Réservation pour Deux (Party of Two)

CHAPITRE 3

C.I.A (Chambre Idéalement Agencée)

La première chose que Kate ressentit fut son mal de tête. Elle avait l'esprit embrumé, lourd, comme après une soirée bien arrosée. Or elle ne se souvenait pas que sa soirée ait inclus de l'alcool.
Les souvenirs de la dite soirée remontèrent alors peu à peu à la surface... Non, il n'y avait pas eu d'alcool, mais une forte décharge électrique... machinalement elle passa sa main dans son cou où elle se souvenait avoir ressenti une décharge avant de plonger dans le noir complet.

Alors que son esprit et son corps se réveillaient petit à petit, les évènements de la nuit précédente lui revenaient... Elle était devant l'opéra en train de parler avec Castle quand... Castle!

Elle ouvrit aussitôt les yeux, et constata ce que son corps engourdi ne lui avait pas encore indiqué, elle était allongée sur un lit. Elle inspecta rapidement les environs à la recherche de l'homme avec qui elle était la nuit passée.
Elle n'eut pas à chercher bien loin, son regard trouva immédiatement la forme allongée à ses côtés dans le lit. Un brin d'inquiétude l'envahit voyant qu'il était encore endormi et elle posa une main sur son cou, à la recherche de son pouls. Mais le son – qu'elle aurait défini entre un gémissement et un grognement – qui s'échappa de la bouche de Castle lui assura qu'il était bien vivant. Rassurée sur ce point, elle remarqua alors le coquard qu'il arborait sur son œil droit. Elle se pinça la lèvre, se souvenant vaguement d'avoir été attaquée avant Castle et imaginant l'écrivain tentant quelque chose d'incroyablement stupide... et chevaleresque. Elle sourit légèrement: 'Quel adorable idiot'.
Ne se laissant pas distraire une seconde de plus, elle détourna la tête et se releva à moitié pour inspecter les lieux.

Ils étaient dans une chambre, plutôt luxueuse d'après ses premières constatations. Les murs étaient en bois vernis, et le sol recouvert de moquette couleur crème. En face de leur lit, se trouvait un large meuble de télévision. La chambre comprenait aussi un bureau en bois massif, deux fauteuils et un canapé ainsi qu'une table basse. Elle remarqua une porte coulissante entrouverte menant à une penderie et une autre porte, menant sans aucun doute à la salle de bain. Elle porta aussitôt son regard sur la troisième porte de la salle, la porte d'entrée. Elle était en bois, mais un détail la frappa, il y avait bien une poignée, mais aucune serrure. Cette porte là n'avait rien de rustique.
La pièce était baignée d'un léger filet de lueurs, les premiers rayons du jour perçaient en effet à travers deux fenêtres... protégées par des barreaux en acier; la seule véritable indication qu'ils n'étaient pas dans un hôtel en vacances mais bel et bien retenus prisonniers.

Instinctivement, elle porta sa main à sa cuisse droite et fut rassurée de constater que, sous la robe crème qu'elle portait encore, son glock 28 était toujours là.

Alors qu'elle allait se lever, Castle, toujours endormi, se tourna sur le côté et vint poser son bras autour de sa taille, la forçant à rester sur le lit.
Elle se permit de l'observer un court instant. L'homme endormi reflétait une image tellement différente de l'homme qu'elle côtoyait tous les jours depuis deux ans. Les cheveux ébouriffés, le visage paisible, une main rangée sous l'oreiller, il était... attendrissant. Lorsque ses yeux tombèrent sur le coquard qui ornait son œil, elle fut vite ramenée à la réalité de leur situation et réagit en agrippant le bras qui l'enserrait et le repoussa sans ménagement. Le mouvement eut l'effet escompté et Castle émit quelques marmonnements de protestations contre ce réveil brutal.

- « Encore quelques minutes... » supplia-t-il dans un bâillement.

Elle lui prit l'épaule et le secoua, aussi délicatement qu'à son habitude.

- « Castle, réveillez-vous! »

Ce geste-là le tira aussitôt de sa torpeur et il se releva d'un bond.

- « Quoi? Qu'est ce qu'il y a? »

Alors que son cerveau cherchait encore à recoller les morceaux les uns après les autres, son regard tomba sur sa voisine de lit.

- « Beckett? Qu'est ce que vous faites dans mon lit? Est ce que...? » il leva un sourcil.
- « Ne rêvez pas Castle! Et ce n'est pas votre lit.»

Elle se leva et se dirigea vers la porte d'entrée.

- « Et levez vous, il faut qu'on sorte d'ici. »
- « Avec plaisir mais... où sommes-nous? »

Castle se frotta les yeux et lâcha quelques jurons de choix en réponse à la douleur à l'œil que le mouvement provoqua.
Beckett se retourna face à ses propos et esquissa un léger sourire.

- « C'est un bien joli coquard que vous avez là au fait Castle. Il faudra que vous me racontiez comment vous l'avez eu celui là. »
- « Avec plaisir... dès que je m'en souviendrai moi-même. »

Beckett avait rejoint la porte d'entrée et, sans grand espoir de réussite, elle tira et poussa la poignée. Mais la porte de bougea pas. Elle insista de plus belle et face à de nouveaux échecs elle changea de stratégie, optant pour des coups d'épaule.

- « Qu'est ce que vous essayez de faire détective? » demanda-t-il en sortant du lit.
- « Ça ne se voit pas? J'essaye de nous sortir de là! »
- « Ah? Parce que de là où je suis on dirait plutôt que vous essayez de vous démettre l'épaule. »
- « Épargnez-moi vos commentaires et essayez plutôt de voir si on ne pourrait pas sortir par les fenêtres. »
- « Hmm, hmm. »

Mais Castle n'était pas intéressé par les fenêtres. Il se dirigea vers le meuble de télévision et l'ouvrit avec un « Wow, génial! » qu'il compléta d'un « excellent » quand il ouvrit le mini-bar qui se trouvait en dessous.

- « Regardez ça Beckett, un mini bar plus maxi que mini »

Kate se retourna et fusilla Castle du regard... de bon matin.

- « Castle! On n'est pas là pour faire du tourisme! Aidez-moi plutôt à trouver un moyen de sortir d'ici! »

Castle acquiesça et se dirigea vers les fenêtres mais son regard fut attiré par la porte coulissante entrouverte et il s'en approcha.

- « Oh mon dieu! »

Beckett tourna la tête vers Castle, en alerte.

- « Quoi? »
- « Vous avez vu la taille de cette penderie? »
- « Castle! »

Il pénétra dans la penderie tandis que Beckett, ne comptant plus sur l'aide de l'écrivain, examinait les fenêtres.

- « Hey regardez ça, il y a deux valises ici. »

Ce commentaire éveilla quelque peu la curiosité de l'inspectrice tandis qu'elle parvenait sans difficulté aucune à entrouvrir une fenêtre. Mais les barreaux qui se trouvaient à l'extérieur l'empêchait de l'ouvrir de plus de quelques centimètres. Elle étudia la vue que leur fenêtre offrait mais tout ce qu'elle pouvait voir c'était des arbres et encore des arbres. La seule conclusion utile qu'elle put tirer de son observation était qu'ils se trouvaient au premier, voir deuxième étage d'un bâtiment.

De son côté Castle avait ouvert une des valises et en sortait un polo noir.

- « Il y a des vêtements d'homme dans celle-ci... à priori ma taille » conclut-il en posant le polo sur son torse.

Il ouvrit la deuxième valise et en sortit un débardeur kaki et un soutien gorge noir. Cette découverte lui soutira un sourire coquin.

- « Je crois que cette valise-ci est pour vous... »

Kate regarda à nouveau dans la direction de l'écrivain et remarqua ce qu'il tenait à la main et l'expression de son visage. Elle roula des yeux et décida de reporter son attention sur la fenêtre. Elle récupéra une de ses sandales et martela la vitre avec son talon. Mais son geste n'eut aucun effet sur la glace.

- « Des vitres blindées. Génial. » commenta-t-elle, blasée.

Le ramdam qu'elle avait causé avait réussi à détourner l'attention de Castle des valises sur elle.

- « Et maintenant vous essayez de faire quoi au juste? »
- « J'essaye de nous sortir de là Castle. »
- « Ah bon? Parce que ce coup-ci j'aurais juré que vous cherchiez à casser votre talon. »
- « Et dites-moi lieutenant... concrètement si vous aviez réussi à la briser cette vitre, vous auriez fait quoi pour les barreaux? Vous avez une lime à ongle dans votre sac à main? »

Beckett se releva brusquement et commença une fouille effrénée de la chambre.

- « Vous cherchez quelque chose détective? » demanda Castle en reprenant sa propre fouille de la penderie.
- « Mon sac à main... Si je pouvais seulement trouver mon sac à main... »
- « Ah, Ha! »

Pour la énième fois en si peu de temps, Beckett fit immédiatement face à Castle à son exclamation.

- « Vous l'avez trouvé? »
- « Quoi? » Il regarda Beckett « Ah, votre sac? Non. Vous l'avez fait tomber quand ils vous ont tazée... » expliqua-t-il nonchalamment « Par contre j'ai trouvé des chaussures pour remplacer vos talons! »

Trop absorbé par sa nouvelle découverte, Castle ne vit pas Beckett s'approcher de lui dangereusement. Il ne remarqua sa présence que quand elle lui agrippa la manche et le tira vers elle. La surprise qui se lisait sur son visage venait plus de leur soudaine proximité que du mouvement en lui-même.

- « Qu'est ce que vous entendez par 'vous l'avez fait tomber' ? » siffla-t-elle, sa frustration et colère remontant doucement à la surface.

Castle déglutit, remarquant seulement maintenant l'expression sur son visage.

- « Quand ces types vous ont... attrapé... vous avez lâché votre sac et il est tombé. Et je crois qu'il est resté là-bas. »

Elle l'observa un moment, son expression restant figée par la colère, hésitant sans doute entre lui tirer une balle dans la tête et l'étrangler... Castle se demanda s'il était temps pour lui de faire une petite prière avant son trépas...

- « Et euh... sinon... pourquoi vous le vouliez votre sac? » s'aventura-t-il à demander timidement.

Encore un instant de silence avant que son visage ne se relâche et qu'elle laisse échapper un soupir.

- « Mon portable. »

Dépitée, elle s'avança vers une des valises ouvertes et en sortit un jeans et le débardeur kaki, ainsi que des sous-vêtements. Si elle devait rester bloquée dans cette chambre, au moins elle serait confortable.
Sans un mot, elle dépassa Castle et se dirigea vers la salle de bain.

Lorsqu'elle eut disparu dans la salle de bain, Castle se relaxa. Suivant son exemple, il décida de troquer son costume trois pièces pour une paire de jeans et un t-shirt noir. Il prit grand soin de déposer son costume sur un cintre, pour ne pas le froisser... davantage. Il récupéra son iPhone de sa poche intérieur, le regarda, regarda vers la porte de la salle de bain et le rangea dans la poche arrière de son pantalon d'emprunt.

Quand il eut fini de se changer, il décida de continuer à explorer leur chambre/prison.

Il s'approcha de la commode basse qui se trouvait près de l'entrée et en ouvrit le premier tiroir. A l'intérieur il trouva un long coffret plat, noir. Il l'ouvrit et laissa échapper un « oooh » à la vue de son contenu. Curieux, il ouvrit le second tiroir et trouva un coffret similaire, bien qu'un peu plus volumineux. Il l'ouvrit et un sourire béat s'afficha sur son visage.

Derrière lui il entendit Beckett sortir de la salle.

- « Beckett, venez voir ce que j'ai trouvé. »
- « Castle à moins que vous ne trouviez un moyen de nous sortir d'ici, je me contrefiche de vos trouvailles. »
- « Je vous assure que vous allez vouloir voir ça lieutenant. »

Elle soupira, déposa sa robe dans la penderie et s'approcha de Castle.

- « Je vous préviens Castle si il n'y a rien d'intéressant dans ce tiroir je vous tire une... » elle s'arrêta net à la vue de son contenu « Oh. »

Dans le deuxième tiroir, se trouvait un coffret contenant : Un pistolet Beretta 90 two Type F/G, ainsi que son petit frère le Beretta 92 F. L'arme de prédilection des forces armées américaines. Même si l'aspect de ce dernier n'avait rien de militaire : il était entièrement chromé excepté au niveau la crosse qui affichait encore l'habillage classique de ce genre d'arme. Mais ce qui retint particulièrement l'intention de l'écrivain se trouvait au fond du tiroir. Devant son excitation, il laissa échapper un « Wouaaah ! » puis plongea frénétiquement l'une de ses mains dans le tiroir pour en sortir un revolver : modèle 629 Stealth Hunterde chez Smith & Wesson.

- « Vous savez à quelle vitesse les balles de cette arme s'envolent vers leur cible ? » demanda t-il, jubilant devant tant de joujoux, plus attirants les uns que les autres.
- « Pas vraiment non. » répondit, dépitée le lieutenant de New-York.
- « Moi non plus ! » Lança fièrement l'écrivain. « Mais c'est trop…. cool ! »

Avant que son interlocutrice ne puisse ajouter quoi que ce soit, Castle, tout en prenant un air sérieux, prit une pose - proche de celle d'une affiche de James Bond - avant de demander fièrement :

- « De quoi j'ai l'air ? Heiiiin ? »

Pendant un court instant, Beckett détacha son regard des armes. Puis devant le comportement de l'écrivain, elle préféra reporter toute son intention sur les objets se trouvant dans le tiroir.

- « Alors Beckett… Avouez que j'ai l'air d'un double zéro sept ! »

Elle afficha un petit sourire avant de lui répondre :

- « Maintenant que vous m'y faites penser, je dirais que oui, y a une ressemblance… »

Mais avant que Castle ne puisse se satisfaire de cette réponse, elle ajouta :

- « En vous regardant, je vois bien le double zéro… Mais le sept… je ne le vois pas ».

Le sourire qui apparaissait sur son visage était proportionnel à la tête dépitée que Castle arborait. Vexé, il repartit à la découverte de ce tiroir plein de surprise pour en sortir : munitions, harnais et… Un silencieux. « Oh oh, de mieux en mieux ! » Se dit-il.

Kate s'impatienta et tira le tiroir du dessus violemment, forçant Castle à rapidement retirer ses mains du tiroir à pistolets.

Dans le deuxième, elle vit un autre coffret, plus long qui contenait dix petits couteaux de lancer, à la courbe gracieuse – pour des couteaux – reposant délicatement sur du velours couleur sang. Elle remarqua un autre coffret à côté dans lequel ils découvrirent deux couteaux de combat Gerber Mark à double tranchant. Kate en prit un dans les mains et l'examina, faisant glisser son doigt le long de la lame acérée. Elle ne put s'empêcher d'admirer l'arme. Lorsqu'elle le reposa, elle remarqua dans le fond du tiroir, différents harnais et poches pour les couteaux.

- « Mais dans quoi on est tombé bon sang! »

Beckett était de toute évidence frustrée. Frustrée d'être tombée dans un piège et de s'être laissé assommée. Frustrée de ne pas savoir où elle était et comment en sortir. Frustrée de n'avoir qu'une seule petite arme... même si la donne venait de considérablement changer sur ce point. Et frustrée justement de ne pas savoir pourquoi ces armes et ces vêtements étaient de toute évidence mis à leur disposition.

- « On dirait une mauvaise blague, ce n'est pas possible! »

Elle se massa la tempe et ferma les yeux un instant, prenant le temps de se calmer, de réfléchir. Puis elle se tourna vers son partenaire, à court d'idées et d'options.

- « Je ne peux pas croire que je suis sur le point de dire ça mais... Des idées Castle? »

L'écrivain ne cacha pas la joie que cette simple question suscitait en lui. Il prit un air des plus sérieux avant de répondre.

- « Puisque vous me demandez... Voilà mon idée. Je récapitule: un couple hollandais qui n'existe pas, retrouvé mort empoisonné dans une chambre d'hôtel à New-York... »

Il commença à faire les cents pas dans la salle, une main dans le dos, l'air songeur sous l'œil agacé de Beckett qui regrettait déjà d'avoir posé sa question.

« … Un rendez-vous secret à l'opéra qui aboutit à notre enlèvement qui lui-même nous amène à nous réveiller dans une chambre grand confort... Chambre dans laquelle nous découvrons des vêtements à nos tailles ainsi que des coffrets remplis d'armes à feu et de couteaux...Ma conclusion est donc... »

Il s'arrêta, dos à Beckett, prit un moment pour réfléchir puis se retourna, le visage illuminé et un large sourire s'étirant jusqu'aux oreilles.

« ... Que nous sommes dans un camp d'entraînement de la CIA! » annonça-t-il avec fierté, l'excitation évidente dans sa voix.

Beckett le toisa du regard, blasée.

C'est à ce moment qu'ils entendirent le bruit d'un système de verrouillage et la porte de leur 'prison' s'entrouvrit.


Esposito raccrocha son combiné avec la force d'un homme frustré et inquiet.

« Ça m'envoie toujours directement sur boîte vocal! »

N'ayant pas de nouvelles de leur collègue après la sortie de l'opéra, les deux compères s'étaient aussitôt inquiétés. Ils avaient appelé leurs portables mais n'avaient obtenu aucune réponse. Aussi avaient-ils décidé de retourner à l'opéra.
Lorsqu'ils étaient arrivés, à peine vingt minutes après, le parvis du théâtre était quasiment désert. Ryan n'avait donc pas eu de mal à repérer le sac à main crème qu'il avait vu Beckett tenir quelques heures plus tôt. Ils y avaient retrouvé le portable et le badge du lieutenant.
Ils avaient interrogé les quelques personnes qui étaient encore aux alentours de l'opéra et avaient eu confirmation de ce qu'ils redoutaient sans se l'avouer; une camionnette noire s'était arrêtée et les avait amenés. Personne ne pouvait décrire les kidnappeurs autrement que « grands, forts et cagoulés » et personne ne connaissait la plaque d'immatriculation du véhicule.
La scientifique était arrivée et avait tout de même réussi à relever des traces de pneus. Mais, il s'était avéré que le véhicule portant ces pneus était un des plus banals et répandus.

Ils étaient rentrés au commissariat, déterminés à ne pas en bouger tant que leurs collègues ne seraient rentrés sains et saufs.
Ils avaient appelé le capitaine qui était lui aussi revenu aussitôt au commissariat.
Ils avaient, à contrecœur, convenu qu'ils ne pouvaient pas déclarer la disparation ni de Beckett ni de Castle. En effet, ils avaient bon espoir que tous deux soient encore en vie, protégés par leur fausse identité et lancer un avis de recherche risquait de compromettre leur couverture.
Mais il fallait prévenir la famille de Castle et c'est le capitaine qui s'en chargea.

Ryan et Esposito avaient passé la nuit, à leurs bureaux, frustrés, ne pouvant faire grand chose à cette heure tardive.
Mais qu'importe, ils s'étaient penchés sur leur double homicide, sachant très bien que la clé pour retrouver leurs partenaires était notamment de trouver l'identité de leur couple mystère. Leurs recherches n'avaient cependant encore mené à rien.

Et tout au long de la nuit, ils avaient cherché à joindre Castle sur son portable mais n'avaient eu aucun succès de ce côté-là.

Ryan raccrocha à son tour son téléphone.

« J'ai enfin pu avoir le responsable de l'opéra. Il va m'envoyer la vidéo surveillance de la nuit dernière dans l'heure... Peut-être qu'avec un peu de chance on finira par obtenir une piste sur cette affaire! »

Lanie, qu'Esposito avait prévenu en lui laissant un message sur boîte vocale, arriva au commissariat un papier en main.

« Des nouvelles? » demanda-t-elle, haletante. Elle avait de toute évidence couru.
« Aucune pour l'instant. » répondit Esposito, dépité.
« Et toi? Qu'est ce que tu nous apportes? »

Elle leur tendit le papier qu'elle tenait.

« Le rapport de toxicologie sur nos deux tourtereaux. Ces deux-là ont eu une mort douloureuse... Ils ont été empoisonnés à la strychnine. »

Ryan et Esposito la regardèrent tous deux avec de grands yeux.

« La quoi? »
« La strychnine. Je vous passe les détails de ce poison, mais en résumé leur tueur n'a pas lésiné sur la dose... leur offrant une mort douloureuse mais relativement rapide. »
« C'est-à-dire? »
« Ils ont dû ressentir les premiers symptômes dans les premières minutes après l'ingestion et ont dû commencer à souffrir d'un arrêt cardio-respiratoire après une bonne trentaine de minutes je dirais. Sans aide médicale, ils étaient fichus. »
« Et tu appelles ça une mort rapide? » demanda Esposito.
« Ce poison peut te faire agoniser pendant trois heures avant de tuer... voir plus. Alors oui, j'appelle ça une mort rapide. En tout cas une chose est certaine, votre tueur n'est pas un amateur! »