Salut,

Voici le chapitre 13 (j'espère que vous n'êtes pas superstitieux... :P). C'est l'un des chapitres qui m'a pris le plus de temps à ''redresser''. J'espère que tous les professeurs seront à la hauteur de vos attentes...

Merci à Violanite pour avoir mis ma fic dans ses favoris et merci à vous tous qui me suivez toujours et vos reviews me motivent toujours !

(Poudlard et ses professeurs appartiennent à J.K. Rowling)

Bonne lecture !

(Merci à Persis :)

Chapitre 13
Tempête à l'infirmerie

Trop effrayée pour oser s'aventurer dans la pénombre du couloir, Matilde avait décidé de rester assise contre le mur et d'attendre patiemment que l'escalier revienne la chercher. Mais, après une demi-heure passée, l'escalier n'avait toujours pas bougé depuis son dernier déplacement, et Matilde finit par se demander avec colère s'il n'avait tout simplement pas fait exprès de la coincer ici, dans ce couloir.

C'était ridicule ! Comment un escalier pouvait-il agir de la sorte ? Elle perdait tellement de temps à rester assise là, comme une imbécile, alors que Dumbledore se trouvait dans un état critique. Elle n'avait aucune idée si le sorcier miteux avait bel et bien alerté l'infirmière, mais avec un peu de logique, pensa-t-elle, il n'aurait pas pu faire autrement, non ?

Soudain, des élèves surgirent en grand nombre de partout pour s'engouffrer dans les escaliers pivotants de l'enceinte. Sans doute qu'ils retournaient à leur salle commune après leur premier cours terminé. Matilde s'empressa de se relever, pour ne pas paraître trop insolite, puis elle vit que quelques élèves utilisaient leur baguette pour faire pivoter certains escaliers. Elle se sentit alors très stupide de ne pas y avoir pensé avant. Il ne lui aurait fallu que d'un sortilège d'attraction pour attirer l'escalier vers elle. Se maudissant amèrement, elle tendit la main vers l'escalier qu'elle convoitait depuis trop longtemps, et d'un geste furieux, le fit glisser aisément dans sa direction. Lorsqu'elle mit le pied sur la première marche et qu'elle envoya pivoter l'escalier dans l'autre sens d'un second mouvement du bras, des exclamations impressionnées résonnèrent dans l'enceinte et Matilde vit une centaine de doigts la pointer.

— Vous avez vu ? La Parguenaise a jeté un sort d'attraction sans baguette !

— Waouh!

— Elle doit avoir des pouvoirs très puissants pour réussir une telle chose !

Gênée, Matilde s'engouffra rapidement dans le couloir désert menant au bureau de Dumbledore — tout en se rendant compte qu'il ne devait certainement plus y être à cette heure-ci, du moins, elle l'espérait — et bifurqua aussitôt dans un corridor à sa droite, où de nombreux tableaux étaient suspendus le long des murs.

— Tiens donc, dit un homme au long nez dans un portrait le représentant au côté d'une table remplie de victuailles, n'est-ce pas la Parguenaise dont tout le monde parle ?

— Fichez-moi la paix ! répliqua sèchement Matilde en accélérant le pas.

Tout ce manège commençait à l'irriter considérablement. Elle n'aimait pas du tout que tout le monde la dévisage en la pointant du doigt, comme un phénomène de foire. Qu'est-ce qu'il y avait de si impressionnant dans le fait qu'elle était une Parguenaise ? Elle était humaine, après tout, et on lui devait un minimum de respect ! C'était énervant à la fin !

Elle tourna un angle de mur et s'arrêta soudain, pétrifiée. Un fantôme portant un pourpoint et un chapeau à plume glissait tranquillement dans sa direction.

— Bonjour, dit-il d'un ton courtois lorsqu'il fut à sa hauteur.

Il s'inclina dans un salut en levant son chapeau à plume, puis sa tête tituba horriblement sur la fraise qu'il portait au cou. Il se redressa ensuite et afficha un sourire aimable.

— Je suis heureux de vous rencontrer enfin, gente demoiselle. Je me présente, Sir Nicolas de Mimsy-Porpington, et je suis le fantôme de Gryffondor. Vous pouvez me surnommer Nick, ajouta-t-il d'un ton joyeux, c'est apparemment plus facile à retenir…

Matilde resta muette, fixant le fantôme d'un air pantois.

— Hum… fit Nick en se caressant le menton. Je constate que je suis le premier fantôme que vous rencontrez dans votre vie. Heureusement que vous n'êtes pas tombée sur le Baron Sanglant en premier…

Voyant que Matilde gardait toujours le silence, il poursuivit :

— Soyez sans crainte, je ne suis pas méchant. Mon seul crime est d'avoir fait pousser un jour des défenses à Lady Gieve, railla-t-il. Mais bien sûr, c'était un accident…

Il marqua une pause et sembla espérer que Matilde s'anime enfin. Mais la vue d'un fantôme qui bougeait et qui lui parlait d'une façon si naturelle la dépassait tellement qu'elle n'arrivait pas à saisir toute l'ampleur de cette réalité absurde.

— Vous allez vous y habituer, assura Nick lorsqu'il vit que Matilde gardait toujours des yeux écarquillés. Il y a plusieurs fantômes à Poudlard, vous savez. Au moins une vingtaine ! Il y a Helena, surnommée La Dame Grise — fantôme de Serdaigle —, Le Moine Gras — fantôme de Poufsouffle —, Edgar Clogg — celui là rôde autour du stade de Quidditch et on dit qu'il était très bon joueur de son vivant —, Mimi Geignarde…

— Ils sont tous inoffensifs ? demanda abruptement Matilde.

— Tous ! certifia Nick, content qu'elle eut recouvré la voix.

— Le Baron Sanglant… aussi… ?

— Le Baron Sanglant est assez particulier, je dois dire, répondit Nick sur un ton grave. Il aime bien terroriser tous ceux qui s'aventurent seuls dans les cachots de Poudlard. Mais soyez sans crainte, dit-il précipitamment, dès que Matilde afficha une expression d'horreur, il ne peut vous faire aucun mal. Il est comme moi : limpide et sans consistance. Il ne ferait que passer au travers de vous.

Matilde ne put s'empêcher d'imaginer à quel point cela lui glacerait le sang si un fantôme advenait à la terroriser par surprise pour ensuite lui passer au travers le corps. Déjà que la présence du fantôme de Nick la mettait mal à l'aise, qu'est-ce que ce serait en présence du Baron Sanglant ?

Elle respira profondément, le temps de retrouver son flegme, puis, lentement, elle se mit à contourner largement le fantôme en dépit de l'étroitesse du corridor.

— Je… je crois que je vais continuer mon chemin…, bredouilla-t-elle.

Nick la regarda en fronçant ses sourcils limpides.

— Pardonnez mon indiscrétion, mais où donc allez-vous comme ça ?

Matilde ouvrit la bouche pour répondre mais la referma. En fait, elle n'en avait elle-même aucune idée.

Nick lui sourit.

— Le professeur McGonagall m'a avisé que vous seriez un peu perdue dans tous ces couloirs déroutants, dit-il. Si vous me le permettez, je peux très bien vous servir de guide.

Matilde n'était guère séduite à l'idée de devoir suivre un fantôme dans la pénombre des couloirs. Même si elle était parfaitement consciente qu'il ne pouvait pas lui faire de mal — d'ailleurs, avec son air sympathique, il était bien inconcevable qu'il tente de l'attaquer —, elle aimait tout simplement se méfier de tous ceux qui lui semblaient étranges, anormaux et surtout inquiétants.

— Heu… Non… Je crois que ça va aller, dit-elle enfin, timidement.

— Vous êtes sûre ? répliqua Nick en haussant un sourcil.

Matilde l'observa durant un moment, hésitante, puis elle finit par se dire que c'était ridicule. Elle savait bien qu'elle avait besoin de son aide, et il le savait aussi. À quoi bon servait toujours de nier l'évidence ?

— Bon d'accord, je suis perdue, avoua Matilde en soupirant.

Nick sourit de nouveau, l'air satisfait, et elle lui demanda :

— Je veux me rendre à l'infirmerie, vous connaissez le chemin ?

— Je connais tous les chemins, gente demoiselle, répondit Nick d'un ton courtois avant d'aller flotter dans la direction opposée de Matilde. Suivez-moi…

Matilde le suivit pour revenir une fois encore devant les innombrables escaliers mouvants qu'elle exécrait, et descendit l'un des escaliers à la suite de Sir Nicolas de Mimsy-Porpington. Les quelques élèves qui croisèrent leur chemin la dévisagèrent d'un air intrigué. Après plusieurs tournants et passages secrets où il fallait chatouiller le mur au bon endroit pour qu'une ouverture apparaisse, ou bien actionner le bon doigt d'une statue ridicule — comme tous ces couloirs ne lui avaient pas été familiers, Matilde soupçonna Nick de lui avoir fait parcourir le chemin le plus long —, ils aboutirent finalement dans un grand couloir éclairé par de grandes fenêtres. Matilde reconnut enfin le chemin de l'infirmerie.

— Vous ne vous sentez pas bien ? interrogea le fantôme de Nick en s'arrêtant devant la grosse porte de l'infirmerie.

— Non, au contraire, je vais bien, répondit Matilde, déconcertée. Pourquoi me demandez-vous ça ?

— Simple déduction, dit posément Nick. Vous m'avez demandé de vous conduire à l'infirmerie…

— Ah, comprit-elle. En fait, c'est pour rendre visite à quelqu'un…

— Un ami ?

— Du genre, oui… marmonna Matilde avec malaise. Si toutefois il consent à me pardonner…

Nick la regarda d'un air interrogatif.

— Disons que… balbutia-t-elle, le visage s'embrasant, j'ai fait une gaffe… Et bien… ce n'était pas vraiment… je veux dire… Il m'a demandé de le faire…

Nick ne changea pas d'expression.

— Laissez tomber, lança-t-elle alors. Je me comprends…

Puis elle poussa la porte de l'infirmerie sous l'air ahuri du fantôme, et entra à la hâte dans la grande pièce.

Plusieurs professeurs étaient regroupés autour d'un lit non loin de l'entrée. Lorsque la porte se referma derrière Matilde avec un claquement sourd, ils tournèrent tous la tête vers elle. Matilde reconnut l'infirmière Pomfresh, le professeur McGonagall, le minuscule professeur, et — ses entrailles se glacèrent brusquement — le professeur vêtu de noir, aux cheveux gras. Il se tenait un peu en retrait des autres, dans l'ombre, derrière une femme potelée portant un chapeau rapiécé que Matilde ne connaissait pas. Tous la regardaient d'un air grave, lugubre. Sur le lit, allongé sous d'épaisses couvertures blanches, Dumbledore reposait, les paupières closes, immobile.

— Il est toujours vivant ? murmura Matilde d'une voix tremblante.

Personne ne répondit. Puis, dans le silence funèbre, le professeur McGonagall, d'un furtif hochement de tête, fit signe que oui, les yeux toujours fixés sur Matilde. Mais l'atmosphère était lourde dans l'infirmerie et cela ne pouvait présager que quelque chose de grave.

— Que se passe-t-il ? demanda Matilde qui ressentait un affreux malaise lui contracter l'estomac.

Les professeurs échangèrent des regards éloquents, puis McGonagall prit la parole d'une voix ferme et légèrement rauque :

— Nous ne savons pas ce qu'il s'est passé ce matin entre vous et le professeur Dumbledore, mais…

Elle s'interrompit et le silence se fit plus pesant. Comme elle, les autres professeurs ne cessaient de dévisager Matilde qui sursauta lorsque McGonagall s'écria :

Mais qu'avez-vous fait ?

Une expression d'horreur s'affichait maintenant dans chaque ride de son visage.

— Il va s'en sortir, n'est-ce pas ? cria précipitamment Matilde. N'est-ce pas ?

Elle était terrifiée. Il devait s'en sortir ! Elle ne pourrait jamais se pardonner d'avoir tué Dumbledore — tuer quelqu'un tout court l'horrifiait. Déjà qu'elle voyait sa vie gâchée par le devoir pénible de suivre des cours dans cette école de sorcellerie, elle n'avait pas envie de la voir de surcroît ruinée par la réputation d'une meurtrière.

Madame Pomfresh prit une fiole de verre qui se trouvait sur la table de chevet, faisant ainsi tourner les regards ailleurs que sur Matilde, et se pencha au-dessus de Dumbledore.

— Nous allons avoir recours à la métamorphoses pour essayer de le guérir, dit-elle en lui faisant couler entre ses lèvres quelques gouttes d'un liquide verdâtre et onctueux. Mais je crains le pire… Jamais je n'avais été confrontée à une telle Magie Noire auparavant…

— Que… que voulez-vous dire ? demanda Matilde en s'avançant lentement vers le lit.

Madame Pomfresh leva alors un visage complètement déconfit avant de déclarer d'une voix blanche :

— Toutes ses entrailles ont littéralement disparu…

Sous le coup de l'émotion, Matilde s'affaissa par terre. Ses entrailles avaient littéralement disparu ! C'était trop horrible ! En vérité, il n'y avait pas de mot assez puissant pour décrire ce que Matilde ressentait à présent. C'était comme si tout le décor de l'infirmerie s'était brusquement abattu sur sa tête, lui donnant l'impression de tomber tout droit dans un gouffre sans fond. Elle avait fait disparaître ses entrailles ! De la fumée noire avait dû ravager l'intérieur de son ventre de la même façon qu'elle avait engouffré ses vêtements dans le Poudlard Express ! C'était épouvantable !

— Levez-vous, dit doucement la voix du professeur McGonagall et le décor de l'infirmerie revint aussitôt reprendre sa place.

Matilde avait la nausée. Le corps entièrement engourdi, elle se laissa aider par le professeur McGonagall qui la fit asseoir sur une chaise en bois auprès du lit de Dumbledore.

— Mais qu'est-ce que vous avez à la ceinture ? dit alors une voix glaciale que Matilde reconnaissait avec effroi.

D'un air mauvais, le professeur en noir s'approcha d'elle. Sa cape ondulait derrière lui et le faisait ressembler à une chauve-souris géante.

— C'est la baguette de Dum…, commença Matilde mais elle s'interrompit aussitôt.

Le professeur se braqua devant elle.

— Oui ? murmura-t-il, les yeux flamboyant.

— C'est ma baguette… marmonna-t-elle en fuyant son regard.

— Ce n'est pas votre baguette, petite insolente ! C'est celle du professeur Dumbledore et vous l'avez volée !

Il élança sa main vers la ceinture de Matilde dans l'intention de la lui arracher mais elle plaqua aussitôt ses mains sur la baguette en hurlant :

Non ! Ne me la prenez pas ! Si vous saviez le mal que j'ai eu pour réussir à la gagner !

À la vue du professeur McGonagall qui porta subitement sa main devant sa bouche pour étouffer un cri d'horreur, et les exclamations d'épouvante qui s'élevèrent en même temps de Madame Pomfresh, le minuscule professeur et la femme au chapeau rapiécé, Matilde regretta instantanément ses mots.

Le professeur en noir, qui avait suspendu son geste dans les airs lorsqu'elle avait crié, se redressa lentement, et son visage devint livide de rage, effrayant.

— Vous avouez avoir volontairement attaqué le professeur Dumbledore pour voler sa baguette ? dit-il d'un ton chargé de menaces.

Matilde ne comprenait pas. Dumbledore avait-il omis de révéler à ses collègues ses plans de lui donner sa baguette magique ?

Répondez ! vociféra-t-il et elle sursauta violemment.

— Non… je… Dumbledore m'a… il…, balbutia-t-elle en implorant du regard les autres professeurs pour qu'ils lui viennent en aide, mais ils restaient tous immobiles comme des idiots, attendant la suite d'un air avide.

Le professeur en noir se pencha vers Matilde, appuya ses mains sur les accoudoirs de sa chaise en bois, et approcha son visage cireux très près du sien.

— Si vous ne répondez pas, dit-il d'un ton doucereux en pesant chaque mot, vous risquez d'être renvoyée de Poudlard sur-le-champ, avant même d'avoir pu assister à un seul cours. Ce serait dommage, poursuivit-il avec froideur, puisque si cela advenait être le cas, vous mourrez inévitablement sous l'ampleur de votre Magie Noire comme tous les autres imbéciles qui sont devenus Parguenais par bête décision de dédaigner tous ce qu'ils ne comprenaient pas !

Mais que voulait-il sous-entendre par-là ? Croyait-il vraiment qu'elle avait fait exprès de devenir une Parguenaise ? Et que pouvait-elle donc lui répondre à ça ? Allait-il la croire si elle lui disait la vérité ? Elle espérait que Dumbledore reprenne conscience, du moins juste un moment, pour clarifier les choses, mais il restait impassible, immobile sur le lit blanc.

— C'est Dumbledore qui me l'a demandé…, gémit Matilde en crispant les doigts autour de la baguette à sa ceinture. Je n'en avais pas envie… mais j'ai dû le faire… pour m'emparer de sa baguette…

— Et vous vous imaginez peut-être qu'on va croire ça ? répliqua le professeur en arquant un sourcil d'un air sceptique.

Le professeur McGonagall s'approcha alors de Matilde et il fut contraint à se redresser pour la laisser passer.

— Miss Beauregard, que voulez-vous insinuer par là ? interrogea-t-elle, perplexe. Qu'est-ce que le professeur Dumbledore vous a demandé exactement ?

— Il m'a demandé de le vaincre, répondit Matilde, guettant du coin de l'œil les réactions du professeur en noir. C'était pour que j'obtienne sa baguette…

Le professeur McGonagall parut déconcertée.

— Vous voyez bien qu'elle ment ! lança le professeur en noir à l'adresse de McGonagall en désignant Matilde d'un geste théâtral. Il est impensable que Dumbledore ait demandé une telle absurdité !

Mais le professeur McGonagall ne semblait pas l'écouter. Elle continuait de regarder Matilde avec insistance.

— Et pourquoi voulait-il vous donner sa baguette magique ? demanda-t-elle tandis que le professeur en noir se croisait les bras d'un air agacé.

Matilde dégagea la baguette de sa ceinture et la serra entre ses doigts.

— Il… Il prétendait qu'elle serait assez puissante pour supporter mes pouvoirs…

— Ridicule ! maugréa le professeur en noir. Toutes les baguettes sont construites sur le même modèle.

Le professeur McGonagall fixa la baguette de Dumbledore entre les mains de Matilde et celle-ci remarqua une lueur d'effroi passer dans son regard.

— Donnez-moi cette baguette, Miss Beauregard, ordonna-t-elle brusquement en tendant la main devant elle.

— Pourquoi ? demanda Matilde, le cœur battant.

Donnez-lui la baguette de Dumbledore ! répliqua férocement le professeur en noir.

Matilde réfléchit à toute vitesse. La baguette la considèrerait-elle encore comme son maître si le professeur McGonagall la lui enlevait ? Se trouverait-elle encore dans l'obligation de renouveler un combat ? Lui faudrait-il alors attaquer le professeur McGonagall pour récupérer à nouveau la baguette ? Puis elle se rappela que Dumbledore lui avait expliqué que la baguette ne changeait de propriétaire que si son possesseur se la faisait enlever de force et non lorsqu'elle était simplement donnée gentiment à quelqu'un. Matilde tendit donc la baguette docilement vers le professeur McGonagall qui s'en empara aussitôt.

— Professeur, dit Matilde d'une voix brisée tandis que McGonagall faisait glisser la baguette dans l'une de ses poches, je ne suis pas méchante… Je vous jure que c'est la vérité… Il faut me croire… Dumbledore m'a vraiment demandé de…

— Ça ne relève plus de mes compétences, Miss Beauregard, coupa sèchement le professeur McGonagall. Nous allons devoir attendre que le professeur Dumbledore se rétablisse pour élucider ce qui s'est vraiment passé entre vous et lui. En attendant…

Elle se tourna vers ses collègues qui avaient toujours gardé le silence jusqu'à maintenant, et sembla essayer d'en tirer des solutions. La femme potelée au chapeau rapiécé s'éclaircit alors la voix nerveusement et parla enfin, d'une voix tremblante :

— Nous devrions peut-être l'enfermer, seulement par précaution…

« L'enfermer ? », pensa Matilde, effarée. Pensaient-ils vraiment qu'elle s'acharnerait sur tout le monde pour le vider de ses entrailles ? Non mais vraiment !

— C'est une idée intéressante, renchérit le professeur en noir, les yeux brillant de malveillance. Et vous pouvez noter tout de suite qu'il m'est possible de la garder enfermée dans mes cachots sous surveillance étroite.

Matilde eut l'impression que son estomac se remplit de plomb. La pensée terrible de devoir rester seule dans le froid des cachots avec pour seule visite ce professeur effroyable ainsi que le Baron Sanglant — qui viendrait sûrement la hanter avec joie malsaine — l'horrifiait énormément.

— Non, protesta-t-elle machinalement, je ne veux pas aller dans les cachots…

Le professeur en noir la toisa avec mépris.

— Vous n'êtes pas en mesure de protester, petite sotte, dit-il froidement.

— Je ne crois pas que Miss Beauregard soit dangereuse à ce point, trancha alors le professeur McGonagall et tous les regards se tournèrent vers elle. L'enfermer, selon moi, serait exagéré. Il serait plutôt préférable qu'elle s'intègre avec ses camarades de Gryffondor dans la salle commune parce que l'enfermer ne ferait qu'aggraver son cas, poursuivit-elle d'une voix sonore pour empêcher le professeur en noir à l'air outré de répliquer. Miss Beauregard est une Parguenaise, Severus, elle n'a pas encore le contrôle absolu de ses pouvoirs !

— Justement ! s'entêta le dénommé Severus, les yeux plus noirs que jamais, elle pourrait finir par tuer quelqu'un !

— Ce n'est certainement pas son intention ! répliqua sèchement le professeur McGonagall, les narines pincées. Si elle se voit entourée de gens bienveillants, les chances qu'elle maîtrise ses pouvoirs maléfiques s'avèreraient bien meilleures que si vous l'enfermez dans une cellule, Severus.

— Vous insinuez peut-être que Dumbledore n'a pas été bienveillant envers cette Parguenaise ? rétorqua-t-il.

— Non, assura Matilde d'une petite voix. Il a été gentil avec moi… C'est juste qu'il…

Silence ! rugit Severus et Matilde ferma la bouche aussitôt. Soyez raisonnable, reprit-il à l'adresse de McGonagall alors que les autres professeurs les regardaient alternativement sans esquisser un geste pour intervenir. Il est évident que cette fille est dangereuse !

Le professeur McGonagall le regarda d'un air courroucé. Des taches rouges marbraient son visage par endroit. Puis elle se retourna vers Matilde qui se tortillait les doigts avec malaise en se trémoussant sur sa chaise.

— Venez avec moi, Miss Beauregard, ordonna-t-elle impérieusement.

Matilde se leva lentement. Le professeur Severus semblait être sur le point d'exploser.

— Vous n'allez quand même pas l'emmener dans la tour de Gryffondor avec les autres ? s'indigna-t-il.

Le professeur McGonagall posa alors sa main sur l'épaule de Matilde, d'une façon étrangement possessive.

— Malheureusement pour vous, répondit-elle d'un ton catégorique, Miss Beauregard fait partie de ma maison. Et c'est donc à moi que revient les décisions concernant son cas en attendant que le professeur Dumbledore reprenne conscience.

— Je vous aurez prévenue ! s'exclama le professeur Severus en la pointant d'un long doigt menaçant, les yeux lançant des éclairs de fureur. Cette Parguenaise est dangereuse et je n'hésiterai pas à en informer les élèves de ma maison !

Le professeur McGonagall fut sur le point de répliquer, mais préféra apparemment s'abstenir. Elle se contenta de pousser Matilde hors de l'infirmerie avec brusquerie.

Allez, reviewez-moi ça pour que je cesse de trembler :P