Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Rating : M
Bêta : Farfadette
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes : Avant avant dernier chapitre avant la fin de cette première partie. Au programme, le Magicien d'Oz sur fond de dispute et manigance de la part de Karkaroff. Pas mal d'apparitions de personnages issus d'Harry Potter... Un grand merci à celles ou ceux qui me laissent des reviews, encore une fois, n'hésitez pas de donner votre avis ! Ca m'encourage et me fait plaisir.
Comme je l'ai annoncé à certaines, la fin de cette première partie (c'est à dire les deux prochains chapitres) amèneront une conclusion à l'affaire Karkaroff. Mais pas sûr que ce soit dans le bon sens... Concernant certains personnages... En tout cas bonne lecture :)
Chapitre 18 – « Tu m'en veux ? »
Cédric aida de bon cœur Viktor dans sa recherche d'appartement. Bien sûr ils commencèrent par éplucher toutes les annonces qu'ils pouvaient trouver sur internet. En ça, l'étudiant était d'une grande aide étant donné que le sportif n'aimait guère l'informatique. Même si le blond comprenait parfaitement le désir de son petit-ami de vouloir avoir son propre chez lui, ce n'était pas le cas de Fleur. Cette dernière s'était habituée à la présence du bulgare et imaginait sans doute que s'il prenait son propre appartement, c'était que les deux garçons étaient au bord d'une potentielle rupture.
Mais la française ne pouvait pas réellement se pré-occuper de ça. Sa représentation étant du samedi, il ne lui restait plus que trois jours de répétitions. Bien sûr, elle connaissait son rôle par cœur, était sûre d'elle même. Ce qui la paniquait, c'était les autres. S'ils n'étaient pas à la hauteur ils rendraient sa prestation médiocre. Chose qu'elle ne voulait pas.
Chaque soir, elle forçait Bill – qui sortait du travail – à venir aux répétitions. Le reste de la journée, elle était fourrée avec Madame Maxime afin de l'aider dans les décors, costumes et accessoires.
Les deux garçons eurent donc tout le loisir de faire ce qu'ils voulaient. En l'espace de trois jours, ils finirent la saison 4 ainsi que la cinquième saison de la série Lost. Viktor était toujours aussi plongé dans cette drôle d'histoire. En parallèle, ils se rendaient parfois à des visites d'appartement. Mais jusque là, ils étaient soit trop loin, trop petits, ou tout un tas d'autres choses. C'est du samedi matin que la chance sourit enfin au sportif. Dans un premier temps, Fleur lui avait transmis un message reçu sur sa page Facebook d'un club anglais. Ils étaient très intéressé pour le rencontrer.
Le bulgare n'hésita pas une seconde. Il découvrit alors que le club était en effet loin d'égaler l'équipe de la Bulgarie. Le salaire qu'on lui proposait n'avait rien de comparable avec ce qu'il touchait précédemment. Il n'y avait pas autant de publicité et de médiatisation autour du club. D'ailleurs, le coach ne se cacha pas en indiquant que la présence de Krum lui apporterait peut-être un bon coup de publicité et de nouvelles subventions.
Viktor promit de donner sa réponse à la fin du mois. Une fois rentré à l'appartement, il en discuta avec son petit-ami.
- C'est à toi de voir. Mais la différence de salaire est tout de même énorme…
- J'ai de l'arrrgent de côté. Je n'ai pas dépensé beaucoup, juste pourrr l'apparrrtement.
Son appartement en Bulgarie lui appartenait. Quand il s'était décidé à rester en Angleterre, il avait appelé une de ses amies pour lui indiquer qu'il souhaiterait louer son appartement. Il lui demanda alors de s'occuper de la vente des meubles et de lui envoyer l'intégralité de ses effets personnels, vêtements, livres, etc… Son amie lui indiqua que s'il était d'accord, elle demanderait à une société de transport et livraisons de tout lui amener d'une seule fois, y compris les meubles qu'il souhaitait garder. Le bulgare accepta.
- Au fait, tu as une visite ce matin. Tu veux que je t'accompagne ?
- Bien sûrrrr.
Fleur ayant à nouveau disparut après avoir menacé les deux jeunes hommes d'être impérativement présent le soir même, les deux s'en allèrent en décidant de déjeuner dehors.
L'appartement se trouvait à une quinzaine de minutes à pied de celui des deux colocataires. Ce qui en soit était déjà un très bon point. Madame Trelawney, l'agent immobilier, était une bien étrange femme. Des longs cheveux frisés, de grosses lunettes, une tenue tout droit sortit des années hippies. Elle parlait d'une voix effrayante comme si elle s'apprêtait à annoncer la fin du monde.
Elle leur fit visiter le grand loft. Situé au dernier étage, il possédait fort heureusement un ascenseur. La résidence était privée et sécurisée, avec un parking juste derrière. Il n'y avait qu'une dizaine d'autres appartements. Après avoir assuré que le voisinage était plus que très bien, elle leur montra l'appartement en question.
Très vaste, 150m², disposant d'une très grande luminosité, une cuisine équipée, une grande salle de bain, deux chambres. L'endroit était parfait et pile dans la tranche de prix que Viktor souhaitait investir dans un logement.
Il regarda son petit-ami pour lui demander son avis. Ce dernier était éblouit par la beauté du loft mais savait très bien que jamais il n'aurait les moyens de s'offrir une telle chose. D'un certain côté, l'aisance financière de Viktor lui faisait peur. Sans être l'une des plus grosses fortunes du monde, le bulgare lui avait expliqué qu'il avait placé beaucoup de ses revenus et qu'ils fructifiaient énormément. De plus, la mise en location de son autre appartement lui apporterait une rente non négligeable en plus de son nouveau salaire s'il acceptait la proposition qu'il avait reçu.
Très emballé et de peur que l'affaire ne passe sous son nez, Viktor accepta. Il proposa à Madame Trelawney de l'accompagner à l'agence pour remplir tous les papiers.
- Je rentre à l'appartement. Tu me rejoins ?
- Entendu.
Les deux garçons se quittèrent et Krum s'en alla en voiture avec Madame Trelawney.
De retour à l'appartement, Cédric rentra machinalement chez lui et fit un bond énorme en arrière en découvrant que quelqu'un était assis dans sa cuisine en train de lire un journal. La frayeur passée, il referma la porte en regardant l'homme. Igor Karkaroff.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? Comment êtes vous entré ?
- Votre voisine est très charmante. Un peu sotte. Mais il ne faut pas confier le double de ses clés à n'importe qui.
L'anglais posa ses affaires sur la table et resta debout. Il fusillait l'homme du regard. Seulement, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine peur. Le coach reprit :
- Je n'ai que moyennement apprécié la petite ruse de mon joueur. Faire la Une des magazines. Je suis prêt à parier qu'il n'a pas eu cette idée tout seul, n'est-ce pas ?
Karkaroff venait de se lever et s'approchait de Cédric pour lui faire face. Ce dernier essaya de ne pas bouger afin de ne pas montrer son malaise et la peur qu'il avait d'être face à lui.
- Je n'aime pas beaucoup qu'on s'oppose à moi, surtout quand il s'agit d'une bande de gamins dans votre genre. Krum a signé la fin de sa carrière avec ces déclarations dans la presse.
- Vous n'en savez rien, rétorqua l'anglais qui essayait de rester le plus calme possible.
- Oh, vous songez sans doute à ce petit club minable avec qu'il avait rendez vous ce matin ? Je vous en prie Monsieur Diggory, même vous savez qu'il ne fera jamais une très grande carrière là-bas.
- Comment…
- Je savais ? Ce n'est pas parce que Mademoiselle Delacour sait se servir d'un ordinateur que je n'ai plus aucune information concernant mon poulain. Vous saviez que le piratage de données informatiques était passible d'une peine de prison ?
Cette fois-ci, l'étudiant devenait rouge de rage. Cet homme était tout simplement odieux, il ne méritait qu'une chose, son poing dans la figure.
- Que voulez-vous ?
- Je vais y venir. Il est évident que je ne veux pas récupérer Krum, après ce qu'il a fait, ce serait une terrible erreur pour moi. Ce que je veux, voyez vous, c'est vous rendre service.
Le blond haussa les sourcils, pensant avoir mal entendu. Pourquoi cet homme voulait lui rendre service ? Qu'avait-il derrière la tête ?
- Au risque de me répéter, je connais énormément de monde et je dispose de pas mal d'informations surtout sur votre… petit-ami.
Dire ce dernier mot était un supplice pour Igor, comme si on lui écorchait la bouche. Il prit un dossier qu'il avait posé sur la table et le tendit à Cédric. Ce dernier hésita un instant mais finit par le prendre.
- Inutile de me demander ce que c'est. Je vous laisserai y jeter un œil. Il y à l'intérieur le nom et les informations concernant chacune des personnes avec qui Viktor a eu une relation dirons nous plus qu'amicale. Bien qu'il ait arrêté ce genre de… perversions lorsqu'il a intégré mon équipe, il semblerait qu'un nouveau gigolo soit entré dans sa vie.
Il posa son regard haineux sur Cédric tout en abordant un sourire de victoire.
- La nouveauté bien entendu, c'est qu'il prend ses amants au berceau maintenant. Et qu'il semble que pour une étrange raison obscure, vous puissiez rivaliser avec la durée des autres de ses relations. Enfin bref, tout se trouve à l'intérieur. Je suis sûr que la lecture vous amusera.
Karkaroff prit son manteau, déposa les clés empruntés à Tonks sur la table et se dirigea vers la porte de l'entrée. Avant de sortir, il rajouta :
- Peut-être même que cela vous inspirera un article pour cette feuille de salade. Au plaisir.
Son sourire machiavélique sur le visage, Karkaroff quitta l'appartement. Le blond resta un moment debout, seul avec ses pensées. Il tenait le dossier dans ses mains, ne sachant pas quoi en faire. N'avait-il pas dit hier encore à Viktor que le passé restait le passé. Alors il s'en fichait de ce qu'avait vécu son petit-ami auparavant. Ce qui comptait c'était leur relation, aujourd'hui. Il avait tout de même quitté son équipe et s'installerait à Londres pour lui.
Mais voir ce dossier dans ses mains était tellement tentant. Après tout, il pouvait juste l'ouvrir, regarder brièvement quelques noms et…
Bientôt, l'étudiant se retrouva à éplucher l'intégralité des documents. Pas moins d'une vingtaine de fiches se trouvaient à l'intérieur. Pour la plupart, il s'agissait quasiment que d'hommes beaucoup plus âgés, certains étant mariés, d'autres ayant même jusqu'à avoir un casier judiciaire.
Une fois qu'il eut terminé, Cédric referma rapidement la pochette et resta interloqué, dégoûté. Il ne pouvait pas croire que Viktor avait couché avec tous ces hommes.. C'était impossible. Que pouvait-il leur trouver ? Est-ce que Karkaroff disait vrai, lui aussi serait un jour épinglé sur cette liste comme étant l'un des amants occasionnels du célèbre joueur de football.
Penser à tout cela le dégoûtait tellement qu'il se dirigea tête première vers les toilettes pour vomir.
En fin d'après midi, Viktor rentra de l'agence immobilière, grand sourire sur les lèvres pour retrouver son petit-ami. Il retrouva de dernier assis dans le salon, le regard vide.
- Je peux y entrer dans quinze jours, annonça fièrement Viktor. Ce qui tombe bien, la livraison de mes affaires aura lieu juste après.
Voyant que le blond n'avait aucune réaction, le bulgare s'approcha de lui pour voir ce qui se passait. Alors qu'il voulut le toucher, Cédric s'éloigna et désigna un dossier sur la table basse. Inquiet, Viktor s'en empara.
Il comprit tout de suite de quoi il s'agissait en regardant les premières pages du dossier. Karkaroff.
- Quand est-il venu ?
- Il était là quand je suis rentré. Il a fait croire à Tonks qu'il était ton père.
- Cédrrric je…
- Tout est vrai ?
- Je t'ai dit l'autrrre jourrr que j'avais un passé.
- Mais par là je comprenais quelques copains de ton âge avec qui tu as flirté voir un peu plus mais là…
Cédric se passa les mains dans les cheveux, tout en se mordant les lèvres pour ne pas se mettre trop en colère. Puis il reprit :
- Il y a une vingtaine de noms ! Certains auraient l'âge d'être ton père. Il y en a même qui sont mariés. Et un avec un casier judiciaire !
- Oui c'est vrrrai. Je ne suis pas parrrfait.
Cédric arrêta de faire les cent pas et posa son regard sur Viktor.
- Ça veut dire quoi ?
Viktor essaya de ne pas paraître trop énervé à son tour :
- Que j'ai fait des errreurrrs, j'étais jeune, j'étais perrrdu, je ne savais pas ou j'en étais…
Il s'arrêta un instant et reprit :
- Quand j'étais avec eux je me sentais aimé. Même si c'était faux et qu'ils se serrrvaient de moi. Je n'ai pas eu la vie parrrfaite que tu penses que j'ai eu.
- Je ne penses rien du tout ! protesta Cédric.
- Tu ne peux pas comprrrendrrre. Tes parents t'ont choyé, tu as un tas d'amis, tu étais populairrre, tout le monde t'aime.
- MES PARENTS M'ONT JETÉ DE LEUR VIE PARCE QUE J'AI DIT QUE J'ÉTAIS GAY !
Sans même réaliser qu'il venait de hurler, Cédric reprit.
- LA MOITIE DE MES AMIS ME RAYERA DE LEURS VIES QUAND ILS SAURONT ÇA !
- Tu n'es pas obligé de hurrrler, reprit Viktor qui gardait ce même ton calme.
- Je ne hurle pas ! Tu n'as pas le droit de me dire la bouche en cœur que je ne comprends pas ce qu'est la solitude. J'avais beau être entouré d'un tas de personnes, je me sentais plus seul que jamais. Mes parents ne m'ont jamais compris, je ne faisais que les décevoir. Je n'ai même pas était capable de sortir avec une fille. Je découvre il y a pas longtemps que je suis attiré par les mecs, que je suis pédé.
La rage fit monter les larmes aux yeux de l'anglais.
- Tu es en trrrain de rrrentrrrer dans le jeu de Karrrkarrroff. Tu m'as dit le passé c'est le passé.
- J'avais tord.
Cédric venait de murmurer mais pas assez bas pour ne pas être entendu. Viktor resta un instant sans bouger avant de prendre sa veste et de sortir de l'appartement. Cédric ne regarda même pas la porte se fermer.
Le soir venu, le théâtre commençait à se remplir peu à peu. Fleur voyageait dans la salle en cherchant du regard après ses amis. La représentation débuterait dans une demi-heure et les places qui leur étaient réservés restaient vides. Elle vit les Lovegood au premier rang en grande discussion avec toute une famille de rouquins. Les Weasley, la famille de son petit-ami. D'ailleurs Bill était en train de discuter avec eux.
Lorsque la française s'approcha, elle entendit qu'ils discutaient du séjour de Luna chez les Weasley. La jeune blonde était en train de regarder le lustre au plafond comme si elle était arrivé là par erreur.
- Fleur !
Bill s'approcha de sa petite-amie qui salua tout d'abord les Lovegood, puis Ginny et Luna.
- Fleur voici mes parents.
- On est ravit de te rencontrer ma chérie.
Madame Weasley prit dans ses bras faussement chaleureuse la jeune femme, tandis que Monsieur Weasley se contentait de lui serrer la main.
- Bill nous a dit que tu étais française ? C'est fascinant !
Bill chuchota à Fleur :
- Il a une drôle d'obsession pour les étrangers.
Il reprit sa voix normale et continua les présentations :
- Voici mon frère Charlie, qui est zoologiste.
Charlie était aussi grand que Bill, roux également et plus séduisant encore que l'aîné.
- Percy.
Percy – qu'elle savait être l'assistant de quelqu'un du ministère – portait des lunettes, les cheveux convenablement tiré en arrière et une mine d'insupportable je sais tout.
- Les jumeaux, Fred et Georges.
Les jumeaux eux, portaient sur leur visage qu'ils étaient de véritables cancres.
- Et voici Ron, et ses amis Harry et Hermione.
Le dernier des garçons était un adolescent plutôt grand, l'air un peu maladroit. Il était entouré d'un garçon plus petit, brun, les cheveux en bataille, des lunettes sur le nez et d'une fille au cheveux blond foncé, qu'elle avait sans doute du mal à coiffer.
Tout le petit groupe se remit à discuter très joyeusement, tandis que Fleur continuait à chercher des yeux ses amis sans les apercevoir. Elle vit au loin Tonks arriver avec un autre homme. Une moustache, plutôt mince, les traits tirés. Elle l'avait déjà vu une ou deux fois.
- Tonks !
Elle ne s'était même pas excusée de laisser son petit-ami et sa famille. Tonks se retourna :
- Fleur ! Je voulais te présenter Rémus.
- Enchantée, annonça précipitamment Fleur en souriant à l'homme avant de reprendre. Tu n'as pas vu Viktor et Cédric ?
- Non, mais je les ai entendus se disputer tout à l'heure.
- Se disputer ?
- Oui. Juste après que le père de Viktor soit passé.
La blonde ne semblait pas comprendre. Comment le père du bulgare pouvait-il être à Londres ? Ça n'avait pas de sens. Elle remercia sa voisine et se mit à parcourir à nouveau la salle. Plus qu'un quart d'heure avant le début de la représentation. Elle allait devoir se diriger dans les coulisses. Au moment ou elle pensa à chercher son portable pour les appeler, elle vit arriver Cédric dans la salle. Il venait de donner son ticket à l'hôtesse. La blonde se précipita pour foncer dans les bras du grand blond.
- J'ai eu si peur que tu ne vienne pas !
Elle lâcha son étreinte et demanda plus sérieusement :
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Tonks vient de me dire que le père de…
- Karkaroff, coupa l'étudiant. Il est venu pour me parler.
- Mais de quoi ? demanda inquiète Fleur.
Mais Cédric ne voulait pas dévoiler la vie privée du bulgare.
- De choses concernant Viktor. Il voulait que je me méfie de lui et…
- C'est pour ça que vous vous êtes disputés ? Mais ou est-il ? demanda précipitamment Fleur.
- Il… Il est partit.
Fleur aurait presque fondu en larmes si le stress de sa représentation ne la perturbait pas autant. Elle posa sa main sur l'épaule de son ami en signe de réconfort :
- Je vais devoir retourner en coulisse. Bill a gardé deux places. Ça va aller ?
- Oui, mentit son colocataire.
Fleur l'embrassa sur la joue et s'apprêta à partir. Mais une voix derrière elle lui dit :
- Tu es rrradieuse Fleurr.
Elle tourna son regard et les talons pour voir que Viktor était à son tour arrivé. Il s'approchait de Cédric qui le regarda sans savoir quoi faire. La blonde s'approcha du bulgare et l'embrassa également.
- Vous êtes tellement bêtes tous les deux.
Elle les enlaça ensemble avant de leur dire :
- Je ne sais pas ce que Karkaroff a dit ou a fait, mais je m'en fiche et je ne veux pas le savoir. Ne laissez pas cette pourriture créer la moindre dispute entre vous, c'est ce qu'il recherche ! Donc vous allez vous asseoir côte à côte, vous allez me regarder jouer, m'applaudir, m'acclamer, me dire que je suis une formidable actrice et ensuite…
La française venait de parler sans s'arrêter. Cédric l'arrêta :
- D'accord. Mais tu vas être en retard.
- Mon dieu ! Souhaitez moi bonne merde !
Elle disparut en courant jusqu'au derrière de la scène dans les coulisses. Le bulgare et l'anglais se retrouvèrent debout, seuls.
- Je ne pensais pas ce que je disais. J'étais…
- Moi aussi.
- Tu m'en veux ?
- Non. Et toi ?
- Non. On s'assoit ?
- Oui.
Après avoir échangé un timide sourire, les deux garçons se dirigèrent jusqu'au premier rang ou deux places leur étaient réservés. Ils étaient assis à côté de Luna Lovegood et Ginny Weasley.
Quelques minutes plus tard, le rideau se leva et la pièce débuta. Fleur apparut sur la scène et entama une première chanson. Bientôt tout défila. Dorothy fut emmenée dans le pays du Magicien d'Oz, fit la rencontre de l'épouvantail, l'homme de fer et du lion. Les sorcières de l'est et de l'ouest entrèrent en scène. Les chansons reprirent. Les danses furent fabuleuses. Et le tout défila si vite que personne ne se rendit compte que les acteurs saluaient déjà leur public.
La pièce fut un énorme succès. Toute la salle se levait pour acclamer les jeunes acteurs et Madame Maxime la metteur en scène. Cédric jeta un œil aux Lovegood. Ces derniers semblaient enchantés de ce qu'ils venaient de voir. Alors que les applaudissements perduraient, Cédric dit à voix basse à son petit-ami :
- Tu me promets que je ne suis pas comme tous les autres ?
Viktor se tourna vers lui, souriant comme la première fois :
- Je pensais qu'on ne devait pas fairrre de prrromesses ?
- C'était stupide, répondit-il en baissant les yeux.
- Je te prrrromets Cédrrric.
Viktor venait de lui prendre sa main et la serrait chaleureusement dans la sienne.
- Si j'avais su que je te rrrencontrrrerrrais un jourrr, jamais je n'aurrrais…
- Peu importe. Le passé c'est le passé non ?
- Oui.
- Si tu as su accepter Cho, Marietta et mes parents… C'est normal que j'accepte que tu ai eu une vie avant moi.
Les deux jeunes hommes échangèrent un sourire remplit de tendresse. S'ils avaient été seuls, nul doute qu'ils se seraient embrassé. Mais pour l'heure, ils devaient acclamer leur amie qui était en train de quitter la scène.
Un peu plus tard, les deux garçons se joignirent au groupe des Lovegood et des Weasley à la sortie des artistes, attendant patiemment que Fleur et Bill se changent dans les coulisses et les rejoignent. Ginny fit les présentation et la plupart des Weasley semblaient impressionné d'être en face du célèbre Viktor Krum, en particulier le plus jeune des garçons, Ron.
- Je pourrais avoir un autographe ?
Gêné, Viktor signa rapidement la feuille que lui tendait le jeune Weasley. Son meilleur ami Harry se moqua de lui et Hermione leva les yeux vers le ciel d'un air désespéré. Personne ne posa de questions dérangeantes au sportif. Évidemment, tous avaient lu l'article du Chicaneur mais ils faisaient parti de ceux qui trouvaient ça courageux d'avoir osé parler publiquement d'une telle chose.
- Que diriez-vous de venir tous dîner à la maison ? proposa Mrs Weasley.
- Maman, il est déjà 22 heures, signala Percy.
- Personne ne travaille demain ? C'est dimanche ! J'insiste !
Cédric et Viktor étaient gêné de la proposition de la mère de Bill mais la petite femme rousse semblait tellement insister qu'ils finirent par se laisser convaincre. Fleur et Bill, leurs sacs sous le bras, sortirent par l'entrée des artistes, le sourire aux lèvres.
- Comment vous avez trouvé la pièce ?
Plusieurs personnes émirent leurs avis – positifs – en même temps et ce fut très difficile pour les deux jeunes comédiens en herbe de répondre à tout le monde.
Alors qu'ils étaient sur le trottoir en train de discuter devant le théâtre, une voiture noire s'arrêta non loin d'eux. Instinctivement, tous regardèrent vers le véhicule dont sortit deux hommes. Un grand homme noir portait un chapeau, et un long manteau couvrant son costume. Un homme plus petit, le visage remplit de cicatrices, la mine beaucoup moins sympathique l'accompagnait.
Ils se dirigèrent vers l'entrée du théâtre et s'arrêtèrent en regardant le groupe de personnes ou se trouvaient Cédric et les autres. Ils se dirigèrent vers eux et demandèrent :
- Monsieur Krum ?
C'était le grand noir qui venait de parler. Viktor, surpris, regarda les deux hommes.
- Oui.
- Inspecteur Kingsley, voici l'inspecteur Maugrey. Vous voulez bien nous suivre jusqu'au commissariat ?
- Pourrr quelles rrraisons ?
- Nous souhaiterions vous poser quelques questions, répondit le dénommé Kingsley.
- A quel prrropos ?
- Suivez nous, intervint l'autre inspecteur. Je ne pense pas que vous souhaitiez faire à nouveau la Une des journaux.
Les deux inspecteurs posèrent leurs mains sur les épaules du bulgare. Fleur les suivit et s'arrêta devant les inspecteurs :
- Vous pourriez au moins lui dire ce que vous avez à lui reprocher non ?
- Il est soupçonné de viol Mademoiselle. Poussez-vous.
Le bulgare laissa échapper quelque chose dans sa langue natale et regarda Cédric, Fleur et les autres sans rien comprendre. Bientôt, il était monté à l'arrière de la voiture des deux inspecteurs.
