Titre : D'un rêve ou d'un sourire

Auteur : Alounet

Bêta : dobbymcl

Rating : M

Catégorie : UA / Romance - Yaoi

Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory

Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.

Notes :Le voici, le voilà, le neuvième chapitre. Avant tout sachez que vous y trouverez (comme dans le précédent) sans doute des fautes d'orthographe. Ma bêta ne m'a pas encore envoyé les nouvelles corrections (mais ne la blâmons pas, tout le monde a une vie ^^). Cependant, j'ai peur de faire trop attendre les lecteurs (si j'en crois les statistiques, vous êtes nombreux, donc n'hésitez pas à vous manifester dans les reviews, positivement ou négativement). Pour cela, je poste tout de même le neuvième chapitre (et tout comme pour le huitième, j'éditerais la page avec la version corrigée, surtout pour les répétitions des prénoms qui est moins grand point faible dans l'écriture!).

Concernant l'histoire, comme je l'avais déjà annoncé, la "Première Partie" se finira au chapitre 20. Je suis actuellement dans l'écriture de la seconde partie, mais entre les deux, j'envisage de publier une sorte d'intermède sous forme d'O.S. qui se concentrerait sur les personnages secondaires de la fic. Principalement, j'ai envie d'écrire un O.S. sur la rencontre Fleur/Bill dans cet univers alternatif.

En attendant, beaucoup vont être content de l'avancée de ce chapitre ! Bonne lecture et n'hésitez pas à reviewer ! ^^


Chapitre 9 – « Tu veux prendre une douche avec moi ? »

L'arrivée des deux adolescentes ne se fit pas sans bruits. Fleur avait proposé aux jeunes filles de déposer les affaires dont elles n'auraient pas l'utilité durant leur séjour dans sa chambre – le salon étant déjà bien encombré par le matelas. La française en profita pour sortir des draps propres, deux couvertures et des taits d'oreillers qu'elle laissa sur le bord de son lit en indiquant aux jeunes filles qu'elles n'auraient qu'à les prendre ce soir en rentrant.

La française savait pertinemment bien que lorsque l'on proposait à quelqu'un de dormir chez soit, on ne leur demandait pas de faire les lits eux même. Mais la jeune blonde était déjà exaspérée par le comportement des jeunes filles. Elles étaient tout ce qu'elle n'était pas. Des pimbêches superficielles, arrogantes et prétentieuses. Du moins, Fleur était peut-être… ce qu'elle était, c'est à dire elle même, mais elle savait qu'elle n'était pas aussi exaspérante que les deux amies de Cédric.

Dans la chambre, Marietta continuait :

- Mais vous êtes amis avec LE Viktor Krum ? Il est plus séduisant en vrai que sur des photos.

Fleur devait se mordre les lèvres pour ne pas dire quelque chose qu'elle finirait par regretter. Elle laissa donc Marietta continuer :

- Il est célibataire ? J'ai une chance si j'utilise mes meilleurs atouts ?

Cho semblait comprendre en voyant les yeux pleins d'étincelles de la française que Marietta commençait peut-être à dépasser les limites. Elle fit sortir son amie de la chambre de la blonde pour regagner le salon.

Alors qu'elles sortaient, Cédric entra dans la chambre en laissant la porte contre, afin de ne pas être entendu :

- J'ai l'impression que tu les aime déjà, se moqua l'anglais en regardant son amie s'asseoir dans son lit.

- Elle est fatigante ! Et Viktor ceci, et Viktor cela ! fit-elle en imitant la voix désagréable de Marietta. Heureusement que ce n'est qu'une nuit.

Cédric ouvrit grand la bouche et enchaîna pour lui rappeler :

- Qui a donné son accord alors que moi même je ne le voulais pas ?

Ne voulant pas donner raison à son colocataire, Fleur se leva de son lit en jetant un coussin au passage au visage de Cédric qui se mit à rire. Elle passé à côté de lui – d'un air boudeur – en sortant de la chambre.

Lorsqu'ils regagnèrent le salon, Cédric et Fleur se stoppèrent net devant le spectacle affligeant d'une Marietta collée contre Viktor. Elle avait laissé tomber sa veste pour afficher un petit haut sexy et souriait comme une cruche au bulgare en touchant les bras de ce dernier.

- Je crois que je vais vomir, dit Fleur d'un ton dégoûtée en se dirigeant vers les toilettes.

- Moi aussi, murmura Cédric plus à lui même afin qu'on ne l'entende pas.

L'anglais avança vers les autres et fit exprès de passer entre Marietta et Viktor pour décoller la jeune femme – pourtant aussi résistante que de la super glue – afin d'atteindre Cho.

- Vous avez prévu quoi ?

Cédric ne lui demandait pas cela parce qu'il était intéressé par leur programme mais juste parce qu'il était pressé de les voir partir. Mais Cho n'eut pas le temps de lui répondre, c'est Marietta qui avait reprit la parole de cette même voix cinglante :

- Cet après midi on va visiter le musée de cire et quelques monuments importants, mais ce matin on est libres.

En disant cela, elle avait regardé Viktor du même regard que celui d'une lionne envers sa proie. Pourtant, ce dernier ne faisait rien pour attirer l'attention. Il était calme, regardait plus souvent ses chaussures qu'autre chose, et n'espérait qu'une chose, qu'elle le laisse tranquille.

De son côté, Cédric était exaspéré. Il ressentait la même chose que la veille, lorsque des fans en délire voulaient à tout prix sauter sur le sportif. Ça l'agaçait et le rendait plus jaloux qu'il ne l'aurait voulu. Ce qui était stupide. Cédric ne voulait pas que Viktor soit à lui, mais il ne voulait pas non plus le voir de ses propres yeux avec quelqu'un d'autre.

- Nous on ne l'est pas, reprit Cédric d'un ton plus froid en passant à nouveau devant Marietta pour se mettre entre elle et Viktor.

La jeune blonde était en train de lancer un regard assassin à l'anglais et les deux se toisaient comme deux ennemis prêts à se jeter dessus pour un combat acharné. Cho, qui était resté à l'écart, regardait la scène en se demandant pourquoi Cédric essayait tant de protéger Viktor. Ça ne lui ressemblait pas. Elle réalisa que peut-être Londres l'avait changé plus qu'elle ne l'aurait voulu.

La japonaise devait être honnête avec elle même. Si elle était venue à Londres, ce n'était en aucun cas pour faire du tourisme, elle n'avait qu'une idée en tête : reconquérir Cédric. Il était son tout premier et il comptait énormément à ses yeux. Elle regrettait la rupture et espérait réellement qu'ils pourraient reprendre leur histoire là ou ils l'avaient laissé.

Marietta trouvait cette idée ridicule. La blondinette ne se gênait pas pour critiquer ouvertement l'anglais devant la japonaise. Elle le trouvait stupide, sans intérêt et insipide. Mais même si Cho adorait son amie d'enfance, elle savait aussi qu'en matières d'hommes, elle n'était pas une référence à suivre.

Fleur sortit des toilettes, sa joie de vivre complètement envolée, et rejoignit le petit groupe dans le salon.

- Fleur !

Marietta s'était retournée vers la blonde comme si elle était sa nouvelle meilleure amie.

- Tu voudrais nous accompagner ? Cédric et Viktor vont nous faire visiter la capitale !

La blonde ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux. Ce qu'elle lui disait lui paraissait tellement invraisemblable. Un rapide coup d'œil aux deux garçons et elle comprit qu'il n'en était rien. Aussi, Fleur décida de piéger la petite pimbêche à son propre jeu. Il était évident que depuis qu'elle avait mit un pied dans l'appartement et découvert la présence de Viktor, son objectif était de le draguer – voir plus.

Mais Fleur avait bien trop de sympathie et d'amitié pour Viktor pour le laisser dans une situation délicate avec cette espèce de folle furieuse qu'elle voulait étouffer avec un coussin. Bien que ce qu'elle allait faire allez lui coûter une bonne semaine de thérapie, elle lança du sourire le plus faux qu'elle avait en réserve :

- Inutile. Les garçons sont ennuyeux à mourir. Je vous emmène plutôt faire du shopping, ça, c'est un truc de filles !

Elle prit son sac à main et poussa les filles vers la sortie de l'appartement. En passant devant Viktor, Fleur lui murmura :

- Tu me revaudras ça.

- Merrrci, lui répondit-il tout bas.

Aussi surpris que soulagé, Cédric regarda Fleur entraîner les deux autres adolescentes de force vers la sortie de l'appartement, puis la porte se refermer sur elles. Alors qu'il ne trouvait rien à dire, Viktor intervint :

- J'ai besoin d'un verrre de whisky.

Cédric le regarda étonné. Une telle remarque de la part du sportif n'était pas dans ses habitudes. Même s'il se doutait qu'il contrôlait bien mieux l'alcool que lui, il était tout de même 10h30 du matin.

- Je plaisante, ajouta Viktor devant le regard consterné de son ami.

Cédric se mit alors à rire, il était tellement rare de voir le joueur faire des plaisanteries qu'il avait du mal à s'y habituer.

- Nous ne sommes pas librrres donc ? Qu'est-ce que tu as prrrévu pourrr nous ?

Cédric qui avait reprit son calme et son naturel, débarrassa ce qui trainait encore sur la table et répondit :

- Tu te doutes que j'ai dit ça pour se débarrasser de ces deux là.

- Elle est plutôt jolie.

L'anglais s'arrêta un instant et regarda Viktor pour savoir ou il souhaitait en venir.

- Cho. Ton ex petite amie.

Le blond se doutait bien qu'il parlait d'elle. Contrairement à Marietta, elle s'était faite plus discrète.

- J'imagine, oui.

L'étudiant reprit ce qu'il était en train de faire, ne comprenant pas pourquoi son ami lui parlait d'elle de cette façon. Peut-être que Viktor pensait qu'il avait encore des sentiments pour elle, ce qui n'était pourtant pas le cas du tout. Ou alors essayait-il de le caser avec une fille, dans l'espoir de s'excuser de ce qui s'était passé entre eux…

Viktor se posa devant la télévision, laissant Cédric vaquer à ses occupations.

- Tu veux faire du sport ? proposa Cédric alors qu'il le rejoignait dans le canapé. Il y a un terrain de football derrière, personne n'y va jamais.

- Tu veux que je t'apprrrrends à jouer au foot ? se moqua Viktor.

- Je te rappelle que j'étais le capitaine de mon équipe au lycée. J'étais un très bon joueur, se défendit le jeune blond.

- Je te crrrois. Tu me montrrres ?

- D'accord. Je vais préparer des sandwichs et des bouteilles d'eau.

Viktor décida de donner un coup de main à son ami. Lui prépara les sandwichs au fromage tandis que Cédric ajoutait deux pommes et des bouteilles d'eau dans le sac en bandoulière qu'il allait prendre. Puis les deux garçons allèrent se changer pour enfiler un short et un débardeur. Viktor ajouta une casquette et des lunettes de soleil, accessoires indispensable lorsqu'il sortait dans la rue. Cédric récupéra son ballon de foot qui datait du lycée dans son armoire et tous les deux étaient fin prêt à partir.

Un peu plus tard ils étaient sur le petit terrain de football. Comme Cédric s'y attendait, il n'y avait personne. Ils se posèrent sur un banc, à l'ombre, en dessous d'un arbre, et les deux jeunes hommes mangèrent leur casse croûte.

- Le soleil tape drôlement fort, remarqua Cédric. Ça change de ces derniers jours.

Et ainsi, ils reprirent une conversation des plus banales, tout en songeant à la pauvre Fleur qui devait se coltiner Cho et Marietta afin que cette dernière laisse Viktor tranquille.

Une fois leur déjeuner avalé, les deux garçons se mirent à s'échauffer en courant autour du stade. Cédric devait reconnaître quelque chose, ils n'étaient pas du tout au même niveau. Alors que cinq tours de stade n'avaient pas fatigué d'une once le bulgare, lui ressentait qu'il était déjà un petit peu essoufflé. Depuis qu'il avait quitté le lycée, il avait cessé tout entraînement.

Ils se mirent ensuite à faire quelques dribbles, puis se postèrent chacun leur tour devant le but afin d'arrêter le ballon qu'envoyait l'autre. Ils jouèrent ainsi pendant près de deux heures, dans la joie et la bonne humeur.

Cédric se défendait plutôt pas mal, mais Viktor devait faire attention de se retenir dans son jeu afin d'être au même niveau que l'anglais. Ce dernier s'en aperçu et s'excusa d'être un pauvre boulet. Mais ça ne dérangeait pas le bulgare, tout ce qui lui importait à lui c'était de passer un bon moment avec son ami.

En début d'après midi, alors que le soleil chauffait considérablement, Cédric s'écroula dans l'herbe, à l'ombre, épuisé. Il était essoufflé, ses joues rougies par la chaleur, des gouttes de sueur sur le front, sous les bras, dans le dos et sur le ventre. Le t-shirt de Viktor n'était pas mieux. Bien que lui semblait en parfaite forme, on distinguait clairement qu'il avait lui aussi dû faire des efforts, le soleil n'aidant pas.

- Je suis mort ! déclara Cédric. Je n'arriverais jamais à rentrer à l'appartement.

- Je peux te porrrter, dit avec amusement Viktor.

- Même pas capable ! défia l'autre.

Comme pour relever le défi, Viktor posa sa bouteille d'eau et attrapa Cédric qui était toujours au sol. Le blond n'ayant même pas la force de se débattre, Viktor réussit rapidement à soulever l'anglais et à le mettre sur son dos.

Cédric était complètement écroulé de rire, essoufflé, et ne cessait de demander à Viktor de le poser :

- Tu vas me faire tomber ! Arrêtes !

Mais Viktor qui s'amusait tout autant que son ami commença à courir sur le terrain et à faire le tour du petit stade. Il voulait montrer et prouver à son ami qu'il était capable de bien des choses s'il le lui demandait :

- Je peux te porrrter jusqu'à l'apparrrtement !

- Non ! Pose moi ! Je ne veux pas que les gens dans la rue pensent je ne sais quoi.

Viktor posa Cédric sur le sol et reprit son visage habituel, c'est à dire beaucoup moins souriant. Il avala une gorgée de sa bouteille d'eau et demanda :

- C'est si imporrrtant que ça pourrr toi le rrregard des gens ?

Alors qu'il reprenait son souffle, Cédric pensait à ce que venait de lui dire son ami. Il n'avait pas tord, depuis toujours, afin d'être le plus apprécié possible et de ne pas qu'on le déteste ou qu'on le juge, Cédric s'état efforcé de se convenir convenablement, comme la société le voudrait. Ce qui était stupide se dit-il, vu que ce désir de vouloir plaire – à ses parents, à ses amis ou aux autres – le conduisait à manquer des dizaines d'occasions d'être heureux.

- Ça ne l'est pas pour toi ? Que direz le public et tes fans si tu sortais avec un homme ?

La conversation sortait un peu de son cadre, Cédric le savait, mais il devait reconnaître que quoi qu'il voulait, il serait toujours question de cela. Viktor qui semblait gêné – mais aussi content – qu'ils en viennent à discuter de cela ne se démonta pas :

- C'est Karrrkaroff qui contrrrôle mon image. Je m'en fiche de ce que pensent les autrrrres de moi. Être avec un autrrre homme ne changerrra pas ma façon de jouer au football. Si les gens pensent que ça pourrrraît êtrrre le cas c'est qu'ils n'ont rrrien comprrris au sporrrt.

C'était la première fois que Cédric entendait Viktor faire une aussi longue phrase. Et les sentiments qu'il avait refoulé jusqu'à présent étaient en train de lui revenir en plein visage. Pourquoi ne pouvait-il pas penser comme Viktor ? Lui ne se souciait pas de ce que les autres pensaient.

- Et si… Si Karkaroff te virait de l'équipe à cause de ce que tu es ? Tu ferais quoi ?

- Autrrre chose. J'aime le football. Mais je ne pourrrais pas en fairrrre toute ma vie. Si ça devait s'arrrrêter, je rrreprrrendrais des études parrr exemple.

Cédric réalisa quelque chose. Le coach Bulgare avait bien plus besoin de Viktor que lui n'avait besoin de lui. Le courage du sportif était admirable. Mais il lui donnait une raison supplémentaire de se sentir stupide à l'idée de ne pas se laissez aller dans ce qu'il ressentait réellement pour lui.

Viktor s'approcha de Cédric. Ce dernier essayait de voir le regard de son ami, mais les lunettes noires et la casquette ne le lui permettait pas. Lorsque l'anglais voyait ses yeux, il se sentait rassuré comme si rien ne pouvait lui arriver. Mais il vit quelque chose qui le bouleversa tout autant. Son sourire. Ce fameux sourire qui l'avait troublé depuis la première fois, il y a une semaine. Alors qu'il reprenait une respiration plus normale, son cœur se mit à battre la chamade une fois encore, comme la veille au matin dans la salle de bain.

Il ne devait pas. Ils étaient dehors, même si le terrain était désert, ils étaient en public. Quelqu'un pourrait les surprendre. Ce n'était pas comme s'il aurait s'agit simplement de Fleur. Mais il en avait tellement envie. Il voulait goûter à nouveau à ses lèvres, sentir sa bouche contre la sienne, avoir son odeur sur lui.

Oubliant toutes ses craintes, Cédric avança de lui même plus près de Viktor et agit beaucoup plus rapidement que la veille. D'un bond, il embrassa Viktor. C'était plus fougueux que le baiser de la veille, il y mettait d'avantage d'envie et de passion. Bien que surpris, le bulgare y répondit bien volontiers, mélangeant à nouveau sa langue avec celle de celui pour qu'il craquait complètement depuis quelques jours.

Ce baiser – au goût de fromage, de pomme et à l'odeur bien masculine d'hommes qui venaient de faire deux heures de sport – s'arrêta brusquement lorsque Cédric dégagea ses lèvres et enleva sa main qui s'était posée sur l'épaule de Viktor.

Ce dernier s'attendait à ce qu'il prenne à nouveau la fuite ou qu'il s'excuse en disant qu'il ne voulait pas ou toute autre réaction similaire. Mais ce ne fut pas le cas.

- Me regarde pas comme ça. Tu peux porter le sac ?

Cédric lui tendit le sac en bandoulière et ramassa le ballon de football qui était toujours sur le stade.

- On devrait rentrer et établir un plan pour éviter Cho et Mademoiselle-je-veux-me-faire-Viktor-Krum.

Viktor se mit à rire en rejoignant Cédric qui marchait à l'envers et il se retrouva à la même hauteur que lui :

- Tu dis ça comme si tu étais jaloux.

- Je n'ai aucune raison de l'être, pas vrai ?

Attribuant son plus beau sourire, Viktor le rassura :

- Aucune.

Les deux jeunes hommes regagnèrent l'appartement en une dizaine de minutes, profitant du trajet pour établir milles et une façons de ne pas devoir être à l'appartement le soir venu.

A l'appartement, fort heureusement pour eux, les filles n'étaient pas rentrées. L'appartement était donc très calme. Cependant, l'odeur de transpiration que dégageaient les deux jeunes hommes se ressentaient vivement une fois enfermé dans l'appartement.

Cédric ouvrit la fenêtre de la pièce principale pour laisser entrer l'air frais. Il regarda ensuite Viktor :

- On devrait prendre une douche.

Viktor était d'accord avec cette idée. Tandis qu'il s'approchait de l'anglais il lui demanda très naturellement :

- Tu veux prrrendrrre ta douche avec moi ?

Cédric était gêné par la proposition tentante – mais surprenante – de son ami. Il baissa les yeux et Viktor aussitôt ajouta :

- Je ne voulais te gêner… Désolé…

- Non, non ce n'est pas ça c'est…

- J'ai comprrrris.

Viktor qui pensait qu'il allait devoir subir un nouveau discours sur l'amitié et la non attirance de Cédric se dirigea vers la salle de bain. Mais l'anglais le rattrapa rapidement. Ils étaient maintenant tous les deux devant la porte de la salle de bain. Cédric reprit la parole, mais si bas que Viktor devait tendre l'oreille pour l'écouter :

- On pourrait se doucher tout en gardant nos boxers… Un peu comme à la piscine…

Cédric se sentit honteux de proposer une telle chose. Ça ne lui ressemblait tellement pas. Du moins, il n'était pas prude, surtout en matière de sexe. Il lui était déjà arrivé de nombreuses fois de parler librement de ce sujet avec d'autres potes à lui. Mais ça concernait surtout le sexe avec des filles. Alors que là il indiquait clairement à un autre homme qu'il voulait partager sa douche – en tout bien tout honneur, certes – mais c'était une douche.

- Je te frrrroterrrais le dos.

Viktor semblait approuver l'idée de Cédric et les deux garçons entrèrent dans la salle de bain qu'ils fermèrent à clé. Soudain, une idée traversa l'esprit de Cédric :

- Et si les filles rentrent pendant qu'on est dans la douche ? Si Cho pense que j'étais en train de faire quelque chose avec toi et qu'elle le répète à d'autres ? Si ça vient aux oreilles de mes parents ?

Comme pour faire taire toutes les interrogations – inutiles – de Cédric, Viktor posa ses lèvres sur les siennes. Ce fut un simple baiser chaste, mais il fit taire toutes appréhensions de la part du jeune anglais. Viktor tira le rideau de douche et enclencha le robinet qui laissa tomber du pommeau accroché au mur l'eau dans la baignoire.

Le sportif enleva son débardeur qu'il laissa tomber au sol, puis ses chaussures, ses chaussettes et enfin son short. Le boxer du grand brun moulait à merveille ses attributs. C'est du moins la pensée que se fit Cédric alors que Viktor avait prit l'initiative de lui enlever son débardeur. Cédric – bien que timidement – enleva le reste de ses vêtements pour ne garder que ce qui cachait encore sa virilité aux yeux de son ami.

L'anglais fut le premier à entrer dans la baignoire. Viktor lui demanda de patienter deux petites secondes et il s'empara de son téléphone dans la poche de son short. Il écrivit rapidement un texto qu'il envoya aussitôt à Fleur.

« Fais en sorte de ne pas rentrer tout de suite. Laisse nous encore au moins une heure. »

S'il avait fait cela, c'était pour éviter que les craintes de son ami ne se réalisent. Plus que tout, il voulait protéger au mieux celui pour qui son cœur était en train de battre actuellement. Il pouvait comprendre la situation dans laquelle il serait si Cho venait à découvrir quoi que ce soit.

Il posa son téléphone près du lavabo et rejoignit sous l'eau son camarade qui lui demanda :

- Un sms ?

- Rien d'imporrrtant.

Viktor passa ses mains dans le bas du dos de Cédric et le serra contre lui. Les deux torses étaient maintenant collés l'un à l'autre tandis que Viktor déposait de chastes baisers le long du cou de l'anglais. Ce dernier fermait les yeux, appréciant les caresses des mains douces et fermes de son ami, tout comme les baisers enivrants le long du cou. L'eau tiède continuait à couler sur leurs deux corps. Cédric posa ses mains à son tour sur le corps du sportif. Il explorait son dos, ses épaules mais aussi son torse. Il restait fasciné par le corps de l'homme qui se trouvait face à lui. Même s'il n'avait que 18 ans, il avait tout d'un homme. Les abdos bien dessinés, les muscles saillants, les poils noirs qui recouraient son torse.

Il l'embrassa à nouveau, ses lèvres se frottant contre les siennes, ressentant le picotement de sa barbe non rasée depuis trois jours et son haleine si enivrante jusqu'à ses narines. Les différentes sensations que Cédric étaient en train de découvrir ne pouvaient le faire regretter son choix d'avoir accepté cet instant qui leur appartenait.

Viktor, lui, essayait d'être le plus délicat, ne voulant absolument pas brusquer les choses de peur que Cédric ne s'alarme. Il était tellement attiré par l'autre jeune homme que le respecter n'était en aucun cas un problème.

Ils se saisirent deux gants de toilettes et du savon, pour entreprendre de se laver – but premier de leur petite escapade dans la douche. L'un et l'autre s'amusaient à se frotter. Le dos. Le ventre. Le torse. Les épaules. Les jambes. Cependant, ils faisaient bien attention à ne pas toucher ou dériver vers la partie centrale de leurs corps, leurs entre-jambes.

Cédric n'était pas prêt à aller jusque là, il lui fallait tout d'abord du temps pour assimiler le fait qu'il aimait être en présence d'un homme et échanger caresses et baisers avec lui.

Les minutes défilèrent si vite qu'aucun des deux ne réalisa depuis combien de temps ils étaient entrés dans la salle de bain. Leurs peaux commençant à se friper au contact de l'eau, Viktor arrêta le jet d'eau et enlaça une nouvelle fois Cédric dans ses bras en lui déposant un rapide baiser sur les lèvres, puis sur le front :

- Tu es trrrès beau Cédrrric.

- Tu dis ça à tous les anglais que tu emmène sous la douche ?

- Non.

La réponse de Viktor était des plus sincères.

- On devrait sortir.

Cédric se dégagea de l'étreinte de son ami et attrapa deux grandes serviettes qui pendaient à côté de la baignoire. Il en tendit une à Viktor, garda l'autre pour lui, et ils sortirent de la douche pour avoir les pieds au sol, sur l'un des tapis de la salle de bain.

- Est-ce que tu veux en parrrler ?

- Non.

Cédric ne souhaitait pas qu'ils gâchent ce moment qu'il avait particulièrement apprécié en entamant une discussion. De toute manière, il ne pouvait pas y avoir de discussion. L'un habitait en Bulgarie, l'autre en Angleterre. Le premier était un joueur de football connu, le second un simple étudiant. De leurs physiques à leurs vie, tout les opposait.

Une fois qu'ils furent séchés, Cédric donna un dernier petit baiser à Viktor et il sortit de la salle de bain pour regagner sa chambre et s'habiller – ainsi que changer de boxer. Viktor attendit qu'il eut terminé et regarda son téléphone portable. Il avait un message de Fleur qu'il lut :

« Si je n'ai le droit à aucun détail, je vous trucide tous les deux. Bises. »