-A ce soir !

-A ce soir Motochika !

Noël… Ce soir c'est Noël et je ne pourrai même pas le passer avec lui… Tout ça pour une histoire idiote de cadeau… Mais n'était-ce vraiment que ça ? Honnêtement je ne savais plus et c'est bien ce qui m'énervait. Je crois que cette année ce sera le pire Noël de ma vie. Entre Motonari et ma main blessée… Mon patron avait bien faillit m'obliger à rester chez moi et ça c'était hors de question ce soir ! Si je ne pouvais passer cette soirée avec l'homme que j'aime et bien je la passerais à bosser pour oublier et franchement ce soir c'était bien ce dont j'avais besoin. Oublier. Pas d'appel, pas de message rien. Je savais qu'il m'avait suivit jusqu'à l'infirmerie mais depuis rien. Je dois vraiment être bête de croire qu'il aurait pu se faire du souci alors qu'il s'en fout royalement si ce n'est plus et pourtant… Non il fallait que je m'enlève cette idée de la tête sinon jamais je ne serais complètement à mon travail et ça c'était hors de question. J'avais pris ma décision et je ne reviendrai pas là-dessus et tant pis pour lui !

Une heure… Deux heures… Le temps passait tellement lentement qu'au final je n'arrivais pas à enlever certaines idées de ma tête et même mon patron l'avait visiblement remarqué puisqu'il me proposa de rentrer chez moi. Rentrer pour quoi sincèrement ? Penser davantage à tout ça ? Que faire pour m'enlever Motonari de la tête… ? Mes sentiments, ils n'arrivaient pas à changer et ce malgré tous mes efforts et cela ne faisait que m'énerver jusqu'à ce que la porte de la boutique ne s'ouvre à nouveau. Aller Motochika, il faut s'occuper des clients…

-Mouri… ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

Il ne manquait plus que ça… Si il était venu pour se moquer ou je ne sais quoi il pouvait repartir et vite sinon c'était moi qui allai le mettre à la porte :

-Pardon… Je suis le pire n'est-ce pas… ? Le pire petit ami que l'on peut avoir n'est-ce pas… ?

-Qu'est-ce que tu racontes ? Si c'est une blague tu peux partir, je t'ai assez vu.

Le silence. J'avais l'habitude qu'il rapplique au quart de tour et là rien… En portant mon regard sur lui je pu le voir la tête basse. Je l'avais blessé ? Lui qui a toujours la tête haute et qui ne montre jamais ses larmes…

-Je ne sais plus quoi faire… J'ai mal… J'ai mal au cœur…

-Motonari…

-Qu'est-ce que je dois faire ?! Comment faire pour être le petit ami parfait hein ?!

-Mais… Enfin…

Je ne comprenais pas… A vrai dire je ne savais pas quoi faire parce que je ne l'avais jamais vu dans cet état et que pour le peu que j'avais déjà voulu prendre soin de lui il m'avait toujours repoussé… Mais honnêtement, comment pourrais-je le laisser comme ça… ? C'est avec hésitation que je fini par faire le tour du comptoir pour aller le prendre dans mes bras, le serrant contre moi. Cela faisait tellement de temps que je n'avais pu le serrer contre moi…

-Motonari…

Ses lèvres étaient venues attraper les miennes comme pour me faire taire, répondant au baiser. Sa première initiative… Une initiative où je pouvais sentir une certaine douleur se faire sentir malgré tout. Relâchant ses lèvres doucement, mes doigts venaient doucement effacer les larmes qui étaient venu se loger sur ce si beau visage qui ne méritait pas d'être ainsi souillé…

-Je t'aime… Mais… Je n'ai pas le droit…

Bizarrement, ces mots me firent mal au cœur… Il me disait qu'il m'aimait pour le première fois depuis que nous étions ensemble mais ces derniers mots me gênaient… Alors c'était ça… ? Pourquoi n'y avais-je pas pensé ? C'était pourtant presque une évidence et je me sentais affreusement bête d'avoir agit comme je l'avais fait alors que lui devait tout faire pour se cacher, nous cacher…

-Pardon… Je suis un imbécile…

-Moto…

L'embrasser pour le faire taire, ne pas entendre quoi que ce soit d'autre… Je ne voulais plus d'excuses ni de justifications. Juste le retrouver lui, ses lèvres et sa chaleur… Je l'aime et je m'en voulais terriblement de ne pas avoir compris ce qu'il se passait chez lui. Ses réactions depuis le début… Vouloir toujours se cacher des autres, il avait juste peur, peur que ses parents l'apprennent… J'avais envie de me donner des coups et de lui dire encore et encore combien j'étais désolé et combien je pouvais l'aimer…

En relevant la tête je pu voir le regard de mon patron. Un regard protecteur… Un signe de tête, une approbation et voilà que je quittais la boutique en traînant Motonari par la main jusqu'à l'extérieur.

-Qu'est-ce que tu fais ?! Et ton travail ?!

-Ne t'inquiète pas pour ça…

-Mais ton patron… Il va te renvoyer !

Ne rien dire. Je pense que c'était vraiment le mieux même si je savais qu'il se faisait vraiment du souci mais de toute façon même si mon patron m'avait dit quelque chose et qu'il m'avait renvoyé ce n'était pas grave car l seule chose qui comptait à présent était de pouvoir me retrouver seul avec lui et tenter de lui faire comprendre à quel point je pouvais l'aimer et aussi à quel point il m'avait manqué. Je m'en voulais pour tout ça oui mais quelque part il fallait peut-être en passer par là pour voir ce que nous ne voyons pas non… ?

La maison… Nous étions enfin arrivés, saluant rapidement ma mère avant de monter dans ma chambre. Contrairement à Motonari, je n'avais pas besoin de me cacher en ce qui concernait mes préférences sexuelles. Bien sûr il avait fallut un certain temps à ma mère pour l'accepter mais tant que j'étais heureux cela lui allait et jamais je ne pourrai assez la remercier pour ce qu'elle faisait…

-Motochika… Si je ne rentre pas je vais avoir des problèmes…

Je ne voulais pas le savoir, je voulais le garder pour moi au moins pour ce soir et il était hors de question que quiconque ne me l'enlève…

-Je veux… Te garder avec moi…

Mes lèvres se posèrent de nouveau contre les siennes, glissant mes bras autour de sa taille pour mieux le coller contre moi et lui montrer que je n'étais pas décidé à le laisser partir et par chance il ne me repoussait pas bien au contraire… Prolongeant le baiser, je fini par le faire doucement tomber sur le lit avec moi, mes doigts se glissant légèrement sous son haut. Je voulais avoir accès à sa peau, à cette peau que je n'avais encore pu toucher et que pourtant je désirais plus que tout. Je voulais tout connaître de lui. La moindre parcelle de peau, la moindre courbes, entendre sa voix émettre de doux sons sous mes caresses et surtout, pouvoir lui montrer à quel point je l'aimais lui et pas un autre. Sa peau laissait une chaire de poule se former sous mes doigts alors qu'un léger soupire me parvint aux oreilles. Je n'avais pas l'habitude qu'il se laisse faire et encore moins touché de cette manière mais cela me faisait plaisir… Vraiment… Mais ses doigts venaient de se loger sous mon menton, m'obligeant ainsi à relever la tête mon regard se plongeant dans le sien.

-Montres moi… Que tu m'aimes…

Etait-ce là une invitation… ? Je caressais alors sa joue avec douceur.

-Je te préviens… Je ne m'arrêterai pas…


Pourquoi je n'arrivais pas à l'oublier ? Son visage, sa voix et… Ses lèvres… Je savais que je passais pour le pire petit ami qui soit. Froid, distant et ne révélant jamais rien de ses sentiments mais que pouvais-je faire d'autre… ? Je ne voulais pas qu'il s'attache, je ne l'avais jamais voulu car je voulais le protéger, ne pas le faire souffrir mais lui il avait continué de s'attacher de vouloir me faire changer d'avis et surtout me montrer qu'il m'aimait. Mais je ne pouvais pas, je n'avais pas le droit parce que j'étais un homme et que lui aussi et que ce genre de relation n'était pas bien vue et que si mes parents l'apprenaient je serai chassé de la maison. Je ne suis qu'un lâche n'est-ce pas… ? Un homme qui a peur du regard des autres et des conflits que son amour pour un autre homme peut engendrer. Je me trouvais immonde à ce moment là et cela ne faisait que rajouter une couche à ma douleur. J'ai mal au cœur et j'ai l'impression qu'à chaque jour qui passe cela est de pire en pire… Je veux le voir… Le toucher, lui dire que je l'aime et qu'il est le seul homme de ma vie, la personne la plus importante à mes yeux mais comment faire… ? L'appeler ? Ce n'était pas vraiment le genre de choses que l'on dit au téléphone n'est-ce pas… ? Une lettre n'en parlons pas et passer par quelqu'un d'autre… Hors de question ! Il allait falloir que je le trouve pour lui dire tout ça mais je doutais qu'il était chez lui. Je me souviens qu'il avait parlé d'un travail dans un combini et il y avait de fortes chances pour qu'il y travaille ce soir. Après tout nous avions annulé la soirée que nous devions passer ensemble et le connaissant je savais qu'il choisirait de se plonger dans le travail plus qu'autre chose et ce malgré la blessure de l'autre jour…

Un soupire. Motochika était parfois épuisant et pourtant c'était bien lui que j'aimais à croire que j'avais un souci moi aussi…

Prenant ma veste, j'inventais une excuse pour justifier ma sortie auprès de mes parents qui n'eurent pas vraiment le temps de dire quoi que ce soit que déjà j'avais refermé la porte et que j'étais parti rapidement. J'avis peur et j'avis le cœur qui battait la chamade et je ne savais pas quelle réaction il allait avoir car j'étais presque sûr qu'après tout ce qu'il s'était passé il allait me repousser et quelque part je ne pourrais que le comprendre… J'avais été odieux avec lui…

Sans m'en rendre compte, j'avais fini par me retrouver devant le magasin où il travaillait et là je ne savais plus quoi faire. Je voulais entrer et lui dire ce que j'avais sur le cœur mais j'avais toujours cette maudite retenue mélangée à l peur, la peur d'être repoussé alors qu'aujourd'hui j'étais sûr de mes sentiments… Un… Deux… Trois…

-Mouri… ? Qu'est-ce que tu fais ici ?

J'étais entré… Enfin et son étonnement ne se fit pas attendre. Comment devais-je le prendre ? Là tout de suite je n'avais qu'une envie c'était partir en courant mais je devais prendre mon courage à deux mains. Après tout je n'avais pas fait tout ce chemin pour rien n'est-ce pas… ?

-Pardon… Je suis le pire n'est-ce pas… ? Le pire petit ami que l'on peut avoir n'est-ce pas… ?

-Qu'est-ce que tu racontes ? Si c'est une blague tu peux partir, je t'ai assez vu.

Des mots blessants… Il fallait bien que je m'y attende après tout mais cela me faisait mal, vraiment… Comme si l'on me plantait un poignard directement dans le cœur. Baisser la tête et ne rien dire. Je me connaissais et je n'avais qu'une peur, tout gâcher comme à mon habitude et il était clair que cette fois-ci rien ne rattraperait tout ça déjà qu'il serait difficile de le faire maintenant… Dire ce que j'ai sur le cœur…

-Je ne sais plus quoi faire… J'ai mal… J'ai mal au cœur…

-Motonari…

-Qu'est-ce que je dois faire ?! Comment faire pour être le petit ami parfait hein ?!

-Mais… Enfin…

Je voulais qu'il m'aide, qu'il me guide et me dise quoi faire pour qu'il me pardonne pour que je devienne ce que je n'ai pas réussi à être jusqu'à maintenant parce que je n'avais aucune idée de ce qu'il fallait faire dans une relation car moi et les relations humaines et croyez le ou non j'en avais honte… Vraiment et en plus je ne faisais que lui montrer toutes mes faiblesses…

Ses bras… Sa chaleur et son odeur… Tout cela m'avait manquait même si depuis que nous sortions ensemble j'avais toujours rejeté tout ça, je n'en voulais pas ou plutôt ma fierté mal placée prenait toujours le pas sur le reste pour le blesser et me protéger car si mes parents l'apprenaient…

-Motonari…

Mais ce soir je m'en fichais et pour ne pas montrer mes larmes, je vins attraper ses lèvres. Nous ne nous étions embrassés qu'une seule fois en six mois et il avait dû me forcer en partie la main pour que j'accepte mais cette fois-ci j'étais venu de moi-même chercher ses lèvres, comme un besoin vitale voir viscéral… Mais mes larmes ne lui avaient pas échappé et ses doigts été venu sécher mes larmes comme il le pouvait et je ne cherchais même plus à fuir comme à mon habitude. Non… Si je prenais la fuite tout serait définitivement fini…

-Je t'aime… Mais… Je n'ai pas le droit…

En me rendant compte de ce que je venais de dire je m'étais instantanément figé. Qu'est-ce que je venais de dire… ? Ces mots… C'était la première fois que je les lui disais depuis que nous étions ensemble… Jamais je n'avais senti ce besoin de les lui dire car ses déclarations sonnaient pour moi comme des plaisanteries, une passade… Et pourtant, aujourd'hui j'avais l'impression d'avoir fait un énorme pas en avant même si Motochika ne comprendrait très certainement pas tout ça… Mais j'étais en quelque sorte prisonnier de toutes ces obligations que j'avais, protéger mes parents même si cela voulait dire passer le reste de ma vie à regretter d'avoir repousser celui que j'aime...

-Pardon… Je suis un imbécile…

-Moto…

Ne rien avoir le temps de dire, s'expliquer ou quoi que ce soit d'autre. Motochika ne m'en avait pas laissé le temps, ses lèvres s'emparant des miennes. Le silence était préférable… ? Il fallait croire mais quelque part je l'aimais aussi pour ça car sous ses airs d'imbécile heureux, il cachait une grande sensibilité et j'en prenais conscience seulement aujourd'hui… J'avais tout gâché, notre soirée de Noël et tout le reste… L'extérieur. Je n'eu pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que déjà nous étions dehors.

-Qu'est-ce que tu fais ?! Et ton travail ?!

-Ne t'inquiète pas pour ça…

-Mais ton patron… Il va te renvoyer !

Je refusais qu'il ait des soucis à cause de moi. Son travail. Je savais qu'il avait eut du mal à avoir la confiance de son patron et qu'une petite erreur pourrait tout changer et lui faire perdre sa seule source de revenu et ce malgré le mal qu'il se donnait toujours mais il continuait de s'éloigner de la boutique sans dire mot tout en me trainant dans sa fuite.

Une maison… Etait-ce la sienne ? Je n'étais venu que rarement ici mais j'avais déjà vu sa mère, une femme vraiment très gentille et chaleureuse, tout le contraire de ma mère en somme mais j'étais perdu car je ne comprenais plus rien. Mes mots, sa réaction… Sa chambre… Il fallait que je rentre. Pour son bien, pour le miens… Je savais que mes parents finiraient par appeler pour savoir où j'étais passer mais je ne pouvais pas leur dire mais je voulais également rester avec lui, récupérer le temps perdu et passer le reste de la soirée avec lui et pourtant…

-Motochika… Si je ne rentre pas je vais avoir des problèmes…

-Je veux… Te garder avec moi…

A ce moment là, je senti le rouge me monter aux joues. Comment pouvait-il dire ce genre de choses aussi facilement… ? Comment pouvait-il faire battre mon cœur de cette façon et me faire perdre tous mes moyens ? Je n'arrivais même plus à l'envoyer promener car je n'en avais pas envie au final même si le stresse me gagnait… Mais Motochika arrivait à me faire oublier ça avec une facilité déconcertante… Il suffisait qu'il m'embrasse pour se faire. Ses lèvres contre les miennes, je ne voulais plus m'en séparer prolongeant le baiser comme je le pouvais. Je n'avais jamais fais ça et j'avais peur de ne pas être à la hauteur. Si il y avait un domaine ou je n'y connaissais rien, c'était bien celui là et ses doigts qui venaient de se glisser sur ma peau ne firent qu'empirer ma gêne. J'aimais ce contact n'allez pas croire le contraire mais j'étais perdu et je ne savais que faire et un soupire passa mes lèvres avant même que je ne m'en rende compte. Je mourrais d'envie de me cacher mais se détacher de lui était devenu impossible mais me retrouver sur son lit… Motonari tu n'es plus un enfant… Et pourtant je crève de peur à cet instant même…

-Montres moi… Que tu m'aimes…

Comment pouvais-je dire ce genre de choses alors que coucher avec lui était la chose qui me faisait le plus peur au monde ! Je l'aimais oui, ce n'était pas le problème loin de là mais… J'étais sûr qu'il l'avait déjà fait et qu'il se moquerait de moi qui n'ai aucune expérience… Mais lorsque je voulu me reprendre je n'en eus pas le temps, ses paroles et la détermination que je pouvais lire dans son regard me perturbant au plus haut point.

-Je te préviens… Je ne m'arrêterai pas…