. Il se maudissait d'avoir cédé à son envie envers lui. Comme si ça ne pouvait pas être plus compliqué que ça. Il devenait évident pour le joueur de foot que c'était la première fois que l'autre jeune homme embrassait un garçon. Il espérait avoir été à la hauteur et que l'autre aurait envie de recommencer cette danse qu'ils avaient commencé avec leurs langues.