Titre : D'un rêve ou d'un sourire
Auteur : Alounet
Rating : M
Catégorie : UA / Romance - Yaoi
Couple : Viktor Krum / Cedric Diggory
Avertissements : Tout d'abord, l'histoire se situe dans le vrai monde, donc pas de sorciers, etc… Ensuite, comme vous l'aurez compris, l'histoire développera une relation amoureuse entre deux garçons… Donc si cela vous dérange, passez votre chemin.
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, même si je me permet de les transposer dans un univers plus réel.
Notes : Un petit peu de retard pour cette publication ! Je pensais l'avoir fait avant de partir en week end et je viens de m'apercevoir que non... En résumé, drôle de fin de soirée pour les deux collègues et enquête un peu plus poussée ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant et surtout, n'hésitez pas à laisser vos commentaires ! Un grand merci d'avance :)
Chapitre 23 – « Tu es jaloux de ce type ? »
Viktor Krum n'avait pas passé une journée des plus extraordinaires. Il s'était contenté de faire un peu de sport dans son nouveau loft, puis s'était rendu dans quelques garages automobiles dans l'espoir d'acheter une nouvelle voiture. Sachant très bien que son petit-ami ou ses amis – Fleur et Bill par exemple – étaient au travail, il rentra chez lui assez tôt.
Etant un solitaire à la base, ça ne le dérangeait absolument pas de rester seul. Mais il devait reconnaître que Cédric lui manquait. Après avoir passé autant de temps collé à lui, c'était indéniable.
Aussi, fut-il enchanté le soir venu lorsqu'il reçut un appel venant de son petit-ami. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'il lui dirait. Il avait besoin qu'il vienne jusqu'au pub l'Irlandais, pour l'aider à raccompagner un de ses collègues chez lui. Vraisemblablement, le garçon avait trop bu.
Seulement, là ou la chose se compliquait, c'était qu'il fallait le raccompagner avec sa propre voiture, ce qui demandait donc une seconde voiture pour eux rentrer par la suite.
Le bulgare rassura l'anglais en indiquant qu'il arriverait dès que possible. Après s'être changé, Viktor prit la direction de l'appartement ou Cédric habitait. Un quart d'heure plus tard, il demanda à Tonks s'il pouvait lui emprunter sa voiture, celle-ci accepta volontiers.
Alors qu'il était toujours dans les escaliers, il eut l'agréable surprise de voir Fleur et Bill dans le couloir :
- Viktor ?
La blonde lui sauta au cou, tandis que Bill se contenta d'une poignée de mains.
- Cédric est là haut ?
- Non.
Le sportif leur expliqua la situation et Fleur proposa que Bill l'accompagne avec la voiture du rouquin afin qu'ils puissent les raccompagner juste après. Viktor accepta.
La voiture arriva près d'une demi-heure plus tard. Dans le club, Cédric fut obligé de rentrer à l'intérieur. Cormac qui n'écoutait rien était repartit pour danser et boire, toujours à moitié dévêtu. Le blond était près de l'entrée, s'impatientant de voir arriver son petit-ami.
Soudain, il vit Viktor, mais aussi Fleur et Bill entrer à l'intérieur. L'anglais se précipita à leur rencontre – la chemise de Cormac toujours dans les mains – pour les saluer.
- Tu as fait venir une armée ? lui dit-il en souriant.
Mais il expliqua en quoi leur présence était nécessaire.
- Ou il est ton collègue un peu trop fêtard ? demanda Fleur.
- Cormac ? C'est celui qui s'exhibe au milieu de la piste !
- Parce qu'il s'agit du Cormac ? Celui que tu n'es pas capable de supporter ? Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu l'accompagne danser ?
La française était tellement surprise qu'elle en riait presque.
- Je ne l'ai pas accompagné, se défendit Cédric vexé qu'elle pense ça, je devais lui parler de notre article et… Pourquoi tu me regardes comme si j'étais coupable ?
- Je plaisante !
Cédric chercha du réconfort auprès de Viktor. Ce dernier ne le regardait cependant pas, il avait les yeux rivés sur la piste de danse, et ne souriait pas du tout.
- Je ne savais pas qu'il était séduisant.
Cédric le fusilla du regard, soufflant quelque chose, avant de reprendre en haussant le ton pour se faire entendre malgré la musique :
- Il n'est pas séduisant du tout. Il est abject ! Bon, je vais le chercher, plus vite ce sera fait, plus vite j'oublierais tout ce que j'ai vu ici.
Cédric retourna sur la piste de danse et traîna de force le Mc Laggen qui rouspétait haut et fort qu'il ne voulait pas partir. Ses admiratrices – et admirateurs – le saluèrent et bientôt, les deux garçons venaient de rejoindre les trois autres sur le trottoir. Cédric lui tendit sa chemise :
- Habille-toi convenablement, on te raccompagne.
Souriant bêtement, Cormac s'aperçut de la présence des amis de Cédric :
- Waouh, un comité d'accueil rien que pour moi ? Tu me les offre pour ma nuit ?
Cormac était en train de saliver, remuant sa langue avec délectation tout en regardant Viktor, Fleur, puis Bill.
- On peut lui taper sur la tête ? demanda Fleur.
Mais ce fut Cédric qui lui mit un coup le premier comme pour le sortir de son fantasme répugnant.
- Ecoute, tu m'exaspère à la fin. T'es qu'un petit crétin sans cervelle et je ne sais même pas pourquoi j'en viens à t'aider mais si tu refais une seule remarque, je te laisse au milieu de la rue et tu te démerdes d'accord ?
Cédric venait d'hurler si fort qu'il fit se retourner les passants dans la rue près de lui. Viktor posa sa main sur l'épaule du blond pour le calmer.
- Allons-y.
Tous se dirigèrent vers la voiture de Bill. Comme ce dernier était arrivé, Viktor n'eut pas besoin de la voiture de Tonks. Fleur et Bill s'engouffrèrent à l'intérieur, tandis que Cédric cherchait tout autour celle de Cormac. Il la trouva cinq minutes plus tard..
Viktor monta côté conducteur en complimentant le choix de la voiture de son collègue. Cédric qui avait perdu patience, faisait remonter à l'arrière Cormac qui n'arrêtait pas de sortir de nouvelles conneries ou de draguer le blond. Viktor s'en aperçut mais s'abstint de tous commentaires.
- Tu sais ou il habite ? demanda Viktor.
- Non. Regarde sur son GPS.
L'Irlandais était déjà en train de somnoler à l'arrière. Le bulgare, lui, prit le GPS et trouva rapidement l'adresse de la maison des Mc Laggen. Il rentra les coordonnées et il démarra. Bill le suivait de près.
Le long du trajet, les deux amoureux ne parlèrent quasiment pas. D'ailleurs, une drôle d'atmosphère régnait dans la voiture et la seule chose que l'on entendant, c'était les bruits étranges que pouvait faire Cormac.
Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent dans un quartier très chic. Viktor s'arrêta devant le portail d'une belle et grande maison. Il descendit de la voiture, suivit de Cédric qui aida Cormac à descendre.
- Je le raccompagne jusqu'à sa porte, d'accord ?
Viktor acquiesça et embrassa son petit-ami, faisant en sorte que Cormac puisse bien le voir. Cédric fut surpris par cette initiative mais n'en dit rien.
Alors qu'ils traversaient l'allée, Cormac se dégagea de Cédric qui le soutenait :
- Je sais marcher seul. C'est pas la première fois que je me prends une cuite.
- Content pour toi.
Les deux jeunes hommes venaient d'arriver sur le seuil de la porte. Cédric lui remit ses clés de voiture tandis que l'autre essayait de sortir ses clés de maison de sa poche.
- C'est ton mec ?
Cormac n'était pas saoul au point de ne pas voir ce qui se passait autour de lui.
- Oui.
Cormac ne dit rien mais se contenta de sourire ironiquement. Il mit sa clé dans la serrure et Cédric profita de ce moment là pour partir, sans même dire au revoir. Mais Cormac l'arrêta :
- Hey Diggory !
Le blond se retourna, s'attendant à une nouvelle remarque désopilante :
- Ca veut dire que tu veux pas baiser avec moi alors ?
Bien que d'ordinaire, ce genre de réflexions l'aurait fait partir au quart de tour, Cédric se contenta de sourire en levant les yeux au ciel et en répondant :
- Bonne nuit Mc Laggen.
Le blond retrouva ses amis près de la voiture du rouquin. Bill décida de raccompagner tout le monde jusqu'à chez lui. Fleur fut la seule à réellement parler durant le trajet se rangeant de l'avis de Cédric concernant Cormac. Il avait tout pour être détestable.
Le premier arrêt de l'aîné des Weasley fut chez Viktor. Cédric descendit avec lui pour lui souhaiter bonne nuit :
- Je n'aime pas beaucoup ce garrrrçon.
- Tu es jaloux de ce type ? réalisa Cédric en haussant la voix plus par surprise qu'autre chose. Mais tu n'as aucune raison !
- Je sais. Je crrrois que je dois m'y fairrre. Tu es un beau garrrçon. Séduisant. Attirrrrant.
- Arrête…
Cédric était déjà en train de rougir.
- Jamais je ne pourrais m'intéresser à un mec comme lui. Surtout que… J'ai déjà un homme à moi ?
Viktor haussa les yeux en souriant, faisant mine de se demander de qui il pouvait bien parler.
- Oh… Moi ?
- Oui bêta…
Cédric l'embrassa. Comme à chacun de leur baiser, le blond frissonna. Le contact de la langue, chaude et humide, de son petit-ami avait pour don de le mettre dans tous ses états. Viktor mit fin au baiser, s'octroyant une grimace de la part du blond :
- Fleurrr et Bill t'attendent. J'ai une idée, dit-il voyant que Cédric n'était pas enchanté à l'idée de le quitter, si nous allions à la merrr ce week-end ? Rrrien que tous les deux ? En amourrreux ?
La proposition enchanta l'anglais qui répondit par l'affirmative immédiatement. Ils s'embrassèrent à nouveau, plus rapidement, et Cédric rejoignit Fleur et Bill.
Le lendemain, Cédric se réveilla après un long sommeil agité.. Toute la nuit il avait rêvé de Viktor et de tout ce qu'ils pourraient faire une fois seuls à la mer, sur la plage. Mais dans chacun de ses rêves, il voyait Cormac Mc Laggen apparaître et tout gâcher. Frustré que même dans ses rêves, l'autre vienne le pourchasser, il prit rapidement son petit déjeuner et salua Fleur avant de partir.
A l'école, Cédric se prépara à éviter soigneusement McLaggen mais celui-ci ne se montra pas une seule fois durant les deux cours qu'ils avaient ce matin là. Cédric n'y prêta plus attention et après avoir prit son déjeuner, il prit la direction du Chicaneur. Lorsqu'il arriva, il vit Luna assise dans le hall, un exemplaire du magazine à l'envers dans ses mains.
- Bonjour Luna.
- Bonjour Cédric. Tu es en retard.
Le blond regarda sa montre, légèrement paniqué, mais s'aperçut qu'il avait dix minutes d'avance.
- Non, pourquoi tu dis ça ?
- Cormac est déjà là. Comme il arrive toujours à l'heure exacte, j'ai supposé que tu étais en retard. Tu veux toujours que je t'aide aujourd'hui ?
- Bien sûr.
Les deux « collègues » montèrent l'escalier pour rejoindre le bureau dans lequel le blond travaillait. Il est vrai que ça ne ressemblait pas à Cormac d'être en avance, surtout qu'il ne s'était pas montré à l'école. Cédric salua au passage Amanda Lovegood qui était au téléphone et se retrouva bientôt face à son collègue.
- Alors, on ne t'a pas vu ce matin ?
Cédric venait de déposer son sac et réajustait le col de sa chemise.
- Panne d'oreiller. Gueule de bois. Mais je suis sûr que tu n'as pas envie de connaître les détails.
Cédric ne répondit pas, mais Cormac avait parfaitement raison. Visiblement, ni l'un ni l'autre n'avaient envie de reparler de la soirée de la veille. Chacun se remit à son travail. L'anglais en profita pour parler à Cormac de ses recherches de la veille :
- Au fait, Luna et moi on a jeté un œil sur tes documents hier.
Mc Laggen fit une sorte de grimace, visiblement mécontent qu'on vienne fouiller dans ses affaires. Cédric se précipita d'ajouter :
- Je dois dire que j'étais impressionné. Je pense que tu tiens une très bonne piste qui pourrait se révéler être un très bon article. Comment t'es venu cette idée ?
Cormac se détendit. De toute évidence, Cédric avait l'air sincère dans ce qu'il venait de dire. Il reprit alors son air suffisant et de vantardise :
- J'ai lu les résumés de la petite. Et dans l'un d'eux, il parlait d'une escapade dans la forêt Amazonienne. J'ai lu le chapitre du livre en question et il semblerait qu'il ait vécu la même chose que mon oncle. Je me suis dit que c'était une drôle de coïncidence et j'ai fouillé sur le web pour voir s'il n'y avait pas d'autres coïncidences de ce genre là.
- Tu en as dénombré une bonne trentaine pour l'instant ? ajouta Cédric qui ne pouvait cacher son enthousiasme. Tu es doué pour les recherches ?
- Non. J'ai piraté certains réseaux, répondit-il avec une once de défi dans la voix.
- Tu connais de vrais pirates ? demanda Luna soudainement impressionnée.
Cédric sourit, contrairement à Cormac qui se demandait encore ce que Luna Lovegood fabriquait avec eux.
- Dommage qu'on ne puisse pas avoir de preuves plus concrètes, répondit Cédric qui semblait déçu tout à coup.
- Au fait, Amanda vous a prévu un rendez-vous chez Monsieur Lockaert demain à 14 heures.
Luna l'indiqua comme si elle venait d'annoncer qu'il ferait beau le lendemain.
- Chez lui directement ? Peut-être qu'on pourrait le confronter à ce que tu as découvert ? proposa Cédric.
- Tu crois qu'un mec qui a probablement inventé toute sa vie sur les dires d'autres gens va se confier à deux gamins de dix huit ans ?
Cédric était surpris, ça ne ressemblait pas à Cormac d'être aussi défaitiste. Il aurait plutôt pensé qu'il lui dirait combien il lui serait facile de tirer les vers du nez à leur sujet. Mais Cormac reprit, et dit quelque chose qui lui ressemblait d'avantage :
- J'ai une idée, brillante. Je prétexterais une envie pressante et j'irais fouiller sur son pc, pendant ce temps tu te chargeras de l'interroger. Il a du stocker quelque part toutes les histoires qu'il a volé ? Sur une clé usb, un disque dur ou un cd.
- Ce n'est pas un peu illégal ? demanda Cédric qui se voyait déjà enfermé derrière des barreaux.
- T'en connais beaucoup des journalistes qui ne jouent pas avec la corde sensible de l'illégalité pour obtenir ce qu'ils veulent ?
- Moi. C'est contre mes principes.
- Calmos, Diggory. Tu ne te rendras coupable de rien vu que c'est moi qui se chargerais de faire la sale besogne.
Cédric n'ajouta rien, de toute façon, Cormac avait son idée en tête et il serait impossible de l'en faire changer. Le blond préféra continuer d'établir un premier portrait de Gilderoy tandis que Cormac lui continuait de récolter des informations.
- Tu fais une soirée pour ton anniversaire ?
Cédric renversa son pot à crayons lorsque Luna lui demanda cela alors que personne ne parlait depuis près d'une demi-heure.
- Je ne sais pas Luna.
- C'est ton anniversaire ?
Cormac avait levé les yeux de son ordinateur à son tour, semblant trouver le sujet de l'anniversaire plus intéressant que ce qu'il faisait.
- Samedi prochain, répondit Luna sur le ton de la conversation. Cédric aura dix huit ans.
Cormac se mit à sourire bêtement :
- L'âge ou rien n'est interdit pas vrai ? Je suis sûr que Diggory s'est déjà programmé une soirée romantique avec son mec, non ?
- Oh, tu veux passer la soirée seul avec Viktor ? Je pensais que Fleur t'organiserait plutôt une grande soirée.
Cédric détestait qu'on parle de sa vie privée ainsi, surtout devant Cormac.
- Donc ce grand brun séduisant que j'ai vu hier s'appelle Viktor ? Tu n'as pas mauvais goût.
- Viktor est un grand joueur de football, mais j'ai toujours pensé qu'il aurait dû faire des claquettes. Ou du quidditch.
- C'est quoi du quidditch ?
- Ca n'existe pas, répondit Cédric soudainement agacé. Luna, tu sais que Cormac n'a pas besoin de connaître tous les détails de ma vie privée ?
- Ah, fit-elle vaguement étonnée. Il me semblait que vous deveniez amis.
- Non, rétorqua Cédric d'un air catégorique.
Plus personne ne dit quoi que ce soit, chacun se replongeant dans son travail.
Vers 18h00, les trois décidèrent d'un commun accord qu'ils s'arrêteraient là pour aujourd'hui. Le lendemain, Luna reprendrait les cours et les deux garçons avaient l'interview de programmée avec Gilderoy. Amanda arriva pour venir chercher Luna afin de partir, et elle donna aux garçons l'adresse exacte de Gilderoy.
- A bientôt Cédric.
- Salut Luna.
Ils se firent un signe de la main et les Lovegood quittèrent la pièce. Cormac mit son sac sur ses épaules après avoir éteint son ordinateur et s'approcha de Cédric :
- T'as déjà pensé à faire un plan à trois ?
Cédric se contenta de le fusiller du regard avant de s'en aller. Mc Laggen sur les talons :
- Quoi ? Je suis sérieux ! J'ai toujours voulu tester. Je suis un beau gosse. Toi t'es mignon. Ton mec a l'air d'une bête de sexe. Bon j'avoue, le top ça serait ton mec, une fille et moi, mais bon…
Cédric s'arrêta en bas des escaliers, très énervé :
- Je ne veux pas t'entendre parler de mon copain de cette façon. Je veux que tu arrêtes de me proposer des plans culs grotesques, que tu cesses de faire semblant de me draguer et que tu arrêtes même de me parler !
Cédric se fichait complètement qu'autour d'eux plusieurs personnes étaient en train de les dévisager. Il se contenta de tourner les talons en direction de la sortie.
De retour à l'appartement, l'étudiant ne prit même pas la peine de discuter avec Fleur. Il était encore tellement énervé qu'il s'enferma dans sa chambre et qu'il s'allongea sur son lit. Epuisé, il finit par s'endormir.
Le lendemain matin, Cédric était toujours en colère contre Cormac et il l'évita soigneusement durant les cours. Seulement, l'autre garçon le rattrapa à la fin des cours. Après le déjeuner, ils devaient directement se rendre chez Gilderoy Lockaert pour l'interviewer.
- On prend ma voiture ?
Cédric le suivit sans même prendre la peine de lui répondre. Il était réellement décidé à lui adresser la parole le moins possible. Avant qu'ils ne montent, Cormac décida d'avoir une explication franche avec son collègue :
- Ecoute, je sais que tu me perçois comme un petit con obsédé et rien de plus. J'ai un certain franc parlé et je suis pas aussi doué dans les relations sociales que dans un pieu…
Cédric leva les yeux au ciel une nouvelle fois exaspéré.
- Mais, reprit Cormac qui fit semblant de ne rien voir, je suis comme ça, c'est moi. On accepte ou pas, j'irais pas changer pour faire plaisir à qui que ce soit.
- T'as rien compris. Je te demande pas de changer, juste du respect pour ma vie privée. Je sais que pour toi ça veut peut-être rien dire d'être en couple, mais j'apprécie que moyennement qu'un mec ait des fantasmes sur mon mec.
Cormac acquiesça et ils montèrent en voiture. Alors qu'ils sortaient de l'endroit ou ils déjeunèrent, Cormac demanda subitement :
- T'as fait ton coming-out ?
- Plus ou moins, répondit d'une voix lasse Cédric à ses côtés.
- En gros t'as du le dire à tes proches mais tu n'iras pas t'en vanter à toute la population ?
Cormac pouvait se révéler plus perspicace qu'il ne l'imaginait. La voiture de l'irlandais s'arrêta devant une belle demeure, celle de Gilderoy Lockaert.
Ils descendirent tous les deux, Cédric préparant son magnétophone et son carnet de notes. Cormac, lui, s'assurait d'avoir tout son matériel dans ses poches.
- Je persiste à dire, reprit Cédric, que c'est une très mauvaise idée.
- Oh c'est bon, lâcha Cormac, détend ton string un peu.
Cédric fit semblant de ne rien entendre et il sonna à la porte d'entrée. Quelques instants plus tard, une femme vint leur ouvrir, certainement la bonne. Elle les fit entrer et alla les annoncer. Quelques instants plus tard, vêtu d'un costume orange des plus soyeux, un homme à la chevelure blonde, au sourire charismatique, était en train de descendre les escaliers.
- Bonjour jeunes gens. Vous devez être les reporters du Chicaneur ? Ah, les admirateurs. On ne s'en lasse pas. Louise, vous ferez préparer des photos dédicacées pour ces deux jeunes hommes ?
- Bien monsieur.
Aucun des deux ne dit quoi que ce soit, ils se contentèrent finalement de se présenter et de suivre Gilderoy jusqu'à son salon. Partout dans la maison, les murs étaient recouverts de photos de lui. Plus narcissique que lui, ça ne pouvait pas exister pensa Cédric. Sauf peut-être Cormac. Ils s'installèrent sur un canapé et Cédric commença l'entretien.
Mais le blond eut bien du mal à poser de vraies questions, Gilderoy ne cessant de se vanter ou de le reporter à ses livres. Soudain, Cormac se manifesta :
- J'aurais besoin d'emprunter vos toilettes.
- Bien sûr mon garçon. Vous montez l'escalier, à gauche au bout du couloir.
- Merci.
Cormac sortit du salon et se dépêcha de monter les escaliers en prenant bien soin de ne pas attirer l'attention de la bonne. Au lieu de prendre la direction des toilettes, il se mit à fouiller l'étage et à chercha après le bureau.
Pendant ce temps, Cédric paniquait à l'idée que son collègue soit découvert. Il continua son entretien essayant de ne rien montrer de son trouble.
- Donc, vous pensez enseigner ?
- Eventuellement, je reçois des demandes de nombreuses écoles. Vous comprenez, ils veulent tous m'avoir. C'est ça la célébrité. Mais vous ne devez rien en connaître.
Cédric aurait bien aimé lui répondre qu'il faisait totalement fausse route et qu'il sortait lui même avec un sportif connu, mais il s'abstint. Au lieu de cela il continua. Fort heureusement, malgré le temps qui s'écoulait, Gilderoy ne sembla pas se surprendre de l'absence longue de Cormac. Il continuait de parler de lui même.
Au bout d'une vingtaine de minutes, Cormac ressurgit dans le salon, souriant et trop peu fier de lui. Cédric se détendit.
- Bien, nous avons ce qu'il nous faut.
- Tenez, je vous ai préparé des photos pour illustrer votre article. Je les ai classées dans l'ordre de mes préférences.
Cédric le remercia et ils prirent congé du romancier. Une fois dans la voiture, Cédric ne put s'empêcher de lui dire :
- Tu as mis un temps interminable à revenir !
- C'est parce que j'ai hacké toute sa base de données pour pouvoir la fouiller tranquillement au bureau. Tu sais que le mec est mégalo au point d'avoir des photos de lui même au dessus de son lit ?
- T'as fouillé sa chambre ? s'emporta Cédric alors que Cormac démarrait.
- Relax, juste le temps que ses fichiers chargent dans mon disque dur.
Cédric ne dit plus rien le reste du trajet jusqu'au bureau. Une fois sur place, ils s'installèrent tous les deux sur le poste de Cormac pour découvrir ce que contenait son ordinateur. Ils n'eurent pas besoin de longtemps pour réaliser que Gilderoy tenait une sorte d'inventaire de toutes les histoires phénoménales étant arrivées à de nombreuses personnes au travers du monde et dont il s'attribuait les mérites.
- Avec ça, on tient un très bon sujet, se félicita fièrement Cormac.
