Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Rating : M
Bêta : Farfadette
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes :Enfin je vous livre MON chapitre préféré. Je suis un adorateur de ces fameux diner ou un tas de personnages aussi improbables les uns que les autres se retrouvent et ou tout par dans tous les sens. Certes, ce n'est pas aussi parfait que je l'aurais voulu, mais j'ai prit du plaisir à écrire ce chapitre. Déjà parce que certains des dialogues (Luna, pour ne pas la citer), étaient très drôles à écrire et aussi que c'est le grand tournant de l'histoire dans ce chapitre.
Il est écrit de façon à ce que le lecteur accompagne Fleur durant ce dîner entre ses allers-retours entre la salle à manger et la cuisine. J'espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire.
Également, je tiens à m'excuser, j'ai mit du temps avant de le poster mais cette semaine on va dire que j'étais pas mal prit... En tout cas, bonne lecture et des reviews s'il vous plaît ! Je vais ma tête du chat potté... :(
Chapitre 15 – « C'est mon petit-ami »
Fleur Delacour n'était pas une excellente cuisinière. Disons que, d'après sa propre mère, elle se débrouillait et savait faire le minimum. Même sa petite sœur, Gabrielle âgée seulement de 11 ans, était déjà plus douée que la jeune femme, c'est pour dire. Aussi, alors que la blonde était en train de positionner sur un plateau les différents toasts et autres petits fours, elle pensa automatiquement à sa mère qui serait très certainement étonnée de la voir en cuisine pour préparer un déjeuner conséquent.
Bien sûr, Fleur avait eu de l'aide. De Mademoiselle Tonks, sa voisine, pour les pâtisseries du dessert et de Viktor Krum, le joueur de foot qu'elle accueillait chez elle en ce moment, pour les plats principaux.
En reprenant le chemin qui la mènerait à la salle ou se trouverait tous les invités, elle songea une nouvelle fois au fait qu'elle était vraiment stupide d'avoir voulu aider son colocataire, Cédric, en inventant ce fichu déjeuner. Bien sûr, Cédric n'avait pas a devoir passer le week end chez ses parents. C'était pire. Ses parents étaient venu jusqu'à eux, en emmenant l'ex petite-amie et le meilleur ami de son colocataire au passage.
Heureusement, elle avait un soutien dans cette pièce. Son petit-ami, Bill, qui était venu accompagné de sa plus jeune sœur, Ginny. Alors qu'elle disposait les plateaux, elle vit que les invités commençaient à discuter entre eux.
Madame Maxime, sa prof de théâtre, exposait sa longue carrière d'actrice, puis de metteur en scène, à Monsieur Lovegood, le nouveau patron de Cédric. L'épouse du directeur du Chicaneur était en grande discussion avec Madame Diggory, alors que Luna paraissait sympathiser avec Ginny.
- N'hésitez pas ! Servez vous !
Les différents convives attaquèrent les premiers plateaux apportés par Fleur qui repartait déjà en cuisine en chercher d'autres. Avant de s'éclipser, elle tendit une bouteille à Viktor :
- Du champagne.
Elle repartit en cuisine pour en ressortir presque aussi vite. Le bulgare était en train de servir les différents verres. Tous – à l'exception de Luna et Ginny – tenaient un verre de champagne. Ils attendirent que Fleur soit enfin assise pour trinquer :
- A Cédric et son nouvel emploi ! lança Bill.
- A notre nouveau stagiaire ! ajouta Amanda.
- Et a la victoire de la Bulgarie hier soir ! renchérit Fleur en regardant Viktor.
- A mes parents, vint ajouter Cédric.
- Aux Ronflaks Cornus ! termina Luna en levant son verre de jus d'orange.
Tous la regardèrent surpris avant de boire leurs coupes. La discussion reprit et ce fut Amos Diggory qui lança le débat :
- Il paraît que le Chicaneur n'est pas un magazine très sérieux.
Comme s'il s'attendait à ce genre de réflexions, Xenophilius ne perdit pas son sourire et répondit :
- Il n'est pas considéré sérieux par certains notables tout simplement car nous parlons de sujets bien plus vastes et enrichissants que La Gazette de Londres, bien trop conventionnel.
- Mon époux a raison, beaucoup de fidèles du Chicaneur nous le disent, l'originalité et la diversité des sujets, c'est ça qui les intéresse.
- D'ailleurs Viktor accepte toujours de nous donner des interviews exclusives, ajouta d'un ton rêveur la jeune Loovegood.
Viktor se réfugia derrière son verre en jetant un regard à Luna, assise sur la rangée d'en face. Monsieur Diggory reprit :
- Je ne vois pas en quoi une interview d'un joueur de football est intéressante. Ce n'est pas comme si ce qu'il avait à dire pouvait être primordial pour la société.
Monsieur Diggory venait de jeter un froid. Très peu de personnes pensaient comme lui autour de la table et le sportif aurait voulu disparaître. Égale à elle même, Fleur ne se gêna pas pour répondre :
- Viktor est une personnalité publique. A ce titre, il est normal que sa parole ait plus d'importance qu'un membre du ministère par exemple.
La blonde savait qu'elle attaquait indirectement Monsieur Diggory dans ses propos. Cédric qui voyait déjà ce repas dégénérer, se servit une nouvelle coupe de champagne.
- Je ne savais pas que tu aimais le champagne ? fit remarquer Cho à son ex petit-ami.
- Seulement dans de rares occasions.
- Quand la tension devient trop intense ? demanda Luna d'une voix égale à celle de tout à l'heure.
- Ma chérie, la tension n'est pas intense. Il s'agit juste d'un débat, répondit Madame Lovegood.
- Le chic dans un repas, c'est l'animation ? Pas vrai ? demanda Oliver en avalant un nouveau toast.
- A la maison, les repas sont toujours très bruyants et agité, confia Ginny.
- C'est parce que Fred et Georges, nos frères, ils sont jumeaux, n'arrêtent pas d'enchaîner des bêtises ce qui provoque chez ma mère de terribles crises de nerfs.
- Famille nombreuse ? demanda Oliver.
- Sept enfants.
- Votre mère doit être épuisée, réalisa Madame Diggory, de plus, l'éducation doit en prendre un coup. On ne peut pas élever correctement sept enfants comme on en élèverait un seul.
Bill et Ginny froncèrent les sourcils et l'aîné intervint :
- Je me considère comme parfaitement bien élevé.
- Vous disiez vous même que deux de vos frères étaient de véritables cancres, rappela la mère de Cédric qui ne touchait, elle, a aucun des toasts.
- Les enfants doivent bien s'amuser, non ? ajouta Fleur qui se lever. Il n'y a plus de petits fours, je reviens.
La française disparut dans la cuisine pour souffler. Ce n'était vraiment pas gagné. Mettant les derniers petits fours sur son plateau, elle revint en cuisine. Cette fois-ci, la discussion était dirigée sur le look excentrique de Mademoiselle Tonks.
- J'avoue que je change aussi souvent que mon humeur, avouait-elle. Je ne suis pas lunatique, je vous rassure.
- Vous devriez faire du théâtre, lui répondit Madame Maxime pour qui l'originalité était un atout.
- En parlant de théâtre, intervint alors Fleur qui posait le plat au milieu de la table. Si vous expliquiez à Monsieur Lovegood en quoi consiste la pièce ? Cédric serait ravit d'écrire un article là dessus.
Amanda qui terminait sa coupe de champagne prit la parole :
- Je dois avouer que je suis enchantée de votre prise d'initiative mon cher Cédric. C'est exactement cet état d'esprit que nous recherchons au Chicaneur.
Cédric se mit à rougir. Il avait honte de recevoir un tel compliment alors que tout cela était un vague concours de circonstances.
Madame Maxime expliqua quel était la pièce – Le Magicien d'Oz – et commença à partir dans un long discours sur la mise en scène, le choix des acteurs… Certains comme Oliver ou Cho n'écoutaient plus. D'autres, comme Luna, jouaient avec leurs verres.
- J'espère que vous nous garderez trois places pour la première. C'est samedi prochain n'est-ce pas ?
Madame Maxime confirma cela auprès d'Amanda.
- Cédric, vous pensez pouvoir nous écrire un article avant mercredi ? Qu'il puisse être dans le quotidien de la semaine prochaine ?
- Bien sûr, affirma l'étudiant qui avait les yeux plongés dans son verre.
- Viktor, tu m'accompagne en cuisine ?
Fleur s'était levée et débarrassait les plateaux vides ainsi que les bouteilles. Le bulgare l'aida et tous deux se retrouvèrent en cuisine :
- Ça ne se passe pas si mal que ça, tentait de se rassurer la blonde.
- Tu plaisantes ? Les parrrents de Cédrrric sont…
- Chut ! S'ils doivent devenir tes beaux parents, il vaut mieux que tu apprenne à les supporter.
Le sportif était en train de déposer les plats près de l'évier et répondit :
- Tu sais que je parrrs tout à l'heurrrre ?
La française déposa les bouteilles vides dans la poubelle et fit face à son ami :
- Ce qui veux dire que tu laisses tomber ?
Elle semblait indignée.
- Moi qui croyait que tu tenais réellement à lui. Je ne pensais pas pouvoir me tromper autant.
Ne voulant pas qu'elle s'énerve d'avantage, Viktor s'approcha d'elle pour lui confier :
- Je tiens rrrréellement à lui. C'est pourrr ça que je m'en vais. Parrrce que … Je l'aime beaucoup.
Cédric était entré dans la cuisine au même instant pour ramener les coupes à champagnes toutes vides. Il s'immobilisa lorsqu'il entendit Viktor. Il ne s'attendait pas à ça. En fait, si, il s'y attendait mais l'entendre de la bouche du principal intéressé le troublait énormément.
- Tu peux amener les verres qui se trouvent là en cuisine ?
Ne voulant pas que les deux jeunes hommes se retrouvent troublés, Fleur s'était remise en action et bientôt, ils étaient de retour dans la cuisine avec les nouveaux verres.
- Le repas sera servit dans peu de temps.
- Il paraît que c'est Viktor qui a cuisiné ? demanda Cho.
- Oui. C'est un véritable cordon bleu, en plus d'être un excellent joueur, répondit Fleur.
Elle expliqua alors qu'il avait préparé un poulet bulgare, accompagné de légumes et de pommes de terres saurées avec une sauce typiquement bulgare. La plupart des convives s'impatientaient déjà de pouvoir goûter une telle merveille.
- Cho aussi est une parfaite cuisinière. Tu te rappelles Cédric le repas qu'elle nous avait préparé en mai dernier ?
- Oui.
La tentative de Madame Diggory pour ramener à nouveau Cho et Cédric, comme un couple, dans la conversation eut un grand effet. Allant même jusqu'à une remarque de Luna :
- C'est bizarre. Vous êtes très mal assortit. Vous ne faisiez pas semblant d'être un couple ?
Fleur et Ginny se mirent à rire mais devaient se retenir, étant donné que certains comme les Diggory n'avaient pas trouvé cela drôle du tout.
- Non, répondit fermement Cho. Et j'aimerais assez qu'on évite ce genre de réflexions.
- Et donc vous êtes dans la même école ?
C'était Oliver qui avait reprit la parole en s'adressant à Ginny et Luna. Visiblement, Fleur avait raté un épisode en cuisine.
- Pas dans la même classe mais nous sommes en même année, répondit la rouquine.
- C'est une drôle de coïncidence de vous retrouver ici ensemble, intervint Tonks qui semblait avoir sympathisé avec les deux filles.
Un bip se fit entendre de la cuisine.
- C'est prêt !
Fleur se leva à nouveau, entraînant Viktor avec elle. Ils s'empressèrent de sortir le poulet du four et de préparer le tout dans un énorme plat. Le bulgare en profita pour reprendre leur conversation :
- Cédrrric m'a entendu ?
- Je crois bien, oui.
- Il ne me rrregarrrde pas.
- C'est parce qu'il a bien trop peur que tout dégénère à tout moment. Mais rassure toi. Plus vite tout le monde aura mangé. Plus vite tout sera terminé.
Quelques minutes plus tard, les deux étaient de retour dans la salle à manger. Cette fois-ci la discussion semblait tourner autour du ministère dans lequel Monsieur Diggory travaillait.
- Mon frère Percy est l'assistant du Ministre, Fudge.
- Il m'a l'air pourtant si jeune, répondit Diggory qui semblait surpris.
- Il a 19 ans. Bien sûr il continue des études à côté. Mais il ne nous épargne jamais ces discours plus que pompeux lorsqu'il est à la maison.
Ginny se mit à rire, sachant qu'elle pouvait aussi parler en connaissance de cause. Les compliments fusèrent quand au repas déposé par Viktor sur la table. Ce dernier servit tour à tour les convives qui commencèrent à déguster ce succulent repas.
- Ça manque de sel, avait pourtant critiqué Madame Diggory. C'est assez sec, vous ne trouvez pas ?
- Non, ce repas est parfait, rétorqua son fils d'une vive voix.
Tout le monde s'interrompit un instant. Jusqu'à présent, Cédric n'était pas encore réellement intervenu dans la conversation. Cependant, ses joues rouges semblaient démontrer qu'il en avait assez.
- Je te prie de changer de ton avec ta mère, lança Monsieur Diggory qui avait reposé sa fourchette.
- Je ne fais qu'exprimer mon ressentit quand à la cuisine de Viktor.
- C'est vrai que ce repas est parfait, ajouta la voix envoûtante de Luna. Je peux finir votre assiette si vous le voulez, dit-elle alors à Madame Diggory.
Cette dernière la regarda indignée, comme si elle descendait de la lune.
- Que diriez-vous de faire un karaoké tout à l'heure ? demanda Tonks de sa voix enjouée. J'ai vu qu'il y avait le matériel nécessaire à côté.
- Cédric chante bien trop mal ! se mit à plaisanter Oliver qui voulait détendre l'atmosphère. Mais je me débrouille plutôt bien.
- Quand j'étais jeune j'ai pris des cours de chant, avoua Amanda faussement modeste.
- Moi aussi ! s'exclama Madame Maxime.
Monsieur Diggory intervint à nouveau, d'une vois plus forte et plus colérique que jamais :
- Ceci est une blague ! Dites moi que c'est un canular !
Il avait reculé sa chaise en contemplant l'ensemble des invités. Madame Diggory, gênée, le regarda d'un drôle d'air :
- Enfin chéri, que dis tu ?
- Cédric, dis moi ce que tu fabriques avec ces gens là ?
Il venait de désigner les invités.
- Tu ne vas pas réellement travailler pour ces gens là ? Et tu ne fréquentes pas ces autres là ?
Monsieur Diggory s'était levé. Cédric posa ses couverts alors que tout le monde s'était tût. Il se frotta la bouche et se leva à son tour, doucement. Son étrange calme était de mauvais augure pensa Fleur :
- Ces gens là, répéta t-il de la même façon dont son père l'avait prononcé, sont à cette table au même titre que toi et maman, parce que ce sont des gens bien, que j'apprécie… Même si pour certains je les connais encore très peu.
- Enfin Cédric, tu as perdu la tête !
C'était Madame Diggory qui avait prit la parole :
- Cho nous avait dit que tu avais changé, mais pas à ce point là !
Cédric fusilla la japonaise qui baissa les yeux instantanément.
- Je n'ai pas changé.
L'anglais avait peur que par « changement » ils entendaient par là qu'il aimait un autre homme. Il se surprit lui même à penser au fait qu'il aimait un autre homme…
- Je ne voudrais pas paraître impolie, ajouta Fleur, mais c'est très irrespectueux pour tout le monde de…
- Silence Fleur !
Diggory s'était retourné précipitamment sur la française et lui jeta un regard noir.
- Tu crois que je n'ai pas compris que ce repas était une farce concoctée par tes soins pour empêcher Cédric de venir rejoindre sa famille pour le week-end ? Je sais que tu te sens menacée par Cho, Marietta nous l'a dit.
Il regarda ensuite Bill :
- Je suppose que vous êtes un acteur de cette Madame Maxime engagé pour jouer les faux petits-amis ?
Bill ne savait pas quoi répondre, tellement il était surpris par les commentaires de l'homme en face de lui.
- Je savais depuis le départ que la colocation avec une fille nous mènerait là.
- Mais je ne sors pas avec Fleur, peu importe ce que les gens – il regarda Cho – ou les magazines peuvent dire !
- S'il me l'avait demandé, je lui aurait dit que Fleur et Cédric n'étaient pas assortis.
C'était Luna - qui était toujours en train de manger - qui venait d'intervenir. Monsieur Diggory regarda les Lovegood qui ne semblaient pas vouloir réprimander leur fille pour être intervenue à nouveau de la sorte.
- Et si nous passions au dessert ? proposa Madame Maxime.
- Bonne idée ! lança Fleur mais elle réalisa que certains convives n'avaient pas terminé leurs assiettes.
Mais Monsieur Diggory ne semblait pas vouloir faire attention à eux et ne s'assit pas. Il regardait toujours d'un air déçu son fils unique :
- Si tu avais accepté de faire du droit, rien ne serait arrivé. Tu n'aurais pas eu l'idée idiote de quitter Cho et de venir t'installer à Londres. Tu ne veux donc pas réussir ?
- Vous avez torrrd.
A la grande surprise générale, c'était maintenant Viktor qui était intervenu pour faire face à Monsieur Diggory. Fleur le regarda, tentant désespérément de lui dire de ne pas continuer, mais il était trop tard. Il s'était levé pour être à la même hauteur que Cédric et Amos.
- Vous l'ignorrrez mais vous avez un fils forrrmidable. S'il a choisit de fairrre du jourrrnalisme c'est parrrce que c'est quelqu'un de bien, qui veut trrrravailler pourrrr la justice et la vérrrité. Il a un grrrand cœur, il est loyal, générrreux et prrrêt à tout pourrr rrrendrre serrrvice. Mais il a besoin du soutien de ses parrrents. De savoirrr qu'ils sont derrrrièrrre lui. Il vous rrrespecte beaucoup Monsieur Digorrry. Il serrrrait même prrrêt à sacrrrifier son bonheurrr parrr amourrr pourrr vous. Et ça, trrrès peu de perrrsonnes en sont capable.
Viktor s'arrêta. Durant quelques instants, personne ne parla. Pour Fleur, Bill, Cédric ou les Lovegood, qui connaissaient Viktor, tous restèrent muets de découvrir le sportif capable d'un si long monologue. Comme il s'exprimait d'ordinaire très peu, l'entendre parler autant était saisissant.
Mais le plus surpris fut Cédric. Viktor n'avait pas hésité à se lever, courageux, pour s'opposer à son père pour son bien être. Plus que touché, il réalisa à cet instant même que peu importe les conséquences, il savait ce qu'il voulait.
- C'est une histoire de famille. Qui êtes vous jeune homme pour vous permettre d'intervenir ainsi ?
- Mon petit-ami.
Les paroles furent prononcées si bas que la plupart des invités crurent avoir mal entendu. Monsieur Diggory regarda son fils, perplexe :
- Pardon ?
- Viktor est mon petit-ami. Voilà pourquoi il intervient.
Cette nouvelle laissa tout le monde sous le choc. Même Luna s'arrêta pour dire :
- Si vous me l'aviez demandé, je vous aurait dit qu'ils étaient bien assortis ensemble.
Xenophilius posa sa main sur l'épaule de sa fille, afin qu'elle n'en dise pas d'avantage. Fleur regardait Cédric, puis Viktor. Elle seule – avec Bill – était au courant de ce qu'il y avait entre les deux garçons.
L'anglais et le bulgare se regardèrent. Les yeux dans les yeux, ils échangèrent un sourire. Ils ne le feraient pas ici mais ils n'avaient qu'une envie, se prendre dans les bras.
- Vient chérie, on s'en va.
Monsieur Diggory lâcha sa serviette et son épouse se leva brusquement, empoignant son sac à main. L'étudiant les arrêta :
- Alors vous prenez la fuite ?
Cette fois la voix du garçon était beaucoup moins assurée. Un léger tremblement fit sentir aux autres qu'il n'était pas loin de craquer.
- Je suis votre fils ! J'ai besoin de mes parents.
Monsieur Diggory regarda son fils. Son épouse aurait voulu parler, dire quelque chose, mais Amos l'empêcha :
- Tu n'es pas mon fils. Cet homme t'a pervertit !
Il venait de tendre le doigt vers Viktor qui restait muet. Intervenir à nouveau n'était pas recommandé pour le bulgare.
- Je sais que la chose est dure à entendre pour un parent.
C'était Monsieur Lovegood qui s'était approché d'Amos :
- Mais c'est encore plus dur pour votre fils. Dans ce genre de situation, les enfants ont besoin de toute l'aide et de tout l'amour de leurs parents.
Monsieur Digorry se retint de frapper Xenophilius. Il se contenta d'un mauvais regard en emmenant sa femme dehors. Cette dernière jeta un œil à Oliver et Cho.
- Tu viens ?
Cho s'était levée à son tour. Mais Oliver restait assis. La japonaise insista à nouveau :
- Oliver ?
- Je reste là. Je rentrerais par mes propres moyens.
- Mais ?
- Mon meilleur ami a besoin de moi, dit-il en souriant à Cédric. Si je veux me montrer digne d'être son ami, je dois rester là et finir ce déjeuner. Tu n'es pas son amie ?
Cho était tiraillé entre deux feux. D'un côté il y avait le choc qu'avait procuré cette annonce. Elle aimait toujours tendrement son ex petit-ami, et elle pensait vraiment pouvoir le reconquérir. Mais elle devait se rendre à l'évidence, elle n'y pourrait rien. Mais elle ne pouvait pas se permettre de soutenir Cédric
- Désolée.
Elle prit son sac et quitta la pièce à son tour.
Avoir vu ses parents quitter la pièce en entendant son père lui dire qu'il n'était pas son fils fut la chose la plus douloureuse que Cédric dût endurer dans sa vie. Il ne put éviter ses larmes couler. Même s'il tentait de se contenir, il était abattu. Il se retrouver à pleurer, abandonné par ses parents. Sans qu'il ne s'en rende compte, il fut enlacé par Fleur, puis Oliver et enfin Viktor. Les trois le serraient contre lui, essayant de le calmer et d'atténuer sa peine.
Sa vie serait totalement différente, et de bien des manières.
