Elle atterrit dans une grande et large rue recouverte par une épaisse brume. Il était difficile de se repérer dans cet univers. Elle avança un peu à l'aveuglette et bouscula une personne. Elle s'excusa sincèrement et fit face à un jeune couple. Ils avaient l'air chaleureux et ne semblaient pas être offusqués par ce petit incident.
«_ Bonjour, excusez moi. Je viens de France et ai du mal à me repérer, pourriez-vous me dire où nous sommes?
_ Vous êtes devant l'orphelinat Wool.
Elle tourna la tête et vit effectivement qu'il se tenait un grand bâtiment carré devant elle, sinistre et entouré de hautes grilles.
_ Pourriez-vous m'en dire un peu plus?
Le jeune couple se lancèrent un regard.
_ Allez constater par vous même mademoiselle. Nous devons partir, bonne journée.
_ Oui, merci vous de même. »
Hermione fut surprise par leur réaction. Ils avaient littéralement évité la question. Était-ce si terrible...? Elle tourna son regard et vit avec surprise une bâtisse en ruine. Elle s'en approcha et constata que c'était une ancienne boutique ayant fait faillite. Une idée la submergea. Elle n'avait qu'à la reprendre. Elle pourrait de cette façon facilement entrer en contact avec Tom. Elle y entra et constata avec plaisir que c'était une ancienne librairie. C'était comme si le destin l'avait amené là. C'était parfait. Elle attrapa sa baguette et se mit à rendre une apparence accueillante à sa boutique. Une fois cela fait, elle transplana au Chemin de Traverse et se mit à acheter des centaines de livres qu'elle mit dans son sac de perles sans fond. Elle avait découvert avec honte que la bourse que le directeur lui avait donné était inépuisable. Peu importe l'argent qu'elle voulait, il apparaissait en quelques secondes. C'était certainement un objet interdit et ainsi fut-elle des plus discrètes. Elle observa un instant cette rue où elle avait passé tant de temps avec ses amis. Elle n'avait pas beaucoup changée. Avec un sourire quelque peu triste, elle transplana de nouveau dans sa librairie et se mit à placer les livres sur les hautes et larges étagères. Elle installa également plusieurs objets magiques qui animaient l'ambiance comme des plumes volantes, des oiseaux enchantés, et des tableaux sorciers. Elle avait enfin terminé la mise en place de sa petite affaire. Elle se dirigea de nouveau devant l'orphelinat, ouvrit le grand portail lui faisant face et frappa avec force sur la porte pour qu'on l'entende. Celle-ci s'ouvrit peu de temps après sur un homme bossu et austère. Elle en eut la chaire de poule. Elle força un sourire à apparaître sur son visage:
«_ Bonjour mon cher monsieur.
_ Qu'est ce que vous voulez?
_ J'aimerais rencontrer le gérant.
_ Qu'est ce que vous lui voulez?
Hermione perdit patience et lui lança un regard froid et hautain. Sa voix était menaçante.
_ Ecoutez moi, si je voulais parler avec vous je n'aurais pas pris la peine de demander à rencontrer le gérant de cet établissement. Alors maintenant cessez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas et faite un peu votre bouleau si vous voulez pas que je m'énerve. »
Le gardien eut une grimace. Il ne sut pas pourquoi mais il ressentait comme si sa mort était proche. Il se recula et lui pria de le suivre. Elle retrouva son sourire amical et le suivit sans faire d'histoire. Elle observa avec sérieux. L'établissement était loin d'être propre et l'odeur qui s'y dégageait lui fit presque rendre son repas. Comment pouvait-on vivre dans cette odeur? Elle vit également quelques enfants, ceux-ci étaient bien maigres et sales. Son regard se voila en les voyant. Il semblait que Dumbledore n'ait pas exagéré la situation. Elle croisa un regard noir la fixer. Il appartenait à un petit garçon devant avoir cinq ou six ans. Elle lui lança un regard chaleureux mais également mystérieux. Il lui lança un regard noir mais remplit de curiosité. Elle savait instinctivement qui était ce petit garçon. Elle faisait face à Tom Jedusor. Elle ne s'occupa plus de lui et entra par la porte que le gardien lui indiqua de mauvaise grâce. Elle se retrouva devant un homme gros et puant la sueur, assit sur un grand fauteuil en cuir, la déshabillant du regard. Elle voyait déjà quel genre de personnage il était. Son cœur se serra un peu plus en imaginant cette baleine violer des enfants. Elle se força une nouvelle fois à sourire, elle devait paraître accueillante et non menaçante. Il prit un gros cigare qu'il enfonça dans sa bouche. Il lui sourit et l'invita à s'asseoir.
«_ Bien le bonjour charmante demoiselle. De quoi souhaitez-vous me parler?
_ Enchanté monsieur. Je souhaitais me présenter à mes nouveaux voisins. Je viens d'hériter de la petite boutique se trouvant à coté de votre orphelinat.
Son regard se fit de plus en plus intéressé et de plus en plus pervers. Elle eut du mal à ne pas lui cracher dessus.
_ Je n'aurais jamais pensé qu'elle reprenne d'activité. Cela fait longtemps qu'elle a fait faillite.
_ Je suis au courant mais je pense sincèrement que les enfants pourraient trouver leur bonheur.
_ Que vendez-vous?
_ Des livres.
Il ne semblait pas en avoir beaucoup ouvert dans sa vie. Un inculte, manquait plus que ça.
_ Ça ne sera pas trop dur de faire cela toute seule? Je pourrais venir vous aider si il le faut. Je n'ai pas le cœur de laisser une si belle jeune fille telle que vous gérer cela seule.
_ C'est très gentil de votre part monsieur...
_ Appelez moi Roger.
Roger...Il passait déjà au prénom...Il perdait pas le nord celui-là.
_ Roger. Je ne peux pas accepter votre offre. C'est une petite boutique, je saurais la gérer seule. Vous devez certainement avoir beaucoup de responsabilités pour faire le bien être de ces enfants.
_ Oui certainement.
Il ne pouvait pas avouer qu'il ne s'occupait aucunement de ces misérables gosses.
_ Cela fait longtemps que vous êtes ici?
_ J'ai repris l'orphelinat à la mort de ma femme. Cela fait maintenant 6 ans.
Et c'était à partir de ce moment là que l'enfer de Tom commença...
_ Vous avez beaucoup de mérite Roger.
_ Ce n'est rien mademoiselle...
_ Alice.
_ Ce n'est rien Alice.
_ Bien, je vais à présent vous laisser.
Il se leva et lui serra sa main non pas sans lui faire une petite caresse. Une affreuse envie de vomir la prit. Cet homme était repoussant au possible. Il la raccompagna avec galanterie jusqu'à l'entré, non pas sans lancer des regards noirs aux enfants qu'il voyait. Ils n'avaient pas intérêt à ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit.
_ Passez nous voir quand vous voulez Alice.
_ Je n'y manquerais pas Roger. »
Il baisa sa main et ferma finalement le portail derrière elle. Lorsqu'il ferma la porte, elle se lança un sort d'insonorisation sur sa voix et se mit à hurler silencieusement tout en secouant sa main souillée. OH MON DIEU! Ses lèvres, sa bave étaient entrées en contact avec sa peau! Elle devait absolument se laver. Elle se mit à courir en direction de la boutique et se mit à gravir les escaliers, allant dans les appartements qu'elle s'était aménagé un peu plus tôt. Elle se jeta dans la salle de bain et se mit à frotter avec énergie sa main. Elle ne devait pas laisser une seule trace de ce cauchemar! Elle descendit finalement à la boutique et s'assit sur un fauteuil derrière son comptoir, attendant que des clients daignent entrer. Sa nouvelle vie venait tout juste de commencer.
