Bonjour,
Encore merci pour vos commentaires !
Voici un chapitre qui devrait être en mesure de répondre à quelques unes de vos questions... Vous m'en direz des nouvelles !
(Ce monde magique et ses personnages appartient à J.K. Rowling)
Merci toujours à Persis. ;)
Chapitre 5
Au Chaudron Baveur
L'endroit était faiblement éclairé. Des gens vêtus de la même façon que Dumbledore, avec cape et chapeau pointu, évidemment tous des sorciers, étaient assis aux tables et sirotaient une boisson, ou bien certain écrivaient sur des parchemins avec une plume mordorée, tandis que d'autres faisaient d'étranges choses que Matilde ne comprenait pas mais pour lesquelles elle ne voulait pas d'explication.
La cheville encore douloureuse, Matilde se fit entraîner par Dumbledore vers le comptoir du bar. Derrière, un barman chauve était occupé à essuyer un verre particulièrement crasseux.
— Bonjour Tom, dit Dumbledore d'un ton rayonnant.
Le barman leva la tête. Aussitôt, il le gratifia d'un large sourire qui lui dévoila une bouche édentée, puis lança d'un air joyeux :
— Eh bien ! Si ce n'est pas le professeur Dumbledore en personne !
— En chair et en os ! répondit Dumbledore, amusé.
— Ça alors ! reprit Tom d'une voix sonore. Mais quel bon vent vous amène-t-il ?
— Seulement l'envie de boire une bonne Bièraubeurre.
Matilde, mal à l'aise, remarqua que la plupart des gens dans le pub s'étaient retournés vers eux.
— Pas de problème, mon cher ami, dit Tom en posant le verre sale sur la table, avec fracas, avant de s'envoyer le torchon sur l'épaule. Alors ce sera une Bièraubeurre pour vous ?
— Deux Bièraubeurres, rectifia Dumbledore avec politesse, en mettant la main derrière le dos de Matilde d'un geste paternel. Je suis accompagné d'une jeune amie aujourd'hui.
— Eh bien, dis donc… s'étonna-t-il.
Il regarda Matilde en souriant puis, par-dessus le comptoir, il lui tendit la main brusquement.
— Je suis Tom. Barman au Chaudron Baveur.
Pas très rassurée à l'idée de serrer la main d'un homme bizarre, Matilde s'obligea cependant à s'en tenir aux bonnes manières et lui donna timidement la main.
— Matilde, se présenta-t-elle d'une petite voix.
— Enchanté, dit Tom en lui secouant exagérément le bras.
Il disparut ensuite derrière le bar, puis revint rapidement avec deux chopes de Bièraubeurre fumante.
— Voilà ! déclara-t-il en les déposant, avec grand bruit, sur le comptoir, en répandant quelques gouttes d'un liquide doré. Je vous souhaite une belle fin de journée à vous deux !
— Vous pareillement, dit Dumbledore en s'inclinant.
Après avoir jeté quelques étranges pièces de monnaie sur le comptoir, il se saisit des deux chopes, puis repéra vite une table inoccupée dans le fond de la pièce. Matilde le suivit de près, d'un pas boiteux, tout en frottant son bras endolori suite à la poigne vigoureuse du barman.
Autour d'eux, les clients du bar n'avaient pas cessé de les observer. Elle se rapprocha donc un peu plus de Dumbledore, et se surprit alors de penser qu'il était devenu soudain son protecteur et qu'elle ne devait surtout pas le perdre. C'était fou de devoir prétendre qu'elle avait ainsi besoin qu'il la protège, tout d'un coup. C'était sûrement à cause de la situation, bien sûr... À cause de tous ces gens à l'air curieux, elle se laissait emporter un peu trop par l'effroi. Si ce n'était pas de cet endroit insolite, elle était certaine qu'elle ne penserait pas de la sorte au sujet de Dumbledore.
« Ce Dumbledore ne doit pas gagner ma confiance ! », songea-t-elle avec force, opiniâtre.
Ils s'arrêtèrent enfin devant la table au fond du pub.
— Après toi… dit Dumbledore d'un ton courtois.
Il lui tira une chaise, mais elle passa tout droit et alla s'asseoir sur celle d'en face, contre le mur, sans prendre le temps d'enlever son manteau. Elle ressentit de nouveau la douleur fulgurante à sa cheville qui la fit grimacer, mais Dumbledore ne sembla pas avoir remarqué sa souffrance. Il posa les chopes de Bièraubeurre sur la table, enleva sa cape turquoise d'un mouvement d'épaule, l'étendit ensuite sur le dossier de la chaise face à Matilde, puis s'y installa. Il croisa ses longs doigts.
— Tu vas devoir être courageuse, Matilde, dit-il à mi-voix. Il y a encore plein de choses que tu devras affronter.
— Comme quoi ? demanda-t-elle en se tortillant les doigts sous la table, mal-à-l'aise, la cheville douloureuse.
Elle regardait, d'un œil méfiant, les clients du bar qui avaient repris tranquillement leur occupation.
— La magie, souffla Dumbledore laconiquement.
— Et ça, c'est plein de choses ? rétorqua Matilde sur un ton sarcastique.
Il lui sourit. Après avoir porté sa chope à ses lèvres, il reprit à voix basse :
— Cela sous-entend bien des choses, en effet…
— Vous n'êtes jamais clair, ronchonna-t-elle.
D'un geste machinal, elle attira sa propre chope chaude vers elle dans l'intention d'y boire un coup, mais la repoussa tout aussitôt. Pour un instant, elle avait oublié qu'il s'agissait d'un liquide inconnu.
— Vas-y, l'encouragea Dumbledore, les yeux pétillant. Tu vas voir, c'est délicieux !
Mais Matilde ne fit que le regarder d'un œil noir, puis recommença à se tortiller les doigts sous la table. Dumbledore lui sourit à nouveau, mais n'insista pas. Après une seconde gorgée de Bièraubeurre, il rejoignit les mains sous son regard bleu, et prit soudain un air sérieux.
— Comme je te l'ai déjà dit la veille, tu es une sorcière différente des autres, dit-il. Tes pouvoirs ne se sont pas manifestés pendant tes plus jeunes âges, comme c'est habituellement le cas chez tous les sorciers. Et par conséquent, cela a résulté des pouvoirs littéralement fortifiés…
— Que voulez-vous dire par « fortifiés » ? demanda Matilde en cessant subitement de se torde les mains.
— Simplement qu'en ayant jamais eu la chance de s'extérioriser en temps donné, tes pouvoirs magiques se sont intensifiés en toi, à un point tel qu'ils pourraient t'être néfastes…
— Je ne comprends pas…
Dumbledore soupira calmement, puis reprit sa chope, l'air songeur.
— Nous ne savons pas exactement pourquoi certaine personne, comme toi, précisa-t-il, parviennent à bâtir une sorte de barrière contre la magie. C'est un phénomène bien étrange, dont l'explication nous fait encore défaut. Tous ces sorciers et sorcières ont enfermé, inconsciemment, leurs pouvoirs magiques en leur intérieur, jusqu'au jour où leur magie a fini par éclater. Elle serait devenue trop intense, semble-t-il... plus puissante que de la magie ordinaire…
— Alors mes pouvoirs magiques deviennent trop intense en ce moment ? interrogea Matilde sur un ton sceptique.
— J'ai bien peur que oui… répondit Dumbledore.
Il but une nouvelle gorgée de sa Bièraubeurre.
— Mais il n'est pas trop tard pour les empêcher de te faire du mal. Tu dois juste apprendre un peu à les maitriser, et pour ça, tu dois suivre quelques études à Poudlard.
— Mais... dit Matilde en se grattant les paumes avec anxiété. Pourtant, si j'avais de tels pouvoirs puissants, je les aurais ressentis à l'intérieur de moi, non ?
— Cela ne devrait pas tarder, en effet. Le seul fait qu'à ton âge, tu as attiré cet objet que les Moldus appellent un stylo, en tendant seulement la main, sans l'aide d'une baguette magique, prouve incontestablement que tu es l'une de ses sorcières et sorciers qu'on nomme aujourd'hui : des Parguenais. Il y avait très longtemps qu'on en n'avait pas entendu parler avant de te découvrir.
— Et vous m'avez dit qu'ils étaient tous morts dans d'atroces souffrances…, rappela Matilde d'un air sombre, en se souvenant qu'il en avait parlé d'une voix tellement égale l'autre jour, à ce sujet.
Il y eut un silence. Dehors, à travers la seule fenêtre du pub, on voyait quelques légers flocons de neige qui tourbillonnaient dans le vent, annonçant le début de l'hiver.
— Le temps des derniers Parguenais remonte à une époque où on ne savait pas encore comment traiter ce genre de phénomène, expliqua Dumbledore. Donc, ces sorciers, un jour ou l'autre, finissaient tous par succomber sous le poids de leurs trop lourds pouvoirs magiques, malheureusement...
Nouveau silence. Matilde eut l'impression d'avoir du plomb dans l'estomac.
— Dans ce cas, je me trouve obligée d'intégrer le monde de la sorcellerie pour apprendre à survivre face à mes pouvoirs magiques, comprit-elle enfin avec amertume.
— Oui, c'est cela… répondit simplement Dumbledore.
Matilde baissa la tête, irritée. C'était injuste. Pourquoi c'était tombé sur elle ? Elle ne raffolait pas du tout de devoir se confronter à ces choses bizarres qu'elle voyait autour d'elle, en ce moment, et les autres absurdités qu'elle verrait sûrement à l'avenir dans cette école qu'était Poudlard. Elle n'aimait pas la magie, ne l'avait jamais aimée, et ne voulait que réintégrer sa petite vie normale, dans ce monde bien réel qui lui appartenait.
À présent, une femme marchait de l'autre côté de la fenêtre. Elle retenait solidement son enfant par la main pour ne pas qu'il lui échappe, celui-ci paraissant trop heureux de voir tomber la première neige. Matilde se demanda alors où elle était. Le Portoloin l'avait-il amenée bien loin de ses parents ? De là, pouvait-elle encore s'enfuir et espérer retrouver d'elle-même le chemin de son village ?
— Où sommes-nous ? demanda-t-elle à Dumbledore.
Il avait encore la main sur sa chope, et s'apprêtait à prendre une autre gorgée.
— Nous sommes à Londres, répondit-il.
— À Londres ? répéta Matilde en prenant brusquement conscience qu'elle était bien loin de chez elle. Je ne savais pas que les sorciers vivaient à Londres…
Dumbledore éclata de rire.
— Oh mais les sorcières et sorciers ne vivent pas qu'à Londres, dit-il, amusé, mais peuvent également se retrouver n'importe où dans le monde. Certains cohabitent même avec des Moldus.
Le mot « Moldu », fréquemment utilisé par Dumbledore, agaçait beaucoup Matilde. Même si elle savait qu'elle était une sorcière, elle ne pouvait s'empêcher de le percevoir comme une insulte portée à son monde réel respectif.
— Et que faisons-nous à Londres ? demanda-t-elle d'un ton plus froid qu'elle ne l'aurait voulu.
Dans le simple but d'occuper ses doigts, elle ramena la main sur sa chope pour les empêcher de se tortiller.
— Nous devons nous rendre sur le Chemin de Traverse, répondit Dumbledore, parce que c'est là que tu pourras acheter tous tes fournitures et ouvrages scolaires.
— Mais je n'ai pas d'argent ! s'exclama Matilde en lâchant subitement sa chope comme si elle l'avait brûlée.
— Je m'en occupe, tempéra Dumbledore d'un geste rassurant, sois sans crainte. J'ai déjà tout prévu.
— Ah bon, fit-elle en se détendant un peu, satisfaite à l'idée qu'elle ne serait pas contrainte à gaspiller toutes ses économies pour des tours de magie.
— Tu as la lettre de Poudlard avec toi ? interrogea Dumbledore.
— Non, répondit Matilde. Pourquoi ? Fallait-il que je l'amène avec moi ?
— Ce n'est pas grave, j'en ai une autre…
Il plongea la main dans sa poche et sortit l'enveloppe dotée du sceau en cire qui représentait l'emblème de Poudlard.
— Voilà, dit-il en l'ouvrant.
— À quel genre de cours je vais devoir assister ? demanda Matilde.
Elle se souvenait encore de la liste de choses absurdes qu'elle avait lue à deux reprises dans sa chambre.
— Justement, j'y viens… dit Dumbledore en dépliant la lettre.
Il la déposa sur la table devant lui, à coté de sa chope, puis il recroisa les doigts avant de commencer :
— Il y a sept années d'études à Poudlard et c'est à l'âge de onze ans qu'on débute la première année. Ce qui sous-entend que les étudiants de ton âge entament présentement leur septième et dernière année au sein de l'école. Cependant, dit-il aussitôt qu'il vit la mine désenchantée de Matilde, tu n'iras pas suivre tes cours avec les élèves de première année. J'ai moi-même fait des arrangements auprès de mes collègues pour que tu puisses bénéficier des cours privés.
— Donc, je serai mise à part des autres étudiants, nota-t-elle.
— En partie. Seulement lors de tes cours. Pour le reste, tu cohabiteras avec les camarades de ta future maison…
— Ma future école, vous voulez dire…
— Non, future maison, confirma Dumbledore. Celle à laquelle le Choixpeau Magique te désignera comme membre d'une seconde famille. Il existe quatre maisons à Poudlard, continua-t-il, Gryffondor, Serdaigle, Poufsouffle et Serpentard…
— D'accord, d'accord, interrompit Matilde sur un ton d'empressement. Ça commence déjà à être trop d'informations à retenir… Revenons plutôt aux cours : quel genre de cours ce sera ?
Dumbledore remonta ses lunettes en demi-lune sur son nez aquilin mais ne lui fit pas de remarque quant à son comportement irrévérencieux. Sans jamais laisser paraître la vexation dans les traits de son visage posé, il reprit :
— J'ai pensé qu'il serait bon de t'en tenir aux cours de base, en raison que cela ferait déjà beaucoup de choses à étudier.
— Des cours de base comme français, philosophie et anglais ? demanda naïvement Matilde pour ensuite recevoir un autre sourire amusé de la part de Dumbledore.
— Non, pas ce genre de cours, répondit-il d'un ton jovial. Tu as cité des cours Moldus alors que les cours de sorciers sont très différents et sûrement plus utiles que la philo…
— La philosophie est très utile, vous savez, protesta-t-elle précipitamment, contrariée. Et cessez de les appeler « Moldus » ! C'est insultant !
Dumbledore l'observa silencieusement durant un moment, ce qui la rendit vite de nouveau mal à l'aise.
— Vraiment navré que cela te froisse, dit-il enfin, à mi-voix, mais il va bien falloir t'y habituer puisque c'est comme ça que tous les sorcières et sorciers nomment les personnes dépourvues de pouvoirs magiques.
— C'est insultant quand même, marmonna-t-elle bêtement, gênée.
Elle se rendait bien compte qu'il était, avec évidence, logique d'avoir trouvé un mot pour les différencier des autres. Baissant les yeux sur sa Bièraubeurre sans vraiment la voir, elle se remit à torde ses doigts.
— Comme je disais, reprit doucement Dumbledore en brisant le silence, j'ai pensé qu'il serait bon de t'en tenir aux cours de base. Ce qui t'amènera à suivre les cours de sortilèges, métamorphose, défense contre les forces du Mal, botanique, potion, histoire de la magie et astronomie.
— Ça fait beaucoup de cours, fit remarquer Matilde en levant un regard courroucé vers lui. Je dois suivre tout ça obligatoirement ?
— Il serait préférable, oui…
— Préférable ? Donc pas obligatoire ?
— Non, mais fortement recommandé à cause de la situation de tes Pouvoirs Fortifiés, Matilde, répliqua Dumbledore d'un ton ferme. Il faut mettre toutes les chances de notre côté si nous voulons parvenir à maîtriser tes pouvoirs avant que ceux-ci ne finissent par t'abattre.
— Et en quoi tous ces cours me seront utiles ? demanda Matilde d'un air dubitatif, en prenant la lettre sur la table pour la regarder sans vraiment la lire.
— Comme je te l'ai déjà mentionné tout à l'heure, soupira Dumbledore avec patience, tes pouvoirs magiques sont restés trop longtemps à l'intérieur de ton corps, à s'intensifier avec les années. Tout ce que nous pouvons faire pour les empêcher de te détruire, c'est de leur donner le plus d'occasions possibles pour qu'ils puissent se manifester amplement. De cette manière, cela relâchera la pression qu'ils exercent sur toi.
— Mais je ne ressens aucune pression concernant des supposés pouvoirs magiques à l'intérieur de moi ! s'emporta Matilde d'une voix sonore, s'attirant les regards de quelques clients du pub.
— Pas maintenant, reprit Dumbledore. Ce n'est que le début… Mais dans peu de temps, tu risques fort de ressentir un changement. Tes pouvoirs se montreront peut-être, en temps utile, moins dociles, moins contrôlables, et il te faudra beaucoup de courage pour les maîtriser. Les cours à Poudlard t'aideront grandement à comprendre mieux la magie.
Après un dernier effort vain de constatation, Matilde dut s'admettre finalement que cet homme devait savoir de quoi il parlait. Ainsi donc, fallait qu'elle entame une autre vie totalement différente de celle qu'elle avait possédée il y avait encore deux jours. Cette perspective douloureuse de devoir évoluer dans un autre monde qui n'était pas le sien la bouleversa complètement. Comment sa vie avait-elle pu chambouler aussi brutalement et soudainement d'un coup ?
Le cœur serré de désespoir, Matilde baissa la tête sur la lettre qu'elle tenait toujours entre ses mains, dans l'intention de cacher quelques larmes perlant aux coins de ses yeux.
— Je comprends ce que tu ressens, dit Dumbledore avec beaucoup de douceur.
— Je n'ai pas envie d'y aller…, murmura-t-elle dans un sanglot qu'elle essayait de refouler, je veux rentrer à la maison…
Sous le regard attristé de Dumbledore, elle essuya fébrilement ses larmes du revers de sa manche de manteau, quelque peu honteuse de se retrouver dans un état aussi vulnérable devant lui.
— Je suis désolé, dit-il à mi-voix, mais si ça peut te réconforter un peu, dès que tu auras trouvé un équilibre auprès de tes Pouvoirs Fortifiés, rien ne t'obligera à rester parmi nous…
— Je serai parmi vous longtemps ? demanda Matilde en levant la tête, la mine déconfite.
— Je ne sais pas… admit Dumbledore. Tu es la première Parguenaise qu'on tente de sauver… Mais je peux t'assurer que mes collègues et moi ferons tout notre possible pour t'aider.
— D'accord… Je comprends… dit Matilde d'une voix tremblante.
Puis elle se leva. Sa cheville endolorie lui fit mal sur le coup mais elle n'y fit pas attention. Le fait d'apprendre que son séjour dans ce monde magique ne serait définitivement pas permanent avait agi en elle comme une sorte de stimulant.
— Où vas-tu ? demanda Dumbledore, l'air surpris par cette action si soudaine.
— Chercher mes fournitures scolaires… répondit-elle d'un ton nonchalant, en désignant la liste qu'elle tenait toujours entre ses mains.
Avec une profonde satisfaction, elle vit Dumbledore déconcerté par sa brusque détermination. Enfin, il exprimait autre chose que de la sérénité, songea férocement Matilde. Mais il recomposa vite son air placide. Il était sûrement soulagé qu'elle coopère enfin. Il se leva à son tour, déploya sa cape sur ses épaules et vida le restant de sa chope de Bièraubeurre.
— Tu ne bois pas la tienne ? dit-il ensuite à Matilde.
Celle-ci regarda sa propre chope toujours pleine, tristement abandonnée au milieu de la table, et songea donc qu'il serait idiot de ne pas essayer de la boire. Après tout, puisqu'il fallait faire comme les sorciers à partir de maintenant, pourquoi ne pas commencer tout de suite ? Et puis, elle n'aimait pas le gaspillage…
— Pourquoi pas ? se dit-elle alors, avant de saisir sa chope d'une main et de l'attirer vers ses lèvres.
À son grand désarroi, la première gorgée était délicieuse et réconfortante.
Alors ? Toujours partant pour la suite ?
