Salut !

Voilà le chapitre 20 ! On approche de la moitié de l'histoire... Pour répondre à la nouvelle question de Missfanficdu57, ma fic comprendra 48 chapitres. Alors j'espère que vous allez me suivre jusqu'à la fin !

Merci fidjet pour ta belle review ! Je suis contente que tu aimes mon histoire, même si tu as envie de coller quelques baffes à Matilde en raison de son caractère têtu et borné... :P Tu m'as bien fait sourire parce que moi aussi (et oui, même si j'en suis l'auteur...) j'ai eu envie de la secouer un peu. J'ai eu quelques difficultés avec ce personnage particulièrement craintif que j'ai dû pousser souvent dans le dos pour qu'il accomplisse ce que je voulais. En tout cas, voyez tous ce que j'aurais réussi à faire avec elle tout au long de l'histoire...

Et merci encore à tous ceux qui me postent régulièrement, à chacun de mes chapitres, une review qui me motive toujours autant !

(Ce monde magique appartient à J.K. Rowling)

Bonne lecture !

(Merci à Persis :)

Chapitre 20
Tempête et robes de bal

Matilde n'était pas passé à l'infirmerie comme l'avait ordonné Rogue. Pressée d'aller rejoindre Sarah, elle s'était dit que, si elle buvait fréquemment de l'eau, elle reprendrait bien les forces qu'elle avait perdues en se vidant d'une partie de son eau corporelle. Et la perspective de revoir Madame Pomfresh, d'ailleurs, ne l'enchantait vraiment pas. Elle avait peur que, comme Rogue, elle lui en veuille beaucoup d'avoir été la cause pour laquelle Dumbledore se mourait présentement.

— Rogue est vraiment haïssable ! grogna Sarah dès que Matilde eut fini de lui raconter à voix basse le récit du cours qu'elle venait de passer avec Rogue.

Elles étaient assises devant la cheminée, le même soir, dans la salle commune, et se réchauffaient devant les flammes dont le crépitement se mêlaient avec le bruissement des plumes des quelques élèves qui étaient assis à l'écart, aux tables. Une grosse bouteille d'eau était serrée entre les mains de Matilde.

— Rogue est méchant avec tout le monde, continua Sarah d'un air inquiet, mais quand même pas à ce point là. Il s'est montré particulièrement dangereux et menaçant avec toi. Tu devrais faire attention.

— Mais je fais attention ! affirma Matilde avec vigueur. C'est qu'il y a toujours un hasard qui fait que les choses tournent mal lorsque je suis avec lui. Il m'intimide tellement…

Elle frissonna et but une gorgée à sa bouteille. Sarah, après avoir jeté un regard furtif vers les tables pour s'assurer que personne ne les écoutait, se pencha vers Matilde et lui murmura d'un air grave :

— Si tu veux mon avis, je crois qu'il s'amuse avec toi. Tu ne devrais pas le laisser faire.

— Je sais, mais comment veux-tu que… ?

— Va en parler à McGonagall, suggéra fortement Sarah. Elle pourrait peut-être faire quelque chose. Rogue est professeur. Il n'a pas le droit de terroriser un élève comme ça !

Matilde tourna les yeux vers le foyer. Sarah avait raison. Rogue n'avait pas le droit de lui faire ça.

— Je dois me rendre au bureau de Rogue, ce samedi, pour ma retenue, informa Matilde, les yeux rivés sur les flammes dansantes dans la cheminée. J'essayerai de parler à McGonagall avant.

— Ta retenue est samedi ? s'exclama Sarah sur un ton déçu. Mais c'est le jour où nous allions faire les boutiques pour acheter nos robes !

— Ce samedi soir, précisa Matilde. Nous aurons amplement de temps avant ma retenue.

— Dans ce cas, ça va, dit Sarah d'un air satisfait. Mais n'empêche, nous aurions pu passer la soirée ensemble. Francis s'est acheté un jeu d'échec. Je sais, il était censé patienter jusqu'à Noël, mais bon. Il s'est toujours montré impatient avec les cadeaux qu'il s'offrait. Il m'avait dit qu'il me le prêterait ce samedi pour que nous puissions jouer ensemble. Mais puisque tu ne seras pas là, je lui demanderai de me le passer un autre soir.

— Ce n'est pas grave, dit Matilde. Je n'ai jamais vraiment été fanatique du jeu d'échec, de toute façon.

— Peut-être, mais attend de jouer à un jeu d'échec version sorcier, répliqua Sarah d'un ton très sérieux.

Il y eut un silence. Dans la salle commune, le bruissement des plumes en mouvement sur les parchemins continuait de se faire entendre.

— As-tu songé à commencer bientôt tes recherches concernant ton cavalier pour le bal ? chuchota Sarah pour ne pas que les autres autour ne l'entendent.

— Non, répondit Matilde en se croisant les bras sur sa bouteille, d'un air morne. Ne soit pas idiote. Personne n'accepterait…

— Arrête donc, tu n'as même pas essayé…

— Je n'ai pas besoin d'être ridiculisée encore une fois, répliqua Matilde du coin des lèvres. Tu sais très bien que tout le monde me craint ici !

— Ce n'est pas vrai ! contesta Sarah. Tu n'as pas remarqué que la majorité des gens ont cessé de te narguer, ces derniers temps ?

Effectivement, Matilde l'avait remarqué. Le nombre n'insultes qu'elle recevait par jour avait diminué considérablement depuis le début du mois de décembre. Mais c'était seulement en raison du bal de Noël qui approchait à grand pas. Toute l'école ne parlait que de ça.

— Ça ne change rien, marmonna Matilde d'un ton acerbe. Ils ont peut-être tous cessé de m'exaspérer, mais ils restent pareillement distants envers moi. Je te le redis, Sarah, personne ne voudra de moi comme cavalière !

— Je vais t'en trouver un, moi, tu vas voir !

Reste en dehors de ça, lança précipitamment Matilde d'un geste menaçant du doigt. Je n'ai pas envie de me retrouver avec n'importe qui !

— D'accord, soupira Sarah, mais tu vas paraître triste, seule, sans cavalier au bal.

— Je passerai sûrement inaperçue. Tout le monde s'attend justement à ce que je sois seule, lors du bal.

— Alors, pourquoi ne pas les surprendre ?

— Non ! Samedi, nous achetons nos robes, et je ne veux plus t'entendre parler de cavalier ! dit Matilde d'un ton sans réplique avant de se lever du fauteuil. Je vais me coucher. Tu viens aussi ?

Sarah la suivit jusqu'au dortoir et Matilde rêva toute la nuit qu'elle dansait dans les bras de Rogue, alors que plein de visages flottaient autour d'eux d'un air moqueur et méchant, en hurlant des Aguamenti d'une façon cinglante. Et lorsqu'une immense fontaine d'eau jaillit soudain de nulle part et vint les engloutir brusquement, Matilde se réveilla en sursaut et, haletante, retomba aussitôt sur son oreiller pour se rendormir instantanément. Le lendemain matin, elle n'eut aucun souvenir du rêve.

Le vendredi avait été une journée où la neige tombait violemment par gros flocons sur les toits de Poudlard, le vent faisant craquer les murs de pierres en hurlant. Matilde fut contente de ne pas avoir eu à suivre les cours de botanique lorsqu'elle vit un petit nombre d'élèves sortir sous la tempête, emmitouflés dans leur cape, pour se diriger à grand-peine vers les serres où le professeur Chourave les attendait pour donner ses cours.

— J'espère que la tempête cessera demain, avait dit Sarah avec espoir, lors du déjeuner à la Grande Salle, sinon ce sera pénible de devoir aller à Pré-au-Lard dans ces conditions.

Matilde l'espérait aussi. Mais malheureusement, le samedi s'était annoncé avec autant de neige et de vent que la journée précédente.

— Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Matilde à Sarah, encore en pyjama, tandis qu'elle essayait d'apercevoir vainement un coin de paysage à travers les flocons qu'envoyait fouetter vigoureusement le vent contre la vitre de la fenêtre du dortoir. On se reprend demain ?

— Hors de question ! répliqua Sarah en passant un gros pull sur sa tête. J'ai attendu toute la semaine pour enfin acheter ma robe, et ce n'est pas cette petite tempête qui me l'en empêchera !

Un ronflement retentissant de derrière les rideaux d'un des lits indiqua que quelqu'un dormait encore. Matilde reporta son attention sur la fenêtre. Elle n'aimait pas la neige et cette tempête n'était pas du tout « petite » comme la décrivait Sarah. À la seule pensée de devoir traverser cette violente bourrasque sinistre, elle frissonnait.

— Pourquoi ne pas remettre ça à demain ? insista Matilde alors que Sarah était maintenant toute habillée et prête à descendre au rez-de-chaussée.

— Mais tu es encore en pyjama ! fit-elle remarquer en soupirant, sans prêter attention à l'insistance désespérée de Matilde. Dépêche-toi donc de t'habiller ! Je t'attends en bas.

Leur cape voltigeait et tournoyait brutalement derrière elles alors qu'elles se dirigeaient péniblement vers le village de Pré-au-Lard. Matilde ne voyait pas plus d'un mètre en avant d'elle, et les flocons lui flagellaient le visage dès qu'elle osait lever la tête.

— Nous arrivons bientôt ? s'écria Matilde d'une voix sonore pour tenter de se faire entendre au travers le déchaînement du vent sifflant.

— Pas encore ! cria Sarah. Nous n'avons pas encore traversé la barrière de Poudlard !

Sarah était folle ! Complètement folle ! Et Matilde aussi pour l'avoir suivie dans cette tempête accablante ! Quelqu'un aurait dû les empêcher de sortir par un temps pareil. Matilde avait froid et elle tombait déjà sous la fatigue de devoir lutter, à chaque pas, contre le vent, ses bottes s'enfonçant dans la neige jusqu'à ses genoux. Après de longues minutes interminables de marche où on n'entendait que le vent hurler à leurs oreilles, tandis que Matilde suivait les traces de Sarah sans lever la tête pour ne pas risquer de recevoir de plein fouet une autre rafale de flocons, la voix de Sarah retentit, quelque part dans la tempête :

— Ça y est ! J'aperçois les toits de Pré-au-Lard !

Matilde, encouragée, accéléra le pas.

Comme de fait, elles arrivèrent finalement à l'entrée du village de Pré-au-Lard. Matilde ne vit pas grand-chose à part d'immenses montagnes de neige, surmontées de cheminées fumantes, puis, sans tarder, se précipita vers la première montagne à sa droite. Arrivée devant, elle prit un certain temps pour fouiller désespérément la neige à la recherche d'une porte sur la façade du bâtiment, avant que Sarah ne la trouve sans problème et ne l'ouvre en faisant tomber une grande quantité de neige sur leur tête.

— Par la barbe de Merlin, résonna une voix de femme dès qu'elles entrèrent à l'intérieur de la place, accompagnées d'une bourrasque de vent et de neige tourbillonnante. Mais qu'est-ce qui vous amène ici, par un temps pareil ?

Matilde leva les yeux après s'être débarrassée d'une grande partie de la neige sur sa tête et sa cape, et scruta l'endroit. Puisqu'il était meublé de plusieurs tables et bancs en bois, ce devait être un pub, devina-t-elle. Un feu crépitait dans une cheminée à gauche, et Matilde se délecta aussitôt de la chaleur qui venait lui caresser doucement ses joues frigorifiées.

— Nous venons acheter nos robes pour le bal, répondit Sarah à l'adresse d'une jolie femme aux courbes généreuses qui se tenait derrière le bar.

— Par un temps pareil ? répéta la femme d'un air étonné. Je dois admettre que vous êtes plutôt courageuses.

Sarah lui sourit et s'approcha d'une table près du foyer en enlevant sa cape d'un mouvement d'épaule. Matilde emboîta son pas en faisant de même.

— Ce sera deux Bièraubeurres bien chaudes, je suppose ? demanda la femme en les regardant poser leur cape sur un banc et s'asseoir ensuite.

— Oui, merci, répondit Sarah d'un ton aimable.

Le pub ne comptait pas d'autres clients que Matilde et Sarah. Apparemment, personne, à part elles, n'avait osé quitter le confort de leur maison.

— Nous sommes où, présentement ? demanda Matilde à voix basse tandis que la femme s'avançait vers leur table avec deux chopes fumantes dans les mains.

Les trois balais, répondit Sarah en s'emparant de sa chope dès que la femme la posa devant elle. C'est le nom de ce pub.

— Comment ? s'indigna la femme en se tournant vers Matilde, vous ne connaissiez pas cet endroit ?

Matilde fut gênée et prit une longue gorgée de sa Bièraubeurre. Une chaleur la réconforta aussitôt de l'intérieur.

— Elle est nouvelle ici, expliqua Sarah à la femme. Elle est arrivée à Poudlard à la mi-novembre.

La femme parut horrifiée.

— Non ! Ne me dites pas que c'est la Parguenaise qui a tué Dumbledore ?

Sarah lui lança un regard noir et Matilde s'étouffa dans sa Bièraubeurre.

— Elle n'a pas tué Dumbledore ! affirma sèchement Sarah.

— C'est tout comme ! répliqua la femme avec ardeur, tournée vers Sarah comme si Matilde n'était soudainement plus là. Figurez-vous que les guérisseurs de Ste Mangouste sont déjà en train de se demander à quand serait le bon moment pour lui retirer tous ces sortilèges qui le maintiennent en vie. Vous vous rendez compte ? scandalisa-t-elle dans un mouvement de tête théâtrale, rejetant ses longs cheveux blonds en arrière, il n'y a plus rien à faire !

Il y eut un silence pesant. Matilde s'affaissa lentement sur son banc, de plus en plus mal à l'aise, tandis que Sarah, d'un air hautain, sortit tranquillement sa bourse de sa poche pour en ressortir quelques pièces.

— Voilà, dit-elle froidement en les donnant à la femme d'un geste désinvolte. Merci beaucoup.

Outrée, la femme saisit les pièces sur la table, tourna les talons et se dirigea tout droit vers le bar derrière lequel elle ouvrit une porte et disparut.

— Ils… ils vont le laisser mourir ? s'étrangla Matilde, effarée par ce qu'elle venait juste d'apprendre.

— Je ne sais pas, admit Sarah. Mais si cela survenait à être le cas, dis-toi bien que ce n'est pas de ta faute !

Matilde dévisagea Sarah pendant un long moment, puis elle demanda :

— Pourquoi me défends-tu tout le temps, comme ça ?

— Je te l'ai déjà dit, répondit Sarah en baissant les yeux sur sa chope. Je trouve ça injuste que tu sois Parguenaise alors que tu n'as jamais demandé à l'être.

Cependant, Matilde remarqua une vague expression d'embarras lorsque Sarah eut répondu à sa question et cela sembla sous-entendre qu'elle lui cachait des choses. Mais Matilde n'insista pas, de peur que Sarah s'irrite contre elle. Après tout, c'était sa seule amie dans ce monde magique…

— J'ai hâte de me rendre à la boutique Gaichiffon ! dit Sarah, reprenant soudain un air enjoué, comme pour détendre l'atmosphère. Tu verras, il y a toute une nouvelle collection de robes de bal cette année !

Matilde sourit faiblement et but une autre gorgée de sa Bièraubeurre. Elle ne partageait pas la même jovialité que Sarah, présentement. Le sort de Dumbledore la préoccupait. Si c'était vrai qu'il n'y avait plus rien à faire pour le sauver, cela voulait-il signifier que Harvey avait raison ? Était-elle vraiment la seule personne qui pouvait le guérir ? Pourtant, elle avait fait ses devoirs… Chaque soir, elle essayait en vain de faire réapparaître des choses, mais jamais rien ne s'était produit d'extraordinaire — à part la fois où la table vide devant Matilde avait brusquement fondu sous d'épaisses fumées noires.

Matilde regarda alors sa chope avec tristesse et mélancolie. Lorsqu'elle avait bu pour la première fois de la Bièraubeurre, elle craignait encore Dumbledore à ce moment-là, et elle s'était montrée exécrable avec lui, alors que c'était un homme bien...

— Ne te laisse pas abattre par Rosemerta, murmura Sarah avec douceur. Oublie ce qu'elle a dit. Aujourd'hui c'est notre jour !

« Ton jour ! », pensa Matilde avec amertume. En ce moment, elle n'avait plus d'autre envie que d'être ailleurs et seule. La nouvelle sur Dumbledore l'avait complètement démoralisée. De plus, elle avait déjà songé, lorsqu'elle ne détenait pas encore l'argent pour acheter sa robe, à tout simplement ne pas se présenter au bal de Noël. De cette manière, elle pourrait éviter toutes offenses de la part des autres, comme Rosemerta, qui croyaient qu'elle n'était rien d'autre qu'une meurtrière.

— Tu as réussi à parler à McGonagall au sujet de Rogue ? demanda Sarah qui semblait vouloir briser ce silence persistant.

— Non, parla enfin Matilde, pas encore… Je n'ai pas eu le temps. Et lorsque je l'avais, c'était elle qui ne l'avait pas…

En fait, la vérité, c'était qu'elle avait peur de dénoncer l'attitude malfaisante de Rogue au professeur McGonagall. Et si cela ne faisait que rendre Rogue encore plus effrayant qu'il ne l'était déjà ?

— Ta retenue est ce soir, rappela désagréablement Sarah.

Matilde baissa les yeux sur ses doigts tremblants qui se crispèrent convulsivement sur sa chope.

— Rogue va te faire passer un mauvais quart d'heure, c'est indubitable, continua Sarah d'un air grave. Il faut absolument que tu parles à McGonagall avant de te rendre à son bureau, ce soir.

— J'essayerai… répondit Matilde à mi-voix.

Après avoir terminé de boire leur chope, Sarah et Matilde déployèrent leur cape autour de leurs épaules, et retournèrent sous la tempête en regrettant aussitôt la chaleur du pub Les trois balais. Retrouvant la neige tournoyante et le vent qui cinglait leur cape, menaçant de les faire tomber à tout moment, elles prirent le chemin en direction de la boutique Gaichiffon.

Dès qu'elles entrèrent à l'intérieur, Sarah s'adonna à une jubilation de petite fille tenue. Elle s'élança dans les rayons, choisissant frénétiquement des robes pour les essayer et Matilde se laissa alors emporter par la joie de son amie, oubliant ses tracas pour un instant.

— Waouh ! Tu es magnifique ! s'exclama Sarah en observant Matilde devant le miroir, vêtue d'une splendide robe bleu lavande qui lui moulait élégamment la taille. Les garçons auront la langue à terre !

Matilde éclata de rire.

— N'exagère pas. Je resterai toujours l'affreuse et dangereuse Parguenaise à leurs yeux, même si j'apparaissais à être la plus belle du bal.

— Arrête, dit Sarah en passant ses doigts sur la soie délicate de la robe de Matilde, je suis certaine qu'il y en aura au moins un qui t'invitera à danser.

Matilde se surprit à l'espérer. Elle s'imagina debout au milieu d'un tas de garçons qui l'admiraient dans cette belle tenue bleue, et qui se bousculaient tous pour être le premier à l'inviter à danser. Mais elle chassa aussitôt cette pensée de son esprit.

— Je la prends, déclara Matilde en jetant un dernier coup d'œil à son reflet dans le miroir avant de retourner dans la cabine d'essayage pour se changer.

— Super ! s'écria Sarah, le visage réjoui.

Elles achetèrent leur tenue de bal — Sarah avait opté pour une élégante robe carminée qui mettait en valeur ses courbes — puis, les mains chargés de paquets — il leur avait fallu acheter aussi des souliers, des bijoux et autres accessoires indispensables —, elles prient enfin le chemin vers Poudlard après six heures intenses à faire toutes les boutiques. Matilde était épuisée. Et retourner lutter contre le vent de la tempête en avançant péniblement, les bottes pleines de neige, ne fit qu'accroître sa fatigue. Elle s'effondra une fois dans la neige dans un bruit mat, à l'insu de Sarah qui marchait devant, mais elle se releva aussitôt à grand-peine, reprenant ses lourds paquets dans ses mains, se promettant qu'une fois dans la salle commune, elle pourrait directement aller s'affaler dans l'un des fauteuils moelleux devant le foyer.

— On arrive ! haleta Sarah lorsqu'elles passèrent la barrière de Poudlard.

Matilde fut profondément soulagée lorsqu'elle reconnut les tours enneigées du château. Enfin, elles arrivèrent !

Quelques minutes plus tard, à la suite de Sarah, Matilde s'engouffra par la grande porte d'entrée en chêne massif de Poudlard et une chaleur agréable vint immédiatement les accueillir.

— Je ne sens plus mes orteils, se plaignit Matilde en laissant tomber ses paquets par terre pour entreprendre instinctivement de dénouer les cordons de ses bottes.

— Attend donc d'être arrivée à la salle commune avant de te dévêtir, suggéra Sarah qui tirait sur la manche de Matilde pour la dissuader d'enlever ses bottes tout de suite. Allons vite nous réchauffer devant la cheminée.

Quelques portraits les regardèrent d'un air curieux lorsque Matilde reprit ses paquets en mains et partit d'un pas hâtif en direction de la tour de Gryffondor.

Grelot, dit Sarah à l'adresse de la grosse dame et le portrait pivota. C'est le nouveau mot de passe pour le temps des fêtes, mentionna-t-elle en passant l'ouverture avec Matilde.

La salle commune était bondée d'élèves. Il apparut qu'en ce temps déplorable du mois de décembre, personne n'avait osé sortir.

— Alors ? lança Francis à leur rencontre, s'attirant plusieurs têtes qui se tournèrent vers eux. Comment était la tempête ?

— Pénible, décrivit Sarah d'un ton las alors que Matilde déposait ses paquets contre le mur. Mais — elle rayonna en agitant ses paquets sous le nez de Francis —, j'ai ma robe !

— Super ! s'exclama Francis, rayonnant à son tour, tu vas me la montrer ?

— Non, pas avant le bal, répondit Sarah d'un air amusé avant de se diriger à grand pas vers l'escalier menant aux dortoirs. Je vais porter mes paquets et je reviens.

Ne trouvant aucun fauteuil de disponible, Matilde s'était assise par terre. Elle avait déjà enlevé sa cape et retirait à présent ses bottes humides de neige, qu'elle jeta ensuite négligemment contre ses paquets au pied du mur, contre l'entrée.

— Et toi ? demanda Francis qui se tournait vers elle pour la regarder frotter vigoureusement ses pieds pour les réchauffer. Tu as trouvé ta robe aussi ?

Matilde fit signe que oui.

— Bien. Maintenant c'est un cavalier qu'il te faudra trouver, railla Francis et plusieurs ricanements se firent entendre dans la salle commune.

Matilde, le visage embrasé, lui décocha un regard irrité.

— Ne fais pas cette tête, reprit-il d'un air goguenard, il faut bien que tu en trouve un. Il est hors de question qu'une Gryffondor se rende au bal sans cavalier ! Ça dénigrerait notre maison. Les Gryffondor ne sont pas censés être moches et mis à l'écart. Tu as donc intérêt à te trouver quelqu'un pour t'accompagner sinon…

— Fiche-moi la paix ! interrompit sèchement Matilde en se relevant brusquement du sol.

Le visage moqueur de Francis tomba instantanément pour une expression insultée. Tout le monde était attentif à ce qui se passait à présent. D'un geste brusque, Matilde reprit ses paquets, sa cape et ses bottes et se dirigea en chancelant vers son dortoir.

— Je veux seulement t'aider, dit Francis d'une voix forte dans son dos. J'ai même trouvé quelqu'un qui veux bien t'accompagner !

Matilde, interloquée, à mi-chemin dans l'escalier, s'arrêta immédiatement et se retourna lentement vers Francis.

— Quoi… ?

Francis ouvrit la bouche pour répondre mais au même moment, une voix nasillarde retentit dans la salle commune :

— C'est moi qui ai accepté d'être ton cavalier !

Un garçon aux cheveux blonds et au visage constellé de boutons vint rejoindre Francis au milieu de la pièce. Matilde reconnut alors Basile.

Alors, selon vous, Matilde acceptera-t-elle cette invitation ou non... :P