Cela faisait à présent deux semaines que Tom avait mis les pieds pour la première fois dans la librairie d'Alice. Il était toujours autant fasciné par ce monde qu'il pensait n'être que mensonges et bêtises. Il découvrait que toutes les créatures aux quelles il ne croyait aucunement en leur existence étaient belle et bien là, quelque part, peut être même près de lui. Les vampires, les loups garous, les géants, les gobelins, les licornes. Tout. TOUT existait! Il prenait plaisir à en découvrir toujours plus. Il passait tous les jours pour les rendre et en prendre des nouveaux. Hermione était heureuse de le voir aussi épanouit. Il ressemblait enfin à un garçon de son âge. Soudain, son regard fut attiré par un bleu béant sur son cou. Elle lui attrapa les épaules en tremblant et vit des traces de doigts. Elle remonta son regard vers le sien et y vit comme de la crainte. Allait-elle le chasser? Allait-elle le prendre pour un misérable bagarreur? Aucun adulte ne croyait les enfants. Personne ne pouvait croire que le gentil directeur était si violent avec eux. Il vit ses yeux devenir froids. D'un voix claquante de menace elle lui demanda:
«_ Qu'est ce qu'il t'est arrivé?
Il ne pouvait vraiment pas lui dire que le directeur l'avait étranglé pour qu'il aille récurer le sol et ainsi donner une vue plongeante sur sa chute de rein. Il détourna le regard.
_ Absolument rien.
Il venait de se renfermer sur lui-même. C'était mauvais signe. Elle lui prit son visage et le regarda sérieusement.
_ Je ne veux pas entendre de mensonge lorsque je prends la peine de poser une question. Dis moi ce qu'il t'est arrivé.
Il fut surpris. Cette femme était...incroyable. Mais elle en restait comme les autres adultes.
_ Vous ne me croirez pas.
_ Je peux sentir lorsque tu me mens Tom. Dis moi la vérité que je puisse réduire en charpie celui ou celle qui t'a fait ça.
_ Que...quoi...?
Elle voulait...réduire en charpie le coupable...? Mais pourquoi ferait-elle cela pour lui?
_ Parce que je tiens à toi mon petit Tom.
Son cœur fit un bond. C'était la première fois que quelqu'un lui disait cela. Y avait-il droit lui aussi?
Il baissa son regard, gêné. Elle lui remonta délicatement en lui attrapant son menton.
_ Je...J'ai refusé de récurer le sol dans le bureau du directeur...Je...savais que si je le faisais, il ne passerait son temps à me regarder d'une façon perverse, pouvant même aller plus...loin.
C'était fini. Elle n'allait pas le croire. Il allait perdre la première personne qui lui accordait de la gentillesse. Il se sentit soudainement mal à l'aise. Non pas à cause de la situation mais de l'atmosphère. Elle était...lourde et froide. Il osa poser ses yeux sur Alice et son cœur fut sur le point de s'arrêter. Elle tremblait de colère. De la magie pure se dégageait de son corps. Il était subjugué. Elle était si belle. D'un coup, elle se retira, prit son gros manteau, enfila ses gants et arrangea ses cheveux d'un coup de baguette pour finalement sortir sans un mot. Il la suivit en ne sachant pas comment réagir. Elle marchait si vite qu'il dû se mettre à courir pour rester à son niveau. Elle ne lui lançait pas un seul regard. Elle semblait être dans un tout autre monde. Elle ouvrit brusquement le portail et frappa avec force sur la porte. Le gardien prit son temps pour venir leur ouvrir, ce qui mit Hermione dans un état de rage. Tom pensait qu'elle allait l'assassiner lorsqu'il ouvrirait mais il vit avec effarement son visage devenir souriant et amical. Un changement si flagrant et rapide, c'était incroyable. Le gardien eut une grimace en les voyant.
«_ Oh bonjour monsieur, je vois que vous mettez toujours autant de temps à venir accueillir les gens, c'est d'un charmant.
Le gardien fut perdu. Ses paroles ne collaient pas avec l'expression de son visage.
_ Alors maintenant si vous le permettez.
Elle tendit un bras vers lui et soudainement le mit à terre d'une poussade qui aurait semblé inoffensif mais qui l'avait envoyé valser contre le mur. Elle passa sans s'en occuper et Tom la suivit. Elle le fascinait vraiment de plus en plus. Elle se dirigea sans hésitation vers le bureau de « Roger » et frappa une demie seconde avant d'entrer. Elle afficha de nouveau son air innocent et bienveillant. Elle pria à Tom d'un regard qu'il l'attende devant la porte et la ferma lentement. Elle allait le tuer. Il en avait le sentiment. Roger fut agréablement surpris de la voir débarquer dans son bureau ainsi. Il la déshabillait avec désir du regard. Elle s'était fait belle rien que pour lui. Elle dégageait un parfum si délicat, si exquis. Elle lui fit un sourire ravissant et s'assit.
«_ Bonjour Roger. Je suis désolé de rentrer ainsi dans votre bureau mais cela fait un moment que je voulais vous demander quelque chose.
_ Quoi donc très chère?
_ Serait-il possible de travailler dans votre établissement?
Le directeur blêmit devant la demande. Elle voulait quoi...?
_ Euh...C'est assez soudain...
_ Je sais que c'est précipitée et même...osée comme demande mais je dois dire que j'adore les enfants et j'aimerais vous aider dans votre but! Vous aidez tellement d'enfant. Je vous admire vraiment! Acceptez je vous en prie, un caprice de ma part.
Il n'arrivait plus à parler. Une voix en lui hurlait de refuser. Elle verrait le si « beau » traitement des enfants et préviendrait forcément les autorités! Mais comment résister à ce regard? A ce corps si magnifique? C'était tout décidé. Avoir une femme aussi belle sous ses ordres serait une bénédiction.
_ Très...bien Alice. Venez quand vous le voudrez. Vous serez chargé de...
_ Je peux faire le ménage et les garderies chez les nourrissons et les plus jeunes. Mais également infirmière, j'ai fait quelques études dans ce domaine. Le travail ne me fait pas peur.
_ Bonne idée. Vous ne serez pas de trop ici.
Elle lui attrapa les mains, non pas sans lui briser quelques doigts au passage et le remercia sincèrement tout en lui laissant une agréable vue de son décolté.
_ Ce n'est rien voyons.
_ Merci. Je viendrais dans la soirée.
_ Je vous laisserais une chambre.
_ Nul besoin. Je retournerais chez moi une fois le travail fini. Quelques mètres ne vont pas me tuer. Bonne journée à vous. »
Elle ouvrit la porte et Tom put voir son directeur tomber sur son siège, dépité. Il fut tout de même déçu. Lui qui pensait trouver un cadavre... Elle ferma la porte et se pencha vers lui.
«_ Je travaille ici à partir de demain!
_ Quoi?
Elle se rapprocha de son oreille et se mit à chuchoter.
_ Je te jure qu'à partir de maintenant il ne te touchera plus, tu auras maintenant une vie merveilleuse."
Elle lui fit un clin d'œil et sortit de l'établissement. Plusieurs enfants avaient vu la scène et se demandaient ce que cette femme pouvait faire avec le monstre. Il leur lança un regard lourd de sous-entendu et partit s'enfermer dans sa chambre. Une fois dans son lit, il repensa à son expression. Peut-être que sa vie allait devenir sympa maintenant.
