Titre : D'un rêve ou d'un sourire

Auteur : Alounet

Bêta : Farfadette

Rating : M

Catégorie : UA / Romance - Yaoi

Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory

Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.

Notes :Nouveau chapitre, et l'on arrive à la moitié de la première partie. Alors, soirée en prévision avec l'ex petite amie et son insupportable de meilleure amie. Là encore, il risque d'avoir quelques petites fautes qui trainent par ci par là. Quoi qu'il en soit je vous souhaite une bonne lecture, j'insiste encore, n'hésitez pas pour les reviews... Ça fait toujours très plaisir et encourage à poster la suite plus rapidement !

Les choses se déroulent toujours lentement ici. Cho et Marietta, inconsciemment, permettent quelques évidences pour Cédric. Fleur est vraiment géniale dans tout ça et la suite sera d'autant plus intéressante !

Nouvelle bêta pour ce chapitre ci, je vous demanderais d'applaudir et d'accueillir ma petite farfadette à moi ! Merci pour le temps passer sur les chapitres ^^


Chapitre 10 – « Je ne sors pas avec lui »

Le reste de l'après-midi – c'est à dire une fois que Cédric et Viktor se changèrent pour adopter une tenue plus correct – les deux jeunes hommes décidèrent de cuisiner. Bien que l'envie de fuir loin de l'appartement pour éviter à passer encore du temps avec Cho et Marietta se voulait grandissante, les deux amis décidèrent que la fuite n'était pas la meilleure solution. Si Marietta se faisait trop insistante, Viktor avoua qu'il la remettrait à sa place et si Cho abordait quelques sujets qui pourrait fâcher Cédric, celui-ci avait décidé de s'enfermer dans sa chambre pour bouder.

Afin de satisfaire le plus de monde possible, Viktor proposa de faire un gratin de pâtes aux gruyères. Tandis qu'il se chargeait de la sauce et de la viande bolognaise, il proposa à Cédric de s'occuper de la cuisson des pâtes. Le bulgare – aidé de son fidèle assistant – prépara ainsi trois plats. Chacun d'eux comportait une couche de parmesan au milieu et une couche de gruyère sur le dessus. Il posa tout dans le four, prêt pour une cuisson le soir venu.

Comme dessert, Viktor prépara un Kozonuak, spécialité bulgare que l'on sert notamment à Pâques et qu'il jugea correct pour que le plus de personne apprécie. C'est ainsi que l'après-midi passa à une vitesse folle.

Sans qu'aucun des deux n'entament une discussion sérieuse, les gestes et petites attentions ne trompaient plus entre les deux garçons. De temps à autres, Cédric passait sa main dans le dos de Viktor ou bien celui-ci déposait un doux baiser sur la joue de l'anglais. Seulement, l'un et l'autre savaient que lorsqu'ils seraient en présence des filles, ils reprendraient une attitude plus distante, pour éviter qu'elles ne se rendent compte de quoi que ce soit.

En fin d'après midi, la porte d'entrée s'ouvrit sur les trois jeunes femmes. Fleur, en tête, semblait exténuée et de mauvais poil. Visiblement, pour compenser d'avoir à passer la journée avec les adolescentes, elle ne lésina pas sur les achats dans les boutiques de vêtements. Les deux autres pouffaient de rire mais n'avaient pas autant d'achats que la française.

Fleur embrassa Viktor, qu'elle gratifia d'un clin d'œil, puis Cédric avant de déposer ses paquets dans sa chambre. Cho et Marietta avaient reprit leur calme et s'étaient installées dans les fauteuils du salon.

- Vous avez cuisiné ? sembla surprise Marietta.

- Surtout Viktor. C'est un vrai cordon bleu.

Fleur venait d'apparaître derrière Cédric.

- Ca ne vous embête pas si je propose à Bill de se joindre à nous ce soir ? Tu comprends, j'ai grandement besoin de le voir après cette journée éreintante.

Seul Cédric avait entendu la fin de sa phrase.

- Oui, bonne idée.

Fleur sortit son téléphone de sa poche et repartit en direction de sa chambre pour être au calme lors de sa conversation téléphonique avec son petit-ami.

Viktor se tenait toujours droit dans la cuisine tandis que Cédric avait les bras croisés, ne tenant plus, il demanda :

- Vous n'aviez pas quelque chose de prévu en début de soirée ?

- Si, répondit Cho de sa voix douce, mais c'est annulé. Ca ne t'ennuie pas que l'on reste avec vous ?

- Plus on est de fous, plus on rit, lança joyeusement sa meilleure amie qui était en train de feuilleter un magazine qu'elle avait trouvé sur la petite table de salon.

- Mais vous n'aurez pas eu l'occasion de visiter grand chose, c'est dommage.

Marietta leva les yeux de son magazine et regarda Cédric avant de poser les yeux sur Viktor en gardant ce même sourire de pimbêche :

- Viktor peut me faire visiter sa chambre s'il le veut…

Cho semblait gênée pour son amie tandis que Cédric serrait les poings. Seul Viktor le remarqua, il décida alors de faire comme il l'avait dit plus tôt, remettre la jeune fille en place pour éviter une crise de nerfs de la part de son ami.

- Je ne suis pas intérrressé. J'apprrrécie ton interrrêt pourrr moi mais c'est déplacé.

Il était extrêmement rare que Viktor remette en place une jeune fille qui lui faisait des avances. En général il préférait ne pas y faire attention. Cependant, il savait très bien que vis à vis de Cédric, ce n'était pas correct. Même si l'anglais se refusait à assumer ou avouer quoi que ce soit quand à leur… relation – si telle était ce qui pouvait définir ce qu'ils partageaient – il ne voulait pas lui faire de la peine en ne réagissant pas face à l'attitude de Marietta.

- Il n'y a rien de déplacé. Je suis jeune, jolie, tu sais, j'ai de l'expérience.

Elle était en train de faire quelque chose avec sa langue de répugnant pensa Cédric. La voir agir ainsi était au-dessus de ses forces, il préféra se rendre dans la cuisine pour se verser quelque chose à boire. Le voyant s'éloigner, Cho se leva à son tour pour le rejoindre.

Cédric la regarda et lui demanda :

- Tu veux quelque chose à boire ?

- Un jus d'orange, s'il te plaît.

Cédric ouvrit le frigo, attrapa un verre propre dans le lave vaisselle et servit ce que demandait la jeune femme. Il prit un second verre pour se verser également du jus d'orange.

- Tu vois quelqu'un en ce moment ?

Cédric se doutait bien que si elle s'était précipitée à la cuisine, c'était pour se retrouver plus ou moins isolés par rapport aux autres.

- Pourquoi ?

- J'imagine que je suis curieuse.

Cédric ne voulait pas lui répondre. Déjà, pour ne pas avoir à mentir, et ensuite parce qu'il était hors de question qu'il aborde le sujet Viktor.

- Et toi ? demanda par politesse le jeune homme.

- Non. Il y a bien un garçon qui s'intéresse à moi mais… Ce n'est pas toi.

Cédric manqua de s'étrangler lorsqu'il l'entendit prononcer cette phrase. Il retrouva son souffle avant de la regarder ébahit :

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Cédric, tu ne trouve pas qu'on a fait une erreur en se séparant. Je sais que… Tu es à Londres maintenant mais… On s'entendait bien tous les deux ?

Il est vrai qu'ils s'entendaient bien. Ils avaient quelques points communs, elle était intelligente – au contraire de sa meilleure amie – elle était plutôt jolie et possédait une parfaite éducation. Ce qui plaisait à ses parents.

- Ce serait une erreur.

- J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je veux dire… Quand nous avons…

Cho ne continua pas plus loin mais Cédric comprit qu'elle parlait de leur première fois, qui fut une catastrophe, tout du moins pour lui. Il n'avait pas réussit à… Se contrôler très longtemps, avait eu beaucoup de mal à trouver l'excitation nécessaire et… Tout lui laissa un goût amer. Ce qui était clairement différent de ce qui s'était produit le jour même dans la salle de bain. Bien que rien de compromettant n'ait eu lieu,, Cédric réalisa que sa petite parenthèse avec Viktor lui faisait plus d'effet que l'événement dont lui parla Cho.

- Pas du tout et… Ca me gêne de parler de ça…

Cédric essaya de s'éloigner pour rejoindre le salon, mais Cho l'arrêta :

- C'était très important pour moi. J'ai l'impression que ça t'amuse d'avoir…

- Non. C'est toi qui a insisté pour qu'on le fasse je te rappelle. Je t'ai dit que je pouvais attendre et tu savais très bien à ce moment là que je songeais à une séparation.

- Cela aurait dû nous rapprocher d'avantage.

- Mais ça n'a pas été le cas.

Comme pour mettre un terme à cet échange, Cédric reposa son verre de jus d'orange qu'il avait vidé. Tandis qu'elle le regardait regagner le salon où se trouvaient toujours Marietta et Viktor, Cho eut l'infime conviction que quelqu'un d'autre était entré dans la vie de Cédric. Ne voulant pas s'avouer vaincu, elle se promit de découvrir l'identité de cette autre fille et de se battre s'il le fallait.

Marietta était en train de faire du rentre dedans de plus en plus précis envers Viktor lorsque Cédric fut de retour dans le salon. Le sportif restait impassible, ne souriant pas au contraire, ses yeux exprimant à quel point il était agacé. S'il le pouvait, il irait se réfugier dans une immense bibliothèque, au calme, loin de cette fille.

Fleur était elle aussi de retour, le sourire retrouvé grâce au coup de fil qu'elle venait de passer :

- Bill arrive d'ici une demi heure.

Ce qui était une bonne nouvelle pour Cédric. Même s'il n'avait vu le banquier qu'une seule fois, il lui laissa une très bonne impression. Toute aide était la bienvenue pour les aider à surmonter cette soirée ou Marietta serait certainement encore plus agaçante qu'elle ne l'était déjà.

La française alluma la télévision et laissa un jeu télévisé qui, elle l'espérait, occuperait les deux invitées. Mais Marietta continua sa lecture tout en jetant des regards suggestifs à Viktor et Cho était en train de jouer avec son téléphone portable.

Un peu plus tard, l'interphone sonna, signifiant la présence de Bill. Fleur lui ouvrit et le rouquin arriva quelques instants plus tard dans l'appartement.

Les présentations d'usage faites par Fleur, cette dernière réalisa que Marietta était pire qu'elle n'aurait pu le penser. La jeune pimbêche était en train de faire de grands sourires à son petit-ami tout en lui indiquant d'où elle venait.

- Je précise que Bill est MON petit-ami, au cas ou l'information t'aurait échappée, précisa la blonde qui était en train d'éloigner le banquier de la jeune femme.

- Je voulais juste vérifier sa fidélité, répondit l'incongrue. Tu serais surprise de savoir combien d'hommes ont osé dépasser certaines limites avec moi alors qu'ils étaient déjà engagés.

- Je ne crois pas, non, rétorqua Fleur qui imaginait très bien de quoi elle pouvait être capable. Mais je suppose qu'ils sont tous retournés auprès de leurs compagnes après avoir obtenu ce qu'ils voulaient ?

Marietta se sentit vexée. L'allusion de la française était on ne peut plus clair. Elle n'était qu'une simple maîtresse de passage dont personne ne voulait pour se stabiliser. Ne voulant pas se laisser faire, elle demanda innocemment :

- Tu as connu beaucoup d'hommes avant Bill ?

- Pas assez pour rivaliser avec toi.

Fleur ne se laissait pas faire et si la jeune brunette voulait à tout prix déclencher une guerre, elle ne se laisserait pas faire.

- Je n'ai aucun problème pour assumer le fait que j'aime les hommes et qu'ils me le rendent bien, ajouta Marietta. Il faut arrêter de jouer les hypocrites, à nos âges, les mecs ne veulent qu'une seule chose.

Viktor, Bill et Cédric se mirent à sourire tout en se regardant. Visiblement, ils n'étaient pas le genre d'hommes que Marietta avait l'habitude de fréquenter.

- C'est vrai ? fit mine de réagir Fleur faussement étonnée. Cédric, Viktor, Bill, vous avez envie de coucher avec Marietta ?

La question était tellement surprenante qu'aucun des trois jeunes hommes ne répondit. Fleur tourna à nouveau son regard vers la brune :

- Je crois bien que tu as tord. Mais on ne peut pas plaire à tous les coups. Un apéritif ? demanda t-elle subitement pour changer de sujet.

Marietta resta muette et se plongea à nouveau derrière son magazine. Fleur l'avait profondément agacée. Elle détestait ce genre de filles ayant réponses à tout et dont elle ne pouvait pas contrôler la parole ou le mouvement.

La française servit une bière à chaque garçon et un cocktail sans alcool à Cho, puis à elle même. Ils étaient tous installés dans le salon. Marietta dans son fauteuil, Cho dans un autre, Fleur sur les genoux de Bill dans le canapé, tandis que Viktor et Cédric se tenaient à leurs côtés.

Cho s'intéressa au métier de Bill, pensant peut-être partir dans la finance une fois ses études au lycée terminé. Tandis que la discussion était surtout animée par Fleur, Bill et Cho, les deux autres garçons se concentraient sur la télévision. Le peu de place sur le canapé les forçant à se serrer le maximum, Cédric et Viktor tenaient sur eux les nombreux coussins que l'on trouvait d'ordinaire sur le divan. Si bien qu'en dessous des coussins, leurs deux mains étaient en train de jouer l'une avec l'autre sans que personne d'autre ne le réalise.

Alors qu'ils en étaient tous à leur second verre, Fleur intervint :

- Je commence à avoir faim.

Cédric se leva, posant les coussins là ou il était assis juste avant, pour se diriger vers la cuisine et s'occuper du four. Fleur jeta un regard vers Viktor et lui fit un nouveau clin d'œil. Ce dernier se demanda si son amie avait remarqué le petit jeu que les deux jeunes hommes avaient entreprit sous les coussins, puis se dit qu'il valait peut-être mieux être discret à l'avenir.

Marietta sortit de son mutisme lorsque Fleur se leva pour dresser la table en cuisine.

- Qu'est-ce que tu trouve à Fleur ? avait-elle demandée à Bill.

Gêné, le rouge monta aux joues du banquier, mais celui-ci se racla la gorge avant de répondre :

- Elle est spontanée. Directe. Vive. Elle ne se prend pas la tête, est très sensible. Elle est franche.

- Tu ne la trouves pas jolie je vois ?

- Si ! protesta Bill. Mais le physique n'est pas ce qui compte le plus dans une relation.

- Pour jouer les gentils Bisounours dans un cinéma, d'accord. Mais si l'on veut un peu d'action… Le physique est primordial. Je n'irais jamais coucher avec un mec comme Cédric.

- Pourrrquoi ? demanda Viktor d'une voix froide.

Il regretta presque d'être intervenu. Certes lui trouvait que Cédric était un très beau garçon, mais il n'avait peut-être pas à intervenir de cette façon.

- Il ne fait rien pour s'entretenir. Ses cheveux sont en pagaille, jamais coiffé. Il n'a pas la carrure d'un vrai sportif. Je ne vois pas pourquoi toutes les filles du lycée lui couraient après.

- Parce qu'il est mignon quand même, ajouta Cho qui se sentit vexée, étant elle même sortit avec lui.

- Le côté gentil garçon, premier de la classe, loyal et honnête, c'est pour les contes de fée. Dans la vraie vie, il faut bien plus que ça. Du charisme, du sex-appeal, une grande notoriété. Comme Viktor.

Elle était à nouveau en train de faire quelque chose de déplacé avec sa langue. Elle profita de la place vacante de Cédric pour se lever et s'asseoir à côté de Viktor. Elle posa sa main sur l'épaule du jeune homme et commença à le caresser :

- Je suis sûre que tu es un très bon coup.

- Marietta…

Cho savait que son amie était en train d'aller trop loin. Bill qui ne savait pas s'il devait réagir, resta muet, espérant que Viktor dise quelque chose. Mais alors que celui-ci voulut protester, Cédric était de retour dans le salon et remarqua la scène.

Son sang ne fit qu'un tour, la brunette était en train de dépasser les bornes. Il contourna le canapé, attrapa Marietta par le bras et la força à se lever pour l'éloigner le plus possible de Viktor.

- Je préfère t'avertir.

Bill, Cho, Viktor et Fleur – qui était également de retour dans le salon – restèrent sans voix. C'était la première fois qu'ils voyaient Cédric passablement énervé. Sa voix n'avait plus rien de doux ou de chaleureux.

- Quand tu es chez toi ou n'importe ou ailleurs, tu peux jouer les pimbêches aguicheuses autant que tu veux, mais pas ici. Si j'ai accepté que tu dormes chez moi ce soir c'est uniquement par amitié pour Cho.

Il se retourna alors vers son ex petite amie, toujours aussi énervé.

- Et toi, si tu n'es pas capable de tenir en laisse ta copine, il vaudrait peut-être mieux que vous trouviez un hôtel pour ce soir.

Il regarda ensuite Viktor, qui était toujours assis dans le fauteuil et qui ne vit rien venir :

- En ce qui te concerne, si tu as envie de te laisser peloter par Ca, ne réagis surtout pas !

N'arrivant pas à calmer sa colère qui se transformait presque en rage, Cédric quitta la pièce pour regagner sa chambre dont il claqua la porte violemment.

Durant un instant, tous restèrent muets sans bouger d'un cil. Fleur vit que Viktor s'apprêtait à se lever, sans doute pour rejoindre Cédric. Ne voulant pas que la situation s'aggrave d'avantage, elle lui demanda :

- Tu peux t'occuper de servir le repas ? Je m'occupe de Cédric.

Viktor s'apprêtait à protester, mais Fleur lui fit comprendre par son simple regard qu'il ne valait mieux pas en rajouter, sous peine que d'autre qu'elle comprenne de quoi il en retournait.

Elle frappa timidement à la porte de son colocataire avant d'entrer et de refermer la porte derrière elle. Cédric était allongé à plat ventre dans son lit, la tête enfouit sous les oreillers. La blonde se rapprocha de son lit et s'assit à ses côtés, posant délicatement sa main sur le dos du jeune homme.

- Ca va aller ?

- Je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Je crois que tu viens de vivre ta première crise de jalousie.

Cédric se tourna pour que sa tête puisse faire face à sa colocataire. Il semblait avoir retrouvé son calme bien que ses mains tremblaient toujours légèrement. Il passa ses mains dans ses cheveux et souffla un bon coup :

- Je crois que j'ai fait une connerie.

- Viktor va très bien comprendre que tu ne lui en voulais pas à lui. Cette Marietta est insupportable.

- Pas ça.

L'anglais se redressa et fit une pause avant de reprendre :

- J'ai embrassé Viktor.

Il vit que Fleur s'apprêtait à crier de joie, mais il l'arrêta aussi vite :

- Je sais ce que tu vas dire mais non. Ce n'est pas génial. Je n'ai fait que suivre une stupide envie provoquée par des hormones d'adolescent. Ca ne me ressemble pas. Je suis si pragmatique, tellement sérieux. Et là à cause d'un stupide rêve… Je m'en vais embrasser un autre homme.

- Tu ne dois pas avoir honte de ce que tu ressens ou de ce que tu pourrais être, tu le sais bien.

- C'est facile à dire pour toi. Tu sors avec un banquier, tout te réussit.

- Tu sors avec un sportif international, tu as fait mieux que moi ! riposta Fleur sur la plaisanterie.

- Je ne sors pas avec lui.

- Alors qu'est-ce qu'il y a entre vous ?

- Je n'en sais rien.

Fleur s'allongea à côté de Cédric en le prenant dans ses bras, sa tête posée sur l'épaule du garçon.

- On devrait les rejoindre pour manger, avant que cette folle furieuse ne se jette sur Bill.

- Je n'en ai pas envie.

- Moi non plus, mais tu me dois bien ça. Je te rappelle que j'ai passé toute la journée avec elles pour te laisser le champ libre avec Viktor.

Cédric regarda son amie en comprenant quelque chose :

- Le texto de Viktor, c'est à toi qu'il était adressé ?

Fleur se redressa pour sortir du lit et répondit à son colocataire :

- Il ne voulait pas que les filles arrivent et découvrent quelque chose qui aurait pu te gêner ou te mettre mal à l'aise. Il est plus attentionné que tu ne le penses.

Fleur attrapa la main de Cédric et l'obligea quasiment à se lever et à sortir de son lit. Elle lui fit une bise sur la joue, comme pour l'encourager, et tous deux regagnèrent le salon, puis la cuisine.

Viktor était en train de servir les six assiettes, dans un calme des plus effrayants. Cho, Marietta et Bill étaient déjà assis d'un côté de la table, les yeux fixés sur leurs assiettes.

Cédric croisa le regard du bulgare et tenta de le rassurer par un simple sourire. Ce qui fonctionna, Viktor adressant à son tour un sourire discret à l'étudiant et ils prirent place à la table.

Fleur tenta de rompre le silence gêné en lançant une nouvelle discussion :

- Qu'est-ce qu'il y a pour le dessert ?

Tous semblèrent soulagé que la française ait prit l'initiative de couper ce silence des plus gênants et Viktor répondit à la jeune femme. Il expliqua d'où venait la tradition du gâteau qu'il avait préparé.

- C'est plutôt rare de voir des hommes doués en cuisine, réalisa Bill. Chez moi ma mère s'occupe de tout.

- Peut-être que Viktor est gay, lança Marietta qui était en train de jouer avec sa fourchette.

- Serais tu homophobe par hasard, en plus d'être bête comme tes pieds ? demanda Fleur qui soutenait son regard.

- Je ne voulais pas lancer une nouvelle dispute, s'excusa Bill qui baissa les yeux sur son assiette.

- Tu n'y es pour rien, rassura Cédric dont le rouge montait aux joues.

- Pour te répondre, je n'ai rien contre les homosexuels, rétorqua Marietta, même si je trouve leurs pratiques répugnantes.

- Aussi rrrépugnant que de sauter surrrr n'imporrrte quel garrrçon à seulement seize ans ? demanda Viktor qui semblait aussi agacé que Fleur.

- J'en ai dix sept et je suis une fille, c'est dans ma nature d'être charmante pour les hommes.

Elle laissa tomber ses couverts sur la table et se leva.

- J'ai perdu l'appétit.

Elle se leva et disparut dans la chambre de Fleur avant d'en ressortir, sa veste et son sac sous le bras.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Cho qui paraissait surprise.

- Je m'en vais, ça ne se voit pas ?

- Mais pour aller où ?

- Loin de cette bande de dingues. Entre l'hystérique de blondasse, le gay refoulé et le psychopathe dégénéré, j'ai eu ma dose.

- C'est moi l'hystérique de blondasse ? se demanda Fleur à haute voix en regardant Bill.

Cédric, qui essaya de prendre tout ça à la rigolade, plaisanta :

- Je me suis pourtant bien contrôlé durant la soirée, jamais je n'aurais crû qu'elle découvrirait ma vraie nature.

- Cédric, fais quelque chose, supplia Cho qui ne voulait pas se retrouver seule et qui, sans doute, avait peur de ce qui pourrait arriver à Marietta si elle sortait seule dehors.

- Tu as raison.

Cédric se leva et se dirigea vers la porte d'entrée qu'il ouvrit et dont il tenait fermement la poignée, attendant que Marietta s'en aille. Cho se leva à son tour, se rapprochant de Cédric pour lui murmurer :

- Marietta ne pensait pas réellement ce qu'elle disait. Et de toute manière, Viktor n'est pas vraiment gay.

Cédric aurait voulu lui balancer clairement qu'il l'était et qu'il était fier d'avoir un ami homosexuel, mais il se mordit la langue pour ne rien faire. Le dire aurait donné une arme importante à Marietta contre son ami, ce qui aurait finit par détruire la carrière sportive de Viktor. Pour la première fois de sa vie, il mentit délibérément, afin de protéger Viktor, et il s'en ressentit d'autant plus fier :

- Non. Mais si Marietta veut partir, je ne la retiendrais certainement pas. C'est pareil pour toi si tu veux la suivre.

Cédric soutint le regard de la jeune japonaise et la vit s'éloigner jusqu'à la chambre de Fleur et en ressortir, veste et sac sous la main. Alors que Marietta s'avança vers la sortie, elle regarda Cédric en lui disant :

- J'avais réservé une chambre d'hôtel de toute manière. J'ai dit à Cho qu'elle se faisait une mauvaise idée de toi, une fois encore, j'avais raison.

- Tu n'as même pas idée, souffla Cédric qui paraissait le plus serein du monde.

En sortant, Cho regarda une dernière fois Cédric, espérant peut-être qu'il la retiendrait. Mais il n'en fut rien. Elle sortit à son tour et Cédric referma la porte.

- Qui veut plus de pâtes ? demanda Fleur d'un grand sourire, sa joie étant revenue aussi vite que les filles avaient quitté l'appartement.