Réservation pour Deux (Party of Two)
CHAPITRE 9
Pour Le Meilleur Et Pour Le Pire
La forêt lui paraissait subitement si petite… Ils y avaient marché des heures le premier jour, elle lui avait semblée, énorme, interminable… Mais là, il lui semblait que le chemin à parcourir était plus court. Comme si quelqu'un avait supprimé une portion de cette maudite forêt.
Elle cherchait toujours un moyen de les sortir de là, de mettre fin à ce cauchemar. Car ça ne pouvait être que ça, un cauchemar. Elle était encore dans son lit, quelques jours auparavant et elle se réveillerait bientôt, rigolant de ce drôle de rêve qu'elle venait de faire.
Il le fallait. Il fallait que ce soit un cauchemar.
Ils arrivèrent à la clairière bien trop vite. Castle s'avançait d'un pas assuré vers Volcanic et elle décida de rester en arrière.
Elle avait beau repenser au problème, le retourner dans tous les sens, elle ne trouvait pas comment elle pouvait les sortir de ce piège. Tous ses scénarios menaient à une mort certaine, pour elle et pour Castle.
Et si la mort ne venait pas… L'autre option était vraiment plus enviable ?
Quelle que soit l'issue de ce duel, Castle n'en ressortirait pas indemne… son corps, ou son âme en sortiraient blessés, meurtris, à vie.
Car, si tant est qu'il arrive à tirer avant Volcanic, il aurait abattu la jeune femme de sang froid. Pour Trigger, ce n'aurait été qu'une mort de plus dans son palmarès. Pour Castle, il s'agirait d'une première fois – du moins espérait-elle – et elle ne souhaitait cette première fois à personne. Elle connaissait trop bien ce sentiment qui l'envahissait à chaque fois qu'elle avait dû ôter la vie à quelqu'un. Et elle connaissait suffisamment bien l'écrivain pour savoir qu'il serait affecté par cet acte.
Elle l'observa tandis qu'il s'approchait des armes mises à leur disposition. Elle sourit légèrement lorsqu'elle le vit vérifier le barillet. Un vrai professionnel. Elle espéra pendant un instant qu'il se tournerait vers elle et lui signalerait qu'il n'y avait en fait pas de balle, où qu'elles étaient fausses… Mais il n'en fit rien et le regard sérieux qui s'afficha sur son visage lui confirma qu'il ne s'agissait pas d'une blague. Cette histoire était bien vrai. Et il allait se faire tirer dessus.
Une série de pensées traversèrent l'esprit du lieutenant, la plus prédominante étant qu'elle ne supporterait pas de perdre l'écrivain.
Lorsque cette pensée lui traversa l'esprit, son cœur se serra.
Elle savait depuis longtemps qu'elle n'était pas indifférente à l'écrivain, aussi énervant soit-il. Mais s'avouer qu'elle ne supporterait pas de le perdre était tout autre chose. Et pourtant, alors qu'il s'avançait bravement au milieu de la clairière, elle sentit des larmes lui piquer les yeux.
Se pouvait-il vraiment qu'au moment même où elle s'avouait et acceptait son amour pour l'écrivain elle le perde dans le même temps ?
Une partie de son corps voulait s'élancer au milieu de cette clairière, s'interposer entre les deux duellistes. Prendre Castle par la main et partir, s'enfuir, loin de cette forêt, de cette aventure, loin de leurs amis, de leurs vies… S'échapper. Oublier.
Une autre partie était figée sur place, tétanisée par la peur, l'angoisse et la souffrance. Elle sentit des larmes couler le long de ses joues et ne fit rien pour les retenir.
Elle ne lâchait pas Castle du regard. Elle aurait aimé qu'il se tourne vers elle. Elle aurait aimé un dernier regard. Qu'il sache... Qu'elle l'aimait. Qu'elle l'admirait. Et qu'elle était désolée. Tellement désolée… de l'avoir embarqué dans cette histoire, de ne pas avoir su le protéger, de l'avoir laissé gagner à ce stupide défi et… et de ne jamais lui avoir dit ce qu'il représentait pour elle.
Juste un regard.
Elle aurait aimé un dernier regard.
Un coup de feu retentit dans le silence qui régnait.
Lorsqu'elle ne vit pas la main de Castle s'enrouler aussitôt sur son arme, elle sentit ses jambes flancher et son cœur s'arrêter.
On dit que l'on voit sa vie défiler devant ses yeux lorsque l'on va mourir…
Beckett découvrit que lorsque l'on est sur le point de perdre l'homme que l'on aime sans jamais le lui avoir dit, sa propre vie défile aussi devant ses yeux.
"Where would you like it ? "
"Looks like I have a fan"
"Do you know why I chose you as my inspiration for Nikki Heat ? "
"I've gotten used to you pulling my pigtails"
"I meant it. You are extraordinary. "
"Until tomorrow detective. "
Un deuxième coup retentit dans la clairière et Beckett s'était déjà élancée vers Castle.
- « Riiichard ! »
La distance qui la séparait de l'écrivain lui semblait soudain affreusement grande. Ses jambes ne semblaient pu vouloir la porter dans sa course… Elle pensait courir, elle avait l'impression de marcher au ralentit
Elle vit le corps de Castle flancher et tomber en arrière.
Elle s'arrêta net dans sa course lorsque son corps s'écrasa dans l'herbe.
- « Cas… » le nom qui aurait pu la trahir s'étrangla dans sa gorge et ne sortit jamais.
Elle reprit son sprint sur les quelques mètres qui la séparait encore de lui et s'agenouilla dans l'herbe à ses côtés.
Castle était allongé là, immobile, les muscles relâchés, sa main ouverte autour de l'arme.
Du coin de l'œil elle détecta le mouvement de la rouquine qui s'avançait.
Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines et elle se saisit de l'arme non utilisée, la pointant aussitôt en direction de Volcanic qui s'arrêta net.
Son bras tremblait légèrement, mais à cette distance elle atteindrait sans aucun doute sa cible. Et cela aurait été si facile d'appuyer sur cette gâchette. De mettre à mort celle qui venait de lui arracher le cœur.
Elle en avait envie.
- « Donne-moi une seule bonne raison de ne pas appuyer sur cette gâchette » menaça-t-elle en ravalant tant bien que mal ses larmes.
Volcanic feigna de relever les bras.
- « Hmm.. Parce que ton cher et tendre n'est pas mort… »
Derrière elle, Beckett entendit un gémissement.
Elle laissa tomber l'arme et se retourna vers Castle, s'activant aussitôt sur les boutons de sa chemise.
- « Rick ? » appela-t-elle, ouvrant frénétiquement sa chemise au niveau de son abdomen.
- « Rick, ça va ? »
Elle laissa échapper un soupir de soulagement mélangé à un léger sanglot lorsqu'elle ne trouva aucun trou sur son torse, seulement un début de bleu.
Castle ouvrit les yeux et remarqua le ciel qui commençait à noircir au dessus de lui.
- « Je suis mort ? »
Beckett essuya ses joues avant de se retourner vers l'écrivain qui se relevait sur un coude, posant une main là où il aurait dû trouver un trou.
- « Je suis pas mort ? » il leva les yeux vers Volcanic « Haha ! Vous m'avez raté ! »
Beckett et Volcanic roulèrent toutes deux des yeux.
- « Oh non je ne vous ai pas raté Trigger… Au contraire. Mais nos balles étaient en caoutchouc… Malheureusement » ajouta-t-elle sotto voce.
- « Vous voulez dire que tout ça c'était du faux ? »
Elle haussa les épaules et s'en retourna vers la cabane, laissant derrière elle le couple encore choqué.
- « Je ne suis pas mort ! » répéta Castle et un rire lui échappa. Et puis un autre. Et d'autres suivirent, jusqu'à ce que la douleur à son abdomen lui rappelle qu'il ne devait pas trop rigoler « Wow ! Je ne suis pas passé loin ! » Finit-il le sourire toujours aux lèvres.
Il calma son fou rire et porta son attention pour la première fois sur Beckett qui restait figée, clairement surprise par la réaction de l'écrivain.
Déchirée entre l'envie de le frapper pour sa bêtise et celle de l'embrasser. Elle n'opta pour aucune des deux.
Vert et bleu se rencontrèrent et se mélangèrent. Et le monde s'effaça autour d'eux.
Elle avait failli le perdre.
Il avait failli la perdre.
La main de Castle trouva celle de Kate sur son flan et la serra dans la sienne.
Il avait failli ne jamais la retoucher.
Elle avait failli ne jamais le retoucher.
- « Je vais bien » l'entendit-elle murmurer, mais les mots sonnèrent creux dans son oreille.
- « Tu vas bien » répéta-t-elle pour s'en convaincre.
Et puis le silence.
Toutes les émotions qui avaient envahi le lieutenant se bousculaient, s'entremêlaient : la peur, l'amour, la tristesse, la colère… un cocktail explosif. Un cocktail incontrôlable. Trop d'émotions, trop de pensées, trop de choses à dire, à faire… Trop… C'était trop.
- « Ne refais plus jamais ça ! »
Beckett brisa le silence avec sa voix sèche. Récupérant sa main au passage.
- « Quoi ? »
Kate se releva, s'éloignant déjà de l'écrivain. Celui-ci se releva en grimaçant.
- « Bordel de… Mais ça fait mal ces conneries ! »
Il examina son flanc et esquissa un petit sourire face à sa future blessure de guerre. Lorsqu'il releva la tête, Beckett disparaissait déjà entre les arbres.
- « Hey Kate ! Attends-moi ! » Appela-t-il en accélérant le pas douloureusement.
Il finit enfin par la rattraper alors que l'hôtel arrivait en vue.
- « N'empêche… J'ai failli l'avoir la rouquine, j'étais à deux doigts ! »
Beckett ne répondit pas, se contentant de marcher furieusement vers le bâtiment.
Lorsqu'ils arrivèrent au bâtiment, elle s'apprêtait à y pénétrer lorsque Castle lui prit le bras et la retint en arrière, la forçant à se retourner et lui faire face pour la première fois depuis la clairière.
- « Kate ? Qu'est ce qu'il y a ? »
Elle écarquilla les yeux.
- « Qu'est ce qu'il y a ? Qu'est ce qu'il y a ? » Répéta-t-elle un peu plus fort, incrédule. « T'es pas croyable ! »
Elle décrocha son bras de sa main et pénétra dans l'hôtel. Castle lui emboîta le pas.
- « Bon sang Kate, mais qu'est ce que j'ai fais ? »
Elle poussa les doubles portes avec fracas
- « Oh tu veux dire à part être à deux doigts de te faire tuer ? A part te marrer comme un idiot à l'idée d'avoir échappé à la mort ? A part…»
- « Je n'ai pas fait exprès quand même ! » la coupa-t-il « Et puis en rétrospective, oui c'était assez drôle cette histoire. »
Elle s'arrêta devant leur porte, l'agrippa et le poussa à l'intérieur, sous le regard amusé de Scap qui passait par là. Elle le fusilla du regard et il perdit aussitôt son sourire. Puis elle rentra dans la chambre.
- « Drôle ? » elle ferma la porte derrière eux d'un coup de pied et lui jeta un regard menaçant « Drôle ? » répéta-t-elle, appuyant sur son abdomen « Tu trouves ça drôle toi ? »
Il grimaça de douleur à son toucher.
- « C'était pour de faux! » répliqua-t-il de plus en plus sur la défensive.
Elle leva les bras au ciel et les laissa retomber, frustrée par son attitude je m'en foutiste.
- « Au moins je ne suis pas mort. »
- « Pas encore. Mais continue avec ton insouciance et tes bêtises et ça pourrait bien changer ! »
Elle le contourna pour rentrer dans la pièce.
- « Tu ne peux donc rien prendre au sérieux? »
- « Je te l'ai déjà dit, j'ai besoin de l'humour pour me remettre de mes émotions. »
- « Et bien c'est stupide! » elle se retourna, envoyant valdinguer ses chaussures au fond de la pièce « La mort n'est pas une blague Castle ! Et s'il y avait eu une vraie balle dans le chargeur hein? Tu y as pensé à ça? Tu as pensé à Alexis, à ta mère? »
Le "à moi"mourut sur ses lèvres.
- « Tant d'inquiétude pour ma santé lieutenant... Je suis flatté. » dit-il amèrement.
- « Ne le soyez pas, » répliqua-t-elle froidement en se dirigeant vers la penderie.
Elle ne savait pas d'où venait toute cette colère, cette amertume qui remontait à la surface et teintait les mots qui sortaient de sa bouche, mais elle en avait besoin. Elle avait besoin de relâcher la pression et la colère était l'émotion la plus facile, la plus gérable… la plus acceptable.
Il s'approcha de la commode contenant les armes et y déposa le pistolet qu'il avait gardé en souvenir. Quand il se retourna, il remarqua qu'elle avait enfilé un sweat-shirt.
- « Ecoute, je comprends que tu sois un peu secouée par tous ce qui vient de se passer » commença-t-il prenant sa place dans la penderie, tandis qu'elle allait placer ses couteaux dans la commode « Mais je vais bien Kate, personne n'est mort, tu peux te détendre maintenant. »
- « Tu ne comprends vraiment rien! » cracha-t-elle en refermant violemment le tiroir.
Il sursauta au bruit et ressortit de la penderie avec un sweat sur le dos aussi.
- « Apparemment pas. »
Une fois de plus ils échangèrent leur place, alors qu'il se dirigeait vers le bureau et elle vers le petit salon. Elle lui jetait un regard noir. Il en avait vu des expressions passer dans ses yeux, la plupart des variations autour du thème de la colère, mais cette nuance-ci, il ne l'avait encore jamais vue.
Parfois, il aurait vraiment voulu avoir un manuel pour interpréter les regards de Kate Beckett. Mais, sans un tel manuel, il avisa une théorie.
- « Ton élan de colère n'aurait pas de lien avec la nuit dernière par hasard et la frustration que tu te trimballes depuis ce matin ? »
- « Oh pitié, remets toi! » répondit-elle avec une bonne dose de dédain « la nuit dernière était une erreur. Nous étions drogués à… je ne sais quoi ! Et je vous jure que si jamais vous parlez de cette soirée à qui que ce soit je vous... »
- « Je sais, je sais. Vous me tirez une balle dans la tête, vous m'étripez, vous m'étranglez... Je brûle là? »
Ils pouvaient être deux à jouer à ce petit jeu et si elle avait envie de se passer les nerfs sur lui, il pouvait aussi lui en donner pour son argent.
Elle le fusilla du regard et lui tourna le dos.
- « Vous n'avez pas à vous en faire. La nuit dernière n'était pas suffisamment mémorable pour que je puisse vouloir m'en souvenir. »
Elle resserra les poings et serra sa mâchoire, se mordant la lèvre inférieur avec fureur à ses mots.
Savait-il vraiment ce qu'il s'était passé la nuit précédente ? Avait-il, comme elle, retrouvé des bribes de mémoire de leurs ébats ? Savait-il, lui, jusqu'où ils étaient allés ?
- « Ça vous emmerde vraiment hein? De penser que pendant quelques heures vous avez perdu le contrôle? De penser pendant une seconde que j'ai pu voir un autre côté de votre personnalité que la femme froide et distante que vous êtes... »
Elle ferma les yeux, essayant ainsi de bloquer sa voix de son esprit, essayant d'ignorer ses mots qui lui perçaient le cœur comme autant de petits poignards. Mais aussitôt qu'elle fermait les yeux l'image de Castle tombant en arrière dans l'herbe la hantait, ravivant sa peur… ravivant sa colère.
- « Ne vous en faites pas pour votre réputation Beckett, » continua-t-il « Personne ne saura que pendant l'espace d'une nuit, d'une seule nuit vous avez lâché prise, que vous vous êtes amusée. »
Elle rouvrit les yeux et se retourna.
- « Amusée? Et qu'est ce qui vous fait croire que je me suis amusée? »
- « J'étais avec vous Beckett. » Déclara-t-il pour seul explication.
- « Nous étions drogués Castle! »
- « Et vous adorez utiliser ça comme excuse n'est ce pas? Parce qu'admettre que pour une fois vous vous êtes amusée serait trop difficile pour vous? »
- « Je n'ai pas besoin d'être droguée pour m'amuser Castle! Je m'amuse très bien… Mais sans vous! Je n'ai pas besoin de vous dans ma vie pour m'amuser. Je n'ai d'ailleurs pas besoin de vous dans ma vie tout court.»
Elle lui tourna à nouveau le dos, maudissant leur chambre pour être si petite. Elle réfléchit à se réfugier dans la salle de bain, mais Beckett n'était pas du genre à battre en retraite.
Mais si seulement il pouvait partir. Si seulement il pouvait la laisser seule; seule avec sa douleur, avec sa peur, avec la réalisation qu'elle aimait l'homme qui la blessait par ses mots plus qu'elle ne pourrait jamais l'admettre.
- « Je n'ai pas besoin de toi » répéta-t-elle à voix basse.
Qui essayait-elle de convaincre ? Lui ? Ou elle ?
Elle se mordit la lèvre, refoulant les larmes qui montaient à la surface.
Quelques minutes passèrent en silence et elle se demanda ce qu'il faisait derrière son dos. Mais elle ne voulait pas se retourner de peur que son visage ne trahisse toutes les émotions qui l'envahissait.
Puis elle entendit sa voix, un léger murmure, presque imperceptible.
- « C'est si dur que ça d'admettre ce que tu ressens ? »
Et puis elle entendit leur porte s'ouvrir et se refermer aussitôt.
Elle attrapa son coussin sur le canapé et l'envoya s'écraser contre un mur.
Castle sortit de l'hôtel et trouva des cailloux bien utiles dans la cour. Il en ramassa une poignée et commença à les jeter avec force les uns après les autres, son hématome lui brûlant l'abdomen à chaque mouvement, mais il s'en fichait.
- « Quelle tête de mule ! »
Une autre série de cailloux alla ricocher contre leurs cousins.
- « Et quel idiot ! »
- « Vous parlez aux cailloux ? »
Il se retourna, surpris, au son de la voix de Val.
Elle se plaça à côté de lui, tandis qu'il lançait un nouveau caillou.
- « Je suis contente que vous soyez encore en vie. » lui dit-elle en souriant chaleureusement.
Il tourna la tête vers elle, l'étudia un court instant et décida de lui rendre son sourire.
- « Et moi donc. »
Ils restèrent l'un à côté de l'autre un moment, tandis qu'il continuait de lancer des cailloux.
- « Problèmes de couple ? »
Il ne répondit rien, se contentant d'hocher les épaules.
- « Laissez-lui le temps. Elle a dû se faire un sang d'encre pour vous… Elle ne voulait sûrement pas vous perdre » Val posa une main sur le bras de Castle délicatement « Je peux la comprendre. »
Elle appliqua une légère pression sur son bras avec un sourire appréciateur et le relâcha. Elle s'écarta pour revenir derrière lui juste après et lui souffler à l'oreille : « Si vous voulez en parler, ma porte est grande ouverte… entre 6h et 22h. » ajouta-t-elle avec un sourire qu'il ne vit pas.
Lorsque Castle retourna dans leur chambre une bonne heure plus tard, la pièce était plongée dans le noir, éclairée simplement par une des lampes au dessus du lit. Il put aussitôt constater que celui-ci était vide et il porta son regard sur le canapé où il trouva Beckett allongée là, endormie.
Il soupira et, aussi discrètement que possible il retira ses vêtements et se glissa sous les draps.
Automatiquement il se plaça du côté habituel de Beckett et resserra les couvertures au dessus de lui. La journée avait été longue, et pleine d'émotions.
Ils avaient échangé des mots douloureux avec le lieutenant et il ne pouvait qu'espérer que la nuit effacerait ce fossé qui s'était creusé entre eux en si peu de temps.
C'est le cœur serré qu'il éteignit la lumière.
Lorsque la pièce fut plongée dans le noir totale, Kate laissa le reste de ses larmes couler à flot.
