Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Rating : M
Bêta : Farfadette
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cédric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes :Voici le 13ème chapitre. Prémisse d'un week-end riche en rebondissements. Comme vous le découvrirez dans ce chapitre, un dîner se prépare (il aura lieu dans le chapitre 15, mon chapitre préféré), et la longue liste d'invités vous fera sûrement sourire... Sinon, ici nous allons donc surtout nous concentrer sur Amos Diggory qui débarque dans la vie de son fils. Viktor et Cédric, ça n'avance pas, bien au contraire. Le jeune anglais est toujours dans ses doutes.
Sinon je remercie encore celles ou ceux qui me laissent des reviews. Ça me fait très plaisir. Si ça vous intéresse je publie en parralèle une histoire se déroulant dans le monde de Disney et impliquant tous les personnages des grands classiques de Disney. Le niveau n'est certainement pas celui de cette fic, mais c'est une bonne petite histoire à lire sans prises de tête.
Comme d'habitude, la review est ma meilleure amie. Elle me soutient et m'aime. Donc un petit clic en bas me comblera de joie. Bonne lecture à tous !
Chapitre 13 – « Ce n'est pas juste »
A partir du coup de téléphone du père de Cédric, les choses devinrent différentes à l'appartement. Pour commencer, l'arrivée de son propre père inquiétait le jeune homme. Il voulait savoir ce qu'en résultait réellement ce qu'il venait d'apprendre dans la presse. Était-il réellement fiancé à Fleur sans que personne ne le sache ? Qui était ce Viktor Krum ? Pourquoi semblaient-ils si proches tous les trois sur les photos ? Autant d'interrogation qui, venant de la part d'Amos Diggory, se transformeraient en véritable réquisitoire.
Amos Diggory travaillait au ministère, dans l'immigration. Bien que son fils unique soit ce qu'il ait de plus précieux à ses yeux, il avait une grande tendance à le mettre en avant lorsqu'il discutait avec ses collègues, persuadé qu'il était parfait et le meilleur en tout. Cette attitude exaspérait Cédric qui ne se trouvait rien d'extraordinaire.
Mais ce qui tracassait le plus l'étudiant, c'était que son père puisse découvrir l'attirance manifeste entre lui et Viktor. Bien décidé à ne rien laisser paraitre et à faire preuve de grande prudence – maintenant que la presse people s'intéressait aussi à lui – Cédric décida du lundi soir d'interrompre pour l'instant ce que lui et le bulgare étaient en train d'entreprendre.
Viktor ne cacha pas le fait qu'il était contre cette idée. Alors qu'il lui avait semblé faire un pas de géant la veille au soir, Cédric reculait à nouveau. Mais le sportif devait s'y attendre. Le moindre obstacle dans cette relation peu conventionnelle pouvait tout détruire, l'anglais n'étant pas encore vraiment prêt à se faire à l'idée.
Pour couronner le tout, le lendemain, la folie ne s'arrêta pas là. Viktor était toujours en froid avec son coach qui ne lui adressait quasiment plus la parole. Aussi, au lieu de devenir un exutoire dans lequel se défouler, les entraînement s'avéraient devenir une corvée, ce qu'il redoutait le plus.
Cédric, lui, préféra rester enfermé à l'appartement jusqu'au jeudi. Il ne voulait pas devoir affronter des regards insidieux ou le club de fan de Viktor très remonté depuis la parution des photos. Rita Skeeter tenta même de l'interviewer, mais Cédric ne prit pas la peine de lui ouvrir la porte.
Pour Fleur, la situation était aussi délicate. Lorsqu'elle se rendait à ses répétitions, Bill devait venir la chercher et la reconduire. Si Cédric n'était qu'une pauvre victime du tandem Viktor-Fleur selon la presse, la jeune française était une véritable garce. En plus de sortir avec une personnalité, elle était aussi coupable d'infidélité envers son cher et tendre.
Le mardi soir, elle dût expliquer au reste de la troupe qu'il ne s'agissait que de mensonges colporté par une fille jalouse et une journaliste sans scrupules.
Le mercredi ne fut pas plus brillant. Lorsque Viktor rentra après son entraînement, Cédric lui paraissait encore plus distant. Aussi, aucune discussion ne s'engagea. Les deux jeunes hommes se contentant de commencer la troisième saison de Lost.
Enfin, le jeudi, Cédric s'était entiché le matin même à faire le grand ménage. Il ne voulait pas que son père trouve à redire sur quoi que ce soit dans l'appartement. Fleur, bien décidé à le soutenir, annula sa répétition au théâtre et décida de rester avec son ami. Alors que Cédric rangeait sa chambre, Fleur profita d'un instant seule avec le sportif pour discuter :
- Tu verras, demain tout ira déjà mieux.
- Je ne sais pas.
Fleur venait de poser sa main sur l'épaule de Viktor en signe de réconfort.
- Dans l'esprit de Cédric, mettre le plus de distances entre vous c'est le seul moyen de se protéger de son père. Je ne le connais pas très bien mais… Il n'accepterait pas forcément de savoir que son fils aime un autre homme.
- Comme beaucoup de pèrrres.
Fleur se rendit alors compte qu'elle ne savait rien des parents de Viktor. Aussi lui demanda t-elle :
- Tu ne parles jamais de tes parents. Tu es proche d'eux ?
- Non. On ne se parrrle qu'aux anniverrrrsaires ou à Noël. Ils ne savent rrrien de moi.
- J'aurais pensé qu'ils étaient fier de toi.
- Sans doute. Mais, nous ne sommes pas prrroches.
Cédric arriva à son tour dans le salon et annonça en regardant son téléphone :
- Il est là.
Quelques minutes plus tard, l'anglais ouvrait la porte sur un homme plutôt grand, brun, habillé d'un élégant costume, des petites lunettes sur le nez. Il étreignit son fils en le saluant, puis regarda Fleur et Viktor.
La française fut dévisagée des pieds à la tête. Contrairement à la première fois ou elle l'avait vu – en emménagent – ou il s'était montré chaleureux, il aborda une attitude complètement différente. Froide.
- Fleur. Et vous devez être Viktor je présume ?
- Bonjourrr monsieur.
Amos ne releva même pas la salutation de Viktor et posa ses affaires dans les bras de Cédric qui s'empressa de les ranger. Monsieur Diggory avança dans l'appartement, comme s'il était en train de l'inspecter et qu'il cherchait quelque chose à dire.
La française et le bulgare restèrent debout, l'un à côté de l'autre, ne sachant pas s'ils avaient la permission de bouger ou non.
- Donc toi et Cédric…
Amos regardait dans leur direction. Mais aucun des deux ne sut qui il regardait réellement. Fleur s'empressa d'intervenir :
- Mensonge. J'ai un petit-ami. Bill.
Fleur semblait aussi tendue que Viktor. Ce qui était rare chez la jeune fille qui manifestait d'ordinaire beaucoup plus d'enthousiasme et de spontanéité.
- Quelque chose à boire Monsieur Diggory ?
- Un jus d'orange. Pressé.
Fleur évita toute remarque et se dirigea précipitamment en cuisine, bien contente d'enfin bouger.
- La Bulgarie, c'est un petit pays ?
- Nous avons plus de 7 millions d'habitants, répondit-il comme s'il devait se défendre.
- Et qu'est-ce que vous venez faire chez deux étudiants ? Vous n'avez pas les moyens d'aller à l'hôtel ? Vous êtes célèbre pourtant.
Viktor ne se formalisa pas. Certes, l'attitude du père de Cédric était désagréable au possible, mais il ne lui ferait pas la joie de lui montrer que ça l'agaçait.
- C'était prrrévu. Fleurrr et Cédrrric m'ont invité. J'ai accepté.
Viktor avait décidé de mettre en avant Fleur, afin que Monsieur Diggory pense plutôt qu'il était proche de la jeune femme et non de Cédric.
La française revint avec le jus d'orange pressé tandis que Cédric était toujours dans sa chambre, sans revenir.
- Et ton petit-ami n'est pas contrarié de savoir qu'un autre homme se trouve dans l'appartement ?
- Bill ? s'étonna Fleur. Pas du tout. Il n'est pas jaloux. En plus…
Soudain, elle s'arrêta. Idiote comme elle était, elle aurait pu causer une catastrophe en révélant quelque chose. Mais Monsieur Diggory n'eut pas le temps de relever quoi que ce soit, Cédric revint dans le salon.
- Tu restes dormir ici ce soir ?
- Je ne crois pas. Visiblement, cet appartement accueille déjà bien trop de monde. Ton petit-ami dort ici ? demanda t-il à nouveau à Fleur.
- Non.
La française jeta un regard plein de sous-entendus à Cédric, que ce dernier comprit instantanément.
- Je vais devoirrr parrrtir, annonça Viktor.
- Tu ne manges pas ici ?
Fleur lui faisait de grands yeux, espérant que le bulgare ne la laisserait pas seule aussi vite.
- Non. Je mangerrrais quelque chose au stade.
Rapidement, il prit ses affaires et salua Monsieur Diggory avant de partir. Une fois qu'il eut refermé la porte derrière lui, Amos se permit de s'asseoir à la table de la cuisine et reprit :
- J'ai vu la petite Cho cette semaine.
Cédric et Fleur échangèrent un regard avant de s'asseoir à leur tour. Monsieur Diggory continua :
- Elle semblait toute retournée. Vous vous êtes disputés ? Tu sais que sa mère travaille au ministère aussi ? Quelqu'un de très bien.
Fleur eut l'horrible impression que le père de son ami était en train de sous-entendre qu'il devrait renouer avec Cho.
- Nous avons rompu, répondit simplement Cédric. Et après ce qu'elle et Marietta ont fait.
Monsieur Diggory regarda d'un œil sévère les deux jeunes gens et reprit :
- La petite Cho n'était pas d'accord avec son amie. Mais au moins, cela m'aura permit de me rendre compte que visiblement, tu ne te débrouilles pas si bien que tu le prétends seul à Londres.
Cédric crispa ses mains sur son pantalon, se retenant de ne pas dire quelque chose par respect pour son père. Fleur intervint, sans aucune gêne :
- Il n'est pas seul. Je suis là. Et je peux vous dire que Cédric se débrouille très bien. Il a même trouvé l'entreprise dans laquelle il effectuerait son stage en alternance.
- Il m'en a parlé. Le Chicaneur c'est ça ? Il se prétend que ce n'est pas un journal très sérieux.
- Vous y avez déjà travaillé ? demanda Fleur sur un ton de défi.
Monsieur Diggory scruta la jeune femme comme un vulgaire insecte qu'il aurait fallut abattre rapidement.
- Je suis un haut fonctionnaire, je pense être plus à mène de juger la qualité d'un quotidien qu'une simple étudiante.
- Mais je n'ai pas jugé un seul instant le Chicaneur, rétorqua la jeune femme d'une voix toute aussi calme que si elle discutait de la pluie et du beau temps. Je me demandais sur quelles preuves vous appuyez votre discours.
- Je n'aime pas beaucoup ton attitude, jeune fille. Je te signale que tu n'es qu'une simple colocataire ici même.
Cédric qui avait laissé malgré lui le dialogue se poursuivre entre son père et son amie se décida à intervenir :
- Papa. Je sais que tu t'inquiètes pour moi, mais tu ne devrais pas. Tout va bien.
- Je me demande s'il était raisonnable de t'envoyer étudier loin de la maison.
- La seule école de journalisme qui soit valable se trouve à Londres, comment voulais-tu que je fasse ?
- Tu sais parfaitement qu'il y a une très bonne école à côté de la maison.
- Une école de droit ! se plaignit l'anglais d'une voix plus forte.
- Le droit est une très noble profession, je te l'ai toujours dit.
Cédric se leva brusquement de sa chaise, passant ses mains dans ses cheveux.
- Si tu es venu pour me faire changer d'avis, me faire repartir ou me dire qui je peux ou non fréquenter, je crois qu'il est préférable que tu repartes maintenant.
Amos se leva à son tour s'approchant de son fils du même regard autoritaire.
- Tout ce que je veux fils, c'est ta réussite. Et si je dois intervenir pour la préserver, oui, je n'hésiterais pas. Ta mère et moi t'aimons énormément.
Sa voix paraissait plus douce, ce qui atténua la colère de Cédric.
- Pourquoi ne viendrais tu pas passer le week-end à la maison ?
- J'ai déjà des projets.
- Ah ?
Monsieur Diggory attendait de savoir ce qui occuperait son fils.
- Viktor joue son match contre l'Angleterre samedi soir.
- Ce n'est qu'un match, et tu es toujours libre pour venir le dimanche, non ?
- En fait.
Fleur venait à son tour de se lever pour intervenir. Elle avait clairement comprit que Cédric ne voulait pas retourner chez ses parents pour les entendre le sermonner. Aussi inventa t-elle une histoire :
- J'organise un repas dimanche midi avec plusieurs personnes…
Elle cherchait à être le plus convaincante possible et ajouta :
- Il y a une très grande salle dans le théâtre ou je répète et… Cédric y est invité d'ailleurs.
Monsieur Diggory ne sembla pas remarquer que Fleur était en train de broder une histoire à dormir debout.
- C'est un repas important ?
- Oh oui. Cédric a invité son patron à se joindre à nous pour… Voir s'il serait intéressé d'une interview de… notre troupe…
- Fort bien. J'imagine que tu n'y verras aucun inconvénient si mon épouse et moi même se joignons à vous.
Là, Fleur fut prise au dépourvu. Jamais elle n'aurait imaginé que Monsieur Diggory proposerait une pareille chose. Surtout pas lorsqu'il ajouta :
- Je suis sûr qu'Oliver et Cho seraient ravit de venir également. Je leur en parlerais demain.
Cédric fit de gros yeux à la française sans que son père ne s'en aperçoive pour qu'elle cherche une idée pour les sortir de là.
- Bien sûr. Avec plaisir.
La blonde se tût aussitôt et se dirigea vers les fourneaux pour préparer à manger tout en songeant à comment elle parviendrait à monter ce déjeuner de dernière minute en arrivant à convaincre Madame Maxime et les Lovegood.
Cédric qui savait très bien qu'il était impliqué jusqu'au cou dans la pirouette scénaristique de son amie, changea le sujet pour parler des dernières nouvelles de leur village et du travail de son père.
Le déjeuner passa rapidement, puis au cours de l'après-midi Monsieur Diggory indiqua qu'il rentrerait étant donné qu'il reviendrait du dimanche. Fleur lui demanda si la route ne serait pas trop longue – il fallait au moins trois heures en voiture. Il la rassura, ne perdant pas la froideur qu'il avait à son égard, et prit congé.
Alors qu'il venait de franchir la porte, Fleur s'excusa une dizaine de fois auprès de son colocataire :
- Comment je pouvais imaginer qu'il souhaiterait se joindre à nous ? Comment je vais faire ?
- Je ne sais pas ! Annule ce dîner, mon père comprendra.
- Surtout pas. Il se rendrait compte que je lui ai mentit et il pensera que tu n'avais pas envie d'aller chez lui.
- C'est le cas.
- Enfin Cédric, c'est ton père. Et en plus il veut faire venir Cho ! Oh Cédric je suis vraiment…
Mais elle s'arrêta soudainement réalisant quelque chose :
- Mais voilà la solution ! Je reviens !
Fleur disparut dans sa chambre récupérer son téléphone portable et l'anglais l'entendit téléphoner à sa prof de théâtre, Madame Maxime. Puis elle enchaîna en passant d'autres coups de fils. A Bill, entre autres. Un peu plus tard elle rejoignit Cédric dans le salon :
- Madame Maxime est d'accord !
L'étudiant qui ne la comprenait pas attendit des explications :
- Je lui ai expliqué que tu ferais venir ton patron dans l'optique que le Chicaneur fasse un article sur notre représentation, qui comme tu t'en souviens, aura lieu dans un peu plus d'une semaine. S'offrir une publicité pareille elle n'y pensait même pas.
- Et… Tu compte aussi passer un coup de fil à Monsieur Lovegood ?
- Oh non, je ne peux pas m'occuper de tout, j'espère au moins que Viktor me donnera un coup de main pour le repas.
- Je n'appellerais certainement pas mon patron ! Hors de question !
Mais la française étant très persuasive, Cédric se retrouvait une demi heure plus tard avec Amanda Lovegood. Il présenta la chose comme un potentiel article intéressant pour le magazine et que ce déjeuner lui permettrait aussi de rencontrer Monsieur Lovegood et indiqua que Viktor serait présent, sachant que ce serait un élément décisif dans la balance. Après avoir raccroché, il s'en voulait d'avoir impliqué aussi le joueur de foot.
Tandis que Viktor revenait de sa journée d'entraînements, Fleur et Cédric étaient en train de discuter du déjeuner du dimanche et du nombre des invités.
- Ton pèrrre est parrtit ?
Cédric aurait parié qu'il y avait du soulagement dans sa voix. L'anglais lui expliqua alors qu'il reviendrait dimanche pour un déjeuner totalement improvisé de Fleur. Cette dernière lui demandant déjà des conseils pour le repas.
Tandis que Fleur s'enferma dans sa chambre pour discuter avec sa petite sœur en ligne durant la soirée, Viktor et Cédric se retrouvèrent dans la chambre de ce dernier, seul à seul.
- Le coach a forrrcé le magazine a publié un démentit. Les choses devrrraient se calmer.
Maintenant que son père était partit, l'étudiant se rendit compte a quel point il avait était fuyant et froid avec son ami ces trois derniers jours. Il se demandait vraiment ce qui avait pu bien changer alors que du dimanche, ils étaient heureux rien qu'à l'idée d'être ensemble.
- Tu m'en veux ? lui demanda t-il tandis qu'ils étaient allongés côté à côté dans le lit.
- Non.
Cédric tourna la tête pour pouvoir regarder Viktor. Ce dernier fit de même.
- Je déteste ça. Avoir l'impression que je ment à tout le monde. Pourtant, je ne suis pas un menteur.
- Personne ne dit ça.
- Moi je le dis ! Parce que… J'ai envie de pouvoir dire à mon père, à ma mère, à mes amis, à tout le monde que je suis le plus heureux des mecs quand je suis dans tes bras. Et c'est un truc que je ferais jamais.
- Tu n'en sais rrrien. Peut-êtrrre qu'il te faut juste du temps pourrr accepter.
Cédric baissa les yeux et reprit :
- Tu n'as pas envie d'entendre ça mais… Le temps n'y changera rien. Jamais je ne pourrais infliger ça aux autres. Ce n'est pas juste.
Cette fois Viktor semblait plus énervé au son de sa voix rauque :
- Tu crrrois que c'est juste que tu sois malheurrreux pourrr leurrr fairrre plaisirrrr ?
Le fait qu'il ait du rouler autant de r dans cette simple phrase rendit son énervement beaucoup plus attendrissant.
- Ce qui ne serait pas juste, c'est que même si j'affichais au monde entier mon bonheur d'être avec toi, tu ne me laisserais pas faire.
Le bulgare se sentit honteux. La vérité n'était pas si éloignée.
- Tu perdrais ta place dans l'équipe.
La discussion fut close et bientôt, les deux amis s'en allèrent dormir. Ni l'un ni l'autre ne tenta un rapprochement, une caresse ou un baiser.
Le vendredi, la journée se passa comme les autres. Viktor et Cédric se parlaient, riaient, mais comme de simples amis. Fleur qui assistait à cela d'un regard plus objectif était triste pour les deux jeunes hommes.
- J'aimerais pouvoir d'un coup de baguette magique faire en sorte que tout s'arrange pour eux, avait-elle confiée à Bill alors qu'ils sortaient du cinéma le vendredi soir.
- Ma mère dit que dans une autre vie, nous étions tous des sorciers.
Fleur essaya de sourire à la plaisanterie.
- Imagine ce que nous serions si nous étions des sorciers ?
- Je crois que je serais toujours banquier, plaisanta Bill. Mon frère Charlie s'occuperait certainement de dragons.
- Et moi ?
Bill enlaça sa petite-amie et posa son tendre regard sur elle :
- Toi ? Tu deviendrais ma femme et nous habiterions une petite maison sur une plage éloignée de tout.
- Méfie toi, je pourrais prendre au sérieux ce que tu me dis.
Elle l'embrassa délicatement avant de lui dire :
- Je sens que ce week-end va encore être riche en rebondissements !
