Bonjour,

Je vous poste le chapitre 17 plus tôt que prévu, étant donné que demain je ne serai pas chez moi de la journée. J'ai donc pris le temps de le corriger aujourd'hui. Mais par contre, le chapitre suivant risque de tarder un petit peu...

Merci encore pour toutes vos reviews motivantes et j'espère que ce chapitre vous plaira !

(Poudlard et ses professeurs - sauf le professeur Harvey - appartiennent à J.K. Rowling)

Bonne lecture !

(Merci à Persis, comme toujours :)

Chapitre 17
Legilimancie

Le lendemain matin, Matilde fut déçue d'apprendre de la bouche du professeur McGonagall, aux portes de la Grande Salle, que Dumbledore se trouvait toujours dans un état critique.

— Malheureusement, lui avait-elle dit, un brin d'affliction scintillant dans le regard, Madame Pomfresh et moi-même n'avons pas réussi à le guérir. Il a donc dû être transféré d'urgence à l'hôpital Ste Mangouste. Nous espérons que les guérisseurs découvriront bientôt un remède apte à le soigner.

Puis la semaine s'en suivit, plus pénible que Matilde ne l'avait pressentie. La majorité des étudiants de l'école la percevaient encore comme un danger des plus redoutables et ne manquaient jamais de l'éviter lorsqu'elle les croisait dans les couloirs de Poudlard. C'était surtout les Serpentard qui se montraient des plus vexants, avec leurs habituels sarcasmes et quolibets dès qu'elle passait les portes de la Grande Salle pour prendre ses repas. Et même si Sarah la défendait avec acharnement, cette condition d'être la plus dépréciée de toute l'école commençait à assaillir Matilde.

Pour couronner le tout, le professeur de botanique, Pomona Chourave — celle qui portait un chapeau rapiécé à l'infirmerie et qui avait proposé d'enfermer Matilde par précaution — refusa catégoriquement de lui octroyer des cours privés, de peur que Matilde ne l'attaque comme elle l'avait fait avec Dumbledore, et le raisonnement du professeur McGonagall n'eut aucun succès auprès d'elle. Matilde fut donc dispensée de cours de botanique jusqu'à ce que Dumbledore se rétablisse. D'après les explications du professeur McGonagall, il n'y avait que lui qui puisse ramener le professeur Chourave à l'ordre, même si, désormais, McGonagall prenait le titre de directrice provisoire, le temps que Dumbledore soit en mesure de reprendre ses fonctions. De toute façon, pensa Matilde, les cours de botanique auraient été des plus ennuyeux. Les plantes et tout ce qui avait trait à la végétation n'avaient jamais suscité son intérêt, comme la cuisine d'ailleurs.

Puis il y avait les cours du professeur Binns. Matilde faillit tomber en bas de sa chaise de stupeur lorsqu'elle le vit pour la première fois, faire irruption dans la salle de classe en traversant le tableau noir. Le professeur Binns, au grand désarroi de Matilde, était un fantôme. Il enseignait l'histoire de la magie à Poudlard et dès son premier cours, il avait dévisagé Matilde d'un air absent avant de débiter, d'une voix monotone et d'un ennui profond, les différentes guerres de gobelins survenues dans l'histoire des sorciers. Matilde avait alors maudit amèrement Dumbledore pour l'avoir contrainte à suivre un cours si inutile quant à la raison pour laquelle elle suivait des cours dans cette école. Elle était ici pour apprendre à maîtriser ses Pouvoirs Fortifiés, et non pas pour perdre son temps dans des cours futiles et assommants qu'étaient les cours d'histoire de la magie !

Et ce fut le même cas d'ennui profond avec les cours d'astronomie, avait constaté Matilde avec accablement. Le professeur Sinistra, qui enseignait cette matière, était une femme à l'allure un peu sinistre comme semblait sous-entendre son nom, et exigea de Matilde qu'elle apprenne une quantité de noms de planètes et d'étoiles par cœur pour le cours suivant. Comme ce cours se déroulait à tous les mercredis soirs à minuit, Matilde devait déployer sans cesse d'immenses efforts pour ne pas s'endormir alors que le professeur Sinistra lui expliquait les particularités des différents astres.

Au moins, il y avait les cours de sortilèges, l'un des seuls cours que Matilde jugeait utiles dans son cas. Non seulement ces cours étaient plaisants grâce à l'humour du petit professeur Flitwick, mais elle avait enfin appris quelques sortilèges de base, même si elle devait se concentrer beaucoup pour réussir à faire passer sa magie au travers sa baguette au lieu du bout de ses doigts. Heureusement que le professeur Flitwick s'était montré indulgent quand elle avait fait involontairement apparaître un énorme trou sur le chiffon sur lequel elle devait s'exercer à effacer une tâche d'encre. Certes, la tache avait fini par disparaître, mais pas de la façon convenable, lui avait notamment fait remarquer Flitwick. Il lui avait demandé d'essayer de réprimer ces Forces étranges à l'avenir, mais le même phénomène s'était renouvelé un peu plus tard, lors de la pratique du sortilège Lumos. Au lieu de parvenir à faire jaillir de la lumière à l'extrémité de sa baguette, ce fut encore cette fameuse fumée qui avait surgi de nulle part, et, sous le coup de la surprise, le minuscule professeur Flitwick avait tombé en bas de sa pile de livres.

Le professeur McGonagall, pour sa part, se montrait un peu déstabilisée lorsqu'un tel événement se produisait dans sa salle de classe. À l'instant où cette fumée se manifestait soudainement, aussitôt, elle envoyait des « Finite Incantatem » — bien qu'étrangement, ses sortilèges semblaient n'avoir aucun effet sur ces fumées noires qui, de toute façon, finissaient toujours par s'évanouir d'elles-mêmes.

Alors que Matilde s'efforçait de ne pas faire surgir cette fumée sinistre dans la majorité de ses cours, avec le professeur Harvey, cependant, c'était tout le contraire. Elle devait pratiquer intensément cette forme de Magie Noire et bientôt, la salle de défense contre les force du Mal fut quasiment occultée par d'épais nuages noires.

Concentrez-vous ! Concentrez-vous ! ne cessait de crier Harvey en se précipitant, chancelant et toussotant, dans la fumée pour tenter de les éteindre d'un inutile coup de baguette.

Et comme toujours, les émanations s'éclipsaient aussi rapidement qu'elle étaient apparues, en emportant la moitié des meubles de la classe.

Mais le cours que Matilde détestait le plus, qu'elle exécrait au plus haut point, était le cours de potions ! Rogue était tellement désagréable et odieux avec elle qu'elle devait fortement contrôler ses humeurs pour ne pas qu'il finisse par disparaître, lui aussi, sous une épaisse fumée noire.

Ce jeudi, alors qu'elle devait faire un deuxième essai avec la potion destinée à soigner les furoncles, Matilde s'était concentrée fermement pour arriver à une mixture parfaite, digne de la description de son manuel. Lorsqu'elle eut terminé, fière du résultat, debout devant son chaudron, elle déclara d'un ton claironnant à l'adresse du professeur Rogue :

— J'ai réussi !

Rogue, assis derrière son bureau, leva les yeux de ses parchemins avec l'air indigné d'avoir été dérangé brusquement dans ses corrections.

— Miss Beauregard, dit-il avec mépris, sachez que lorsque vous voulez la parole, il faut vous contenter de lever la main.

— Désolée…, dit-elle précipitamment.

— Ce manque de respect coûtera cinq points à Gryffondor.

L'expression de Matilde passa rapidement de l'enthousiasme à l'agacement profond. Elle leva donc la main avec raideur. Mais Rogue reporta son attention sur les examens qu'il corrigeait et elle dut tenir le bras en l'air, comme une idiote, pendant au moins cinq bonnes minutes avant que Rogue daigne enfin à l'aborder.

— Oui, Miss Beauregard ?

— J'ai terminé ma potion, déclara Matilde.

— Versez un échantillon dans l'une de vos fioles et apportez-la-moi. J'analyserai votre potion plus tard, dit Rogue en trempant sa plume dans son encrier d'encre rouge avant de poursuivre ses occupations.

Matilde sentit son cœur faire un bond de travers. L'une de ses fioles ? Ses fioles de verre qui avaient malencontreusement disparu dans le Poudlard Express, avec ses vêtements et la bourse de Dumbledore ? Ah non ! Rogue allait sûrement la réprimander sévèrement en apprenant qu'elle n'avait plus ses fioles. Il lui enlèverait des points supplémentaires, c'était certain. Mais malheureusement, elle ne voyait pas d'autre choix que de l'en informer. Avec un peu de chance — aussi mince soit-elle —, peut-être qu'il lui en prêterait une ?

Matilde leva la main une seconde fois.

— Oui, Miss Beauregard ? lança Rogue d'un ton agacé.

— Je… je n'ai pas mes fioles avec moi…, marmonna-t-elle timidement.

Rogue la regarda un moment, le visage impassible, et Matilde ressentit un malaise lui remonter douloureusement dans la gorge.

— Vous n'avez pas vos fioles, répéta Rogue avec lenteur.

Matilde déglutit avec difficulté.

— Il… il m'est arrivé un événement gênant lors de mon voyage dans le train et…, commença-t-elle mais Rogue l'interrompit sèchement.

— Je me fiche complètement de vos mésaventures, Miss Beauregard. Il était clairement indiqué dans votre liste d'accessoires à vous procurer pour les cours, qu'une boîte de fioles en verre était nécessaire à…

— Mais j'ai acheté mes fioles…

Silence ! aboya Rogue d'une voix forte et Matilde ferma instantanément la bouche.

Lentement, Rogue se leva. Sans cesser de fixer Matilde de son regard noir et pénétrant, il s'approcha d'elle dangereusement, comme un serpent sur le point d'attaquer une proie sans défenses. Matilde fut pétrifiée.

— Dix autres points en moins à cause de votre insolence, Miss Beauregard, dit Rogue d'une voix doucereuse en venant poser ses mains sur la table devant elle.

Il rapprocha son visage très près de celui de Matilde et celle-ci se rappela aussitôt de la scène à l'infirmerie où il avait adopté ce même comportement : celui de lui parler le plus près possible, comme pour ne pas qu'aucun de ses mots ne s'échappent à ses oreilles. Sauf qu'en ce jour là, il avait eu l'air effrayant avec son visage livide de rage alors qu'à présent, il ne faisait que l'observer calmement, d'un air hautain et austère.

Matilde soutint son regard avec appréhension, et espéra que ce moment de malaise ne durât pas trop longtemps.

— Je ne tolèrerai pas d'autres incidents de ce genre, petite impertinente que vous êtes, murmura Rogue, ses yeux vrillant ceux de Matilde. Et s'il survenait une fois de trop que vous vous présentiez ici sans tout le nécessaire indispensable à mon cours, vous subirez, inévitablement, mon mécontentement le plus terrible…

Et tandis qu'il parlait ainsi de sa voix doucereuse et basse, Matilde ne put s'empêcher de penser qu'il ne lui suffirait que d'un léger mouvement de tête pour arriver à embrasser Rogue, tant il était proche d'elle. Évidemment, si elle oserait un tel geste déplacé, Rogue reculerait brusquement d'elle et fulminerait avec rage. Mais si, au contraire, il lui rendait son baiser instantanément avec fougue ? Si Rogue paraissait si frustré de la vie, songea-t-elle distraitement, c'était peut-être parce qu'il n'avait jamais eu droit à ça, justement ? Il manquait d'amour ?

Rogue fit précipitamment un pas en arrière, s'éloignant de Matilde. Il parut troublé. Avait-il entendu ses pensées ? Impossible, se dit-elle aussitôt. Les sorciers ne pouvaient quand même pas lire les pensées d'autrui ! Il y avait tout de même des limites dans la sorcellerie et cela dépasserait les bornes !

Pourtant, Rogue dévisageait toujours Matilde d'un air étrangement interdit et elle ressentit alors son cœur battre de plus en plus vite dans sa poitrine au fur et à mesure que le doute s'intensifiait, à l'idée horrible qu'il ait bel et bien entendu ses rêveries lascives.

— Quoi… ? demanda-t-elle d'une petite voix tremblante, s'évertuant à y soutenir l'innocence. Qu'est-ce qu'il y a ?

Dans l'espace d'une seconde, le visage de Rogue redevint lisse et impénétrable.

— Quinze points de moins pour ces pensées indécentes, Miss Beauregard, dit-il enfin, lentement, alors que Matilde eut l'impression que son cœur basculait dans le fond de ses talons. Comment osez-vous ?

Elle ouvrit la bouche pour répondre elle-ne-savait-trop-quoi, mais aucun son n'en sortit. Une énorme et cruelle honte se fit ressentir en elle, et au prix d'un effort colossal, elle parvint à refouler l'envie irrésistible d'aller se cacher sous sa table.

Rogue continuait de l'observer intensément, immobile, une expression toujours insondable sur le visage. Alors Matilde baissa la tête, se tordit les doigts nerveusement, et tenta de s'expliquer d'une voix chevrotante :

— Je… je n'y pensais pas vraiment…

Rogue ne répliqua pas.

— C'est… c'est venu comme ça, bêtement… Je n'avais aucune intention de… de… enfin… de le faire vraiment…

— Sortez de ma classe, ordonna-t-il avec froideur.

Matilde ne se fit pas prier. Elle ramassa son livre et ses parchemins d'un geste rapide et se précipita vers la porte, laissant derrière elle son chaudron encore bouillonnant de la potion destinée à soigner les furoncles, qu'elle avait réussie.

Ce ne fut qu'après avoir mis assez de distance entre elle et Rogue qu'elle modéra enfin sa course pour récupérer son souffle, dans un couloir éclairé par la flamme des torches fixées aux murs. Jamais elle n'aurait songé une minute que les sorciers pouvaient lire dans les pensées des autres ! Les pensées étaient tellement personnelles ! Il était horrible qu'on puisse ainsi les pénétrer aisément, comme ça, sans retenue et sans aucune pudeur. Matilde se sentait souillée, offensée, violée par quelqu'un qui avait entré de force dans ce qu'elle possédait de plus intime. Devait-elle dorénavant faire attention à tout ce qu'elle pensait ? C'était absurde !

Branchiflore, siffla-t-elle avec colère, à l'adresse de la grosse dame, et le tableau pivota pour la laisser entrer dans la salle commune de Gryffondor.

— Mais qu'est ce que tu as ? demanda Sarah d'un air inquiet, aussitôt qu'elle vit la mine déconfite de Matilde.

Celle-ci ne leva pas la tête vers Sarah — de peur qu'elle ne soit, elle aussi, capable de lire les pensées des autres et qu'elle n'y découvre que Matilde avait songé inconsciemment à embrasser Rogue à la sauvette — et se dirigea directement vers le dortoir.

— Matilde ? Mais qu'est-ce que tu as ? insista Sarah qui la suivait dans l'escalier en colimaçon, jusqu'au dortoir.

Matilde se laissa tomber lourdement sur le bord de son lit, et après avoir réalisé qu'il lui serait impossible d'échapper aux questions inquiètes de Sarah, sans la regarder, elle répondit à voix basse :

— On ne m'avait pas avertie que les sorciers pouvaient lire dans les pensées…

— Quoi ? Mais que veux-tu dire par là ? dit Sarah, perplexe, debout dans l'encadrement de la porte.

— Les sorciers lisent dans les pensées ! répéta Matilde plus fort, en levant un regard furibond dans celui de Sarah. Et personne ne m'en avait jamais informé !

— Mais Matilde, dit Sarah, déconcertée, tu viens tout juste de commencer tes études à Poudlard. Il est normal que tu ne sois pas au courant de tout, tout de suite…

— C'est quelque chose d'important à savoir, non ? lança froidement Matilde.

Sarah afficha soudain un air grave.

— Pourquoi t'intéresses-tu autant à la legilimancie ?

— La quoi ?

— La legilimancie, répéta Sarah en venant s'asseoir auprès de Matilde, c'est une technique qui permet d'interpréter, assez correctement, les pensées d'une personne. C'est de ça dont tu parles ?

Pour toute réponse, Matilde se croisa les bras et sentit son visage prendre feu. Ainsi donc, c'était vrai : les sorciers lisaient réellement dans les pensées d'autrui ! Cela lui donna la nausée.

— Matilde, nom d'une gargouille, vas-tu finir par répondre à mes questions ?

Sarah la regarda avec insistance et Matilde prit alors une grande respiration avant de demander à mi-voix :

— Est-ce que tu peux faire cela ?

— Faire quoi ?

— Cette chose ! dit Matilde avec agacement, de la légili… légimi… En tout cas, ça

Sarah laissa échapper un rire incrédule.

— Mais non, évidemment, je ne peux pas faire de la legilimancie. C'est une branche de la magie d'une grande complexité et très peu de sorciers y arrivent.

— Vraiment ?

Matilde se sentit tout-à-coup d'humeur plus légère. Ainsi donc, Rogue devait être l'un des seuls à maîtriser ce genre de magie. Elle n'aurait donc pas à cacher constamment ses pensées à tout le monde — à part Rogue, bien sûr.

— Et je suppose que Rogue excelle dans cette forme de magie qu'est la legilimancie ? demanda Matilde avec amertume.

— Je ne sais pas, admit Sarah en fronçant les sourcils d'un air interrogatif. C'est pour ça que tu es contrariée ? Rogue aurait décelé tes pensées ?

Matilde détourna les yeux, gênée.

— Peut-être… Je ne suis pas sûre…, répondit-elle, évasive.

— Ça ne me surprendrait pas que Rogue soit effectivement un Legilimens, reprit Sarah, songeuse. Ce serait son genre…

— Il n'y a pas un moyen d'empêcher ce genre d'intrusion dans nos pensées ? demanda précipitamment Matilde, profitant du moment où Sarah ne semblait pas chercher à savoir ce que Rogue avait lu dans son esprit.

— Oui, répondit-elle, ça s'appelle l'occlumancie. Mais c'est très compliqué à pratiquer. Tu ferais mieux de te contenter de baisser ou fermer les yeux lorsqu'un Legilimens te scrute intensément. C'est plus facile, et pratique.

« Oui, c'est ça, pensa Matilde, c'est ce que je ferai à l'avenir. » Elle baisserait les yeux lorsque Rogue rapprocherait une fois encore son visage cireux près du sien.

— Ça va aller ? demanda Sarah en tapotant l'épaule de Matilde. Y a-t-il autres choses qui te préoccupent ?

— Non, ça va, répondit-elle d'un pâle sourire, merci…

Puis, le soir venu, après avoir laborieusement parachevé un devoir de métamorphose qui lui avait fallu tirer beaucoup de concentration, Matilde se retourna plusieurs fois dans son lit en repensant à l'incident embarrassant survenu dans la classe de Rogue. Pourquoi avait-elle songé à l'embrasser ? C'était stupide ! Elle n'avait que de l'aversion pour lui. Elle avait pensé ça, sans but véritable, sûrement parce qu'il était à quelques centimètres de son visage. Et Rogue qui s'était montré troublé et choqué lorsqu'il avait surpris ses rêveries… Non mais vraiment ! C'était à lui de ne pas s'être aventuré dans son esprit ! Elle avait tout à fait le droit d'imaginer ce qu'elle voulait !

Matilde parvint à s'endormir enfin, juste après s'être dit qu'au moins, avec un peu de chance, Rogue ne se rapprocherait plus jamais d'elle de cette manière, au risque qu'elle finisse par vraiment oser l'embrasser un jour…