Vraiment désolé pour le temps que j'ai mis à uploader ce chapitre mais le site refusait de le charger, là il a été d'accord mais je sais pas pourquoi xD


Réservation pour Deux (Party of Two)

CHAPITRE 11

Le Phoenix

Castle se réveilla reposé, plus ou moins remit de la plupart de ses blessures mais avec beaucoup de questions en tête. Notamment concernant une jolie brune qui dormait encore paisiblement dans le grand lit.

Il se leva du canapé qui lui servait de lit et après un petit tour en salle de bain s'approcha du lit de la belle. Elle dormait encore fermement, s'il en croyait le mouvement de sa respiration. Comme elle avait (sans doute violemment) repoussé les draps pendant la nuit, il les remonta délicatement sur ses épaules et l'observa un moment.

Qu'allait-il leur arriver maintenant ? Qu'allait-elle penser de son baiser impromptu ? Il n'avait pas vraiment réfléchi à ses actions, mais ne les regrettait pas un instant. Son seul regret éventuel était que ce baiser fut si court.

Saurait-elle un jour à quel point elle comptait pour lui ? A quel point il l'aimait ?

Il voulut déposer un baiser sur son front mais se retint, ne voulant pas la réveiller. Enfilant un sweat et des chaussures, il s'éclipsa en silence.

Lorsqu'il retourna dans la chambre, plateau en main, Beckett s'éveillait. Ses yeux s'écarquillèrent aussitôt qu'elle vit l'écrivain porter leur petit-déjeuner.

- « Qu'est ce que tu fais ? »

- « Je t'apporte le petit déjeuner… »

- « Au lit ? »

Castle regarda un instant Beckett, puis comprenant qu'elle n'avait pas l'air fan de l'idée, il se dirigea vers le petit salon.

- « Non, j'apporte le petit-déjeuner… en chambre. »

Beckett sourit à sa façon de se rattraper. Elle récupéra son élastique sur la table de nuit, regroupa ses cheveux dans un vague chignon et sortit du lit, rejoignant Castle au salon.

- « Je me suis dis que l'on pourrait éviter la 'foule' ce matin… »

- « 'La foule' huh ? Quelqu'un en particulier ? » Demanda Beckett, sur un ton suffisamment léger pour que Castle ne se sente pas en danger de mort.

- « A vrai dire oui… » il fit une pause dramatique « Bully. Il me fait peur quand il n'a pas encore déjeuné. »

Ils sourirent tous les deux avant d'entamer leur petit-déjeuner. Quelques bouchées avalées en silence plus tard, Castle demanda :

- « Au fait, une idée sur l'identité de notre empoisonneur ? Ou empoisonneuse…? »

- « Et bien je dois dire que ma liste de suspects est assez réduite, heureusement. Je ne crois pas qu'il s'agisse de Bully, ce n'est pas son M.O. et je pense que l'on a pu constater qu'elle était la spécialité de Volcanic l'autre jour… Ce qui nous laisse trois suspects : Scap, Salvation et Val…»

Castle ne manqua pas le dégoût dans la voix de Beckett lorsqu'elle prononça le nom de cette dernière.

- « Une préférence ? »

Beckett réfléchit un instant, tandis qu'elle vidait sa tasse de café. Elle regarda Castle qui semblait anticiper sa réponse.

- « Parce que je t'avouerais que je penche sérieusement pour Val moi… »

- « Val… Même si l'idée de la mettre derrière les barreaux ne me déplairait pas, elle me semble trop… évidente. J'veux dire… Notre empoisonneur sait forcément que nous ne sommes pas les véritables Trigger et Vendetta et pour une raison qui m'échappe encore n'a rien fait pour nous dénoncer. Mais Val… elle s'intéresse tellement à nous… à toi… S'en est trop facile. »

- « Peut-être. Mais je trouve que c'est une empoisonneuse quand même. »

- « Ca… c'est certain. »

- « Alors tu penches pour qui ? »

- « J'ai un mauvais pressentiment vis-à-vis de Scap. Sa façon d'agir, de me regarder, ses remarques… Il y a quelque chose qui me dérange. D'un autre côté, Salvation s'est fait tellement discret, je ne sais pas quoi penser de son attitude. Une chose est certaine, si nous approchons de l'épreuve finale, il va falloir trouver notre empoisonneur, et vite.»

Sur ce, Beckett se leva et pénétra dans la penderie. Elle opta pour un jeans et une chemise verte. Elle prit ses vêtements et se dirigea vers la salle de bain. Lorsqu'elle voulut sortir de la penderie, elle se trouva nez à nez avec Castle qui semblait vouloir y rentrer.

Elle releva les yeux vers lui, retrouvant une proximité qu'ils n'avaient pas eu depuis… depuis son baiser pensa-t-elle. Elle resta un moment figée, appréhendant et espérant à la fois son prochain mouvement.

- « Je… »

- « Pardon… »

Elle sentit ses joues se réchauffer et fit un pas sur le côté. Castle en fit de même et ils se retrouvèrent à nouveau l'un contre l'autre.

- « Pardon… »

- « Je… »

Castle s'écarta finalement vers l'arrière et la laissa passer, ce qu'elle fit, les yeux scotchés sur la moquette.

- « Je vais prendre une douche » expliqua-t-elle gênée.

- « Bien. Je vais…euh… ranger le déjeuner. » Répondit-il tout aussi gêné.


Quelques heures plus tard, Castle et Beckett s'étaient douchés et changés. Ils avaient regardé la télévision, ils avaient joué aux cartes (en gardant leurs vêtements), ils avaient discuté de la pluie et du beau temps sans grand enthousiasme et avaient déjeuné dans leur chambre, réfléchissant toujours à leur liste de suspects.

Lorsque Castle revint de la cuisine, il trouva Beckett assise sur le lit en train d'aiguiser ses couteaux de lancer. Elle avait un air sérieux, pensif… Perdu. Un air comme celui qu'elle avait dans la forêt la veille, tenant ce même couteau à la main, pointé vers lui.

Il déglutit au souvenir. Puis il prit une profonde inspiration, lui donnant le courage d'aborder le sujet qui rendait l'air entre eux deux très tendu.

- « Tu veux en parler ? » demanda-t-il en refermant la porte.

Elle leva la tête au son de sa voix, comme surprise de le voir là.

- « Parler de quoi ? »

- « Tu sais…de… » il s'assit sur le lit à ses côtés « d'hier. »

Elle le regarda, surprise, s'arrêtant dans son mouvement. Il ne la lâcha pas du regard, fouillant au fond de ses perles de jade pour y trouver la réponse à sa question. La vraie réponse, celle qu'elle n'oserait sans doute pas lui dire à voix haute.

Ce regard si perçant, si insistant la gênait et elle se leva aussitôt, ne lui laissant pas le temps de lire en elle comme il le faisait si souvent. Elle n'était pas prête à lui parler. A en parler.

Elle glissa ses couteaux dans leur poche qu'elle enfila en bandoulière sur son dos. Elle allait s'éloigner mais s'arrêta, soupira et se retourna vers Castle, toujours assis là à l'observer.

- « Je suis désolée. Je ne peux pas. Pas maintenant. »

Elle laissa son regard croiser le sien, lui permettant ainsi de lire sa requête silencieuse de lui laisser du temps. Mais lui laissant voir, aussi, qu'elle n'était pas contre cette conversation, elle ne faisait que la retarder.

Puis elle empoigna une veste dans la penderie et sortit de la chambre.

Ses pas la menèrent dehors, elle avait besoin de prendre l'air. Et elle se retrouva dans la forêt, dans cette maudite forêt qui n'en finissait plus, qui les entourait, les emprisonnait… Forêt, lieu de tous les drames.

Au fil de ses pas, Kate se laissa plonger dans ses pensées, des pensées qui tournaient toutes autour du même homme, Richard Castle.

Il l'avait embrassé. Et ce baiser-là, elle s'en souvenait. Oh, elle avait toujours de vagues souvenirs de leur nuit droguée, de ses lèvres sur les siennes et même un souvenir lointain de langues qui s'entremêlaient mais ce baiser dans la forêt, celui-là, elle s'en souvenait clairement et distinctement.

Un simple baiser. Ses mains chaudes autour de son visage. Ses lèvres mouillées sur les siennes. Des secondes qui lui avaient paru une éternité et pourtant un baiser qui lui avait paru trop court.

Pourquoi l'avait-il embrassé ? Le remord d'avoir été surpris avec Val ? Pour la distraire ? Que signifiait réellement ce baiser pour lui ? Que signifiait leur relation pour lui ?

Elle savait qu'ils avaient des choses à régler. Que cette mission avait changé à jamais leur relation et qu'ils devraient en parler.

Mais cette 'prison' n'était pas le lieu indiqué et certainement pas le bon moment.

Trop d'émotions l'envahissaient quand il s'agissait de Castle, trop de questions, de doutes, de faiblesses. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre le contrôle. Pas ici, pas maintenant. Elle avait déjà failli le perdre à cause de ses sentiments pour lui. Elle ne recommencerait pas la même erreur deux fois.

Elle ne pouvait plus nier ce qu'elle ressentait pour lui, elle avait franchi cette barrière lorsque le corps de l'écrivain s'était écrasé sur le sol. Mais elle n'était pas encore prête à le lui avouer à voix haute.

Que savait-elle de ses sentiments à lui après tout ? Castle était un charmeur, un homme à femmes… Jouait-il avec elle ? Etait-il sérieux ?

Bien sûr, elle l'avait vu changé au cours de ces derniers mois passés en sa compagnie. Et elle avait relevé ses divers sous-entendus, ses compliments à moitié cachés, ses tendres attentions… Elle les avait relevées et les appréciaient. Mais elle ne savait plus quoi penser. Etait-ce un jeu ? Etait-ce leur couverture ? De l'amitié ? Ou y avait-il autre chose qui se cachait sous tous ces gestes.

« Tu ne le sauras jamais si tu ne lui demande pas Katie » pensa-t-elle.

Kate Beckett, lieutenant de la police de New-York n'avait pas peur de grand-chose dans la vie. Et pourtant, l'idée de demander, de savoir, la terrorisait.

Elle ne voulait pas le perdre. Elle ne voulait pas être blessée. Elle ne voulait pas être déçue.

Elle sentit ses yeux qui la piquaient et secoua la tête.

- « Remets-toi Kate ! » s'ordonna-t-elle

Elle commença à faire demi-tour vers l'hôtel, déterminée à mettre ses sentiments de côté et reprendre leur mission afin d'y mettre un terme, une bonne fois pour toute.

A peine eut-elle fait quelques mètres, qu'elle vit Scap près d'un arbre sur sa droite. A ses pieds, brûlaient quelques petites flammes. Comme elle n'avait pas été discrète dans sa marche, Scap l'entendit et aussitôt qu'il la remarqua il jeta quelque chose dans le feu et glissa autre chose dans une poche. Elle fronça les sourcils et se rapprocha.

- « Hey Scap. Vous vous faites un petit feu de bois ? »

Il l'arrêta dans sa marche, la rejoignant à la place sur le sentier et l'invitant à y rester en bloquant son passage.

- « Vendetta, quel plaisir de vous voir. Vous retournez à l'hôtel ? »

- « Oui. »

Elle jeta un petit coup d'œil par-dessus son épaule et vit le petit feu mourir et ne laisser que des cendres.

- « Parfait, je vous raccompagne alors, Kate ? »

Elle le regarda, surprise et sur la défensive.

- « Kate ? »

- « C'est bien votre petit nom, non ? »

- « L'un parmi d'autre oui… »

Il lui adressa un sourire qu'elle ne lui rendit, préférant continuer sa marche.

- « Je vous aime bien Kate, vous avez un petit quelque chose… »

- « Vendetta. » L'interrompit-elle.

- « Pardon ? »

- « Appelez-moi Vendetta » précisa-t-elle.

Il se contenta de lui sourire à nouveau. Et à chaque fois qu'il le faisait, elle avait envie de lui mettre son poing à la figure.

Ils marchèrent en silence pendant quelques mètres ; un silence tout à fait appréciable pour Kate mais qui fut de courte durée…

- « Alors, Vendetta, cette petite lune de miel vous plaît-elle ? Vous fêtez quoi déjà, cinq ans c'est ça ? »

- « C'est ça. » répondit-il sans aucun intérêt pour cette conversation.

- « Wow, je vous admire. Cinq ans à vivre avec cet homme… Ca ne doit pas être de tout repos. »

Elle s'arrêta net. Le forçant à faire de même et s'approcha de lui, pas mécontente de constater qu'elle le dépassait de quelques centimètres.

- « Qu'une chose soit bien claire Scap. » commença-t-elle d'un ton sec, le toisant du regard « Je peux tolérer vos remarques inappropriées à mon sujet, vos regards déplacés mais ne vous avisez jamais d'insulter mon mari. »

Elle le fusilla du regard pour appuyer ses propos et reprit sa marche. Très vite elle sentit Scap qui l'avait rattrapée. Il la dévisagea un moment en marchant, comme à son habitude et son regard se porta sur sa poche de couteaux dans le dos.

- « Alors d'après Val votre spécialité c'est le lancer de couteaux hein ? »

- « Et ? » répondit-elle sèchement sans se tourner.

- « Oh rien. Je trouve ça très intéressant… Et extrêmement sexy une femme qui manie des couteaux »

Le silence fut sa seule réponse. Elle avait d'un coup la nausée et savait très bien qui en était la cause.

- « Et vous alors Scap ? Toujours pas prêt à me dire quelle est votre spécialité ? »

- « Vous savez, vous m'avez bien l'air curieuse sur nos spécialités… »

- « Je suis curieuse sur la compétition, en effet. Je me renseigne… Alors Scap, cette spécialité ? »

Il réfléchit un instant et ils arrivèrent à l'hôtel.

- « Ma spécialité, Vendetta, c'est de tuer. Peu importe quel moyen j'emploie. »

Kate s'arrêta sur le pas de la porte, quelque peu surprise par le ton employé par Scap dans sa réponse. Il lui avait toujours paru désinvolte, s'adressant à elle sur un ton calme, peinard, souvent avec une voix mielleuse à la rendre malade. Mais il avait prononcé cette dernière phrase d'un ton sec, grave, sérieux. C'était comme si elle découvrait la voix de cet homme pour la première fois. Et elle n'aimait pas du tout cela.

Elle le dévisagea et aussitôt son expression changea et son sourire de charmeur réapparut. Il adopta sa voix de séducteur lorsqu'il ajouta, se penchant légèrement vers elle comme s'il ne souhaitait pas être entendu par d'autres.

- « Mais ne t'en faites pas ma belle… Je suis sûr que tu découvriras ma spécialité bien assez tôt. »

Kate sentit un frisson lui parcourir le corps et une de ses mains se rapprocha instinctivement de ses couteaux.

Scap se recula et pénétra à l'intérieur de l'hôtel. Comme Kate ne le suivait pas, il se retourna, tenant toujours la porte dans une main. Il parcourut son corps des yeux avant de reporter son attention sur son visage.

- « J'ai hâte de vous voir en robe Kate… Très hâte. »

Il laissa la porte se refermer derrière lui et elle attendit deux bonnes minutes avant de le suivre à l'intérieur.

Elle se dirigea aussitôt vers sa chambre, elle avait besoin d'une douche… Le seul regard de cet homme la rendait sale.

Elle poussa la porte, restée entrouverte.

- « Richard ? » elle entra dans la pièce et ne le trouvant ni sur le lit, ni dans le salon, appela à nouveau « Rick ? Chéri ? » répéta-t-elle pour les oreilles indiscrètes tout en refermant leur porte.

Elle se dirigea vers la salle de bain et la penderie, irritée par son silence « Castle ? »

Lorsqu'elle ne le trouva dans aucune des deux pièces, elle retourna dans la chambre, son irritation se transformant très vite en inquiétude.

Elle s'approcha du tiroir à armes, vérifiant son contenu. Tous leurs pistolets et couteaux étaient encore là.

- « Castle, où es-tu passé encore ? » se demanda-t-elle à voix haute, se dirigeant vers la porte d'entrée, prête à partir à sa recherche.

La porte s'ouvrit au moment où elle l'atteignait, et elle manqua de justesse de se la prendre en pleine figure.

- « Où étais-tu passé ? » demanda-t-elle ne faisant rien pour masquer l'inquiétude dans sa voix.

- « Hey ! Tu es revenue. » répondit-il simplement en la dépassant « J'étais parti me promener, je m'ennuyais dans la chambre. »

Elle plissa les yeux dans son dos, refermant la porte derrière lui.

Elle se dirigea alors vers les deux boîtes qui leur avaient été livrées la veille et récupéra celle portant son nom avant d'entrer dans la salle de bain.

Dans la boîte, elle y trouva tout le bonheur d'une femme devant se rendre à un gala de la belle société new-yorkaise. Tout d'abord une longue robe couleur lilas et en dessous une paire de chaussures assortie. Au fond de la boîte se trouvaient deux coffrets, plus petits, contenant l'un, une série de bracelets, un collier en argent et des boucles d'oreille, l'autre une trousse de maquillage.

- « Ils ont vraiment pensé à tout décidément… » commenta Beckett à la fois amusée et surprise.


Castle ressortit de la penderie après avoir enfilé son costume et ses chaussures, finissant de mettre en place les boutonnières en or qu'il avait trouvées dans sa boîte. Il s'approcha de la glace de la chambre pour accrocher son nœud papillon, ce qui demanda quelques tentatives.

- « Pourquoi ne pouvaient-ils pas nous donner des faux nœuds papillons hein ? » demanda-t-il frustré par ses échecs.

- « Besoin d'aide Castle ? » demanda Beckett qui sortait de la salle de bain.

Il se tourna vers elle prêt à lui répondre… quelque chose… qu'il oublia la seconde où ses yeux se posèrent sur sa silhouette.

Beckett se tenait là, dans leur chambre, les deux mains entrelacées devant elle, comme gênée par son apparence. Castle se lécha inconsciemment les lèvres tandis que ses yeux parcouraient ce corps divinement habillé.

Kate portait une longue tunique couleur lilas qui épousait ses formes à la perfection, laissant très peu de place à l'imagination.

Ses yeux suivirent les lignes de son décolleté en V, remarquant au passage la petite ceinture noir autour de sa taille, et continuèrent leur chemin le long de ses jambes. Il déglutit lorsqu'il vit la fente de sa robe qui démarrait au dessus de ses genoux, sur le devant. Son regard continua alors son parcours, profitant de pouvoir admirer pleinement ses interminables jambes qui étaient ce soir mises en valeur par une paire d'escarpins à talons noirs ouverts sur ses orteils.

Lorsque son regard fit le chemin inverse, il remarqua que le tissu qui se séparait à la fente descendait jusque ses pieds mais remontait par la suite derrière elle pour venir s'accrocher au reste de la robe tombant jusqu'au milieu de son dos. La robe donnait ainsi l'impression d'avoir une trainée derrière elle.

Il fit quelques pas vers elle, ses yeux remontant pour retrouver les siens. Elle était gênée, il n'en avait aucun doute. Lorsqu'il fut à quelques centimètres d'elle seulement, il murmura :

- « Tu es magnifique Kate »

- « Je me sens ridicule » répliqua-t-elle en baissant les yeux.

Il posa un doigt sous son menton et lui releva la tête.

- « Tu n'as aucune raison de te sentir ridicule. Tu es radieuse dans cette robe. »

Le timide sourire qu'elle lui adressa le rassura.

Elle le vit pencher la tête sur le côté, et réfléchir un instant.

- « Il manque un petit quelque chose cela dit… »

Elle inspecta sa tenue, soudain inquiète tandis qu'il enfouissait sa main dans une de ses poches.

Il en ressortit un petit brin de lilas et fit un pas supplémentaire vers elle.

- « J'avoue avoir regardé à quoi ressemblait ta robe en ton absence » expliqua-t-il tandis qu'il contournait le lieutenant « et quand j'ai vu sa couleur, je n'ai pu m'empêcher d'aller te chercher une fleur pour aller avec ta tenue » finit-il alors qu'il coinçait la fleur dans la barrette qui retenait le chignon de Kate.

Beckett ne put s'empêcher de sourire à cette confession et, portant une main à ses cheveux, elle se retourna vers l'écrivain.

- « Merci Castle »

Elle posa alors ses mains sur son nœud papillon défait et entreprit de le lui nouer. Lorsqu'elle eût fini sa tâche, elle laissa son propre regard parcourir le corps de Castle de manière très appréciative.

- « Tu es superbe aussi ce soir Castle. »

- « Ce soir ? » releva-t-il avec humour.

Elle lui sourit et ils se regardèrent un moment, perdus dans leur admiration de l'un et de l'autre et dans leurs pensées.

- « Tu es vraiment magnifique » répéta Castle dans un murmure en se penchant légèrement vers elle, déposant ses lèvres sur celles de Kate quelques brèves secondes.

- « Castle, je… »

- « Je suis désolé Kate » s'excusa-t-il aussitôt en s'écartant.

Mais il n'eut pas le temps d'aller bien loin. Kate avait passé ses mains dans son cou et l'avait ramené à elle, leurs lèvres se rencontrant à nouveau pour quelques secondes supplémentaires.

Au diable sa résolution.

Lorsqu'ils se séparèrent, ils restèrent un moment à s'observer en silence. Chacun tâchant de lire les pensées de l'autre. Kate sourit et Rick l'imita.

- « Je crois qu'on devrait y aller » souffla Castle sans pour autant bouger.

Kate porta l'une de ses mains à la bouche de Castle, apposant son pouce sur ses lèvres. Son sourire s'agrandit.

- « On ferait mieux de t'effacer ce rouge à lèvres d'abord. Je suis désolée, mais ce n'est vraiment pas ta couleur. »

Elle mouilla son pouce et entreprit d'effacer le rouge des lèvres de l'écrivain.

- « Prête ? » demanda l'écrivain.

- « Pas tout à fait. »

Beckett se dirigea vers la commode contenant leurs armes et en sortit un étui à couteaux de lancer. Elle posa une jambe sur le lit et Castle resta bouche bée lorsque le tissu de la robe retomba sur le côté, exposant la jambe du lieutenant jusqu'à ses hanches. Beckett sentit le regard de l'écrivain, et tandis qu'elle enfilait l'étui autour de sa jambe et le remontait à la cuisse, elle tourna la tête vers lui.

- « Tu aimes la vue ? »

Il décrocha alors son regard de sa jambe et le reporta sur son visage, rougissant furieusement au passage.

- « Je…Tu… Je… »

Beckett sourit, ce qui rassura Castle quant à son espérance de vie.

- « Tu ne voudrais pas me donner mes couteaux plutôt que de baver sur ton beau costume ? »

- « Couteaux ? Oui. Couteaux. Bien sûr. »

Castle reprit ses esprits et s'approcha à son tour de l'armoire, récupérant six couteaux de lancer au passage. Il se plaça à côté de Kate, légèrement derrière elle et lui passa trois couteaux. Tandis qu'elle les plaçait dans l'étui, il entreprit de glisser les trois autres dans les fentes appropriées. Lorsqu'il eut fini, il laissa sa main caresser la cuisse de Kate.

Le mouvement ne manqua pas de faire réagir le corps du lieutenant comme il se doit et elle se mordit la lèvre pour s'empêcher de gémir.

Encouragé par sa réaction, Castle se rapprocha du corps de Beckett jusqu'à se coller à elle, sa bouche au niveau de son oreille et sa main explorant toujours le haut de sa cuisse.

- « Castle… » Tenta de protester Kate.

- « Tu es irrésistible » souffla-t-il dans son oreille, alors que son autre main venait l'enlacer autour de la taille.

Kate posa sa main au dessus de celle de Castle sur son abdomen.

- « Et tu es impossible… » râla-t-elle sans grande conviction « Il faut vraiment qu'on y aille. »

Castle arrêta ses caresses et Beckett se retourna pour lui faire face. Ils échangèrent des sourires et Castle offrit son bras à Kate qui l'accepta, amusée.

Lorsque le couple arriva à l'extérieur, ils virent Volcanic disparaître dans une limousine qui s'éloigna, laissant place à une autre derrière elle. La portière s'ouvrit automatiquement. Castle et Beckett échangèrent un regard et s'en approchèrent. L'écrivain invita Kate à rentrer la première et la suivit, s'installant sur la banquette en cuir noire.

Il referma la porte derrière lui et la voiture démarra.

Kate observa aussitôt l'intérieur du véhicule.

- « Vitres teintées à l'intérieur et à l'extérieur… Évidemment… »

Castle aussi explorait l'intérieur du véhicule et trouva le cabinet à liqueurs.

- « Champagne ? » demanda-t-il en brandissant une bouteille.

Le regard que lui lança Beckett lui fit gentiment reposer la bouteille.

Au passage, il trouva une enveloppe qu'il ouvrit aussitôt, se rasseyant aux côtés de Beckett.

- « Suivez le phœnix d'or » lit-il à voix haute en se tournant vers sa partenaire « Et pourquoi pas suivez le lapin blanc tant qu'on y est? »

Beckett se tourna vers lui

- « Alice au pays des merveilles? »

- « Je pensais plutôt à Matrix… »

Elle hocha la tête et récupéra l'enveloppe dans laquelle se trouvait, en plus de ce petit mot une invitation au nom de Mr et Mme Van Der Braun.

Après quelques minutes de trajet en silence, Castle se tourna à nouveau vers Beckett.

- « Kate... » Commença-t-il en chuchotant « Tu sais que je suis plutôt connu dans ces cercles là... Et si quelqu'un me reconnaissait? »

- « J'y ai pensé... » répondit-elle sur le même ton « Et ça risque en effet d'être un problème. Mais en même temps... Nous n'avons pas vraiment le choix. Alors... essaye de garder un profil bas et... ne te fais pas remarquer... »

Quelques autres minutes passèrent avant que Castle ne parle à nouveau.

- « Kate? »

Elle se tourna vers lui, partagée entre l'exaspération et l'amusement.

- « Oui Castle? »

- « Je suis désolé. »

Elle leva un sourcil, perplexe.

- « Pour? »

- « Pour ce que j'ai dit hier. Je n'aurai pas dû. J'étais secoué par les récents évènements mais ce n'est pas une excuse... J'ai dis des choses blessantes et je suis désolé. »

Kate sourit légèrement et prit la main de Castle.

- « Et je suis désolée. Je n'ai pas été tendre non plus avec toi... »

Le silence retomba pendant quelques minutes, leurs deux regards fixés sur leurs mains enlacées qui s'emboitaient si bien.

- « Je crois que... » elle se châtia elle-même d'avoir la voix si étranglée et reprit « Je crois qu'il faudra qu'on parle Castle, de ce qui s'est passé pendant ce 'séjour' , de toi, de moi, de... nous. » Elle serra un peu plus sa main « Mais pas maintenant. Pas pendant cette mission. C'est trop... compliqué. »

- « Je comprends » dit-il sérieusement, puis quelques secondes plus tard il ajouta « Est-ce que je peux quand même t'embrasser de temps en temps? »

- « Castle! »

- « Pour la couverture! Nous sommes mariés après tout! »

- « Tu n'es pas croyable... »

- « Je prends ça pour un oui? »

Elle roula des yeux et détourna la tête, cachant le large sourire qui s'affichait sur son visage.

Quelques longues minutes plus tard, la voiture ralentit et s'arrêta quelques mètres plus loin, une des portes s'ouvrant automatiquement.

Castle se tourna vers Beckett.

- « Peut-être qu'on devrait juste courir et s'enfuir? »

- « Bonne idée tiens. » répondit-elle avec une large dose de sarcasme « Ce n'est pas comme si on allait être surveillés tout au long de cette mission... »

- « J'aurai essayé »

Castle quitta le véhicule et tendit une main à Beckett pour l'aider à sortir à son tour. Elle s'agrippa par la suite à son bras et ils se dirigèrent à l'intérieur de l'hôtel.

Beckett, habituée à ce genre de mission remarqua aussitôt les quelques hommes qui 'trainaient' dans les environs. Elle n'avait aucun doute sur leur identité mais n'en fit aucunement part à Castle.

Ils se dirigèrent vers la salle de réception où Beckett montra leur invitation à l'agent de sécurité.

Alors qu'ils étaient sur le point de rentrer, quelque chose retint son attention et elle se retourna. Puis, s'adressant à Castle :

- « Chéri, avant de rentrer j'aimerai me refaire une beauté. Tu veux bien m'accompagner? »

Elle adressa un sourire charmeur à l'agent et poussa son 'mari' en arrière.

Elle l'amena sans un mot vers un couloir et tira Castle avec elle dans les toilettes pour handicapés. Castle sourit alors qu'il refermait la porte.

- « Tu sais Kate si tu voulais... » il s'arrêta net dans sa phrase lorsqu'il vit Ryan et Esposito « Oh. Salut »

- « Yo. Alors cette lune de miel? Tranquille? Sympa la robe Beckett! » commenta-t-il en parcourant du regard le corps de sa supérieure.

Beckett plissa les yeux.

- « Les yeux, toujours en haut Esposito. Et si tu appelles se faire écraser sur un tatami, risquer la noyade et se faire tirer dessus 'tranquille' alors oui, tout baigne. »

- « Ah bah super. Belles vacances alors. Vous avez pensé à renouveler votre forfait pour l'an prochain j'espère? »

Beckett secoua la tête. Ces petites blagues faisaient parti de leur quotidien et elle les appréciait, mais là, ils étaient pressés.

- « Ne soyez pas jaloux, la prochaine fois, on vous invitera. » répondit Castle.

- « Ecoutez, vous deux, restez dans le coin, mais par pitié demandez aux renforts de se faire plus discrets ou disparaître, ils sont repérables à des kilomètres à la ronde! J'en ai déjà vu deux dehors et deux autres dans le hall... »

- « Désolé. On ne savait pas à quoi s'attendre, tu as été plutôt brève au téléphone. En parlant de ça... »

Très synchrone, Ryan sortit un portable de sa poche et le tendit à Beckett

- « La batterie est pleine cette fois »

Beckett le récupéra et le cacha dans son petit sac à main.

- « Bon, nous deux on va se rendre au gala. Cette semaine d'épreuves touche à sa fin et je pense avoir une idée sur l'identité de notre coupable. J'ai besoin que vous fassiez une recherche sur nos compères... Ryan? »

Celui-ci sortit son calepin et nota tous les noms d'assassins que Beckett énuméra.

- « Trouvez ce que vous pouvez sur eux, et surtout qui se spécialise dans l'empoisonnement... »

Elle s'apprêtait à repartir avec Castle lorsqu'Esposito la rappela.

- « Beckett? »

Elle se retourna et ils échangèrent un regard qu'ils connaissaient tous deux très bien.

- « Ca va aller » lui assura-t-elle avant de ressortir, relogeant son bras autour de celui de Castle.

Ils laissèrent derrière eux Ryan et Esposito à méditer sur la façon dont ce couple d'infortune se comportait. Esposito posa son poing sur son menton et caressa sa joue avec son index, perplexe.

- « Il y a quelque chose de changé... »

- « Ben ouais, eux ! Ils sont sur leur 31. » Répondit Ryan, surprit par la remarque de son co-équipier.

Esposito lui jeta un regard noir.

- « Je parlais pas de ça... »

- « Ça va je sais... » Il adopta la même position que son collègue « Une semaine de vacances, et les voilà transformés... » Il fixa son partenaire un long moment avant d'ajouter « On devrait peut-être en prendre aussi, pour l'an prochain, qu'est-ce que t'en dis, hein ! »

- « T'as finis, oui... Sinon je fais péter ma bombe lacrymo sur toi... »

De l'autre côté de la porte, le couple finit par entrer dans la grande salle de réception dorée du Plaza hôtel. Castle avait les yeux rivés sur le plafond, la bouche grande ouverte. Beckett, plus discrète n'en était pas moins ébahie.

Le majestueux lustre accroché au plafond en marbre blanc imposait son caractère de par sa splendeur et sa grandeur.

Castle parcourut du regard les somptueuses frises sculptées qui encadraient le plafond pour venir se courber et terminer leur course sur des dizaines de colonnes, toutes reliées par des arches.

L'ambiance 'or' de la salle était remarquablement présentée par des centaines de bougies éparpillées sur toutes les tables dressées pour accueillir les invités. Au fond de la pièce, une place avait été réservée pour permettre aux plus téméraires de pouvoir effectuer quelques pas de danse.

- « Ça, » Castle montra la salle d'un geste vague de la main « Ça vaut toutes les épreuves du monde! »

- « Wow Rick c'est... »

- « Majestueux. Est-ce que tu sais combien de fois j'ai rêvé de mettre les pieds dans cette salle? »

Un serveur passa à côté d'eux avec un plateau portant des flûtes de champagne et Castle se saisit de deux, en proposant une à Kate.

- « Champagne? »

- « Mais c'est une obsession chez toi? »

- « Nous sommes à un gala. Il faut se fondre dans la masse Kate... ce qui implique de boire du champagne. »

Beckett roula des yeux et se saisit de la flûte.

- « Bon, trouvons notre quinquagénaire grisonnant et finissons en »

Castle jeta un bref coup d'œil aux personnes autour d'eux.

- « Euh... Kate... Il n'y a que des quinquagénaires grisonnants ici... »

- « Cherche la montre et le phoenix d'or alors. »

- « Peut-être que l'on devrait se séparer... »

- « Oh non Rick! Tu ne me quittes pas une seule seconde, c'est clair? »

- « Et bien Kate tu ne peux déjà plus te passer de moi? »

Elle le fusilla amoureusement du regard en guise de réponse et le fit avancer dans la foule de riches new-yorkais prêts à ouvrir leurs carnets de chèques pour la bonne cause.

Beckett et Castle se mêlèrent à la foule, cherchant désespérément un homme portant une montre et un phœnix d'or, évitant certaines personnes que Castle reconnaissait de loin.

Ils croisèrent Bully, qui, avec sa carrure, était difficile à manquer et Salvation qui les ignora royalement, trop occupé à se débattre avec son costume... une tenue qu'il n'avait de toute évidence pas l'habitude de porter.

Le couple déambulait de groupes en groupes tranquillement lorsque Castle tira brusquement Beckett sur le côté et la plaqua contre le mur le plus proche.

- « Rick! Qu'est ce que tu fais? » s'écria doucement Beckett, surprise.

Castle, les deux mains sur les hanches de Kate s'approcha d'elle et porta sa bouche à son oreille. Elle frissonna contre son gré à cette proximité.

- « Le couple qui passe derrière nous. De graaaaands fans. Et pas discrets pour un sou. »

- « Oh » fut la seule réponse de Beckett tandis qu'elle enlaçait ses bras autour de la taille de Rick. Pour la couverture, se justifia-t-elle intérieurement.

Castle sourit lorsqu'il sentit la pression de ses mains dans le bas de son dos et profita de son emplacement pour déposer un baiser juste au dessous de l'oreille du lieutenant.

- « Castle... »

Ce qui devait être une mise en garde sévère sonna plus comme un semi gémissement.

Elle laissa son corps le temps d'apprécier les sensations qui l'envahissait. Mieux valait pour elle accepter cette évidence... Quand il s'agissait de Castle, elle n'avait pas beaucoup de contrôle. N'en avait pour ainsi dire quasiment jamais eu d'ailleurs.

Et ce qu'elle ressentait lorsqu'il la touchait, lorsque ses lèvres rentraient en contact avec sa peau, ou même simplement lorsqu'il était tout près d'elle était indescriptible et irrésistible. Elle avait besoin de lui en tout et pour tout.

Lorsque la mini vague de plaisir passa, elle se ressaisit et repoussa gentiment Castle.

- « Ils sont partis maintenant. »

Il déposa furtivement un autre baiser sur son cou et se retira, adressant un large sourire à sa partenaire. Il sourit de plus belle lorsqu'il vit les joues rouges de Kate et il lui fit clairement comprendre qu'il avait remarqué son état. Leur dialogue silencieux continua avec une pichenette de Beckett dans son épaule, un regard désapprobateur et un sourire qu'elle ne cacha même pas.

- « Allez Don Juan, on a un quinquagénaire à trouver »

Le couple continua ses recherches quelques minutes encore avant que Castle ne décide que cette mission était finalement ennuyeuse au possible.

- « Sérieusement, comment est-on censé trouver ce type? »

Beckett réfléchit un moment, observant la salle avec attention, à la recherche de quelqu'un ou quelque chose. Puis Castle vit un sourire satisfait s'afficher sur le visage de la belle.

- « Facile, il suffit de copier sur le voisin »

Castle suivit le regard du lieutenant qui se posa sur Val' en pleine discussion avec un homme, les cheveux grisonnants, d'environ un mètre quatre-vingt, une broche représentant un phœnix accrochée à la poche avant de sa veste.

Castle sourit à son tour.

- « Et bien lieutenant Beckett » murmura-t-il « Je ne vous aurais jamais cru du genre à tricher »

Le regard qu'elle lui adressa lui prouva que si, pourtant, c'était bel et bien son genre.

Longeant les murs pour éviter d'autres connaissances que Castle repérait de-ci, de-là, ils se faufilèrent jusqu'à l'homme qui vidait maintenant tranquillement une coupe de champagne.

Beckett jeta un rapide coup d'œil à son poignet droit et remarqua la montre en or. C'était bien leur homme.

- « David? » appela-t-elle en s'approchant, Castle sur les talons.

L'homme en question hocha la tête et tendit la main. Beckett en fit de même et il la porta à sa bouche sous le regard dégoûté du couple. L'homme tendit ensuite la main vers Castle et celui-ci, la lui donna à contrecœur, serrant un peu plus fort que nécessaire.

- « Ravi de vous avoir rencontré » salua l'homme en s'éloignant.

Beckett resta bouche bée et s'apprêtait à le suivre lorsqu'elle sentit le bras de Castle la retenir.

- « Laisse Kate » dit-il en lui montrant le contenu de sa main dans laquelle l'homme avait glissé la carte d'accès de la suite numéro 1205.

- « Allons-y » répondit-elle simplement.

Le couple commença à se diriger vers la sortie lorsqu'une voix les appela.

- « Rick? »

Castle et Beckett se retournèrent aussitôt. Quand Castle vit l'homme qui venait de l'appeler il lança un regard paniqué à Beckett.

- « Rick Castle? Tu passes la soirée ici et tu ne dis même pas bonsoir à ton vieil ami? »

Castle toujours tétanisé ne bougea pas et ce fut Beckett qui lui prit le bras et l'avança, tendant la main à l'homme qui les avait interpellé.

- « Monsieur le Maire... » Salua-t-elle

- « Lieutenant Beckett, c'est un plaisir de vous revoir. Vous êtes toute en beauté ce soir » répondit-il en lui baisant la main à son tour.

Kate se rapprocha du maire et baissa le ton de sa voix

- « Monsieur le Maire... »

- « Appelez-moi Bob. »

- « Et appelez moi Kate. Voyez-vous Monsieur... Bob, Castle et moi sommes ici sous couverture... Je ne peux pas vous donner de détails mais nous devons rester discrets. »

- « Oh bien sûr, bien sûr » répondit-il avec un clin d'œil avant de se tourner vers Castle « Rick, j'espère que tu me raconteras tout ça au golf le week-end prochain? »

Rick se contenta d'hocher la tête sous le regard exaspéré de Beckett et amusé du maire. Lorsque celui-ci fut parti, Kate tira Castle vers la sortie.

- « Qu'est ce qui t'as prit? »

- « Je... J'ai bloqué. J'ai eu peur qu'on soit grillés. »

- « Et? Règle numéro un de la mission sous couverture. Improviser. Il peut se passer tout et n'importe quoi, il ne faut jamais te laisser dépasser par les évènements. Toujours garder le contrôle. »

Une règle qu'elle appliquait de toute évidence aussi à sa vie.

- « Reçu cinq sur cinq chef. »

Ils échangèrent un sourire et quittèrent le grand hall, se dirigeant vers les ascenseurs. Kate repéra Ryan qui tentait de se fondre dans le décor et lui fit un discret signe de la tête de les suivre.

Les trois compères se retrouvèrent dans l'ascenseur.

- « Quel étage? » demanda Ryan en rentrant le dernier

- « Douzième, merci »

Les portes se refermèrent et Ryan pressa le 12 et le 13.

- « Belle soirée? » demanda-t-il toujours nonchalamment au couple.

- « Très. La salle de réception est magnifique... Et ce phoenix doré... quel splendeur!» Beckett se tourna vers Castle « Tu as notre clé au fait...chéri? »

Castle, qui se gardait bien d'intervenir, incertain sur la marche à suivre ne répondit pas aussitôt.

- « Rick? Chéri... La clé de la chambre » recommença Beckett et lui prenant le bras sous le regard amusé de Ryan « Pardonnez mon mari il est un peu... distrait » châtia-t-elle en arrachant la carte de ses mains.

- « On le comprend... »

Elle adressa un regard sévère à Ryan lui indiquant silencieusement d'arrêter de se moquer s'il tenait à la vie plus tard et inclina discrètement le passe de façon à ce qu'il puisse en lire le numéro.

Le ding de l'ascenseur retentit alors, indiquant leur arrivée au 12e étage.

- « Passez une bien belle soirée » salua Ryan en grande pompe.

- « De même » répondit Beckett en tirant son 'mari' hors de l'ascenseur.

- « Il s'est passé quoi là? » demanda Castle une fois qu'ils étaient dans le couloir, en se dirigeant vers leur 'chambre'.

- « Là, Ryan sait maintenant qui nous avons rencontré et qui ils devront donc interroger en fin de soirée, il sait aussi où nous nous dirigeons pour toujours garder un œil sur nous et surtout surveiller la chambre après notre départ et la fouiller quand tout sera fini »

Ils arrivèrent devant la porte. Avant de tester leur carte d'accès sur le verrou, Beckett glissa une main sous la fente de sa robe, sous la regard soudainement très attentif de Castle et récupéra un de ses couteaux... Au cas où...

Elle ordonna à Castle de rester derrière elle et ouvrit la porte.

La chambre était plongée dans le noir et lorsque Castle voulut allumer les lumières, elle l'arrêta.

Ils s'avancèrent dans la pièce, éclairée par les lumières de la ville qui filtraient par les fenêtres. En passant devant la porte de la salle de bain, Beckett s'arrêta et l'ouvrit discrètement, s'assurant que personne ne s'y cachait. Ils avancèrent jusqu'au lit et lorsqu'elle fut satisfaite qu'ils étaient bien seuls, Beckett autorisa Castle à rallumer les lumières.

Sur le lit, ils trouvèrent une grande enveloppe.

Beckett s'en saisit et l'ouvrit.

- « Qu'est ce que c'est ? » demanda Castle en s'approchant.

- « Notre cible sans doute. »

Beckett découvrit la photo de leur cible quelques secondes avant que Castle ne la voit par-dessus son épaule.

- « Quoi ? On doit tuer le maire ? Mais ça va pas ! Il faut le… »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Beckett s'était retournée et collait ses lèvres aux siennes. Elle s'y attarda quelques secondes de plus que nécessaire, ne se lassant décidément pas de cette sensation qui l'envahissait à chaque fois. Puis elle se décolla légèrement et dévia sa bouche vers l'oreille de l'écrivain.

- « Nous sommes sans doute surveillés ici aussi » murmura-t-elle

- « Et moi qui croyait que tu avais juste envie de moi » souffla-t-il dans son oreille à elle chaudement, le maire oublié l'espace d'un instant.

- « Ça, ce sera plus tard »

Les mots sortirent de sa bouche avant qu'elle n'ait pu les retenir et elle se mordit la lèvre, s'éloignant aussitôt de Castle, espérant que par quelque miracle il ne l'ait pas entendue… Son expression ébahie lui indiqua le contraire.

Elle chercha à se recomposer, la chaleur qui montait à ses joues et le regard de Castle rendant la tâche difficile.

- « Je, hmmm…. Donc…Oui, le… Le maire… Bien »

- « Ca va Kate ? » demanda Castle amusé.

Elle leva les yeux vers lui puis se ravisa.

- « Très bien. Bon. On a notre cible. Partons d'ici. »

Beckett remit la photo dans l'enveloppe et la laissa sur le lit avant de quitter la chambre, suivie de Castle qui avait retrouvé son sérieux.

Dans le couloir, un endroit que Kate avait apparemment jugé suffisamment sûr pour parler librement, il exprima son inquiétude.

- « Kate ? Qu'est ce qu'on va faire pour le maire ? Il faut le prévenir. »

- « On ne peut rien faire pour lui maintenant Castle. »

- « Mais… »

Ils arrivèrent à l'ascenseur et Beckett se tourna vers l'écrivain.

- « Ne t'inquiète pas, d'accord ? Il ne se passera rien ce soir. Le but de la soirée n'était que de découvrir notre cible. »

- « Oui mais… »

- « Et j'ai la ferme intention de prévenir Ryan et Esposito pour qu'ils fassent le nécessaire pour assurer la protection du maire jusqu'à ce que cette affaire soit terminée. »

L'ascenseur arriva et ils y pénétrèrent, descendant jusqu'au rez-de-chaussée en silence. A nouveau dans le hall, Beckett les emmena à nouveau vers les toilettes. Avant d'entrer dans celles réservées aux filles, elle se tourna vers son partenaire.

- « Tu restes ici. Tu ne bouges pas. Je vais envoyer un petit message à nos amis… » Elle commença à pousser la porte et se retourna « Ne bouge pas de là ! » Rappela-t-elle.

« Pourquoi elle me dit toujours de ne pas bouger ? » se demanda-t-il en rentrant lui-même dans les toilettes des hommes. Cherchant de quoi s'occuper, il s'approcha de l'immense glace surplombant quelques lavabos de couleur or. Il tapota dessus plusieurs fois, perplexe. Il pensa d'abord qu'il s'agissait de toc, puis s'injuria intérieurement d'avoir osé penser que le Plaza…LE Plaza pouvait posséder quelque chose en toc. Il regarda autour de lui et se baissa jusqu'au niveau du sol pour vérifier qu'il était bien le seul dans les toilettes. Il se redressa rapidement en entendant la porte s'ouvrir, pensant que c'était Beckett qui venait le chercher.

- « Enfin ! »

Mais son sourire disparut quand il s'aperçut que ce n'était pas 'sa femme' qui venait d'entrer, mais l'une des personnes qu'il avait cherché à éviter toute la soirée : un fan plein aux as... Il fit mine d'être surprit et s'approcha de l'homme avec un large sourire aussi sincère que possible.

- « Hey, ça faisait longtemps Victor » salua-t-il en lui serrant la main.

- « Richard Castle ! » répondit l'autre, criant presque ce nom qu'il fallait à tout prix éviter de prononcer « J'ai bien cru que tu m'évitais, dis donc ? » châtia-t-il en brandissant fièrement sa coupe de champagne tel un champion pourrait brandir son trophée.

- « Moi ? T'éviter ? Je n'oserais jamais, voyons... »

- « Alors qu'est-ce que tu fais par ici ? »

- « Et bien, ce qu'on fait généralement aux toilettes… » lui répondit-il espérant pouvoir éviter le plus rapidement possible cette conversation.

L'homme lui tapota l'épaule tout en rigolant.

- « Ah ah ! Toujours aussi drôle, Ricky. »

Castle lui rendit un sourire crispé, fusillant cette main étrangère du regard.

- « Oui, j'essaie. »

- « Bon alors faut qu'on discute tout les deux... Je fais ce que j'ai à faire, et je te lâche plus d'une semelle ! »

L'écrivain fit un rapide balayage de la pièce en cherchant un moyen de se débarrasser de ce pot de colle avant qu'il ne vienne compromettre leur 'mission'.

« Règle numéro un, improviser... » Se répéta-t-il mentalement, se rappelant les paroles de Beckett. Ses yeux se portèrent alors sur le mouchoir qui ornait parfaitement bien le costume de son invité surprise.

« Improvisons... »

Il laissa Victor lui poser une main amicale sur son épaule et le laissa le diriger vers les lavabos, comme s'ils étaient des amis d'enfance. Castle détourna légèrement son regard vers une porte ouverte puis il lui demanda :

- « Tu peux me donner ta cravate ? »

« Un fan riche, reste un fan... » se répéta-t-il.

- « Tu veux me la dédicacer ? »

- « Hmm, toi. », il le pointa du doigt l'agitant devant lui « Tu lis dans mes pensées. »

L'homme retira hâtivement sa cravate et la tendit à Castle qui fit mine de chercher un crayon dans ses poches.

Pendant ce temps, Victor posa sa coupe de champagne près d'un lavabo et laissa ses mains sur ce dernier. Castle en profita pour se saisir de ses bras et les mettre dans son dos puis il lui attacha les poignets en faisant plusieurs nœuds avec la cravate. Son 'ami' tenta de protester dans un langage, certainement connu dans un bar, mais ses plaintes n'eurent aucun effet sur l'écrivain qui s'appliquait à sa tâche, bien heureux d'avoir affaire à un homme complètement bourré en face de lui. Il traîna ensuite sa 'victime' un peu plus loin, ferma la cuvette des toilettes et l'installa dessus. Il lui tapota la joue puis il chuchota fièrement :

- « Je t'envoie quelqu'un de détacher, il t'expliquera tout. »

Castle commençait s'éloigner quand il fit rapidement demi-tour...Il avait oublié de bâillonner son homme ! Il retourna auprès de lui et se saisit de son mouchoir mais alors qu'il allait le bâillonner, il eut la surprise de voir qu'il s'était endormi. Surprit il le fixa un instant, fronça un sourcil. Avec son index, il effectua une légère pression sur son front qui eut pour seul effet de repousser sa tête en arrière. Cette dernière retourna rapidement dans sa position initiale.

- « J'en reviens pas ! Il cuve. »

Il s'approcha un peu plus de sa tête, vérifiant qu'il n'était pas en train de faire semblant. Mais les petits ronflements qu'il entendit venait de lui confirmer le contraire.

- « Va falloir penser à arrêter le champagne, mon vieux... T'as pas dû y aller de main morte. »

Il soupira face à ce piteux spectacle.

- « Se bourrer au Plaza... Rien que pour ça, on devrait te vider ton compte en banque... »

Il ferma l'air de rien la porte des toilettes et, tout en s'éloignant, se félicita intérieurement de sa petit improvisation.

Beckett ressortit quelques secondes après lui, ayant prévenu ses partenaires du danger qui planait sur le maire.

- « Tout va bien Castle ? »

- « Super. On y va ? »

Elle fronça un sourcil, le trouvant quelque peu étrange mais ne comprenant pas pourquoi. Finalement elle abandonna, accepta le bras qu'il lui tendait et ensemble ils se dirigèrent vers la sortie de l'hôtel.

- « Besoin d'un taxi monsieur ? » demanda le garçon à l'entrée.

- « Oh je crois bien que… » alors même qu'il commençait sa phrase, la voiture qu'ils avaient imaginée les attendre se gara devant l'hôtel « Voilà notre voiture. Merci. »

Castle laissa Kate s'installer la première. Avant de rentrer à son tour dans la limousine, il se tourna vers l'hôtel et afficha un large sourire.

- « Je suis entré au Plaza » se félicita-t-il lui-même.

La limousine s'engagea dans les rues de New-York.

Quelques secondes plus tard une autre voiture sortit de son emplacement de parking et les suivit à distance.

Quelques instants plus tard dans la voiture Castle se tourna vers Beckett.

- « Au fait, je pourrais avoir le portable une minute ? » demanda-t-il avec un large sourire éclatant et parfaitement innocent.


Lorsqu'ils furent dans la chambre, Beckett se dirigea aussitôt vers la salle de bain. Elle ne prit pas la peine de fermer la porte, s'activant à enlever ses divers bijoux empruntés. Elle défit son chignon, récupérant sa fleur de lilas au passage et la fit tournoyer entre ses doigts, un sourire aux lèvres. Elle la déposa délicatement sur le bord de l'évier et s'attela à défaire ses boucles d'oreilles. Cependant, elle s'arrêta dans son mouvement lorsqu'elle sentit le regard de Castle peser sur elle.

Il se tenait sur le pas de la porte, appuyé contre elle, un sourire aux lèvres. Elle se sentit rosir.

- « Quoi ? » demanda-t-elle, gênée.

- « Je pensais ce que j'ai dis tout à l'heure… Tu es vraiment magnifique. »

Là, elle rougit carrément à ces mots.

Il se décolla de la porte et s'avança dans la salle de bain alors qu'elle s'apprêtait à enlever son collier.

- « Laisse-moi… »

Il posa ses mains sur les siennes, qu'elle fit aussitôt retomber le long de son corps. Il détacha le collier et le déposa sur le petit meuble à côté de l'évier. Il resta derrière elle, son corps à quelques centimètres du sien. Il l'observait dans le miroir. Elle avait la bouche légèrement ouverte et ne le lâchait pas du regard. Ses joues étaient légèrement rosies et son maquillage faisait ressortir ses perles de jade.

- « Magnifique… » Répéta-t-il en un souffle qu'elle sentit dans son cou.

Il posa un doigt sur son épaule droite et le fit glisser le long de son dos dénudé, ne décrochant pas son regard de son visage. Il la vit fermer les yeux et se mordre la lèvre inférieure à son toucher, ce qui le fit sourire.

Il repoussa ses cheveux dénoués et écarta le bout de tissu qui recouvrait partiellement son épaule avant de coller ses lèvres sur la peau nouvellement exposée. Il fit glisser sa main le long de son bras nu jusqu'à entrelacer ses doigts avec ceux de Kate qui les serra aussitôt.

Encouragé par cette réaction, Castle laissa sa langue goûter à l'épaule du lieutenant, ce délectant de ce contact dont il avait tant rêvé.

- « Cas... »

Ce qui aurait sans doute dû être une protestation mourut sur les lèvres de Kate lorsque l'écrivain mordilla légèrement sa peau. Elle resserra son étreinte autour de ses doigts et porta leurs deux mains jointes sur son abdomen.

Profitant d'avoir un bras autour du corps de Kate, il la tira contre lui, collant leur corps au possible.

- « Kate » l'entendit-elle l'appeler « Kate, ouvre les yeux » lui murmurait-il.

Elle obéit, ouvrant les yeux et découvrant dans le miroir l'image de leur deux corps collés et du visage de Castle si près du sien. Il fixait son reflet, son regard noircit par un désir évident. Cette simple image qu'ils reflétaient tout deux déclencha une vague de plaisir qui se répandit le long de son corps.

- « Kate, j'ai envie de toi » murmura-t-il sans la lâcher du regard, et elle se sentit frémir à ses mots « mais je ne veux te forcer à rien » continua-t-il en serrant la main qu'il tenait « Je veux te toucher, te caresser, t'embrasser… » ajouta-t-il en déposant de tendre baisers dans son cou « mais un mot de ta part » un autre baiser « un seul » et un autre « et je m'arrête » finit-il en éloignant légèrement son visage, capturant à nouveau son regard dans le miroir.

Elle resta silencieuse un moment, abasourdie par ce qu'elle venait d'entendre.

Il ne lui fallut cependant que quelques secondes pour prendre sa décision. Son cerveau de lieutenant lui criait de mettre fin à cette histoire mais l'esprit, le cœur et le corps de Kate reprirent très vite le dessus et en guise de réponse, elle se retourna et colla ses lèvres à celles de Castle.

- « Ne me laisse pas te repousser » murmura-t-elle contre ses lèvres « J'ai besoin de toi »

Il sourit et enroula ses bras autour de sa taille, la prenant aux mots, et captura à nouveau sa bouche. Il laissa sa langue filer le long de ses lèvres et elle les écarta. Leurs langues se retrouvèrent dans un ballet qu'elles avaient appris quelques nuits auparavant.

Kate passa ses mains dans les cheveux de Castle et colla d'avantage son corps contre le sien.

Elle avait tellement besoin de lui. Besoin du confort de ses bras, de la douceur de ses baisers, de l'assurance de ses regards. Elle laissa son corps s'abandonner à ses caresses. Ils auraient largement le temps de parler, de réfléchir, de se poser des questions… mais plus tard… Ce soir, elle voulait oublier le reste du monde et se perdre dans l'étreinte de l'écrivain.

Lorsqu'ils se séparèrent pour remplir leurs poumons d'air, Kate prit une des mains de Castle dans son dos et se dirigea vers la porte, l'emmenant avec lui.

Il se laissa guider sur quelques pas seulement, mais dès qu'ils furent sortis de la salle de bain, il appliqua une légère pression sur le bras qui le tirait et retint Kate en arrière, collant à nouveau son dos contre son torse.

- « Je ne peux pas me passer de toi » murmura-t-il dans le creux de son oreille en guise d'explication tandis qu'il l'enlaçait par la taille.

- « Hmmm » fut la seule réponse de Kate alors qu'elle passait une main derrière la tête de Castle, glissant ses doigts dans ses cheveux.

Une de ses mains glissa le long de ses hanches et de sa jambe droite aussi bas qu'il pouvait atteindre. Beckett pencha la tête en arrière l'appuyant sur l'épaule de l'homme qui se tenait derrière elle, collé à elle ; l'homme qui la réchauffait et la faisait fondre de plaisir. La main de Castle glissa alors dans la fente du tissu de sa robe, la faisant remonter, caressant à nouveau sa cuisse comme il l'avait fait quelques heures auparavant.

Beckett sentit ses jambes trembler, son cœur s'emballer et sa respiration s'accélérer. La main de Castle remontait atrocement lentement et dangereusement le long de sa cuisse. Elle voulait l'arrêter, ralentir les choses, profiter… mais son corps refusait de bouger, les mots refusaient de sortir. Elle était à sa merci.

Mais il s'arrêta à mi-chemin, trouvant l'objet de ses explorations : l'étui à couteaux.

Lorsqu'elle sentit ses doigts dégrafer la pochette, elle rouvrit les yeux et baissa la tête, l'observant en train de la désarmer, littéralement.

Quand il l'eut débarrassée de ses armes, elle se retourna dans ses bras et, passant ses mains derrière sa nuque, captura à nouveau ses lèvres dans un fougueux baiser.

La flamme qui l'avait consumé à petits feux jusqu'à présent s'était transformée en un feu ardent, qui se propageait, détruisant toutes ses inhibitions sur son passage.

Ses mains glissèrent le long des épaules de l'écrivain, et eurent vite fait de lui retirer sa veste qui atterrit sur un coin du lit. Elle s'attela par la suite aux boutons de sa chemise. Castle la regardait faire, ses mains parcourant sans relâche son dos dénudé.

Elle eût bien vite défait tous les boutons de sa chemise et la repoussait de ses épaules, la laissant tomber par terre.

Ses yeux parcoururent le torse de l'écrivain, effleurant sa peau d'une main, contournant les divers bleus, vestiges de leur semaine, qui parsemaient son corps.

- « Est-ce que tu as mal ? » demanda-t-elle doucement en s'arrêtant sur le bleu provoqué par le duel.

- « Non Kate, je vais bien. »

En vérité, oui, il avait encore quelques douleurs et cette nuit risquait de les aggraver, mais il était prêt à supporter milles souffrances pour être avec elle.

Il déposa de doux baisers sur ses lèvres avant de dévier le long de sa mâchoire et sur son cou. Une de ses mains vint faire glisser l'autre bretelle de son épaule et il commença à faire descendre le tissu.

- « Castle, je… »

Il s'arrêta et se recula pour pouvoir la regarder dans les yeux. Il la vit rougir, son regard baissé. Il crut comprendre sa gêne. Elle ne portait presque rien sous cette robe, il le savait… Il avait pu le remarquer… Un simple geste de sa part et le tissu tombait à ses pieds, la dévoilant presque complètement à lui.

Comprenant sa requête silencieuse, il opta pour une nouvelle approche, enlaçant ses bras autour de son corps et la serrant contre elle.

La chaleur de son torse et le rythme des battements de son cœur la rassurèrent. Comme à son habitude, il avait lu en elle, il l'avait comprise.

Elle passa ses mains dans son dos à son tour et le serra d'avantage.

- « Kate, tu as le contrôle » murmura-t-il dans ses cheveux.

Ses mots, si simples en apparence voulaient tout dire pour elle. Il la connaissait, la comprenait. Il savait ce dont elle avait besoin, il savait comment la rassurer. Et elle l'aimait pour ça.

Profitant de sa position, elle déposa quelques baisers sur son torse, laissant sa bouche explorer à loisir cette peau qu'elle découvrait. Sa langue et ses dents se joignirent très vite à cette exploration et goutèrent, mordillèrent, embrassèrent son cou et ses épaules à volonté.

Ses mains ne restèrent pas inactives non plus, s'attelant aux boutons de son pantalon qu'elle fit glisser le long de ses jambes. Castle profita de l'occasion d'enlever son pantalon et ses chaussures pour les faire avancer, sans se décrocher l'un de l'autre vers le lit, laissant ses vêtements sur le sol derrière lui.

Lorsqu'elle sentit le lit derrière ses jambes, elle inversa aussitôt leurs positions et força gentiment Castle à s'allonger, ce qu'il fit sans broncher.

Elle se déchaussa et, remontant sa robe jusqu'aux genoux, le rejoignit sur le lit.

Elle effleura sa jambe du bout des doigts, traçant ses muscles, remontant tout doucement. Son geste soutira un grognement de plaisir à Castle qui l'observait avec attention tandis qu'elle remontait le long de son corps.

La simple vision de Kate, au dessus de lui, les yeux noircis de désir, ses mains caressant son corps était suffisante pour nourrir ses fantasmes jusqu'à la fin des temps.

Kate déposa des baisers sur l'abdomen de l'écrivain, sa main remontant toujours le long de sa jambe, glissant sur l'intérieur de sa cuisse. Castle grogna à nouveau et passa une main dans les cheveux de Kate tandis que sa bouche continuait de remonter le long de son corps, traçant un chemin enflammé jusqu'à son torse. Sa main effleura son entre-jambe, décuplant le plaisir déjà évident chez l'écrivain, avant de suivre le tracé établit par ses lèvres auparavant.

Finalement sa bouche retrouva celle de Castle qui la captura sans avertissement, transmettant toute sa passion, son désir, sa frustration grandissante dans ce baiser enflammé.

Il laissa la main qui agrippait ses cheveux glisser le long de son visage, de son cou, son épaule avant de s'arrêter sur sa poitrine. Il entendit le gémissement de Kate, étouffé dans leur baiser, lorsqu'il commença à caresser son sein.

Son autre main remonta d'avantage le tissu recouvrant son corps et se glissa en dessous, retrouvant cette cuisse qu'il semblait tant aimer.

- « Kate… » supplia-t-il lorsque leurs lèvres se séparèrent brièvement.

Elle l'embrassa à nouveau, mordillant la lèvre inférieure de l'écrivain avant de plonger son regard dans le sien, ramenant une de ses mains sur sa joue.

- « Merci Rick. D'être là. Avec moi. »

Il sourit, oubliant l'espace d'un instant ce désir qui le consumait et embuait ses idées. Il savait que ce 'merci' allait au-delà du moment présent. Il savait ce qu'il signifiait pour elle, ce qu'elle voulait lui faire comprendre sans trop y parvenir autrement.

- « Toujours Kate » lui promit-il en réclamant à nouveau sa bouche dans un doux baiser, tendre et prometteur.

Kate s'écarta alors et descendit du lit. Avant que son cerveau ne puisse protester, elle repoussa complètement le tissu qui la protégeait jusqu'à alors. La robe tomba rapidement à ses pieds, la laissant presque dénudée, au pied du lit.

Castle se releva aussitôt, subjugué par la vision du corps de la jeune femme et lui tendit une main.

- « Viens là »

Elle se rallongea sur le lit et à peine fut-elle au dessus de lui qu'il les retourna, l'allongeant sur le dos.

Il traça le contour de son visage d'un doigt et le posa sur ses lèvres, qu'elle entrouvrit légèrement, capturant son index dans sa bouche. Il l'observa torturer son doigt – et par la même occasion le reste de son corps – fasciné par cette femme qu'il découvrait sous un jour nouveau, et qu'il aimait encore plus chaque seconde.

Elle sentait son désir presser contre elle et avait envie et besoin de lui. Elle libéra donc son doigt qu'il fit trainer le long de sa mâchoire et de sa clavicule jusqu'à sa poitrine. Elle se cabra à son toucher et très vite sa bouche rejoignit sa main, offrant à chacun de ses seins l'attention de ses doigts, ses lèvres et sa langue.

Les hanches de Kate commencèrent à bouger contre l'écrivain de leur propre accord, tandis que ses propres mains s'enfonçaient dans les épaules de Castle.

Lorsqu'il fut satisfait de ses découvertes sur sa poitrine, il continua son chemin de baisers jusqu'à son abdomen et elle passa ses mains dans ses cheveux, l'accompagnant dans sa quête.

Quand elle ne sentit plus la chaleur de sa bouche contre sa peau, elle baissa la tête pour le regarder. Lui-même la regardait, un sourcil légèrement arqué. Elle ne comprit son étonnement que lorsque son doigt se posa sur le côté droit de son abdomen, juste au dessus de sa culotte, là où dépassait des traits d'encre noir.

Elle se mordit la lèvre et il enroula un doigt autour du tissu pour le rabaisser légèrement, découvrant alors à la jonction entre son abdomen et sa jambe le tatouage d'un phœnix en plein vol.

- « C'était il y a longtemps » se justifia-t-elle soudainement gênée.

- « Il est superbe » souffla-t-il contre sa peau avant de coller ses lèvres sur le haut des ailes de l'animal « Tu es superbe »

Avec sa langue, il traça les contours du phœnix, et Kate haussa aussitôt les hanches, s'agrippant aux draps comme soutient.

- « Rick… » Appela-t-elle en cabrant son corps

Il sourit et remonta jusqu'à son visage.

- « Oui Kate ? » répondit-il, effleurant à peine ses lèvres.

- « Je… »

Il fit glisser sa langue le long de ses lèvres.

- « 'Tu' quoi Kate ? Dis-moi. »

Il savait très bien ce qu'elle voulait. Il le voulait aussi, urgemment. Mais il voulait l'entendre. Il voulait être sûr. Il voulait qu'elle soit sûre.

Il glissa une main sur l'intérieur de sa cuisse et elle releva sa jambe, collant son bassin contre le sien.

- « J'ai besoin de toi » répondit-elle enfin, ses yeux fermement ancrés dans ceux de Castle.

Il n'en fallut pas plus pour qu'il les débarrasse tout deux des derniers vêtements qui les séparaient encore. Il prit quelques secondes pour récupérer son portefeuille dans la veste qui reposait de façon précaire sur un angle de lit et en sortir une protection.

Il se rallongea alors de tout son long au dessus de la femme qu'il aimait et qui l'attendait.

Il caressa sa joue tendrement, déposant un long baiser sur ses lèvres qu'il ne se lassait pas d'embrasser.

- « J'ai besoin de toi aussi » lui murmura-t-il.

Ils avaient besoin l'un de l'autre.

Ils se complétaient.

Leurs corps et leurs esprits étaient faits l'un pour l'autre.

Ils ne faisaient plus qu'un. Un seul corps, un seul esprit, un seul amour.

Un amour qu'ils exprimèrent avec leurs corps, à défaut de mots, une bonne partie de la nuit.