Chapitre 2 : l'ouïe

A la sortie des cours, je sors seul quand je sens qu'on me tire par le col derrière moi. Je me retourne et voit deux des prétendus amis de Kibum.

«-Hey Superman, t'as voulu faire le héros aujourd'hui et sauver Mônsieur Kibum ?! Ça nous plaît pas tellement ton comportement, Kibum est notre pote et rester avec lui devrait nous assurer notre gloire. Lâche lui les basques avant qu'on s'énerve et te fasse mal. Compris petit morveux ?!

Je détourne le regard et les dénigre.

- Pff, vous vous croyez être son ami alors que vous ne connaissez rien de lui. Être hypocrite à ce point en devient abjecte, à votre place, j'aurais honte. Si j'ai envie de lui parler, je le ferais et c'est pas à vous de dire à qui je dois parler ou non. Foutez-moi la paix !

Les deux étudiants me collent violemment contre le mur. Je mémorise leur visage, en cas de problème, il faut bien savoir retourner sa veste.

- Écoute sale gosse. Ici, c'est pas toi qui fait la loi, nous sommes tes hyungs et tu nous dois le respect. De pl..

- Je dois le respect qu'aux personnes qui me respectent. Jamais je respecterais des personnes qui sont des amis par pur intérêt.

Derrière les deux lascars, Kibum arrive. Ayant entendu toute la conversation, il paraît choqué mais sur son visage on pouvait lire comme une sorte de non-surprise. Je me dégage de l'emprise des deux étudiants et pars avec Kibum.

- Désolé que t'ai entendu ça. Rassure toi, tout le monde n'est pas comme ça avec toi.

Je lui souris, histoire de lui faire comprendre qu'il n'est pas seul.

- Non, t'inquiète pas. J'ai l'habitude. Et puis, tu sais des gens comme ça, on va en rencontrer beaucoup quand on sera célèbre Haha !

Il se met à éclater de rire. Cela me rassure et rit avec lui. Son rire était comme une douce mélodie rassurante. Je ressentais mon coeur battre très fort, il faut vraiment que j'aille consulter, je m'emballe pour un rien à présent, bizarre ... J'avais la sensation qu'une grande amitié allait naître entre nous, et cette idée me rendait aussi heureux qu'un sportif remportant son 1er championnat du monde.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que nous traînons ensemble, juste lui et moi. Quand nous ne sommes pas ensemble, il me manque quelque chose en moi, une partie de moi est comme «envolée» ! Nous avons rencontrés chacun nos familles respectives, ma soeur adorait Kibum, elle l'adore même un peu trop à mon goût. Dès que je rentre sans lui, elle m'assaille de questions à propos de sa personnalité, ses goûts en matière de cuisine, de musique ou même de fille. Son discours en devient assourdissant lorsqu'il me raccompagne jusque chez moi ou reste à diner ... A présent, nos «camarades» de classe nous laissait tranquille, nous étions à part, nous avions notre monde. On était bien ensemble, personne ne pouvait perturber notre harmonie. Lorsque nous chantions ensemble, c'était comme si la Nature avait conçus nos voix pour qu'elle soit en parfaite symbiose. Cela décrivait d'ailleurs très bien notre relation. Nous étions seul contre tous, les autres avaient d'ailleurs très bien compris cela, jusqu'au jour où un nouvel élève arriva dans notre classe. Ça, on l'a remarqué quand les filles de notre classe se sont mis à pousser de «discret» cris dans les couloirs.

«Kyaaaaaah ! T'as vu il m'a regardé, ce mec est pour moi les filles, on n'y touche pas ! Il m'a regardé dans les yeux, j'y crois paaaaaaaas !»

Oh. My. Gosh. Mais c'est quoi ces groupies !? On est pas censé devenir des idoles plus tard ?! Ce qui est bien avec Kibum, c'est qu'il suffit d'un seul regard pour nous comprendre. Cette fois-ci n'échappa pas à notre règle pour que d'un seul bond nous nous levâmes et imitions vulgairement ces filles. Kibum jouait le rôle du beau ténébreux et moi la groupie.

«C'est pas la peine de vous moquer les deux gays là-bas ! Vous êtes jaloux, c'est tout ! -s'exclama un garçon adossé au pas de la porte-

Kibum se retourna et se dirigea précipitamment vers le garçon.

-Répète un peu !?

Je rejoignis Kibum et l'attrapa par le bras.

-Arrête Kibum, il en vaut pas la peine

-Quoi, la tafiolle veut me frapper !? Et bien vas-y, je t'en prie, mon menton est tout à toi la pédale !

Il n'en fallut pas plus pour que Kibum entra dans une rage folle, il se défis de mon emprise et leva haut son poing, lorsqu'on entendit une voix grave provenant du couloir.

-Ton pote a raison, il en vaut pas la peine, tu risques plus de te faire mal qu'autre chose.»

Tout le monde se tût d'un coup et observa l'auteur de ces paroles. Le nouveau fît son entrée en classe, grand mais la tête basse, traînant des pieds. Il jeta tout de même un regard vers Kibum et moi avant d'aller s'assoir derrière mon bureau. Il se passa au moins 5 bonnes minutes avant que le professeur brise le silence, nous regagna tous nos places, toujours silencieux.

Lorsque les cours se terminèrent, personne n'osa parler au nouveau, on ne connaissait que son nom : Choi MinHo. On ne savait ni son talent, ni d'où il venait, mais un immense respect pour lui c'était installé dans la classe, et c'est donc tout naturellement que Kibum alla lui parler.

«Hey, merci pour tout à l'heure, tu nous a évité pas mal de problèmes tu sais !

- Hm, c'est rien.

- Alors c'est quoi ton talent ? Tu viens d'où ? T'as des passions dans la vie ? Tu pratiques le sport on dirait !

Je me mis à rire, ce qui étonna tout d'abord le nouveau puis Kibum qui m'assainit un coup de coude dans les côtes.

- Yah ! Un peu de respect pour celui qui nous a évité les heures de colles de Mister T !

- Aïeuh ! mais je ris pas pour ça ! C'est à cause de toi Babo ! Tu l'assaillis de questions alors qu'il te répond à peine !

Cette fois-ci, ce fût au tour du nouveau de rire. Son rire ressemblait presque à une blague. Il riait tellement à gorge déployé qu'on avait l'impression que c'était 6 personnes qui riaient en même temps. On sentait que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas autant ris, ce qui fit sourire Kibum et moi, un sourire maternel.

-Et sinon, c'est quoi qui te fait autant rire !?

- On dirait un couple Hahahahaha !

- QUOI !? Tu vas voir si on forme un couple toi !

Kibum sauta sur MinHo en voulant l'étrangler et c'est dans un éclatement de rire générale que je tenta d'arrêter la futur Diva.