Bonjour !
Tout d'abord je veux remercier Matsuyama et Noumea pour leur commentaires encourageants qui m'ont donné tout plein de soleil dans le cœur. Pour vous, voici la suite. C'est un court chapitre par rapport aux deux autres mais j'espère néanmoins qu'il vous plaira.
Déclaration : Dumbledore et Poudlard appartiennent à J.K. Rowling.
Bonne lecture !
Melfique
Note : J'ai déjà pris en considération les remarques de Matsuyama et je me suis empressée de corriger le tout. Merci beaucoup à toi Matsuyama !
Et merci encore à Persis ! :)
Chapitre 3
Un départ précipité
Cela faisait des heures que Matilde, habillée des mêmes vêtements que la veille, fixait le mur derrière sa commode sans vraiment le voir, et son dos commençait bientôt à devenir douloureux à force de tenir la pose. Elle n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'elle s'était assise sur sa chaise de bureau et n'avait cillé que très rarement.
Lorsqu'elle s'était réveillée ce matin sur le divan, son cerveau n'avait pas mis trop de temps à se rappeler les événements du soir d'avant. Et même si la table basse du salon s'était retrouvée intacte, elle sut néanmoins que tout ça s'était véritablement passé dans la réalité. Elle était une sorcière. Elle pouvait l'affirmer. Elle avait fait le test elle-même en retrouvant le stylo traînant toujours près de sa pile de livres scolaires dans sa chambre et l'avait fait rouler vers elle sans trop de difficultés. Suite à ce moment perturbant, elle s'était laissée tomber sur sa chaise, complètement pétrifiée devant l'évidence.
C'était vrai ! Mais si tout ça était réel, était-elle vraiment en danger ? Matilde n'avait pas revu le sorcier depuis qu'elle s'était évanouie et elle se posait un tas de questions auxquelles les réponses faisaient cruellement défaut. En quoi ses pouvoirs étaient-ils différents des sorciers normaux ? Comment la magie pouvait-elle lui faire du mal ? Cet homme nommé Dumbledore allait-il revenir la chercher bientôt pour l'emmener dans cette école qu'était Poudlard ? Et ses parents ? Comment allaient-ils réagir lorsqu'ils apprendraient que leur fille unique était une sorcière et qu'elle se trouvait dans l'obligation de se rendre à Poudlard pour ne pas qu'elle finisse par se faire tuer par une quelconque magie malveillante ? Devait-elle leur en parler tout de suite ?
Justement, Matilde entendit soudain la voix de sa mère, provenant de la porte de sa chambre.
— Matilde ? Ma chérie, tout va bien ?
Lorsque Matilde leva ses yeux vitreux vers ceux de sa mère, elle ressentit aussitôt l'envie irrésistible de s'élancer dans ses bras et de tout lui raconter avant de fondre en larmes, une fois pour toute. Mais elle s'abstint.
Ne voyant aucune réaction de la part de sa fille, Mme Beauregard, l'air inquiet, s'avança vers elle.
— Tu sais, il ne faut pas avoir peur.
« Avoir peur de quoi ? Si tu savais… », songea Matilde avec tristesse.
— Comment va-t-elle ?
C'était son père. Son visage dur venait d'apparaître à l'entrée de la chambre à son tour.
— Très mal, répondit la mère d'un ton anxieux.
Sentant aussitôt le devoir de les rassurer rapidement, Matilde s'anima enfin et leur dit d'une voix faible :
— Je vais bien. Tout va très bien…
— Ne prends pas la peine de nous mentir, Matilde, répliqua son père.
Puis, après un bref regard entendu de la part de sa conjointe, il ajouta :
— Ta mère et moi sommes au courant…
Cette révélation laissa Matilde bouche bée. Comment était-ce possible ? Il y avait longtemps qu'ils savaient ? Et pour répondre à ses questions muettes, son père poursuivit :
— M. Dumbledore est en bas en ce moment et nous à tout raconté…
— Matilde ! s'exclama brusquement la mère, terrifiée, il faut absolument que tu ailles à Poudlard !
Le fait que ses parents étaient soudainement au courant de tout, comme ça, déconcerta complètement Matilde.
— Attendez, dit-elle, depuis combien de temps est-il là ?
— Depuis quelques heures, déjà, répondit son père.
— Et vous ne m'avez pas avertie avant ? s'étrangla Matilde, indignée.
— On a tenté de le faire, assura la mère d'un air désolé, mais M. Dumbledore nous a clairement demandé de ne pas te déranger tout de suite. Il disait que tu étais déjà assez secouée comme ça par ce qui s'était passé hier.
— Et de toute façon, ajouta M. Beauregard, toujours debout dans l'encadrement de la porte, il souhaitait nous parler en privé.
Ainsi donc, cela faisait des heures que ce sorcier discutait tranquillement avec ses parents alors que Matilde, dans sa chambre, probablement à cause qu'elle avait été très absorbée dans ses multiples questions, n'avait rien entendu.
— Et vous l'avez cru ? s'étonna-t-elle.
Elle-même avait encore de la difficulté à y croire sincèrement...
— Disons qu'il avait sa façon bien à lui de le prouver, répondit simplement son père d'un ton qui trahissait son malaise.
— Il vaudrait mieux que tu fasses ta valise maintenant, dit précipitamment Mme Beauregard en se dirigeant aussitôt vers la commode. Tu dois partir à l'instant. M. Dumbledore t'attend.
— Je dois partir ? demanda Matilde, effaré. Là ? Maintenant ? Sans en discuter avant ?
— Nous n'avons malheureusement pas le temps, ma chérie, répondit-elle, navrée, en ouvrant les tiroirs pour y ressortir les vêtements de sa fille. Plus tôt que tu seras à Poudlard, mieux ce sera…
— Mais le lycée ? Et mes amis ? Catherine ? Et… ?
— Ta mère à raison, coupa son père en ressortant une grosse valise de la garde-robe qu'il posa sur le lit dans un bruit mat. S'il fallait que cette magie finisse par te faire du mal…
Il se mit à remplir la valise des vêtements que Mme Beauregard ressortait de la commode.
— Me faire du mal ? répéta Matilde en se levant brusquement, se rendant soudain compte que ses parents devaient savoir probablement plus de choses qu'elle-même à son sujet.
— Tu seras très vite au courant de tout ça, répondit M. Beauregard en la poussant à présent vers sa garde-robe. Pour l'instant, aide-nous à faire tes bagages.
— Mais vous devez m'expliquer ! exigea-t-elle en repoussant son père. Et arrêtez de fouiller mes affaires ! lança-t-elle avec irritation, lorsque qu'elle vit sa mère ouvrir le tiroir de ses sous-vêtements.
— Matilde, nous n'avons pas le temps ! dit le père d'un ton autoritaire. Tu dois faire ta valise !
— Je peux la faire toute seule, figurez-vous ! s'écria Matilde avec colère.
Ses parents s'arrêtèrent aussitôt, tous deux la regardant comme s'ils prenaient soudain conscience de ce qu'ils étaient en train de faire. Un soutien-gorge en dentelles blanches se balançait au bout des doigts de Mme Beauregard. Elle tourna la tête vers son mari d'un air contraint, puis ramena ses yeux sur sa fille et lui dit enfin sur un ton d'excuse :
— Tu as raison. Je crois que nous nous sommes un peu trop emportés. Pardonne-nous ma chérie, mais tu dois comprendre que nous nous faisons grandement du souci à ton sujet… Ton père et moi allons donc t'attendre dans le salon, dit-elle d'une voix tremblante en déposant le soutien-gorge sur la commode. Surtout ne tarde pas, Matilde, je t'en conjure…
— Et tu as intérêt à faire ça vite, ajouta strictement M. Beauregard avant de suivre sa compagne hors de la pièce.
Retrouvant subitement sa solitude, Matilde s'assit sur son lit au coté de sa valise et se croisa les bras avant de replonger dans ses réflexions, l'air renfrogné.
Non mais vraiment ! Partir à l'instant était franchement irréfléchi. Elle n'était pas encore tout à fait convaincue qu'il existait bel et bien une école de magie. Peut-être que le vieillard était vraiment un sorcier, mais la réelle existence de Poudlard restait encore à prouver. Et par-dessus tout, comment ses parents pouvaient-ils la laisser partir seule avec cet inconnu qui n'inspirait pas du tout la confiance ? Depuis le début, elle le trouvait louche. Peut-être avait-il trouvé un prétexte au hasard pour la kidnapper plus facilement ?
C'était ça ! S'il avait l'air amical et bienveillant, c'était qu'il s'agissait tout simplement d'une ruse. C'était un psychopathe. Il fallait absolument qu'elle fasse part de ses impressions à ses parents... Mais comment ? Ceux-ci paraissaient totalement déraisonnables, actuellement. Peut-être que le sorcier les avait ensorcelés ?
« Encore une fois, Matilde, tu redeviens hystérique ! Tu as eu la preuve qu'il est véritablement un sorcier et tu as eu la preuve aussi que tu l'es également. Sachant que la sorcellerie existe, une école qui l'enseigne doit forcément exister... Et si tu doutes encore, tu n'as qu'à cacher une arme dans ta poche… »
D'accord, c'est ce qu'elle ferait... Elle irait récupérer le couteau qu'elle avait flanqué sous les cousins du divan, ce qui ne serait pas une chose facile si ses parents et le sorcier se trouvaient présentement au salon, bien entendu…
Matilde décroisa les bras et se leva. Se penchant vers sa valise en soupirant, elle ressortit quelques vêtements qu'elle ne portait plus depuis longtemps, mais qu'elle avait tout de même laissés dans ses tiroirs par paresse de devoir les envoyer un jour dans un centre de charité. Puis elle se dirigea vers sa commode pour les remettre là où ils reposaient avant que sa mère ne les ressorte. Après avoir choisi ses vêtements préférés, passé furtivement à la salle de bain pour y ramasser tout son nécessaire de toilette, rassembler quelques accessoires et souliers, elle empaqueta laborieusement le tout dans sa grosse valise. Puis elle balaya ensuite sa chambre du regard et s'interrogea sur ce qu'on devait bien apporter d'autre dans une école de sorciers.
— Matilde ? résonna soudain la voix de sa mère depuis le rez-de-chaussée. Ça vient ?
— Oui, j'arrive ! répondit-elle de vive voix en s'emparant de son porte-monnaie et de sa montre bracelet sur sa table de chevet pour les fourrer rapidement dans l'une des poches de sa valise.
Jugeant finalement que, du moins, le nécessaire de base y était, traînant sa grosse valise derrière elle, Matilde descendit l'escalier avec hésitation et s'arrêta enfin au salon, derrière ses parents qu'elle trouva assis sur le divan. Tous deux s'étaient retournés vers leur fille à sa venue.
— Ce n'est pas trop tôt ! s'exprima M. Beauregard de son air dur coutumier.
Après avoir lancé un regard sombre à son père, Matilde s'avança vers eux tout en remarquant Dumbledore, encore paisiblement assis sur le même fauteuil que la veille, la mine souriante.
— Bonjour, dit-il sur ce même ton enjoué qu'elle commençait à détester.
Elle ne répondit pas, se contentant d'arborer un air méfiant.
— J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec tes parents, continua Dumbledore. Ils se sont montrés très compréhensifs quant à ta situation et je suis content qu'ils prennent la bonne décision en acceptant que tu te rendes à Poudlard pour ta protection.
— C'est pour ton bien, Matilde, ajouta précipitamment Mme Beauregard.
Matilde resta toujours muette. Puis elle constata avec profond regret qu'il serait manifestement impossible d'aller chercher le couteau sous les cousins du divan sans prendre le risque de se faire remarquer.
Après un instant de silence, le sorcier se leva.
— Bon. Si tu es enfin prête, nous devrions y aller…
Aussitôt, Mme et M. Beauregard se levèrent également pour s'approcher de Matilde.
— Ma chérie, dit la mère tristement en prenant sa fille dans ses bras. Tu vas nous manquer.
Puis, desserrant son étreinte pour la regarder dans les yeux, elle murmura gravement :
— Surtout, ne fais pas de bêtises. Cet homme sait ce qu'il fait. Tu dois lui faire confiance.
Loin d'être rassurée, Matilde fixa sa mère qui s'écartait pour permettre à son père de s'approcher d'elle à son tour.
— Sois prudente ! ordonna-t-il en lui tapotant le bras maladroitement.
Puis Dumbledore s'approcha de Matilde et posa sa main sur son épaule (ce qui la fit tressaillir à ce contact indésirable). Il annonça poliment :
— Nous ne devons pas tant tarder. Nous avons déjà raté le premier Portoloin. Ne manquons pas le deuxième…
— Oui, bien sûr, dit M. Beauregard en reculant aussitôt d'eux, comme pour donner pleinement l'occasion au sorcier de s'emparer à l'instant de sa fille.
C'était absurde. Matilde n'arrivait pas à y croire. Ses parents la laissaient vraiment partir comme ça, sans explications de plus. Résignée néanmoins à suivre le sorcier vers la sortie, elle mit son manteau, et ce fut avec un regard implorant qu'elle répondit aux « au revoir » de ses parents avant de devoir se contraindre à franchir la porte derrière lui, avec l'horrible impression de s'enfoncer dans l'abîme d'un piège.
