Titre : D'un rêve ou d'un sourire

Auteur : Alounet

Bêta : Farfadette

Rating : M

Catégorie : UA / Romance - Yaoi

Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory

Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.

Notes :Voici le douzième chapitre ! Déjà, un grand merci à mes fidèles revieweurs ! Lyly, Koi, PoisoneAnnah et les autres. Ainsi que celles et ceux qui ajoutent mon histoire dans leurs favoris ou leurs Alerts à suivre. Tout ça me touche évidemment, et... n'hésitez pas à continuer ! Egalement, il y a ces revieweurs anonymes, que je ne peux pas remercier et à qui je ne peux pas répondre car ils ne sont pas inscrits, donc je vais le faire ici. D'ailleurs, n'hésitez pas à laisser vos mails que je puisse vous remercier !

Lushiita : Un énorme merci ! Ta review m'a bien touché ! C'est vrai que comme tout auteur, j'aime les reviews et je m'imagine en avoir des centaines, mais en avoir comme j'en ai déjà maintenant c'est déjà incroyable pour moi. Je suis content de voir que l'histoire te plaise, que la direction que je prends également. J'essaye de m'appliquer au mieux et je suis content que ça marche :) Viktor oui, c'est un peu l'idéal masculin de beaucoup de personnes... Mais, personne n'est tout beau, tout parfait dans la vie. C'est aussi ça que j'essaye d'amener dans l'histoire. Que tout le monde a ses blessures et ses défauts. Sinon, je t'encourage à lire du Digimon ! Bon je prêche un peu pour ma paroisse étant donné que c'est mon animé préféré (les épisodes sont en vost sur le net je crois ^^), mais certaines de mes autres histoires remontent d'il y a quelques années je crois. Donc ce n'est peut être pas aussi bien que cette histoire ci qui est pour moi, ma préférée et ou je me débrouille le mieux je crois. En tout cas, j'espère te relire sur les prochains chapitres ^^

Shaabynh : Une lectrice de l'ombre ? Génial ^^ Merci pour ta review, elle m'a donné le sourire ! Je suis content que la relation te touche et qu'elle te convienne comme je la décris. Merci à toi :)

Amy : Merci à toi et une bonne lecture :)

Koi ING : Bon je te cite aussi bien que je t'ai répondu à tes reviews génialissimes et trop gentilles ! Merci à toi d'être un lecteur fidèle et assidu et de m'encourager comme tu le fais... Et merci aussi pour la correspondance :p

Lyly-chan : Ah ma fidèle de chez fidèle ! Merci à toi de me donner tes impressions sur les chapitres et de me suivre aussi ! Pleins de bisous !

Farfadette : Merci à toi de me relire quatre fois par chapitre xD

Dans ce chapitre, nous aurons la première apparition d'un personnage féminin qui aura sa petite importance dans notre histoire. Elle est jeune et blonde, de qui s'agit-il ? Sinon, de nouveaux rebondissements dans la vie de nos trois amis. Chacun avance dans son petit bout de vie. Une bonne lecture à tout le monde, en espérant vous retrouver de plus en plus nombreux dans les reviews ^^


Chapitre 12 – « A ce soir »

Du lundi matin, la journée s'annonçait fortement chargée pour les trois jeunes gens dans l'appartement. Pour commencer, Fleur qui prenait de plus en plus de responsabilités dans la pièce de théâtre, avait promis de s'occuper des décors avec Madame Maxime. Après cela elle devait répéter ses chansons, la pièce devenant de plus en plus musicale au fur et à mesure que les jours passaient. Fort heureusement, Fleur possédait un beau filet de voix, une bonne justesse et une puissance qu'elle pouvait obtenir en travaillant.

C'est naturellement qu'elle fut la première levée. Elle expliqua brièvement le contenu de sa journée aux garçons qui émergèrent de leur chambre en les embrassant, leur souhaitant bonne chance et en quittant l'appartement une tartine dans la bouche.

De la chance, ils en auraient bien besoin songèrent-ils au même instant. Cédric avait son rendez-vous au Chicaneur l'après midi même. Il pensait aux différents conseils que Viktor avait pu lui donner. Ce dernier connaissait assez bien la famille Lovegood. Bien qu'ils soient un peu loufoques, c'était de braves gens.

Même s'il partait avec un avantage certain – du piston – Cédric ne se sentait pas rassuré pour autant. Il ignorait ce qu'ils lui demanderaient exactement et si son profil conviendrait bien maintenant que Madame Lovegood aurait l'occasion de faire plus ample connaissance avec lui.

Viktor – lui – n'allait rien subir de comparable. C'était sans doute pire. Son équipe de football et leur entraîneur – Igor Karkaroff – arrivaient le matin même. Dans quelques jours, ils devraient disputer un match les opposant à l'équipe de l'Angleterre. Cette dernière avait proposé aux Bulgares de s'entraîner la semaine même sur le terrain ou ils s'affronteraient, au Wembley Stadium, qui était géré par l'équipe locale.

Bien que la perspective d'enfiler à nouveau son maillot et de se retrouver sur le terrain le réjouissait, celle d'entendre les reproches de Karkaroff quand à son départ avancé en Angleterre pour rejoindre ses amis, le fit déchanter.

Les deux jeunes hommes prirent leur petit déjeuner dans le plus grand silence, l'un et l'autre songeant à ce qui les préoccupaient. Puis chacun leur tour ils se rendirent dans la salle de bain avant de se changer.

- Je vais prrrendre un taxi et me rrrendre dirrrectement au stade, avait répondu Viktor lorsque son ami lui demanda par quel moyen il partirait.

- Tu as rendez-vous à quelle heure ?

- 13 heures. Et toi ?

- 14 heures.

Le reste de la matinée, ils visionnèrent deux épisodes de Lost avant de déjeuner. Ils engloutirent rapidement le reste des pâtes de la soirée de samedi et bientôt, le taxi de Viktor se trouvait juste en bas.

Le sportif s'empara de son sac de sport dans lequel se trouvait tout son matériel et se dirigea vers la porte de l'appartement. Cédric le suivit, d'un pas hésitant.

- On se voit ce soirrr ?

Cédric approuva d'un signe de tête mais n'arrivait pas à sourire. Après avoir passé toute la journée de la veille collé à Viktor, il lui paraissait étrange de devoir s'en séparer. Durant un bref instant, il eut même l'impression qu'il le perdrait ou que quelqu'un voudrait lui voler sans qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, étant donné qu'il ne voulait dévoiler leur relation à personne. Même le mot relation lui paraissait étrange pour les définir.

- Un sourrrirrre ?

Viktor en avait besoin. Voir le visage lumineux de son ami lui donnait de la force et du courage pour affronter cette journée de retour à la réalité. Cédric montra ses belles dents au sportif et s'approcha de lui pour lui déposer un petit baiser.

- A ce soir.

Viktor se mordit les lèvres. Lorsqu'il sentait la bouche de Cédric contre la sienne ses sens se développaient et il voulait à chaque fois prolonger le baiser. Mais il devait partir sinon la voiture en bas s'impatienterait. En lui adressant un bref signe de la main, le joueur s'en alla.

Seul dans l'appartement, Cédric en profita pour débarrasser la table et bientôt, ce fut à son tour de partir.

Le Chicaneur se trouvait à une bonne demi heure de l'appartement en transports en communs. N'y étant jamais allé, il voulait prévoir large. Il fut ravit de découvrir que l'école dans laquelle il entrerait se trouvait dans le même secteur géographique. Étant donné qu'il devrait jongler d'un endroit à l'autre – s'il était embauché – tout lui parut fort pratique.

Bien qu'il n'y fit pas attention au tout début, il se rendit compte en sortant du métro que quelques personnes lui jetaient des drôles de regards. Juste quelques personnes. Mais le blond sembla penser que c'était le fruit de son imagination et il n'y songea plus.

Le Chicaneur était un étrange bâtiment. Vu de l'extérieur, la façade très coloré ne semblait pas indiquer qu'on tenait un magazine à l'intérieur. Pourtant, lorsqu'il pénétra dans le hall, il se rendit compte que le bâtiment était plus grand qu'on ne pouvait le penser. Il y avait un tas de personnes dans les locaux, mais une très bonne ambiance semblaient régner. Cédric entendit distinctement des rires et des plaisanteries provenant des différents bureaux. Du hall, on pouvait apercevoir les deux étages supplémentaires que l'on gagnait à l'aide d'escalier se trouvant à gauche de la standardiste.

Cédric arrêta son regard sur cette fameuse jeune fille qui se tenait derrière un bureau, un exemplaire du magazine à l'envers. Lorsqu'il s'approcha d'elle, il se rendit compte qu'elle était drôlement jeune – plus jeune que lui. Elle avait de grands yeux ronds, un air ahurit qui semblait indiquer qu'elle provenait tout droit d'une autre planète, des boucles d'oreilles en forme de radis et surtout – ce qui le fascina – de très longs cheveux blonds emmêlés – presque sales – et un crayon à l'oreille.

Alors qu'il resta quelques secondes à la scruter, la jeune fille leva ses yeux vers lui et annonça d'une voix très douce :

- Bienvenue au Chicaneur. Si vous souhaitez révéler l'existence d'une créature inconnue, vous pouvez prendre un formulaire et le remplir. Pour toute autre demande, vous pouvez vous adresser à moi.

La jeune fille lui semblait être complètement folle. Peut-être s'agissait-il d'une blague. La véritable standardiste devait se trouver ailleurs et cette gamine se voulait peut être drôle.

Essayant de ne pas se décontenancer, Cédric se racla la gorge, changea son dossier de main et s'annonça :

- Cédric Diggory. J'ai un entretien avec Madame Lovegood à 14 heures.

La jeune fille se leva si rapidement de sa chaise que Cédric en sursauta. Elle laissa tomber son magazine sur le bureau – et Cédric constata qu'une partie était écrite à l'envers.

- Tu es la groupie de Viktor ?

Cette fois, le garçon se sentit offensé. Il n'était pas la groupie de Viktor et surtout, comment cette fille pouvait savoir qu'il connaissait Viktor.

- Amanda dit que tu es très drôle. Personnellement, je ne trouve pas. Tu es bien trop sérieux. Ce n'est pas comme si tu avais était infesté par un Nargol. Ils parasitent le cerveau plus rapidement qu'on le croit, je l'ai dit à papa l'autre jour.

Cédric se demanda ce qu'était un Nargol avant de réaliser que tout ce que disait cette fille n'avait ni queue ni têtes. Il commençait à s'impatienter, d'autant plus lorsque la jeune fille prit un objet sur le bureau. Il s'agissait d'une sorte de loupe, avec laquelle elle scruta le visage de Cédric tout en s'approchant de lui.

- Tout semble aller pour le mieux. Viktor a dû te faire boire un antidote de désinfection. Il m'a aidé à en préparer l'autre jour.

- Luna ! Ma chérie, pourquoi ne m'as tu pas prévenu que Monsieur Diggory était arrivé ?

Face à lui, descendant l'escalier, Amanda Lovegood arriva, une tasse de café à la main. Il reporta aussitôt son attention sur la jeune blonde. Luna. Viktor lui avait en effet parlé d'elle, elle était la fille du rédacteur en chef et donc la belle fille de Madame Lovegood. Seulement, le bulgare avait oublié de lui préciser l'étrangeté de la jeune fille. Surtout que visiblement, ils leur arrivaient de concocter des choses ensemble.

Cédric tendit sa main vers Amanda qui lui serra très chaleureusement en lui offrant son plus beau des sourires.

- Vous avez rencontré ma belle-fille, Luna. Elle est charmante, n'est-ce pas ?

Ne voulant pas répondre et dire qu'elle était surtout effrayante, le blond se contenta de sourire poliment en acquiesçant.

- Notre standardiste est en vacances. Comme il n'y a pas foule en août, Xenophilius a trouvé qu'il serait sympathique pour notre petite Luna de garder le fort. Vous me suivez ? Nous serons plus à l'aise dans mon bureau.

- Au revoir Cédric !

Luna était en train de lui faire de grands signes de la main, que Cédric lui rendit plus discrètement alors qu'il montait l'escalier.

Rapidement, le jeune homme se retrouva dans le bureau de la femme du grand patron. Son bureau était désordonné. Un tas de documents traînait en tout coin, les murs étaient recouverts de différentes articles ou photos et même la chaise sur laquelle il finirait par s'asseoir était pleine de bric à brac.

Amanda enleva rapidement le bazar, puis prit place devant son ordinateur en indiquant à Cédric de s'asseoir.

Après son étrange rencontre avec Luna, le rendez-vous lui sembla moins inquiétant. Durant près d'une heure, il discuta avec Madame Lovegood. De son envie d'écrire, depuis son enfance, à son ambition de devenir journaliste. De sa future école, la façon dont il l'avait choisit, ou encore ses passions et son intérêt pour toutes sortes de choses. Amanda semblait ravit d'en apprendre d'avantage sur le jeune homme et Cédric lui indiqua :

- Vous savez, si je ne conviens pas pour le poste, j'espère que vous ne me ferez pas une faveur parce que je suis un ami de Viktor.

- Pour être franche avec vous…

Amanda croisa les bras et posa son regard sérieux sur l'étudiant :

- Je vous aurai engagé même si vous ne faisiez pas l'affaire, par sympathie pour Viktor. Nous sommes le seul magazine à qui il accepte de donner des interviews. Mais… Vous serez ravit d'apprendre que votre profil est parfaitement celui que nous recherchons.

Cédric remercia la franchise de sa nouvelle patronne, et ils continuèrent de discuter des différentes modalités. Cédric ouvrit sa pochette et donna les conventions qu'il faudrait faire signer ainsi que l'emploi du temps tel qu'il était prévu par l'école.

- 9h00 – 13h00 pour vos cours, puis 14h00 – 18h00 comme horaires fixes au bureau. Ça vous convient ?

- Bien sûr.

- Vous vous doutez qu'en tant que journaliste, certaines soirées ou différents week-ends devront passer aux oubliettes ?

- Bien entendu. J'ai parfaitement conscience de cela.

Amanda indiqua qu'elle contacterait l'école à la fin du mois pour indiquer sa fréquence de compte rendus puis demanda à Cédric de lire chaque semaine le Chicaneur en détail pour le reste du mois. Ainsi il se ferait une idée plus globale du magazine et pourrait réfléchir à quelles rubriques il souhaiterait s'intéresser en particulier.

Alors qu'il quittait les bureaux, il repassa à l'accueil ou Luna l'arrêta :

- Tiens. Le Chicaneur. Tu devrais le lire.

- Merci.

Il prit le magazine des mains de la jeune fille et vit sur le bureau l'exemplaire d'un autre magazine, celui-ci plutôt spécialisé dans les scandales et les peoples. Ses yeux s'arrêtèrent sur la couverture…

Viktor arriva au Wembley Stadium à 13 heures tapante, il n'aurait pas pu faire mieux. Il demanda son chemin pour rejoindre les vestiaires à l'un des vigiles et retrouva quelques minutes plus tard quelques co-équipiers dans l'un des couloirs.

- Viktor ! Alors, tu t'es prrris des vacances ? demanda Nikolaï, un beau brun ayant le même accent que lui.

- Oui.

Viktor lui serra la main – ainsi qu'aux autres qui se trouvaient dans le couloir.

- Karkaroff avait l'air furieux, ajouta Andreï, un jeune homme aux cheveux châtains. T'aurais pas dû le mettre en colère ?

- Non.

Viktor ne voulait pas épiloguer là dessus et il retrouva rapidement son calme habituel. Il ne discutait jamais vraiment avec les autres. Il s'entendait bien avec chacun d'entre eux, mais ne voulait pas s'en faire des amis.

Une fois dans les vestiaires, tous les joueurs se changèrent pour revêtir leurs t-shirts aux couleurs de la Bulgarie : blanc, rouge et vert. Quelques instants plus tard, Karkaroff arriva à son tour dans les vestiaires. Il n'adressa pas un seul regard à Viktor, préférant de suite enchaîner sur un discours. Il était important pour toute l'équipe de donner le meilleur de soi même. Ils auraient le stade chaque après midi de la semaine, l'équipe d'Angleterre préférant s'entraîner le matin. Puis il ordonna à toute l'équipe de faire cinq tours de terrains pour s'échauffer.

Alors que Viktor était le dernier à sortir, Karkaroff l'arrêta d'un mouvement brusque de la main. Le sportif ne baissa pas les yeux, défiant le regard de son coach. L'homme claqua de son autre main quelque chose sur le ventre du grand brun. Ce dernier se saisit du magazine qu'il lui tendait, et le déplia pour jeter un œil à la couverture.

Rien n'aurait pu être pire. Une photo de lui, dansant gaiement avec Cédric et Fleur autour de lui, faisait la Une du magazine. Nul doute que ce cliché provenait de la soirée du samedi dans le club. L'amateurisme de la photo indiquait qu'elle fut prise à l'aide d'un téléphone portable. L'article signé Rita Skeeter – une horrible petite femme blonde à lunettes et aux lèvres pincées a qui il eut déjà plusieurs fois à faire – donnait pour titre « Viktor Krum, le briseur de ménages ».

- Tu as une explication ?

Viktor ouvrit le magazine et se rendit dans les premières pages à la double page qui lui était consacrée. Plusieurs clichés le montrait en train de danser, entouré de Cédric et Fleur. Il semblait très proche du garçon sur certaines photos, puis de la jeune fille sur d'autres clichés.

Tandis qu'il parcourait l'article, il vit rapidement que Rita Skeeter dénonçait le fait que le sportif bulgare ait délibérément dragué une jeune fille prude – Fleur – sur le point de se marier avec un beau blond séduisant – Cédric – afin de mettre la discorde dans ce petit ménage en s'installant chez les jeunes amoureux qui vivaient paisiblement au centre ville de Londres.

Rita rappelait aussi dans son article les prétendues fiancées a qui on l'avait déjà casé et se demandait s'ils n'étaient pas tout simplement en train de fonder un ménage à trois, vu l'attitude troublante du bulgare envers le jeune anglais. Rita n'oublia pas de mentionner une amie très proche du couple d'où elle tenait les informations, Marietta, la fameuse photographe amateur.

Le grand brun n'entendit même pas Karkaroff lui poser une nouvelle question. La seule chose à laquelle il pensait, c'était de savoir comment réagiraient Fleur et Cédric en découvrant tout ça. Lui avait l'habitude d'être exposé de la sorte, mais pas eux. Surtout si les proches et la famille de ses amis tombaient sur ce magazine, ils se retrouveraient avec des dizaines de questions.

- Viktor ? Tu m'écoutes !

La voix froide et sévère de Karkaroff parvint jusqu'aux oreilles du joueur qui sortit de ses pensées. Son coach ne semblait toujours pas avoir décoléré :

- Je t'avais pourtant prévenu de ne plus revoir ce garçon, continua t-il en murmurant énervé, comme s'il avait peur qu'on l'entende.

- Cédrrric est un ami.

- Je ne veux pas le savoir ! scanda l'homme. Je veux que dès ce soir tu nous rejoigne à l'hôtel et que tu cesse de te comporter comme un adolescent. J'ai investit bien trop d'argent sur toi pour que tu viennes tout gâcher avec tes enfantillages.

- Et si je rrrefuse ?

De mémoire, c'était la première fois que Viktor s'opposait à une décision – ou un ordre – de son coach. Jusqu'à présent, il l'avait toujours laissé régir sa vie sans trop objecter. Mais cette fois-ci, il s'attaquait à quelque chose qui lui était précieux.

- Ne me pousse surtout pas à bout.

Igor venait de fermer la porte des vestiaires et fusilla Viktor du regard.

- Je te signale que la saison arrive à son terme. Si tu veux que ton contrat soit renouvelé à la fin du mois, je ne veux plus de ça !

Il venait d'arracher violemment le magazine des mains de Viktor.

- Je vais devoir faire des pieds et des mains pour arranger cette connerie. Tu peux me remercier. Il me reste des amis influents.

Le sportif n'avait pas songé un seul instant que son contrat avec l'équipe de Bulgarie se terminait sous peu. Pourtant, à la fin du mois, il devrait négocier son nouveau salaire et s'engager une année supplémentaire avec le coach Karkaroff. Mais pour l'instant, c'était son dernier soucis. Une fois encore, seule la pensée de Cédric lui trottait dans la tête.

- Je rrreste chez Cédrrric et Fleurrr, dit-il d'une voix ferme.

- Pardon ?

- Tu m'as bien entendu. Je dois te rrrappeler que d'autrrres clubs m'ont fait des prrropositions de contrrrats. Je pourrrais trrrès bien en accepter à la fin de la saison.

Viktor se surprenait lui même de défier de la sorte son coach qu'il avait pourtant toujours respecté et admiré. Le Bulgare l'attrapa par le bras et le fusilla à nouveau :

- C'est une menace ?

Le sportif dégagea son bras et ouvrit la porte des vestiaires en tenant toujours le regard de Karkaroff. Puis il lui répondit :

- Nous verrrons bien.

Puis il se dirigea vers le terrain ou ses co-équipiers étaient toujours en train de continuer leur entraînement. Tandis qu'il entreprit de les rejoindre en courant autour du stade, il aurait voulu crier pour évacuer sa rage. Cédric et Fleur allaient peut-être lui en vouloir d'avoir était exposés ainsi dans les médias. Tout ça à cause de cette Marietta et cette Rita Skeeter. Mais pire que tout, il songeait à abandonner l'équipe, les quitter à la fin de la saison. Jamais il n'aurait pensé ne serait-ce qu'y réfléchir. Mais Karkaroff allait de plus en plus loin. Si ces derniers mois il avait tenu lorsqu'il le privait de sa propre vie, il ne continuerait pas en interférant dans ses relations avec Cédric.

Alors qu'il trottait toujours le long du stade, il songea à ce que serait sa vie, s'il n'était pas connu, ni sportif. Peut-être qu'il lui serait permis d'être avec Cédric beaucoup plus facilement, sans qu'il n'ait une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Peut-être aussi qu'il pourrait se permettre d'aider Cédric à s'accepter et à s'assumer aux yeux de tous.

Le soir venu, chacun des trois jeunes de l'appartement attendaient leur retour avec impatience. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, Fleur passa une horrible journée. Beaucoup de gens l'avaient reconnu via le magazine qui fut publié le matin même. Si durant toute la matinée, Fleur ignora constamment les commentaires à son passage, elle déglutit lorsqu'elle se prit une pause déjeuner avec Madame Maxime. Sans savoir comment ils s'y étaient pris, le fan club de Viktor avait retrouvé sa trace alors qu'elle déjeunait sur la terrasse d'un café. Les midinettes lui avaient jeté des exemplaires du magazine people à la figure avant de l'insulter.

Madame Maxime dut faire intervenir les forces de police pour calmer le groupe et parvenir à rejoindre le théâtre. Après avoir lu l'article en question, Fleur comprit rapidement pourquoi les personnes qu'elle croisait lui disait qu'elle avait de la chance ou qu'elle était une traînée.

Bill l'appela même durant l'après midi.

- Tu as vu l'article ?

- Ne t'en fais pas, je ne crois pas un mot de ce qui est dit dedans.

- Si je tenais cette pimbêche de Marietta je lui ferais avaler le magazine !

- Tout ira bien. Tu veux que je passe ce soir ?

- Non. Tu dois aller à ton repas avec ta famille. De toute façon, il faut que je discute avec les garçons.

Madame Maxime déposa Fleur chez elle pour être sûr que personne ne l'accoste à nouveau dans la rue.

Lorsqu'elle arriva, Cédric était déjà rentré, assis dans le canapé face à la télévision. Un exemplaire du magazine se trouvait sur la table du salon. Fleur se laissa tomber à côté du blond.

- J'ai appelé Cho tout à l'heure, lui dit-il, elle dit qu'elle ne savait pas que Marietta irait vendre les photos.

- Comment a t-elle sût qu'on irait dans ce club précisément ?

- Une coïncidence d'après Cho. Ce qui tombe mal pour nous.

- Je te jure que je n'ai aucune vue sur Viktor. Par contre, j'attends ma bague de fiançailles, dit-elle en plaisantant.

La jeune femme parvint à rendre un petit sourire à l'étudiant qui avait lui aussi passé une mauvaise journée. Lorsqu'il était rentré chez lui, il ne cessait de se demander si les gens le regardaient et s'ils n'avaient pas lu ce fichu magazine.

- Des nouvelles de Viktor ?

- Non.

Ce n'est seulement qu'une heure plus tard que le sportif en question arriva à son tour à l'appartement. N'ayant pas les clés, il sonna à l'interphone et rejoignit les deux colocataires dans le salon.

Il sentait la transpiration à cause de l'entraînement intensif de son coach. Il posa son sac de sport près de la chambre et resta debout face au canapé, attendant la réaction des deux autres. Cédric se leva pour lui faire face. Lui non plus n'osait pas le regarder dans les yeux. Puis le bulgare attrapa son menton avec sa propre main et posa ses yeux dans les siens :

- Je suis désolé.

- Ce n'est pas de ta faute. Pour toi c'était comment ?

- Pas terrrrible.

Viktor jeta un œil à Fleur qui était toujours affalée dans le canapé. La française lui sourit, indiquant qu'elle pourrait faire face.

- Norrrrmalement dans quelques jourrrs, plus perrrsonne n'en parrrlerrra. Karrkarrroff va appeler quelques perrrsonnes.

Cela soulagea un petit peu les colocataires. Comme pour tout le reste, ils n'auraient qu'à subir cela durant une semaine. Mais une horrible pensée vint en tête pour l'étudiant. S'il décidait – sait-on jamais – d'entretenir d'avantage sa relation avec Viktor, le genre d'incident qui venait de se produire serait encore plus fréquent. Il serait alors lui aussi une personnalité publique. Chose qu'il ne se voyait pas assumer.

Mais ses interrogations furent interrompues par la sonnerie de son portable. Il le sortit de sa poche et décrocha rapidement en voyant le numéro :

- Allo ?

Il s'éloigna un petit peu tandis que Viktor s'asseyait à côté de la jeune femme.

- Tu sens mauvais.

Ne faisant pas attention à sa remarque, il demanda :

- Est-ce que tu es amourrreuse de Bill ?

Surprise par la question, la blonde se redressa et chercha ses mots avant de répondre :

- Euh… Oui. Je crois. Du moins… Ca ne fait pas longtemps, mais je l'aime oui.

- Tu t'imagines fairrre ta vie avec lui ?

- Ma vie je ne sais pas. Mais… J'ai envie d'essayer. Je sens que c'est la bonne personne avec qui je peux construire quelque chose. C'est pour ça que je prends mon temps. Du moins que j'ai pris.

Viktor la regarda interrogatif.

- J'aurais sûrement dû en parler à Cédric avant mais… Hier… Bill et moi… Ce n'était pas prévu bien sur. On était chez lui. Enfin, ça c'est fait naturellement.

Le bulgare posa son regard sur ses chaussures, surpris de la facilité avec laquelle son amie s'était confiée à lui.

- Tu l'aimes toi ?

Viktor la fixa à nouveau tout en comprenant qu'elle lui parlait désormais de Cédric.

- Je pense à lui tout le temps. Tout à l'heurrre, je me disais même que s'il me le demandait, je pourrrrais quitter l'équipe.

- Tu as peur que ça aille trop vite ?

- Non. J'ai peurrrr d'êtrrre trrrop attaché à lui. Je ne voudrrrais pas me trrromper.

- Mon conseil va te paraître très idiot mais… Écoute ton cœur. Après, d'un point de vu non objectif, Cédric est une perle rare. Je suis partisane du « profitons de la vie tant qu'on est en vie ». Ce serait bête de passer à côté d'une belle histoire pour un sport débile, sans vouloir te vexer.

Viktor retrouva le sourire. C'est vrai que le football était avant tout une passion pour lui. Tôt ou tard il se devrait de trouver un métier plus sérieux. Peut-être que Cédric serait simplement un moyen de faire aller les choses un peu plus vite. Mais il pourrait toujours à continuer à jouer au foot, même en quittant son équipe actuelle.

L'anglais revint dans le salon, le teint plus pâle que tout à l'heure :

- Tout va bien ? demanda Fleur. Qui était-ce ?

- Mon père. Il vient me rendre visite jeudi.

Fleur écarquilla les yeux et n'eut pas à demander quoi que ce soit :

- Ma mère est tombée sur le magazine en faisant des courses et… Il s'inquiète.

Cédric n'en revenait pas. La veille au soir il avait décidé de tenter l'aventure avec Viktor, et même pas 24 heures après, Marietta s'arrangeait pour rendre les choses difficile et son père ne tarderait pas à s'en mêler.