Titre : D'un rêve ou d'un sourire

Auteur : Alounet

Rating : M

Bêta : Farfadette

Catégorie : UA / Romance - Yaoi

Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory

Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.

Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.

Notes :Nouveau chapitre, assez calme. On expose un peu la relation des deux garçons. On contre-attaque sur Igor. La relation évolue. Petite discussion... Bref, un chapitre assez sympathique (rien d'extraordinaire), mais je pense qu'il va plaire. Un énorme merci pour votre soutien, vos commentaires, vos favoris, les alertes, bref, pour le suivit de mon histoire. Je suis touché et incroyablement ravit de voir le succès de cette histoire. Merci, merci, merci !


Chapitre 17 – « Tu veux déménager ? »

Viktor se mêla aux autres dans leur partie endiablée de Mario Party sur la Wii. Il avait encore du mal à croire qu'un peu plus tôt dans la journée, le déjeuner de Fleur s'était transformé en coming-out improbable pour Cédric et que l'après-midi même, il s'était entretenu avec Karkaroff qui employa menaces et chantage. Pour le moment, il s'efforçait de passer une bonne soirée en compagnie de son petit-ami et des autres.

Fleur proposa de manger les restes du midi, ce que tout le monde accepta, puis Bill annonça :

- Demain je travaille et je dois encore raccompagner les filles chez ma mère.

- N'oublie pas les répétitions cette semaine, lui rappela Fleur qui était déjà en train de lui dire au revoir.

Luna, Ginny et Bill saluèrent tout le monde et quittèrent l'appartement. Cédric et Viktor profitèrent de leur départ pour parler à la française de l'entretien du sportif avec son coach. Oliver, le meilleur ami du blond qui dormirait sur place le soir même, écouta attentivement également.

- Tu ne crois pas que c'est surtout du bluff ? demanda Fleur. Ce qu'il fait est répréhensible par la loi, tu ne dois pas te laisser faire.

- S'il est aussi influent qu'il le prétend, dit Oliver à son tour, il doit aussi avoir des contacts dans la police tu ne penses pas ?

La française resta dubitative et c'est Cédric qui intervint à son tour :

- De toute façon, ça ne sert à rien de spéculer. Fleur, est-ce que tu es derrière Viktor ou pas ?

- Ce Karkaroff ne me fait pas peur. Mais j'en parlerais à Madame Maxime demain, je vérifierais si elle le connaît si bien et j'expliquerais ce qu'il souhaite faire.

- C'est une bonne chose, le prendre de vitesse, approuva Oliver.

- Mais tu devrais utiliser ces méthodes, proposa la blonde à Viktor. S'il tient à utiliser la presse pour te faire du mal, tu devrais l'utiliser aussi.

Les trois garçons la regardèrent, souhaitant savoir ce qu'elle avait derrière la tête.

- Je m'explique. Il t'a donné quinze jours avant de balancer l'article de Rita Skeeter pas vrai ? Et si tu le prenais à son propre piège ?

- Tu veux que je fasse publier un arrriticle surrr lui ?

- Non, rétorqua Fleur qui s'indignait qu'il ne comprenne pas ou elle voulait en venir. Et si tu publiais toi même une interview de toi ou tu révèlerais ton homosexualité, la pression que t'impose ton coach et les menaces qu'il a profané sur tes proches si jamais tu quittais l'équipe ?

- Tu penses que ça serait perçu différemment ? demanda Oliver.

- Absolument ! Les gens verront cela comme un acte de courage de la part de Viktor et c'est Karkaroff qui passera pour le mauvais dans l'histoire. Je suis persuadée qu'il ne s'attend pas à ça de ta part vu qu'il contrôle la presse et ton image.

- C'est vrrrai. Aucun magazine ne souhaiterrra publier ça sans l'accorrrd de Karrrkarrroff.

- Sauf le Chicaneur, murmura Cédric qui voyait ou sa colocataire voulant en venir. Les Lovevood te soutiennent !

- Exactement ! ajouta fièrement la française. Penses-y, moi je vais me coucher.

Elle se leva, embrassa tout le monde en leur souhaitant bonne nuit et disparut dans sa chambre. Les autres ne tardèrent pas. Cédric apporta des draps et des oreillers à Oliver qui s'installa dans le canapé et les deux autres s'enfermèrent à leur tour dans la chambre du blond.

- Tu penses que je devrrrais le fairrre ?

Le bulgare avait demandé cela à l'étudiant tout en se déshabillant pour se glisser sous les draps.

Cédric lui répondit alors qu'il était déjà dans le lit :

- Si tu es prêt à aller jusqu'au bout et à changer de club… C'est ce qu'il y a de mieux à faire.

Le bulgare éteignit la lumière de la chambre et se glissa sous les draps pour se rapprocher du corps de son petit-ami. Il prit sa main dans celle de l'autre garçon.

- J'ai beaucoup de chance de t'avoirrr rrrencontrrré.

- Je ne sais pas si c'est de la chance. Tu vas devoir assumer publiquement ton homosexualité, quitter une équipe de renommée internationale et supporter un pauvre étudiant. Y'a rien de chanceux là dedans. Et tu arrives à garder ton calme dans tout ça ?

- Pas toujourrrs. Tout à l'heurrre j'étais trrrrès en colèrrrre. J'ai du rrrrouler longtemps avant de me calmer.

Cédric posa sa tête contre l'épaule du grand brun et continua :

- J'ai du mal à t'imaginer en colère. Tu es toujours posé, sérieux, calme. D'une certaine manière tu m'apaises.

- Toi aussi tu es sérrrieux.

Cédric eut un léger rire et reprit :

- Tu as entendu Oliver tout à l'heure ? J'ai fait bien des bêtises à l'école. Un véritable cancre. Mais les professeurs m'aimaient bien.

- Oliverrr est gentil.

- Surtout, ne sois pas jaloux de lui, dit Cédric qui trouvait cette phrase étrange.

- Pourrrquoi ?

Cédric se redressa et positionna sa tête au dessus de celle de son ami. Il lui sourit, éclairé par la lune à l'extérieur.

- Parce que je n'ai pas envie de lui faire ça à lui.

Et il posa ses lèvres légèrement humides sur celles du Bulgare. Ils échangèrent un long baiser passionné avant de s'endormir dans les bras l'un de l'autre.

La semaine qui suivit fut des plus chargée pour tout le monde. Pour commencer, le lundi, Oliver devait rentrer chez lui. Viktor proposa au jeune homme de le conduire jusqu'à la gare en empruntant la voiture de Tonks. Cédric ne pouvait pas les accompagner, devant travailler sur son premier article pour le Chicaneur.

Le bulgare et le meilleur ami de son petit-ami s'en allèrent après déjeuner. Oliver promit à son ami de revenir le plus vite possible et il souhaita bon courage pour la suite des évènements.

De son côté, Cédric passa le reste de l'après midi avec Fleur au théâtre en compagnie de Madame Maxime. Il releva tout ce qu'il y avait à savoir sur la fameuse pièce et en fin d'après midi, rentra chez lui pour taper son article et l'envoyer le soir même à Monsieur Lovegood.

Alors qu'ils étaient en train de dîner, l'étudiant reçut un appel de son directeur qui le félicita pour l'article. Il appréciait beaucoup le style du jeune homme et était plus qu'enchanté, surtout par la rapidité du garçon. Le blond profita de cette conversation pour exposer l'intention de Viktor de publier une interview.

Monsieur Lovegood fut ravit que le sportif pense à son magazine pour diffuser une telle déclaration. Le rendez-vous fut prit le lendemain au Chicaneur. C'est Amanda, son épouse, qui se chargerait d'écrire l'article.

Alors que Fleur disparut toute la journée pour sa répétition, Cédric et Viktor allèrent au Chicaneur, non pas sans être légèrement stressé.

- Tu es bien sûr de toi ?

Viktor prit la main de l'étudiant et ils se dirigèrent ensemble jusqu'au bureau d'Amanda Lovegood. Cédric ne put s'empêcher de constater qu'une véritable standardiste avait reprit son poste.

La femme du directeur, toujours aussi souriante, proposa divers rafraîchissements avant qu'ils ne commencent :

- Avant tout, confia Viktor, je voudrrrais que le nom de Cédrrric ne soit pas cité.

- Entendu. Je respecte cela. Commençons. Depuis toujours, tu es resté discret sur ta vie privée, mais aujourd'hui tu souhaites en parler, pour quelle raison ?

- Parrrce qu'aujourrrd'hui, mon coach, Igorrr Karrrkarrroff pense que ma vie prrrivée est un obstacle à ma vie prrrofessionelle. Il ne me soutient pas dans cerrrtains de mes choix et me forrrce à abandonner la perrrsonne que j'aime si je veux continuer à jouer dans son équipe.

- Quelle est la décision que tu as prise ?

- J'ai décidé de quitter l'équipe de Bulgarrrie. Si jouer pourrr mon pays doit se fairrre sans que je sois en drrroit d'aimer qui je veux, je ne crrrois pas que ce soit la bonne équipe dans laquelle je veuille jouer. Mais Karrrkarrrof s'est montrrré trrrès clairrr. Si je quitte son club, il a menacé mon entourrrage. Igorrr est un homme trrrès puissant qui a de nombrrreuses rrrelations. Je n'ai pas envie qu'il s'en prrrenne à eux et j'espèrrre que les perrrsonnes qu'il tenterrra d'influencer serrront assez intègrrres pourrr ne pas se laisser fairrre.

- Tu l'accuses donc de menaces, d'intimidation, de chantage aussi ?

- Je sais très bien à quoi je m'engage en rrrévélant tout cela. Mais c'est la seule solution que j'ai trrrouvé pourrr l'empêcher d'aller trrrrop loin. Il n'a pas le drrrroit d'abuser de sa position de coach pourrr faire ce qu'il veut de ses joueurrrs.

- Mais qui est donc cette personne pour que tu sois prêt à renoncer à ta carrière, à tes rêves et à abandonner ton équipe ?

- Je ne souhaites pas donner son nom. Tout ce que je peux dirrre c'est qu'il s'agit d'un garrrçon.

A cet instant, Viktor et Cédric échangèrent un sourire en se prenant la main. Amanda continua :

- L'homosexualité dans le sport a toujours était très mal perçue. Très peu de joueurs osent s'assumer et faire leur coming-out. Tu penses que ce sera un frein dans ta carrière ?

- Il est évident que j'aime le football, j'aime jouer. Je songe intégrrrer une nouvelle équipe en Angleterrre. Je n'abandonnerrrais pas le football. Il faut que les rrrecrrruteurs et le public apprrrrennent à fairrrre la différrrrence entrrre le joueurrr que je suis, et ce que je fais dans ma vie prrrivée. Aimer un autrrrre homme ne me ferrra pas jouer moins bien que la saison derrrnièrrre.

Cédric tenait toujours la main de Viktor. Connaissant ce dernier, il savait que c'était un véritable exploit pour lui de parler aussi longuement, surtout pour une interview.

- Tu vas donc quitter l'équipe de Bulgarie à la fin de la saison, si jamais aucun autre club ne souhaitait t'engager, as tu une idée de ce que tu entreprendras ?

- Si les clubs considèrrrent que je ne suis pas assez doué pour intégrrrer leurrr équipe, je crrrois que je rrreprrrendrrrais des études.

Amanda continua en posant quelques questions sur les meilleurs moments du sportif dans son équipe, les matchs qu'il avait préféré disputer la saison dernière et deux-trois questions sans grand intérêt. Au bout d'une heure, la journaliste avait tout ce qu'il lui fallait.

- On passe à la photo ? Je vais chercher Crivey, mon assistant.

Elle fit appel à un jeune homme blond qui arriva, la mine réjouit de pouvoir photographier une célébrité. Ils changèrent de pièce pour regagner le studio photo dans lequel ils passèrent une demi heure supplémentaire. Le sportif ne semblait pas très à l'aise mais se contentait de penser à pourquoi il faisait cela.

- Je crois que le numéro de mercredi sera un grand souvenir pour tous les deux. Cédric, ton premier article, Viktor, ton interview. Je vous enverrais une copie à ton appartement.

Les deux jeunes hommes remercièrent Amanda et quittèrent les locaux du Chicaneur pour retourner à l'appartement. Le reste de la journée, ils décidèrent de se changer les idées en continuant leur visionnage de Lost en débutant sur la quatrième saison.

Le mercredi, les trois jeunes gens de l'appartement attendaient le courrier avec impatience. Lorsque le facteur le déposa, Fleur se précipita pour récupérer les deux enveloppes et le magazine emballé. Elle le déposa sur la table de la cuisine et contempla la couverture, les deux garçons penchaient au dessus de son épaule.

- Tu es plutôt séduisant sur cette photo.

- Entièrement d'accord, taquina Cédric, dommage que tu ne souris pas.

Viktor donna une petite tape sur l'épaule de Cédric pour l'embêter, puis la française ouvrit le magazine sur les pages consacrées au bulgare. Deux nouvelles photos égayaient l'article et certaines phrases furent mise en avant.

- Elle a enjolivé mais c'est très bien dans l'esprit que tu recherchais.

- Je serais prête à payer une fortune pour voir la tête de Karkaroff lorsqu'il lira ce magazine.

L'imaginer redonna confiance au sportif qui se demandait si après tout, avoir fait cette interview était une bonne chose. Il allait avoir des retours certainement négatifs.

- Au fait, reprit Fleur qui venait de lire à présent l'article de Cédric concernant sa pièce, je me suis permit de pirater le compte Facebook et le compte Twitter qui te concernent, fit-elle à l'attention de Viktor.

Ce dernier ne semblait pas comprendre.

- Karkaroff n'est pas très malin dans l'utilisation des mots de passe. Quoi qu'il en soit, j'ai le contrôle dessus si jamais tu souhaites voir s'il y a des commentaires suite à la parution du magazine.

- Tu sais que tu es complètement folle ? rappela Cédric qui prit le magazine pour lire son article.

- Je le sais. On me le dit souvent. Mais tu ne m'en veux pas ? Pas vrai ?

- Non. Mais je ne voudrrrais pas que tu ai des ennuis.

- Si jamais il m'envoit la police, tu n'auras qu'à témoigner en ma faveur.

Elle venait d'avaler son verre de jus d'orange et s'habillait pour sortir :

- Je dois retrouver Madame Maxime. D'ailleurs, tu savais qu'elle détestait Karkaroff ? Bisous à ce soir !

Fleur venait de disparaître derrière la porte de l'entrée. Durant l'après midi, Cédric confia qu'ils devaient faire des courses, les armoires et le frigo commençant à se vider à vu d'œil.

- On peut emprrrunter la voiturrre de Tonks ?

- Bonne idée.

Tonks était de repos ce jour là et accepta bien volontiers. La jeune femme ne manqua pas de féliciter Viktor pour son courage. Elle avait lu le magazine le matin même.

Au supermarché, les deux jeunes hommes entrèrent presque inaperçu. Viktor avait enfin décidé de se raser. Il faisait déjà beaucoup plus jeune que lorsqu'il laissait son bouc et sa barbe de trois jours. Il avait enfilé de vieux vêtements, son éternel casquette et ses lunettes. Même Cédric aurait eu du mal à le reconnaître.

Tandis qu'ils arpentaient les rayons tout en remplissant leur cadis, ils discutèrent :

- Tu ne trrrouves pas ça bizarrrre qu'on en soit déjà à fairrre nos courrrses ensemble ?

- Non. Pourquoi ? demanda Cédric en attrapant un pack de lait.

- Je sais que les choses vont plutôt vite… On se rrretrrrouve à vivrrre ensemble alors qu'on en est au début de notrrre rrrelation, reprit le bulgare en posant dans le cadis du fromage.

Cédric poussa le cadis et changea de rayon tout en répondant :

- Tu ne peux pas habiter à l'hôtel, et ton appartement est en Bulgarie. Ça fait un peu loin non ?

Le sportif aida Cédric à choisir les fruits et légumes et reprit d'une voix très sérieuse :

- Peut-êtrrre que je devrrrais prrrendrrre un apparrrtement à Londrrres ?

L'étudiant posa brusquement son sachet de poires dans le chariot.

- Tu veux déménager ?

- Je n'habite pas chez toi. Je suis un invité.

- Et tu peux rester, insista Cédric qui reprit le chariot en main.

- Je pense que ça serrrait bien de vivrrre séparrrément. De fairrre les choses… Norrrmalement.

Le blond se mit à sourire :

- C'est vrai que pour la normalité, on peut repasser.

- En septembrrrre tu aurrras tes études, ton trrravail et moi je vais devoirrr cherrrcher un nouveau club. Ce serrra une vie différrrente pourrr tous les deux.

- Je m'étais habitué à dormir avec toi.

Viktor arrêta le cadis et enleva ses lunettes pour que son regard croise celui de son petit-ami :

- Justement. Dorrrmir avec toi c'est…

Cédric aurait presque parié que Viktor s'était mit à rougir :

- C'est génial mais… J'ai souvent envie de…

Voyant la gêne de son petit-ami, le blond comprit rapidement ou il voulait en venir :

- Oh. Je vois. C'est… Enfin, je comprends mais…

- Non, je sais, dit précipitamment Viktor. C'est ce que j'entendais en disant aller doucement. Je ne veux pas prrrécipiter les choses et… J'ai envie que ce soit toi qui fasse le prrremier pas. C'est pourrr ça que si j'habitais seul pourrr l'instant ce serrrait mieux…

- D'accord.

Cédric comprenait parfaitement et ne pouvait pas en vouloir au bulgare. Cependant, une question lui vint soudainement en tête. Bien sûr il aurait pu la poser ailleurs qu'entre le rayon charcuterie et saucisson, mais ce sujet n'avait pas encore était abordé et c'était le moment ou jamais.

- Tu… Tu as déjà fait… Enfin…

- Avec un autrrre homme ? interrompit Viktor.

- Oui.

L'étudiant essaya de ne pas montrer de signe de gêne. Il attendait la réponse avec impatience.

- Oui.

- Beaucoup ?

- Oui.

- Ah.

Le silence se fit jusqu'à la caisse. Les deux jeunes hommes mirent les courses sur le tapis roulant. Le grand brun arrêta soudainement le blond. Bien qu'il eut remit ses lunettes de soleil, Cédric pouvait presque voir ses yeux.

- Ce qui compte c'est toi maintenant. Je… Je n'ai jamais rrressentit ce que j'éprrrouve pourr toi… Et je ne dis pas ça pourrr te fairrre plaisirrr.

- En fait, je me doutais que tu… Que tu avais un passé mais… Moi j'ai connu que Cho, et une seule fois. Ça n'a rien de comparable. J'ai peur que… Que le jour ou…

- Ne pense pas ça.

Le chariot venait d'être vidé et ils passèrent devant la caissière en la saluant. Ils étaient déjà en train de tout ranger dans des sacs. La caissière annonça le prix et le sportif s'empressa de sortir sa carte visa pour régler.

- Mon cadeau de déparrrrt.

Les courses payées, les deux jeunes hommes poussèrent le cadis jusqu'au parking. Alors qu'ils rangeaient les courses dans le coffre, la conversation reprit :

- Cédrrric. Je serrrais toujourrrrs honnête avec toi. Si tu avais des questions…

- Le passé c'est le passé non ?

- Oui.

- Tu sais, je vais abolir la règle que j'ai mis en place et que tu me fasse une promesse.

Le bulgare venait de ranger le cadis et de récupérer le jeton :

- Laquelle ?

- Promets moi de ne plus te raser n'importe comment.

Les deux garçons se mirent à rire en rentrant dans la voiture.

Plus tard dans l'après midi, Fleur rentra à son tour alors que les garçons venaient de ranger toutes les courses. Elle se précipita sur son ordinateur pour voir s'il y avait des messages sur Internet concernant le bulgare. Elle prit son ordinateur portable dans le salon et lut à hautes voix les différents commentaires.

Quelques sites sportifs reprenaient la nouvelle du départ de Krum de l'équipe de Bulgare. Les sites à potins et à scandales s'intéressaient surtout à l'homosexualité du jeune homme en lui supposant tout un tas d'amants.

Sur le facebook, de nombreux commentaires faisaient états de déceptions, d'insultes ou autres débilités. Mais il y avait aussi un bon nombre de commentaires exprimant la sympathie, la joie et le respect face au courage du joueur. Certains jeunes garçons lui avaient même envoyé des messages pour expliquer à quel point ils étaient touché, se sentant pousser des ailes pour assumer leur homosexualité et faire le coming-out. Viktor reçut aussi tout un tas de propositions indécentes de la part de différents hommes.

- Il y a du négatif, mais tu vois aussi tout le positif ? Oh, regardez, Karkaroff a fait un communiqué de presse !

Les deux jeunes hommes se rapprochèrent de l'ordinateur et jetèrent un coup d'œil par dessus Fleur qui lisait l'article.

- Voilà ce qu'il dit. « Je suis profondément choqué et attristé de découvrir ces propos scandaleux rapportés par le Chicaneur. Depuis longtemps je soupçonne les dirigeants farfelus de ce magazine de vouloir manipuler mon joueur vedette, et je vois qu'ils sont parvenus à leurs fins. Jamais je n'ai voulu me séparer de Viktor Krum, et même si son homosexualité n'est pas un mensonge rapporté par ce magazine, il en va de soit que je l'ai toujours considéré comme un excellent joueur. Je suis peiné lorsqu'il pense que je serais capable de m'attaquer à ses proches. Visiblement, il me pense capable d'un pouvoir que je ne possède pas. Mais le Comité et moi même porterons plainte contre le Chicaneur et contre Krum s'il le faut. »

- Il fallait s'y attendre ?

- Ce qui compte c'est que Viktor ait parlé le premier. Maintenant s'il tente quoi que ce soit, il sera en contradiction avec ce qu'il était obligé de dire.

- Il ne dit rrrrien d'autrrre ? demanda Viktor.

- Non, ils évoquent certains noms de joueurs pour te remplacer. Oh regarde ça !

Elle désigna un autre article sur un site Internet différent :

- Plusieurs clubs anglais ne sont pas resté sourds face à tes propos. Certes, ils n'ont pas la même renommée, mais ça montre que d'autres coachs te trouve assez qualifié pour jouer chez eux.

Tout cela ne put que remplir de bonheur Viktor qui savait maintenant qu'il avait fait le bon choix. Certes, ce n'était pas tout cela qui arrêterait Igor, ça il en était sûr, mais c'était déjà un grand pas. Il pouvait remercier Fleur, et Cédric.

- Et si on te cherchait un appartement ? proposa le blond.

- Oh non ! J'avais pensé qu'on pourrait diviser le loyer en trois, dit Fleur d'un air boudeuse.