Chapitre 3 : L'odorat

Depuis l'arrivée de MinHo, mon petit monde a été quelque peu perturbé. Pour commencer, ce n'était plus Kibum & moi mais Kibum, Minho & Moi. Je n'étais pas jaloux mais notre relation avec Kibum n'était plus si exclusive et intime qu'avant ... Mon coeur est un temps soit peu malmené et en parlant de celui-là, le docteur a rien trouver. J'ai été consulté et la seule qu'on m'ait trouvé était le fait que je ne mangeais pas assez de calcium ... Faut vraiment que je trouve la source du problème ! Et cela ne se passe qu'en présence de Kibum et Minho, seraient-ils la source d'un stress quelconque ? Ma gentille soeur m'a suggéré que l'amour avait peut-être pointer le bout de son nez pour semer le désordre en moi, baliverne. «J'ai le nez pour ça !» comme elle dit ... Mouais.

Un samedi sans cours, les nouveaux «trois mousquetaires» partirent manger au restaurant avant d'aller a Lotte World. Kibum et moi étions toujours aussi complice, mais quelque chose avait changé depuis que Minho était arrivé au sein de notre groupe. Comme si, finalement, c'était bien d'avoir d'autres meilleurs amis. Aïe, toujours ce foutu coeur qui fait des siennes ... J'appréciais Minho, mais à petites doses. Monsieur ne parlait pas beaucoup, encore heureux, mais était très sportif, ce qui impressionnait Kibum. Lorsque nous arrivâmes au restaurant de Lotte World, un homme sortit violemment en bousculant Kibum, qui manqua de tomber. Sans hésiter je le rattrapa, et sous les yeux surpris de Minho, nos lèvres se frôlèrent. Nos visages étaient si près l'un de l'autre que je pouvais sentir son doux parfum sucré de vanille. Je sentis la chaleur parcourir mon corps, mon visage rougit, mon coeur était sur le point d'exploser, Kibum semblait dans le même état que moi, nous ne pouvions bouger, comme si le temps s'était arrêté. Se fût Minho qui nous sépara en hurlant si nous allions bien. Physiquement oui, mais psychologiquement je ne sais pas. Nous ne pouvions détacher nos regards l'un de l'autre.

-hum, ça va ? -Dis-je en rougissant- Je ne t'ai pas fais mal en te rattrapant ? C'était ... un ... réflexe, Mianhae.

- Non non, ca va ne t'inquiète pas, merci de m'avoir sauver ... encore.

Nous étions tous les deux très gênés de la situation, pourtant cela semblait normal d'éviter à quelqu'un de se faire du mal, non ? La journée continua, comme si de rien était, malgré tout, je sentais qu'un certain sentiment assez bizarre c'était installé. Ce n'était pas un sentiment de mal-aise, plus une gêne. Minho aussi l'avait sentis et partis assez rapidement. Après qu'il soit partis, en début d'après-midi, une foule de personnes arriva en masse dans le parc, Kibum me pris subitement la main, en rougissant et me tira vers un coin plus tranquille. Nos regards se croisèrent, puis, en même temps, nous les baissions. Kibum brisa le silence le premier, je regardais mes mains.

- Je voulais pas qu'on se perdent. J'ai toujours peur de te perdre ...

Surpris, je releva soudainement la tête et le dévisagea.

-Quoi ?! Me perdre ?! Mais voyons Kibum, c'est impossible ! Je tiens beaucoup trop à toi, je ... -je me mordis la lèvre, réfléchissant si le moment était propice à lui faire part de mes sentiments.-

- Tu .. ? JongHyun, je suis désolé pour tout à l'heure, y a un truc bizarre qui s'est passé entre nous, je sais pas quoi mais ... -il soupire- si tu veux plus qu'on se voit, je comprendrais.

- Pardon ?! Pourquoi tu dis ça ?! Non, ce n'est pas ça, il y a quelque chose qui s'est passé certes mais j'ai un truc à t'avouer : je suis gay, depuis un moment j'ai des sentiments forts ... d'amitié bien sûr -détourne mon regard.-

Kibum souri et me prit dans ses bras, mon coeur bats de plus en plus vite, que faire ?!

- Ki ... bum ?

Il resta silencieux. Je le sentais me serrer fort dans ses bras, comme pour me remercier de quelque chose. Une peur me hante, la solitude. Je pris Kibum par les épaules et le fit me regarder dans les yeux.

- Kibum, j'ai besoin d'explications. Je tiens énormément à toi et tu le sais, qu'est-ce que t'as soudaiement.

- JongHyun, je t'aime !

- Quoi !? T'es sur de toi ?! Mais en amour d'amoureux ou ou amour d'amitié ?!

- Haha gros bêta ! A toi de le deviner !

Le reste de la journée se déroula comme je l'imaginais, nous nous tenions la main de temps en temps, rions beaucoup et surtout nous nous amusons et ne pensons qu'à nous, notre relation. Mais reste son «je t'aime» qui me restait en tête. Que voulait-il dire par là ?! Partagerait-il les même sentiments que moi ?! Serait-il lui aussi gay ? Au fond de moi, je l'espérais. Juste nous imaginer en train de nous embrasser réussissait à me faire rougir ... Le soleil commença doucement à s'éteindre pour laisser placer à la douce lune mystérieuse.

- Kibum, tu veux rentrer ou tu préfères aller autre part ?

Il me regarda assez surpris par ma proposition.

- Euuh et bien, je ne suis pas contre aller autre part avec toi, mais où ? Nous sommes encore trop jeune pour aller dans les bars.

- Haha ! oui mais quand tu connais les secrets des personnes, tout peut te devenir accessible ! Suis moi et tu verra !

En chemin, Kibum me posa beaucoup de questions à la suite de cette déclaration, nous nous tenions la main, comme si cela était devenu tout naturel. Nous arrivions en face d'un restaurant japonais quand un jeune homme sortit de l'établissement. C'était l'un des garçons qui avait voulu me tabasser plus tôt dans l'année. Je lui lança un regard noir et supérieur, qui n'échappa pas à Kibum. Il nous installa à une table au calme dans le restaurant et nous offrit gracieusement ce que nous souhaitions.

- Mais, c'est pas un élève du lycée ?!

- Si - dis-je fièrement- sauf que ce charmant jeune homme a voulu me tabasser parce qu'on était potes et qu'il a été surpris de mes capacités de combat. Donc comme ses parents tiennent ce restaurant et qu'ils ont été mis au courant de l'histoire, pour le punir il doit travailler avec eux et m'offre un repas avec toi. Sinon, ton «je t'aime» de tout à l'heure, qu'est-ce que tu voulais dire par là ?

- On peux prendre ce qu'on veut ?! Vraiment ?! Wouah ! Et bien, ... quand tu m'as avoué que t'étais gay, cela m'a rassuré. On est pareil ! Et je ne pensais pas qu'on puisse aussi bien s'entendre tous les deux. J'avais peur que si je te le disais tu me fuirais de peur que je te prenne comme un sauvage ... Mes «amis» ne sont pas au courant de ça, donc c'est pour ça que m'ouvrir autant à toi, ça me fait bizarre. Tout à l'heure quand tu m'a rattrapé mon coeur s'est complètement arrêté. J'ai toujours eu peur d'éprouver des sentiments trop fort pour mes meilleurs amis, sachant que la plupart n'était pas gay, cela devenait assez compliquer entre nous. Alors merci de t'être ouvert à moi comme ça.

Je fus très surpris par sa déclaration et je ne pus m'empêcher de sourire. A peine ouvris-je la bouche que le serveur nous apporta notre commande. Les arômes de ramyeon, soja et coriandre embauma rapidement la pièce, la chaleur monta, surement grâce à nos déclarations et surtout au soju. Rapidement, un jeu assez bizarre s'installa entre nous, au début, chacun faisait goûter son plat à l'autre, puis comme des gamins, à chaque gorgée de soju nous nous donnions des gages. Plutôt enfantin, cela partait d'une simple chatouille à quelques léchouilles sur la joue. Mais plus la soirée avançait dans la nuit sombre, plus le jeu devenait pervers, érotique. Nous étions presque ivre mort quand Kibum m'embrassa langoureusement, je ne contrôlais presque plus mes gestes et c'est sans refus que j'accepta son baiser, lui souris puis continua à l'embrasser. Ce fût notre amis de lycée qui fit cesser notre petit «jeu».

- Yah ! Les amoureux, il serait peut-être temps de partir, vous avez vu l'heure ?! Je veux bien que vous me punissez à votre manière mais, 'y a des limites !

Nous cessions de nous embrasser à ces paroles, mais sans aucune gêne, nous rions en choeur avant de le remercier et lui faire comprendre qu'il avait intérêt à se taire sur ce qu'il avait vu ce soir. Bras dessus, bras dessous, nous déambulions dans les rues calmes et endormies de Séoul.

- JongHyuuuuuun, t'aurais pas envie de faire dodo avec moi ce soir Hahahaha ?!

- Oh ouaiiiis ! Mais tes parents vont pas nous engueuler si on rentre si tard ?

- noooooooon t'inquiète pas, ils sont jamais là.

- . . . Fiesta !

Comme 2 pauvres ivrognes, Kibum m'emmena chez lui. Comme 2 ivrognes, nous nous sommes déshabiller mutuellement et comme 2 ivrognes, nous nous sommes endormis avant d'avoir pu faire quoi que se soit.