Réservation pour Deux (Party of Two)

CHAPITRE 8

Balle de Match

Ils terminèrent leur petit déjeuner dans le silence. Chacun préférant se concentrer sur ce qu'il y avait dans leur assiette.

Scap' et Val' étaient les premiers à se lever et quitter la pièce pour retourner dans leur chambre. Dès qu'ils passèrent la porte, Castle et Beckett laissèrent échapper un soupir de soulagement.

- « C'était moins une… »
- « Tu l'as dit. » Elle avala une gorgé de son café avant de continuer. « Je le trouve louche ce Scap'. »
- « Tu plaisantes ? 'Louche' ? Bien sur qu'ils le sont, ce sont des tueurs à gages. »
- « Ce que je vois moi, c'est que tu louches sur cette 'Val'. » Dit-elle d'un ton méprisant.
- « N'importe quoi ! Je ne louche pas sur elle. »
- « Non bien sûr que non. Tu as juste un léger problème à te concentrer quand elle débarque. »
- « T'es jalouse ? »
- « Non ! »

Elle venait de répondre un peu trop vite.

- « Ce n'est pas très convainquant ce que tu me racontes là, Kate. »

Elle reprit une gorgée de son précieux liquide noir, le temps pour elle de trouver quoi lui répondre.

- « Pour en revenir à Scap'… »
- « Tu changes de conversation, j'en reviens pas. » Dit-il sur un ton moqueur.
- « Veux-tu te concentrer, oui ? »

Elle lui donna un coup de coude.

- « Aie ! »
- « Et arrêtes de te plaindre… »
- « Tu me frappes, et je n'ai pas le droit de me plaindre ? »
- « Te frapper. T'es en sucre ? »

Il préférait ne rien répondre, de peur de s'en prendre une autre.

- « Bon, je disais. Pour en revenir à Scap', si je devais suivre mon instinct, je dirais que c'est lui notre empoisonneur. »
- « Tu vas encore dire que je fais une fixette, mais moi, je pencherais plus pour Val'. »
- « Val' ? Non. Pourquoi tu penses que c'est elle ? »
- « Comme pour toi, c'est mon instinct. »

Elle se mit à rigoler.

- « Ton instinct ? Je ne suis pas certaine qu'on ait le même 'instinct' sur ce coup là. »

Castle se leva, vexé. Puis comme tout homme qui se respecte, il laissa ce qu'il avait déballé sur la table. Laissant Beckett le regarder de travers comme si c'était à elle de nettoyer tout ça.

L'écrivain arriva devant la porte de leur chambre, il l'ouvrit et remarqua un morceau de papier posé sur le sol. Il fronça les sourcils, ne se souvenant pas d'en avoir vu un quand il était sortit. Il se retourna, cherchant la personne qui aurait pu le glisser sous la porte. Il scruta le long couloir d'un air suspect. Il haussa les épaules et finit par le ramasser. Du coin de l'œil, il aperçut Beckett s'approcher.

- « Chérie, on a du courrier. » Dit-il en souriant. « Si c'est une facture, on la brûle. On est d'accord ? »

Le lieutenant esquissa un petit sourire au comportement de l'écrivain. Elle s'approcha assez de lui pour voir ce qu'il y avait d'écrit : « Il est temps pour vous de montrer vos talents avec une arme à feu, celle de votre choix, huit balles suffiront. Réalisez le meilleur score. Rendez-vous au même lieu que la précédente épreuve de tir. »

- « Voilà, ça c'est de l'épreuve ! » Il insista bien sur le 'ça'.
- « Encore une épreuve de tir. » Lança Beckett, légèrement blasée.
- « Oui, mais au moins là, on se sera pas drogués. »
- « Ils pourraient un peu diversifier, tu ne crois pas ? »
- « Toujours en train de ronchonner, ma puce ? »

Elle roula des yeux, le bouscula un peu pour se frayer un chemin et entra dans la chambre. Bien sûr qu'elle ronchonnait, elle voulait se rappeler de cette nuit, savoir ce qu'ils avaient fait, et surtout, jusqu'où ils avaient été. Si ça n'avait pas l'air de travailler l'écrivain, elle, elle se posait des questions.

Castle la suivit et s'arrêta devant le tiroir des armes, il l'ouvrit et se frotta les mains tel un enfant hésitant entre un chocolat noir et un chocolat au lait le soir du réveillon.

- « Alors, alors, alors… Quelle arme je vais bien pouvoir prendre. C'est qu'il va falloir que je brille sur ce coup. »

Il posa fièrement ses poings le long de ses hanches.

- « Je suis censé être un excellent tireur. Comme l'a souligné Val' tout à l'heure. »

Beckett était assise sur le lit. Elle tapotait nerveusement le rebord du lit. Elle lui fit un signe de la main comme pour appuyer ce qu'il disait, sans réellement écouter. Elle était bien trop préoccupée à tenter de se souvenir.

- « Kate, ça ne sert à rien de te torturer sur cette nuit-là. »

Elle se leva rapidement et lui lança un regard meurtrier.

- « Me torturer ? Bien sûr que je me torture. Castle ! On ne sait pas ce qu'on a fait ! »
- « Justement… »
- (Lui coupant la parole) « Justement ?»

Elle s'approcha de lui, d'un air menaçant.

- « Justement ? … J'ai l'impression que tu as plus de souvenirs que moi, sur cette fameuse nuit. »

Au fur et à mesure qu'elle s'approchait, il recula, jusqu'à ce que son dos touche le mur derrière lui.

- « Non ! J'ai autant de souvenirs que toi, j'en sais pas plus ! »
- « Alors qu'est-ce que t'insinues, par 'justement'. Hein ? »
- « Rien ! Je dis juste qu'il est inutile de te torturer l'esprit pour tenter de faire émerger des bribes de souvenirs. Ils arriveront d'eux même, c'est tout, soit juste patiente. C'est comme avec l'inspiration, plus tu la cherches plus elle te fuit cette saleté. »

Elle soupira, délogea un pistolet du tiroir et sortit en claquant la porte derrière elle au passage.

N'ayant plus l'ouragan Beckett devant lui, il secoua la tête de gauche à droite. « Les femmes, je vous jure, je les comprendrai jamais. » Se dit-il. Il regarda dans le tiroir à la recherche de son Beretta. « Mince, j'en ai fait quoi… ». Il inspecta rapidement la pièce à la recherche de l'arme qu'il avait la veille. « Mais qu'est-ce que j'ai pu en faire ? » Il se frappa le front en se rappelant qu'il l'avait posé sur le lit… Il s'en approcha et retira 'amoureusement' les couvertures à la manière d'une taupe qui faisait quelques travaux d'intérieur. Mais toujours rien. « Note à moi-même, la prochaine fois que tu te drogues, écrit tout ce que tu fais… » Il se redressa et se frotta le menton. « Deuxième note à moi-même : La prochaine fois, ne te drogue pas. Ça t'évitera de perdre ton arme, imbécile. »
Il s'assit sur le rebord du lit. « Réfléchissons… Où est-ce qu'elle a pu se cacher… » Il croisa les bras et laissa son regarde balayer la chambre à la recherche d'un 'indice'. « Si j'étais une arme, où est-ce que j'irais me planquer ? » Il se leva et les mains derrière le dos, il entama une ronde autour du lit. « Tu ferais mieux d'aller chercher un autre pistolet… »Pensa-t-il. Il se répondit à lui-même en faisant un 'non' de la tête.

Alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour et à recommencer ce va-et-vient autour du lit. Il s'arrêta net, frappé par une illumination. Puis il sauta sur le lit et le parcouru à quatre pattes. En arrivant au bout il se pencha et regarda dessous en agrippant les draps avec sa main gauche pour éviter de tomber. Il laissa échapper un « Youpi » quand il vit le Beretta dormir tranquillement sur la moquette. « Viens voir papa ! »Il s'en saisit fermement, prit un autre chargeur au passage et sortit à son tour.


Kate venait de sortir de l'hôtel, énervée de ne pas se souvenir de cette nuit, d'être enfermée dans un hôtel avec des tueurs professionnels. Elle détestait ne pas avoir le contrôle de la situation. Elle se détestait aussi pour ne pas réussir à se souvenir.

« Mais qu'est-ce qu'il t'a pris d'accepter d'aller à l'opéra avec lui, franchement. Tu le savais que c'était une très, très, mauvaise idée. »

Elle suivait le sentier, le même qu'ils avaient emprunté quelques heures plus tôt. Perdue dans ses pensées, elle s'amusait en même temps à donner des coups de pied dans les branchages jonchant le parcours. Pendant un petit moment, cela fonctionnait à se changer les idées. Elle oubliait un peu ce qu'elle faisait là et sa colère diminuait légèrement.

« Plus jamais la drogue, plus jamais ! »

En arrivant à la petite clairière, elle remarqua les cibles installées au même endroit que la première fois. Elle hocha la tête en voyant qu'elle n'était pas la première à être arrivée. D'autres s'apprêtaient déjà à commencer. Ils se tenaient debout, droits comme des piquets, impatients de commencer.

Le lieutenant se retourna quand elle entendit du bruit derrière elle. C'était la petite rousse qui la suivait.

- « Vous avez perdue votre 'mari' en cours de route ? »
- « Il doit encore être dans la chambre. »
- « Ah oui. Je vois… Nuit mouvementée. »

Beckett sentit ses joues rougir. « Mais bon sang ! Est-ce qu'ils ont vraiment entendu quelque chose ? »

- « Quoiqu'il en soit, j'espère qu'il est en forme votre mari. »
- « Ne vous inquiétez pas pour lui, il est endurant… »

Quand Beckett réalisa les mots qu'elle avait prononcé, elle s'injuriait et se maudissait intérieurement. « C'est pas ce que je voulais dire. » Volcanic sourit de plus belle avant de reprendre :

- « J'ai hâte de me mesurer à lui. On dit que c'est un excellent tireur. J'adore les challenges. »

Elle dépassa le lieutenant en faisant tournoyer habillement son Smith et Wesson 500 autour de son index avant de le ranger dans son étui puis elle continua sa route.

Elle était certaine de gagner.

Les armes à feux étaient sa prédilection et elle se défendait plutôt bien. Rien de mieux que de grandir au Canada dans le Yukon, à la frontière de l'Alaska. C'était plutôt une terre hostile, de par le climat qui y régnait. Mais c'était là-bas qu'elle avait apprit à chasser. Elle avait appris très jeune à manier le fusil. Ce n'était pas un hasard si elle portait le nom d'un revolver : Volcanic.


Beckett s'approcha du joyeux petit groupe de tueurs. Il y avait une douzaine de cibles d'installées, assez pour qu'ils puissent tous passer cette épreuve en même temps. Elle sortit son arme et regarda dans la direction par laquelle elle était venue, cherchant du regard son 'mari'. Malgré les mots de l'écrivain, elle tentait toujours de se souvenir de cette nuit, mais plus elle poursuivait ses souvenirs plus ils lui échappaient. Elle soupira. Il faut dire que ces derniers jours n'avaient pas été de tout repos.
Elle avait abattu ce type alors qu'elle aurait pu tirer pour le blesser. Mais non, elle avait tiré pour tuer. Pourquoi ? Parce qu'il étranglait Castle ? Parce qu'elle avait eu peur pour lui, elle avait eu peur de le perdre ? Ce qu'elle ressentait était aussi flou que ses souvenirs de la nuit passée. Elle secoua légèrement la tête un peu désespérée. Elle ne prêtait même pas attention aux premiers tireurs qui se mettaient en position, lassés d'attendre Trigger.

Le lieutenant commença à taper du pied. « Ne me dis pas que je vais devoir aller le chercher… C'est dingue ça. Il ne peut pas être à l'heure… » Pensa-t-elle quand elle le vit, sortant de la forêt, l'air de rien. « Ah bah quand même… ».
Par son attitude elle lui fit comprendre qu'il était en retard, il hocha la tête comme pour s'excuser.

Maintenant qu'il était arrivé, ce joyeux petit monde se mit en position devant leur cible.
Ils prirent place, Beckett était à droite de Castle et Volcanic à sa gauche.

- « Que le meilleur gagne. » Lança la petite rousse au couple.

Castle lui décocha un petit sourire, sûr de lui… Trop sûr de lui.

- « Rends-moi fière, chéri. » Lui chuchota Beckett.

Castle s'apprêtait à tirer. Il pencha sa tête de gauche à droite pour faire craquer son cou. Il pointa le revolver en direction des cibles et il s'aida de sa main gauche pour se stabiliser. Il pressa la détente. Suivit rapidement par les tirs de Beckett, de Volcanic et de tous les autres.

Après les premières rafales, chacun jeta un rapide coup d'œil sur les cibles des autres.

En voyant le score qu'il venait de réaliser, Castle détourna son regard de sa cible et posa ses yeux dans ceux de Volcanic.

- « On dirait que j'ai fait mieux. »
- « Pour le moment. » lui répondit-elle. « Il me reste trois balles. »
- « Moi aussi. »

Ils sourient. Ce qui ne plaisait pas à Beckett qui les regardait en frottant délicatement son index sur la gâchette. Volcanic, voyant la réaction de Vendetta se sentait obligée d'ajouter quelque chose :

- « Ne serait-elle pas, un peu, jalouse votre femme ? »

Il tenta de masquer ce sourire qui s'affichait sur son visage.

- « Je me tue à lui dire ! Mais elle refuse de l'admettre. »

Il se retourna vers Beckett et dès qu'il la vit lui faire son regard noir il perdit ce sourire.

- « Chéri ! Concentre-toi ! »
- « Il te reste combien de balles ? » Demanda l'écrivain tout en essayant de détourner la conversation.
- « Deux. » Répondit-elle sèchement.

Ils se remirent en position.

Les dernières salves résonnèrent dans la forêt qui les encerclait.

Ils s'approchèrent de leur cible pour constater le score qu'ils avaient réalisé. L'écrivain leva les sourcils en voyant qu'il avait battu la plupart des concurrents mais surtout, qu'il avait battu Beckett. Il se tourna vers elle d'un air supérieur et en arborant un sourire en coin.

- « Je crois bien que c'est moi qui ai gagné. »

En prononçant ces mots, Volcanic venait de briser le petit nuage de bonheur sur lequel Castle avait grimpé après avoir constaté les résultats.

- « Effectivement. » Dit-il en ravalant sa fierté et son égo masculin. « Mais de peu ».
- « Oui, mais le fait est là. Je vous ai battu, Trigger. »

La petite rousse laissa échapper un petit rire de victoire puis elle prit congé et repartit en direction de l'hôtel. Suivit rapidement par les autres participants.

- « T'as vu ça, je suis deuxième ! » Lança fièrement l'écrivain.
- « Oui, vive toi… Youpi. »
- « Wouah ! Voir tant de joie prendre possession de ton corps me laisse sans voix… Tu pourrais au moins être contente que je termine sur le podium, non ? »
- « Ce n'est pas un grand prix. » Dit-elle épuisée par l'attitude de l'écrivain.

Castle se contenta de répéter ce qu'avait dit Beckett en faisant une grimace.

- « Tu boudes parce que tu as terminé derrière moi ? »

Il lui donna un petit coup de coude avant de poursuivre :

- « Heiin, avoue ? »
- « Pas du tout, non. »
- « Bon alors pourquoi tu boudes ? »
- « Je ne boude pas. »
- « Bien sûr que si. »
- « Bien sûr que non. »
- « Kate… Ça se voit que tu boudes. Dis-moi pourquoi. »

Elle plongea son regard dans le sien et s'imagina un court qu'elle pourrait lui dire par la pensée ce qui lui trottait dans la tête.

- « Tu n'as pas fait exprès quand même ? » Demanda Castle, soucieux.
- « De ? »
- « Ben de me laisser gagner. C'est vrai, t'es une pro du couteau, moi je suis censé être un dieu de la gâchette alors. »
- « Alors rien du tout, oui. »
- (Tout fier) « Alors je t'ai vraiment battu ? »
- « Il n'y a pas de quoi être fier… »
- « Tu plaisantes, je suis le seul 'non' professionnel dans l'histoire et je les ai tous laminé. »

Il se mit à effectuer une petite danse de la victoire en ayant toujours son arme en main. En voyant ça, Beckett roula des yeux tout en soupirant. Elle préférait détourner son regard de la joie qui avait prit possession de l'écrivain.

- « Bon je retourne à l'hôtel moi. »

Elle n'attendit même pas qu'il réponde, elle partit en direction de ce dernier.
Il lui emboita le pas rapidement.


En arrivant à l'hôtel, Beckett fut la première à rejoindre la chambre. Elle avait bien trop de questions et pas assez de réponses pour suivre l'écrivain qui avait décidé de se concocter une petite collation.

Quand elle ouvrit la porte elle remarqua rapidement, sur le lit, un morceau de papier. Elle s'en approcha et s'en saisit. Il était plié en trois, avec marqué 'Trigger' sur le dessus. Elle se retourna pour vérifier si Castle revenait. Ne le voyant pas, elle déplia la feuille. « Un défi n'en est pas un si l'adversaire en face de vous ne peut riposter. Ce soir, vous ferez face à celle qui a terminé numéro un de l'épreuve de tir. Si l'un de vous refuse, vous serez tout les deux éliminés. Présentez-vous à la clairière à 20h00 pour ce duel à mort. Inutile de prendre vos armes, vous en trouverez sur place.»
Après avoir lu ces mots, la feuille tomba de ses mains et s'échoua sur le sol. Castle allait se retrouver face à Volcanic, une tueuse professionnelle qui savait manier le revolver à la perfection.
Elle s'installa sur le bord du lit, le regard dans le vide, cherchant un moyen d'éviter ce duel, et surtout d'éviter à Castle d'affronter cette petite rousse. Elle ne doutait pas un instant des capacités de l'écrivain dans un stand de tir, mais se retrouver face à quelqu'un pour un duel à mort... Elle savait déjà comment cela allait se terminer. Elle devait trouver une solution.

« Fuir ? Non, on doit être surveillés. Ils veulent certainement s'assurer que le duel ait lieu. » Elle se leva et commença à faire les cents pas dans la chambre. « Et si on se cloitrait dans la chambre ? » Elle se frappa la tête à plusieurs reprises se punissant elle-même d'avoir eu une idée aussi stupide. « Très mauvaise idée. Le portable ne passe pas ici. On serait coincés. Sans renfort. »

Elle ramassa la feuille et relu le message, peut-être qu'elle avait mal compris, peut-être qu'elle s'était imaginée cette idée de duel à mort. Mais les mots se répétèrent dans sa tête comme un mauvais rêve.

Elle se sentait mal, mal de lui avoir laissé quelques petits points pour qu'il puisse sans danger terminer deuxième. Et ainsi renforcer sa couverture. Si c'était à quelqu'un de faire ce duel, c'était elle, et non lui. Il n'est pas flic'. Ce n'est pas à lui de faire ça. D'ailleurs à la minute où ils avaient été enlevés, elle aurait dû abandonner cette folie. Castle avait déjà été agressé une fois, c'était bien trop dangereux. Peu importe qui tirait les ficelles de cette histoire, ils avaient exécuté un homme qui avait refusé de jouer à leur petit jeu. Ils faisaient disparaitre les cadavres, ils avaient organisé une course… « C'était là, qu'on aurait dû se tirer vite fait. » Dit-elle à voix haute. Quand elle réalisa qu'elle venait de laisser ces mots sortir de sa bouche, son corps se figea et son regard se porta directement sur la porte qui donnait sur le couloir. Si quelqu'un l'avait entendue ? Elle patienta quelques secondes… Aucune réaction.

Elle recommença son va-et-vient dans la chambre.

« On a qu'à dire qu'on est de la police… » Elle donna un coup de pied dans le canapé pour se punir d'avoir pensé à ça. « Autant se tirer une balle dans la tête là. »
Le couinement de la porte qui s'ouvrit un peu plus fit sursauter Beckett. Castle surprit par sa réaction s'arrêta net. Puis il ferma la porte derrière lui.

- « Je t'ai préparé un petit sandwich ». Dit-il, tout content de lui, alors qu'il le lui tendait.

Elle ne réagissait pas, elle resta figée là, à le regarder. Toujours à la recherche d'un moyen de quitter cet endroit et d'éviter cette prochaine épreuve.

- « T'as pas faim ? T'aimes pas peut-être ? Il y a une tranche de jambon, des feuilles de salade et des tomates... »

Il continuait de la regarder, attendant une réaction au sujet de ce sandwich.

- « T'aimes pas les tomates, c'est ça ? Je le savais, je n'aurais pas dû en mettre. »
- « Castle… »

Il fronça les sourcils, il était à la fois surprit du ton qu'elle avait employé pour l'appeler mais aussi du fait qu'elle résistait à ce magnifique sandwich qu'il avait préparé avec amour.

- « J'ai fait quelque chose de mal ? Nan parce que vu ta tête soit je vais m'en prendre une dans un futur très proche, soit… Tu as vu un fantôme ? »
- « Il faut qu'on trouve un moyen de partir… »
- « Tu m'as fait peur. A voir ta tête j'ai pensé à un truc grave ! » (Il soupira de soulagement) « Sortir… Eh bien, il n'y a pas le feu. »

Il croqua vigoureusement dans son morceau de pain tout en posant celui de Beckett sur la table de nuit.

- « Non, Castle. Je veux dire, maintenant ! »
- « Maintenant ? Genre, tout de suite ? »
- « Oui ! »
- « Mais pourquoi ? »

Elle alla chercher son glock.

- « Kate ? »

Elle entra dans la penderie et attrapa une veste.

- « J'ai l'impression que tu prépares ta valise, là. » Dit-il inquiet. « Kate ? »

Il lui prit le bras pour tenter d'obtenir une réponse.

- « Pourquoi, maintenant ? Je veux dire, c'est à cause de cette nuit, c'est ça ? »
- « Non ! Enfin… S'il te plaît ne discute pas, on doit se tirer d'ici, tout de suite. »

L'écrivain refusait de bouger tant qu'il n'aurait pas obtenu de réponse. Beckett préférait éviter son regard par crainte qu'il puisse lire en elle et qu'il découvre la peur et la culpabilité qui la rongeait.

- « Dis-moi ce qui se passe ? »

Elle savait qu'il refuserait de faire quoique ce soit tant qu'il n'aurait pas eu une réponse de sa part. Elle lui tendit alors la feuille. Il la prit en ayant mille interrogations dans ses yeux puis il commença sa lecture. Quand il eut terminé, il posa calmement la feuille sur le lit.

- « C'est juste pour ça que tu veux partir ? »
- « Tu te fous de moi là ? Ils veulent que tu fasses un duel à mort contre Volcanic. Tu n'as aucune chance. »
- « Tu me condamnes bien vite, je trouve. »
- « Redescend sur terre, Castle. On n'est pas dans l'un de tes bouquins, ce n'est pas toi qui écris l'histoire là. Mais ceux qui sont derrière tout ça. »
- « Hey, j'ai terminé deuxième à l'épreuve de tir, il y a bien une raison non ? »

Kate soupira, énervée par le comportement de son 'mari'd'infortune qui refusait de voir l'évidence.

- « A ton avis, pourquoi tu m'as dépassé d'une dizaine de points, hein ? »
- « T'as fait exprès de me donner de l'avance ? » Demanda Castle, intrigué.
- « Ouais ! »
- « C'est gentil ça, Kate. »
- « Non, c'était stupide de ma part ! C'est moi qui devrai faire ce duel. Et non toi. »

Son égo masculin était vexé qu'elle ne croit pas en lui.

- « Tu penses que je suis incapable de gagner, c'est bien ça ? »
- « Gagner ? Castle ce n'est pas un jeu ! »
- « Oui merci je l'ai deviné quand on s'est fait taser, que l'autre abruti a voulu m'étrangler, quand je nous ai planté dans l'étang... Je suis au courant, merci ! »
- « Redescend Castle. On ne joue plus. Tu vas te retrouver face à Volcanic. Tu penses vraiment qu'elle fera exprès de tirer à côté, hein ? »
- « Et toi, pourquoi tu pars directement du principe que je vais perdre ? Ça ferait du bien de temps en temps que tu aies un peu plus confiance en moi. »
- « Ça n'a rien à voir avec la confiance, Castle. C'est juste que… »

Il la regarda. Il n'attendait qu'une chose : qu'elle en dise plus, qu'elle se dévoile. Mais son attente fut vaine. Il entra à son tour dans la penderie et prit une veste qu'il enfila.

- « Je le ferai ce duel, Kate. Et tu verras… Je le gagnerai. »

Il sortit de la chambre et ferma la porte derrière lui. Beckett resta quelques secondes plantée là. « Mais qu'est-ce qu'il peut-être borné, c'est pas possible ! »Lança-t-elle alors qu'elle le suivait. Une fois dans le couloir, elle le vit disparaitre derrière la double porte.

En arrivant dans la cuisine, à sa surprise il n'était pas encoreen train de manger. Il était juste assis, dos à la porte. Il tapotait ses ongles sur la table comme pour contrôler une forme de stress quelconque. Kate s'approcha et s'installa juste à côté de lui.

- « Tu n'as rien à prouver, Castle. »

Il la regarda dans les yeux et soupira.

- « Ça n'à rien avoir, Kate. On est ici pour trouver un tueur. Et quelqu'un que je respecte beaucoup m'a dit que, peu importe l'identité des victimes, ce crime ne doit pas rester impuni. »

Elle frappa un coup sur la table qui eût pour seul effet de faire rougir sa main.

- « Tu ne te rends pas compte. C'est un duel à mort, même si j'ai vu ton adresse au stand de tir… Tu… »

Elle hésita à continuer sa phrase. Elle farfouilla dans sa tête pour trouver les mots assez forts pour le convaincre.

- « Je, quoi ? Je n'ai aucune chance ? » Demanda l'écrivain.
- « Non. Je n'ai pas envie que tu prennes le risque, voilà tout. T'as pensé à Alexis ? A ta mère ? A m-. »

Elle s'arrêta net puis elle reprit.

- « Bon sang, Castle. Tu as une famille. »
- « Toi aussi, Kate… Si c'était toi, tu le ferais ce duel. En quoi moi, c'est différent ? »

Il n'attendit pas de réponse, il se leva, quitta la pièce et retourna dans la chambre.

C'était bientôt l'heure.

« Je ne veux simplement pas revivre ça. »Dit-elle en chuchotant.


De retour dans la chambre, elle trouva Castle allongé sur le canapé, une main derrière la tête, il avait l'air pensif. Et ça se comprenait.

Elle passa devant lui sans même oser le regarder. Elle s'approcha de la fenêtre, croisa les bras et regarda les branches des arbres plier par la force du vent. Elle finit par se tourner vers l'écrivain qui n'avait pas bougé d'un iota.

- « Et si je prenais ta place ? »

Il sourit. Il se redressa et se retourna vers elle. Il laissa son regard parcourir le corps de la jeune femme.

- « Je ne veux pas te vexer, Kate. Mais ça va être très difficile de te faire passer pour moi. »
- « Je suis sérieuse, Castle ! »
- « Hors de question que tu prennes ma place. »
- « Pourquoi ? »

Il se leva et se dirigea vers elle. Les rôles étaient inversés à présent. Plus il s'approchait d'elle, plus elle reculait jusqu'à sentir le cadre de la fenêtre dans le bas de son dos. Il était assez proche d'elle pour sentir son souffle caresser son cou. Cette proximité n'était pas du tout du goût du lieutenant, surtout après cette 'nuit'. Mais elle joua la carte de la passivité. Il posa ensuite ses mains sur les carreaux de la fenêtre. Elle se retrouva acculée, prise entre cette dernière et l'écrivain. En voyant ses yeux écarquillés il sut qu'elle était étonnée de le voir agir ainsi. Il pencha ensuite légèrement la tête vers elle jusqu'à plonger ses yeux dans les siens.

- « Pour les mêmes raisons qui te poussent à vouloir prendre ma place, Kate. »

Elle rougit. Il lisait vraiment en elle comme un livre ouvert. Il posa ensuite sa main sur son épaule et sourit, comme pour la rassurer.
La gorge serrée et l'estomac noué, il lui chuchota tout en essayant d'adopter une voix des plus rassurante :

- « Tout va bien se passer, tu verras. »

Il finit par lui tourner le dos et s'éloigna d'elle. Elle laissa échapper un léger soupir de soulagement quand elle retrouva sa zone de 'sécurité'libre. Puis son regard se porta sur l'écrivain.

- « Où tu vas ? » Demanda-t-elle, inquiète.
- « C'est l'heure. Et ce serait dommage que je sois en retard le jour de mon exécution. »

Il ferma rapidement la porte pour éviter que le courroux du lieutenant ne s'abatte sur lui. Même s'il savait qu'elle détestait au plus haut point quand il plaisantait sur ce genre de sujet, lui, ça l'aidait à décompresser.

Quand il ouvrit la porte menant à l'extérieur, la réalité se rappela rapidement à lui. Il hésita un instant entre se mettre à courir (accessoirement 'crier' pour accompagner sa course, au diable la dignité), et aller vers ce sentier qui le mènerait à la clairière. « Un peu de courage, Castle, tu peux le faire. »S'encourageait-il intérieurement. Il inspira un bon coup et se mit en marche. Il entendit derrière lui la porte s'ouvrir. Beckett avait décidé de l'accompagner. Il ne savait pas si c'était vraiment une bonne idée, dans le sens où il n'était pas certain de gagner…


Le chemin en direction de cette petite clairière fut des plus silencieux. Castle ouvrait la marche. Il regardait de temps en temps autour de lui comme pour se changer les idées, où retarder son arrivé, au choix. Il était perdu dans ses pensées, ses doutes. « Et si ça devait mal se passer ? Beckett a peut-être raison, on devrait tenter de partir de là. Se mettre à courir… Mais pour aller où ? On ne sait même pas exactement où on est… » Il se gratta la tête. « J'aurais l'air de quoi si je me dégonflais aussi ? Kate ne se dégonflerait pas, elle. Ce n'est pas son genre d'abandonner. » Il tourna la tête brièvement pour regarder sa partenaire du coin de l'œil. « Elle se battrait jusqu'au bout. C'est Beckett ! Pourquoi je ne serais pas capable d'en faire autant ? »Elle était à quelques pas derrière lui, elle aussi ne disait rien. Elle gardait la tête baissée et se contentait de le suivre avec la vague idée de l'accompagner dans le couloir de la mort.

Après quelques instants d'hésitations, elle finit par rompre le silence :

- « Attends. »

Il s'arrêta net. Se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire. Puis il se retourna.

- « Non, Kate. »
- « Tu ne sais même pas que je vais te demander. »
- « Bien sûr que si, ça se voit. »
- « Mais ça tient toujours… Tu sais… »

Il était touché par cette proposition, mais aussi prince qu'il fut il n'avait pas le droit d'accepter. Il se refusait à l'accepter. Ça les mettrait en danger tout les deux. Le mot stipulait bien que ce soit lui, 'Trigger', qui passe cette épreuve et non 'Vendetta'.

- « Je le sais, Kate. Et si les rôles étaient inversés, tu dirais comme moi… Oh et puis, ce n'est pas une petite rousse, aussi mignonne soit-elle, qui va me faire bouffer les pissenlits par la racine. Je te le garantis. »

« Redis-moi ça, mais en y mettant plus de conviction, Castle. » Pensa-t-elle.

Ils reprirent leur route.


Ils arrivèrent sur le lieu du duel où ils y trouvèrent une table sur laquelle trônaient deux petites mallettes en cuir noir. L'une d'elle était déjà ouverte. Volcanic était juste à côté et elle venait de se saisir d'une arme. Elle la faisait tournoyer habilement autour de son index, tout en surveillant ses faits et gestes. Elle affichait un petit sourire d'impatience.

- « J'ai pensé un moment que le 'grand' Trigger s'était dégonflé. » Dit-elle.
- « Vous plaisantez ? »
- « Alors que faisiez-vous ? »
- « Rien, j'aime simplement me faire désirer ».

Il tentait toujours la carte de l'humour. Pourtant, même cette fois-ci ça n'avait aucun effet. Le nœud à l'estomac qui avait installé ses quartiers n'avait pas l'air de vouloir disparaitre.

- « Juste par curiosité… Volcanic… C'est bien Volcanic ? »
- « C'est ça. »
- « Si je n'étais pas venu, qu'auriez vous fait ? »
- « Je serais venue vous chercher. Hors de question qu'on soit deux à être éliminés si vous n'aviez pas eu assez de courage pour m'affronter. » Son regard se porta sur Beckett qui avait gardé ses distances en restant à la limite de la forêt et de la petite clairière. « Votre femme vous accompagne, c'est charmant. »

La petite rousse ricana puis elle chemina vers une marque sur le sol. Un repère certainement fait à la bombe de peinture blanche. Il y en avait un autre un peu plus loin mais à l'opposé. Les organisateurs avaient tout prévu, ils avaient même indiqué les emplacements des deux duellistes.

Castle s'approcha timidement de la table et ouvrit la deuxième mallette. Il en sortit un revolver Cattleman. Le premier réflexe qu'il eut, fut de regarder dans le barillet. Il constata que toutes les chambres étaient pleines. « Tu t'attendais à quoi, à un canular ? » Il rangea l'arme dans l'holster à sa jambe.
Ses yeux se posèrent ensuite sur le morceau de tissu sur lequel était posé le revolver. Il y avait une note : « Au coup de feu, vous dégainerez. »
Il avala difficilement sa salive. Il jeta un rapide coup d'œil à Beckett, elle était toujours au même endroit, elle ne bougeait pas. Il fixa le repère sur le sol et il se mit ensuite en position à quelques mètres de son adversaire.
Sa respiration se faisait haletante, tremblante, il n'arrivait pas à contenir cette anxiété qui lui était inconnue jusqu'alors. Il avait l'impression que sa cage thoracique se comprimait, plus cette impression gagnait du terrain plus il avait des difficultés à contrôler son souffle. Il avait l'impression de perdre le contrôle de son propre corps.


Les pieds joints, les bras le long de son corps, il sentait son cœur s'emballer encore plus au fur et à mesure que les secondes défilaient. Il essayait tant bien que mal de cacher cette angoisse qu'il éprouvait pour éviter de se faire démasquer par son adversaire. Il serra les dents un peu plus fort pour tenter de maitriser cette appréhension qui gagnait du territoire. « Le vrai Trigger ne tremblerait pas. » Se répéta-t-il sans cesse dans la tête.« Tu vas réussir… »
Il pensait à Alexis, à sa mère, à New-York, à l'opéra, à Beckett… Puis des tas d'autres petits souvenirs vinrent se rappeler à lui comme pour lui dire ce qui était en jeu s'il venait à échouer.
Il inspira un bon coup, ferma les yeux et quand il les rouvrit, il ne quitta plus Volcanic du regard. Sans s'en rendre compte, les doigts de sa main droite effectuaient une petite danse comme pour se préparer à saisir rapidement la crosse du revolver et dégainer en premier.

Ils attendaient le signal, le coup de feu qui devait déclencher cette mise à mort.

Ses jambes commençaient à s'engourdir à force de rester dans la même position. Alors il les secoua plusieurs fois et les écarta un peu plus pour un meilleur appui sur l'herbe humide. Il guettait un signe, voir s'il pouvait apercevoir et anticiper le signal. Mais rien. Tout ce qu'il y avait, c'était Volcanic, lui, Beckett qui était restée un peu plus loin. Il voyait des arbres et des arbres à perte de vue. Mais ce qu'il y avait de plus pesant et d'oppressant, c'était ce silence… Ce silence de mort. Le même genre de silence qu'il avait côtoyé quand il était sous l'eau, luttant pour sortir Beckett de la carcasse de la voiture.

« Troisième note à moi-même. La prochaine fois qu'on te propose un duel à mort, écoute la voix de la raison, et fuit ! »Pensa-t-il.

Le signal finit par arriver. La détonation brisa la quiétude devenue accablante pour les protagonistes. Le coup de feu fit sursauter l'écrivain.

Il perdit ainsi de précieux millièmes de secondes.

Il avait l'impression de bouger et de penser au ralenti.
Il regarda Volcanic, elle avait déjà la main sur son revolver.
Lui il touchait à peine la crosse de son arme avec le bout de ses doigts

Son adversaire avait déjà dégainé.
Il était déjà trop tard, elle avait bien trop d'avance, et il le savait.
Elle pointa le revolver dans sa direction, ferma un œil pour aligner le canon à sa cible.
Lui, il n'en était pas encore là.
La main sur son arme il l'avait enfin extraite de son 'holster'.
Inconsciemment ses genoux se plièrent légèrement renforçant ainsi son appui.

Il allait perdre.
Ça se voyait.
Et il le savait.

Une deuxième détonation brisa le silence faisant fuir les quelques corbeaux qui étaient revenus se poser sur une branche d'un sapin, non loin de là.
Le bruit et l'écho qui se répercutaient dans chaque arbre aux alentours ramenèrent rapidement l'écrivain à la réalité.

Volcanic se tenait encore bien droite, de la fumée s'échappait de son arme. Elle fixait avec attention son adversaire tout en arborant un sourire en coin. Elle le regardait lutter pour rester debout. En vérité elle n'attendait qu'une chose, qu'il ose pointer son revolver sur elle pour qu'elle puisse presser la détente une seconde fois.

La petite rousse qui semblait si sympathique et joviale laissait apparaitre son vrai visage, elle souriait. Elle avait gagné.

Le choc provoqué par la balle lui coupa la respiration et l'obligea à reculer sa jambe de quelques centimètres le faisant ainsi pivoter légèrement vers la gauche.
Comme si son corps allait suivre la trajectoire décrite par la balle.
Il suivit des yeux sa main qui se posa instinctivement là où il ressentit cette vive douleur. A l'abdomen.
Il tenait encore l'arme fermement dans l'autre main, se refusant à la lâcher.
Il sentit ses jambes l'abandonner. Ses genoux fléchir.
Il se sentait partir en arrière.
Il ne contrôlait plus rien.

Il cru entendre Beckett l'appeler.
Ou alors était-il en train de rêver ?

Il recula encore un peu cherchant toujours à rester debout.
Sa lutte ne dura pas bien longtemps.
Il finit par s'écrouler dans l'herbe.
Son bras droit venant heurter le sol, ses doigts libérèrent enfin l'arme de son emprise…