Salut,
Merci beaucoup pour tous vos reviews qui m'ont énormément encouragée. Je suis heureuse que vous aimez toujours mon histoire !
Merci à Flaye's pour s'être ajouté dans mes motivations et merci à Emma Came pour avoir ajouté aussi ma fic dans ses favoris.
(Poudlard et ses personnages appartiennent à J.K. Rowling)
Bonne lecture ! (ce chapitre répondra à la question de Flaye's) :)
(Ce monde magique appartient à J.K. Rowling)
(Merci à Persis :)
Chapitre 11
La cérémonie
Matilde se réveilla en sursaut. Elle était couchée dans un lit sous d'épaisses couvertures. Le cœur battant frénétiquement, elle se redressa sur son oreiller et regarda autour d'elle.
La pièce était vaste, dotée de grandes fenêtres qui laissaient percevoir un matin ensoleillé. De larges lits aux draps blancs étaient disposés le long des murs et certains étaient entourés de rideaux de couleur olivâtre. C'était indubitablement une infirmerie.
Matilde se remémora la scène de la veille où elle avait fait trembler tout le bureau de Dumbledore.
« Mes pouvoirs sont donc puissants à ce point ? » pensa-t-elle, quelque peu sidérée.
Cependant, Matilde n'avait pas réussi à obtenir la baguette de Dumbledore et elle frissonnait déjà à l'idée qu'elle allait devoir affronter un nouveau combat. Elle s'était sentie parfaitement en sécurité lorsqu'elle se trouvait aux côtés de Dumbledore ces derniers temps, mais voilà qu'à présent, elle avait recommencé à le craindre. Il l'avait tout de même délibérément attaquée et blessée...
Matilde porta sa main derrière sa tête, là où elle avait ressenti une douleur aiguë lorsqu'elle s'était écroulée à la suite d'un sortilège lancé par Dumbledore, mais elle ne sentit pas la moindre blessure, ni la moindre douleur — sûrement dû à un autre sortilège de guérison, présuma-t-elle.
Un mouvement derrière un rideau de lit la fit sursauter. Puis la pensée qu'il ne devait s'agir que d'un blessé, la calma aussitôt. Elle se demanda pourquoi les sorciers disposaient des infirmeries alors qu'il leur suffisait de brandir une baguette magique pour que toutes les blessures guérissent en un clin d'œil…
Comme elle se sentait parfaitement en état de se lever, Matilde se glissa hors du lit. Au moment où elle toucha le sol de ses pieds nus, le pan d'une chemise de nuit vint lui chatouiller le bas des genoux et elle découvrit avec gêne que quelqu'un avait retiré son uniforme pour la vêtir ensuite dans cette tenue.
Elle leva les yeux. Une grosse porte à double battant lui paraissait être la sortie et elle s'y dirigea silencieusement. Mais elle s'immobilisa dès qu'elle entendit des bruits de pas de l'autre côté de la porte qui s'ouvrit brusquement.
— Miss Beauregard, s'étonna une femme avec une coiffe d'infirmière, mais qu'est-ce que vous faites hors du lit sans qu'on vous ait donné l'autorisation ?
— Heu… je…, répondit Matilde, mal à l'aise.
— Oui ? dit la femme en haussant les sourcils.
— Je... je me sentais bien et j'ai donc pensé que je pouvais m'en retourner…
— Vous en retournez où ? Pour une promenade au parc en chemise de nuit, peut-être ?
Matilde fut prise au dépourvu.
— Non... enfin, je ne sais pas... je...
— C'est ça, dit l'infirmière en s'avançant vers elle. Retournez donc rejoindre votre lit. Vous partirez d'ici lorsque le professeur...
— Mais je vais bien ! s'indigna Matilde en l'interrompant d'emblée et en la repoussant instinctivement. Je n'ai pas besoin de retourner me coucher ! Où est ma robe noire que je puisse...
— Comment osez-vous ? s'écria l'infirmière avec colère et Matilde se tut aussitôt.
Le visage de la femme avait pris des teintes rouge brique.
— Mais pour qui vous vous prenez dans cette école, petite insolente ? De quel droit osez-vous me...
— Qu'est-ce qui se passe ici ? retentit soudain une voix sèche de femme sévère.
Matilde reconnut la femme au chignon serré qui l'avait conduite au bureau de Dumbledore la veille. Elle venait d'entrer dans la pièce et les rejoignait à grands pas.
— Ah, professeur McGonagall, dit l'infirmerie en se tournant vers elle. Cette jeune fille se croit tout permis. Elle a tenté de s'enfuir de l'infirmerie et voilà qu'elle s'adresse à moi de manière totalement irrespectueuse !
— Vraiment ? dit le professeur McGonagall en dardant Matilde d'un regard perçant.
— Je n'ai pas tenté de m'enfuir, protesta celle-ci sur la défensive. Je me sentais bien et j'ai donc pensé que je pouvais partir…
— Miss Beauregard, coupa abruptement le professeur McGonagall, si vous comptez étudier dans cette école, vous aller devoir tempérer grandement votre caractère pour ne pas courir le risque d'être renvoyée dès le premier jour. Maintenant, si vous voulez bien, j'ai à vous parler, dit-elle en montrant le lit d'un geste impérieux. Asseyez-vous.
Matilde obéit à contrecœur.
— Ce n'est pas moi qui ai voulu étudier dans cette école de cinglés, grommela-t-elle dans un murmure inaudible.
Le professeur McGonagall prit une chaise en bois, la rapprocha du lit, et s'y assit.
— Bienvenue à Poudlard, dit-elle sèchement tandis que l'infirmière se dissipait derrière une porte plus loin en fulminant. Je suis le professeur McGonagall et c'est moi qui serai chargée de vous enseigner la métamorphose cette année. J'imagine que le professeur Dumbledore vous a déjà parlé des quatre maisons de Poudlard ?
— Ouais, dit Matilde sur un ton détaché, Dumbledore avait justement tenté de m'expliquer ces maisons hier, au Chaudron Baveur...
— Bien... reprit le professeur McGonagall d'un air pincé. D'abord, c'est le professeur Dumbledore. Ensuite, je vous demanderais de soigner votre ton lorsque vous vous adresserez à moi et à tous autres membres du personnel à l'avenir, c'est compris ?
Matilde lui jeta un regard noir.
— Oui, d'accord... répondit-elle entre ses dents.
— Bien, répéta le professeur McGonagall. Comme je le disais, il y a quatre maisons à Poudlard : Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Vous serez répartie dans l'une d'elles et votre maison deviendra alors pour vous comme une seconde famille. Vous passerez vos temps libres avec vos camarades de même maison et vous dormirez dans le même dortoir. Et tout au long de l'année, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, des points seront accordés à votre maison et des points seront également retirés si votre conduite viendrait à s'avérer mauvaise.
Elle marqua une pause et lança à Matilde un regard d'avertissement.
— Enfin, poursuivit-elle, à la fin de l'année, un prix sera remis à la maison qui aura remporté le plus de points…
Mais Matilde l'écoutait d'une oreille distraite en jouant avec la manche de sa chemise. Or, lorsque le professeur McGonagall se leva brusquement dans un raclement de chaise, elle sursauta.
— À présent, enfilez votre uniforme et venez me rejoindre à la sortie de l'infirmerie. La cérémonie commence dans quelques minutes.
— Q-quoi… ? Quelle cérémonie ? demanda Matilde, déroutée.
— La cérémonie durant laquelle une maison vous sera attribuée, bien sûr, répondit McGonagall d'un air agacé. N'avez-vous pas écouté tout ce que je viens de vous dire, Miss Beauregard ?
— Heu…
Le professeur McGonagall soupira.
— Je vous attends dans quelques minutes, dit-elle sèchement en tournant les talons vers la sortie.
« Une cérémonie ? », songea Matilde en se sentant défaillir. Elle serait jugée devant tout le monde avant d'être envoyée elle-ne-savait-trop-où ?
Elle remarqua alors que son uniforme reposait proprement plié sur la table de chevet auprès de son lit et s'en saisit aussitôt. Elle tira le rideau olivâtre autour de son lit et s'habilla à la hâte. Elle avait décidé de ne pas trop faire attendre cette femme austère qui lui semblait prête à lui infliger les pires punitions si elle avait le malheur de faillir à ses ordres.
Vêtue à nouveau de la robe noire de Poudlard, elle s'élança hors de l'infirmerie. Le professeur McGonagall l'entendait près de la porte.
— C'était rapide, commenta-t-elle.
Matilde suivit le professeur McGonagall dans un long couloir éclairé par de hautes fenêtres à travers lesquelles les rayons du soleil s'infiltraient dans toute leur splendeur. Elles bifurquèrent ensuite dans un passage plus étroit et arrivèrent au pied d'un escalier escarpé qui les mena directement au rez-de-chaussée. Là, Matilde reconnut tout de suite le hall d'entrée où les innombrables portraits animés tapissaient les hauts murs autour de la grande porte en chêne massif.
— Tous les élèves sont déjà au courant de votre arrivée parmi nous, mentionna le professeur McGonagall en escaladant les marches de marbre qui les conduisirent devant deux énormes portes derrière lesquelles un brouhaha émanait. Ils savent aussi que vous êtes Parguenaise et s'efforcerons de vous offrir un séjour des plus agréables à Poudlard. Si l'un d'eux venait à vous causer des ennuis, n'hésitez pas à en parler à un professeur.
Matilde déglutit avec difficulté.
— D'accord… bredouilla-t-elle.
Elle appréhendait avec nervosité le moment où elle allait devoir faire face à une foule de visages qui la dévisageraient.
— Derrière ces portes, se trouve la Grande Salle, désigna le professeur McGonagall pour qui le malaise de Matilde semblait la laisser indifférente. C'est ici que vous prendrez vos repas et c'est également ici qu'ont lieux les événements festifs.
Matilde se tortilla les doigts en regardant les grandes portes.
— Vous êtes prête ? demanda le professeur McGonagall.
Fébrilement, Matilde fit signe que oui, et McGonagall se tourna aussitôt vers les portes qu'elle ouvrit toutes grandes. Matilde retint son souffle.
La Grande Salle était vaste et impressionnante. D'innombrables chandelles scintillantes flottaient sous un étrange plafond bleu azur et Matilde eut l'impression que la salle était à ciel ouvert. Une grande table au fond était occupée par les professeurs — Matilde aperçut rapidement Dumbledore qui trônait dans un grand fauteuil en or au centre de la table — et quatre autres tables étaient alignées dans la longueur. Les élèves qui y étaient attablés s'étaient tus brusquement dès que les portes s'étaient ouvertes, et regardaient la nouvelle d'un air curieux.
Tandis qu'elle suivait le professeur McGonagall le long d'une allée entre les tables, Matilde baissa les yeux et s'efforça de s'intéresser aux dalles du plancher pour tenter d'apaiser son malaise. Des centaines d'yeux l'observaient et des chuchotements frénétiques s'élevaient autour d'elle, ce qui lui donnait une envie énorme de prendre ses jambes à son coup. Jamais elle ne s'était sentie si troublée.
Subitement, le professeur McGonagall s'immobilisa et Matilde faillit la heurter de plein fouet — ce qui engendra quelques rires étouffés de la part des étudiants.
— Par ici, dit-elle à Matilde qui se sentait rougir d'embarras profond.
Le professeur McGonagall se tenait près d'un chapeau râpé, sale et rapiécé, qui reposait sur un tabouret à quatre pieds devant la table des professeurs. Avant que Matilde n'ait pu se demander à quoi pouvait bien servir ce chapeau hideux, le professeur McGonagall l'avait déjà pris dans ses mains et invitait Matilde à s'asseoir. Tremblante, elle obéit. Elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre et les visages qui la fixaient intensément, comme s'il allait se passer quelque chose d'extraordinaire, la rendait encore plus anxieuse.
Soudain, elle remarqua avec effroi quelques silhouettes d'un blanc nacré, légèrement transparente, qui flottaient au-dessus des tables : des fantômes ! Matilde sentit son estomac ne faire qu'un tour. Son premier réflexe fut de vouloir s'agripper à la manche du professeur McGonagall, comme s'il elle aurait pu la protéger d'une certaine manière, quand brusquement, ce fut l'obscurité totale : le chapeau lui avait été enfoncé sur la tête en lui obstruant la vue.
— Hum, tiens donc, dit une petite voix contre son oreille qui la fit sursauter, une grande fille assez particulière… Je vois que l'inconnu te fait peur. Que tu aurais voulu que la magie ne fasse pas partie de ta vie... Hum... Je vois beaucoup d'obstination aussi… Mais tu as tout de même des qualités assez intéressantes... Je sens également que tu devras faire preuve de beaucoup de courage face à ce qu'il t'attend. Oui... Je sais... Il ne fait aucun doute qu'il vaut mieux t'envoyer à... Gryffondor !
Lorsque le dernier mot se répercuta dans toute la Grande Salle, un tonnerre d'applaudissement retentit à l'une des tables à gauche de Matilde, et McGonagall retira le chapeau.
— Allez rejoindre votre table, Miss Beauregard, dit-elle à Matilde qui avait laissé paraître son désarroi total.
Hésitante, Matilde se leva du tabouret et se dirigea vers la table où les élèves de Gryffondor semblaient vouloir se ruer sur elle, tant ils avaient l'air ravi de l'accueillir dans leur maison.
— Bonjour, je m'appelle Basile, dit un garçon boutonneux aux cheveux blonds lorsque Matilde s'assit sur le banc au bout de la table.
Il lui tendit une main pâle et elle la serra à contrecœur.
— Moi, c'est Marius, dit un autre garçon en face d'elle.
Il avait le teint plus foncé que les autres et avait les cheveux d'un noir de jais.
— Je suis vraiment content de t'avoir avec nous, à Gryffondor !
Matilde lui adressa un faible sourire. Parmi tous ces élèves qui la regardaient d'un air joyeux, elle ne se sentait aucunement à sa place. L'envie irrésistible de se cacher sous la table se manifestait à un tel point qu'elle ne pouvait s'empêcher de s'affaisser peu à peu sur son banc.
Enfin, Dumbledore se leva derrière la table des professeurs, le visage rayonnant, et tous les regards se tournèrent sur une autre cible qu'elle.
— Je souhaite la bienvenue à Matilde Beauregard, dit-il en lui souriant, et je compte sur chacun de vous pour lui rendre son séjour parmi nous agréable. Maintenant, un excellent petit déjeuner nous attend, ne le faisons plus attendre.
À ces mots, toutes les tables se remplirent d'elles-mêmes de nourriture : des œufs, des saucisses, des pommes de terre sautées, du jambon, du lard et des légumes divers surgirent de nulle part, débordant des plats précédemment vides.
« Finalement, ça vaut la peine d'être sorcier rien que pour faire apparaître toutes sortes de plats sans avoir besoin de les préparer… », pensa Matilde, impressionnée.
— Ça t'a fait un choc lorsque tu as appris que tu étais une Parguenaise ? demanda Basile en remplissant son assiette de saucisses et de pommes de terre.
Marius tendit l'oreille d'un air attentif.
— En fait, répondit Matilde en murmurant, c'était plutôt d'apprendre que j'étais une sorcière qui m'a donné un choc.
— Et lorsque tu as appris que tu étais une Parguenaise ? insista Basile. Tu as sûrement dû être ébranlée… ?
Matilde remplissait son assiette en prenant soin de paraître indifférente aux questions de Basile. Elle avait envie qu'on la laisse manger tranquille.
— Matilde ? dit Basile en se penchant vers elle. Tu m'écoutes ?
— Laisse-la tranquille Basile, lança alors une fille noire assise à la droite de Marius. Elle vient juste de découvrir notre monde et elle n'a certainement pas besoin qu'on l'accable avec des questions ennuyantes.
Matilde lui sourit, contente que quelqu'un vienne à sa rescousse, et reporta son attention sur son assiette. Après ça, plus personne n'osa lui poser de questions et elle put alors finir son petit déjeuner tranquille — sans toutefois échapper aux incessants regards indiscrets et chuchotements portées à son égard.
— Miss Beauregard ? dit soudain la voix sèche du professeur McGonagall.
Matilde tressauta. Elle n'avait pas remarqué qu'elle s'était avancée en douce derrière son dos.
— J'ai un message pour vous.
Elle lui tendit un rouleau de parchemin rattaché par un ruban bleu que Matilde prit d'un air hébété.
— Je vous souhaite une agréable journée, dit McGonagall en se retournant vers la table des professeurs où elle reprit place à côté de Dumbledore.
Celui-ci observait Matilde derrière ses lunettes en demi-lune. Détournant les yeux précipitamment, Matilde remarqua ensuite que plusieurs visages la scrutaient également autour de la table et l'envie de s'enfuir en urgence revint une nouvelle fois faire surface. Elle préféra alors coincer le rouleau à sa ceinture en se disant qu'elle le lirait plus tard, lorsqu'elle serait enfin à l'abri de tous ces regards inquisiteurs.
— Tu n'es pas curieuse de savoir ce qu'il y a d'inscrit sur ce parchemin ? demanda Marius en ramassant son dernier morceau de saucisse du bout de sa fourchette.
— Oui, répondit Matilde qui fuyait son regard, mais je veux attendre d'être tranquille avant de le lire.
— Ah bon…
Matilde tourna de nouveau les yeux vers la table des professeurs. Dumbledore avait cessé de l'observer et s'engageait à présent dans une conversation animée avec le professeur McGonagall. Hagrid, le géant hirsute, assis à l'extrémité de la table, paraissait énorme par rapport à tous les autres professeurs — surtout en regard de celui qui était minuscule et qui devait s'asseoir sur une pile de livres pour parvenir à être à la bonne hauteur.
Un sombre professeur attira soudain l'attention de Matilde. C'était un homme aux longs cheveux noirs et graisseux qui lui tombaient sur les épaules, le visage cireux. Disons qu'il n'inspirait pas du tout la sympathie. Une indéniable lueur malveillance scintillait dans le fond de ses yeux noirs et Matilde pria intérieurement, de tout cœur, pour qu'elle n'ait pas à suivre des cours privés avec ce professeur à l'air mauvais. Elle le regarda boire dans son verre et le reposer calmement devant lui, puis ses yeux croisèrent ceux de Matilde qui les détourna aussitôt.
La fille noire auprès de Marius lui sourit gentiment.
— Si tu en a envie, dit-elle, je te montrerai la salle commune de Gryffondor. J'ai une période libre ce matin.
Matilde accepta d'un vif signe de tête, se leva hâtivement et la suivit hors de la Grande Salle, heureuse d'avoir trouvé un prétexte pour fuir enfin cet endroit.
— Je m'appelle Sarah, se présenta-t-elle amicalement lorsqu'elles furent dans un vaste couloir qui débouchait sur des escaliers au loin. Sarah Aubrey.
— Enchantée, répondit Matilde d'une voix timide.
Elles arrivèrent devant une immense enceinte où plusieurs escaliers superposés menaient vers différents accès et Sarah monta celui qui se présentait devant elle.
— Attention, dit-elle tandis que Matilde emboîtait son pas. Ces escaliers ont tendance à changer souvent de direction…
En effet, lorsque Matilde leva les yeux, elle vit quelques escaliers pivoter d'eux-mêmes vers un autre accès, dans un grincement sonore qui fit vibrer les marches sous ses pieds.
— C'est fou ! s'exclama Matilde, épatée. Il y a tellement de choses bizarres dans ce monde !
— C'est vrai, dit Sarah en s'engageant à présent dans un couloir plus étroit, j'étais moi-même ébahie lorsque j'ai appris que j'étais une sorcière.
— Tu n'as pas toujours été une sorcière ? s'étonna Matilde, confuse.
Sarah éclata de rire.
— Oui, mais je ne le savais pas. Mes parents sont tous les deux Moldus. Je l'ai appris à l'âge de onze ans, en recevant la lettre de Poudlard me communiquant mon inscription.
— Ah, comprit Matilde.
Sarah bifurqua dans un autre couloir et Matilde la suivit en regardant distraitement les armures qui s'alignaient contre les murs.
— Et ça t'a fait quoi d'apprendre une telle chose ?
— Disons que j'étais un peu déconcertée au début, répondit Sarah, mais on s'habitue vite. Mes parents sont si fiers de moi !
Matilde eut un pincement au cœur. Ses parents à elle étaient-ils aussi fiers que ceux de Sarah ? Plutôt apeurés et terrorisés à l'idée que leur fille risquait d'être anéantie par une force puissante qu'était ses Pouvoirs de Parguenais. Ses parents lui manquaient tellement à l'heure qu'il était…
Quelques instants plus tard, elles s'arrêtèrent devant un grand portrait représentant une grosse femme vêtue d'une élégante robe rose.
— Voilà, dit Sarah d'un ton jovial. Voici l'entrée de la tour de Gryffondor !
— Ah bon, dit Matilde en examinant la grosse femme somnolente. Et je suppose que la porte est cachée derrière le portait ?
— Exactement ! Il suffit de dire le mot de passe et la dame nous laisse entrer.
— Tu as le mot de passe ?
— Oui. C'est Branchiflore !
La grosse dame se réveilla aussitôt et son cadre pivota en révélant une ouverture arquée dans le mur.
— Branchi-quoi ? demanda Matilde en s'introduisant dans le passage étroit à la suite de Sarah.
— Branchiflore, répéta Sarah. C'est une plante aquatique qui permet de respirer sous l'eau…
La salle commune de Gryffondor était un endroit chaleureux et accueillant. Plusieurs fauteuils moelleux s'amassaient auprès du foyer et des tables épousaient les murs circulaires auxquels pendait une tapisserie de couleur rouge et or, frappée d'un lion ailé aux griffes et à la tête d'aigle. Deux escaliers en colimaçon aux extrémités de la pièce accédaient aux étages supérieurs.
— Les dortoirs des filles se situent là, dit Sarah en montrant du doigt l'un des escaliers. Tu partageras un dortoir avec moi.
— Salut ! dit d'un ton enjoué un garçon aux cheveux pâle, qui était assis devant la cheminée, un livre sous le nez.
— Ah, c'est toi ! dit Sarah en s'approchant de lui. Je te cherchais partout. Tu as manqué la cérémonie.
— Eh oui… J'ai dû manquer le petit déjeuner pour avoir la chance de finir mon devoir d'arithmancie. Mon cours est dans quelques minutes…
Puis il regarda Matilde qui était restée en retrait derrière Sarah.
— Tu dois être Matilde Beauregard, présuma-t-il en souriant, comme ça tu es à Gryffondor ?
Matilde affirma silencieusement d'un signe de tête.
— Je suis Francis Melrose, un ami de Sarah.
Matilde lui adressa un sourire de convenance et de se dirigea machinalement vers les dortoirs des filles.
— Heu… Je vais aller faire un tour en haut, marmonna-elle en désignant inutilement l'escalier.
— Pas de problème, dit Sarah en se laissant tomber dans le fauteuil à côté de Francis. Je serais en bas, si jamais tu as besoin de quoi que ce soit. Ton dortoir se situe derrière la troisième porte en haut.
— Merci, répondit Matilde en s'engouffrant dans l'escalier.
Le dortoir comprenait plusieurs lits à baldaquin avec des rideaux de velours rouge. Auprès d'un des lits, Matilde reconnut son chaudron rempli de ses livres de magie et sa valise au-dessus de laquelle elle se pencha aussitôt pour l'ouvrir. Tout son contenu était intact. Elle la referma donc et alla s'étendre sur son lit. Enfin un peu de calme. Elle tourna la tête vers l'une des fenêtres de la pièce circulaire et vit le soleil briller. Quelques gazouillements lointains se faisaient entendre aux travers les vitres.
Profitant du moment où elle était enfin seule, Matilde se redressa sur ses oreillers, retira le rouleau de parchemin de sous sa ceinture et fit glisser le ruban bleu. Dès qu'elle déroula le parchemin, elle reconnut l'écriture fine et un peu penchée de Dumbledore. Les quelques phrases laconiques indiquaient qu'elle devait se rendre à son bureau à dix heures tapantes. Ressentant une brusque nausée l'envahir, Matilde savait exactement à quoi consisterait cette rencontre : Dumbledore voulait reprendre la séance de combat qui avait eu lieu la veille.
C'était hors de question ! pensa Matilde avec force. Elle n'avait aucune envie de renouveler cette expérience, bien qu'elle savait pertinemment pourquoi il était important qu'elle s'empare de la baguette magique de Dumbledore. Mais il y avait sûrement un autre moyen d'y remédier. À moins que…
Et si elle s'emparait de la baguette sans signes avant-coureurs ? Elle pourrait tout simplement suivre Dumbledore discrètement le long d'un couloir et faire usage de ses Pouvoirs de Parguenais pour lui enlever brusquement sa baguette. Ainsi, elle surprendrait Dumbledore avant qu'il ne réagisse. Mais avait-il toujours sa baguette magique sous sa cape ? Elle devait néanmoins essayer…
D'un bond, elle se leva et se dirigea hors du dortoir d'un pas décisif. Sarah et Francis tournèrent la tête vers elle d'un air interrogatif lorsqu'elle traversa la salle commune à la hâte et poussa des deux mains le portrait de la grosse dame en rose.
Alors, selon vous, ce sera-t-il aussi facile que Matilde ne le croit ?
