Réservation pour Deux (Party of Two)
CHAPITRE 6
Perte de Contrôle
Alors qu'il ouvrait doucement les yeux, un léger filet de soleil éclairant la pièce, il sentit quelque chose sur lui. Il redressa légèrement sa tête et il la vit là, en train de dormir, sa tête posée sur son torse. Il afficha un sourire en voyant ce spectacle mais il l'effaça rapidement en pensant à la réaction que sa collègue pourrait avoir en se réveillant. Elle serait capable de l'accuser de l'avoir mise là alors qu'elle dormait.
Il regarda autour de lui, cherchant un moyen de se sauver en courant (En boitant serait le terme le plus approprié).
Il essaya de bouger son bras droit, malheureusement, une partie du corps de la belle était dessus, et gigoter allait certainement la réveiller. Son regard se porta ensuite sur la table de nuit de sa coéquipière. En voyant l'arme il poussa un petit « ouf » avant de bloquer sa respiration en sentant sa partenaire bouger et grommeler.
Dans son fort intérieur il espérait qu'elle resterait endormie le temps qu'il faudrait pour qu'il se sorte de là. Il avait bien trop peur de se faire jeter du lit à coup de crosse… Pourtant, c'est lui qui devrait rouspéter, après tout, c'était elle qui était sur lui, et non l'inverse. Mais comment pourrait-il émettre une quelconque protestation ? Il trouvait ça trop mignon. Il voyait une Kate qu'il n'avait pas l'habitude de côtoyer, car d'une part ils dormaient dans le même lit, et de deux, elle était sur lui…
Il sortit son bras gauche du dessous des draps en quittant ainsi la chaleur du lit pour braver d'un bras la fraicheur qui régnait dans la pièce. A tâtons et ayant toujours un œil sur le lieutenant, il chercha son portable. Ce qu'il voyait là, valait bien une photo. Il se devait d'immortaliser ce moment à tout jamais… Il se frappa la tête quand il se rappela que le pantalon dans lequel il y avait son portable était en train de joncher le sol carrelé de la salle de bain. Il s'injuria intérieurement et se maudit de ne pas l'avoir posé sur sa table de nuit.
Il se racla la gorge comme pour tenter de réveiller discrètement la jeune femme qui avait prit son torse pour un oreiller. Le seul effet qu'il obtint fut un « Humm » de protestation, puis elle bougea sa tête et fit venir sa main droite au niveau de sa bouche, qui eut pour seul résultat de chatouiller l'écrivain. Il se retint de rigoler en ayant toujours cette crainte d'interrompre brutalement ce moment magique.
« Et si je faisais semblant de dormir, de bouger et de la réveiller ? Ça pourrait fonctionner. » Pensa-t-il. « Faire le type surprit et outré. Après tout, si c'était l'inverse elle ne se gênerait pas. » Il se souvint des paroles de Kate avant de s'endormir, il fronça alors les sourcils et fit une petite grimace. « Petit détail et pas des moindres, moi, je ne dors pas avec une arme… »
Il était coincé, quoiqu'il fasse il était dos au mur.
Le seul point positif, il avait passé une nuit agréablement magique. Il n'avait plus mal certainement parce qu'il était allongé. En tout cas, il ne souffrait pas autant que la veille, et il se sentait reposé.
Il se mit à gigoter en pensant provoquer une réaction de Beckett, et que d'elle-même, elle aurait peut-être posé sa tête ailleurs… Mais rien… « Et dire qu'elle est censée avoir le sommeil léger... »Se dit-il.
Il passa alors au plan B.
Avec l'aide de son bras encore libre, il se saisit du bout de la couette qui reposait délicatement sur l'épaule dénudée de Kate. Il tira légèrement. Il espérait que le froid allait la réveiller. Mais là encore, peine perdue, elle reprit machinalement la couverture et la remit sur son épaule. Mais cette fois-ci, elle la fit parvenir jusqu'à son menton. Il soupira devant ses tentatives pour la réveiller qui avaient toutes échouées.
Alors qu'il s'apprêtait à la réveiller de la même manière qu'elle l'avait fait pour lui quand ils étaient arrivés ici, il s'aperçut que son bras droit était libre de ses mouvements. Il se voyait déjà à l'extérieur du lit… Il bougea encore un petit peu et enfin, il vit Beckett s'installer sur son oreiller. Il laissa échapper un soupir de soulagement voyant qu'il ne se ferait pas descendre de bon matin.
Doucement mais surement, étapes par étapes, il finit par se délivrer de cette prison de coton. En se mettant debout, il eut la mauvaise surprise de constater que son genou lui faisait encore mal quand il s'appuyait dessus. Il grimaça. Puis tout en boitant il se dirigea vers son armoire. Il l'ouvrit puis finit par prendre un jeans bleu marine, un t-shirt blanc avec des motifs noirs et une ceinture. Il se tourna vers Beckett qui dormait encore, elle semblait si paisible, calme… Il savourait ce côté angedu lieutenant et poursuivit sa route en boitillant vers la salle de bain, où il retrouva son précieux Iphone dans son pantalon. Il le posa sur le lavado en lui jetant un regard noir.
Il ne prit même pas la peine de fermer la porte lorsqu'il retira ses habits et entra dans la douche. Il sentit l'eau chaude couler le long de son corps ce qui réveilla les douleurs du combat de la veille. Il gémit. C'était une douleur physique mais aussi mentale. Car ce n'était pas vraiment un combat, mais plutôt une bonne raclée. Pourtant il n'avait pas à être honteux, après tout, il n'avait aucune notion de combat au corps à corps. Enfin… pas ce style de corps à corps là.
En occultant le réveil de cette douleur, il apprécia quand même une bonne douche. « Pour se réveiller, il n'y a rien de mieux. »Se dit-il.
Il sortit enfin de la douche, s'essuya rapidement et s'habilla. Il lutta un petit moment pour enfiler le T-shirt car son torse était encore mouillé.
En quittant la salle de bain, il chercha Beckett du regard, pensant qu'elle était réveillée. Mais en regardant dans le lit, il la vit là, encore endormie et blottie au milieu des couvertures. Alors qu'il se dirigeait vers la porte pour sortir de leur chambre, son regard bifurqua vers le tiroir des armes.
Il fronça les sourcils et un petit sourire apparu sur son visage. « S'il devait jouer un tueur autant se donner les moyens. » Pensa-t-il.
Il s'approcha timidement de la commode qui faisait office d'armurerie et ouvrit le tiroir contenant les revolvers. Il en délogea le Beretta 90 two Type F/Get un étui, puis tout en affichant un immense sourire, il les installa fièrement sur sa ceinture. Il se pavana dans la pièce tel un gamin le jour de noël avant de reprendre légèrement son sérieux pour sortir de la chambre.
L'appel de l'estomac étant trop fort, il se dirigea presque inconsciemment vers la cuisine.
Elle commençait à peine à se réveiller, elle sentit le soleil éclairer doucement son visage à travers la cime des arbres et les barreaux des fenêtres. Elle s'étira en serrant les dents, les marques du combat de la veille se réveillaient en même temps qu'elle. Elle grimaça. Elle tourna sa tête sur la gauche, se rappelant vaguement l'écrivain s'installer dans le même lit à ses côtés. Il n'était plus là, sa place était froide. Elle se redressa et inspecta la pièce avec un regard suspect, se demandant où il pouvait bien être et surtout quelle bêtise, il allait encore pouvoir inventer.
Elle prit son courage à deux mains et prit place, assise, sur le bord du lit. Elle savait très bien que la douleur qu'elle ressentait allait encore empirer quand elle serait debout. Elle inspira et expira plusieurs fois. Elle s'appuya sur ses jambes et tenta de se lever. A sa grande surprise, elles supportèrent son poids. Elle se redressa correctement et s'hasarda à effectuer quelques pas tout en restant près du lit. Se tenant prête à se rattraper si ses jambes devaient l'abandonner.
Elle sourit. Elle s'était plutôt bien remise de son combat contre Bully même si elle ne se sentait pas d'attaque pour retenter, dans les prochains jours, cette expérience. Tout ce qu'elle espérait c'était que l'épreuve du jour (si épreuve il devait y avoir) ne serait pas encore un combat.
Elle remarqua à la condensation sur les parois de la douche que Castle en avait certainement prit une. Elle décida d'en faire autant. Elle s'arrêta devant l'armoire pour piocher un t-shirt à manche longue de couleur bleu ciel. Pour le bas, elle préférait cette fois-ci un vêtement souple, elle opta donc pour un jogging noir. Inutile de prendre un jean, surtout aujourd'hui.
C'était son tour d'entrer dans la salle de bain, elle tenta de lever l'une de ses jambes pour pousser la porte, mais elle sentit une petite douleur bien incommodante. Elle soupira, se retourna et ferma la porte, enlevant le reste de ses vêtements. Elle émit un petit gémissement au contact de l'eau sur les ecchymoses puis profita pleinement de cette douche pour se réveiller et récupérer.
Elle se servit dans le tiroir pour en retirer quatre couteaux de lancer qu'elle glissa dans un harnais avant de l'installer. Ajouta un couteau de combat Gerber Mark à sa cuisse qu'elle attacha avec un autre harnais. Elle regarda son glock dormir au fond du tiroir et décida de le laisser là. Pour être plus en accord avec son personnage.
Elle enfila ensuite un sweat à capuche marron et se lança à la recherche de Castle.
En arrivant dans le couloir, elle sentit une bonne odeur de bacon en train de cuire. Elle se dirigea vers la double porte qui cachait la grande table et la cuisine, en priant tout ce qu'elle pouvait que cette odeur vienne de l'écrivain s'affairant à lui concocter un succulent petit déjeuner. Elle mourrait de faim.
Elle poussa l'une des portes et elle vit Castle dans le coin cuisine, en train de jongler entre une poêle et une assiette de bacon et d'œufs brouillés bien remplie. Elle fit la moue quand elle ne vit pas de deuxième assiette pour elle. Elle fronça les sourcils puis elle sentit une présence derrière elle. Elle regarda la personne la dépasser et aller farfouiller dans le frigo. C'était la petite rousse, elle avait l'air tellement normale qu'il était difficile de s'imaginer qu'elle avait certainement tué quelqu'un… Elle haussa les épaules mais constata avec étonnement qu'elle était épiée par cette femme justement. Sa prestation lors du combat d'hier n'était pas passée inaperçue. Il faut dire qu'elle s'en était incroyablement bien tirée face à l'armoire qu'était Bully. Elle discerna dans le regard vert émeraude de cette femme comme une certaine admiration ce qui la fit sourire. Elle se sentait flattée.
Elle redescendit sur terre quand Castle la salua en arborant un sourire amoureux :
- « Ma puce, tu as bien dormi ? »
Elle sourit aussi, même si en temps normal elle l'aurait remis à sa place pour cet air amoureux et ce sourire.
- « Bien, merci. Et toi mon sucre d'orge ? »
Surprit, il lui rendit ce sourire.
- « Parfaitement, merci. »
Il s'avança vers elle, tout en boitant, et tira une chaise pour qu'elle prenne place. Il fit un mouvement de la main lui intimant de s'asseoir. Elle s'exécuta. Puis il posa devant elle l'assiette bien garnie, une petite coupelle de fruits contenant du raisin et des pommes. Une tasse de café et une bouteille d'eau.
- « Merci, pour ce petit déjeuner. » Lança-t-elle un peu surprise.
Il s'approcha de son oreille et chuchota :
- « C'est marrant, mais j'ai l'impression que le réfrigérateur est rempli pendant la nuit ».
Il se redressa, prit place sur sa droite et se contenta de la regarder. Elle était un peu gênée d'être la seule à manger.
- « Tu n'as pas faim ? »
- « Oh, j'ai déjà prit mon petit déjeuner. J'allais te l'apporter quand tu es arrivée. »
Castle avait les yeux qui pétillaient en repensant à son réveil. En revoyant cette femme, la tête posée sur son torse, dormant, apaisée. Il n'était pas accoutumé à la voir ainsi, mais il devait s'avouer qu'il adorait ça. Il émit un léger soupir de bonheur amusant au passage la petite rousse au bout de la table qui les trouvait plutôt complices. Ce qu'il y avait de plus normal, étant donné qu'ils étaient censés jouer un couple marié.
- « T'as trouvé des indices sur la prochaine épreuve ? »
- « C'est marrant que tu demandes ça, ma puce, car justement j'allais t'en parler. »
Il sortit de l'une des poches de son jean un morceau de papier qu'il déplia et tendit au lieutenant. Elle s'en saisit et ses yeux commencèrent une lecture attentive : « A pied comme en voiture vous devez pouvoir prouver ce que vous valez. Sain d'esprit ou non, vous le devez aussi. Pour la première partie, le chronomètre sera votre seul ennemi. Prenez ces clés, et rendez-vous dehors. »
Elle quitta du regard la feuille pour regarder Castle, qui brandissait fièrement des clés de voiture, il les faisait virevolter dans ses doigts avec une excitation perceptible dans ses yeux bleus.
- « Il est hors de question que tu conduises. »
Lança Beckett en tentant d'afficher un regard noir des plus menaçants. Mais cela n'eût pas l'effet qu'elle attendait.
- « Oh tu peux me regarder comme ça, mais ça ne change rien. C'est moi qui vais conduire. » Répondit-il, toujours en secouant les clés.
- « Je ne monterai pas dans cette voiture avec toi, je préfère me casser une jambe ! »
- « Tu penses que je ne suis pas capable de conduire, ou tu ne veux simplement pas partager ? »
- « Ça n'a rien à voir avec le partage… C'est moi qui conduis, et puis c'est tout. »
- « Aucune chance. D'une, c'est moi qui ais les clés. De deux, le combat d'hier t'as exténuée, et de trois… (se frottant le menton pour faire germer une idée). Bah j'ai les clés ! »
Elle tenta bien de protester mais il avait raison, et elle rageait de s'en rendre compte. Même si elle s'en était bien sortie, elle n'était pas apte à prendre le volant. Surtout que cette épreuve n'allait pas être une balade au milieu des bois, cheveux au vent, comme s'ils étaient en vacances… Ça allait plus ressembler à une course chronométrée.
En arrivant à l'extérieur de l'hôtel, ils eurent la surprise de trouver une Dodge Challenger de 1972 les attendant.
Elle était noire, avec deux stickers sur le côté d'un bleu azur allant des phares avant, aux phares arrière. Les jantes en aluminium accentuaient ce côté sauvage qui ne laissait pas indifférent l'écrivain. D'ailleurs Castle admirait la mécanique qui s'offrait à lui, comme s'il avait toujours rêvé de conduire un engin pareil.
Il la déshabillait du regard en laissant ce dernier parcourir cette belle carrosserie puis il s'arrêta sur chaque détail. Comme les deux prises d'air à l'avant encerclant le sticker en forme de T commençant au milieu du capot entre les phares et remontant jusqu'au pare-brise.
Beckett roula des yeux en voyant l'émerveillement de l'écrivain pour un morceau de ferraille.
- « Ce n'est qu'une voiture… » Lança-t-elle désespérée.
- « Non. Ce n'est pas qu'une voiture ! C'est une Dodge Challenger de 1972, c'est un pur bijou de conception, c'est juste- »
- « Ça suffit ! »
Beckett venait de faire un signe de la main pour qu'il arrête de décrire cette voiture comme s'il s'agissait de sa maitresse. Il comprit immédiatement le message et se remit soudainement à rejouer avec les clés. Ensuite, frénétiquement, il ouvrit la portière et s'installa du côté conducteur. En tant qu'écrivain et avide de découverte, il se pencha et farfouilla dans la boite à gants pour y dénicher une sorte de carte, un parcours serait plus exacte.
Alors qu'il tentait d'en apprendre par cœur les virages et les distances, un bruit à l'extérieur retenu son attention. Il vit Beckett, les bras croisés, lui lancer un regard noir, elle devait certainement taper du pied devant son impatience. Car elle attendait toujours que Castle daigne lui ouvrir la portière. Ce qu'il fit timidement puis elle monta.
- « Regarde ça, Kate. »
- « Qu'est-ce que c'est ? »
- « Je pense que c'est le parcours que l'on doit faire ». Dit-il en serrant le volant comme s'il était déjà sur la route.
- « Le parcours, que l'on doit faire ? »
- « C'est cool, hein ? »
Elle laissa l'écrivain rêver au volant de ce bolide.
- « Dis moi, tu as regardé derrière la carte ? »
Quittant son petit nuage automobile :
- « Euh, non pourquoi ? »
- « On a trois tours pour réaliser un bon temps. Le meilleur sera gardé sur les trois. »
- « C'est éliminatoire ? »
- « Ce n'est pas indiqué. »
Castle démarra la voiture, le vrombissement du moteur le fit gémir par autant de puissance sous le capot.
- « Tu sens cette puissance, Kate ? » Dit-il avec une excitation palpable dans la voix. « Il y a au moins deux cents chevaux sous le capot, là. »
« Ce qui n'est pas fait pour me rassurer » pensa-t-elle en ayant du mal à cacher son appréhension à l'idée de voir Castle piloter un bolide de deux cents chevaux, sur un parcours qu'il ne connaissait pas, et sans notion de pilotage.
Avant que Beckett ne puisse émettre une quelconque protestation, Castle appuya avec conviction sur l'accélérateur. Le véhicule effectua un burn faisant couiner au passage la gomme sur le bitume. Ce bruit, et le fait que le véhicule dévia légèrement de sa trajectoire, provoqua un frisson de peur qui parcourait le corps entier du lieutenant de police. Beckett était devenue toute blanche en voyant les arbres se rapprocher à toute vitesse. Heureusement, les pneus arrêtèrent de patiner et Castle reprit le contrôle du véhicule. Il regarda furtivement Beckett et lança, avec un grand sourire, bien qu'un peu gêné :
- « Ça… Ce n'était pas prévu. »
- « Je ne l'aurais pas deviné dis donc. » Marmonna-t-elle entre ses dents.
Castle avait plutôt bien mémorisé le parcours pour un premier tour, même s'il restait prudent.
Lorsqu'il arriva au niveau d'une chicane plutôt difficile à gérer, il ralentit pour juger le terrain. Juste après cette dernière, il y avait un étang sur la gauche et un virage assez sec sur la droite qui contournait un magnifique chêne. Ce dernier réduisait dangereusement la visibilité.
Quoiqu'il en soit, l'écrivain se sentait l'âme d'un pilote de course au volant de ce bolide et il était rare qu'il conduise alors que Beckett était dans les parages.
Quelques bonnes minutes plus tard, ils terminèrent leur premier tour. Le temps qu'ils avaient réalisé était comparable à une promenade de santé, quoi de plus normal pour un tour d'essai.
Castle s'arrêta quelques instants à l'endroit où la voiture avait été initialement garée. Il faisait vrombir le moteur en donnant des coups d'accélérateur régulier tout en arborant un sourire enfantin devant un nouveau jouet. Beckett sur le siège passager était à la fois désespérée, de le voir prendre ça à la rigolade, et toujours pas rassurée.
Voyant que Castle jubilait et qu'il était à deux doigts de se lancer pour le deuxième tour, Beckett ne put se retenir plus longtemps :
- « Si tu nous plantes contre un arbre, Castle, je peux te jurer que je te descends ! » Lança-t-elle
- « Relax, chérie. J'ai bien mémorisé le parcours, ça devrait aller. »
Un petit moment de silence s'installa dans l'habitacle. Puis il ajouta discrètement :
- « Enfin, techniquement. »
- « Techniquement ? »
- « Et tu devrais attacher ta ceinture, c'est important la sécurité. » Dit-il en attachant la sienne. « On ne sait jamais, c'est que ça fait mal d'appuyer sur l'accélérateur avec mon genou… »
- « Tu- »
Il ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase, qu'il écrasa l'accélérateur entrainant la voiture dans un autre burn, mais cette fois-ci il le contrôla sans trop de difficulté.
Il était concentré sur la route plus que jamais, ne prêtant même pas attention à Kate qui se tenait fermement à la ceinture, comme si cette dernière pourrait décider de se sauver en cours de route. Intérieurement, le lieutenant commentait la course : « Attention à l'arbre Castle… le Virage ! … L'arbre ! Le rocher ! Le virage ! Castle, tu vas me le payer ! L'arbre ! ». Elle serra encore plus fermement la ceinture, voyant la fameuse chicane arriver à toute vitesse, elle laissa échapper un « Aaah » puis ferma les yeux.
Par on ne sait quel miracle, Castle s'en tira parfaitement bien. Il avait bien négocié cette succession de virages, commençant par la droite pour rapidement enchainer sur la gauche et terminer sur le virage en épinglequi contournait le chêne et longeait pendant, quelques mètres, l'étang juste à côté. L'écrivain laissa échapper un « Ouais ! » de victoire qui résonna dans l'habitacle brisant la torpeur qui avait prit possession du corps de Kate.
- « Ça va pas, non ? »
- « Quoi ? C'était génial ! »
- « Ne refait plus jamais ça ! N'oublie pas que je suis armée ! »
Il sourit et resta concentré pour retourner sain et sauf sur la ligne de départ.
- « Juste une question, comment on sait le temps qu'on a réalisé ? » Demanda-t-il à Beckett.
- « Franchement, tant qu'on reste en vie, moi ça me va, peu importe le temps… »
- « J'en reviens pas. Kate qui a peur en voiture ! C'est un scoop ! »
- « Non, je n'ai pas peur en voiture. Je ne suis pas rassurée quand c'est toi qui conduis, nuance ! »
- « Oh oui je vois… »
- « Tu vois quoi ? »
- « Tu aimes avoir le contrôle et là tu n'es pas rassurée car ce n'est pas toi qui est aux commandes. »
Sur ces mots, Castle lança la Dodge Challenger pour le troisième et dernier tour.
En arrivant au niveau de la chicane, la trajectoire du véhicule n'avait pas épousé la même direction qu'au tour précédent. Une légère bosse suffit à surélever la voiture perdant ainsi le peu d'adhérence sur ce chemin de terre. Castle tenta en vain de reprendre le contrôle, mais il percuta un arbre au niveau de la chicane. Propulsant la Dodge en direction de l'étang. Le choc initial fut tellement violent que la roue arrière gauche se vrilla.
Le véhicule termina sa course en entrant en contact avec l'eau.
Castle secoua la tête pour retrouver ses esprits, il avait les pieds mouillés et l'eau continuait de monter. Il regarda sur sa gauche, et vit l'eau entrer à toute vitesse, voyant la surface presque à son niveau. Tout en se tenant la tête il regarda sur sa droite. Beckett avait la tête penché en avant, la ceinture la tenait fermement contre le siège. Alors que l'eau arrivait au niveau de son bassin, il tapota l'épaule de sa copilotepour tenter de la réveiller.
- « Beckett ? »
Il n'eut aucune réponse de sa part. Il essaya de l'appeler plusieurs fois mais il n'obtint aucun retour. Il la secoua un peu pour tenter de la réveiller. Toujours pas de résultat.
Sa respiration s'accéléra sentant la peur prendre possession de lui au fur et à mesure que le niveau de l'eau augmentait. Il regarda tout autour de lui, cherchant un moyen de se tirer de là.
La première chose qu'il fit, fut de tenter de détacher les ceintures de sécurité, mais elles refusèrent. Il avait beau appuyer, elles restèrent bloquées.
- « Beckett ! Réveille-toi ! Kate ! Ce n'est pas qu'on va se noyer… Mais presque ! » Dit-il en ayant la voix prise par la panique.
Il changea de tactique et avec sa main droite, il souleva légèrement le t-shirt de Kate à la recherche d'un couteau de lancer. Il espérait que la lame tranchante ne le blesse pas. Il finit par saisir et sentir le métal froid d'un des couteaux. Il tira. Puis il s'en servit pour couper les deux ceintures de sécurités et se délivrer ainsi de ces entraves qui sont censées vous sauver la vie.
Même s'il n'avait plus la ceinture comme lien, il n'arrivait pas à ouvrir la portière. Alors que l'habitacle ne comptait presque plus d'air. L'écrivain tenta de maintenir la tête de Beckett hors de l'eau. Mais il le savait bien, qu'à un moment ou un autre, ils seraient tout les deux sous l'eau. Il savait aussi que c'était inutile de tenter quoique ce soit pour ouvrir la portière, tant que la pression entre l'extérieur du véhicule et celle à l'intérieur ne serait pas égale. Et pour ça, un seul moyen, il lui fallait attendre que l'eau ait envahi entièrement le véhicule.
La Dodge disparu sous la surface ne laissant que de l'écume et des bulles pour seul signe de ce qu'il venait de se passer…
C'était le moment pour lui d'agir, il apposa son bras gauche sur la portière pour s'en servir de levier et avec sa main droite, il se saisit de la poignée. Il lui fallu plusieurs essais pour enfin voir ses efforts récompensés.
L'air avait disparu, obligeant l'écrivain à rester en apnée. Le silence régnant sous l'eau avait quelque chose d'inquiétant et à la fois d'impressionnant.
Il sortit du véhicule, une fois à l'extérieur il se retourna et empoigna le col du lieutenant pour l'extirper de la carcasse. Il tenta de l'évacuer, mais son pied était coincé. Il manquait d'air, et s'il perdait connaissance, ils étaient tout les deux condamnés. Il regarda au dessus de lui, voyant le ciel danser à la surface de l'eau. L'étang n'était pas si profond que ça, deux mètres, voir deux mètres cinquante, tout au plus. Il décida de remonter à la surface pour reprendre de l'air.
Au fur et à mesure de ses mouvements pour remonter à la surface, il sentit ce manque d'air comme comprimer sa cage thoracique, par réflexe il avala sa salive en tentant de se convaincre que la surface était toute proche.
Quand il sentit l'air frais frapper son visage, il ouvrit la bouche en grand et inspira et expira plusieurs fois, tentant de reprendre ses esprits et de se calmer.
Il replongea.
Il nagea jusqu'à la voiture et s'arrêta au niveau de Kate. Il attrapa la poignée de la portière, et s'aida de ses deux pieds en prenant appui sur la carrosserie pour se donner plus de chance dans sa démarche. Il tira de toutes ses forces et la portière n'opposa presque aucune résistance. Il l'ouvrit complètement avec l'aide de son épaule droite tout en posant sa main gauche sur l'épaule de sa partenaire.
Il y avait encore une petite poche d'air qui flottait sous le pavillon de la Challenger.
Il immobilisa ensuite la tête du lieutenant entre ses mains et s'approcha d'elle jusqu'à ce que ses lèvres ne fassent plus qu'une avec les siennes pour lui insuffler de l'air.
Ensuite, il se pencha au niveau de ses jambes et dégagea son pied du tableau de bord qui avait plié en entrant en contact avec l'eau. Il attrapa fermement le col de sa partenaire, positionna son pied gauche sur le bas de caisse et son pied droit sur ce qu'il restait du tableau de bord, il fléchit les genoux et s'élança. Cette technique lui permit de remonter plus rapidement à la surface.
Une fois à l'air libre, il rapprocha le corps inanimé de Kate du sien, jusqu'à avoir sa tête posée sur son épaule et son dos contre son torse. Il passa son bras gauche autour de la taille de l'inspecteur pour la garder auprès de lui. Il s'aida de son bras droit pour nager en direction de la berge.
Il finit par sentir sous ses pieds le réconfort de la terre ferme.
L'écrivain passa son bras droit derrière le dos de Beckett et son bras gauche souleva ses jambes. Il fit quelques pas sur l'herbe humide qui arborait les stigmates de cet accident.
- « Kate ? »
Il l'allongea sur le sol.
- « Kate, allez ! »
Il prit son pouls.
- « Allez Kate, ne m'oblige pas à te faire du bouche à bouche ! »
Il vérifia ensuite si elle respirait encore.
- « Très bien ! Tu l'auras voulu ».
Il s'agenouilla près d'elle au niveau de sa tête, posa une main sur sa nuque et l'autre sur son front. Il dégagea ensuite sa gorge en basculant doucement sa tête en arrière. Obstrua son nez en pinçant ce dernier avec son index et son pouce de la main qu'il avait posé sur son front. Il glissa sa main qui était sous sa nuque vers son menton et ouvrit légèrement la bouche en effectuant une petite pression. Il inspira profondément avant de joindre ses lèvres à celle de Beckett. Puis il se redressa.
- « Allez, Kate ! Un petit effort ! » Lança-t-il.
Il recommença une nouvelle fois.
- « Tu le prends comme ça ? Ok ! Mais c'est toi qui cherche là ! »
Il plaça la paume de sa main au milieu de son sternum et positionna l'autre main au dessus de la première en entrecroisant les doigts. Les bras tendus et les coudes bloqués, il effectua une trentaine de pressions. Puis il reprit le bouche-à-bouche tout en alternant avec le massage.
Il lui insuffla une nouvelle fois de l'air, mais avant qu'il puisse recommencer Kate se mit à tousser. Instinctivement elle se redressa légèrement et se pencha sur le côté pour recracher l'eau qu'elle avait dans les poumons. Elle respira et inspira frénétiquement pour combler le manque dont elle avait souffert. Elle se tourna ensuite vers Castle, qui était agenouillé à ses côtés.
Devant le spectacle qui s'offrait à lui, il sourit. En effet, le t-shirt bleu ciel du lieutenant était devenu complètement transparent au contact de l'eau. Et s'il n'avait pas remarqué ce détail plus tôt, il lui sauta aux yeux maintenant.
- « Ça va, Castle ? » Dit-elle tout en rattachant sa veste trempée.
- « Moi ? Si ça va ? Bien sûr. » Répondit-il, surprit, pensant qu'elle avait découvert ses pensées. « Et toi ? » Poursuivit-il, timidement.
- « Non, ça ne va pas ! Plus jamais je te laisserai conduire ! Tu m'entends ? Plus jamais ! »
Elle toussa encore.
Au lieu de répondre et de se défendre il se contenta de baisser la tête. Essayant de cacher le mal-être qu'il éprouvait en ce moment. Il la revoyait dans la voiture, inconsciente. Il avait imaginé un cours instant qu'il était responsable de sa mort, à cause d'une stupide épreuve et pour une stupide enquête. Il aurait dû lui laisser le volant.
Il hésita à la regarder dans les yeux, préférant fuir son regard et elle le remarqua. Voir Castle ainsi la faisait craquer intérieurement. Alors qu'elle était là, tentant de croiser son regard, il finit par lever les yeux, cherchant ses mots :
- « Kate, je… »
Elle lui coupa la parole.
- « Merci, Castle. »
Il ne lui en fallu pas plus, ils se regardèrent quelques secondes droit dans les yeux, plongeant mutuellement dans le regard de l'autre… Ils s'y perdirent, s'y oublièrent…
Ils se sourirent et Castle proposa ses mains pour l'aider à se relever.
A sa grande surprise, elle les accepta.
Après quelques bonnes minutes de marche, ils arrivèrent en vue de l'hôtel.
A leur étonnement, aucun comité d'accueil. Le lieu était devenu étrangement calme. Ils passèrent la porte d'entrée pour se retrouver dans le couloir et tombèrent nez à nez avec Val' qui brandissait une arme devant eux. Le réflexe de Kate fut de sortir un couteau de lancer et Castle dégaina son Beretta. Val' sourit devant l'arme de Vendetta puis elle vit le pistolet de Trigger dégouliner sur le sol.
- « Vous êtes revenus sans la voiture ? » Dit-elle amusée. « Et je vois que vous en avez profité pour prendre un bain. Que c'est romantique. »
Elle n'était pas du tout impressionnée de les voir braquer une arme sur elle.
- « Vous pouvez ranger vos jouets vous savez. Par contre, faudra penser à pendre un pistolet. Les couteaux seront inutiles. »
Elle les dépassa et se retourna en arrivant juste devant la porte.
- « Heureusement que vous avez fait un bon temps pour le deuxième tour. » Lança-t-elle.
Sur ces mots, elle disparu en passant la porte.
Kate s'attendait à ce que l'écrivain ajoute quelque chose, se ventant d'avoir réalisé un bon temps pour le deuxième tour, mais il n'en était rien. A la place, il baissa la tête et rangea le Beretta. Alors qu'il allait vers la double porte donnant sur la cuisine, Beckett lui attrapa le bras ce qui le fit sursauter.
- « Une minute ? Tu n'aurais pas oublié de te vanter ? »
Il se retourna, la regardant dans les yeux.
- « Me vanter de quoi ? D'avoir manqué de te tuer… Tu sais, tout ça, je crois que ce n'était pas une bonne idée. On devrait- »
Elle lui coupa la parole, et l'entraina dans la chambre tout en tenant fermement le bras de l'écrivain. Elle ouvrit la porte rapidement et la ferma tout aussi délicatement.
- « Tu essaies de me dire quoi ? »
- « Kate, on devrait peut-être arrêter ça, ça n'en vaut pas la peine… »
- « Castle, on a un tueur à trouver… »
Elle se dirigea vers le tiroir contenant les armes, en sortit son Glock et tendit le Beretta 92 Fà Castle qui s'en saisit alors qu'il déposait son arme trempée sur le meuble.
- « Kate, écoute. On est ici pour trouver quelqu'un qui a zigouillé un couple de tueurs à gages. Ce qui, au passage, n'est pas vraiment une grande perte… Est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? »
- « Là, n'est pas la question, Castle. Peu importe qui a été tué, leur assassin mérite la prison. » Répondit-elle.
Il se retourna, posant sa main sur son front, cherchant comment il allait pouvoir lui dire ce qu'il avait sur le cœur.
- « Kate, tu ne comprends pas. J'ai faillit te… »
- « Tuer. » Dit-elle rapidement en lui coupant la parole. « Je sais Castle, j'étais là. Mais ça s'est bien terminé, non ? Et tu t'en es plutôt bien tiré pour me sortir de la voiture. Donc, on va continuer cette mascarade, trouver notre empoisonneur et rentrer chez nous. »
Ils se regardèrent un petit moment, puis elle continua :
- « Allez viens, allons voir ce qui nous attend dans la cuisine, on est déjà en retard à cause de notre escapade dans le lac. »
Elle quitta la chambre laissant un petit instant l'écrivain seul. Il secoua la tête de gauche à droite tout en forçant un sourire puis il marmonna : « Te perdre, Kate... J'ai faillit te perdre… ».
Il soupira et d'un pas nonchalant il quitta la chambre en rangeant le Beretta, que lui avait tendu Beckett, dans l'étui.
Il arriva dans le couloir et se dirigea vers la double porte mais à peine eut-il posé sa main sur la poignée que la porte s'ouvrit. Tout en brandissant une feuille, Kate dépassa l'écrivain et le pas pressant elle alla vers la porte d'entrée.
- « Tu viens, j'ai la feuille de l'épreuve, c'est une espèce de carte qu'on doit suivre pour retrouver nos collègues à l'extérieur. »
Il acquiesça et la suivit.
Après avoir suivit un petit sentier les amenant à s'enfoncer dans la forêt, ils arrivèrent dans une sorte de petite clairière où ils retrouvèrent Val' qui souriait en les voyant arriver. Bully lança un regard noir vers Beckett. Salvation se tenait debout les bras croisés dans un coin, analysant ces confrères. Un homme d'une trentaine d'année se tenait lui aussi debout, les bras le long du corps, le regard noir. Il semblait pensif. Il faisait tournoyer habillement un couteau dans l'une de ses mains. A côté de lui se trouvait un blondinet. Ce dernier ne se montrait pas du tout enchanté par ce spectacle. D'ailleurs, il semblait être le seul à ne pas approuver ce qui allait suivre.
En voyant autant de tueurs au mètre carré, l'écrivain avala difficilement sa salive ce qui montrait son inquiétude face à un tel rassemblement. Il se tourna vers Kate et se pencha sur elle pour lui murmurer : « On dirait un peloton d'exécution. »
Des cibles retinrent toute l'attention de ce couple d'infortune. Car elles étaient semblables à celles présentent dans un stand de tir. Elles étaient posées fièrement juste devant une haie de jeunes sapins. Sur la table, devant tout ce petit monde, trônait des bouteilles d'eau et des petits sachets avec de la poudre blanche à l'intérieur.
- « Ça m'étonnerait que ce soit de la farine ». Lança l'écrivain en affichant un immense sourire, voyant que tout le monde les regardait.
Kate s'approcha alors de la table, il y avait aussi une feuille, qu'elle n'avait pas vu jusque là. Elle se pencha et la lu. Puis retourna près de Castle qui n'osait pas bouger.
- « Il y avait marqué quoi ? » Demanda-t-il.
- « Pas grand-chose, juste : Faites le où c'est l'élimination immédiate. »
- « Faire quoi ? Sniffer de la coke et quoi ? »
- « Hey, j'en sais pas plus que toi ». Répondit-elle.
Le blondinet entendit leur conversation, il s'approcha d'eux :
- « Ils veulent qu'on se drogue et qu'on tire sur ces cibles, là-bas. Pour savoir si on est capable de quelque chose même en étant drogué. C'est n'importe quoi ? Je ne suis pas venu ici pour sniffer cette cocaïne. C'est sans moi. »
Il commença à s'éloigner sous les yeux de ses confrères. Mais avant qu'il puisse disparaitre dans la foret, un petit nuage de sang était apparu au niveau de sa tête. Il s'écroula. Une détonation se fit entendre. L'homme baignait à présent dans son sang.
Castle n'avait pas été le seul à sursauter. Mais il était le seul à montrer une certaine crainte, il se tourna vers Kate avant de lui demander en chuchotant :
- « C'était quoi ça ? »
- « Il y a un tireur embusqué qui veut s'assurer qu'on fasse cette épreuve. »
- « Super, il ne manquait plus que ça… »
L'écrivain effectua rapidement un balayage à trois cent soixante degrés pour trouver ce tireur embusqué. Il sentait son rythme cardiaque augmenter à cause de la peur. Puis il ajouta :
- « Et si on se mettait à courir, hein ? »
- « Oh oui, brillante idée, Bichon. Tu veux qu'on se fasse descendre, c'est ça ? » Répondit Beckett.
- « Bah alors on court en zigzag ? »
- « Quand tu auras une autre idée de génie, tu me sonnes ? »
Ils allaient continuer leur conversation, quand les autres invités commencèrent à sniffer leur dose de coke. Puis un par un, ils se mirent en position pour effectuer cette épreuve de tir.
Alors qu'ils commencèrent, Castle et Beckett les regardaient du coin de l'œil en se disant qu'ils allaient bien devoir y passer à la coke pour pouvoir réussir cette étape.
Kate fut la première à se lancer. Elle prit le sachet, l'ouvrit et déversa le contenu sur la table pour en former une ligne. Elle déchira un morceau de papier de la feuille posée sur la table, l'enroula et se pencha prête à sniffer. Castle la regardait en faisant la grimace.
- « Écoute, la cocaïne a des effets qui ne sont pas des plus sympathiques. Alors quand on aura tout les deux prit notre dose, je te serai reconnaissant de ne pas t'approcher de moi. » Dit-elle inquiète.
- « D'accord. Si tu pouvais m'éclairer un peu plus sur les effets indésirables. Que je puisse savoir ce qui m'attend. »
- « Et bien tout d'abord ton cœur va battre de façon irrégulière, on aura des sauts d'humeur. De plus- »
- « Stop, c'est bon merci. J'en ai assez entendu. C'est encore plus flippant de savoir. »
Kate prit un air sérieux.
- « Écoute, tout ce qu'il faut, c'est de rester loin de l'autre et ça devrait aller… »
- « Ça me va. » répondit-il, non sans cacher son inquiétude.
Le lieutenant inspira sa ligne en préférant garder les yeux fermés ne croyant pas ce qu'elle était en train de faire. Elle toussa. Ouvrit sa bouteille d'eau et avala quelques gorgées. Elle posa ses deux mains sur la table, toujours les yeux fermés. Les premiers effets de la cocaïne étaient immédiats. Elle sentit son rythme cardiaque augmenter. Elle sortit le revolver, vérifia le nombre de balles dans le barillet tout en se rapprochant de Castle.
- « A toi. » Dit-elle en regardant l'écrivain qui n'avait pas très envie de le faire.
- « Non, sans façon. »
- « Tu n'as pas le choix, tu veux te prendre une balle dans la tête ? »
- « Non, mais je n'ai plus envie de me droguer. »
- « Comme tu veux. Tu n'as qu'à faire demi-tour, tu te feras descendre, et ça me fera des vacances, tiens. »
Elle se mit à sourire. Castle la regarda en faisant des gros yeux.
- « Tu n'es pas toi-même là. »
- « Bien sûr que non, je viens de sniffer une ligne de cette poudre blanche, tu croyais quoi ? »
Elle se racla la gorge et poursuivit :
- « Bon je vais allumer ces silhouettes sinueuses avant d'être complètement raide. »
Tout en continuant de sourire elle se dirigea vers les cibles. Laissant Castle, seul, face à sa dose. « Ok, je décline toute responsabilité dès que j'aurai sniffé ce truc. » Pensa-t-il alors qu'il venait de former une ligne. Il hésita un moment avant de se lancer, lui aussi.
Sa première réaction fut de tousser, bien plus que Beckett. A croire qu'elle en avait déjà goutté. Il posa ses mains sur sa tête quelques secondes avant de se saisir de son Beretta. Puis il rejoignit le lieutenant qui avait seulement tiré cinq balles.
- « Tu n'as pas encore vidé ton chargeur ? » Lui fit-il.
- « Je me concentre. » Répondit-elle sèchement.
Ils tentèrent de se recentrer : Entre leur cœur qui s'emballait, leur respiration qui se faisait de plus en plus irrégulière. Leur humeur qui pouvait se dégrader très rapidement entrainant des phases violentes. La cocaïne augmentait aussi de façon exponentielle le « désir ». Beckett le savait, lui il l'ignorait. Mais même en le sachant, combattre les effets étaient très difficiles. Et c'est ce qui l'effrayait. Perdre le contrôle était quelque chose qu'elle ne pouvait pas se permettre. Elle sentait déjà ne plus rien contrôler, et quand les effets seront de plus en plus forts, même la personne ayant le plus de volonté ne pourrait pas se contrôler.
Le lieutenant de New-York n'avait plus de balles. Elle empoigna de sa main gauche son col, cherchant de l'air. Cette impression d'étouffer était oppressante. Elle regarda l'écrivain qui terminait son chargeur en allumant avec un sourire des plus étranges les arbres aux alentours. Heureusement qu'il avait réussi à toucher au moins une fois sa cible.
- « Tu vas arrêter, oui ! T'as quel âge ? » Dit-elle sur un ton méprisant.
- « Hey, chérie, occupe toi de ce qui te regardes, ok. »
Sur ces mots, ils repartirent ensemble vers l'hôtel. Beckett marchant à plus d'une dizaine de pas de l'écrivain qui suivait péniblement.
Ils pensaient certainement pouvoir gérer les effets de la cocaïne… Mais ils avaient tous les deux sous-estimé cette drogue…
